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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Jo. Dominique&#13;
&#13;
Bernard St. Onge. Shushep tu as dû voir cette rivière ou tu as dû y aller il y a longtemps ?&#13;
Joseph Dominique. Oui je l’ai vu, je l’ai vu trois fois quand on montait dans le bois. Parfois certains montaient dans le bois jusqu’à 400 ou 500 milles là-bas, je parle des Innus en utilisant ces rivières. On embarquait par ici à Adam, du moins ce que moi j’ai vu. Les Innus de ueshkat d’autrefois ils embarquaient par la Mishta-shipu, je parle des Innus anciens, quand Mishta-shipu était habité. Je n’ai pas connu ce temps, je n’ai pas eu le temps de le vivre. Cependant j’ai vécu le temps quand on descendait au pont Adam en face de la rive de l’autre bord. Il y a là un portage qui s’appelle Uinipeku-Paushtiku qui faisait 7 milles de long, l’innu l’utilisait pour son portage.&#13;
1;00 Ils devaient être une cinquantaine de famille et même plus. Quand ils arrivaient à la sortie du bois, c’est alors qu’ils choisissaient un capitaine, celui qui les guideraient pour monter dans le bois. On appelait capitaine celui qui allait les guider. C’est lui qui serait le guide, on fera c’est exactement ce qu’il décidera, la façon dont il nous guiderait. On fera exactement ce qu’il fera afin qu’il ne nous arrive rien de fâcheux, se blesser ou avoir des accidents. S’il fait un feu, nous aussi on fait un feu, s’il décide qu’on érige un campement à tel endroit, on le fera. Tous ces endroits avaient un toponyme, tous les endroits où on s’arrêtait, tous ces endroits avaient un toponyme, les endroits où on s’arrêtait par exemple il y a Kanakaut, Eshkutshishipan, Pakameshtan, c’est ainsi que ça s’appelait, arrivé à Kakatshat c’est alors emprunté les hauteurs, puis on montera dans le bois pendant 10 mois de temps, l’innu était extraordinaire. Les seules choses que l’innu avait vraiment, c’étaient ses allumettes, son filet, ses hameçons, ses fils à pêche pour pêcher le saumon, son poêle, tous les objets qu’il aura de besoin pour sa survie pour le temps qu’il passera là-bas dans l’intérieur des terres. Il y a plusieurs façons de raconter le mode de vie dans le nutshimit. Pour arriver jusqu’à Mineiku, c’est une distance de 287 milles, le capitaine qui avait été nommé était capitaine jusqu’à cet endroit. Tous les Innus alors partaient chacun de leur côté, un groupe partait par là (geste) d’autres par là (geste), il y en a qui partait vers Mushuau-shipu et plus loin que Schefferville à Uapishkat aussi. Ils étaient&#13;
3;07 tous séparés, il y en avait aussi à Ashuanipi, c’est là que les gens s’arrêtaient parfois pour y rester et chasser. C’est sa façon de vivre à l’Innu quand il était dans le nutshimit. Ce n’est qu’en juin qu’ils descendaient à la côte. Je vais raconter autre chose sinon ce serait trop long raconter toute une année la vie dans le nutshimit.Il faudrait que je raconte les animaux, toutes les espèces d’animaux comment ils subvenaient à leurs besoins et comment l’innu travaillait fort pour subvenir aux besoins de sa famille. Quand ils arrivaient à destination, ils n’avaient rien à manger, il faudra qu’il chasse pour nourrir sa famille. J’ai raconté qu’un petit peu quand on montait dans le bois.&#13;
4;09 Je vais raconter où nous sommes maintenant, nous sommes sur les hauteurs. Cela me rend heureux de voir notre rencontre et comment tout cela se passe de se connaître, qu’on se rapproche pour se parler, parler aux jeunes, peut-être qu’ils vont en faire bonne usage. C’est pour ça que je raconte à propos de cette rivière et à quel point l’Innu vivait la misère ou la souffrance. Aujourd’hui quand je regarde tout ça, il y a des voitures partout, il y a de tout, tout est motorisé, il y a des moulins à scie, des scies mécaniques, autrefois tout était fait manuellement quand on vivait dans le bois, on devait tout faire nous-mêmes, maintenant tu n’as qu’à regarder, la nourriture est étalée partout, nous sommes comme des gens riches, aujourd’hui l’Innu est comme un riche (on est au rassemblement innuaitun près de la Mishta shipu)&#13;
5;09 tous autant que nous sommes. C’est très agréable de voir ça et d’être témoin de l’amour qu’on partage. Parfois je rencontre un Innu que je ne connais pas et aussitôt il me serre la main et moi aussi je lui serre la main. Il y a au moins 6 langues, des façons de parler, on ne comprend pas certains d’entre eux. J’aime vraiment ça, on très bon avec nous, nous qui sommes de Matimekush. On fait tout, on donne tous les services aux Aîné.es. On est parti en avion de Matimekush et on nous a amené jusqu’à Québec, on était une trentaine d’Aîné.es, on nous a amené jusqu’ici. Moi, j’ai pris ma voiture pour me rendre à l’endroit de la grande prière. Puis on nous a attribué des roulottes comme demeure, on nous apporte de la nourriture, on nous a même amené à l’Oratoire Saint-Joseph à&#13;
6;11 Montréal, on nous promène pendant une journée puis on nous a amené à l’Église de la Vierge, ça s’appelle Cap de la Madeleine. Je suis vraiment content de la façon qu’on nous traite. De plus, depuis que nous sommes ici je suis vraiment heureux la façon dont on est si bien traité, parfois on raconte des récits. Ce rassemblement qui raconte le temps passé, c’est vraiment plaisant, on fait de tout vraiment. Qu’aimerais-tu savoir d’autres?&#13;
Bernard. Les jeunes quand ils retourneront chez eux, est-ce qu’ils vont avoir retenu quelque chose, selon toi? Ou on a beaucoup perdu de notre culture, selon toi?&#13;
Joseph. Oui on a beaucoup perdu de notre savoir, on a beaucoup perdu de notre mode de vie, mode de vie de l’innu, on a vraiment beaucoup perdu de cette vie. &#13;
7;41 C’est à cause du Kakussesht que nous avons beaucoup perdu de notre mode de vie C’est pour cette raison que j’insiste à raconter parfois notre mode de vie dans le temps, c’est pour ne pas perdre notre culture, notre façon de vivre, il y en a beaucoup qui ont perdu leur culture, leur langue c’est pour ça que j’accepte de partager ma vision, que j’en parle quand je suis invité à le faire. On m’invite souvent dans ma communauté à donner mon opinion, ma façon de voir, on m’invite à parler à la radio, parler de la température, du temps qu’il fera, comment se nomme les directions du vent, il y  a Tshiuetinm Tshishe-tshiuetinm Mamit,Tshiuetinussit, Natamit, c’est ce genre de questions qu’on me pose quand il y a le brouillard, parfois il y a comme beaucoup de brouillard quand c’est  l’automne, en octobre vers le 15, il y a beaucoup de brouillard, on raconte que c’est alors qu’arrive Tshiuetinuss, c’est ainsi qu’on l’appelle, c’est à ce moment qu’il arrive dit-on, il fait un froid glacial, il fait très froid, on dit que c’est parce qu’il est arrivé et c’est alors que le froid va arriver dit-on, voilà ce à quoi les aîné.es portaient attention quand ils étaient dans le nutshimit. Puis quand arrive le printemps au mois de mai c’est alors qu’encore il y a beaucoup de brouillard. Les aîné.es disaient c’est alors que Tshiuetinuss s’en retournait, le froid allait cesser et ce sera l’été qui commencera&#13;
      9;48 Nous, là-bas où nous sommes, quand c’est 25 juin, il n’y plus de glace, c’est l’été. C’est ça que les Âîné.es d’autrefois surveillaient tout. Il y a aussi les enfants qui sont vraiment à l’écoute, ils retiennent tout ce qu’on leur dit quand on leur raconte comment on vivait quand on était dans l’intérieur des terres. Il y a beaucoup d’enfants qui viennent me voir dans notre communauté pour savoir comment c’était et moi je leur raconte tout ce que je sais, la façon qu’il faut se comporter, comment traiter un animal et comment le chasser et la même pour le poisson, Je leur explique tout ça tout en leur racontant. Aujourd’hui il y en a encore qui n’en font pas bon usage. Je mets ça&#13;
      10;56 sur la faute de l’argent qu’ils reçoivent du gouvernement, je veux parler de l’aide sociale, c’est pour ça qu’ils ne font pas bon usage de ces choses qu’on leur raconte. Quand on leur en parle, ils laissent partir tout ça au vent. Si on ne se décourage pas d’en parler toujours, il viendra un temps où ils verront que c’est important et ils écouteront. Mais il faudra bien leur en parler. Je ne suis pas encore très en demande pour en parler, parler de mes connaissances avec les jeunes. Par exemple, maintenant il y a la télévision, nous avons des télévisions, on voit ces joueurs de hockey, j’en parle souvent à mes petits-enfants, eux ils sont devenus riches en jouant, seulement en jouant, tous ceux-là, ils ont écouté, ils ont été obéissants à leurs parents depuis leur tendre enfance, ils étaient de bons enfants&#13;
      12;12 aujourd’hui ils font bon usage d’avoir été de bons enfants, même ceux qui jouent au baseball, tous les sports, tous ces sportifs ont été de bons enfants, ils écoutaient leurs parents, il y a l’autre côté aussi, il y a des enfants qui n’écoutent pas leurs parents, ils font ce qu’ils veulent. Aujourd’hui on est témoin de ça, ils ont des problèmes, ils ont des difficultés, on est témoin de ça, il y en a quelques-uns qui sont en prison. On est aussi témoin de jeunes qui se suicident. Tout ça vient du manque d’écoute des enseignements des parents. La raison pour laquelle je parle de ça ici, c’est pour que les jeunes comprennent ce que je suis en train de dire. Je parle de la même chose dans les cassettes&#13;
       13;17 que j’enregistre, ce n’est pas pour les vendre, j’enregistre ces cassettes pour que les jeunes écoutent ce que j’ai à leur raconter, je raconte tout ce que j’ai, ce que j’ai vécu et tout ce que je connais dans le nutshimit, tout ce que j’ai vu comme faire un feu, se déplacer en traîneau, de tout. Cependant je n’ai jamais connu la famine. Mais c’est déjà arrivé que des Innus soient morts de faim, les enfants aussi. C’était vraiment triste à quel point c’était difficile il y a de ça longtemps. Aujourd’hui il se peut que cela arrive à nouveau ou peut-être pas. Il n’y a qu’un seul qui le sait comment ce sera dans le futur, c’est celui qui est en haut (geste).&#13;
Qu’aimerais-tu savoir d’autres? 14;14 &#13;
      Bernard. Tu as travaillé à l’Iron Ore, n’est-ce pas, je ne sais pas combien de temps tu y as travaillé, 30, 40 ans, je ne sais pas. Selon toi, toutes ces années que tu as travaillé à l’Iron Ore as-tu perdu ton savoir du bois, de nutshimit, crois-tu avoir perdu ton savoir où tu l’as repris?&#13;
       Joseph. J’ai travaillé pour l’Iron Ore, j’ai commencé en 52, parfois j’arrêtais de travailler et parfois je travaillais. Quand j’étais jeune je n’ai pas de souvenirs de mon père et je n’ai pas de souvenir de ma mère. Il n’y avait personne pour me donner des conseils après la mort de celui qui a pris soin de moi, je me suis occupé de moi-même. J’ai fait des erreurs sur certaines choses que je me suis enseigné, dans mes expériences, je n’avais personne pour me donner des conseils. Je chassais quand je&#13;
      15;41 voulais chasser, je chassais, quand je voulais travailler, je travaillais. La dernière fois que j’ai travaillé c’est quand j’élevais mes enfants, j’ai travaillé 16 ans sans arrêter, c’était comme ça. Après la fermeture de l’Iron Ore, là où nous sommes maintenant à Schefferville, ici votre terre est différente, il y a la mer tandis que nous là-bas on est dans le nutshimit, n’importe qui là-bas peut chasser. Je pourrais dire qu’il n’y a pas vraiment de différence maintenant sur la façon dont les gens vivaient autrefois. La seule différence c’est qu’on ne pagaie plus, on ne tire plus le traîneau sur la neige, maintenant là où nous sommes tout est motorisé, comme les moteurs à bateau, les ski-doos, on ne porte plus nos raquettes pour pouvoir marcher&#13;
       16;41 et même quand je chasse la perdrix, je n’ai qu’à l’attraper en passant, c’est comme ça maintenant, c’est comme si toutes ces choses motorisées avaient fait de nous des paresseux.&#13;
       Bernard : tout est facile.&#13;
      Joseph. Oui, j’ai l’expérience maintenant il y a de tout, autrefois il fallait tout casser à la main, maintenant il y a des scies mécaniques. Avant on marchait avec des raquettes, les enfants aussi. Il ne reste rien de tout ça maintenant. Depuis la fermeture de l’Iron Ore c’est comme si on était toujours dans l’intérieur des terres (nutshimit). Je n’ai pas à aller très loin, d’ici par exemple jusqu’à l’autre côté, je peux déjà tuer une perdrix. Je n’ai pas à aller loin pour trouver de la glace pour installer mes lignes pour le poisson. C’est comme si on était vraiment dans l’intérieur des terres, nous ceux qui sont à Schefferville. C’est comme ça depuis la fermeture du travail de l’Iron Ore. C’était comme ça aussi du temps qu’il y avait le travail de l’Iron Ore. &#13;
       21;43 Ce bateau était grand, celui qui faisait le tour du lac, ce lac s’appelle Fort McKenzie, Katshishekakamau, c’est ainsi que ça s’appelle, c’est un Innu de Uashat qui était marchand, il s’appelait Pashtien McKenzie, ce magasin se trouvait dans le nutshimit, on amenait la marchandise de Fort Chimo, Kuujjuak, les Innus partaient de là pour amener les provisions au magasin, ça a une distance de 100 mille, ces Innus avaient&#13;
       22;24 de gros canots apparemment. Ils les attachaient les uns aux autres quand il y avait des rapides.&#13;
      Bernard : À quel endroit tuait-on le caribou en premier, est-ce que c’est à Kakatshat?&#13;
      Joseph. Parfois on tuait le caribou à un lac qu’on appelle Tshinashaupishtauan(?) c’est à partir de cet endroit qu’on commençait à tuer du caribou. Il n’y en avait pas beaucoup de caribou ici autrefois, il y en avait qu’un petit groupe par ci par là. La terre du caribou se trouve à Mushuau-shipu Ici il y en avait que de petits groupes, ici et là. Du moins ce dont je me souviens. L’orignal, il n’y en avait pas, aujourd’hui il y en a beaucoup sur notre territoire. &#13;
       Bernard : D’où viennent-ils?&#13;
      Joseph. Il a traversé la péninsule complètement jusque là-bas.&#13;
       23;21 c’est l’orignal de Fort Chimo, Après la construction du chemin de fer c’est alors qu’on a pu sentir sa présence. Autrefois il y avait beaucoup de porc-épic sur notre territoire maintenant il n’y en a plus, il y en a surtout à la côte. Il n’y a plus de castors non plus sur notre territoire. Tous les animaux qu’il y avait sur notre territoire, ils sont devenus rares même pissitissisht(?), il ne passe plus (genre de canard) depuis qu’il y a des lumières. Même l’oie blanche ne passe plus, il y en a très peu qui passent, elles passent surtout là où il n’y a pas d’éclairage du côté de Kaniapishkau.&#13;
      Bernard : Te souviens-tu de Jim Watt, Maloney, ils descendaient des fourrures à la côte.&#13;
       25;27 Joseph.» Non je ne me souviens pas d’eux. Il y a seulement Paul Dash(?), Utshimass…Pashtien McKenzie lui travaillait pour la Hudson’s Bay, Utshimass était son propre patron et il y avait Von ou Pau dash(?), ils étaient trois, ceux dont je me souviens bien et il y avait Manianiss, elle était à Uanaman-shipu, elle aussi achetait des fourrures.&#13;
       Bernard : Quand tu montais dans le bois à partir d’ici, tu allais jusqu’où dans l’intérieur des terres. Jusqu’au territoire d’Antuan? &#13;
       Joseph. Quand c’est là que je montais dans le bois, il n’y a pas longtemps. La dernière fois que je suis monté dans le bois à partir d’ici c’était en 52, il y avait déjà le chemin de fois 26;28 la dernière fois que je suis monté dans le bois.&#13;
       Bernard : Tu n’as pas pris la rivière?&#13;
       Joseph. Non, on l’a pris un peu puis on est allé jusqu’à Takuatuepanit, nous avons rejoint la rive, c’était une ville, il y avait moi, Sylvestre Vachon, Mathieu Vachon et Shushep Kaueiat(?). On était deux canots, on faisait comme on faisait dans le temps donc nous avons rejoint la rive de Takuatuepanit, c’était une grande ville, il y avait beaucoup d’hommes, ce que je raconte c’était en 66 que le train se rendait là. C’était en 52, alors notre patron a débarqué, Mathieu c’est qui allait être notre guide pour monter dans le bois, c’était le capitaine. Il a débarqué puis il est allé parler au Kakussesht&#13;
       27;33 nous, on est resté dans le canot pendant qu’il parlait au Kakussesht. Il lui a pointé quelque chose là-bas, ce kakussesht avait des cheveux roux. Il semblait lui dire oui, quand il s’est en venu par ici, il marchait à pas rapides. On nous a dit qu’on embarquait dans le train. Puis le patron a appelé ses hommes qui se sont dépêchés à embarquer nos affaires. C’est cette fois-là que j’ai pris le train pour la première fois. C’est en 56 exactement à Kakatshat qu’on nous a descendu C’est à partir de là qu’on a pris nos canots jusqu’à Mineiku, là où il y a un barrage, on s’est rendu jusque-là. Puis une voiture nous a pris jusqu’à Schefferville. &#13;
	30;31 La hauteur de ces arbres, je les entends comme de là-haut. Pourtant ils étaient à l’intérieur de la tente à sudation. Ils étaient extraordinaires. Puis ils ont fini leur sudation. Deux jours plus tard ça ressemblait à ça. (geste) c’était à cette distance, l’endroit était sablonneux, il n’y avait pas d’arbres soudain le caribou est apparu, ils étaient nombreux, ils sont passés juste à côté de notre campement, on ne pouvait pas boire l’eau, ils l’avaient salie à cause du nombre qu’ils étaient. Il y en avait tellement. C’est l’aîné qui avait fait ça, qui les avait fait entrer dans la tente à sudation, qui les avait fait venir. On venait tout juste de se promener dans les hauteurs&#13;
       31;17 mon fils chassait avec moi, il y avait Henri, le frère aîné, on leur enseignait le pouvoir, il n’y avait rien autour, il n’y avait personne. On avait vu deux caribous seulement, ces deux caribous étaient des éclaireurs. Ils ont fait leur tente à sudation c’était comme s’ils avaient appelé les caribous pour qu’ils s’approchent. Cela fait deux fois que je suis témoin de ce rituel. Penitenami disait qu’il chantait avec son tambour, c’est son beau-père, Penitenami celui qui est en haut de la côte. Il a dit qu’après deux nuits il est parti en ski-doo. Il y avait tellement de caribous, a-t-il dit. Aussitôt&#13;
       32;21 j’ai pensé que c’est grâce à mon beau-père qui a changé avec son tambour que les caribous sont venus. Les aînés autrefois avaient de grands savoirs quand ils voulaient faire des choses étonnantes. Ils étaient même capables de faire des tempêtes.&#13;
       Bernard : Même la température?&#13;
       Joseph. Atuan Tuminik le fils de mon parrain après le décès de celui qui prenait soin de moi, l’aîné, celui-ci s’appelait Uapishtan-Pien¸il était très fort, il n’était pas un Kakushapatak. Donc on est allé le rejoindre dit-il, il a plu pendant 3 jours dit-il. On lui a dit; on va rentrer mon oncle, mon père pourrait &#13;
       33;22 s’inquiéter, lui ai-je dit. Puis il est sorti après qu’on eut fini de placer nos affaires dans notre traîneau. Il est sorti et il m’a dit; mon neveu, vois-tu l’île là-bas, m’a-t-il dit, de l’autre côté de cette île il y a beaucoup de souches, dit-il, c’est là que vous ferez un feu pour vous sécher, dit-il, Puis on est arrivé à cet endroit, il y avait vraiment beaucoup de souches alors on a fait un feu et on s’est séché. On était presque au sec lorsque du côté où il y avait du mouvement soudain tout s’est assombri puis le vent du nord a tourné, dit-il. Quand on est parti il faisait très froid, là on marchait sur du solide (Pas vaseux). Tu vois à quel point les aînés étaient forts quand ils&#13;
       34;19 quand ils accomplissaient des choses étranges. Ce vieux que je raconte, il ne faisait pas de Kushapatshikan, C’est grâce à sa chasse, tous les animaux qu’il avait chassé et tué qu’il pouvait avoir cette force (manitushiun). On raconte qu’il pouvait tuer jusqu’à 6 renards noirs. Cette peau valait $1,000.00, lui il en tuait jusqu’à 6 par année. Je parle de Uapishtan-Pien. Puis il les vendait à Adam(?), c’était un Américain. Il lui payait $6,000.00. Ils avaient beaucoup de valeur autrefois. Chez-lui, il dressait la table pour nourrir les Innus dit-on de lui. Ils devaient croire qu’on les traitait bien sans se rendre compte qu’ils étaient en train de perdre leur rivière. C’était comme ça.&#13;
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&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Interview Johny Bossum - L’ainé - Mashteuiatsh&#13;
&#13;
Évelyne : Bonjour Johny. Merci d'avoir accepté l’interview, tu es originaire de quel endroit ?&#13;
Johny : Je viens de Mistassini. Mon père aussi. Je demeure ici.&#13;
Évelyne : Et ta mère ?&#13;
Johny : Elle est de Uashkakaniss (Baie-James). Mon père, lui, est de Betsiamites.&#13;
Évelyne : Tu as de la parenté partout ?&#13;
Johny : Oui, de partout.&#13;
Évelyne : Y avait-il des Abénakis, des Cris lors des rassemblements ici ?&#13;
Johny : Il y en avait.&#13;
Évelyne : Lesquels ?&#13;
Johny : Les Abénakis. Ils venaient de l'Ouest (Ottawa ?)&#13;
Évelyne : Qui avait-il ici, que faisait-on ?&#13;
Johny : Je ne sais pas. Mais auparavant les Innus demeuraient à Chicoutimi ensuite, à Métabetchouan et on les a obligés à quitter l'endroit pour aller à Pointe-Bleue. Ils sont toujours obligés de partir. Ils se rassemblaient tous ici. Il venait de Mistassini. Les magasins Takunikau.&#13;
Évelyne : Y avait-il des prêtres ?&#13;
Johny : Avant ma naissance non. Ils étaient à Betsiamites et Chicoutimi. Après, ils sont venus ici. Les prêtres sont là depuis plus de 100 ans.&#13;
Évelyne : Qu’elle était la religion des Innus avant l'arrivée des prêtres ?&#13;
Johny : Je n'ai pas vu cela. Les Innus savaient qu'il existait une puissance supérieure.&#13;
Évelyne : L’Innu avait-il des croyances ?&#13;
Johny : Poursuivre leur subsistance, leur vie, les animaux. Ils respectaient tout. Nous nous nourrissons tous de terre. C’est l'œuvre de Dieu, de tout ce qui est vivant.&#13;
Evelyne : De nos jours beaucoup de choses ont changé, crois-tu qu'un jour, on sera reconnus comme Innus ?&#13;
Johny : Si nous poursuivons la même route, en ne gaspillant rien, en respectant toutes choses, en étant honnête, nous existeront longtemps.&#13;
L’Innu est à la recherche de son identité.&#13;
Ils font le "Matutishan" et d'autres choses. J'ai rêvé de ce qui allait arriver.&#13;
Comment c'est arrivé et aussi comment Dieu vois ça. C'est sa parole. Tu verras la lumière et aller où tu veux.&#13;
Évelyne : Tu utilises beaucoup le rêve ?&#13;
Johny : C'est comme ça que je peux voir ce qui se passe et j'entends la voix de Dieu. Chaque fois que quelqu'un a de la difficulté dans sa vie, ce serait bien qu'il parle de son rêve.&#13;
Évelyne : Tu sais lire les rêves ?&#13;
Johny : Bien sûr ! Lui dire comment poursuivre son chemin et lequel prendre. Il existe une lumière pour celui qui est honnête ? C'est la parole de Dieu.&#13;
Évelyne : J’ai rêvé d’un minerai ? C'était creusé et il y avait un gros trou. Mes amis sont de l'autre côté et je voulais les rejoindre. Dans ce trou, il y a de la neige et je me traîne à quatre pattes. Soudain je suis très grande et j'ai pu me rendre de l'autre côté.&#13;
Johny : Tu passes au travers de ta vie. C'est bien. Il n'y a pas d'obstacles. C'est fort (ou résistant).&#13;
Évelyne : Je crois au rêve aussi.&#13;
Johny : Ce terrain j’y ai déjà rêvé. Ce chemin n’existait pas. Je chante et joue du "teueikan". J'entends le serviteur de Dieu qui me parle. "Ce chemin tu le vois ?" Et je le vois. C'est un sentier. Sur cette hauteur, je vois une clarté de lumière, très belle qui me fait du bien. (Je ne consommais plus depuis un an.) Je marche sur ce sentier. Je suis bloqué. Et j'ai su que je pouvais chercher et penser à la parole de Dieu.&#13;
C'est ce que j'ai compris et c'est ce que je chante au "teueikan". Je vois une clarté, des fleurs le long du sentier. Je suis là et je chante au "teueikan". Le "teueikan" n'est pas mauvais (démon) le serviteur qui est derrière moi : "D'ici cinq ou six ans tu verras cela."&#13;
Évelyne : Quand tu fais quelque chose, on dirait que cela s'est déjà produit ou du déjà-vu.&#13;
Johny : Ce n'est pas le seul. J'en ai vu plusieurs.&#13;
Évelyne : Ça fait longtemps que tu joues le "teueikan" ?&#13;
Johny : Cela ne fait pas longtemps. Je l'ignorais. Mon père en jouait, pas moi. À un moment donné est arrivé le temps de ne plus l'ignorer. C'est ce qui aidait l’Innu, le "teueikan" c'est l’ouverture – Ça a aidé nos aînés, nos grands-pères.&#13;
Évelyne : Comment leur aidait-il ?&#13;
Johny : Ils pouvaient tout savoir. En frappant le "teueikan", ils pouvaient voir pour trouver de la nourriture (et prédire l’avenir ?). Ce n'est pas tout le monde qui peut faire ça.&#13;
Évelyne : Tu es venu chanter au festival Innu Nikamu ?&#13;
Johny : Je suis venu la deuxième année avec ma femme (ou ma fille).&#13;
Évelyne : Je suis originaire de là.&#13;
Johny : Ah ! À Maliotenam ?&#13;
Évelyne : Oui. Tu étais avec ta fille ?&#13;
Johny : Oui, Doris vient parfois&#13;
Évelyne : As-tu rêver au "teueikan" ?&#13;
Johny : Oui, c’est ce rêve que je t'ai raconté. Définitivement, j'y crois au "teueikan".&#13;
Évelyne : Et tu as chanté ton rêve ? Et c'est ce que tu chantes ?&#13;
Johny : Je chante la terre que je foule, les arbres, la terre. Nous foulons tous la terre qui est vivante, c'est notre vie c'est notre …&#13;
Évelyne : Crois-tu que nous, les Innus, continueront, au moins en partie, à vivre comme nos ancêtres ?&#13;
Johny : Avant, nous vivions dans le bois, nous étions ici avant que les blancs restent. J'ai commencé à parler le français quand je travaillais avec les blancs.&#13;
Évelyne : Demeuriez-vous longtemps dans le bois ?&#13;
Johny : Avec mon père, toute l’année.&#13;
Évelyne : Vous avez monté au lac ?&#13;
Johny : C’est celui-là. Notre territoire de chasse était loin, nous montions la rivière "Mishtashini". Nous embarquions plus loin. Je ne me rappelle pas, mais mon père lui, embarquait d'ici car, avant il n'existait pas de route. Ils demeuraient ici.&#13;
Évelyne : Quand tu étais jeune, il ne devait pas y avoir beaucoup de maisons ici ?&#13;
Johny : Il y en avait un peu, des tentes, des maisons pour les Innus, comme le grand-père de ma femme et un autre. Son grand-père les «Itap et Mataisi » … Ils arrivaient de Betsiamites, du Sud. Les autres, ce sont les blancs vivait comme les Innus ? Ceux qui chassaient ici sont restés.&#13;
Évelyne : Où était situé les tentes ?&#13;
Johny : Elles étaient éparpillées partout dans Pointe-Bleue et sur les hauteurs. Ce n'était pas comme ça avant. Il y avait des trous partout car personne ne demeurait ici en permanence. Ils restaient ici, près des berges !&#13;
Évelyne : Où est situé votre campement ?&#13;
Johny : Plus loin là-bas.&#13;
Évelyne : Quand tu montais pour Dolbeau, Mistassini, tu longeais tout le lac ?&#13;
Johny : Oui, je le longeais.&#13;
Évelyne : Combien y avait-il de canot ?&#13;
Johny : Je ne me rappelle pas ce temps-là. Nous étions déjà ici. Avant ou après ma naissance, mon père utilisait le sentier en embarquant en canot, plus loin. Les villes existaient déjà tout le long.&#13;
Évelyne : On utilisait les voitures pour y aller ?&#13;
Johny : C’était à 1h de voiture, plus loin de Dolbeau.&#13;
Évelyne : Je croyais qu'ils embarquaient de « Pimishkan".&#13;
Johny : Ils passaient en canot ici de Chicoutimi, ou ici c'est ce qu'on dit. Je ne peux le garantir.&#13;
Évelyne : Quels conseils veux-tu donner aux jeunes ? Que leur dirais-tu ?&#13;
Johny : Les jeunes ne comprennent plus l’Innu, ils ne parlent que le français. C'est à eux de choisir la langue.&#13;
Évelyne : Existait-il, dans ton temps, le "Kutshapatshikan" ?&#13;
Johny : Oui. Le père de ma femme accomplissait le rituel de la tente tremblante. Je ne l'ai pas vu. Elle, elle l'a vu. Mais j'en ai déjà vu… Il y avait a des bruits de voix surprenants.&#13;
Évelyne : Quand accomplissait-on le rituel ?&#13;
Johny : Quand on voulait savoir ce qui va arriver, une voix te prédisait ce qu'il va se passer.&#13;
Évelyne : À un moment donné on ne le faisait plus ?&#13;
Johny : …&#13;
Évelyne : Pourquoi a-t-on abandonner le « Kutshapatshikan" ?&#13;
Johny : Parce qu'il n'y avait plus personne qui peut le faire. Ce n'est pas n'importe qui qui peut accomplir le rituel de la tente tremblante.&#13;
Évelyne : Que doit-on posséder ?&#13;
Johny : Je ne sais pas.&#13;
Évelyne : Ce n'est pas n'importe qui qui peut accomplir le rituel de la tente tremblante ?&#13;
Johny : Non. Ils n'étaient pas beaucoup à faire.&#13;
Évelyne : Que penses-tu du "Matutishan" (qui revient) ?&#13;
Johny : Je ne pense rien. Mais ce que je vois, c'est pour qu'il puisse se purifier, se sentir vivant. (C’est peut-être pas pour ça, hein ? ) J'en suis content. Et arrêter de consommer et aller voir ce qui n'allait pas dans son intérieur. Nous ne consommons plus. Nous ne fumons plus aussi depuis plus de 20 ans.&#13;
Évelyne : Vous êtes bien ?&#13;
Johny : Nous le sommes. Quand on rencontre les jeunes (ou ses enfants), s'ils veulent être bien, ils marcheront sur nos pas s'ils le veulent.&#13;
Évelyne : Et le font-ils ?&#13;
Johny : … ils le font aussi.&#13;
Doris (Kassin nashatam ?) respecte tout. Elle ne consomme plus aussi. C'est la benjamine. Elle demeure à la Baie-James maintenant. John, son mari travail. Il enseigne …&#13;
Ils sont ici en vacances, ils iront aux USA et ensuite viendront avec nous.&#13;
Évelyne : Tu es fier de tes enfants, de ce qu’ils sont ?&#13;
Johny : Je suis heureux qu'ils soient bien, qu’ils travaillent, d'avoir terminé leurs études.&#13;
Évelyne : Ils travaillent ?&#13;
Johny : Oui, tous travaillent.&#13;
Évelyne : Tu ne vas plus dans le bois ?&#13;
Johny : Cela fait longtemps qu'on n’y va plus. Je travaille un peu. Je travaille pour le fourreur. Ma femme aussi. On dépouille, on moule les peaux. La loutre est le plus difficile à dépouiller. Plusieurs brisent la peau.&#13;
Évelyne : Elle a une odeur désagréable !&#13;
Johny : Oui, les autres brisent la peau, pas nous, on fait attention.&#13;
Évelyne : C’est pourquoi tu t'es marié avec elle ? Elle dépouille bien la peau de la loutre ?&#13;
Johny : Oui. Elle aussi était travaillante.&#13;
Évelyne : Les femmes l'étaient avant n'est-ce pas ?&#13;
Johny : Oui…&#13;
Nous sommes encore ensemble aujourd’hui.&#13;
Évelyne : J’ai perdu ma mère, il y a environ quatre ans.&#13;
Johny : Nous, cela fait longtemps.&#13;
Évelyne : Nous vous remercions.&#13;
&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/682289709?h=c655e995ae" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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&#13;
Basile : [00:00:00] Comment est-ce que je pourrais te raconter...&#13;
&#13;
Evelyne : [00:00:02] Est-ce que tu as déjà connu ce territoire ou...?&#13;
