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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Bonjour. &#13;
&#13;
Je suis très content d’être ici à la rivière sans arbre. Ici, quand on m’a dit qu’on irait à la rivière sans arbre à l’endroit où étaient les anciens et les ancêtres qui passaient ici comme mes parents. Quand j’ai survolé de loin en voyant la rivière Georges au loin, quand l’avion a fait un tour pour amerrir. J’ai senti à l’intérieure de moi le bonheur j’ai voulu pleurer de voir ce que j’ai entendu parler depuis très longtemps.&#13;
&#13;
J’ai senti beaucoup d’émotion de la place où on est allé hier. Moi aussi je vais reculer dans le passé un peu. Dans le temps où l’on m’a emmailloté dans notre traineaux pour passer la nuit en plein air. J’avais quatre ou cinq ans dans ce temps là. KANIUTSHIKAMASH un lieu géographique d’où on partait en trainant nos toboggans. On allait passer une nuit à l’extérieur KA UASSEAPISHKUEPAN (lieu géographique). Et mon frère Taby était petit, mon défunt père, ma mère et le défunt Tshibébé et Poucet étaient petits eux aussi. Du coté de la défunte Marianne. La maison de mon grand-père était située en face de Marianne Nepan. On allait là pour passer une nuit à l’extérieur avec mon père et ma mère et avec Philippe Jourdain sa femme, Raymond et Nicole qui est infirmière aujourd’hui.&#13;
&#13;
 C’est de cela que je me souviens encore aujourd’hui. On me tire sur un toboggan j’étais emmailloté, mon grand-père Willie me tire sur son toboggan. On avait un gros chien. Le chien aussi me tire moi je le surveille de coté. Il y avait aussi ma soeur Marcelle, on allait ensemble avec elle toujours avec mon grand-père et ma grand-mère Lola. J ‘ai bien aimé ce temps là. &#13;
Je me souviens quand on me promenait en me tirant avec un toboggan sur le lac.&#13;
Il y avait une petite côte, c’est là qu’on va installer la tente c’est là que je me suis blesser à l’oeil et ma grand-mère m’a soigné. On a fini le campement très tôt et on aimait cette ambiance.  Je me lève très tôt à chaque matin. Et je me mets à crier où est ma grand-mère où est ma grand-mère Lola. Et on me dit : va voir ta grand-mère qui pêche là-bas. Elle est assise sur ses pieds entrain de pêcher. Je me souviens très bien.&#13;
Moi aussi j’avais un traineaux qu’on m’avait fabriqué. Il était petit comme la chaise ici: vas, amène ton toboggan rejoindre ta grand-mère et je partais. Mon grand-père m’avait chaussé de mes bas et de mes mocassins, je marchais sur le lac. J’étais très fier en allant voir ma grand-mère. Il y avait une grande truite grise qu’elle avait prise.&#13;
‹‹ Elle me dit de retourner à la tente et dire à mon grand-père que c’était moi qui avait pêché cette truite »  J’étais très fier.&#13;
&#13;
En retournant, il y avait une petite côte et j’ai eu de la misère à la monter. Et finalement j’ai réussi à amener la truite à la tente. J’avais une très grande fierté en annonçant que c’était moi qui l’avais pêché.  Il savait déjà.&#13;
Eh ! Tu a pris un gros poisson mon petit fils. Tu es un grand chasseur. Je suis content de ces souvenirs. &#13;
&#13;
Dans mon enfance, je ne me souviens pas qu’on m’ait fait des remontrances. Mon grand-père et ma grand-mère faisaient très attention à moi.&#13;
&#13;
Je me souviens du pensionnat comme un  lieu où l’on gardait les enfants. Moi, je ne me souviens pas de ce temps là. C’est longtemps après que je me suis souvenu car je ne parlais pas français. Je me rappelle seulement ce que mon frère m’a raconté de cet incident.&#13;
A l’automne 1963, au mois de septembre quand notre grand-père est arrivé à l’intérieur des terres, c’est à ce moment là qu’il m’a accompagné pour rentrer au pensionnat. Je ne me souviens pas quand on m’a rentré au pensionnat. Même si j’essaye de me souvenir, je ne me souviens pas.&#13;