&#13;
Basile : [00:00:05] Oui, j’ai déjà vu ça il y a longtemps. Mais, je n’étais pas resté ici très longtemps. [00:00:12] Il y avait deux hommes. Un de ces hommes venait de notre place et il était tombé dans l’eau depuis sa chaloupe. [00:00:16] C’est comme ça que j’ai commencé à connaître Pakua shipit. [00:00:20] Seulement cette rivière, il y en a deux. De là où on était assis, au milieu, on voyait une autre petite rivière Pakuashipiss que les gens de Pakuashipit appelaient comme ça. [00:00:30] D’ici, je peux percevoir la grande rivière, en partie cachée par la forêt. [00:00:37] Je me sens comme si j’étais sur un grand territoire sauvage... &#13;
&#13;
Evelyne : [00:00:40] C’est bien vrai?&#13;
&#13;
Basile : [00:00:41] ...tellement, que j’aime ça être ici. [00:00:44] Mais je n’ai pas beaucoup de temps pour me promener, car je travaille pour les personnes âgées à cet événement-ci. [00:00:53] Je fais toujours le même travail. Je fais de la rôtisserie sur la braise du feu. Quand je suis à Sept-îles, je fais encore de la rôtisserie. [rire]&#13;
&#13;
Evelyne : [00:01:02] Et que penses-tu de ça que les aînés se rassemblent?&#13;
&#13;
Basile : [00:01:06] Qu’est-ce que je pourrais en penser! Ça toujours existé ce qu’on fait, bien avant que ces choses existent comme les avions ou les bateaux qui circulent. [00:01:15] Les innu d’autrefois faisaient déjà ce que les innu font ici. [00:01:18] Une fois, je me suis souvenu qu’à un certain moment, le même événement rassemblait quatre communautés : Ekuanitshit, Nutashkuan, Unamen Shipit et ici à Pakuashipit. [00:01:30] Ils l’avaient fait dans un endroit que l’on appelle Amishkuanu [note de Basile : rivière à castor]. C’était l’endroit, qu’on peut dire, des rassemblements communautaires. [00:01:37] Ils le faisaient toujours une fois par année en hiver. [00:01:41] Aussitôt qu’ils ont bâti des maisons et des écoles, cet événement de rassemblement innu n’a plus eu lieu une fois par année. [00:01:53] La poursuite de ces rassemblements n’a pas été favorisé en raison de la construction des maisons et des écoles. [00:02:00] Cela a fait qu’ils ne se rencontraient plus comme avant. Ils [sous-entendu : les enfants] ne se connaissaient plus pour certains. [00:02:05] Ils sont devenus de jeunes hommes. Avant, ils se voyaient à tous les jours. &#13;
&#13;
[00:02:11] C’est pour ça que je suis heureux qu’on recommence à se voir entre nous une fois par année. [00:02:18] Toutefois, à l’origine, c’était pour rencontrer le curé une fois dans l’année qu’ils avaient choisi une terre. [00:02:28] Le curé venait seulement à cet endroit que l’on appelle Amishkuanu. [00:02:32] C’était là probablement qu’il y avait des rassemblements. [00:02:36] Et il y avait aussi un autre grand rassemblement qui se passait dans l’hiver au mois de février que je te dirais. [00:02:46] Ils se rencontraient à Sheshatshit. [00:02:49] Ils étaient très nombreux. Les gens de Sept-îles venaient, Pessamit était là, Sheshatshit ainsi que Utshimassit. [00:02:59] Ils venaient tous ensemble se raconter une fois dans l’année ce qu’ils avaient vécu. [00:03:07] Ils se partageaient ce qu’ils avaient traversé cette année-là. [00:03:12] Ces aînés font la même chose...comme les aînés de l’ancien temps. [00:03:21] Les aînés et les hommes de mon âge se souviennent de ces rencontres. [00:03:27] C’est pourquoi ils aiment cet événement. [00:03:30] Par exemple, j’observe tous les aînés qui participent. Déjà dès le début ils étaient là et ils sont toujours présents. [00:03:36] S’ils n’avaient pas aimé, ils auraient pu dire qu’ils n’avaient pas le temps. [00:03:42] Peu importe le lieu, les aînés le soutiennent.&#13;
&#13;
Evelyne : [00:03:46] Est-ce que les mamans viennent pour se parler?&#13;
&#13;
Basile : [00:03:48] Oui, les mamans viennent. Elles se racontent beaucoup de choses. C’est comme ça qu’on pourrait dire. [00:03:54] Toutefois, aujourd’hui c’est différent. Les Innus s’écoutent à tous les jours. [00:03:59] Par exemple, il y a la radio SOCAM qui est une communication par radio. Donc, ils se parlent tout le temps. [00:04:06] Alors qu’autrefois, il n’existait rien de ça. Je me rappelle qu’ils s’écrivaient une fois par année. [00:04:14] Ils s’envoyaient des nouvelles sur comment ils allaient. [00:04:17] Avant qu’ils se rencontrent, je me rappelle d’avoir vu une lettre qui donnait des nouvelles de Pakuashipit. [00:04:26] On disait : « Les nouvelles arrivent ». [00:04:28] Actuellement, nous pouvons nous voir car nous vivons ensemble. [00:04:32] Là-bas à Amishkuanu...je me rappelle de cette rencontre où nous nous avons été à Amishkuanu.  [00:04:39] Chacun avait son campement, il y avait des innu de Nutashkuan de ce côté-là, les innu de Pakuashipit, de Unamen-Shipit et aussi de Ekuanitshit. Chacun avait son emplacement et ses propres affaires comme les perches. [00:04:51] Ils les mettaient en réserve et quand ils revenaient, ils réutilisaient les mêmes perches. [00:04:57] Je vois la même chose en ce moment, c’est pareil, comme si je voyais les innu de Uname-Shipit, de Pakuashipit, de Ekuanishit et là-bas Nutashkuan. [00:05:07] C’est pareil que dans ce temps-là.&#13;
&#13;
Evelyne : [00:05:11] Tu te rappelles ça toi?&#13;
&#13;
Basile : [00:05:12] Je me rappelle, mais une fois...&#13;
&#13;
Evelyne : [00:05:13] À Amishkuanu?&#13;
&#13;
Basile : [00:05:14] Amishkuanu, oui. Une fois, je me souviens comment ça se passait. Il y avait des innu de Nutashkuan. Il n’y avait pas de...&#13;
&#13;
Evelyne : [00:05:20] Probablement tu étais jeune?&#13;
&#13;
Basile : [00:05:21] Oui, j’étais jeune par rapport aux choses anciennes que je te raconte. Oui, c’était sûrement la dernière fois que... &#13;
&#13;
Evelyne : [00:05:28] Que tu es allé?&#13;
&#13;
Basile : [00:05:21] ...qu’il y a eu le rassemblement des innu de Mamit. [00:05:34] C’est pour ça que…Ils se racontent entre eux. Le plus vieux, lui, se souvient des choses encore plus anciennes. [00:05:44] Ils se mariaient.  C’est pour ça que maintenant il y a un mélange de personnes. [00:05:50] Par exemple, ici, il y a des Nutashkuan. Quelques grand-pères sont venus ici pour se marier et parfois ils allaient aussi ailleurs. [00:05:57] Par exemple, à Nutashkuan, nous avons encore de la parenté à Unamen-shipit. [00:06:03] Ce sont les hommes de Nutashkuan qui se mariaient avec les femmes de Unamen-shipit. [00:06:06] On pourrait dire qu’il y avait des mélanges [rire]. [00:06:10] Également, j’ai remarqué que les hommes de Unamen-shipit, quand nous sommes allés là-bas, étaient rendus à Nutashkuan. [00:06:19] Maintenant, les innu de partout voyagent. Ça va très bien. [00:06:25] Mais dans ce temps-là, il n’y avait pas de transport ni de bateau. [00:06:29] Ils y allaient par eux-même. Il n’y avait pas d’argent. Ils n’en avaient pas besoin. [00:06:33] Quand ils pensaient à aller à un endroit, ils y allaient. [00:06:37] Et tu vois même Sheshatshit, c’est tellement loin pour descendre à cet événement. [00:06:42] Mais eux, ils sont tellement emballés de faire le voyage pour entendre des nouvelles de Sept-îles et d’autres innu. [00:06:50] C’est ça que.. .c’est ça que...&#13;
&#13;
Evelyne : [00:06:53] Toi, Basile, qu’est-ce que tu en penses? C’est tellement beau ici. Penses-tu que l’on va pouvoir garder longtemps intact ce beau territoire?&#13;
&#13;
Basile : [00:07:03] Je pense qu’il va falloir s’accrocher si jamais… [coupure]&#13;
&#13;
Evelyne : [00:07:08] Penses-tu que nous allons pouvoir nous accrocher longtemps pour conserver notre territoire?&#13;
&#13;
Basile : [00:07:12] Je crois que maintenant les aînés parlent aux enfants. On peut dire qu’ils leur transmettent ce qu’ils pensent. [00:07:22] C’est de là que les histoires nous arrivent. [00:07:25] Comme je te l’ai fait remarquer, je m’attends chez eux à ce qu’ils ne soient plus dans des tentes, mais dans des maisons de bois. [00:07:35] On se visite davantage dans les tentes que dans les maisons de bois. [00:07:39] Dans les tentes, on s’assoit et on voit mieux les gens. Cela donne une meilleure ambiance pour se parler. [00:07:48] Je les vois, je les regarde et je m’assois à côté d’eux pour les écouter. [00:07:53] J’ai conservé leur façon de raconter pour vous dire ces choses anciennes parce que j’estime les aînés. [00:08:01] Des fois, je ne ne me rends pas compte que je raconte ce qu’eux ont dit. [00:08:09] C’est la raison pour laquelle j’aime transmettre leur grand attachement pour le territoire. [00:08:17] Ici, je n’entends jamais qu’une personne est malade dans les tentes depuis que nous sommes là.&#13;
&#13;
 [00:08:26] Et là-bas, dans les maisons de bois, c’est différent. En outre, il n’y a pas de visite, c’est ce que je vois. [00:08:35] C’est seulement dans les tentes qu’il est possible de mieux se côtoyer lors des visites. [00:08:39] Par exemple, s’ils se voient, ils s’assoient. [00:08:42] Si un autre visiteur arrive, il pourra aussi écouter. Lui aussi aura sûrement des histoires. [00:08:50] Quand les enfants écoutent, ils prennent des informations des aînés qui pourront aider à sauvegarder longtemps le territoire. [00:09:01] Et aussi...je veux dire...pour le conserver longtemps, eux n’avaient pas de notes ni de photos. [00:09:13] Dans ce temps-là, il n’y avait rien d’inscrit concernant la cause [sous-entendu : territoriale]. Il n’y avait pas de papier. [00:09:20] La seule façon de se transmettre était de se raconter. Puis, l’autre aussi racontait. [00:09:28] Par exemple, les gens qui m’ont raconté ce que je vous raconte ont disparu. [00:09:35] Et je suis content de transmettre leurs histoires. [00:09:42] Et aussi...&#13;
&#13;
Evelyne : [00:09:43] De quelle manière tu t’adresserais aux jeunes pour leur montrer l’importance de la protection du territoire? Qu’est-ce que tu leur dirais?&#13;
&#13;
Basile : [00:09:53] Il faut seulement que nous n’arrêtions pas de faire ce que nous faisons actuellement. [00:09:59] Nous devons maintenir la continuité où les enfants pourront se connaître...parce qu’il viendra toujours une autre génération. [00:10:12] Comme je te l’avais mentionné, les anciens innu n’avaient jamais cessé de se rencontrer. Ils amenaient constamment leurs enfants avec eux pour qu’ils se fréquentent. [00:10:23] Ces enfants avaient appris à tisser des liens dans leur jeunesse. [00:10:26] Aujourd’hui, quelques enfants n’apprennent pas à connaître les enfants d’autres communautés. Il n’y a pas assez de… [00:10:35] C’est très différent quand les enfants se rencontrent en ville. [00:10:42] C’est tellement mieux ici, il n’y a rien qui dérange la rencontre : pas de villes ni de magasins. [00:10:50] Rien qui pourrait les embrouiller. Ils peuvent avoir un lien plus fort avec les aînés. [00:11:00] Il y a alors une très forte probabilité qu’ils poursuivent cette expérience. &#13;
&#13;
[00:11:06] Par exemple, il s’était passé un événement malheureux dont je t’avais parlé à la rencontre. [00:11:15] Ça s’était mal passé dès le moment où ils ont construit les maisons. [00:11:20] Dès cet instant, personne n’a plus bougé. Personne ne va transporter sa maison construite en bois sur le territoire. [00:11:27] C’est bien plus facile de transporter une tente. On peut aller là où on veut. [00:11:33]  Alors, c’est vraiment mieux ce que nous faisons.&#13;
&#13;
Evelyne : [00:11:40] Et puis… [coupure]&#13;
&#13;
Basile : [00:11:42] Cela a déjà démarré. Ça ne paraît pas ce que je fais. L’apprentissage des enfants a déjà commencé. Nous le faisons présentement. [00:11:50] Par ailleurs, ils [sous-entendu : les enfants] voient tout ce que nous faisons ici quand ils passent. [00:11:55] Par exemple, ils voient le castor, comment il est apprêté. Ils vont pouvoir le préparer comme ils l’ont vu s’ils souhaitent le manger de cette façon. Ils s’instruisent par les habitudes de vie des autres. [00:12:08] D’autres ne comprennent pas la cuisson du castor. Ils vont dire : « C’est comme tourner le castor ». [00:12:14] Ce n’est pas juste de tourner le castor. On appelle ça : Shikupuenanu [note : action de vider le contenu]. [00:12:20] Il y a beaucoup d’animaux qu’on peut vider : les caribous on les vident, le porc-épic on le vide, l’outarde on la vide aussi. [00:12:27] Et eux, ils disent seulement « faire tourner l’animal ». Ils voient qu’on le fait tourner. &#13;
&#13;
[00:12:34] C’est pour ça que c’est important de l’expliquer aux enfants : c’est sur le territoire que la langue innue a du sens. [00:12:47] Elle a moins de réalité dans nos réserves indiennes. [00:12:51] C’est sûr qu’elle va se perdre dans nos réserves, oui c’est sûre qu’elle va se perdre si on ne va pas sur le territoire. [00:12:58] Si cela ne reflète pas ce qu’on fait en innu…&#13;
&#13;
On se détache du français ici. C’est facile de parler innu de tous nos accessoires. [00:13:07] Et là-bas, en ville, l’enfant perçoit autre chose. [00:13:14] Il regardera toujours la maison qui est debout là, mais verra bien qu’elle ne se déplacera plus. [00:13:23] Tandis que nous, ici, on peut déménager tant qu’on veut sans contrainte. [00:13:29] C’était pareil pour nous, là d’où nous venions. [00:13:33] Nous n’étions jamais restés longtemps sur place. Nous partions toujours plus loin. [00:13:39] On nous parlait constamment en innu. C’est vraiment sur le territoire que la langue innu est vivante. [00:13:47] On y nomme tout en innu. &#13;
&#13;
[00:13:49] Par exemple, j’ai déjà enseigné aux enfants à l’école. [00:13:55] Je ne peux pas leur apporter plus parce qu’ils n’ont rien vu. Je ne fais que leur parler. [00:14:02] Ils verraient et comprendraient mieux si je leur montrais et s’ils pouvaient le vivre sur le territoire. [00:14:09] C’est ce que j’ai fait. Je les ai amené sur le territoire. « Allez donc chercher tshitshitikunashi [note de Basile : petite branche utilisée pour la tente] » que je leur dis. [00:14:17] C’est quoi tshitshitikunashi? [00:14:20] « Non, je vais aller avec vous, il doit y en avoir ». Ils m’ont répondu : « Non, il n’y en a pas ». Je n’étais pas encore allé avec eux. [00:14:24] Ils ont dit : « Il n’y en a pas, allons au magasin en chercher ». Ils pensent que s’il n’y en a pas au magasin, c’est qu’il n’y en a pas du tout. [00:14:35] Et là, je leur ai dit :  « Allons le chercher. Je vais aller avec vous » et là je leur ai coupé une branche de bois en forme de ça. [00:14:42] Plus tard, on est reparti au campement et là il y a un jeune qui m’a dit : « C’est moi qui va faire le Y ». [rire] [00:14:49] Il n’avait pas été capable de dire le mot que je lui avais appris : tshitshitikunashi. [00:14:52] J’ai dit à un autre : « Va chercher tshitshitikunashi ». Il demande : « Est-ce que c’est celui qui ressemble à un Y? » [00:14:57] Je lui ai dit : « Oui et trouve donc en même temps un W ». [rire] &#13;
&#13;
[00:15:04] C’est pour ça que les accessoires en bois autour de la tente, l’enfant devrait les connaître pour comprendre. [00:15:14] Ce n’est pas dans les livres que moi j’ai appris tout cela, seulement par la parole de campement en campement sur le territoire. [00:15:22] C’est ainsi que j’ai acquis un langage innu plus authentique pour bien l’exprimer. [00:15:27] Je pense que les jeunes enfants en difficulté [sous-entendu : sur la langue] qui viendraient sur le territoire apprendraient mieux. Ceux qui sont plus vieux, c’est un peu tard pour leur apprentissage. [00:15:39] C’est le seul endroit où on peut réchapper les enfants sur le territoire pour qu’ils comprennent. [00:15:45] Ça leur donnerait une meilleure utilisation des ressources pour la sauvegarde du territoire. [00:15:50] Comment voulez-vous que nos enfants acquièrent le mode de vie s’ils apprennent seulement à parler français? [00:15:54] Plus personne n’occupera le territoire. Qui va en parler? Qui va l’appliquer? &#13;
&#13;
[00:16:00] Par exemple, nous on l’applique et je pense que nous avons une grande richesse. [00:16:07] Tout ce dont nous avons besoin ne nous coûte pas d’argent, nous le recueillons sur le territoire. [00:16:13] Si je déménageais, j’aurais juste à laisser le bois ici. Il y aura du bois qui m’attendra dans un autre campement. [00:16:22] C’est ça que les enfants ne voient pas, combien ils sont prospèrent. [00:16:28] Et si on allait dans un magasin, on n’aurait pas toujours ce dont on a besoin. Ce qui est utile, si tu n’as pas d’argent, tu ne peux pas l’avoir. [rire] [00:16:38] Moi, je pense que les enfants doivent réaliser leur grande richesse qui vient du territoire. [00:16:47] Nous pourrions espérer plus d’actions contre le ravage du territoire. [00:16:53] Justement, il existe une petite histoire sur la manière dont s’est développé le saccage du territoire. Je l’ai vu quand ils ont fermé la rivière… &#13;
&#13;
Intervieweuse : [00:17:02] Le lac Robertson?&#13;
&#13;
Basile : [00:17:03] Le lac Robertson, oui. J’ai vu un barrage, mais il y avait juste des morceaux de bois qui balançaient à la surface. [00:17:12] Par ailleurs, maintenant, la structure doit être encore plus imposante depuis les dernières nouvelles. [00:17:21] J’en ai beaucoup entendu parler, mais moi je n’étais pas impliqué.&#13;
&#13;
Intervieweuse : [00:17:25] Comme c’est arrivé à Churchill Falls...On a entendu parler de la rivière Unamen Shipu, tant que ça s’est s’ébruité partout. Ils ont dit qu’ils allaient faire des barrages. Qu’est-ce que tu en penses?&#13;
&#13;
Basile : [00:17:36] Qu’est-ce que je pourrais en penser? Je pense que...&#13;
&#13;
Intervieweuse : [00:17:37] C’est parce qu’on en entend de plus en plus parler maintenant qu’ils vont inonder le territoire.&#13;
&#13;
Basile : [00:17:41] J’avais entendu des aînés qui disaient déjà que la situation de Meshikamau [note : grand lac à Churchills Falls] serait désastreuse. Ils avaient prédit que le territoire serait abîmé. Je le constate maintenant [sous-entendu : au lac Robertson]. [00:17:59] Je le vois par les airs en avion [note de Basile : lac Robertson], mais pas celui qui a été fermé [note : Meshikamau]. Il a été fermé [note : lac Robertson] il n’y a pas longtemps, mais on voit déjà le ravage. [00:18:07] Et de plus, on entend parler qu’il y aura encore un autre barrage. [00:18:13] Il n’y aura plus d’endroits où nous irons. [00:18:17] Moi, c’est ce que je pense, mais je sais que je n’y serai plus. C’est les enfants qui viendront qui en auront les conscéquences. Où pourront-ils aimer vivre?&#13;
&#13;
Intervieweuse : [00:18:29] Comment verrais-tu cela sur ce qu’on pourrait faire pour empêcher l’inondation et le pourrissement du territoire ?&#13;
&#13;
Basile : [00:18:40] Comment est-ce que je le verrais? [pause] [00:18:45] C’est déjà commencé. Ça fait très longtemps qu’on en parle. [00:18:50] J’ai entendu autrefois qu’ils allaient utiliser cette rivière et aussi Mikatshinau [note : Mecatina]. [00:18:55] C’est à cet endroit que se trouve nos territoires. On peut dire que c’est là qu’on passe nos hivers à Mikatshinau. [00:19:03] C’est ainsi...On pourrait tous essayer de comprendre ce qu’il faudrait faire. Je ne peux rien te dire. [00:19:16] Mais, on pourrait aussi demander à l’autre : « Est-ce que tu es convaincu de tout ça, oui ou non? » [00:19:23] Les mises à jour sont peu transmises. On sait qu’il y a beaucoup de gens qui n’en comprennent pas l’ampleur, mais il faut trouver un moyen. [00:19:33] Je serais content et je serais présent contre la fermeture.&#13;
&#13;
Evelyne : [00:19:42] Veux-tu dire que tu ne veux pas le barrage?&#13;
&#13;
Basile : [00:19:45] Oui, je ne veux pas le voir construire. [00:19:48] Il y a beaucoup de blancs qui disent que c’est un beau grand territoire. Ils aiment l’endroit. [00:19:59] Même eux disent qu’ils ne sont pas d’accord. [00:20:05] Je dirais qu’il y a peu d’innu qui sont d’accord. On nous ignore complètement.&#13;
&#13;
Evelyne  : [00:20:14] Mais par exemple...oui...présentement... [coupure]&#13;
&#13;
Evelyne : [00:20:19] As-tu confiance… [coupure]&#13;
&#13;
Basile : [00:20:20] Le fait que nous n’ayons pas tellement de convictions et que l’on nous ignore...[00:20:26] Tu vois, je garderais une certaine confiance devant ceux qui veulent aller plus loin dans la dénonciation. [00:20:36] Mais à quel endroit dénoncer pour avoir de l’aide? On le cherche. [00:20:44] Comme je te dis, on n’est pas vraiment bien informé quand on en entend parler. [00:20:50] Je les entends bien quand ils discutent de ce qu’ils veulent faire : qu’ils vont également saccager le territoire. [00:20:59] Ce ne sera pas seulement le territoire, mais aussi les animaux. C’est là qu’ils se nourrissent. [00:21:06] Et nous aussi, c’est là que nous prenons notre subsistance. &#13;
&#13;
[00:21:09] Donc, nous, nous allons manger cet animal. Cet animal se nourrit sur le territoire. Et nous, en dernier, nous avons besoin de lui pour nous nourrir. [00:21:15] L’animal va disparaître… [00:21:19] C’est regrettable...&#13;
&#13;
&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/634548200?h=b0b72b3406" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Quand j’ai eu l’humiliation,j’avais arrêté de parler et j’étais timide, je voulais dire des choses, j’aurais aimé ça chanter, danser…mais la gêne l’emportait, j’avais peur qu’on me reprenne encore en public. Pis j’ai trainé ça longtemps, ça ne fait pas longtemps que je parle là, j’étais gêné fermer, ça n’avait pas d’allure et la boisson l’inverse, fallait que je me soigne. Il y a aussi le fait que j’étais gêné, j’ai bu et j’ai arrêté de boire et c’est à ce moment que j’ai commencé à me soigner, c’était vraiment une obsession ma recherche d’identité et j’étais aussi gênée de revenir dans le village. J’étais une Innue et je ne connaissais pas ma culture tandis que Danielle Dessent, une blanche, connaissait toute. Ça comme déclencher une envie vis à vis elle. Pis pauvre fille, je l’ai engueulé assez raide quand j’étais saoule. Aujourd’hui, je réalise que c’était de la jalousie. Y a fallu que j’aille chercher ma culture pour me calmer et enlever la gêne. Ça disparu complètement. Le fait d’aller dans le bois m’a aidé beaucoup. Quand je suis arrivé ici, j’avais 33 ans. Je rencontre Philippe pis lui aussi était du même genre. Pis là on est allé dans le bois, des longues périodes. Ça a duré 10 ans. On y allait tout seul ou encore avec des ainés ou des groupes toujours pour connaître encore plus notre culture. Je ne m’en suis même pas aperçu et la gêne a disparue. Avant, je me disais, il n’y a pas un psychologue qui peut m’aider. Quand j’ai commencé à penser aux garçons, c’est sûr que j’ai sorti un peu mais le premier, c’est lui qui m’a marqué. J’étais en train de garder et il a voulu sauter sur moi et je me suis débattue…finalement il est parti. Finalement, je passe dans la rue et les gars riaient en disant Ah la femme forte au lit. Le maudit il avait tout conté à ses amis. Cette histoire plus l’histoire de la religieuse sont revenues. Les Innus, je ne les aimais pas. Il m’a comme fermé toutes les relations avec les hommes. Cependant les amourettes, j’en faisais par exemple avec Mark Sandie. Un été, moi et Véronique ont se tenaient beaucoup avec les Naskapis, surtout les soirs. On se promenait et on pognait les Naskapis, sur le bord du lac, un peu partout. On se promenait beaucoup moi et Véronique en forêt. Toute la région, le radar, Squaw lake, au nord du lac John, on la fait en long et en large. Et on se promène encore dans ce coin-là. Mon choix de carrière, ça aurait été la recherche, dans les laboratoires, mais je trouvais ça trop compliqué. L’hôpital était plus proche et moins forçant. Aujourd’hui, je m’en sers beaucoup avec les plantes et je suis moins peureuse au niveau de la médecine et je connais un peu les plantes mais je ne m’en sers pas beaucoup aujourd’hui. Si j’ai mal au foie ou encore dans le dos, alors, je me pose plus la question qu’est-ce qui ne va pas dans ma vie. Je n’étais pas consciente que tous les autochtones aient une relation particulière avec la terre, la lune, les étoiles…Moi je ne l’avais pas du tout. Ça m’a pris un événement de ce genre là pour me réveiller, c’était là mais je ne le voyais même pas. C’est après que j’ai vu toute la dimension spirituelle avec ce qui m’entourait. D’après moi je faisais beaucoup d’efforts pour changer mes relations et être bien. &#13;
Je voulais faire connaître aux Québecois et aux autres que l’on était au Québec et présent. J’ai essayé avec des barrages, des contestations et ça n’a pas marché, mais avec le programme de sous le shaputuan dans les écoles secondaires du Québec, rencontrer les jeunes et dire qu’on existe, parler de nos différences, parler de la langue, parler que l’on vit à côté d’eux et qu’ils ne nous connaissent pas, pour moi ça, c’est plus valorisant qu’une barricade. Dans ce programme, j’ai vu à peu près 200,000 jeunes Québecois et pour moi, le message est passé. Les jeunes savent qu’on existe. Je pense qu’on ne peut plus nous ignorer aujourd’hui et on le sent à travers les médias…et je continue, maintenant, je suis au niveau international. Avec le projet des sites sacrés, les gardiens des sites sacrés. On est un groupe de jeunes vieux autochtones à la retraite. Dans le groupe, nous avons des connaissances assez variées. Le groupe se compose de 12 personnes et on est allé en Finlande. Le premier voyage, on voulait voir des caribous. Rendus là-bas, on était attendu, on a visité des écoles. Ils nous ont démontré comment un peuple vivait avec le caribou au niveau des vêtements, au niveau de l’histoire, au niveau de l’économie. Eux aussi, tout est basé sur le caribou. La même chose que nous sauf l’élevage. Eux font l’élevage du caribou. Cependant, je trouvais qu’il n’avait pas la dimension spirituelle avec le caribou mais plutôt une dimension économique. &#13;
Souvent je me suis demandé qui j’aurais été si je n’avais pas été humiliée ou gênée. Ma réponse c’est Katune, Michèle ma fille. C’est comme ça que j’aurais aimé être là. Moi j’ai un espoir qu’on a à vivre ensemble, selon nos valeurs réciproques. Chacun sa façon de vivre et si on élargit, moi je veux juste la paix à travers le monde. L’héritage, bien on a une langue, une façon de vivre et on doit les garder. C’est comme ça que je vois le monde. Ce que je trouve bon, c’est qu’on a vécu longtemps, on a survécu, beau temps mauvais temps et avec rien et on n’a rien changé. On a vécu avec je qu’on avait autour, toujours en harmonie. Quand je vais dans les écoles, je rencontre également les parents le soir et ils nous disent que le pays, c’est à nous autres, vous êtes les premières nations, on vous doit quelque chose…Je réponds que moi aussi je change et qu’on a à vivre ensemble maintenant. Par où on va commencer…Moi, je veux la liberté dans le territoire, parler ma langue et l’enseigner pour le reste, je suis capable de vivre comme vous autres. Mais je vais rester Innu. J’ai un modèle, c’est Alanis Obomsawin, j’avais une amie Abénakise Sylvia Uatsu. Alanis vient de Odanak et on allait souvent chez elle. J’aimais beaucoup son énergie, toujours souriante et j’aimais aussi son audace. Pour moi, elle n’avait peur de rien. Je la regardais aller, elle travaillait souvent avec ses mains, elle faisait des poupées pour les enfants de sa communauté. Je ne l’ai jamais vu en spectacles à Montréal J’ai toujours trouvé qu’elle était très originale. Elle filmait des choses qu’on ne voyait pas souvent. Je l’ai vu la dernière fois, c’était la journée autochtone qui se passait à Montréal. Elle allumait le feu avec Ghislain Picard et nous on transportait le feu à Québec pour le feu de la St-Jean. Elle me dit, on est rendu vieille et on est encore là nous autres.  &#13;
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&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Mes grands-parents du côté de mon père, je ne les ai pas connus. Ils sont décédés de famine. Mon père a été élevé par des St-Onge de Port Cartier. On a eu aucun lien avec la famille de Ti basse St-Onge Mon père ne parlait jamais d’aller voir la famille Ti basse. Par contre du côté de ma mère, on vivait avec ma grand-mère et mon grand-père. J’étais pensionnaire et je ne les ai pas vraiment connus. Je me souviens de ma grand-mère, elle avait toujours un tablier blanc et faisait du lavage avec un petit savon bleu. Ma grand-mère c’était Adeline et mon grand-père Georges Mon grand-père George, ça semblait très mystérieux, il avait un parler, il parlait français en plus, un Français comme quelqu’un qui venait d’ailleurs. Je n’ai jamais su d’où il venait mon grand-père. On a regardé dans les regis, à ne pas confondre avec registre, car son nom de famille était Régis. Il serait d’origine Micmac ou Malécite. Il venait de Madawaska. &#13;
On a habité avec eux et on les a quittés pour aller au pensionnat. Ma sœur Anne-Marie les a mieux connus que moi. Je n’avais pas de relation proche de mes grands-parents, tout ce que je me souviens, c’est la prière à 7 hre le soir, on se mettait tout le monde à genoux. Ma grand-mère jardinait. On avait un pommier mais on n’a jamais eu de pomme. &#13;
Au village Moisie, j’ai peu de souvenir. A Moisie on vivait encore avec nos grands-parents, ça je m’en souviens un peu. Je me souviens plus de Maliotenam, la maison, on restait sur la rue de l’Église dans une petite maison que mon père avait bâtie. Souvent les innus disait quand le ministère nous a pris en main, il voulait faire de nous des agriculteurs, mais ça na pas marché. Mes grands-parents savaient comment faire pousser des patates. C’était spécial, habituellement on cueille des fruits en forêt. Quand on était jeune, on vivait à Moisie avec des non-autochtones et cela je m’en souviens plus ou moins. Je me souviens des glissades, des balançoires, le gazon, des champs de gazon. Être enfant innu pour nous autres, c’était la liberté. Premièrement on parlait innu, on ne parlait pas français, on pouvait aller à la plage à tous les jours. Je vois très peu d’interdit. Au même moment ils bâtissaient le village et il y avait beaucoup de trous partout pour les égouts et on jouait là-dedans avec des amis. On était toujours en groupe et on faisait beaucoup de jeux dans le village. On était beaucoup dehors. Notre premier jouet était le catalogue Eaton et Simpson Sears. On découpait les personnages et on jouait avec ça. Je me souviens, je m’étais fait une amie, la fille du gérant de la Baie d’Hudson. On avait le même âge et elle était toujours chez nous. On jouait ensemble, pis moi j’avais mes humains en papier provenant du catalogue, que j’avais mis dans une boîte avec le lit, le divan…Elle aimait ça et me passait ses vraies poupées que je pouvais habiller, déshabiller, il y avait toute une garde-robe de poupée et on avait du fun. On échangeait beaucoup. Avec mes amis, c’était beaucoup la plage. Avec ma grand-mère, c’était plus la cueillette. On embarquait dans des gros camions et il me semblait qu’on allait loin, mais on était juste à côté dans les plaines. On ramassait des graines rouges. On partait avec des taies d’oreillers et on les remplissait. C’était ça nos jeux en été. Il y avait beaucoup d’événements religieux, des processions, des messes. Quand j’étais jeune, j’étais très pieuse. J’allais à la messe de moi-même à 7 hre du matin. Je ne me souviens pas que ma mère m’a réveillé pour aller à la messe. J’y allais souvent. Je me souviens des hivers, c’était le fun, il faisait noir encore. Il y avait aussi des pow wow auquel je ne participais pas vraiment. Ma mère participait beaucoup, des danses carrées ou bien le makushan. J’étais trop jeune. Quand il y avait un pow wow, c’était des gens de Bersimis, des Indiens d’ailleurs qui venaient. Dans ce temps-là, il n’y avait pas encore de lien entre les Innus et les Blancs. C’était encore l’église pour nous évangéliser. Ma mère était traductrice et ne nous a jamais obligé au niveau de la religion, elle nous a laissé beaucoup de liberté. Je n’ai jamais senti de force de la part de mes parents d’adhérer à la religion catholique. Mes grands-parents n’étaient pas des gens qui allaient en forêt. Ils restaient au village parce que le territoire de mon grand-père maternel était pas loin ici, environ 40 50 milles sur la rivière Moisie. On nous appelait les Indiens de la mer. On se faisait garder par des familles, car ma mère a eu des emplois partout comme interprète car elle parlait aussi le français. Elle travaillait pour les dispensaires pour traduire les infirmières ou bien les curés pour préparer les jeunes aux sacrements. Elle partait à La Romaine longtemps et elle amenait ma sœur Anne-Marie et mon frère Bernard. Moi je restais dans la communauté. Je n’ai pas souffert de la séparation, pas de drame.   Où je restais, c’était une famille Mckenzie, Sébastien Mckenzie, le grand-père a Réal Mckenzie. Je ne me souviens pas de lui mais de sa femme Elisabeth. Elle m’amenait partout et j’aimais ça car elle avait de la parenté à Sept-Iles. Pour moi Sept-Iles, c’était loin. Elle me faisait voyager. Du côté de mon père aucune relation avec la famille St-Onge. Mon père s’appelle St-Onge et d’après les registres, il s’appellerait Jean-Pierre de Sheshashit dans la même lignée que la dame Mishta Pinamen. Ma mère serait plutôt Malécite de Madawaska.&#13;
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              <text>Je suis allé voir Desneiges à ce moment et elle m’a dit embarque avec nous autre. Desneiges travaillait en éducation ici à Sept-Iles. C’était le début de la prise en charge de l’éducation et ça j’aimais ça. C’était un mouvement qui était très énergisant, se prendre en main…Enfin les Innus on va faire quelque chose. On m’a dit tu vas travailler avec des ainés et tu vas faire des entrevues avec eux. Par exemple un matin on travaillait juste sur le vocabulaire de la neige ou de l’hiver…et le lendemain ça pouvait être la géographie. On travaillait sur des contenus. Il y a un ainé qui regardait par la fenêtre et qui voyait des enfants jouer dans la rue et il disait qu’il faudrait faire quelque chose avec eux. Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour eux ? On pourrait peut-être les amener en forêt. J’ai commencé à marquer qu’est-ce que ça nous prendrait pour aller dans le bois. Il m’a donné une liste et j’ai tout écrit. Je suis allé voir le gérant du magasin de la Baie d’Hudson à Maliotenam et je lui ai demandé combien ça me couterait tout ça. Le gérant me dit, voyons donc Evelyne, les innus ne vont plus dans le bois maintenant, ils ne font plus de trappage, ça ne sert à rien. Je lui ai demandé de le faire quand même. On lui donne la liste, des haches, des fils, de la nourriture, tout ce dont on avait besoin pour vivre une certaine période avec tant de personne. Ensuite, j’ai écrit à la compagnie de la Baie d’Hudson à Winnipeg pour demander de l’argent. Finalement on a reçu de l’argent et le gérant du magasin nous a félicité. C’est à ce moment-là qu’on a mis le projet sur pied. On a commencé à écrire, combien de temps, où, quand, comment, qu’est-ce que les enfants vont apprendre. Finalement on a donné ce projet à un comité de chasse et on a travaillé ensemble pour concrétiser ce projet. On a fait une recherche de financement et c’est le centre de main d’œuvre qui a subventionné à ce moment-là le projet. Et c’est là que ça a commencé tout l’enseignement traditionnel et ça correspondait très bien à mes attentes. Je m’étais impliqué car c’est moi qui avais besoin de connaître ma culture. Ça je le sais aujourd’hui car il fallait que je prouve que j’étais une Indienne. J’étais de toutes les réunions même à La Macaza au collège Manitou. C’était vraiment un endroit très intéressant dans le nord des Laurentides. C’était un collège pour les autochtones. Moi je n’allais pas là comme étudiante, j’allais là en visite. J’avais une amie qui travaillait là, Sylvia Uatsu et je lui rendais visite. J’amenais Benoît et Michèle qui était très jeune à ce moment-là. Il y avait une garderie et moi j’avais la journée à faire ce que je voulais. J’ai passé un été complet à La Macaza. J’ai appris à sculpter, à faire des ceintures tissées. J’ai appris à faire un tissage traditionnel, à faire un métier à tisser. C’était très valorisant et j’ai appris des choses que je n’aurais jamais appris ailleurs. C’était pour nous un endroit de connaissances et d’habilités. Mon amie travaillait au service étudiant et Monique Sioui une autre amie travaillait à l’imprimerie. On était vraiment bien toutes les trois. C’était vraiment un endroit pour autochtones des Amériques. Il y avait des gens autant des Etats Unis que du Canada. Ça été pour moi une grande ouverture. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé qu’on n’était pas tout seul, qu’il y avait d’autre autochtones à travers le Canada. Le groupe autochtone s’agrandissait et ça me faisait du bien. Il y avait un côté nationaliste indien et on pouvait se faire entendre. L’identité était là et c’était très intéressant. J’ai appris beaucoup de chose. Les réunions des chefs se passaient là. Ça nous a éveillé à réaliser qu’on n’était pas seul et qu’on pouvait être fort.&#13;
Quand j’ai fait ma crise d’identité, pis ça s’est calmé…là j’ai commencé à rêver en indien, j’ai commencé à rêver à un prince charmant innu qui m’amènerait dans le bois, où je pourrais vivre dans le bois…Et finalement, j’ai rencontré Philippe. Philippe est un chanteur qui chante en innu. Et qui s’identifie comme un Innu. Pour moi, ça me convenait très bien. C’est drôle comme on s’est rencontré, je ne l’avais jamais remarqué avant.  On était à la rivière Moisie au campement de Desneiges Vollant…Il y avait un journaliste de Radio-Canada qui était venu.  Il y avait une grande réunion.  On préparait le repas, puis il y a eu un orage, tout d’un coup avant le repas. Tout le monde est parti se mettre à l’abri en dessous des arbres…Et un éclair surgit, près d’une voiture…Philippe était là et ce fut le coup de foudre.  Je ne l’avais jamais vu avant. Un an et demi après, on a décidé de vivre ensemble et on a eu Mishtashipu. Lui aussi joue de la musique. Je me souviens que quand Philippe jouait de la guitare, Mishtashipu mettait toujours son oreille sur la guitare, ça commencé de même.  &#13;
C’était à Innu nikamu, c’est là qu’on m’a présenté Eddy Malenfant qui était aussi ami avec Zacharie et Céline Bellefleur. J’étais toujours en train de rêver de sauver la culture et la langue. Céline travaillait dans la langue innue et Zacharie était toujours en forêt. On a eu cette rencontre avec Eddy pour faire du matériel scolaire en vidéo. Je travaillais déjà à faire du matériel didactique sur papier dans le cadre du projet de innu uass. On faisait beaucoup de petits livres pour les écoles. Et maintenant on va avoir de l'audiovisuel. Je me disais, je vais être là, j’embarque avec eux, car ça correspond toujours à ma recherche d’identité et à sauver ce qui nous reste comme culture. Je suis Innue et je vais mourir Innue. Tout ça faisait partie de ma démarche. En faisant des documents audio-visuels en innu et c’était vraiment intéressant. En plus les films parlaient notre langue, du territoire. Il y avait une grande fierté à le faire. Pour moi personnellement j’étais fier de travailler pour Production Manitou, car j’avais mes trois enfants qui en même temps que moi apprenaient beaucoup de la culture innue. Le fait de faire ces documents là en langue innue me rendait très fière d’autant plus que nos premiers spectateurs étaient les ainés qui nous sanctionnaient d’une certaine façon. Quand ça riait, c’était un bon signe que le document était bon et qu’on pouvait le diffuser. C’était eux qui décidaient de la qualité de nos documents. Toujours avec production Manitu, on a élargi notre présence, fallait se faire connaître et on a fait une série innu assi où l’on a visité les 11 communautés de la nation innue. Pour moi, ça été très facile car mes parents étaient passé avant moi. Mes parents étaient très connus dans les communautés et c’est eux qui m’ont ouvert le chemin. Comme mes parents, j’aimerais faire la même chose pour mes enfants et qu’ils retrouvent cette même facilitée que moi j’ai connu. &#13;
En même temps que je travaillais pour Production Manitu, j’ai travaillé également à l’institut culturel et éducatif montagnais. On m’a dit, fait un projet et rencontre le conseil de bande et emploi et immigration peux subventionner ton projet. Je suis retourné à l’institut avec une partie du projet financé, dont mon salaire. On m’a dit Ok, Au début je travaillais comme agent de projet, puis sur le programme sensibilisation. Ce programme s’organisait avec en partenariat la Commission des droits de la personne. C’est un programme où l’on donne de l’informations aux non-autochtone dans le but des sensibiliser sur la réalité autochtone et on le fait à travers une clientèle scolaire du secondaire. C’est un programme qui fonctionne depuis 10 ans et est très demandé. Ça répond bien au questionnement des Québecois parce qu’ils veulent nous connaître. Quelquefois je leur pose la question à savoir quelle image vous vient à l’esprit quand on dit sauvage, amérindiens, autochtones…C’est la forêt, la chasse, les plumes, la danse autour du feu. On n’est vraiment pas connu même si on vit à côté d’eux. Le fait d’aller les voir dans les écoles, on installe une grande tente dans la cour d’école. On amène les jeunes à l’intérieur, ça sent le sapin et on parle de nous très simplement sans vouloir faire des sensations. On se présente tel qu’on est, ce que l’on fait aujourd’hui. On mange, on danse, les jeunes qui le désirent peuvent dormir à l’intérieur. C’est un bon soutien pédagogique. Les gens aiment ça et je pense que c’est un très bon moyen. On va également dans les écoles innues. Même chez les Innu, on ne connaît pas tellement notre histoire, l’histoire du Canada qu’on a appris à l’école, souvent moi j’étais gênée de cette histoire, j’aurais voulu me cacher et me pâlir tellement cette histoire est contre nous, parfois, c’était vraiment humiliant d’entendre cette histoire qui est montrée dans les écoles. Pour nous Production Manitu d’avoir fait Chronique de Minganie fait partie de ce que nous voulons montrer à travers l’histoire que les gens ne connaissent pas. On incite les gens à être curieux à cette façon de connaître l’histoire. J'ai beaucoup aimé cette façon de faire.&#13;
J'ai bu, à l'époque où je n'allais pas bien avec ma consommation d’alcool, j’ai pris des cours en relation d’aide, pour m’apercevoir que c’était moi qui avais besoin d’aide. J’avais décidé d’aller faire une thérapie et j’y suis allé. &#13;
Y avait toujours quelque chose qui me manquait, je me disais : j’ai arrêté de boire, je suis en bonne santé, je commence à régler mes problèmes de relations…Mais je sentais quand même quelque chose qui me manquait en dedans de moi et je savais que c’était le côté spirituel.&#13;
Quand je suis sorti du pensionnat, j’ai laissé le bon dieu au pensionnat, quand j’ai fermé la porte du pensionnat, je l’ai laissé là. J’avais assez prié tout ce temps-là. Pourtant je me suis marié à l’église, je n’ai pas fait baptiser les enfants…&#13;
Ça continue comme ça sans religion, sans croyance à quelque chose.  Je me sentais complexée, pas bien, il y avait un vide à l’intérieur de moi. Mes amis me disait donne tes peines au bon dieu et moi je ne comprenais pas ce qu’ils voulaient dire. Je m’attendais a ce qu’il m’apparaisse ou quelque chose comme ça. Je n’avais pas du tout l’esprit spirituel. Un soir, Edouard Michel arrive chez nous et dit qu’il s’en va à une cérémonie à la pleine lune. Je lui dis, je vais aller avec toi.  On était tout le monde assis par terre et il y avait une femme Naskapie qui parlait de toute notre relation avec la terre, le soleil, la lune…C’est à ce moment-là que j’ai trouvé ma réponse…J’ai trouvé tout un côté spirituel des éléments de la terre que je n’avais jamais pensé, que je n’avais jamais vu, ni même pensé, je ne savais même pas que ça pouvait exister. Ça été pour moi une très belle découverte. Après j’ai continué à vouloir connaître plus…Une autre fois, il y a eu la tente à suer, ça se passait à la rivière Moisie, le territoire de mes ancêtres, de mon grand-père du côté de ma mère…Je pensais beaucoup à mes ancêtres cette fois-là…J’ai pleuré tout le long, c’était comme si j’avais à pleurer toutes les peines du monde, toutes les peines que j’avais eu auparavant. Un matutishan avec Noat à la rivière Moisie. Quand je suis sorti, le fou de rire m’a poigné, j’ai vu des étoiles…J’étais couché par terre. J’avais été aux extrêmes et ça été encore d’autres découvertes. Je me sentais bien, j’avais arrêté de boire et je commençais à régler mes émotions. C’était le côté spirituel qui me manquait. J’entretiens beaucoup ce côté-là maintenant, Je vais à tous les ans à la danse du soleil chez les Lakotas. Pour moi, c’est un lien très important, c’est le lien spirituel qui m’a manqué et que j’ai toujours cherché. Ça m’a pris du temps à comprendre. J’aime beaucoup ce lien là, ce sont des gestes, une façon de faire, une façon de penser qui te relie avec la terre, avec les autres. On fait tous les mêmes gestes qu’on soit innu ou lakotas. J’ai eu une plume, j’étais avec Marie Jeanne et pour moi, la mission de recevoir une plume est une mission de paix et pour faire ma mission de paix, ma vie doit être aussi légère que la plume et la paix je le fais avec le travail de sensibilisation dans les écoles ou les autres communautés. C’est ça ma mission, de parler des Innus, de se faire connaître, que ce soit avec un Innu ou un non autochtone.&#13;
Aujourd’hui, mon rôle de grand-mère, je l’ai senti quand ma petite fille Laura qui avait 8 ans est venue me voir et je me suis aperçu qu’elle m’imitait. C’est à ce moment-là que je me suis dit que mon rôle de grand-mère commençait. Je devais lui enseigner des choses car elle avait le goût d’apprendre. Aujourd’hui, ce que j’aimerais pour mes enfants…Ils sont bien, ce sont des Innus, peut-être qu’ils ont de la difficulté à parler innu mais ils ont le sens innu. Quand je pense à Benoît, il peut travailler où il veut, il est très habile en forêt, très habile de ses mains, il peut faire des canots, il connaît beaucoup de choses de la culture innue. Michèle ne parle pas très bien innu, elle comprend. Elle connaît beaucoup de lois concernant les autochtones du Canada et pour moi c’est aussi important. Mishtashipu, lui connaît la forêt, parle la langue, connaît la musique. Mes enfants, je suis fier d’eux et j’aimerais qu’eux aussi transmettre à leurs enfants. C’est maintenant à mon tour de m’intervenir avec eux pour renforcir leurs connaissances. C’est à mon tour d’aller voir mes petits-enfants, de leur enseigner, de parler innu. Je ne suis pas inquiète pour Benoît, ses enfants parlent la langue. Par contre j’ai encore de la difficulté à l’atteindre ou lui parler tout simplement. Une fois je lui ai raconté une histoire qu’on était allé voir un ainé qui nous avait parler de la truite grise et j’en ai parlé à Benoît qui a réagi à me disant pourquoi je ne lui en avais pas parler avant. Il veut en savoir des choses, que je me suis dit. Je viens juste de le savoir que lui ai répondu. Je n’ai pas connu la vie traditionnelle, j’ai appris à l’âge de 30 ans et je me suis réapproprié ma culture. Je l’ai appris un peu partout, de bien du monde, pas de mes parents mais par de nombreux Innus de plusieurs communautés. Aujourd’hui il faut posséder les 2 cultures. Il faut être fier d’être Innu. Il faut que tu connaissance au moins une partie de ton histoire. C’est ce qui nous manque, nous les Innus, connaître notre histoire, nos légendes, nos chansons, notre histoire de famille…J’aimerais que mes enfants soient bien dans les deux cultures, en ville, à Natashkuan, à Maliotenam…C’est de cette façon que mes parents m’ont laissé une liberté ou une aisance…&#13;
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Je suis née à Moisie, Moisie est un village situé à l’embouchure de la rivière Moisie.&#13;
A ce moment-là, les innus et les non-autochtones vivaient ensemble.  J’ai demeuré là jusqu’à l’âge de 5 ans. Après nous avons déménagé à Maliotenam.  Tous les innus qui vivaient à Moisie, sont déménagé à Maliotenam un village innu. &#13;
Le gouvernement voulait déménager également les innus de Sept-Iles. Ça faisait partie de la loi sur les indiens,i.e. de tout rassembler les indiens au même endroit. C’est ce qu’on appelait une réserve et Maliotenam en était une. Par contre à Sept-Iles, ceux qui demeuraient là, étaient supposés déménager également à Maliotenam. On réunissait deux bandes au même endroit. Sept-Iles à résister. L’église à même aider le gouvernement à pousser les innus à déménager à Maliotenam. Finalement les innus de Sept-Iles ont décidé de rester là et cela a fait beaucoup d’histoires même que l’église par exemple dans un cas de décès, les cérémonies se passait à l’église, on ne pouvait plus enterrer nos morts à Sept-Iles. On les enterrait à Maliotenam et les innus pendant la nuit, allait chercher les morts et les ramenaient à Sept-Iles, au cimetière de Sept-Iles. Il y a eu une grande période où il n’y avait plus le service du curé.&#13;
A Maliotenam, quand on est arrivé, il y avait quelques maisons et en même temps &#13;
on bâtissait un pensionnat.  Ça été le dernier pensionnat qui a été créé à travers le Canada &#13;
J’avais 7 ans. J’étais externe au début. Au pensionnat, il y avait des jeunes de La Romaine, Natashkuan, Mingan, Bersimis et Shefferville. Ça nous a permis de se connaître. J’ai fréquenté le pensionnat 3 ans et à partir de la 4 ième année, j’ai été pensionnaire jusqu’à ma 11 ième année.&#13;
J’ai été pensionnaire parce que ma mère a été demandée pour travailler avec le curé à Shefferville. Ma mère était enseignante de catéchèse et aussi traductrice.  Nous sommes montés toute la famille à Shefferville et pour continuer les études, nous sommes revenus à Maliotenam et sommes devenus pensionnaires. Ce qui me reste de souvenir, faut dire que je n’ai pas connu des choses malheureuses et je suis contente d’avoir connu des jeunes de d’autres communautés.&#13;
Ça nous rattachait à quelque chose de commun entre nous.  On apprenait une autre langue et une nouvelle culture. J’essaie de trouver des éléments positifs du pensionnat…&#13;
C’était complètement différent de ce que l’on avait connu à la maison.  Moi quand je suis entré au pensionnat, je ne connaissais pas un mot de français. Ça n’a pas été long, j’ai appris le français. J’ai parlé français assez vite. Parmi les points positifs, il y a le côté manuel, j’ai appris à coudre, à tricoter, à broder…Toutes ces techniques-là, je les ai travaillées plus tard avec ma mère quand j’ai été plus grande. Les samedis, je brodais et j’aimais ça travailler avec ma mère qui faisait des manteaux en duffle (étoffe), des gros manteaux d’hiver. Elle faisait la couture et moi la broderie. Ce sont des choses positives que j’essaie de sortir du pensionnat. J’en ai brodé des raisins sur des chasubles. Quand même, c’était une tâche que j’aimais bien. Quand je pense à ça, On peut dire que ça été une coupure avec mes parents, avec la langue, une coupure avec toutes les activités traditionnelles, une coupure avec une façon de vivre que je devais vivre. Je l’ai réalisé plus tard et ça m’a amené beaucoup de révolte et ça m’a fait boire. Quand je suis allé au pensionnat, j’avais subi une humiliation de la part d’une religieuse. A partir de ce moment-là, j’ai arrêté de parler, je ne disais plus un mot. J’étais quand même performante à l’école, j’apprenais par cœur. Fallait bien que quelqu’un m’aime, au moins le professeur. Je me sentais comme rejetée, abandonnée, j’étais très gêné, très timide.  Avec mes performances à l’école, j’arrivais à survivre.  Ça m’a poursuivi longtemps dans ma vie. Ça m’a amené à la boisson, même si dans ma famille on était très calme de ce côté. Ma mère ne buvait pas, mon père buvait mais jamais à la maison. Je n’ai pas connu de violence. Je sais que ma mère enseignait le catéchisme mais moi je ne me souviens pas, elle ne me l’a jamais enseigné. La plupart de mes amis me disaient que c’était ma mère qui leur avait enseigné à prier. Ma mère ne nous a jamais tanné avec la religion catholique. Elle marchait avec l’exemple. Si vous voulez me suivre, suivez-moi. J’ai l’impression qu’elle fonctionnait par l’exemple.&#13;
Mon père était un très bon vivant, un bon conteur, un comique. Il travaillait beaucoup avec les arpenteurs. Il a voyagé beaucoup.  Il a travaillé à travers le Québec.  Il y a des photos de lui à l’ONF parce qu’il a travaillé avec des anthropologues, des ethnologues. Ma sœur aussi travaillait avec eux. Ils allaient voir des anciens sites sur la rivière Georges. Mon père était guide et manœuvre. C’était avec Pierre Perrault. Il y a beaucoup de monde qui sont venus chez nous.  On était très visité par les ethnologues et les anthropologues.  J’avais lu un livre d’un anthropologue américain qui parlait de nous, il décrivait comment on vivait dans la maison et c’est à ce moment-là que j’ai remarqué comment on était comme épié, étudié pendant longtemps. On est resté ami avec plusieurs de ceux-ci.  &#13;
Je suis resté au pensionnat jusqu’à ma 11 ième année et j’ai fait application pour être garde malade auxiliaire à l’hôpital de Sept-Iles et j’ai été acceptée.&#13;
Durant l’été, ma sœur qui demeurait à Montréal, m’a demandé pour aller garder son garçon et j’y suis allé. Un moment donné, elle me dit pourquoi tu n’appliquerais pas à tel endroit ou encore à tel autre endroit, on a fait le tour et on est allé là où elle avait fait son cours.  Elle aussi était infirmière auxiliaire.  C’était à Buckingham et j’ai été acceptée aussitôt. Je suis retourné dans ma communauté, à Shefferville après un an d’étude exactement.  Je m’étais ennuyé de la langue innue et je ne le savais pas.  Je ne parlais pas, je faisais juste écouter, c’était comme une chanson. Je n’avais pas à me forcer à traduire. C’était un très bon feeling…&#13;
Je termine mon cours et là je cherche quelqu’un pour m’accompagner à ma graduation et mon frère me présente Gilles.  J’ai alors trouvé un accompagnateur pour ma graduation et un mari par la même occasion. On s’est marié dès le mois de décembre et on a eu deux enfants, Benoît et Michèle.  On est resté environ 4 ans à Montréal et je trouvais ça difficile de vivre à Montréal avec deux enfants et je commençais à être stressé. Finalement, on a décidé d’aller vivre à Shefferville.&#13;
Quand on vivait à Montréal, il y avait très peu d’autochtones et on est dans les années 70, les années peace and love et les indiens étaient très aimé à cette époque. C’était exotique d’être autochtone. Les gens venaient me voir pour me demander si ils pouvaient me toucher, ils s’habillaient en indiens…C’était aussi très communautaire. A ce moment-là, Gilles était très impliquer avec le parti québecois. Moi je trouvais que le parti québecois était très collectif, communautaire et moi j’étais très fier et j’ai adhérer au parti. Une fois Gilles m’amène dans un congrès où l’on parle des autochtones. Ils disaient, c’est fini les réserves, ils vont vivre en ville. Plus j’écoutais, plus je me sentais bouillir, je me disais, mon dieu qu’est-ce qui se passe là. Finalement, je suis allé voir René Lévesque avec toute la clique, Lazure, Parizeau et plusieurs autres. Je leur ai dit, savez-vous, ce que les anglais vous ont fait, vous êtes en train de nous le faire. Et là j’entendais, « Voyons madame » Je suis parti en me disant, au moins ils vont savoir comment on se sent à travers tout ça quand on est indien et finalement je n’ai pas adhéré au mouvement. Gilles l’a fait. Ce que j’aimais beaucoup de Gilles c’était son esprit d’aventure.  On pouvait partir n’importe quand et moi avec mon esprit nomade, j’étais toujours prêtes à partir.  On s’est rendu jusqu’en Californie et même à Cuba.  Quand on est allé en Californie, Benoît avait 2 ans à ce moment-là. On l’avait amené, on est dans les années 71, le mouvement peace and love commençait à décroitre, l’esprit familial était encore là quand même. Quand on se promenait avec Benoît, les voitures s’arrêtait, nous faisait passer, c’était cool comme on disait à l’époque. A San Francisco, on était invité partout, par des chinois, on a habité avec des jeunes, c’était très bien. On a visité les communes. C’était une semaine après le meurtre de Sharon Tate et je trouvais qu’il y avait quelqu’un dans la commune qui ressemblait au meurtrier…Les communes de San Francisco avaient été conçues par des architectes et il y avait toutes sortes de types de maison. Les architectes s’amusaient et ce sont les hippies qui y demeuraient et en profitaient. La plupart étaient végétariens et ils avaient tout autour de leur commune. Tout ce qui manquait était la farine. Tout le monde travaillait et tout le monde vivait ensemble. C’était vraiment très intéressant. J‘étais curieuse de voir l’esprit de famille comme on le connaît chez les Innus. Les indiens étaient très aimé et très exotique à cette époque-là.&#13;
A Shefferville, j’ai trouvé ça assez dur, assez difficile les premiers temps.  C’est parce que j’ai été témoin de plusieurs scènes de racisme. Des scènes de racismes dans les bars, à l’hôpital, à l’école. J’ai dénoncé beaucoup. J’ai commencé à trouver ça dur. Avec Gilles, on a commencé à se laisser tranquillement. J’avais 30 ans et deux enfants.  Un soir de Noël, une de nos amies nous avait invité.  Un moment donné, elle brassait les cadeaux et disait « j’espère que c’est ce que j’ai demandé ».  Elle voulait une chaîne, mon amie avait une chaîne dans le cou, une dans le bras et une autre dans le jarret. Je me demandais où elle allait mettre sa nouvelle chaîne et là, il y a eu comme un déclic dans ma tête.  Je me suis demandé si je voulais être enchaînée comme elle.  Est-ce que je vais vivre en français ou vivre en innu…et là il y a eu un grand questionnement qui n’arrêtait pas. Qui suis-je, est-ce que je suis une innue ou une québécoise.  Si je suis une québécoise, il faut que j’accepte de vivre comme eux, alors il faut que je change de valeur. Et si je suis Innue alors là je ne connais rien à ma culture. A partir de cette petite chaine, ça va bousculer ma vie. Ça durer longtemps mon questionnement, 1 an deux ans avant que je me calme. Et puis après j’ai changé de job, je n’étais plus à l’hôpital, je travaillais à l’école comme agente d’information entre l’école et les parents innus. Cet emploi m’a aidé à répondre à mes questionnements. Tranquillement je m’en allais vers les Innus, vers ma culture. Finalement, j’avais décidé de retourner chez nous. On s’est laissé Gilles et moi et je suis retourné chez les Innus. Je travaillais dans un emploi où je faisais beaucoup de dénonciations. Les Innus m’ont dit « Depuis que tu es ici, ça va assez mal.  Faut dire que je passais mon temps à dénoncer. A ce moment-là, tous les enfants innus étaient classés inadaptés et le fait de les classé inadapté, permettait à l’école d’avoir beaucoup de subventions. A l’école j’avais monté un comité de parents et je commençais à travailler aussi pour le conseil de bande et de plus en plus avec la communauté. Faut que je le dise à la communauté, si moi je ne me sens pas bien là-dedans, pourquoi les Innus le seraient-ils ? &#13;
Il faut qu’eux aussi le savent, qu’ils prennent part aux décisions, pas juste être des personnes pour que l’école soit subventionnée. J’aimais ça et je me rapprochais de ma culture. Le plus dur pour moi, à ce moment-là, c’était de réaliser que je ne savais absolument rien de ma culture, tout ce que je savais était de parler innu. Je ne savais même pas comment dépecer une perdrix, faire de la bannik. J’avais trente ans et plus et ma mère m’a montré comment faire de la bannik, du pain. Je reprenais le temps perdu. J’étais souvent avec mère qui n’était pas trop contente du divorce. Finalement, on en a parlé mes parents et moi et ils ont accepté le divorce avec Gilles.&#13;
Puis là on s’est séparé, on avait deux enfants. Il n’y avait pas de consentement mutuel à ce moment-là et il fallait des accusations. Je l’ai accusé et on s’est séparé. Ça bien été. On gardait les enfants chacun notre année. La première fois quand je me suis retrouvé toute seule, pas d’enfant, pas de mari…rien. Là, j’ai réalisé que j’étais avec moi-même.  Qu’est-ce que je vais faire avec moi-même ? J’ai paniqué, je me disais si au moins les enfants étaient là, je pourrais leur faire des toasts, le faire à déjeuner…j’ai rien réglé. J’ai commencé à boire à ce moment-là.  Ça été pour moi une période noire quand j’ai commencé à boire.  Je commençais des batailles, je parlais de politique, je disais des choses désagréables. J’étais gênée et j’avais encore mon problème de timidité du pensionnat.  La religieuse me poursuivait encore, celle qui m’avait humiliée en public.  Quand je buvais, elle prenait le bord. je parlais beaucoup…&#13;