&#13;
Je suis resté neuf ans au pensionnat chez les petits. Je ne comprenais pas encore le français qu’on m’enseignait. Je ne comprenais absolument rien. J’avais peur. &#13;
Il y avait des soeurs et on a commencé à la zéro année, moi j’étais classé à ce numéro zéro, puis je monte en première année, deux, trois, quatre, cinquième année… c’est  cette année là que la religieuse a voulu me faire souffrir. Je ne comprenais pas le français qu’on m’enseignait à l’école. Les mathématiques, j’aimais beaucoup entendre les chiffres en français. J’avais une passion pour les chiffres. Pour le français je ne comprenais rien parce que j’essayais tout le temps de parler la langue innue, on me défendait de parler la langue innue à l’école avec mes amis. Pourquoi nous défendre de parler notre langue innue ?&#13;
&#13;
Avec mes cheveux, quand j’écrivais de la main gauche, mes cheveux tombaient sur ma figure du coté gauche et on me dit : Tu vas aller voir le frère et j’avais très peur. J’ai dit : non, mon père et ma mère ne veulent pas que je coupe mes cheveux…&#13;
On m’a amené chez le frère  et on m’a coupé les cheveux. Il y avait beaucoup de petits indiens qui me regardaient tout autour.&#13;
Et j’avais très peur qu’on me rase mes cheveux jusqu’au cuir chevelu, qu’on me rase les cheveux jusqu’à la racine, qu’on me brûle le cuir chevelu… ça sent comme un porc-&#13;
épic. Je ris maintenant de la senteur, je ne veux pas manqué de respect. Je me souviens d’un garçon à qui on coupait les cheveux et moi j’avais peur. On avait tous la même coupe on avait tous des têtes rasées. &#13;
&#13;
Je n’aimais pas manger leur nourriture, on nous forçait à manger tout ce qui avait dans notre assiette. Ils nous démontraient un genre de tendresse. Ils étaient debout à côté, la main près du cou, comme si ils étaient tendres. Mange tout ton manger on nous disait et on ne l’entendait pas, il nous parlait en cachette tout en nous serrant fort le cou. Personne ne les entendait, Il nous parlait tout bas. On nous avait dit: vous serez bien traiter, tu écouteras bien. C’est à ce moment là que j’ai vu. Est-ce que c’est ça bien traiter quand on nous maltraite en grandissant. Je ne comprends pas: il m’on dit que je serai bien traité quand je serai là.&#13;
&#13;
Quand arrive le dimanche on allait à la messe, soit à Malio et des fois à la petite chapelle au pensionnat. Une fois, je ne me rappelle pas pourquoi j’étais puni. « Tu ne mangeras pas au souper », c’étais un samedi et la collation était servi aux environs de quatre heures ; on nous servaient des pommes, oranges, bananes. Rendu au souper de six heure ‹‹tu vas aller te coucher dans le dortoir et on me dit d’aller me coucher et je ne sais toujours pas pourquoi on ma dit ça.&#13;
&#13;
Le lendemain pour aller à la messe du dimanche, on nous habillait avec un complet du dimanche. Mes souliers étaient trop petits. On me força à les porter mes petits souliers. C’est moi qui le sais que mes souliers ne me font pas, mais il veut absolument que je porte les souliers, même si mes souliers font mal à mes orteils, même aujourd’hui j’ai des cicatrices sur mes orteils. Aussi quand on prenait un bain le frère nous regardait. Même la soeur me battait. Je me souviens de mon ami Cyrille Fontaine celui qui nous a quitté. Quand je suis aller le voir à l’hôpital, il m’a dit: Te rappelles-tu Réal, je lui ai demander de quoi: la soeur nous regardait jouer dehors, on faisaient semblant de se chamailler et sans faire exprès tu m’as frapper et j’ai pleuré et la soeur est venu nous voir. Dans l’entrée du dispensaire c’est là que j’allais à l’école. C’est là qu’elle t’a fait entrer en te poignant par les épaules, et on t’as pris brusquement par le bras en te frappant sur le mur à plusieurs reprises. Moi, je ne me rappelle pas. Même aujourd’hui j’essaye de me rappeler quand j’ai passé aux audiences des pensionnats.&#13;