Pour moi la boisson, je ne l’ai pas connu à la maison, c’est moi qui est décidé de boire, ça me donnais l’occasion de parler, ça me donnais l’occasion de rire, de chanter…Tout sautait, j’étais vraiment complètement changé et j’aimais beaucoup ce feeling-là. Quand j’ai commencé à dénoncer à Shefferville, je dénonçais des attitudes et à ce moment-là, les femmes m’ont remarqué. Il y avait un regroupement de femmes à Montréal et on m’avait demandé d’en faire partie, il y avait Ann Kapesh et moi-même de Shefferville.  Il y avait des femmes de chaque communauté de la province de Québec, c’était pour mettre sur pied une association de femmes autochtones du Québec.  C’est là que j’ai appris la loi, le fait d’avoir été marié à un non-autochtone me faisait perdre mes droits.  J’ai appris que je n’étais plus une indienne. Et tout ça augmente ma frustration. Côté de ma culture, je ne connaissais rien et je prenais un coup en me disant que je suis autochtone. Finalement, le groupe de femmes a fondé l’association des femmes autochtones du Québec. Je travaillais beaucoup. A ce moment-là il y a eu aussi une association de métis dont je faisais partie. En 1985, la loi sur les indiens à changer concernant les femmes…Maintenant, je peux marier qui je veux et rester Innue.  Cependant, aujourd’hui même, le problème n’est pas réglé pour les enfants.  C’est réglé juste à mon niveau mais pas pour toute ma génération. Quand j ‘étais avec Gilles, je n’étais pas consciente de ça que je perdais mes droits. J’étais très ignorante de ce que le gouvernement avait décidé pour nous. C’est une loi d’assimilation. Cette loi sur les indiens et tout ça j’apprenais ça du groupe des femmes autochtones. Je n’étais pas consciente et c’est à ce moment-là que je l’ai réalisé. On a travaillé beaucoup, beaucoup de réunion pour former l’association. Je me souviens de ma fille Michèle qui était enfant à ce moment-là, elle était bébé et je l’amenais dans les réunions et je l’ai toujours trainé avec moi, elle dormait partout, dans le fond de la salle. Je l’ai toujours amené avec moi. Plus tard, Michèle est devenue présidente des femmes autochtones. Dans les dénonciations, il y en a une que je me souviens. Je travaillais à l’école à ce moment-là. Il y a un jeune qui viens me voir et me dis regarde mes bras. Il me montre ses bras qui étaient rouge, rouge. J’ai dit va t’habiller et tu vas venir avec moi. Je l’ai amené à l’hôpital et j’ai dit au médecin, je veux juste que tu me décrives ce que tu vois et que tu le mettre sur du papier. Le médecin m’a demandé ce qui est arrivé et le jeune avait eu la strappe par le directeur. Le médecin a quand même été correct et il m’a donné un papier. C’est à ce moment-là que j’ai appelé Simone Chartrand pour dénoncer ce geste. Je pense qu’elle travaillait à ce moment-là à la Commission des droits de la personne. C’est elle que j’avais eu comme référence. J’ai parlé avec elle et elle m’avait dit que fallait que je dénonce le fait à Baie Comeau dans ma région. J’ai appelé à Baie Comeau et j’ai fait la dénonciation. On m’a dit que quelqu’un allait venir me voir la semaine suivante et j’ai dit ok. La semaine arrive et la personne qui était censé venir nous voir à eu une pneumonie et on n’en a jamais réentendue parler. Quand je suis revenu au village, les indiens me disait « Voyons donc, tu n’es plus une indienne, tu nous as trahi, tu nous as renié, tu as marié un québécois. Cela me faisait réagir beaucoup, quand j’avais bu un peu, je réagissais fort.  Cependant, si je regarde ça aujourd’hui, ça été un bon coup de pied pour que je m’occupe de ma culture, de ce qui me manquait. Fallait que je montre aux Innus que j’étais une Innue. Quand il y avait des réunions de femmes, j’étais impliqué, sur la langue…En fait j’étais impliqué dans tout ce qui était innu…J’étais impliqué, j’étais partout. Fallait que je prouve aux Innus que j’étais une Innue.  Autour de moi, il y avait de vraie indienne et j’étais jalouse, les indiens avaient raison. Et je réagissais comme ça. Fallait que j’apprenne. A force de vouloir prouver aux indiens que j’étais Innue, je me retrouvais toujours dans des situations culturelles pour apprendre. Je travaillais souvent avec des ainés. C’était le ministère de l’éducation qui me payait à ce moment-là à Shefferville. C’est aussi à ce moment-là que j’ai déménagé à Sept-Iles.&#13;
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>The Terms of Our Surrender, interviewed by Liz Cassell in 2009&#13;
&#13;
At the end of a long interview with a former chief, I asked him what he thought of Stephen Harper’s recent apology to Indian Residential Schools survivors. I reproduce his answer in full because it is such a comprehensive picture of the damage caused by this experiment in assimilation.  It took him an hour to reply:&#13;
I guess it all started with the residential schools in the sense that most of my family, my older brothers, my sisters, my younger sisters, we all went to the residential school and somehow there was this threat that if the child didn’t go to the residential school our parents would be jailed or sent to prison.  So, there were all these veiled threats.&#13;
Basically, what happened is that one would expect that you would glean something from the residential school, that you would get some form of education to have a better life and then that’s what the parents were hoping, that somehow we would get better lives because of course living off the land, the parents knew that there were hardships.  Nevertheless, we entertained for a while this illusion that we would get something back from the residential schools or there would be some positive outcome.  We entertained this for a while up to the moment that we realised that we didn’t learn much.&#13;
In fact, instead of gaining something we were losing a lot, our culture, we were losing everything, every aspect of our culture was being lost and the residential schools even changed the life of our parents in the sense that they couldn’t go on the land any more.  They were prevented somehow [by the game wardens and the construction workers from the new railroad] from going on the land.&#13;
But they were very torn – the decision to send the kids to the residential school was very difficult for them.  They thought we would get better lives.  We didn’t get any form of education.  My dad probably would have liked me to learn about all these Innu traditional skills but I couldn’t and I lost a lot and my parents lost a lot in this whole thing.  They lost pretty much their lifestyle because we were told ‘Go and live in Sept-Iles.  We will build a house for you.  Your kids will be taken care of and you guys won’t need to worry about food any more because you will get coupons [probably worth about $C20] to buy food.  You won’t need to worry about living off the land any more’.&#13;
That’s what residential school did.  That’s how it changed the fabric of Innu society.  We entered into some form of identity crisis.  It screws you up a lot.  You don’t know.  You are totally lost.   At some point you don’t identify yourself with your culture.  You don’t believe in your culture and you believe somehow you are making this illusion that you will get something much better than your culture.  You go through some form of identity crisis.  You are totally screwed up for years.  You don’t know what to do and it takes you a very long time to get your life back together.  That’s the extent of how residential school changed our lives.&#13;
The apology doesn’t cover all the things lost through the residential school experience.  We lost so much, so much in terms of culture, our identity, our traditional knowledge, our traditional skills.  It disturbed a lot of our society, the families, the relatives, the kinship.  I remember at times when I was young I was hoping that I would see my parents just like the students who lived in Sept-Iles; their parents were living in Sept-Iles and they could see their parents.  But it wasn’t possible for us to see our parents.  So we were deprived of their affection, of their love.  A kid needs to be taken care of, to be hugged, to be cuddled and we were cut off from all those experiences that a child needs, we were deprived of this as well.&#13;
And then all the effects of the residential schools went on throughout all our life – all the students who went experienced the effects of the residential schools through many, many aspects of our lives.  Because you were told you were bad, Indians were bad.  Your lifestyle was bad.  And you ended up believing that you were bad as well, that your parents were bad and your culture and your people, they were just bad.  In terms of society, the choice that society was making, that your people were making, the choices were bad as well.  So, therefore, you denigrate or dismiss or despise your own culture.  You don’t like your parents, you don’t like your culture.  You end up believing that you are in the wrong place and the wrong time. &#13;
So it goes on throughout your life and it took me a long time, personally I probably I lost like 20-25 years of my life because of the experiences I had to do with the residential schools.  I didn’t succeed in my professional life, even though I was good at school.  I always thought that I had the skills, the certificates and everything to get a decent job but I couldn’t because I was an Indian and I was told that I was bad and that I wasn’t good enough to fulfil the position.  I was just an Indian even though I had a certificate.  I wasn’t good enough.  And it went on and on through my life and even coming back here I lost the ties and the kinship and everything of my sense of being Innu.  I lost my language, so I couldn’t speak to my cousins or uncles or people.  I was not able to talk to them. &#13;
So you lose a lot – your culture, your language, your traditions, your traditional knowledge and with the money, the compensation – it’s not enough to compensate for all the things that you lose in a person’s life.  &#13;
And the effects go on to the other generations in the sense that because you screwed up through all these years, you were not a good parent to your own children because you didn’t know how to take care of them.  We don’t know what to transmit – what kind of knowledge you will transmit.  You lose trust.  You don’t have that.  My parents had to learn values, their own principles.  I didn’t have any because I was totally screwed up.  I didn’t know where to go.  I was not an Indian.   Who was I?  You can’t teach your kids to be an Indian because being an Indian is bad, you know.  So how those kids relate to one another and how do they define themselves?  They define themselves by what they are witnessing today.  It’s like pot smoking, gambling, alcohol, drugs.  That’s what they are looking at.  The only models that they have.  They don’t have any other models because the parents are totally screwed up.  &#13;
In my professional life, I tried to do something good.  I tried to help out my community – as a chief, as a Band Council manager back then, band administrator because all of our business was taken care of by white people, by Indian Affairs and probably I was the first one or one of the few who were educated enough or who had the non-Innu skills to go and look at the book-keeping for instance, to look at the papers, write things, fill out the forms and so on.  Even there I had my own doubts because the non-Indian colleagues would say ‘You’re not good enough to take care of your own matters.  You will never know how to manage.  You will never be able to take care of your own affairs up there.’  And then it ends up in a subtle way that you start believing that and you question yourself professionally.  Then we start to think, yes, we are not up to that.  And we will always be these screwed up people who are bad people, with no skills, with nothing good to offer.  &#13;
It goes on like that, on and on, and because of that I was looking at those things when I was Band Manager, and I even tried to ask for help from my wife.  I asked her to help me out into the wee hours, trying to perform professionally, do a good job and then I failed miserably because I didn’t have all the resources, human resources or financial resources to manage properly.  I didn’t have the help because Indian Affairs didn’t give you all the resources to do a good job, to perform well.  They always give you just enough to be in the same loop of misery day after day, month after month, season after season, year after year.  Just enough to be in the same misery of your own.  So I didn’t get any help.  &#13;
What was the end of that?  Well I was even more screwed up and I ended up drinking – when I was younger I had started drinking because I felt so bad and then professionally because I was screwed up because I was a bad Indian or a bad Indian manager (I couldn’t do what the white people were doing).  I ended up drinking because I questioned myself.  I wasn’t good enough for anyone.  I was of no help to anyone.  I wasn’t good enough for the white people and I wasn’t good enough for my own people.  So I lost probably 25 years of my life because of the experience of the residential school and I am so upset about this because nothing will compensate this, the years lost, traditional knowledge, all the skills, all the strength that my parents and ancestors had.  They could rely on themselves and had the skills to survive for thousands of years.  They were brilliant people, survivors with all the intelligence to survive in difficult situations and nowadays, even if I have an axe, I can’t do a proper job.  My parents could do those things and they didn’t have axes, they had their own tools to survive off the land with their own skills, their own intelligence, their own ways, they were capable of surviving off the land all year long.  &#13;
So this is a long answer to your question.  I got carried away but those apologies will never compensate all the loss we face and all the loss we went through because of the experience of the residential schools.&#13;
&#13;
&#13;
One former chief, involved in the negotiations in the early 2000s explained that there were differences between the Innu chiefs who were conducting a joint negotiation:&#13;
I was involved in the Ashuanipi Corporation.  The way I was involved was that we tried as much as possible to work together with other Innu communities.  I wanted to address  extinguishment  – all the Innu area  is subject to extinguishment provisions and I hoped somehow we could work together as Innu, as a group, one people, gather all these communities together but there was a lot of mistrust between the Innu or even between the chiefs who don’t want to deal with the real issues at times, who don’t want to address those issues because you don’t want to hurt the other chiefs’ feelings or don’t want to be perceived as someone who is attacking a fellow chief and it’s very hard to be open about those issues.  There is always this idea that we have to take our time, discuss calmly those issues but it is as if it is impossible to confront those issues or confront other chiefs with those issues and I always had this belief that it’s not only this community that is affected by the extinguishment provisions – it is all the Innu people.  So that’s what I was hoping that, somehow, we would work round this with common sense.  This didn’t happen – they have created one, two, three, four tables of negotiations.  That was one aspect.  The other aspect with these negotiations is that you have to know what you want.  You have to have a set objective.  If you don’t know what you want, if you don’t know what principle you will rely on to negotiate those issues, well you will end up negotiating forever with no result.  We didn’t have that.  We didn’t know where we were going.  &#13;
You have to deal with the community, the people, the grassroots.  You have to know what they want and that’s another challenge.  So you don’t know that.  Then there’s all the infighting between the employees, the lawyers – who knows best and so on.  You have all these disputes.  You have the hidden interests as well that sometimes there are people who want to preserve their contracts or something.  They have their own interests, all those lawyers, consultants, employees.  They have their own self-interest.  How do you deal with them?  &#13;
And when you try to address certain issues with the other chiefs and when you want to discuss face to face with another chief, you are accused of not trusting the advisers.  And there is always this dispute between the consultants – one consultant to another, one lawyer to another, one employee to another.  So you have all these different layers of difficulties.  That’s how I got involved.  It’s complex.  Those are the issues, the situation you have to deal with when you are a chief.&#13;
Out of someone’s misery you will be able to manipulate easily because that person somehow wants to get out of that misery.  Governments play on that with the aboriginal communities.  They know that they are weak, fragile, mentally and they are therefore susceptible to manipulation.&#13;
The main problem with those negotiations is that you have to deal with the governments and they come up with a set of principles a pre-set rule or objective and it’s up to you to accept it or not.  All that is left to us is the terms of your surrender.  &#13;
I didn’t agree with that and I always told the negotiators to go with the mindset that we are the rightful owners and that we should not agree to terms of a surrender.  The fundamental problem that underlies the negotiations is those pre-set rules because the federal negotiators come up with examples.  They will tell you what they did in other places with other nations.  But we have a right to have our own views on this and to say for us it is different.  You were always stuck with the thought that you either take the money or resign.  &#13;
I tried to listen as much as possible to the elders, their advice or opinion on this issue.  They were always telling me that extinguishment was never to be accepted – in the James Bay Agreement, for instance, to never accept it.  Always lead with the assumption that your rights are alive.  Always lead with the assumption that you are negotiating existing aboriginal rights.  Don’t accept the fact that people are giving you money in return for accepting extinguishment.  So, I always led with this assumption or this ideal whenever I was meeting other groups or in my work with government and negotiators.  So we gathered and initiated those first discussions with the Inuit, the Naskapi and the Cree and then when I was meeting them, I was always standing my ground in the sense I was telling them we were rightful owners of those lands and I was repeating this over and over again up to the point that people understood that what we were saying was true.  Because at some point the Inuit said ‘You are absolutely right.  We were just occupying the coast line.  So, we didn’t go into the interior of the lands.’  With the Cree it was the same.  We spoke in our own languages and we somehow managed to understand each other.  It was an evolving process whereby we were using our elders to try to come up with some form of agreement between the nations involved. Then somehow and I don’t want to put blame on anyone or give names, [and the translator recognized a lot of regret in the tone of his voice]  I think we missed something there because some people didn’t agree with the process.  I would have liked back then to have the right resources to work with me, the right people to work with me, and somehow it wasn’t possible.  This work that we tried to do with the other chiefs in this native or indigenous environment was picked up by a bunch of lawyers and they screwed up the whole thing.  &#13;
Probably we could have convened with the other Indigenous nations, the Cree the Inuit, the Naskapi, probably we would have been able to agree on something.  Maybe it wouldn’t have any legal value but to the international community it would have some form of value because it would have been an agreement between indigenous nations and the government probably would have put in their policies the legal framework.  We were working on something and, despite the governments’ position on the indigenous agreement, we could have told the world community that this is what happened in this part of the world and it might have offered a solution.  Unfortunately, we didn’t agree that [regretfully].&#13;
I regret the fact that in all the discussion with the Naskapi, Inuit, the Cree, I regret the fact that I was not able to see any gains.  It was not possible for me to move forward the negotiations in discussions with other leaders.</text>
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&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Traduction par Anne-Marie André&#13;
&lt;p&gt;Évelyne : Bonjour Céline, je suis heureuse de te rencontrer. &lt;br /&gt;Céline : Moi de même. &lt;br /&gt;Évelyne : Je sais que ça fait longtemps que tu es enseignante, combien d’années ? &lt;br /&gt;Céline : J’ai commencé en 1963, j'ai enseigné à La Romaine. Après mes études, je n'ai pas pu enseigner ici, il y avait des religieuses. &lt;br /&gt;Évelyne : Et tu as enseigné longtemps, combien d’années ? &lt;br /&gt;Céline : On peut dire ce que ça fait 37 ans que je suis dans l'éducation et je n'ai pas toujours été dans l’enseignement. &lt;br /&gt;Évelyne : Mais tu aimais plus enseigner l’innu, je crois ? &lt;br /&gt;Céline : Oui, c'est la matière que j'aime mais le plus et si je devais revenir dans l'enseignement, c'est en innu que je vais enseigner. À mes débuts j'avais 19 ans, j’enseignais en français, nous n'avions pas le droit de parler l’innu aux élèves. À l'église tout se faisait en innu et on nous et on nous demandait d’enseigner les prières en français. J’ai dit à mon supérieur : "Pourquoi leur faire apprendre les prières en français quand on les récite à l'église en innu ?" J'avais refusé. Mon cas a été repéré à un plus haut niveau. Également, je n'ai pas voulu enseigner intégralement l’histoire du Canada, car je n'étais pas intéressé à conter l'histoire des indiens tel que décrit dans le livre. Et on m'a permis d'enseigner l’innu et ce fut le début pour moi de l'enseignement de innu. &lt;br /&gt;Évelyne : Quel fut l’Innu qui a été ton superviseur ? &lt;br /&gt;Céline : Aurélien Gill. &lt;br /&gt;Évelyne : Il était inspecteur ? &lt;br /&gt;Céline : On le nommait au Maine, le superviseur des écoles. &lt;br /&gt;Évelyne : Ensuite, tu as enseigné en français ? &lt;br /&gt;Céline : Oui, jusqu’en 1984 lors de la prise en charge de l'éducation. J'étais directrice, mais je n'aimais pas ça. On m'a demandé d'enseigner l’innu et je n'avais pas l'expérience, je ne savais pas écrire l’innu. J'ai appris à lire l’innu en lisant un livre. On est libre dans la méthode d'enseigner mais il faut suivre les règles, les objectifs du MEQ. Et en innu, on n'est pas régi par le MEQ. On m'a demandé d'envoyer au MEQ les résultats d'examens des élèves pour qu'ils attribuent des crédits. C'est dans cette matière que j'ai découvert ma vraie vocation d'enseignante. Je ne voulais pas participer au régime du gouvernement dans son objectif d'assimiler les Innus à son groupe. Une des raisons pourquoi j'aime enseigner l’Innu, j'ai même assigné l’Innu au niveau collégial. &lt;br /&gt;Évelyne : Tu as même participé au projet pilote ? &lt;br /&gt;Céline : Oui on avait fait cela à Betsiamites. C'était un niveau un, deux et trois au primaire. On enseignait en innu et un peu en français, moi j'avais la deuxième année. En voyant que les jeunes aimaient quand on leur enseignait l’innu, moi j'étais plus motivé à enseigner. Je m'en rappelle lorsque le jeune ne comprenait pas les maths, il ne savait pas le dire, tandis que s'il ne comprenait pas en innu, il pouvait le dire à quel endroit il a manqué. Là, je pouvais reculer où ils ont manqué. Pour ce qui est des maths, ils ne te le faisaient pas savoir. C'est regrettable, car les décisions prises pour l'arrêt du projet pilote furent des décisions politiques. Quand ils avaient des difficultés, ils pouvaient l'exprimer en innu ce qui n'était pas le cas avec le français. Ils sont à l’aise lorsque nous leur enseignons en innu. Le MEQ oblige les cours de français, de maths, d'anglais, de religion et s’il n'y a pas d'échec, il va passer son année. Un jeune m'a dit : "J’aime éducation, mais ce qu'on m’enseigne, je n'aime pas. Le français, j’ai de la difficulté à l'apprendre, ils veulent m’inculquer cette matière, j'aimerais qu'ils me montrent un métier afin de travailler en innu aitun." Des travaux manuels, car il était habile avec ses mains. On lui demandait de faire faire des dessins, tout le monde aimait travailler avec lui et personne n'a jamais dit qu'il n'était pas bon. Ce qui manque dans nos écoles, laisser nos jeunes développer leurs talents. &lt;br /&gt;Évelyne : Est-ce qu'on va avoir un jour une école ou l'enfant va aimer travailler ? &lt;br /&gt;Céline : Je pense que oui. Si on suit les désirs des enfants. Il va certainement avoir des étudiants qui vont se rendre à un plus haut niveau, mais ce n'est pas tous les jeunes qui vont se rendre jusque-là. Car si tous se rendent là où allons-nous prendre des plombiers pour les réparations ? Il va falloir encore s'adresser aux blancs pour les travaux manuels. C'est ça qui nous manque, une formation professionnelle, leur montrer des métiers. &lt;br /&gt;Évelyne : Je crois qu'on va se diriger vers la formation professionnelle dans notre école ? &lt;br /&gt;Céline : Oui, cette année. Pour débuter, quatre cours seront donnés localement pour les fins de Uashat et Malio. Dans le recrutement, les jeunes qui ont arrêté en secondaire 2 seront éligibles pour suivre cette formation. Quand les jeunes veulent travailler, il faut qu'ils aient un secondaire 5 mais, ils ne peuvent le faire. C'est la raison pour laquelle, ceux qui auront terminé leur secondaire plus bas que la cinquième et qu'ils ne peuvent se rendre jusque-là pourraient s'inscrire à la formation professionnelle. Et nous en avons plusieurs qui se trouvent dans cette situation. &lt;br /&gt;Évelyne : Quels sont les quatre métiers que tu as mentionné tout à l’heure ? &lt;br /&gt;Céline : L'ébénisterie, la mécanique pour les Skidoo, pour les appareils ménagers, la peinture, innu aitun. Ils vont apprendre à fabriquer des canaux et des raquettes. Pour les filles, il va y avoir de la couture avec les pots d'animaux afin d'identifier les nous. Dans le conseil de bande, il y a Jean-Louis Fontaine qui va axé la formation sur l'emploi et moi, ça va être le côté de l'éducation. Les jeunes vont avoir l'occasion de développer leurs talents artistiques, manuels et formateurs. &lt;br /&gt;Évelyne : Et que penses-tu du jeune dans l'éducation dans le mode de vie traditionnel, penses-tu qu'il soit un peu mêlé là-dedans ? &lt;br /&gt;Céline : Il est égaré, quand les profs utilisent leur livre leur façon de penser parce qu'il n'y a pas beaucoup de profs qui enseignent l’innu. Tous les profs, dans la façon d'enseigner, utilisent celle qu'ils ont eu de leurs parents et leurs profs quand ils étaient jeunes. Aucun non-autochtone ne peut transmettre à nos jeunes innus ce qu'ils n'ont jamais vécu ou connu de nos coutumes. Un jeune se cherche car il voit la différence de l'éducation familiale et celle de l’école. &lt;br /&gt;Évelyne : Peut-on mettre les deux entités, innu et non-innu dans l’éducation sans que ça dérange le jeune ? &lt;br /&gt;Céline : Oui, car lorsqu'un prof nous enseigne une matière non-innu, le jeune se sent bien avec son prof, il aime cela. Nos jeunes vivent à l'instant même, si son crayon à besoin d'être aiguisé il va y aller. S’il a envie d'aller à la toilette, il va y aller, ce n'est pas le cas avec un jeune non-autochtone, parce qu’eux, ils ont un temps pour les besoins naturels, ils vont aiguiser cinq crayons à l'avance parce qu’ils savent, selon leurs règles, ils ne pourront pas y aller durant le cours. Le jeune innu n'a jamais connu ça et il a de la difficulté à s'adapter aux nouvelles règles car, nous ne les élevons pas de cette façon. Regarde, du côté blanc, un nouveau-né à des heures fixes pour manger tandis que de notre côté, on va donner à manger à notre enfant lorsqu’il a faim. Les blancs utilisent beaucoup l’heure. Moi, durant la semaine, je fais de même mais les fins de semaine, j'enlève ma montre, j'en ai plus besoin. &lt;br /&gt;Évelyne : Les profs innus peuvent-ils transmettre leurs pensées innue quand ils enseignent en français ? &lt;br /&gt;Céline : Oui, lorsqu'ils apprennent à l’université, ils prennent les connaissances, lesquelles vont leur servir quand viendra le moment de le transmettre aux jeunes à l'école. Mais ils ont toujours en eux les apprentissages acquis de leurs parents à la maison. Tu ne peux pas enseigner sans te servir de la pensée innue. &lt;br /&gt;Évelyne : J’ai été une fois à l'école et un prof nous a simplement parler en français et il faisait de même avec ses élèves. Ça ne lui convenait pas du tout. &lt;br /&gt;Céline : Tu sais, au début, un enseignant qui sort d'université essaye le plus d’utiliser la méthode qu'il a appris. Mais avec l'expérience, comme moi j'ai acquis, je peux utiliser ma méthode d'enseigner. Ce qui manque, il faut que le prof donne son enseignement dans la méthode ou il se sent le mieux. À partir de là, il pourra parler à ses jeunes en innu. Un enfant ne comprend pas seulement un mot dans une phrase et il bloque. Tu lui dis le mot en innu et c'est correct. &lt;br /&gt;Évelyne : Je sais que tu as été impliqué à l'église et dans les livres concernant l’innu. &lt;br /&gt;Céline : J’ai répondu positivement à l'invitation du curé pour le livre rouge parce que j'ai pensé que les aînés serais plus intéressés à assister aux offices religieux s'il comprenait ce qu'on dit dans les prières. Car les livres avaient été écrits par les curés et ils traduisaient selon sa vision, sa pensée. J'ai même eu des divergences d'opinion avec un certain curé. À l’église, j'ai été invité à faire la lecture et de temps en temps je faisais des corrections. Les Innus ont trouvés que c'était plus compréhensif. Il y avait un curé qui voulait traduire mot à mot du français en innu et ça ne se fait pas. Souvent, on a eu des prises de bec. J'ai travaillé 15 ans pour la production de Missel Romain que le curé se sert pour sa messe. Les travaux de Kaianuet m’aident dans celui que je fais à l’église. &lt;br /&gt;Évelyne : Penses-tu qu'on va perdre notre langue ? &lt;br /&gt;Céline : On a difficultés avec notre langue. Les jeunes comprennent l’innu mais, on dirait que parler le français leur convient le plus. Il faut qu'on leur parle constamment en innu. Dans les 4 ans, quelques jeunes parlent français et le prof les ménage et leur parle français. &lt;br /&gt;Évelyne : Doit-on faire beaucoup d'efforts pour garder notre langue ? &lt;br /&gt;Céline : On le doit. Parce qu'on rencontre beaucoup de défis aujourd’hui. Il y a aussi des nouveaux mots qui arrivent avec le développement. Pour les nouveaux mots, Kaianuet décide avec l'approbation des représentants de chaque communauté innue les mots vont être utilisés. J'ai enseigné l’innu au niveau collégial à des adultes. &lt;br /&gt;Évelyne : En parlant du cégep, qu'est-ce que tu penses du programme, il y avait la langue innue, l’histoire innue et même un séjour d'apprentissage dans le bois, qu’est-ce que tu penses de ça ? &lt;br /&gt;Céline : Les élèves sont mieux placés que moi pour répondre à ça. Mais, nous avons monter le cours, je leur ai dit : "Qu'est-ce que moi, j'ai appris du vécu de l’Innu, son histoire ?" La seule chose que j'ai appris de l'histoire du Canada est que nous les Montagnais étaient une nation pacifique qui ne faisait pas la guerre. On ne m'a jamais dit comment vivaient les Innus. Qu'est-ce qu'on a appris, rien. Nous avons mis sur pied ce programme en espérant qu'il y aurait parmi le groupe, un ou des élèves qui vont transmettre les connaissances à d’autres. &lt;br /&gt;Évelyne : Allez-vous répéter l’expérience ? &lt;br /&gt;Céline : Il y en aurait s’il y avait d'autres Innus d’autres communautés qui participent. La majorité provenait de Mani-utenam. Ce serait intéressant d'ajouter un cours sur ces endroits où les Innus de chaque communauté ont chassée. Parmi les élèves, il y avait Noella, Sylvestre… J’espère qu'il y aura beaucoup de profs innus. Ce qui manque, c'est notre fierté d’être innu. Le blanc passe souvent dans les nouvelles, le côté néfaste des Innus. Lorsque nous jouions au Cowboys, personne ne voulait jouer le rôle d'un indien parce que, dans les films, il perdait toujours. &lt;br /&gt;Évelyne : Quel message tu donnerais aux jeunes ? &lt;br /&gt;Céline : D’y croire et d'avoir confiance en eux dans ce qu'ils font, d'aller loin même quand leurs parents ne sont pas là. De persévérer afin d'atteindre leurs objectifs. De faire un travail qu'on aime et non regarder le salaire qui s’y rattache. De passer à travers les obstacles pour réussir. Même s’ils ne sont pas à l'école, de parler innu en tout temps. D'accepter les corrections d’un aîné lorsqu'ils se trompent. &lt;br /&gt;Évelyne : Je te remercie Céline.&lt;/p&gt;</text>
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                <text>Céline Vollant/Bellefleur est née à Moisie, Québec en 1943, un village métissé situé près de Sept-Iles. Céline a fait ses études primaires au pensionnat indien de Sept-Iles. De 1963 à aujourd’hui, celle-ci est impliquée à 100% dans le monde de l’éducation. En 1987, elle est enseignante de langue innue au secondaire et conceptrice d'un programme de matériel pédagogique pour ce cours. De 1991 à 1997, Céline est directrice adjointe des écoles primaires de Uanamen shipu et Mani utenam, et marraine de Etap/manitu, un programme d'enseignement à travers la culture innue. Depuis 2016, c’est la présidente de Production Manitu inc. Entretien à Mani Utenam (Québec, Canada).</text>
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&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/697760223"&gt;Céline Bellefleur 2&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Oral History</name>
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              <text>Transcription par Philomène Jourdain&#13;
Esto = Evelyne St-Onge	MV= Mario Vollant&#13;
&#13;
ESTO: Bonjour Mario. Je suis contente de te rencontrer aujourd’hui. J’aimerais… euh quel âge as-tu ?&#13;
MV : J’ai trente ans.&#13;
ESTO : Ok, ok&#13;
MV : Je viens de Uashat.&#13;
ESTO : Où t’as grandi ?&#13;
MV : J’ai grandi à Schefferville et nous avons déménagé. Nous demeurons à Uashat, ça doit faire deux ans déjà que nous sommes ici.&#13;
ESTO : Avec tes parents ?&#13;
MV : Oui. Mes parents sont Bernard Vollant et Yvonne (André).&#13;
ESTO : Tu avais vécu à Schefferville, n’est-ce pas ? Je me souviens de toi.&#13;
MV : Oui&#13;
ESTO : Tu es allé à l’école avec Katune (Michèle Audet) ou avec Benoît ?&#13;
MV : Katune, Katune.&#13;
ESTO : Muh&#13;
MV : Nous sommes allés à l’école ensemble.&#13;
ESTO : Muh. Euh… ça ne fait pas longtemps que tu es marié !&#13;
MV : Oui, je suis marié depuis deux mois. Je me suis marié avant la Fête des Mères.&#13;
ESTO : Muhm.&#13;
Mario, tu viens de te marier, n’est-ce pas ?&#13;
MV : Oui. Je me suis marié il y a deux mois avant la Fête des Mères. Parce que j’allais suivre des traitements. On m’avait annoncé que j’avais une maladie. &#13;
ESTO : C’est quoi qui se passe dans ta vie ? Quand est-ce que ça, ça s’est passé ?&#13;
MV : Ça fait un an que je sais que je suis malade. On a fait des vérifications pour ma santé. On a tout enlevé mes dents. Je suis allé chez le dentiste. Ça n’arrêtait pas de saigner. Je me suis rendu à l’hôpital et on a fait des prises de sang. C’est là qu’on me dit que je suis malade. On m’a direct transféré à Québec pour recevoir des traitements.&#13;
ESTO : Quelle maladie que tu avais, a-t-on dit ?&#13;
MV : La leucémie. Ça fait une semaine que je sais que les médecins ne peuvent rien faire. On ne pourra plus me guérir, m’a-t-on annoncé.&#13;
ESTO : mmm&#13;
MV : Je remercie beaucoup les médecins qui se sont occupés de moi. Je les remercie d’avoir essayé de me guérir. Il faut que je l’accepte. Dieu veut que j’aille vers lui. Il me faut bien accepter. Je ne peux rien faire, c’est son appel.&#13;
ESTO : La vie est ainsi. Tout le monde va passer par là.&#13;
MV : Oui.&#13;
ESTO : Comme euh… nous autres aussi. Mais nous, nous ne savons pas (quand).&#13;
MV : Oui&#13;
ESTO : C’est ça la vie. Quand on te l’a annoncé, c’était quoi ta réaction ? La première fois qu’on te l’a annoncé que tu avais cette maladie-là ?&#13;
MV : J’ai trouvé ça drôle, parce que je ne connaissais pas cette maladie. C’est seulement quand ma femme m’a dit : « C’est la même maladie que ma mère avait ». Là ça me faisait peur. J’ai trouvé ça drôle quand on m’a dit que j’avais la leucémie. Je ne connaissais pas cette maladie. Quand ma femme me l’a expliqué, là j’avais peur. La peur a passé après être hospitalisé pour une guérison.&#13;
ESTO : Combien de traitements as-tu reçu ?&#13;
MV : Je dois faire huit traitements en une année. Je m’ennuyais beaucoup quand j’étais hospitalisé. (À chaque fois) j’étais hospitalisé pendant un mois. J’avais congé deux semaines, parfois une semaine, pour ensuite être hospitalisé à nouveau.&#13;
Quand on me donnait congé, j’aimais bien être dans le bois. J’allais dans le bois pour la pêche. Les médecins et aussi les infirmières riaient de moi en me disant : « Tu es comme un écureuil, tu sors en vitesse et nous sommes à ta recherche. (rire)&#13;
ESTO : Est-ce que tes traitements sont douloureux ?&#13;
MV : Non.&#13;
MV : … j’ai un (.), c’est-pourquoi je n’ai pas d’injection à recevoir. C’est dans ce (.) que je reçois des traitements. On le nettoie une fois par semaine. J’en suis très content de ne pas recevoir d’injection dans mon bras. À mon admission (à l’hôpital), je recevais toujours des injections et j’avais des ecchymoses au bras. Quand on me piquait on me disait que mes veines pétaient. C’est pourquoi on a installé ce (.).&#13;
ESTO : Ok c’est là qu’on te piquait ?&#13;
MV : Oui. On me faisait une prise de sang tous les matins. J’étais content de ça (que cette machine soit (.)), et je n’avais plus à être piqué. Ça arrivait que je me chicanais avec les infirmières tellement (…). Je suis très content que l’on ait installé, car je ne sentais rien. On me donnait des ?Kilo? et une autre chose (.) qu’on me donnait des plaquettes en soluté quand je faiblissais.&#13;
ESTO : Ok tu n’avais pas de plaquette dans ton sang ?&#13;
MV : Il manquait des plaquettes. Oui. C’est ce qu’on me donnait. Ça prenait du temps à les recevoir. Je les ai reçu de l’ambulance St-Jean. Tu attends une journée complète. Quand ils arrivent, tu les reçois en-soluté en dedans de quinze minutes.&#13;
ESTO : Ah ! C’est du sang ?&#13;
MV : Non ce n’est pas du sang. C’est …&#13;
ESTO : De l’eau ?&#13;
MV : Du liquide jaune épais. C’est ce qu’on me donnait. Après les avoir reçus, je filais un peu mieux ce qui me faisait plaisir. Tu sens ça quand tu n’as pas de plaquettes, tu as des ecchymoses partout (dans ton corps). Quand tu as des ecchymoses, Tu sais qu’on va te donner le liquide. Quand tu es en bas de 10(?), direct on te le donne. &#13;
ESTO : Est-ce que ça t’a pris du temps pour accepter ce qui t’arrive, ou tu as tout de suite accepté ?&#13;
MV : Il faut que je l’accepte cette maladie, ça doit être la volonté de Dieu, c’est ce que je pensais dans ma tête. Je pensais « il faut que je l’accepte ».&#13;
C’est seulement que j’ai pitié de ma femme, elle a perdu sa mère avec cette maladie. Et je pense qu’elle va encore perdre une autre personne qu’elle aime, c’est ce que je pense. Je pense beaucoup à ma femme, on se parle beaucoup dans la soirée. Elle parlait toujours de sa mère. Aujourd’hui, quand je serai décédé, elle va beaucoup parler de moi, je crois. « C’est ce qu’il faisait », elle dira.&#13;
J’aimais beaucoup être à l’hôpital, mais quand il faisait beau, j’étais tellement triste et moi qu’il faut que je reçoive des traitements ici (hôpital). J’aimais ça moi aussi me promener.&#13;
ESTO : Est-ce qu’il y a plusieurs personnes qui ont cette maladie ?&#13;
MV : Il y a plusieurs Blancs, mais eux ils sont chanceux parce qu’ils ont la greffe de moëlle de leur frère. Quant à moi, j’ai sept frères et une seule sœur, on leur a fait une prise de sang pour savoir s’ils étaient compatibles. Non personne.&#13;
J’ai connu un Blanc de Sept-Iles, il avait deux enfants et l’un d’eux, avait cette maladie que j’ai. Son jeune frère était compatible. Aujourd’hui, il est en pleine forme et on dit qu’il patine. C’est juste ça que ça va me faire de la peine, ne pas patiner. J’y pense souvent. Je le trouve chanceux. J’avais arrêté d’aller à l’aréna depuis que je suis malade, de ne pas pouvoir aller voir mes amis patiner.&#13;
ESTO : Tu étais dans (l’organisation) n’est-ce pas ? C’est toi qui t’occupais de l’organisation de hockey ou ballon-balai ?&#13;
MV : Le hockey. On travaillait ensemble avec mon frère, avec celui qui organise les tournois de hockey. On avait travaillé ensemble. J’ai pitié de mes amis, depuis que je suis malade depuis un an, ils n’ont jamais gagné. Quand j’étais avec eux… je leur ai dit : « Il manque quelque chose, il manque un morceau du casse-tête. Le morceau du casse-tête qui manque, vous ne pourrez jamais le poser. Vous ne pourrez jamais gagner », leur ai-je dit. Ils ne font que me regarder et rire de ça. Ils ressentent mon absence.&#13;
Tout ce qui me reste à faire, il me faut accepter cette maladie. Tout ce que je vais faire maintenant, c’est de faire des activités que j’aime. J’aime beaucoup la pêche. C’est ça que j’aime le plus, aller dans le bois pour pêcher.&#13;
On m’invite à Schefferville. Je vais y aller après la Fête de Ste-Anne. Avec mon épouse, nous y resterons une semaine. Je veux aller pêcher, car là-bas il y a des grosses truites de cinq livres. Je veux en attraper une. À Port-Cartier il n’y a que des petites. Nous allons nous y rendre en avion (c’est ce qui ont décidé ceux qui nous ont invités). Je veux les voir aussi, car c’est de là que je viens. Les Innus veulent me voir. Ils ne peuvent pas se rendent à Québec, ils disent que je suis très loin d’eux.&#13;
ESTO : C’est toi qui vas aller les voir ?&#13;
MV : Oui, nous y allons mon épouse et moi, car mon transport d’avion est payé. Ce sera un aller-retour.&#13;
ESTO : Tu dois avoir beaucoup d’amis ?&#13;
MV : Oui, j’en ai beaucoup. J’ai un jeune que j’ai élevé, (je ne sais pas trop comment dire), ce jeune n’avait pas de place où rester, j’ai pitié de lui. Quand il a appris que les médecins ne pouvaient plus rien faire pour moi, il avait entendu (cette nouvelle) à la radio communautaire, Mitushapeu (Paul-Arthur Mckenzie) qui priait pour moi. J’étais très fâché, j’avais de la peine. Pourquoi ils ne m’ont pas dit à moi directement (pour la prière). C’était une aide indispensable (garçon qu’il a accueilli chez-lui), lui aussi doit regretter ce qu’il m’arrive, qu’il va me perdre. C’était notre gardien (je ne sais pas si c’est un garçon ou une fille). Il gardait mes enfants. Mes enfants ne peuvent entrer à l’hôpital. (Pour entrer à l’hôpital), il faut que l’enfant ait douze ans et plus&#13;
ESTO : Quel âge ont tes enfants ?&#13;
MV : Un a huit ans…&#13;
ESTO : Son nom ?&#13;
MV : Marie-Maude, Tartine son surnom. L’autre c’est Shelum.&#13;
ESTO : Tartine, c’est quoi qu’elle fait comme activité, chanson, couture… ?&#13;
MV : On dit qu’elle est très intelligente et qu’elle aime bien l’éducation. Je croyais qu’on allait s’occuper de moi, que j’allais recevoir une greffe, on aurait pu rester ici (Québec) pour une année. J’aurais pu faire entrer ma fille dans une école renommée. Elle est très forte (dans ses cours). Elle a de grosses notes. Son bulletin est très satisfaisant.&#13;
Mon garçon a cinq et mon dernier a quatre ans.&#13;
ESTO : Shelum (Jérôme)c’est quoi son activité ?&#13;
MV : Lui il est fort mentalement. Une fois il a été frappé par un autobus. Tout le monde en était affecté par cet accident.&#13;
Quand j’étais à Uashat, on demeurait dans une maison, on n’avait pas encore notre maison à nous, Il s’est brûlé sur les ronds d’un poêle, on voyait les traces de rond sur son ventre (rire). Il n’avait pas pleuré. Un peu avant que l’école finisse, il a été frappé par un autobus. On est venu me chercher chez-nous. « Que se passe-t-il », ai-je demandé. « Ton garçon a été frappé ». Moi, je n’avais pas peur, car je pensais la fois qui s’est brûlé, il n’avait pas pleuré. On voyait la trace des ronds rouges (sur son ventre). ET qu’il soit frappé par l’autobus, je m’étais dit « pourquoi j’aurais peur ». Je n’avais pas peur du tout. Il était très drôle. Son grand-père le trouvait drôle.&#13;
Parfois il allait chez ma mère, il sautait et il devait croire qu’il sautait très haut. On lui donnait 2,00$ après avoir sauté. C’est mon père qui le lui donnait pour qu’il puisse aller s’acheter quelque chose. (rire)&#13;
ESTO : Il pensait qu’il sautait très haut ? __ Oui Et l’autre Aissimeu.&#13;
MV : Lui, c’est mon dernier. C’était mon boss. La journée que je me suis marié, il avait hâte que je sois là, Mon dernier, lui voulait manger le gâteau. « Je veux manger le gâteau », m’a-t-il dit. C’est dans la soirée qu’on aurait mangé le gâteau. Et il a réussi à me faire couper le gâteau. (rire) Et c’est seulement après qu’on s’est fait photographié. Il était mon boss.&#13;
&#13;
ESTO : C’est quoi son activité ?&#13;
MV : Lui c’est de faire son bébé. Je le surprotège. On ne peut pas le disputer. Sa mère ne peut pas le punir, car je viens crier : « Ne le touchez pas ». Il fait son BB, c’est son style. On ne peut pas le toucher, car c’est le dernier de la famille.&#13;
ESTO : C’est comme ça qu’ils agissent. Toi aussi tu es le dernier de la famille, n’est-ce pas &#13;
MV : Oui moi aussi. On disait à mon épouse, c’était le jour où nous allions nous marier, mon père lui disait : « Tu nous voles notre bidou ». Mon épouse en a ri elle aussi.&#13;
ESTO : T’as d’autres enfants, n’est-ce pas ?&#13;
MV : Oui, à Mani-utenam, j’ai un autre enfant, il doit avoir douze ans. Il s’appelle Enrico. Il patine, il adore ça. Il est malcommode, il reçoit toujours des punitions. « Tu ne seras jamais capable si tu reçois toujours des punitions », lui ai-je dit. « Si tu veux être un bon joueur, il faut que tu sois sur la glace », lui-ai-je dit. « Il faut que t’arrête (à occuper) les bancs de punition », de continuer. J’étais comme ça moi aussi quand j’étais jeune, quand je jouais au hockey. Mon père m’avait toujours dit : « Arrête d’avoir toujours des punitions. Ce n’est pas ça qui va t’aider à faire des buts. &#13;
ESTO : Quel message tu livrerais pour les jeunes aujourd’hui ?&#13;
MV : Ce que je dirais aux jeunes, de ne pas avoir cette maladie que j’ai présentement. C’est vraiment difficile d’avoir cette maladie. C’est très difficile de longs séjours à l’hôpital. Car un enfant n’est pas très patient, n’est-ce pas ? Moi je pouvais y rester, un mois, deux mois à l’hôpital. Il me fallait y rester car on veut me guérir, ai-je dit à mon épouse. Ma femme elle, elle avait très hâte que je sorte de l’hôpital. Elle me disait : « Ce serait le temps que tu sortes de l’hôpital ». Elle était déjà (.).&#13;
Ce que je dirais aux jeunes, que je ne leur souhaite pas cette maladie. Une grave maladie que tu peux en mourir. C’est une grave maladie que j’ai là. Je leur souhaite une bonne santé. Une maladie très grave.&#13;
ESTO : C’est quoi qu’ils devraient faire pour être en bonne santé ?&#13;
MV : Moi, on m’avait toujours dit de manger de la nourriture de bois pour être en bonne santé. Et j’aime beaucoup cette nourriture de bois. On me donnait toujours du poisson. Il paraît qu’une femme de Fort Chimo, elle a été guérie avec des plantes innues médicinales. Elle avait exactement ce que j’avais, et elle était guérie. Je dirais aux jeunes d’accepter la volonté de Dieu. Profiter de la vie aussi. C’est ce que j’aurais à dire aux jeunes. &#13;
ESTO : Et à tes enfants ?&#13;
MV : Également à mes enfants, je leur souhaite la santé. Après le rassemblement de Ste-Anne, rendu chez-nous, je vais toujours rester avec eux. C’est mon souhait.&#13;
ESTO : Ta famille ?&#13;
MV : Pour ma famille, il faut que je les voie tous. J’ai de la parenté à Schefferville, il me faut aller les voir aussi. Également (ceux) de Uashat mak Mani-utenam.&#13;
C’est ici que nous allons terminer, n’est-ce pas ?&#13;
ESTO : Oui. As-tu d’autres choses à rajouter ?&#13;
MV : C’est ici que je termine. Je vais beaucoup prier demain, car c’est le 26 (juillet), n’est-ce pas?&#13;
ESTO : Tu as confiance (en elle) ?&#13;
MV : J’ai confiance en elle. Elle a guéri plusieurs personnes. Peut-être me donnera-t-elle que je vive un peu plus longtemps, c’est ce que je pense, quand j’irais l’implorer demain.&#13;
ESTO : Tes parents ont une grande foi, n’est-ce pas ? Ils vont beaucoup t’aider.&#13;
MV : Oui, ils prient beaucoup pour moi. Les aînés aussi, ils prient beaucoup pour moi. Quand je vois les Innus, ils me disent tout le temps, qu’ils prient très fort pour moi.&#13;
Avant que je sois malade, je faisais toujours des activités pour eux, jouer aux cartes shikaku (une sorte de jeu), la dame de pique et le 31. C’est pour ça qu’ils m’appréciaient beaucoup. Quand je les rencontre, ils me disent tout le temps : « On va prier très fort pour toi ». Depuis que je suis (sur le terrain) de Ste-Anne de Beaupré, je vais les voir et je les remercie énormément (pour leurs prières). Je bois du thé avec eux et je leur raconte des histoires. &#13;
&#13;
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&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/697757059"&gt;Mario Vollant&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                <text>Mont Ste-Anne, Québec, Canada</text>
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                <text>Entretien de Evelyne St-Onge avec Mario Vollant au Mont Ste Anne près de Québec</text>
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          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, https://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>Production Manitu. Récits de vie</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Oral History</name>
      <description>A resource containing historical information obtained in interviews with persons having firsthand knowledge.</description>
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              <text>Evelyne : Parle-moi donc, un peu de la sculpture Ici?&#13;
&#13;
Thomas : Ça ben là, moi je voulais sculpter des légendes montagnaises, je ne voulais pas faire des sculptures pis copier le style inuit. Iroquois ou, faire du show-business avec ça. Je voulais vraiment parler de ma culture, pis être traditionnel, j'ai pensé à ce personnage-là, c’est le premier personnage que j'ai pensé en montagnais katimetieshu pis celui-là je l’avais fait, on avait eu un petit projet de groupe on était 2,3 artistes, on avait chacun des pièces à faire, pis j'avais produit, c’était ma première grosse sculpture en calcaire.&#13;
&#13;
Evelyne : Pis c’est quelle matière que tu utilises?&#13;
&#13;
Thomas : Ça c'est du calcaire, qui vient de St Marc des carrières, le monde, les sculpteurs de carrière, ils parlent plutôt de langstone à cause ils parlent souvent anglais, mais c’est du calcaire, c'est de la pierre qui sert aussi à faire de la chaud, du ciment, du concassé mais elle est  de  qualité  pour  la construction, ça fait que c'est ça que j’ai fait, je reproduis&#13;
D’autres personnages, comme en avant Mishtenapeu, c’est de même que moi… C’est de même que moi j'ai voulu le faire, qu'il ait l’air un peu magique en jouant du tambour, pis en chantant, c'est de même que je l'ai présenté.&#13;
&#13;
Evelyne : C’est quelle matière?&#13;
&#13;
Thomas : C’est du calcaire aussi.&#13;
&#13;
Evelyne : Mais tu as d’autres sculptures de d’autres matière?&#13;
&#13;
Thomas : Ouai, je sculpte, j’ai  sculpté  un  peu  le  bois,  un  peu  le panache, mais surtout la pierre, puis à date j’ai sculpté des légendes sur la recherche des étés, j'ai fait la légende de sculpté en souvenir de ceux qui sont décédés, sur le portage, qui sont pas redescendus qui sont pas redescendu le printemps, les enfants qui sont morts durant l’hiver, j'ai fait différentes sculptures de même, mais toujours avec des choses montagnaises, pis toujours en rapport avec le territoire de chasse de ma famille aussi, beaucoup avec des noms, comme ka wawachipétas, on voit comme , on voit comme une madonne, pas une madonne, mais comme une sœur qui donne un poisson à une petite fille, ça fait que, dans le cran de roche, on voit ça comme un dessin, aujourd'hui il commence à disparaître, probablement à cause de l'érosion de l’eau sur la pierre, peut-être des effets et on le voit de moins en moins, mais ça l’air que ça aurait toujours été là. C'est toutes des choses comme ça j'ai écrit aussi deux livres sur le travail d'écorce de bouleau, sur le tannage.&#13;
&#13;
Evelyne : Tu écris aussi?&#13;
&#13;
&#13;
Thomas : Ouai, pis là. Je prépare un livre sur les raquettes mais je travaille aussi en coopération avec un Américain. On veut répertorier, tous les noms des parties de raquette pour toutes les nations. C’est ce qu’il a comme collection. Il y en a qui viennent d’Alaska, il y en a qui viennent du Québec, il y en a qui viennent des États-Unis ça fait qu'on veut voir dans chaque langue, comment, s’il y a des choses qui se rapprochent.&#13;
 &#13;
Evelyne : Ok, c’est Intéressant &#13;
&#13;
Ça c'est un long travail on ne fait pas ça pressé là pis finalement pour en arriver à ça l’année passée on a agrandi le terrain en profitant d'une aide pour les jeunes entreprises, on a agrandi l’atelier, puis on a fait une salle ou il y a des choses qu’on a retirées de la vente qu’on ne veut plus vendre.&#13;
&#13;
Evelyne : Pourquoi?&#13;
&#13;
Ah, parce que mon père aussi ça lui a tenté toute sa vie de dire: on ne vend plus nos choses on les garde pour nous autres.&#13;
&#13;
Evelyne : C’est-tu des objets sacrés?&#13;
&#13;
Thomas : Non, ce sont toute des choses pour nous autres ça va devenir sacré,&#13;
parce qu’on  a  mis  beaucoup  de  temps, c'est  toute  des choses comme il a fait des sacs avec des jarrets de caribou c’est toute ma mère qui a cousu ça avec du nerf, du nerf qu’i a dans le dos, ça fait que c'est toute des choses, que tu auras pas la  chance  de  reproduire aujourd’hui,  parce  que  le matériel est  rare. Quand on a dit non, on vend plus, on&#13;
garde ces objets-là pis on va vendre juste les objets qui sont un peu moins importants, qu’on peut répéter assez facilement parce que pour nous autres, je pense que c'était un&#13;
objet sacré ushkatimiush qu’on appelle, avec le jarret de caribou. Ben oui, mon père shatiwésen je ne le sais pas si c’est ça que tu veux, le sac j’en ai un. Un sac c'est ça il en a fait, il en a fait quatre je pense, puis c'est ça il a dit, je ne les mettrais jamais en vente, il en a fait un entre autres avec le caribou qu’on a tué sur notre territoire, toute la peau, on l’a utilisé juste pour la famille, on n’a rien vendu de ça, les outils en os qu'il a fait on les a gardé aussi, on a rien vendu.&#13;
&#13;
Evelyne : Travaille-tu avec le couteau croche?&#13;
&#13;
Thomas : Non, dans la pierre c’est impossible, mais en sculpture j'ai appris a travaillé avec le couteau croche pis j’ai commencé à apprendre à sculpter en regardant la façon que mon père utilisait son couteau croche, c’est quand tu dégrossis une paire de raquette, il y a l’extérieur de ton arbre que tu ne touches pas, parce que il est déjà très beau il y a juste l’intérieur, pis tu sculptes avec un angle, un petit angles pis ça te guide pour l'épaisseur de ton bois, quand t’as fini ben après ça tu égalises, je regardais ça, pis si je fais des angles ici pour les bras, pis des angles ici comme au couteau croche quand j'aurai la bonne grosseur pour mon bras pis que je veux arrondir ben je vais être capable de faire un bras, si ça marche avec un couteau croche ça devrait marcher avec un outil pour la pierre, pis c'est de même que j'ai appris à sculpter j'ai jamais été à l'école pour ça.&#13;
&#13;
Evelyne : Tu avais quel âge à peu près?&#13;
&#13;
Thomas : Ah. J’sais pas. J’avais quoi, j’avais peut-être 24 25 ans, mais tout jeune je touchais l'artisanat un peu avec mes parents, mes parents en ont fait toujours depuis. &#13;
&#13;
Evelyne : Ton père était sculpteur?&#13;
&#13;
Thomas : Non, il  n’a  jamais  fait  de  sculpture,  non,  lui  il  faisait  de l'artisanat traditionnel avec ma mère, ma grand-mère aussi quand elle était vivante à l'époque, on faisait, on a travaillé beaucoup l'écorce de bouleau, les cuirs, le cuir en général, il tannait encore ses peaux lui-même, c'est ma mère qui faisait les mocassin ma grand-mère en faisait aussi, l'écorce de bouleau ça été en dernier avec les raquettes pis les mocassins,  ça  été  une  des  grosses  demandes  pour  le tourisme en générai, parce qu'il en trouvait pas ailleurs ben ben,  il  y  avait  Manawan,  Obedjiwan,  mais  ici,  il  n’y  avait personne, presque personne.  Ça fait qu'il y avait une bonne demande, pis c’était un bon marché pour lui.&#13;
&#13;
Evelyne : Avec l’écorce de bouleau, c’étaient les paniers, les canots?&#13;
&#13;
Thomas : Ouai, il a fait, le dernier canot d'écorce fait sur la réserve c’est mon père, mais personne ne lui a prêté attention, ni le musée, ni personne. Ils ont dit; il ne flottera pas, mais il a flotté, moi je l'ai essayé, je l’ai même utilisé, quand j’ai écrit le livre, je l'ai&#13;
utilisé, malheureusement on avait pas l’agrandissement qu’on a là, parce qu’il serait sauvé à vie, ça fait qu'il s’est détruit avec les années ça fait que mon père a suivi les traditions, il l’a laissé se détruire par lui-même, il a gardé quelques parties des varennes après ça il a fait des paniers de toute les couleurs, de toute les grosseurs, des fois il faisait, il prenait des commandes pour du monde qui voulait des formes spéciales ou une forme plus grosse, plus forte, ça dépend aussi de I écorce, des fois on était pas chanceux, on trouvait utemushkui qu'on appelle, il y ajuste petushkui, c’est une petite écorce mince, ça fait qu’on faisait des petits objets de moindre importance, pis là après ça on allait gratté la racine. Nous autres on aimait ça, ce n’était pas mon domaine mais du même coup les enfants apprenaient, moi j’apprenais, ma femme apprenait, ça fait que c'est un peu comme quand tu vas dans le bois chassé avec ton père ou ta mère, tu vas y aller, tu vas apprendre en regardant, à force de voir, pis de voir, un moment donné, tu vas pouvoir le faire.&#13;
&#13;
Evelyne : C’était ça, sa façon d’enseigner à lui ?&#13;
&#13;
Thomas : Oui, franchement  dans  le  temps,  j’avais  plus  la chance d'entendre des vieux mots indiens, Il disait « je peux pas te les dire sur la réserve, il y a rien pour te le montrer, mais là dans le bois, là les choses sont toute en indiens, on peut te dire, là je peux te dire des vieux mots, ma femme prenait note des vieux mots, des fois une plante, des fois un mot ben rare pour une plante, il disait pour que je m'en rappelle, on écrivait le nom de la plante tout de suite, ça fait que c’est toute des choses qui vont nous servir plus tard, pis qu'on va pouvoir utilisé même ici, pour notre salle de montre pour montrer aux gens que les indiens n’ont  pas  oublié  le  passé,  c'est  pas  parce  que  tu travailles la pierre que t'as oublié ton origine, parce que c'est pas vraiment traditionnel au point de vue activité, moi je dis toujours les mots pour les Montagnais c’est plus contemporain,  que  ce  soit  en  chanson,  en  sculpture,  en peinture,  mais  c'est  ce  que  tu  vas  dire  avec, sa signification  qui  va  être traditionnelle. C’est ça que je pense, tout ce qu’on a accumulé va nous aider, mais aussi le plaisir de dire que j'ai gardé des choses, imagines si j’aurais encore le canot d'écorce de mon père ça vaudrait une fortune, dans quelques années, il va s’en faire tellement peu que celui qui va avoir 2 casseaux d'écorces, va être riche, au point de vue valeur pas d’argent, mais valeurs matérielles, ce que ça représente.&#13;
&#13;
Evelyne : Ah, oui toute la fierté.&#13;
&#13;
Thomas : Oui, c'est ça, ce n’est pas nécessairement la valeur argent, ça pas d'importance.&#13;
&#13;
Evelyne : Thomas, j’aimerais ça que tu me dises, à peu près combien d’œuvres tu as fait et combien d’expositions aussi ailleurs?&#13;
&#13;
Thomas : Combien d'œuvres, bon on faisait de l’exposition au début avec mes parents, on faisait des contrats d'animation, on allait à des fêtes, on exposait mais, on a pas fait ça tellement longtemps,  on  s’est  fatigué  assez  vite,  mes  parents commençaient  à  vieillir  aussi,  pis  il  y  avait  beaucoup  de monde, on aimait pas tellement avoir beaucoup de monde, ça fait que on est revenu ici, des expositions j'en ai fait surtout en groupe, parce que j'avais l'avantage, j’avais l’avantage d’avoir mon propre petit coin d’exposition à moi.&#13;
&#13;
Evelyne : À quelle place?&#13;
&#13;