Je ne me souviens pas de cet incident même si je me force à me rappeler. Je remercie  Cyrille Fontaine de m’avoir raconter cette histoire avant son décès. Lui se souviens du traitement que j’au eu. Voici le souvenir que j’ai eu des pensionnats. C’est juste un peu concernant des pensionnats.&#13;
&#13;
Moi aussi j’ai beaucoup consommé alcool et drogues. A mes parents j’ai manqué de respect. Mon vécu à l’intérieur des terres avec mes grands-parents. À l’âge de treize ans je ne voulais plus retourner avec mes grands-parents dans le bois. J’allais toujours avec mon grand-père Willie, ça ne me tentait plus à cause du vécu de mon enfance. A quatorze ans, je me promène à Mingan, Pessamit, Québec. J’ai tout laissé mes amis.&#13;
&#13;
Kanataukupassish, s’appelle l’endroit où mon père est décédé. Ce n’est pas loin d’ici, c’est un peu plus loin que squaw-lake et le territoire d’Elizabeth on le nomme Nataukupass l’endroit où Alexandre Ashini chassait l’outarde.&#13;
Et nous Nataukupau, c’était le territoire de Raphael m’a dit mon défunt père, dans le coin du lac vacher. Il y a sept pointes sur le petit ruisseau, disait mon père. Tu compteras toujours les pointes du ruisseau et mon père me demandait souvent combien il y en a de pointes ? &#13;
Parce que moi j’avais déjà fumer du pot. Il me traina en arrière sur un toboggan. J’aimais beaucoup regarder le paysage. J ‘étais parti sous l’effets du pot. A notre arrivée au campement, il me demanda: mon garçon, combien de pointes de ruisseaux on a passé?  &#13;
Je n’ai pas pensé du tout, j’étais ailleurs. Il me répondit, je t’avais dit qu’il y avait sept pointes. Il continua en me disant que en retournant, « tu passeras par le même chemin qu’on a pris pour venir ici ». C’est ce qu’il m’a enseigné. &#13;
&#13;
&#13;
Aussi quand on mettait des pièges. Je suis allé avec lui quand j’habitais Schefferville. Il m’enseigna à poser des pièges à martre. Je me souviens très bien de mon père. « Juste en face de nous », nous irons à cet endroit. Il écorcha les petits arbres pour faire un beau sapinage, il a étendu  le sapinage, « c’est là qu’on va faire le feu ». Il alluma le feu pour faire le thé. « Tu vois là-bas où il y'a une baie ». Là-bas me dit-il. J’ai répondu oui. C’est à ce lieu, que j’ai vu la dernière fois ma mère. J’avais neuf ans environ, on l’a descendue par avion. Elle venait de Ushkuass. Elle était à cet endroit, elle  a atterri à Schefferville et c’est à cet endroit que sa mère était morte.&#13;
C’était Tamenishapet a ? &#13;
Non, c’était une femme de Kujjuak. C’est à cet endroit que sa mère était morte. J’ai pensé à cette anecdote quand mon père s’est noyé à cet endroit. Quand je pense à tout ce qu’il m’a raconté, il m’a dit: je ne suis pas très bon dans bois. Je ne connais pas beaucoup l’intérieur des terres. Mais ce qu’on m’a enseigné, tu peux te sauver la vie avec les enseignements que je t’ai donné. De là, en observant la manière dont tu agis, tu peux subvenir à tes besoins essentiels. Me dit mon défunt père.&#13;
Aussi j’apprends comment les autres chasseurs agissent. De la manière que les femmes travaillent. Je vous observe. C’est de cette manière que les enseignements se transmettent par observation. Il faut que tu regardes ce que fait l’innu. C’est de cette manière que moi je fais.&#13;
&#13;
Depuis que je suis ici, à Mushau-shipit et en voyant ce qu’on voit ici, on a discutés Lucien, mon frère Taby et moi. Ce sont des choses très très anciennes, les traces que les innus, les ancêtres ont laissé sur la terre. Les sites en bas, de l’autre côté, là-bas ont tous les traces.  De ce que j’ai entendu de l’endroit où l’on est, c’est à cet endroit, ici, qu’ils venaient chasser le caribou. Cela arrivait une fois par année. Tous les innus se rassemblaient ici avec les outils des innus qu’on a découvert ici sur place. Ce que Anne-Marie a raconté…&#13;