Thomas : J'avais mon atelier, pis j’avais un petit point de vente, mon père avait son atelier aussi, son kiosque, ça fait qu'on avait pas  vraiment  envie  de  faire très  commercial,  pis  de courir d’un bord pis de l'autre, ça nous tentait pas on voulait rester travailler à notre rythme, pour la quantité d'œuvres que j'ai fait, j'ai sûrement dépassé les 500 pièces uniques, malheureusement il y a peut-être 90 % de ma production qui est en Europe, ici, même sur la réserve il y a pas grand monde qui savent ce que j’ai fait, il y a même personne qui pourrait imaginer ce que j'ai fait.&#13;
&#13;
Evelyne : Parce que je viens de penser à ça, ce n’est pas juste de la sculpture que tu as fait, j’ai vu aussi, comme des cartes?&#13;
&#13;
Thomas : Je faisais du gaufrage pis de la sérigraphie, pis ce n’est quand même pas mon activité la plus importante, ça quand même toujours été la sculpture. J’ai fait du gaufrage, pis de la sérigraphie parce qu’il y avait quand même une clientèle qui n’aimait pas la sculpture, ça fait que tu ne peux pas les obliger à acheter ce que tu n’aimes pas, ça fait que j’ai pensé à faire de la sérigraphie pi ça me permettait aussi quelquefois de parler d'une vieille expression indienne que je n’aurais pas pu sculpter. Ça fait que j’ai fait de la sérigraphie, pis du gaufrage. Ben c'était aussi un défi pour moi, pis là aussi ça me permettait d’utiliser des termes montagnais, mais ça pas été la plus grosse activité quand même, ça toujours été la sculpture, là, j’ai un petit peu plus de misère à travailler, je travaille un peu moins rapidement mais, je me remets en forme tranquillement.  L’année passée j’ai perdu ma saison parce qu'on était en plein agrandissement. Une année sans sculpter, tu perds un peu ta forme, mais j’ai sûrement dépassé les 500 pièces uniques à part tous ces petits bibelots que j’ai inventés, puis en sérigraphie peut-être une vingtaine d’œuvre de faites, en gaufrage peut-être une dizaine de plaques de gravées, il faut dire que ce sont des plaques qui prennent 1 mois et demi à graver à peu près, parce que c’est graver aux petits ciseaux, pis à la main.&#13;
 &#13;
Evelyne : C’est gravé sur le bois?&#13;
&#13;
Thomas : Non, sur cuivre ou bien aluminium, ça fait que c’est pour ça, parce que la plaque de métal va être frappé pratiquement 10 tonnes de pression dans une fraction de seconde, ça fait que le papier va être geler II pourra jamais déformé, ça fait que c’est pour ça que la plaque il faut qu’elle soit au millième près de qualité, ça  permet  d’éviter les erreurs.&#13;
&#13;
Evelyne : Puis, Ici à Mashteuiatsh est-ce qu’il y a de la relève, tu donnes de la formation?&#13;
&#13;
Thomas : Ah, j’en ai donné au début, mais non, je pense que il n’y a pas de relève comme tel, il y a le fait, sais-tu, il y a une chose qui est bien fatigante pour nous autres pis même moi ça me nuis parce que le monde utilise le terme montagnais pis indien partout, il y a du monde qui sont pas indien, pis qui produisent nos choses, qui vont les vendent, tu vas aller au zoo, à Ste-rose du nord, tu vas partout pis ils ont besoin des indiens pour attirer le tourisme si il y a pas un indien à la télévision, je regardais à Ste-rose  du  nord  tu  vois  la  montagnaise  qui est  en  train d’hurler  comme  un  loup,  moi  c’est  de  valeur  mais  ça m'insulte, ça me tenterais de leur fourrer un procès quelque part, moi, j’ai jamais vu une montagnaise hurler. Ils nous prennent pour des fous ou quoi. Ça nous fait tort, comment veux-tu qu'il soit de la relève, Canawe un gars, qui semble être connu a de la misère a s'en sortir, pis quant à l’artisanat, on a de la misère à vendre sans être obligé d'aller ailleurs, le monde vient pas sur la réserve, il y a des indiens partout en dehors, nous autres, moi pis mon père ils nous demandaient, venez à Val-jalbert vous allez voir du monde en masse, si on va à Val- jalbert, on nuit aux autres artisans qui ont pas les moyens de se déplacés, ils viendront ici voir les indiens, non, ils les ont vu à Val-jalbert.&#13;
C’est pas correct, on disait non on veut pas aller chez-vous, on est chez-nous ici, si vous voulez nous voir vous allez venir sur la réserve, on veut rien savoir, on refusait d'aller en France, pas question d’aller en France, les gens veulent nous voir, ils vont venir pis ont va jaser, on va parler, on a du temps à leur accorder, mais on ira pas ailleurs, on fait pas, on copie pas l’art inuit on copie pas l’artisanat des  autres  nations,  ben  faudrait  que  les  autres arrêtent de faire la même chose.&#13;
&#13;
Evelyne : Est-ce qu’il y a de la relève tu donnes-tu de la formation?&#13;
&#13;
Thomas : Eh non, je ne donne pas de formation, on m'en demande pas non plus, mais la relève, je pense qu’elle a peur, quand on regarde quelqu’un comme moi qui a réussi quand même à s'en sortir un peu avec ça, je roule pas fortune, c'est pas fortune mon affaire, je pense que la relève se dit; bon je pense que ça commence à tombé pis il y a pas de métier à faire avec ça, d’autant plus qu'il y a la compétition de partout en dehors qui copie toujours, on a toujours besoin de mettre des indiens partout pour attirer le tourisme que ce soit au zoo que ce soit à Ste rose du nord à St Félix d’Otis, à toute les musées, ils ont tout le temps besoin d’indien, ça fait que la relève ça donne rien, nous autres dans ma famille on a jamais voulu se déplacer pour continuer à forcer le monde à venir ici, voir ce qui est indien et non en dehors, ça fait que peut-être les jeunes c'est ce qui les empêchent de, qui leur fait peur, il y a des matériaux, si quelqu’un voudrait travailler l’écorce, avec toute les compagnies de bois qui massacrent tout, laisse-moi te dire que c’est dur de trouver de l’écorce aujourd’hui, si il aurait  encore  5  personnes  comme  mon  père  pis  ma  mère  qui auraient travaillé l’écorce sur la réserve comme ils ont fait, ben  le  territoire  il  était  pas  assez  grand  pour  trouver  de l’écorce pour ses 5 personnes. &#13;
&#13;
Evelyne : Et dans les plus jeunes de la famille chez-vous est-ce qu’il en a qui ont de l’intérêt pour?&#13;
&#13;
Thomas : Ah, ils sont habiles de leurs mains, mais c’est moi qui ne veut quand même pas les encourager plus que ça, parce qu’ils ont quand même du potentiel pour aller peut-être plus loin que moi, aller travaillé en ville pis revenir se reconstruire tout de suite sur la réserve, ils ont peut-être plus de potentiel que moi pour aller loin dans les études, un docteur de plus ça serait ben utile pour les indiens, ii y a ça aussi qu’il faut penser, c’est quand même pas un métier d’avenir ça reste que un jeune qui sort avec un diplôme d’ingénieur, ou d'administrateur, ou de médecine, ou d'avocat ça reste que  c'est  quand  même  plus  enviable  que  finir  tes  jours comme artisans, parce que l'artisanat, les arts c'est quand même, c’est un peu pour, c’est quand arrivé pour ceux qui était un peu mal pris, ils savaient plus trop quoi faire, mais il fallait ben vivre, rien faire ça se peut pas ça fait qu’on a dit, bon ben on va faire ce qu'on savait faire puis on va voir si les gens aiment ça, c’est pour ça tout à l’heure que je t’ai dit, on voulait toujours arrêté de vendre nos choses, parce que ça nous faisait quand même quelque chose de vendre des choses qui sont à toi, pis de les vendre pour de l'argent, quand l'argent est partit il reste plus rien l'œuvre est partit, l'argent est dispersé , c'est fini, plus rien, juste une petite photo des fois, c'est tout, ça fait que c'est peut-être pour ça qu’il n’y a pas de relève, ça serait bon quand même que les jeunes aient une petite base, regardez au moins comment se travaillait les choses, comment se fabriquait les choses, au moins qu'ils se rappellent, Ça&#13;
serait bon, au moins au minimum.&#13;
&#13;
Evelyne : C’est quel message tu donnerais aux jeunes toi?&#13;
&#13;
Thomas : Ben, je pense que le message que je donnerais, de s’instruire encore mieux que moi, j’ai réussi, mais sans oublier leur culture, ce n’est pas parce que tu deviens un avocat,&#13;
avec une cravate au coup que tu es obligé d’être blanc en dedans, t’es pas comme une pomme, rouge sur le dessus pis blanc en dedans. Le message que je leurs dirais même si tu es bien instruit, essaye de garder un maximum de ta culture pour ne pas changer. Moi j'ai été travailler en ville je n’ai pas été québécois pour autant, je n’ai jamais aimé ça être là, aussitôt que j'ai eu un peu d'argent pour me construire, j'ai lâché la ville parce que ce n’est pas mon style de vie à moi, je n’aime pas leur culture, ce n’est pas ma culture à moi c'est ça que je dirais aux jeunes, ne changez pas parce que tu vas devenir quelqu’un de différent avec un métier non traditionnel comme tel. Ceux qui sont ben mal pris, pis qui veulent vivre dans le traditionnel, ne faut pas avoir peur, de toute façon ça ne peut pas être pire que le bien-être. &#13;
&#13;
Evelyne : Je te remercie Thomas&#13;
&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/680673970?h=2995692e52" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/680673970"&gt;Thomas Siméon&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Transcription&#13;
&#13;
Evelyne. Es-tu allé à l'école?&#13;
&#13;
Penash. Oui, je suis allée à Goose Bay pour mes études, j'ai dû arrêter de travailler pour étudier à Goose Bay.&#13;
&#13;
Evelyne. Comment as-tu trouvé ça de quitter la communauté?&#13;
&#13;
Penash. Je m'ennuyais au début quand je suis arrivée à Goose Bay, je regrettais mes parents mais j’ai quand même réussi à faire mes études pendant deux ans à Goose &#13;
Bay.&#13;
&#13;
Evelyne. Vas-tu repartir pour tes études? &#13;
&#13;
Penash. Oui, je veux retourner étudier. &#13;
&#13;
Evelyne. Pourquoi?&#13;
&#13;
Penash. Je veux travailler à l'école parce que j'aime les enfants, ça fait de la peine de les laisser et j’aimerais aussi avoir un diplôme.&#13;
&#13;
Evelyne. Quand tu auras terminé tes études, vas-tu retourner dans ta communauté?&#13;
 &#13;
Penash. Oui, j'aimerais aller là-bas où les gens d'Utshimassit vont déménager (nouvelle&#13;
communauté). Je veux enseigner à l'école neuve.&#13;
&#13;
Evelyne. Qu'est-ce qu'on enseigne aux enfants, est-ce qu'on enseigne en anglais?&#13;
&#13;
Penash. Oui, oui, renseignement est beaucoup en langue anglaise. Il y a des enfants qui ne comprennent plus quand les Innus leur parlent.&#13;
&#13;
Evelyne. Quel est le pourcentage de langue innue à peu près?&#13;
&#13;
Penash. Je ne sais pas. C’est surtout les gens de l'intérieur des terres qui le parlent &#13;
comparativement aux enfants ou aux jeunes qui ne les comprennent pas tout à fait.&#13;
&#13;
Evelyne. Est-ce que la culture est présente dans l'école?&#13;
 &#13;
Penash. Non, il n'y en a pas.&#13;
&#13;
Evelyne. Il doit n'y avoir qu'un peu de langue Innue?&#13;
&#13;
Penash. Oui. Quand j'y allais il y avait un homme et une femme qui enseignaient la &#13;
culture, maintenant il n'y en a plus.&#13;
&#13;
Evelyne. Est-ce qu'il y a beaucoup de jeunes qui terminent leurs études?&#13;
 &#13;
Penash. Non, il n'y en a pas beaucoup.&#13;
&#13;
Evelyne. Pourquoi?&#13;
&#13;
Penash. Il y a des jeunes qui n'aiment pas l’école et qui ne sont pas attentifs en classe. En plus il y a beaucoup de jeunes qui abusent de solvant.&#13;
&#13;
Evelyne. Est-ce qu'on parle des effets néfastes de ces substances à l'école?&#13;
&#13;
Penash. Oui. Il y a des gens qui sont venus parler aux enfants et aux femmes des &#13;
conséquences de ces substances. Ils leur ont tout expliquer des effets et des &#13;
conséquences de ça. Malheureusement, ils s'en foutent. Il y en a même qui ont &#13;
commencé très jeunes et qui ont 25 ans aujourd'hui et qui continuent.&#13;
&#13;
Evelyne. Si on te demandait de faire un programme scolaire, comment l’imaginerais-tu?&#13;
 &#13;
Penash. J'aimerais que l'enseignement se fasse en langue innue parce qu'il y a beaucoup &#13;
d'enfants qui ne savent pas lire, ni écrire. Les enfants n’apprennent que l'anglais,  j'aimerais  dire  aux  enfants  qu'il  faut  qu’ils sachent  leur  langue  afin  qu’eux  aussi  enseignent  plus  tard  quand  ils  auront  fini leurs études. C'est ce que je veux pour les enfants et qu'ils écoutent les aînés, et qu'ils fassent usage de l'enseignement que les aînés leur donnent sur leur culture.&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/697747976?h=c6a333cfda" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/697747976"&gt;Pelashe Rich&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Oral History</name>
      <description>A resource containing historical information obtained in interviews with persons having firsthand knowledge.</description>
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              <text>Transcription&#13;
&#13;
Evelyne: Les rêves sont-ils importants?&#13;
&#13;
Andre: Oui ils sont important, je m’en sers. Aujourd’hui quand je fais des rêves, ….&#13;
Dans le passé quand j’étais plus jeune, lorsque nous étions à la chasse et que le caribou faisait partie de tes rêves, parfois la chasse pouvait être fructueuse dès le lendemain. Je rêvais parfois de la consommation d’alcool, je rêvais que quelqu’un m’offrait à boire..… J’ai également rêvé d’une tente à suer mais je n’y avais jamais entré dans ma vie. J’ai décidé d’y rentrer et de l’essayer lors des rassemblements. Les gens provenaient de partout et j’étais content.&#13;
Ces rassemblements ont déjà eu lieu à Schefferville, Mingan et Nutashkuan et ici présentement.&#13;
&#13;
J’aimais beaucoup aller à la chasse dans le passé, aujourd’hui je n’en suis pas capable à cause de mon vieil âge. Il y a un plus jeune qui chassait, il y a quelques chasseurs, c’est eux les chasseurs d’aujourd’hui. Je me servais d’un jeune pour chasser pour moi mais il n’est pas là cet hiver. Il ne chasse pas, pourtant il y a de la moyac et du poisson par ici mais il ne chasse pas. Il ne va pas à la chasse car il n’a pas de moyen de transport. Je me fiais sur lui pour la chasse mais il n’a pas de moyen de transport cet hiver.&#13;
&#13;
2:08 Tu joues le tambour toi? Depuis longtemps ?&#13;
&#13;
Andre: Oui, depuis environs 20 ans. &#13;
&#13;
Madeleine : La première fois que tu as joué du tambour, tu devais avoir 50 ans environs, depuis le décès de ton père.&#13;
&#13;
Andre: Oui environs 50 ans, après le décès de mon père. Il m’avait suggéré de jouer le tambour le plus rapidement possible après l’avoir vu au moins 2 fois dans mes rêves. Il me disait de suivre ses pas, de respecter le tambour et que tout autochtone avait droit de jouer le tambour peu importe sa provenance. Il peut s’emprunter, les gens pouvaient se l’emprunter. Parfois quand j’allais à la chasse dans la forêt, jouer le tambour m’aidait à acquérir ce que je voulais. &#13;
&#13;
&#13;
3:20 Ce qui est des rêves, je me sers seulement des bons rêves. Je ne tiens pas compte des mauvais. Lorsqu’on rêve d’un ……, c’est ce qui n’est pas bon. Je me sers du rêve qu’il a fait et qu’il m’a transmis. Il me la transmit en me disant de m’en servir car il était bon. &#13;
&#13;
Je ne sais pas si cela affecte les jeunes car ils ne vont pas souvent à la chasse. Ils se tiennent proche d’ici. Le chasseur me racontait parfois qu’après avoir fait un rêve, il pouvait facilement comprendre sa signification.&#13;
&#13;
4:25 Cela m’a pris beaucoup de temps à comprendre la signification de mes rêves lorsque j’étais un homme d’âge mûr. Mon père me disait que ça pourrait prendre environs 1 an ou 6 mois avant de retrouver mon rêve. C’est une transmission de sa part. Il m’a également dit que je pourrais me servir d’une tente à suer et d’un tambour si je voulais. &#13;
&#13;
 5:00 Evelyne: As-tu déjà vu une tente tremblante?&#13;
&#13;
Non je n’ai jamais vue. Il l’a fait une fois mais je ne l’ai pas vue. Il m’en a également parlé, et m’a expliqué comment je devais me placer dans la tente. Il disait que ce n’était pas un jouet et qu’il servait de source d’information. C’était pour savoir à quel moment la personne allait recevoir de quoi, et il servait à atténuer la peur des gens qui voyaient des choses venir. C’est pour ces seules raisons que je devais m’en servir. Il me disait de vérifier ce qui allait venir et de ne pas me servir de la tente tremblante sans raisons. L’Innu peut s’en servir pour voir le futur et pour avoir des informations.&#13;
&#13;
6:09 Evelyne: Une femme d’âge mûr nous a demandé de trouver quelqu’un qui pouvait accomplir le rituel de la tente tremblante car elle voulait y assister. &#13;
&#13;
Il pourrait y avoir quelqu’un à Davis Inlet ou plus au nord.&#13;
&#13;
6:40 Evelyne: C’est ton territoire ici?&#13;
&#13;
 André: Oui, tout ce territoire m’appartient.&#13;
&#13;
Evelyne: Tu peux surement aller à Sheshatshiu?&#13;
&#13;
André: Oui je peux m’y rendre, je m’y rendais souvent mais je n’y vais plus. Je vais surement y retourner. &#13;
&#13;
Evelyne: Que penses-tu des projets de barrages en cours?&#13;
&#13;
André: Je ne suis pas d’accord avec la fermeture du… de la part du gouvernement. D’après moi, le gouvernement qui veut fermer, et qui se sert de la forêt, devrait engager les Innus d’ici pour construire le (kutuminu) car c’est nous qui lui fournissons l’électricité. Dans le passé ce n’est pas nous qui lui fournissions l’électricité car il utilisait une génératrice. C’est lui qui nous fournissait l’électricité, toutefois nous devions le payer. Aujourd’hui il nous fait la même chose, mais je ne le paie plus, car je n’ai pas assez d’argent pour le payer, je n’en ai pas les moyens. &#13;
Lorsque nous voulons l’arrêter, il ne nous écoute pas, c’est alors qu’il décide de fermer. &#13;
&#13;
8:07 Par exemple le Wabush Lake, nous avons essayé de le bloquer, c’est à ce moment qu’il l’a fermé. Il a attendu que tous les gens soient partis avant de débarquer, il n’a jamais écouté les Innus. C’est pour cette raison que je dis que c’est nous qui lui fournissons l’électricité. &#13;
Même lorsque le …. fermera à Sheshatshiu, c’est également l’Innu qui lui fournira l’électricité.  &#13;
Toutes les rivières qu’ils fermera, l’électricité sera fourni par l’Innu. C’est ce que je pense, et je ne peux pas leur dire en personne car je n’ai jamais vu les dirigeants du gouvernement ni de l’Hydro.&#13;
Le gouvernement me donne des fonds de l’aide sociale. Je me sens comme si je lui remboursais lorsque je paie pour l’électricité et pour la maison. J’ai l’impression que je lui redonne son argent. &#13;
&#13;
9:10 Cela fait quand même assez longtemps qu’il m’en donne. Je me souviens de la première fois que le roi a donné ces fonds ainsi que les allocations familiales. Cela date de 40 ou 50 années passées pour les allocations familiales. J’étais déjà grand lorsqu’il y a eu une manifestation il y a plusieurs années, c’est à ce moment qu’il a décidé d’offrir ces fonds. &#13;
….. C’est le père de la reine Elisabeth qui dirigeait, c’est à la suite du décès de son père qu’elle a été couronnée reine. Nous étions déjà mariés quand elle est devenue reine. &#13;
&#13;
10:30 Je me souviens de l’autre roi d’avant, celui qui à commencer la guerre. Un Anglais m’avait dit qu’il avait démissionné, c’est ainsi que le père de la reine Elisabeth fut roi. Par la suite, elle a succédé à son père.&#13;
&#13;
10:56 J’aime beaucoup venir ici, parfois je vais manger la-bas. Je m’y rends par avion car je ne peux marcher. Dans le passé j’y allais à pied mais aujourd’hui on ne fait que me débarquer ici lorsque je veux venir manger, soit du poisson ou du porc-épic. &#13;
&#13;
Je trouve que les jeunes hommes d’aujourd’hui ne sont pas capable de faire grand-chose. Je ne sais pas comment ils vont y arriver lorsqu’il n’y aura plus d’aînés. Tout sera différent. C’est ce que je crois qu’il va arriver lorsque j’y pense. Je pense souvent à ce que vont devenir nos enfants, les jeunes. Je n’ai plus d’enfants à la maison mais j’ai mes petits-enfants et il y a ceux que l’on garde. Je crois que je vais arrêter ici, je dois avoir parlé trop longtemps !&#13;
&#13;
11:58 Evelyne: Quel message veux-tu donner à tes petits-enfants?&#13;
&#13;
André: Je voudrais dire à mes petits-enfants que je suis découragé car je ne bouge plus comme avant. Mes petits-enfants seront surement découragés s’ils ne sont pas capables de travailler pour eux-mêmes. Le gouvernement lui, va continuer à leur donner des fonds afin qu’ils puissent fréquenter l’école. C’est comme s’il nous volait nos enfants, en disant qu’ils vont chercher plus d’éducation à l’école. Aujourd’hui ils ne restent pas longtemps, deux ou trois mois et ils retournent à l’école. C’est à cela que je pense sur mes petits-enfants. &#13;
&#13;
Evelyne: Combien de petits-enfants avez-vous?&#13;
&#13;
André: J’en ai deux, mais j’en ai plusieurs qui sont plus vieux. J’en ai plusieurs.&#13;
&#13;
Madeleine :  Les enfants de sa nièce sont considérés comme ses petits-enfants. &#13;
&#13;
André: Leurs enfants sont mes petits-enfants.&#13;
&#13;
13:07 Evelyne: Tu es originaire de quel endroit?&#13;
&#13;
André: Mon père est originaire de North West River, il est descendu ici et à décider de demeurer ici. &#13;
&#13;
Evelyne: Et ta mère?&#13;
&#13;
André : Elle vient de Nutashkuan, mon père est surement aller la chercher là-bas.&#13;
&#13;
Evelyne: Et toi tu as trouvé ta femme ici à Saint-Augustin?&#13;
&#13;
André: Oui je l’ai trouvé ici à Saint-Augustin. &#13;
&#13;
Et pourquoi as-tu cherché à Saint-Augustin?&#13;
&#13;
André: Parce-que je ne trouvais pas à la Romaine et …&#13;
&#13;
Madeleine : Pourquoi n’as-tu pas marié celle-là?&#13;
&#13;
André: Justement, parce que je ne l’avais pas vu.&#13;
C’est après avoir trouvé celle-ci que j’ai habité avec elle pour la marier. &#13;
Elle me disait que je vieillissais et qu’elle allait me laisser. (Rires)&#13;
&#13;
Madeleine :  Elle pourrait s’accoupler avec lui.(rires)&#13;
Je changerais pour l’autre là-bas.(rires)&#13;
&#13;
Evelyne: Que penses-tu des couples mariés qui se laissent?&#13;
&#13;
Madeleine :  Moi ça ne me dérange pas, je n’ai pas laissé mon mari, il est ici. Mais si je le laisse, elle pourra se mettre en couple avec lui.(rires) &#13;
Il dit qu’il changerait pour elle. (Rires)&#13;
&#13;
14:39  Est-ce que je pourrais te poser une question? J’ai entendue parler que ta descendance des Poker seraient originaires des peuples Beothuk, est-ce vrai que ta parenté serait originaire de (Akamassit)?&#13;
&#13;
André: Non je ne sais pas si c’est vrai. Mon père est originaire du Nord.&#13;
&#13;
Madeleine :   Ils disaient que ton père était originaire de (Mushuau-assi) et puis déménagé à North West River.&#13;
&#13;
André: Je crois qu’il a traversé la rivière une fois.&#13;
&#13;
Madeleine :  Oui lorsqu’il se déplaçais en canot.&#13;
&#13;
15:27 Madeleine :  À quel endroit? Utshimau-assit ?&#13;
&#13;
André: À Davis Inlet, au grand lac, je crois que ça s’appelle Mushuau-assi, où le caribou se déplaçait à la nage. C’est à cet endroit que mon père était lorsqu’il était jeune.&#13;
Mon grand-père était à (Tiakama)&#13;
&#13;
15:55 Evelyne: Tu l’as vu?&#13;
&#13;
André: Non, c’est ce que mon père me racontait. Il s’appelait Tshishenniu-Pokue (Le vieux Pokue)&#13;
&#13;
Dame: Il étaient Shaman?&#13;
&#13;
Madeleine :  Non, il le faisait à la marche.&#13;
&#13;
André: Ces aînés avaient de longues jambes. Des aînés provenant de Uashat lui avait ordonner de le faire. Ces gens de Uashat se tenaient de chaque côté. Mon grand-père lui le faisait seul sans se faire aider. Je ne sais pas le nombre qu’il a dû poignardé, environs deux-milles.&#13;
&#13;
Evelyne: C’est ce qu’on appelle le menikan (enclos à caribou)? &#13;
&#13;
André: Oui, deux-milles, il parait qu’ils étaient éparpillés partout au sol. …..&#13;
&#13;
Evelyne: Penses-tu qu’il était Shaman?&#13;
&#13;
André: je pense que oui. &#13;
&#13;
Madeleine :  Les ainés avaient tendance à vouloir surpasser le grand-père Pokue.&#13;
&#13;
André: Ils disent que c’est à ce moment que le caribou à commencer à se faire rare. Ils disent que c’est comme si les caribous lui auraient été vendus. Ils lui ont été dit qu’ils devaient prendre tous les caribous qu’il avait poignardé, toutefois ils en ont laissé derrière. &#13;
Mon père et son frère Berthelemi y étaient.&#13;
&#13;
Evelyne: À quel endroit?&#13;
&#13;
André: À Davis Inlet, l’aîné est maintenant décédé mais son garçon est toujours en vie. Pendant que mon père était à North West River, ses parents étaient déjà décédés et il avait une seule fille. Mon père lui a demeuré ici.&#13;
&#13;
Evelyne: Et toi tu es seul?&#13;
&#13;
André: Je suis garçon unique et j’ai 4 sœurs.&#13;
&#13;
Madeleine : Son jeune frère est décédé il y a 2 ou 3 ans.&#13;
&#13;
André: Il est décédé en état d’ébriété. &#13;
&#13;
19:01 Madeleine :  Son frère était marié, et sa femme était décédée.&#13;
&#13;
André: Les gens disaient que c’est peut-être l’ennui qui avait causé sa mort.&#13;
&#13;
Madeleine :  Sa femme était très jeune lui aussi. Lui avait 47 ans et sa femme avait 41 ans.&#13;
&#13;
19:41 Evelyne: Toi tu es née à Pakua-Shipu (Saint-augustin)?&#13;
&#13;
Madeleine :  Oui à Pakua shipu.&#13;
&#13;
Evelyne: Comment s’appellent tes parents?&#13;
&#13;
André: Ses parent arrivaient de la forêt.&#13;
&#13;
Madeleine :  Il n’y avait pas encore de médecin, nous sommes tous nés dans la forêt. Ma mère a accouché dans la forêt sans avoir besoin d’un hôpital.&#13;
&#13;
Evelyne: Vous êtes combien dans la famille?&#13;
&#13;
Madeleine :  Nous sommes présentement 5, 2 de mes sœurs sont décédées. Une était déjà mariée et l’autre était encore jeune. &#13;
&#13;
Evelyne: Vous avez toujours demeuré dans la forêt?&#13;
&#13;
Madeleine :  Oui, nous demeurions toujours en forêt durant tout le temps que notre père nous a gardé. Nous restions en forêt quasiment toute l’année pour revenir seulement au mois de juin. Tous les Innu vivaient de cette manière, eux aussi (son mari) vivaient comme cela. &#13;
&#13;
Evelyne: On t’a dit que tu allais marié cet homme?&#13;
&#13;
Madeleine :  Oui, cela a pris du temps avant que j’accepte.&#13;
&#13;
Evelyne: Il t’a été choisi?&#13;
&#13;
Madeleine :  Non (rires)&#13;
&#13;
Dame: L’as-tu marié peu de temps après?&#13;
&#13;
Madeleine :  Oui car dans le passé le concubinage n’existait pas, cela ne se faisait pas . Ma mère était très projective. Nous étions toujours en forêt.&#13;
&#13;
20:51 André: Je n’ai pas habité avec, nous nous sommes directement mariés.&#13;
&#13;
Evelyne: Tu t’ai dit que tu allais demander sa main?&#13;
&#13;
André: Mon père était encore en vie lorsque je me suis marié à l’âge de 20 ans environs. Il m’a dit que j’étais assez vieux pour demander cette femme en mariage. Il était déjà vieux, il n’avait plus de femme. Il avait déjà été marié deux fois auparavant. &#13;
Suite à mon mariage, il nous a dit à moi et mon frère que l’un de nous devrait rester auprès de lui. Je lui ai dit que je ne pouvais rester car ma femme n’était pas encore très agile, sa mère devait d’abord lui apprendre. C’est de cette manière que cela se faisait dans le passé, la mariée devait continuer à demeurer chez sa mère pendant deux ou trois ans pour lui apprendre. Une fois que sa mère lui ai appris, c’est alors que nous avons déménagé. &#13;
&#13;
Evelyne: Tu es allé voir son père?&#13;
&#13;
André: Oui j’étais très souvent chez son père.&#13;
&#13;
Evelyne: Non, Comment as-tu procédé lorsque tu lui as demandé en mariage?&#13;
&#13;
André: Je suis allé et j’étais très gêné.&#13;
&#13;
22:24 André: J’ai envoyé quelqu’un voir ses parents.&#13;
&#13;
Evelyne: À qui as-tu confié la tâche?&#13;
&#13;
André: Son oncle Mathieu, Mishta-Napeu, je l’ai envoyé deux fois.&#13;
&#13;
Evelyne: Il a été deux fois?&#13;
&#13;
André: Oui, ses parents étaient d’accord mais elle n’était pas au courant qu’elle m’avait été donné. Elle avait très peur. Nous nous sommes mariés à ….., elle n’a pas aimé. &#13;
&#13;
Evelyne: Elle ne voulait pas?&#13;
&#13;
André: Elle n’était pas d’accord, je ne sais pas pourquoi. Elle avait peut-être un autre petit ami. (Rires)&#13;
&#13;
23:15 Evelyne: Que pensez-tu du fait qu’il t’avais demandé en mariage?&#13;
&#13;
Madeleine : J’avais peur et j’étais gêné de l’épouser.&#13;
&#13;
Dame: Pourquoi?, il était bel homme?&#13;
&#13;
Madeleine : Oui il était beau et je ne peux t’en dire plus.&#13;
&#13;
Evelyne: Vous vous êtes aussitôt mariés?&#13;
&#13;
Madeleine : Oui, nous étions deux couples à se marier.&#13;
&#13;
André: Il fallait l’approbation de l’évêque avant tout. Il y avait un prêtre assez âgé, il ne pouvait pas nous marier car il fallait qu’il en parle à l’évêque. Il nous disait que si l’évêque approuvait, il pourrait ensuite nous marier.&#13;
&#13;
Dame: Et pour quelle raison?&#13;
&#13;
André: Parce que c’était lui le patron. Il lui a demandé et nous a marié un samedi, le 12 juillet.&#13;
&#13;
Dame: Vous être mariés depuis combien d’années?&#13;
&#13;
Madeleine : 45 ans aujourd’hui. &#13;
&#13;
&#13;
24:39 Evelyne: Ta robe de mariée était comment?&#13;
&#13;
Madeleine : Je portais une voile, tels que les allochtones le font.&#13;
&#13;
Dame: Tu étais habillée en blanc?&#13;
&#13;
Madeleine : J’ai porté un voile.&#13;
&#13;
André: Le prêtre nous avait pris en photo lors de notre mariage. &#13;
&#13;
Madeleine : Nous étions deux couples à se marier ce jour-là. Shapatesh et sa première femme.&#13;
Le neveu à mon père, celui qui voyage les gens.&#13;
&#13;
Evelyne: Il y a eu une réception après votre mariage?&#13;
&#13;
André: Oui, nous avons mangé un peu.&#13;
&#13;
Evelyne: Qu’avez-vous manger?&#13;
&#13;
Madeleine : De la nourriture du magasin.&#13;
&#13;
André: Nous avons mangé très peu.&#13;
&#13;
Dame: Il n’y avait pas de mets traditionnels?&#13;
&#13;
André: Nous n’en avions pas. Parfois j’avais un patron, et cette fois-là il devait nous en donner mais il n’était pas là car il était parti ailleurs. Il s’appelait Mr. Clean, tu dois le connaitre il habitait à Uashat. &#13;
&#13;
Evelyne: Tu as amené ta femme en forêt lorsque l’automne est arrivé?&#13;
&#13;
André: Oui c’est à ce moment que nous nous sommes rencontrés à un endroit pour aller en forêt.&#13;
&#13;
Evelyne: Elle avait appris beaucoup sur la vie en forêt?&#13;
&#13;
André: Oui, je m’avais préparé mais j’avais laissé mon père. Shapatesh était venu avec nous avec sa femme. Elle était de ma parenté. &#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/697743894?h=1844a36d62" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/697743894"&gt;André Poker&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Manie : Vois l’enfant, les enfants qui ont été tués, c’est le gouvernement qui les a tués. Cet enfant-là, c’est notre avenir, il sera un leader. Vois cet enfant vient de naître, ça ne fait pas longtemps (qu’il est au monde). C’est un Blanc, il n’est pas Innu. C’est un enfant et je le prends pour exemple. Je ne manque pas (en l’embrassant sur le front) de respect pour lui. Il ira toujours de l’avant.&#13;
Je ne me la fermerai pas, je vais toujours parler (des enfants tuées) et la fois qu’on a tiré sur les jeunes dans les rencontres politiques. Même chose pour les Innus qui ont été tués à Terre-Neuve, je vais toujours en parler. Une femme innue qui a poussé son enfant dans l’eau et on l’a tiré dessus et il s’est noyé à Terre-Neuve.&#13;
(Elle remercie l’enfant en l’embrassant et le remettre au parent)&#13;
Oui, ils iront toujours vers l’avant.&#13;
À mon âge, ça m’arrive d’oublier parfois et par la suite la mémoire me revient.&#13;
&#13;
Alphonse : Elle se demande aussi pourquoi il n’y a pas de recherche où vivaient les Béothuks, il n’y a plus de Béothuk, ils ont été exterminés. Nos chefs devraient s’informer de ça à Terre-Neuve. &#13;
Eddy : Hermitage a fait des recherches à l’Université de Terre-Neuve. Mais on peut trouver des informations sur l’extermination des Béothuks.&#13;
&#13;
Alphonse : Il y a un professeur à Kawawatshikamak qu’elle dit que c’était vrai et que son grand-père lui racontait, quand quelqu’un rapportait une oreille de l’indien, il recevait 100$. &#13;
Alphonse et Eddy discutent ici des Béothuks.&#13;
Manie : Mon père allait souvent à Sheshatshit. On lui demandait d’y aller par bateau avec de grosse cheminées, un gérant lui a demandé d’aller avec lui. Michel Grégoire a été demandé aussi mais lui ne voulait pas. Mon père est allé et a fait tout le bord de la rive pour se rendre jusqu’à Sheshatshit. Il dit qu’il y avait un magasin à Pepitshitat. Il dit que c’est un grand lac le Sheshatshiu. Ils l’ont traversé pour se rendre l’autre bord du lac où il y avait un magasin. Le nom de ce gérant était Uapush. J’ai vu moi ce monsieur à La Romaine, c’est un pilote d’avion. Il vient de Sheshatshit. Ils allaient souvent à Sheshatshit, quand ils montaient dans le bois, ils se rendaient à Sheshatshit. Mes grands-parents, mes arrière-grands-parents aussi.&#13;
Il y avait aussi beaucoup d’histoires, de légendes. Mon grand-père disait que la culture innue d’autrefois c’est la plus importante, c’est une force. Si vous l’utilisez, ça vous aidera énormément. Il faut montrer toute la culture innue, l’habillement, les connaissances à conserver, ce sera votre force. Il (son père) disait aussi si tous les chefs de toutes les communautés se réunissaient, ils seront très forts pour affronter le gouvernement. Quand on leur demande de se réunir, ils ont peur. Quand ils veulent rédiger une lettre, un document, oh ! on dit qu’il n’y a pas d’argent au Conseil de bande. Et c’est alors qu’il y a un découragement. Ça ne leur dit plus de continuer.&#13;
À mon âge 77 ans, quand est-ce que ça ira bien. Ça fait très longtemps que j’attend que tout aille bien. Et le Blanc, pourquoi il a de la haine envers nous ? L’Innu ne détruit rien, le territoire. C’est seulement quand il a besoin du bois pour planter sa tente, pour le sapinage. Et le Blanc c’est tout un déboisement qui fait. Il détruit partout, partout. Et où il se dit propriétaire d’un terrain, il vend ce qui s’y trouve. Pourquoi il vend le terrain, est-ce qu’il en est le maître, car il a installé une pancarte écrite en rouge et se permettant d’annoncer une vente de terrain, du bois ? Est-ce que c’est le gouvernement qui lui a donné pour en vendre ?&#13;
Marie : Il doit avoir des Blancs qui sont gentils, il y en avait un qui disait : « Pourquoi ne pas vous défendre ? » Quand nous nous défendons, alors les Blancs ça les irrite. À Kanesatake à Montréal, quand il y avait une manifestation, mon garçon était hospitalisé à l’hôpital Ste-Justine dans le mois de juillet, les Blancs nous harcelaient sans cesse. Pourquoi ils ne s’informent pas, ils devraient prendre connaissance de ce qui se passait. Moi ma proposition j’aimerais qu’il y ait de l’écoute pour comprendre ce qui se passe. Qu’il n’y ait pas de discorde, mais plutôt une entente entre Blancs et Innus.&#13;
J’aurais pu vous montrer des photos, les photos de mon papa ainsi que mon livre. Mon père n’est jamais allé à l’école. Il comprend l’anglais. Aussi, le monsieur ???, il n’est jamais allé à l’école et il comprend le français. Moi je ne parle pas beaucoup le français, juste un petit peu. Je suis allée au pensionnat et avec une autre fille, on était attaché comme ça (geste, mains en arrière du dos). Mon père a entendu parler de ça et il n’a pas voulu que j’y retourne. En n’allant plus à l’école, j’ai perdu (un peu de l’instruction que j’avais acquérir). Je recevais 10$ pour travailler et pour mon voyage de Natashquan.&#13;
Marie : Non, il y avait une patinoire tout près du pensionnat. &#13;
 Faisons des recherches où ton père était à Sheshatshit. » Où il était, où il est allé, lui ai-je dit. Je regrette beaucoup de l’habillement traditionnel d’autrefois, nos mamans, nos grand-mamans (montrant ses vêtements traditionnels). Aujourd’hui, on porte des pantalons, on nous disait de nous habiller avec des vêtements traditionnels. On se mettait à terre pour manger (geste). On mettait un morceau de toile comme nappe. Il y a une table à côté, non, j’aimerais mieux manger par terre. Maintenant je ne peux plus m’asseoir comme ça, vu mon âge. Je commence à oublier ce que nos aîné.es nous avait dit. Vous allez voir ce que c’est que la vieillesse, nous a-t-on dit. (Aujourd’hui) nous voyons tout ce que nos grands-parents nous ont dit. Voyez, je ne peux m’asseoir comme ça, car j’ai mal aux jambes. Alphonse lui dit : « Danse maintenant hahaha. Alphonse lui chante un chant de tambour et elle se met à danser).&#13;
Marie de continuer : Tous les soirs on dansait. Nos aîné.es qui n’y sont plus maintenant. Il y avait une grande maison, on est allé à pied avec nos (sorte de lampe de poche), on allait danser. Ma mère y allait aussi. C’était vraiment agréable ! Il y avait des enfants et ils n’étaient pas tannants. Les aînés avaient des activités comme le base-ball. Les femmes aussi. Il n’y avait jamais de chicane. Quand une équipe perdait, pas de déception. Tous les soirs, il y avait une danse. Il y avait comme un jeu dans une danse, (je ne sais comment dire) : une personne prenait la place d’une autre pour continuer de danser avec la femme. La danse se terminait de bonne heure, vers minuit environ. Je regrette (de ce temps-là). Quand je regarde (par la fenêtre, je pense (à tout ça).&#13;
Je vois un oiseau mort. Peut-être qu’ils sont tous morts. Peut-être qu’il n’y en a plus. Le poisson aussi. Le gouvernement qui dit : « Le saumon est malade. Le caribou est malade » Je ne crois pas à ça moi. Ils le piquent. Vois le bœuf y est vacciné, c’est pourquoi on peut le manger. Ils font la même chose pour le caribou et ils l’examinent. Il y a aussi le poulet, la pizza, la poutine, c’est de tout ça que l’on mange. C’est de tout ça que nos enfants mangent, la poutine, la pizza, mais ne mangent pas de la nourriture de bois comme le castor…&#13;
Il y avait une femme très forte, vois l’épaule du castor, elle peut le casser. Mon père m’avait demandé une fois de le casser, non je n’avais pas réussi. J’ai raconté cela à un jeune homme qu’autrefois, il y avait une femme qui pouvait casser le bras (ou l’épaule) du castor. Et le jeune de me dire : « Elle est là (nous étions à Schefferville pour le matutishan), je ne la connais pas.  &#13;
Notre culture d’autrefois est d’une grande importante, il aurait fallu la conserver, une culture qui nous aurait aidés dans notre cheminement. Et nous, je veux dire, nos enfants ne s’en soucient guère. Y aurait fallu qu’on la pratique tout le temps. &#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/682579431?h=43ca7d2dfb" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/682579431"&gt;Mani Moreau 2&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Transcription&#13;
J’étais (à la maison), toute seule et je regardais (par la fenêtre). Il y avait plein de caribous dans le lac. Quand nous demeurions à Matimekush, ils se rendaient à l’ancienne réserve.&#13;
Tu les voyais aller plus loin et s’arrêter sur la piste de l’aéroport à Matimekush, Ils se tenaient là. C’était de gros caribous. Au bout du lac, il y en avait aussi beaucoup de caribous.&#13;
Ce qui s’est passé en 1914 à la Baie James, nous avions vu qu’on avait laissé les caribous échoués dans les rapides. Tu les voyais étendus, il y en avait qui étaient gonflés. Beaucoup, beaucoup de caribous. Tu les voyais emportés par le courant.&#13;
Comment je me suis sentie pensez-vous ? C’est à nous que le Créateur a donné. Il nous a donné le caribou. Même chose pour les autres animaux, c’est à nous qu’on nous avait donné. Ce sont nos animaux, nos semblables.&#13;
Au prochain visionnement, c’était le ramassage [de ces caribous]. On les tassait dans un grand foin. Un hélicoptère les a emportés à un autre endroit. Allez savoir où ! Il faisait plusieurs allers-retours.&#13;
Pas longtemps après, pu de rapide à la Baie James. Aujourd’hui c’est sec après ce massacre des caribous. Pourquoi ne pas monter en forêt dans le Nitassinan ? Nous devrions nous forcer à préserver notre territoire.&#13;
Deux de nos jeunes après leur chasse, je vais mentionner ici la région de Mingan. Ce qu’on n’a jamais raconté, qu’on n’en parle pas. Ce que je vais vous raconter, ça n’a jamais été mentionné.&#13;
Il y avait un Blanc de Hâvre St-Pierre qui tirait sur ces deux jeunes chasseurs. On n’en parle jamais. L’un des deux est le garçon d’une de mes nièces (il est à Ekuanitshiu). On lui a tiré dessus, au haut de la hanche droite traversant vers la gauche (geste). L’autre a eu la chance, il n’a pas reçu de balle.&#13;
Je me demande comment ils se sont occupés (du jeune) Peut-être qu’on lui a installé une sorte de poche. Je crois qu’il est encore là. On ne parle jamais de ce genre de situation. Le Blanc aussi commet des crimes. Pourquoi on n’en parle pas.&#13;
Pourquoi le gouvernement n’avoue pas son crime. Pourquoi il ne parle pas qu’il a fait déménager les gens à St-Augustin. Nous aussi les gens de Nutashquan, on aurait pu se faire déménager, on serait rendu à Mingan. Les Innus n’ont pas voulu.&#13;
Les autres les gens de St-Augustin ont été emmené à La Romaine. Mon père a été témoin, il les vus les faire monter dans un bateau et les descendre dans une sorte de cachot et ce, jusqu’à La Romaine.&#13;
Il n’y avait qu’un aîné dénommé Mishta-Napeu. Il n’est pas retourné dans son territoire. Il est resté là-bas. Il disait : « Pourquoi je quitterai mon territoire » ? C’est à cet endroit que je suis né et c’est là qu’est ma nourriture dans le bois.&#13;
Avec mon mari, plusieurs fois nous en parlons. Quand les gens viennent nous voir, nous leur parlons ce que nous vivions dans le bois. (547) Quand on en parle, nous ne recevons jamais de réponse.&#13;
Nous avons vu un jeune à Uashat, un journaliste. Non, aucune nouvelle. Pas de nouvelle à nous communiquer. Il ne m’apprécie pas, il ne me donne pas de nouvelle.&#13;
À l’âge que j’ai… dans ma jeunesse, j’assistais toujours aux rencontres politiques. Les femmes ne sont pas bien reçues à ce genre de rencontre. On la prend pour une moins que rien, elle reçoit que des insultes. Plus la rencontre avançait, plus des disputes augmentaient. C’était comme ça.&#13;
Une fois mon père a participé à l’une de ces rencontres, c’était plutôt la fois où on distribuait les cartes innues. Il dit au fonctionnaire : « Le Québec et le Fédéral se disputent ». Les Blancs n’étaient pas très enchantés de ces cartes. On nous disait souvent que nous ne payions pas de taxe. Ne saviez-vous pas que c’est seulement aux Galeries (Montagnaises) qu’on ne paie pas de taxe ?&#13;
Dans les grandes villes comme Montréal, nous payons la taxe, ils ne prennent pas les cartes (innues). Mon mari et moi sommes allés à un magasin à Montréal, je ne me souviens pas de quoi nous avions acheté, et mon mari a montré sa carte pour exemption de taxe. On lui répond : « Non, non, tu n’es pas d’ici ». Sa carte n’a pas été acceptée. On ne l’accepte nulle part. La carte innue est d’une grande importance.&#13;
Mon mari a été convoqué à la Cour de Sheshatshit. C’est Élisabeth Penashue et sa sœur Nush qui l’avaient invité. Un gars de Schefferville a été arrêté, je vais le nommer, c’est Adrien Pinette et son équipement a été saisi, son fusil et le reste… Il s’est rendu à Uapush et je lui ai dit d’y aller. Le voilà parti !&#13;
Il a passé en Cour et l’avocat lui avait dit de garder silence. Il a alors montré sa carte (innue) à l’avocat. Au bas de la carte c’était écrit petit. L’avocat a donc répondu : « Avec cette carte, on n’a pas le droit de saisir votre équipement ». Il a par la suite donné ordre qu’on lui remette son équipement à celui qui a été arrêté, Adrien Pinette. C’est Nush qui a demandé (à mon mari) de leur venir en aide. Par deux fois, ils ont eu gain de cause.&#13;
Mon mari n’est pas bien accepté (parce qu’il n’a pas la langue dans sa poche). Mais celui qui ne parle pas, qui ne se défend pas, lui alors il est bien accepté. C’est de l’argent qui passe. On lui offre de l’argent et c’est pour ça qu’il ne parle pas. Celui qui s’exprime bien, celui-là n’est pas apprécié. C’est comme ça que ça passe à Schefferville. Je demeure là.&#13;
&#13;
Je viens de Nutashquan. Je me suis mariée à Schefferville et c’est là que nous habitions. Mes enfants, mes petits-enfants et mes arrière-petits-enfants y sont nés.&#13;
Quand il y a une rencontre (politique) j’y vais et je veux parler de ça. Tout de suite on me dit que je n’ai pas le droit de parler. Pourtant mes enfants sont là, mes arrière-petits-enfants, mes petits-enfants. Pourquoi je n’aurai pas le droit de parler. Mes enfants auront besoin eux aussi de prendre la parole, mes petits-enfants, mes arrière-petits-enfants. Il y a aussi mes garçons et j’ai une fille. Ils pourront s’en servir.&#13;
J’ai écrit aussi un livre parlant du pensionnat. Mes enfants pourront s’y référer pour leur cheminement dans la vie. Mes petits-enfants et les autres enfants pourront s’en servir. J’ai 70 ans. Je viens de loin et j’ai vu beaucoup de choses, de choses qui me blessent. Et je me la ferme.&#13;
J’aurais pu vous montrer la carte innue, elle est d’une grande utilité dans nos vies.&#13;
J’ai été hospitalisée aussi au Sanatorium de Mont-Joli. Plusieurs innus sont décédés là-bas. Il y a un beau terrain dans le boisé, c’est là qu’ils sont enterrés. Il y a une femme de Nutashquan enterrée à cet endroit. Nous étions à cet endroit pendant 9 mois et dans le mois de janvier, on m’a transféré à Québec. J’y étais hospitalisée.&#13;
Q : pour la tuberculose.&#13;
Alphonse : Non, un accident, elle était tombée.&#13;
MR Je n’avais pas la tuberculose, j’ai eu un accident. J’ai eu des douleurs au dos (geste). Rendue à Québec, le docteur me dit (il y avait une interprète de Schefferville) : « Pourquoi es-tu allée à Mont-Joli ? » Je lui ai répondu que c’était un médecin qui m’avait envoyée là-bas. Et il me dit : « Tu n’avais pas à aller là-bas, car tu n’as pas de tuberculose. C’est seulement les gens qui ont la tuberculose qui vont à cet endroit. » Et de continuer : « Tu vas bientôt guérir. Je vais te guérir. » On m’avait mis un genre de plâtre dans mon dos et j’étais étendue pendant un mois sur le dos. À mon côté, on m’a trouée pour m’injecter du liquide. Comme de fait, j’ai été guérie. Je retourne chez-moi au mois de juin en 1970-71. Un coucher à Mani-utenam.&#13;
Je suis allée voir le pensionnat, il n’était pas encore détruit. J’ai tout visité où j’étais, où j’ai dormi, où j’ai joué, où j’ai mangé, à l’extérieur où nous étions. Il y avait encore des religieuse, Père Laurin aussi. Je suis allée les voir et ils m’ont demandé si je voulais visiter. Je leur ai dit oui et j’ai tout vu où nous étions, où les garçons se tenaient. Cela m’a fait quelque chose en visitant ces endroits. Après avoir visité et sortie, j’ai pris un grand souffle. Il y avait une statue de la Vierge Marie en plein milieu du terrain en avant, c’est là que je me suis mise à penser. Et après le retour à Mani-utenam, seule. Je suis retournée à la maison où j’étais hébergée, passer la nuit là et le lendemain retourner à Nutashquan. Arrivée dans ma communauté, J’étais déjà guérie.&#13;
Je me souviens aussi de la pandémie de la rougeole. On avait planté une grande tente et c’est là qu’on installait les malades sur le bord de la tente. Au milieu, il y avait des médecins qui venaient. Dans ce temps-là il n’y avait pas de maisons. Seulement des tentes. Il y en avait qui en étaient morts de la rougeole et d’autres en étaient guéris. Et la rougeole a disparue.&#13;
Il y avait une infirmière dénommée Pauline Laurin. C’était l’infirmière de la communauté. Elle rencontrait les aînés comme mon père par exemple, Michel Grégoire, Thomas Grégoire. Ils ont examiné les terrains en forêt et ont informé à Pauline Laurin. Kamatshi-atussesht qu’on les appelait.&#13;
Les aîné.es racontent ce qu’ils ont vécu dans le bois., leurs activités. Ils ont été enregistrés. Il y avait Sylvie Vincent, c’est elle qui enregistrait les aînés. Il y avait Michel Grégoire, mon père, Thomas Grégoire, Jérôme Grégoire. Même les aînées ont été enregistrées. Où sont passés les enregistrements ? Est-ce qu’elle les a gardées ou a-t-elle fait de l’argent avec (ces enregistrements) ? Je ne sais ce qu’elle en a fait. Caroline Malec était l’interprète.&#13;
Alphonse Grégoire : C’est de cette carte qu’elle parlait tantôt.&#13;
Manie Moreau : Tu vois en petits caractères en bas ?&#13;
Eddy : Oui. Viens vers la caméra, je vais filmer.&#13;
&#13;
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                <text>Moreau, Mani (interviewé)</text>
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                <text>Malenfant, Eddy (intervieweur)</text>
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                <text>Malenfant, Eddy (cinéaste)</text>
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/682579283?h=c25ee7bc5e" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/682579283"&gt;Mani Moreau 1&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, https://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>Production Manitu. Récits de vie</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Oral History</name>
      <description>A resource containing historical information obtained in interviews with persons having firsthand knowledge.</description>
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              <text>Shimun Michel (2)&#13;
  &#13;
  &#13;
Evelyne: Et toi [Shimun], tu ne retournes jamais par chez vous? &#13;
  &#13;
Shimun: Il nous arrive parfois d’y aller, lors des rassemblements des aînés. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Nous y allons en avion chaque année. &#13;
  &#13;
Evelyne: Non là-bas, ça s’appelle Nitshukun d’où il est originaire? &#13;
  &#13;
Shimun: Oui, Nitshukun. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Non, lui est originaire de Uashat. Ses parents ont grandi à cet endroit. &#13;
Son père est originaire de très loin. Il parait qu’il est originaire de Nitshikuan. Ils savent que son grand-père se nommait Thomas. &#13;
  &#13;
Shimun: Mon arrière-grand-père s’appelle Thomas Michel. Tu connais John, le nouveau marié ? &#13;
  &#13;
Evelyne : John Grégoire, oui. &#13;
  &#13;
Shimun: C’était l’enfant de sa fille.&#13;
 &#13;
Anne-Pinamen: Il parait que c’était la fille à Marguerite. &#13;
  &#13;
Evelyne (01 :34): L’avez-vous vu cet été? &#13;
  &#13;
Shimun: Oui, je le vois souvent. Je voyage encore à Uashat. Je voyageais beaucoup dans le passé. Nous avons atterri là. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Il est venu ici avec sa femme lorsqu’il y avait les jeux autochtones. Je préparais leurs repas pour leur voyage de retour en auto. &#13;
  &#13;
Evelyne (02 :01): Comment interprètes-tu ton territoire dans la forêt? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen :  J’aime beaucoup l’endroit. Il y a plusieurs choses dans notre territoire. Nous ne manquions jamais de nourriture. Il y a de tout : le castor, l’ours, le caribou, le lièvre, la perdrix, le poisson, il y a de tout. Sur la rivière, il y a tellement de perdrix blanches. Il y a également de la perdrix de savane où il y a beaucoup de sapins. &#13;
  &#13;
Shimun (02 :36): Jusqu’au Grand Lac.&#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Jusqu’au Grand Lac… Avec la rame, c’est un peu loin. &#13;
  &#13;
Shimun: Lorsqu’on part pour aller en forêt, il fait un temps d’automne lorsqu’on y arrive. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Ensuite, il faut que tu reviennes. &#13;
  &#13;
Shimun: En avion. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Tu es rendu à la tête du lac avant la fête de Noël. &#13;
  &#13;
Evelyne: Vraiment? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Ce n’est pas très loin, car l’avion prend un raccourci. &#13;
  &#13;
Shimun: Ce n’est pas loin en prenant le raccourci, mais c’est un grand détour en canot sur la rivière. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Un détour sur la rivière et le Grand Lac, car il y a des montagnes. &#13;
  &#13;
Evelyne (3:20) : Suite à ton mariage, tu es toujours demeurée ici? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Toujours à la même place. &#13;
  &#13;
Evelyne : Vous avez de moins en moins été dans le territoire ? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Nous allions souvent dans la forêt avant que je tombe malade. Vu que j'avais des problèmes respiratoires, on m'a déconseillé d'aller en forêt. Le médecin me disait que j'allais mourir si je continuais à demeurer dans la forêt et que si je devais consulter par après, le médecin ne pourrait plus faire grand-chose pour me soigner.  &#13;
  &#13;
Evelyne : Il y a combien d'années de cela environ ? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Cela fait déjà dix ans que j'ai cela. &#13;
  &#13;
Evelyne : Vous n'allez plus du tout dans le territoire ? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Non. Toutefois nous allons ici au chemin. Nous chassons le porc-épic. &#13;
&#13;
Shimun: Proche d’ici au chemin. &#13;
  &#13;
Evelyne : Vous y allez avec vos petits-enfants ? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Avec tous mes petits-enfants et mes enfants. Ils viennent en auto et retournent s’ils doivent travailler. Lorsqu’il y a de l’école, nous venons ici et c’est moi qui garde les enfants. Ils sont très agités et je dois en plus préparer les repas pour ceux qui travaillent.  &#13;
On me dit que j'ai de la misère à respirer et je garde les petits enfants. Il y en a qui sont très petits et lui aussi [Shimun] m’aide à garder. &#13;
  &#13;
Evelyne (04 :42): Tu fabriques des raquettes? &#13;
  &#13;
Shimun: Oui, j'en fabrique. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Si tu voyais tout le travail qu'il fait. &#13;
  &#13;
Evelyne : Quel travail fais-tu ? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Des raquettes dans la petite cabane. Il fabrique plusieurs raquettes. &#13;
Je les vends aussitôt et je…&#13;
  &#13;
Evelyne : Des canots? &#13;
  &#13;
Shimun: Non, je n’ai jamais essayé de canots. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Non, il n’en fait jamais. Son père fabriquait des canots. Il en fabriquait et les donnait aux gens. Il ne les vendait pas. Mon père aussi. Tous les gens donnaient des canots aux Innus. Les gens fournissaient la toile à canot et les clous. Une fois fini, le canot était donné et la personne partait en forêt. En retour, il était récompensé par de la nourriture traditionnelle lorsque la chasse était fructueuse. &#13;
  &#13;
Evelyne (05 :36): Plusieurs choses ont changé? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : En effet. Depuis que nous demeurons dans le village et lorsque les chasseurs partent en avion, ils nous expédient de l’outarde, du castor et de la viande. Il (Shimun) devait tuer son caribou aussitôt qu’il avait débarqué. J’allais ensuite magasiner et je lui envoyais du tabac et des sucreries, car il devait trouver ça dure et ça lui faisait plaisir. C’est ce qu’on faisait toujours. &#13;
  &#13;
Evelyne : De quelle manière ça a changé ? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : De toutes les manières. Le fait de devoir rester dans le village tandis que je ne suis pas très malade m’attriste. C'est ce qui me rend triste, car nous aimions beaucoup demeurer dans la forêt. Nous ne sommes quand même jamais dans la maison. Par exemple, on vient tout juste de rentrer. Nous sommes allés cueillir des petits fruits. J'en ramasse beaucoup et je les distribue. Ils (nos enfants) disent qu'ils ne peuvent pas aller à la cueillette, car ils travaillent alors je leur en donne. Ils ne sont pas capables de faire de la bannik et ils aiment beaucoup ça. Il arrive parfois de nous en faire voler (Rires), lorsqu’on ne ferme pas la porte. Nos enfants viennent prendre des affaires.  &#13;
  &#13;
Evelyne (07 :13): Est-ce que les jeunes vont préserver la culture innue ? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Moi, je crois que oui vu qu'elle leur est enseignée. Ça devrait débuter après les fêtes. Ils (les ainés) vont les amener dans la forêt et il y aura justement du caribou. Ils vont les amener à l'endroit où il y a du caribou pour…, épiler, tanner le caribou. Ils font de tout. Ils font cuire de la viande de caribou et apprennent la culture dans la forêt. Ils brulent les piquants du porc-épic, ils apprennent même à se confectionner des mocassins et le tressage. Cela durera jusqu’au printemps. Ils apprennent également à l’école et parfois en forêt chacun leur tour incluant les tout-petits. &#13;
  &#13;
Evelyne (08 :18): Aujourd'hui, la vente de fourrure ne doit pas être aussi populaire qu’avant? &#13;
  &#13;
Shimun: Non, elle pourrait encore se faire mais les Innus ne tendent plus leurs pièges comme avant. Les plus jeunes ne le font plus.  &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Les jeunes d’aujourd’hui semblent être plus paresseux. Nous remarquons que nos jeunes du passé n’étaient pas ainsi. Lorsqu’il y avait de l’emploi, ils étaient très heureux de travailler afin de pouvoir se procurer ce qui leur manquait comme par exemple, du tabac, ce qu’ils devaient boire ou pour de la nourriture qui leur manquait. Toutefois, aujourd’hui, le jeune ne travaille que 2-3 jours et aussitôt qu’il a reçu une paie, il dépense le tout, car il se fie sur son grand-père pour le nourrir tandis qu’il pourrait être fier de lui à travailler et subvenir à ses besoins. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen (09:18): C’est ce que nous faisions dans le passé. J’avais 20 ans lorsque je me suis mariée. Lorsque nous manquions de nourriture à la maison, les filles allaient sur le rivage et les garçons allaient à la chasse. Nous, les filles, allions à la pêche et tendions nos filets et nous nous occupions de notre mère et grand-mère. Nous faisions tout ce qui nous avait été demandé, nous n’étions pas paresseuses et nous aimions le travail que nous faisions tel qu’aller bûcher du bois et tendre nos pièges. &#13;
  &#13;
Evelyne (09 :59): C’était davantage la tâche d’une femme? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Vraiment, auparavant la femme devait chasser à part et son mari aussi.  &#13;
En ce qui a trait aux enfants, la sœur ainée devait s’occuper des plus jeunes. C’est ce que je faisais, j’allais toujours à la chasse.  Aujourd’hui, on (médecin) me dit que je ne suis pas vieille et que j’ai des problèmes de respiration. Je leur dis que je ne soupçonne rien. C’est le fait que j’ai beaucoup de travail, plusieurs enfants, de ne pas avoir de bonnes nuits de sommeil et de me réveiller très tôt. Parfois, je suis déjà levée à 4 heures pour faire mon travail. Lui [Shimun] travaillait beaucoup. Je ne le voyais pas beaucoup et les enfants non plus. Il pouvait être ici le soir et il se faisait demander au chemin. &#13;
  &#13;
Evelyne (11 :05): Il faisait quoi? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Il mettait du sable sur le chemin. Il gagnait sa vie avec une pelle et une hache aussi.  &#13;
  &#13;
Evelyne: Il travaillait autant, que ça soit dans le village ou dans la forêt. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Depuis qu’il est dans le village, il a terminé son travail. Il reçoit son argent et sa pension de vieillesse. C’est comme ça. Il va également à la chasse. &#13;
  &#13;
Evelyne (11 :29): Et toi, est-ce qu’on t’invite à aller raconter des histoires ou des légendes? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Oui, toujours. Nous y allons toujours, même à Davis Inlet ou lorsqu’il y a un décès. Il est aussi demandé pour aller jouer du tambour. &#13;
  &#13;
Evelyne (11 :49): Est-ce que tu joues du tambour depuis longtemps? &#13;
  &#13;
Shimun: Pas depuis très longtemps. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Il a commencé à jouer le tambour lorsque son père est décédé. &#13;
  &#13;
Shimun: Un peu plus de dix ans environ. &#13;
  &#13;
Evelyne (12 :04): Tu ne voulais pas y toucher auparavant? &#13;
  &#13;
Shimun: Non. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: L’Innu avait un très grand respect envers le tambour auparavant. Il n’était jamais rabaissé. Aujourd’hui, une personne s’en sert pour les danses. Dans le passé, l’aîné se servait du tambour en chantant pour lui demander de la nourriture dans la forêt. Le lendemain matin, il envoyait son garçon ou son petit-fils à la chasse. Le tambour servait à cela. Cela me surprend aujourd’hui.  &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen (12:51): C’est que je voyais faire dans le passé. Je suis rendue à l’âge de 77 ans et j’aurai mes 78 ans le 10 du mois de juin. Ce que je n’aime pas aujourd’hui, c’est de voir les femmes et les hommes entrer dans une tente à suer ensemble. Cela ne se faisait jamais auparavant. La tente à suer était respectée et servait lorsqu’un aîné était malade pour des fins de guérison. Il était ainsi pour la femme. C’était le même procédé lorsque la femme avait mal, soit au genou ou à la main.  &#13;
  &#13;
Ce que je ne comprends pas aujourd’hui, c’est le fait qu’ils (Innus) disent que la tente à suer les aident contre leur consommation d’alcool. Et lorsqu’on me demande de rentrer dans la tente à suer, je ne le fais pas. Je leur dis que je ne me moque pas de la tradition innue. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen (15 :05): Ma grand-mère y allait parfois. Elle chantait et c’était une grande croyante en la prière. Ensuite, elle envoyait ses petits-enfants à la chasse.  &#13;
  &#13;
Je ne l’ai jamais fait encore. Je prie tellement pour que la chasse soit fructueuse. &#13;