Nous avons touché les outils que nos ancêtres ont fabriqués. Ce qui fait ma fierté. C’est ça qu’on m’a expliqué quand on est parti ce matin. &#13;
&#13;
&#13;
&#13;
&#13;
&#13;
&#13;
 &#13;
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&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/687680459"&gt;Réal Mckenzie&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Armand :  Mon nom est Armand Germain. Je viens de Piekuakamit (Lac Saint-Jean).  Et là, je vais vous raconter ce que vous voulez savoir. Par exemple, nous à Piekuakamit, notre grand-père nous a donné le territoire de chasse. Il a été dit à mon père : « Les petits-enfants vont garder le territoire pour la chasse et assurer leur subsistance. Qu’ils sachent tout faire : parler le innu et maîtriser la survie dans la forêt. Ils devront prendre soin de protéger le territoire et les animaux. Ils devront tout superviser. » Je n’étais pas encore au monde quand nous avons reçu le territoire. Je n’ai pas connu mon arrière-grand-père ni mon arrière-grand-mère ni ma grand-mère, la mère de ma mère. J’ai seulement connu un de mes grands-pères.  J’étais petit, j’avais peut-être cinq ans. Je suis allé avec lui en chaloupe pour la chasse. Il était plus jeune. Il m’a expliqué de toujours faire attention : de prendre soin de l’animal, de ne pas abattre une bête pour rien, d’avoir du respect pour tout ce qui est vivant, comme l’arbre. L’humain que tu rencontres, on est dans l’obligation de lui donner quelque chose, de la nourriture. Quand bien même que tu lui donnerais aussi un peu d’eau.  Tu fais vraiment du bien à cette personne.  Moi, c’est ce que j’ai reçu comme enseignement des aînés.&#13;
&#13;
 Concernant le territoire, mon père m’a dit : « Ne vous disputez jamais. Vous devrez le gérer ensemble ». Nous sommes une grande famille. Nous sommes nombreux pour aller à la chasse. Le territoire n’est pas fractionné, l’accès est égal pour tous. &#13;
&#13;
 Par exemple, voici comment on fonctionne.  Moi-même quand je pars chasser, je dis à mon petit frère et à mon grand frère : « Cet hiver, je chasse dans ce secteur ». Il ne faut pas chasser là une autre année. Il faut laisser les animaux se reproduire pour un temps pour qu’on ne décime pas l’animal : un bon repos pour au moins deux ans, trois ans et même cinq ans. Voilà, c’est comme ça que mon père m’a enseigné.&#13;
&#13;
 J’ai tellement exploré le territoire et tant vu la façon de chasser de mon grand-père.   Concernant le portage, c’est pareil, on nous a tout enseigné.  Nous campions dans nos tentes à l’automne et aussi l’hiver. Et avec tout ça, on savait où était le bon gibier comme le canard et où mettre le filet quand la neige commençait à tomber. C’est pareil pour le poisson à l’automne. Par exemple, mon père, c’est mon grand-père qui lui a enseigné. Quand j’installe mon filet, je sais où mettre mon filet pour prendre un bon poisson. Par exemple le poisson blanc (Grand Corégone, Coregonus clupeaformis, atikamek en innu) quand je pêche, je mets mon filet pour pouvoir le tirer des profondeurs parce que ce poisson est différent de la truite rouge.  La truite rouge ne sera pas prise dans ce filet. C’est comme ça que nous avons appris. Tous mes frères maîtrisent cet enseignement.&#13;
&#13;