Lorsqu’on tue un caribou, il ne lui manque pas de nourriture pendant un an. C’est étonnant. &#13;
  &#13;
Evelyne (14 :37): As-tu vu la tente tremblante? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Oui, il y avait plusieurs Innus qui pouvaient accomplir le rituel de la tente tremblante. Mon oncle Antoine Ashini de Uashat et le frère de mon père en faisaient. Il y avait également un autre aîné innu du nom de Mituishan ainsi que Uatshetish de l’autre village. &#13;
  &#13;
Shimun: Il y a aussi Tshishenniss, Kaunkuisht, le monsieur de Davis-Inlet du nom de Meshkina et MIshta-Napesh qui étaient tous des shamans. &#13;
  &#13;
Evelyne (15 :25): La tente tremblante était utilisée à quel moment? Était-ce pour de la nourriture ? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: C’est par exemple, lorsque tu veux savoir le moment que ton décès aura lieu, pour savoir ma durée de vie ou pour savoir ce qui arrivera dans le futur. Est-ce que je vais bien aller dans un an ? Comment je vais être ? C’est ce qu’on regardait dans la tente tremblante. Tu pourrais demander à [Taminikassiku] qu’il te prédise ton futur pendant un an et il serait en mesure de te dire si tu vas bien aller, si tu ne manqueras pas de nourriture, si tu l’a bien entreposée. Lorsque tu le laissais, tu t’assurais que ce soit bien ordonné.  &#13;
La tente tremblante servait à cela. Il [Taminikassiku] pouvait dire à la personne qu’elle allait bien aller, qu’elle allait rester en vie et que rien n’allait lui arriver.  &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: (16 :24) Celui qui se moque des choses par exemple, une personne qui gaspille de la nourriture traditionnelle qu'elle vient d’abattre et bien, le shaman lui dirait que lorsque ses enfants ramèneront leurs abats et feront la même chose qu’elle, elle sera pauvre et devrait avoir peur car elle pourra à peine se lever.  &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen (16:56) : Il ne reste que 2 shamans. Toutefois, ils n’en parlent pas, car ils disent que même s’ils pratiquaient le rituel, les gens d’aujourd’hui se moqueraient d’eux. &#13;
  &#13;
Shimun: Aujourd’hui, le sujet est tabou. Ils ne font pas comme auparavant lorsqu’ils pratiquaient devant les gens, car les jeunes se moqueraient d’eux. &#13;
  &#13;
Evelyne (17 :24): Est-ce que les prêtres empêchaient le rituel de la tente tremblante? &#13;
  &#13;
Shimun: Oui, ils n’aimaient pas cela. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Ce n’est pas les shamans que les prêtres n’aimaient pas. Ils disaient que c’était un don que Dieu leur avait donné, que chaque personne avait reçu un don différent de l’autre. &#13;
  &#13;
Evelyne (17 :41): C’est seulement le rituel qu’ils n’aimaient pas. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Oui, ils n’aimaient pas la pratique. Ils leur (shamans) permettaient quand même d’aller à la confesse. &#13;
  &#13;
Shimun (17 :50): C’est une manière de survie pour l’Innu. Il est difficile lorsqu’il n’y a pas de nourriture dans les magasins. Alors qu’en pratiquant, il trouve ce qu’il demande. Si le prêtre se trouve dans la forêt et qu’ils (les Innus) ne peuvent pas tuer, il ne servira à rien d’empêcher l’Innu de pratiquer ce qu’il a toujours fait.  &#13;
  &#13;
Par exemple, regardez cette ainée sur la photo. Elle est très croyante, elle se sert de son chapelet pour prier afin que quelqu’un puisse ramener de la nourriture. Toutefois, elle ne réussit pas. Tandis que l’aîné, lui, prend son tambour et voilà que 2 nuits après, il y a de la nourriture. Tout cela pour que les enfants n’aient pas faim. C’était le but de s’en servir. &#13;
Si le prêtre était au large sur le lac, il ne serait jamais capable d’amener ou de faire venir la nourriture vers lui, tandis que l’autre se sert de ses pouvoirs pour bien faire afin que les enfants puissent être nourris. L’Innu ne le faisait pas souvent. Il le faisait parfois seulement. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen (19:10) : Il faisait la demande seulement lorsqu’il y avait une famine. &#13;
  &#13;
Evelyne (19 :15): Lorsque tu mentionnes que tu es malade, tu ne prends pas de remèdes traditionnels ou les préparations des Innus? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Je prends ce que je me procure dans la forêt. Je mets le cataplasme de gomme de sapin, l’arbuste de pimbina, Uapinamuikan, des plantes de toutes sortes.&#13;
  &#13;
Shimun: Les lycopodes et le thé de Labrador, on les réchauffe lorsqu’une personne a des enflures. Il y a la roche mince aussi. La personne la fait chauffer et l’étale à l’endroit où elle a mal. Elle a le même effet que lorsqu’on entre dans une tente à suer, car la roche est médicinale. Peu importe la sorte de roche, elles sont toutes médicinales.  &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Lorsque tu fais une saignée et lorsque tu piques. &#13;
  &#13;
Evelyne: Existe-t-il encore une personne qui fait des saignées? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Oui, c’est moi qui la fait. Lorsqu’un enfant à un mal de dent, on me l’amène et je le pique. Je suis pourtant dans le village et je ne les revire pas pour les envoyer à l’hôpital. L’Innu veut encore se servir des remèdes traditionnels et cela me surprend. Le parent est aussi surpris. Il m’appelle pour me dire que son enfant se porte mieux. Nous nous servons de ce que nous vivions auparavant, même en habitant dans le village.   &#13;
  &#13;
Evelyne (21 :01): Et ce médicament que tu as là présentement, tu ne t’en sers pas? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Je m’en sers parfois. Lorsque mes propres remèdes ne m’aident pas, je vais alors consulter le médecin. Dans le passé, les autorités blanches nous empêchaient de nous soigner nous-mêmes. On nous disait que nous irions en prison si nous n’allions pas consulter un médecin. Dans la forêt, ce n’est pas un médecin qui accouchait les femmes. Il était difficile de venir accoucher ici lorsqu’il n’y avait pas d’avions. C’est une autre femme, une aînée, qui faisait les accouchements. La femme enceinte restait à l’endroit où l’aînée restait lorsqu’il était temps d’accoucher. Aujourd’hui, c’est interdit. Tous nos enfants sont venus au monde avec des médecins. Si nous n’y allions pas, nous allions en prison. On nous disait que le médecin était là pour cela et que nous devions y aller. Même lorsque nous étions en forêt.  &#13;
  &#13;
Evelyne (22 :08): Comment vois-tu le futur? Crois-tu que l’Innu pourra vivre longtemps en forêt. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: La manière que je le vois, lorsque les jeunes partent en forêt, ils reviennent plus tôt. Comment vont-ils faire s’ils ne veulent pas rester dans la forêt pour chasser. Dans le passé, les gens étaient heureux de demeurer dans la forêt. Les jeunes ne pensaient jamais à revenir. Aujourd’hui, lorsqu’un avion se rend dans le territoire pour aller vérifier si tout va bien, tous les jeunes reprennent l’avion pour retourner dans le village.  Et lorsqu’ils vont à l’école ici, il n’y a pas que la consommation de l’eau (alcool) C’est ce qui se passe, je ne mens pas. &#13;
  &#13;
Evelyne (23 :03): Et toi [Shimun], qu’en penses-tu? Crois-tu que l’Innu va vivre longtemps ? &#13;
  &#13;
Shimun: Je n’ai aucune idée s’il va rester longtemps. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Moi, je crois que la terre restera toutefois, tous les jeunes commettront des meurtres. C’est comme cela que je vois cela. La nuit dernière ma fille a presque été tuée. Elle qui travaillait pour l’avocat. Une femme est allée cogner à sa porte avec une roche dans la main. Elle a commencé à la frapper sur le visage avec la roche et elle l’a toute défigurée. Comment peut-on vivre lorsqu’on commet des actes en étant en état d’ébriété ? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen (23:56): Une autre dame s’est faite briser sa maison et on lui a tout volé. Je dis aux autres que je n’entends pas parler des actes comme les nôtres dans d’autres communautés. Comment peut-on vivre ainsi ? Lorsqu’on annonce qu’une réunion aura lieu le lundi, le nombre de femmes s’achalent et se harcèlent. Nous devons tous travailler ensemble lors des réunions, mais non, tout le monde se chicanent et la réunion n’aboutit nulle part. Notre village est dangereux. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen (24 :42): Comment va-t-on pouvoir vivre longtemps? Il parait que c’est pire à Davis Inlet. C’est très dangereux et tout est détruit. &#13;
  &#13;
Evelyne (24 :54): Je me demande qu’est-ce qui rend l’Innu mécontent ? &#13;
&#13;
Anne-Pinamen : La moitié vont bien, mais je leur dis que nous devons tous travailler ensemble pour que ça aille bien. Nous formons une seule communauté. Ils se détruisent entre eux lorsqu’ils deviennent des haut placés. Il parait que le chef n’a pas travaillé depuis plus d’un mois. À ce qu’il parait, il se promène et va à la chasse. Comment allons-nous être nous ? Cela est surprenant.  &#13;
  &#13;
Je leur dis que s’ils (dirigeants) travaillaient pour notre bien, tout irait bien. Je leur dis de ne pas s’haïr. Aussitôt qu’ils font quelque chose de bien à une personne, ils commencent à consommer de la boisson et se chicanent. Je leur dis qu’ils deviennent dangereux. Les aînés vont avoir peur d’eux et vont finir pas les laisser. Les jeunes se fient beaucoup sur les aînés. Ils nous demandent de ne pas les laisser et de ne pas mourir. Je leur dis que nous allons éventuellement les laisser, car ils consomment de l’alcool sans raison.  Comment veux-tu que quelqu’un survive dans la consommation ? Si nous buvions, nous ne resterions pas en vie, car nous sommes âgés. J’ai 12 enfants et personne ne nous donne de l’aide. Ils sont aujourd’hui tous partis. J’ai également élevé 5 petits-enfants et eux aussi nous ont quittés. Nous sommes seuls tous les deux. &#13;
  &#13;
Evelyne (26 :35): Quel message aurais-tu à transmettre à tes petits-enfants? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: De faire comme nous, de suivre la tradition. De faire de la même façon que nous les avons élevés. De suivre nos pas et ne pas consommer de l’alcool. De réaliser que nous aussi travaillons à la maison autant que les gens qui occupent un emploi. &#13;
Mais ils préfèrent aller consommer. Je les envoie de la maison, car c’est quelque chose que je n’accepte pas, car la consommation ne les fera pas vivre. &#13;
  &#13;
Evelyne (27 :10): As-tu un message à tes petits-enfants [Shimun]? &#13;
  &#13;
Shimun: Même s’ils ne m’écoutent pas quand je leur dis, je leur dirais de ne pas toucher à la consommation et de suivre les pas de nos grands-parents et de nos arrière-grands-parents. De vivre de la même façon dont ils vivaient auparavant. Si vous pouvez suivre nos pas, vous serez en mesure de survivre longtemps en forêt. &#13;
&#13;
Je crois qu’il ne nous reste pas grand temps avant de manquer de nourriture. Avec les ouragans qui détruisent les terres agricoles, il paraît qu’il n’y a plus grand chose qui pousse dans ces terres. En plus des autres mauvaises choses qui se font sur la terre : les petits avions (épandage de pesticides), la pollution et la destruction des terres. Nous ne savons pas comment cela affecte les aliments. Il se peut que les gens tombent malades après la consommation de ces aliments du fait que le sol n’est plus bon. C’est de cette manière que je vois les choses. Je crois que nous ferons pitié plus tard, autant les Innus et les allochtones, car tout ce dont nous avons tous besoin ne sera plus comestible. C’est ce que je prédis plus tard. C’est pour cette raison que je veux encourager nos jeunes à aller chercher la nourriture qui est gratuite. Ils seront en mesure de voir si l’animal n’est pas bon à manger, car il sera visible. Ce ne sont pas tous les animaux qui ne seront pas bons. Il y en aura beaucoup qui seront bons. À force de connaître les animaux, ils sauront lequel est bon. La personne ne se forcera pas à manger ce qui n’est pas comestible. Elle va plutôt chercher à trouver quelque chose qui est comestible. &#13;
  &#13;
Par exemple, le bœuf ou le poulet est déjà malade et on leur injecte des médicaments. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui, les gens sont plus gras. Cela vient des animaux injectés de médicaments. C’est ce qui les rend gras. Ce n’était pas comme cela auparavant. Des gens vont même dans la forêt pour injecter les animaux à ce qu’on peut voir dans les émissions. &#13;
  &#13;
Evelyne (30 :30): Vos histoires sont très belles à entendre. C’est ici que nous terminons, je vous remercie beaucoup! &#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/634572558?h=615c6f6f43" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/634572558"&gt;Shimun Michel 2&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Anne-Pinamen: Il s'appelle Daniel. Le plus jeune enfant de ma tante Marie est décédé de la même façon, dans l’eau. Ceux qui se noient. C’était les cadets de ma mère et ma tante. Ces dernières sont de la même famille.&#13;
&#13;
Evelyne: À quel endroit? Proche d’ici ?&#13;
&#13;
Shimun: Lui est mort sur la rivière proche d’ici, au milieu du rapide. Il est tombé de l’embarcation et il a été emporté sous les glaces.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen (00:29): Il a été retrouvé au mois de janvier. C’était gelé et le niveau de l’eau était bas, c’est de cet endroit qu’il a été repêché.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen (0:39 Il y a un lac proche de l'école. C'est à cet endroit que ma tante Marie a perdu son enfant. La glace a cédé pendant que le jeune patinait et ses amis n'ont pas eu le temps de l’attraper, il était déjà décédé. Il avait réussi à casser la glace à une très longue distance.&#13;
&#13;
Evelyne (00 :59): Tu es née ici?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: C'est ici que je suis née, dans la forêt plus loin que le fleuve situé ici à côté. L’endroit s’appelle Atshikuanat.&#13;
&#13;
Evelyne (01 :12): Comment se nomment tes parents?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Mon père se nomme Joachim Ashini et ma mère, Anne-Pinamen Ashini. Mon nom de fille est Marie-Anne Ashini.&#13;
&#13;
Evelyne (1:32) : Vous avez toujours demeuré ici?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Toujours! Nous sommes ici depuis très très longtemps. L'arrière-grand-père de mon père, son grand-père, son père et mon père ont tous vécu ici. Et maintenant nous.&#13;
&#13;
Evelyne (01:53): Lorsque tu étais jeune, y avait-il beaucoup d'Anglais qui habitaient ici? &#13;
&#13;
Anne-Pinamen (01:58): Oui, il y avait des gens en face sur la rive opposée. La réserve était de l’autre bord. Il n’y avait pas d’Anglais dans le temps que ma mère et tous les gens de Sheshatshiu y habitaient. Ils devaient tous être de l’autre côté. Il y avait même le cimetière.&#13;
&#13;
Evelyne (02 :17): Oui, nous l’avons vu. À quel moment êtes-vous déménagés ici ?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Il n'y a pas très longtemps. J'avais environ 12 ans. C'est vague dans ma mémoire. Je ne m'en souviens pas très bien.&#13;
&#13;
Evelyne (02 :33): Toute la communauté a été relocalisée?&#13;
&#13;
Shimun: De l’autre bord de la rive.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Tous les Innus ont déménagé. Ce n’était pas vraiment une église [qui se trouvait à cet endroit]. Un Anglais de l’Europe y vivait. Il y élevait ses enfants et il avait un magasin, car les Innus étaient démunis. C’est d’où ils prenaient leurs provisions. &#13;
&#13;
Shimun: Il achetait de la fourrure.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Oui, l’Anglais de l’Europe achetait la fourrure. L’église était sa maison. Le gouvernement n’a aucunement contribué à cette église. L’Innu avait tout coupé le bois à la hache sans être rémunéré et le médecin les a tous sciés en longueur. Notre médecin se nommait Docteur Baden.&#13;
&#13;
Evelyne (03 :16): Il semble y avoir eu un hôpital en face auparavant?  &#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Nous avions un très bon hôpital… Comme par hasard, un livre du territoire tombe sur le sol. (Rires)&#13;
&#13;
Evelyne (03 :35): Les Innus doivent avoir consulté dans cet hôpital?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Ses portes ont fermé il n’y a pas très longtemps. Plus ou moins 10 ans environ.&#13;
&#13;
Evelyne: Et lui [Docteur Baden], il est originaire de Uashat?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Il parait qu’il est arrivé ici à l’âge de 19 ans.&#13;
&#13;
Evelyne: Tu étais à quel endroit avant?&#13;
&#13;
Shimun: Je devais être à Uashat. Nous étions de l’autre bord de la rivière Caniapiscau. On y voyait souvent des gens de Chisasibi, presque à chaque année.&#13;
&#13;
Evelyne (04 :30): Tu es née à quel endroit?&#13;
&#13;
Shimun: Je suis venu au monde à Messentshik, un peu plus haut que Menihek.&#13;
Ma grand-mère est née au même endroit.&#13;
&#13;
Evelyne: Mishta-Pinamen ?&#13;
&#13;
Shimun et Anne-Pinamen: C’est à cet endroit qu’elle et son époux allaient en campement pour chasser la martre. Elle chassait la martre, elle n’avait pas beaucoup d’enfants. &#13;
&#13;
Evelyne (05 :01): Et toi [Shimun], ta famille est venue ici?&#13;
&#13;
Shimun: Oui.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Toute sa famille est venue. &#13;
&#13;
Evelyne: Quel est le nom de ton père?&#13;
&#13;
Shimun: Il se nomme Pinip Michel.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Ils sont tous venus ensemble, il n’était pas encore marié, ils était encore jeune.&#13;
&#13;
Shimun: Je n’étais pas marié lorsque nous sommes arrivés, j’avais 19 ans.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Knob Lake n’existait pas encore. C’est ici que demeuraient les gens. Ils n’avaient surement pas encore découvert l’endroit.&#13;
&#13;
Evelyne: Le train ne devait pas exister?&#13;
&#13;
Shimun et Anne-Pinamen: Non, il ne devait pas exister. &#13;
&#13;
Shimun (05:43) : À Knob Lake, lorsque les gens se déplaçaient (à pied en tirant un tobogan), ils se retrouvaient avec des raquettes rougeâtres. Ils croyaient que c’était de la peinture, alors que c’était de la terre rouge provenant des mines de fer. Tous les Innus qui se déplaçaient avaient des raquettes décolorées.&#13;
&#13;
Evelyne (06 :19): C’est à cet endroit que vous avez décidé de demeurer?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Lorsqu’ils (les membres de la famille de Shimun) sont arrivés ici, ils ne pouvaient retourner car ils ont manqué de nourriture. &#13;
&#13;
Shimun: Nous devions retourner mais vu que nous manquions de nourriture, nous sommes revenus et depuis ce temps, nous sommes ici.&#13;
&#13;
Evelyne : Tes parents ont aussi demeuré ici depuis ce moment-là ?&#13;
&#13;
Shimun: Oui, par la suite mon grand-père Jean-Pierre est arrivé. &#13;
&#13;
Evelyne: Jean-Pierre de Knob Lake?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Non, lui c’est son parrain.&#13;
&#13;
Shimun: Non, lui [sur la photo] a été gardé par mon grand-père Jean-Pierre.&#13;
&#13;
Evelyne : Lui, c’est le cousin aîné de mon père ?&#13;
&#13;
Shimun: Oui, c’est son cousin aîné.&#13;
&#13;
Evelyne (08 :29): C’est alors que vous vous êtes mariés?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: En effet, nous sommes maintenant mariés depuis 51 ans. &#13;
&#13;
Evelyne : Et vous avez combien d’enfants ?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: 12 enfants.&#13;
&#13;
Evelyne: Petits enfants?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Presque 50 petits-enfants.&#13;
&#13;
Evelyne: Et des arrière-petits-enfants?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Nous n’avons que 3 arrière-petits-enfants.&#13;
&#13;
Evelyne (8:08) Vous avez toujours continué à aller dans la forêt? &#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Dans le passé, nous allions toujours en campement au Mishta-Shipu. C’était leur territoire jusqu’à l’endroit qu’on appelle le Mishta-Paushtik.&#13;
Après notre mariage, il [Shimun] allait en campement au Unashka car la Mishta-Shipu était très dangereuse. Il y a de très longues perches sur l’eau. Cela me fait peur.&#13;
Si tu prends Nitaimina, le Naskapi shipu,tu pourrais arriver à Kutuessinan le grand lac.  Tu pourrais te rendre à Menihek en te déplaçant en canot. C’est vers Menihek que l’on va en campement. &#13;
&#13;
Evelyne (08 :59): À Menihek?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Oui, il faut passer par Kutuessinan et il faudrait que tu effectues un portage aux rapides.&#13;
&#13;
Evelyne : La durée pour s’y rendre en canot est-elle longue ?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Environ un mois. C’est à Menihek que tu vois Kutuessinan. Ce n’est pas vraiment très loin. Ça ne prend qu’une heure en avion et un peu plus en hélicoptère.&#13;
&#13;
Evelyne (09 :34): Est-ce qu’il y a longtemps que vous n’y êtes pas allés?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Nous sommes allés voir notre territoire au printemps. Je suis même allée voir Atshikun où je suis née. &#13;
&#13;
Shimun: Nous y sommes rendus en avion.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Nous avons été en hélicoptère. &#13;
&#13;
Evelyne (09 :51) : Sur le territoire, ressentez-vous beaucoup la présence de petits avions ?&#13;
&#13;
Shimun: Il y en a, mais très peu.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: On ne les entend pas souvent et ils survolent très haut.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen (10:07): Par ici et de l’autre côté, ils survolent très bas. Même à [Shapeshkashu] l’endroit où les Innus vont en campement, les gens disent qu’ils survolent très bas. Tandis que dans notre territoire, ils survolent très haut. &#13;
&#13;
Evelyne (10 :29): Y a t-il des animaux sur votre territoire?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Dans les 3 jours durant lesquels nous sommes restés, nous avons aperçu et tué du caribou chaque jour. Il y a aussi l’outarde à profusion. Tu aimerais beaucoup l’endroit. &#13;
Cela a toujours été ainsi. Dans le passé, le caribou était très gras dans notre territoire. Maintenant, il n’y a que sa viande dans le corps.&#13;
&#13;
Evelyne: Et quelle est la raison?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen (10 :57): Je n’en suis pas certaine. Il parait qu’il vient de très loin. Le fait de marcher de très loin. Le petit caribou est blanchâtre, il n’est pas gros. Il parait que c’est le meilleur, car il vient et arrive de la forêt. Personne n’y a touché, car il arrive de très loin, de la toundra. Le caribou de la toundra est semblable à celui-ci.&#13;
&#13;
Evelyne (11 :31): Pour ce qui est de la fourrure…&#13;
&#13;
Shimun: Oui.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Vraiment oui, c’est grâce à cela que nous pouvions nous nourrir. Dans le passé, nous ne recevions pas d’aide humanitaire. Cela n’existait pas. Nous subvenions à nos besoins avec la vente de fourrures et par crédit. L’Innu avait droit au crédit car il achetait beaucoup pour s’approvisionner lorsqu’il montait dans le bois. &#13;
&#13;
Evelyne: De quelles fourrures s’agit-il?&#13;
&#13;
Shimun: Le vison, le renard et le castor.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Du lynx aussi.&#13;
&#13;
Shimun: Dans le passé, il n’y avait pas de martre par ici. Il y en avait seulement vers Menihek, dans la forêt au Caniapiscau. C’est à cet endroit que nous arrivions de Uashat.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen (12:20): Il n’y avait pas de castor non plus auparavant. C’est lorsque les gens en ont déposé ici qu’il a commencé à se multiplier. &#13;
&#13;
Evelyne (12 :32): Et le carcajou? Il y en a encore ?&#13;
&#13;
Shimun: Il y en a dans la toundra, pas ici dans la forêt.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Lui qui a tendance à voler, le voleur. (Rire)&#13;
&#13;
Shimun: Un petit démon. (Rire)&#13;
&#13;
Evelyne: Vous en avez déjà vus?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Oui, nous en avons vus souvent.&#13;
&#13;
Evelyne: Pensez-vous qu’il va y en avoir?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Il ne peut rester proche de la ville, il reste loin dans la forêt.&#13;
&#13;
Shimun: Il est dans la toundra.&#13;
&#13;
Evelyne (13 :27): Il parait qu’ils (les chasseurs) en ont pris au piège à Uashat dans le passé. Un monsieur a dû payer une amende pour l’avoir tué. Il ne connaissait pas l’animal.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Il n’aurait pas pu le reconnaître s’il ne l’avait jamais piégé auparavant. &#13;
&#13;
Shimun: Il parait qu’on ne peut l’attraper avec un piège, car ils (les chasseurs) disent qu’il est très fort. &#13;
Il parait qu’il peut monter dans un arbre un gros caribou, celui avec plusieurs pointes. Je ne sais pas comment il parvient à le monter. Il parait qu’il accroche les panaches du caribou sur le haut de l’arbre. C’est surprenant.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Je me demande comment il y parvient, pourtant il est très petit. On pourrait dire que le loup et l’ours sont les plus gros animaux dans la forêt.&#13;
&#13;
Evelyne (14 :34): Avez-vous fait la rencontre de plusieurs gens sur le territoire ? Par exemple, des gens de Uashat, de la Romaine ou de Saint-Augustin ?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Oui tous, toujours, chaque année. C’est ici à North West River qu’ils venaient vendre leurs fourrures pour ensuite, retourner chez eux à la Romaine, Mingan, Saint-Augustin, Uashat et d’autres Innus d’ailleurs. C’était ici avant que Knob Lake existe. Les gens ne sont pas revenus une fois que Knob Lake a été construit. C’est à cet endroit qu’ils devaient faire leurs provisions.&#13;
&#13;
Evelyne (15 :13): Le magasin qui achetait les fourrures ?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Oui, l’ancien magasin de Mishta-napeu. Il recevait sa marchandise par avion.&#13;
&#13;
Evelyne : Le magasin situé de l’autre bord de la rivière ?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Oui, le petit magasin qui est à cet endroit présentement.&#13;
&#13;
Shimun: Le magasin pointu sur le bord de la rivière, c’était l’ancien magasin général. &#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Plusieurs Innus ont dû le voir, (décédés aujourd’hui). Ceux qui devaient retourner à Uashat chaque année. &#13;
&#13;
Evelyne (15 :50): Environ à quel moment venaient-ils ?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Peu de temps après les fêtes. Lorsque les gens étaient au lac. Il n’y avait pas de gens ici. &#13;
&#13;
Shimun: Les gens étaient où il y a une étendue d’eau. C’est à cet endroit que les hommes allaient faire leurs achats. &#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Les gens de Uashat, eux, provenaient de la rivière Pikiss. C’est à cet endroit qu’ils traversaient pour aller rencontrer les gens de Sheshatshiu et pour aller faire leurs achats. Ils retournaient seulement au mois de février. &#13;
&#13;
(16:38) : Est-ce que les allochtones étaient présents ici dans ton enfance?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Oui, il y en avait déjà plusieurs.&#13;
&#13;
Evelyne: Il y avait surement un prêtre?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Un prêtre a toujours été présent. Il venait de St-John’s au mois de juillet. Il restait 2 semaines, juste assez de temps pour la confession ensuite, il retournait. Cela a toujours été ainsi.&#13;
&#13;
Evelyne: Te souviens-tu de son nom?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Adelard Grenier en anglais, mais les Innus le surnommait Kauapishkuesh kauapikuesht. Il était très vieux. Il est décédé de vieillesse il n’y a pas très longtemps. &#13;
&#13;
Evelyne: Père Charles Arnaud?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Non, ce n’est pas lui.&#13;
&#13;
Evelyne: Le connaissiez-vous lui?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Oui, nous l’avons vu. Ma mère l’avait gardé. La mère de notre grand-père Shelum, le père du vrai Shelum, avait gardé le Père Charles Arnaud. Ma grand-mère l’avait gardé. Il y a aussi la mère de ma tante Mani, Joséphine. Elle était vieille et elle avait été prise en photo avec le prêtre. &#13;
&#13;
Evelyne (18 :08): Il  (père Arnaud) venait sûrement durant l’été?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Ici, oui.&#13;
&#13;
Evelyne : Alliez-vous vers la côte, à Uashat ?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Mes parents y allaient auparavant, mais pas nous. Nous allions seulement en campement au Mishta-Shipu sur le long du Grand Lac.&#13;
&#13;
Evelyne (18 :40): En parlant du Grand Lac, l’avais-tu vu avant que le barrage soit érigé?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Oui, avant qu’il soit là, et Wabush aussi. Les femmes tendaient leurs collets sur les montagnes couvertes d’épinettes noires. Je l’ai aussitôt reconnu. Je disais à Shimun, qu’avant notre mariage, c’est à cet endroit que ma mère tendait ses collets. Lorsqu’il manquait de nourriture et que la chasse au caribou n’était pas favorable, les femmes allaient tendre leurs collets.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen (19:20): Le caribou était souvent chassé vers l’endroit dénudé, sans arbres.&#13;
Aujourd’hui, la couleur rougeâtre de l’eau me donne envie de pleurer lorsque je la vois. &#13;
La truite grise était saine. Il y avait beaucoup de poissons et de caribous. Aujourd’hui, l’Innu ne peut même plus aller voir [de plus près le lac], seulement regarder en restant sur le chemin.&#13;
&#13;
Evelyne (19 :47): Vous avez dû passer la plupart de votre temps dans la forêt?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Toujours. Comme je disais, nous allions seulement pour la confession et nous retournions dans la forêt, partout dans la forêt. Nous ne restions que 2 semaines. Nous attendions l’arrivée du prêtre en bateau pour se confesser. &#13;
&#13;
Anne-Pinamen (20:13): Dans le passé, il y a très longtemps avant notre naissance, il n’y avait pas de prêtre ici. Les gens descendaient à Uashat pour aller se confesser et revenaient seulement un an après. Ils ont dû avoir de la misère. &#13;
 &#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/634572195?h=068ee9344d" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/634572195"&gt;Shimun Michel 1&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                <text>Entretien à Sheshashtieu</text>
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                <text>récit de vie | oral history</text>
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