Par exemple, l’animal le caribou, nous en avons. Mais il n’y en a plus beaucoup, très peu de caribou, peut-être une vingtaine de caribous.  Parfois, j’ai un petit ou un grand frère qui me demande : « Est-ce que je peux en abattre? » Je lui recommande d’abattre tant de caribous.  Et là pour ce territoire, mon grand-père avait raison de dire aux autres de le respecter. Il leur a été dit de prendre soin de ce territoire comme il leur a été confié. C’est ainsi que tu dois faire attention à tout ; de l’animal jusqu’à l’arbre. Tout ce que tu vois sur le territoire il faut en prendre bien soin.  Aussi, à propos de notre langue innue, la manière que nous parlons la langue vient de la forêt et non de la ville, vraiment de la forêt. C’est compréhensible, le blanc lui quand il se promène dans la forêt, il a tendance à donner son propre nom s’il voit une rivière. Il va nommer la rivière à son nom.  Mais ça, ce n’est pas acceptable. On le comprend, mais nous, on ne fonctionne pas comme ça. Nous, on ne donnera pas nos propres noms. On le sait nous que c’est seulement pour en prendre soin. Son nom existe déjà dans notre langue qui s’est maintenu dans le temps. C’est naturel de comprendre que ce nom soit déjà là.&#13;
&#13;
Ce que je vais te dire maintenant...Pour nous, à Piekuakamit et à Mistassini, il n’y a qu’une seule façon de chasser avec respect dans la forêt. Il n’y a pas de différence entre chasseurs.  Il n’y a qu’une seule manière de pratiquer la chasse ancestrale.  C’est une culture traditionnelle unique, une seule connaissance. Tout ce savoir, par exemple l’utilisation de branches comme point de repère directionnel et de temps est unique et ne s’est pas perdu.  Elle vient d’où toute cette connaissance qui vient des innu ? C’est parce qu’il y a toujours eu des Innus sur ces terres.&#13;
&#13;
Comme j’ai dit hier (sous-entendu : à la conférence de Matimekush), j’ai rencontré un vieil Innu quand nous avions chassé à Kaniapishkat. Il s’appelait Shapatesh Ashini. Il est maintenant décédé. Sa femme, la grand-mère est aussi décédée. J’étais tout jeune (sous-entendu : à Kaniapishkat), j’avais senti un étranger s’approcher de moi. Mon père amenait quelqu’un avec lui.  Il lui avait offert (sous-entendu : à Shapatesh et à sa femme) de dormir une nuit chez nous (sous-entendu dans une tente à Kaniapishkat sur le territoire de chasse).  Puis, mon père s’est mis à raconter : « J’étais allé à Matimekush.  J’avais rencontré ce vieux innu (sous-entendu : Shapatesh) et je lui avais parlé ».  Le visiteur (sous-entendu : Shapatesh à Kaniapishkat) a alors dit à sa femme :  « C’est un Piekuakamiunnu ». &#13;
&#13;
Et là (sous-entendu : à la conférence de Matimekush), ce vieux innu (sous-entendu : Shapatesh) me raconta: « Nous avions chassé à Kaniapishkau et nous avions rencontré des innu de Piekuakamit. ». C’est comme ça que le vieux me raconta (sous-entendu : à la conférence de Matimekush) : « Nous avions vu des Pikuakamiunnut et il y avait un petit enfant ». Je ne lui ai pas dit tout de suite que c’était moi, que c’était nous.  Il me racontait tout ce qu’il avait vu.  Là, je lui ai dit : « Grand-père, ton histoire avec les Piekuakamiunnut, c’était nous qui avions chassé dans ce territoire ». Il était content de comprendre que c’était nous qu’il avait rencontré dans ce temps-là. &#13;
&#13;
Quelquefois, il arrivait souvent qu’on se rencontre entre innu. Pendant qu’on marche dans la forêt à Piekuakamit, on rencontrait souvent des gens de Mistassini. Quelquefois, on marchait avec eux pendant toute la nuit ou deux jours de temps. C’était toujours comme ça, en chemin on rencontrait souvent des personnes dans la forêt. Quand ils repartaient chacun chez eux, par exemple, à Piekuakamit, avec des gens de Mistassini et des Attikamek, il se formait des mariages homme et femme. C’était comme ça que les alliances se créaient entre nous.  Par exemple, nous, on avait de la parenté avec les Mistassini.  C’était toute la grande famille de mon grand-père.&#13;
C’est pour ça, je pense... Par exemple, quand on voit le innu dans la forêt, c’est à lui la terre, comme le blanc dans son jardin. Par exemple, dans son jardin, le blanc élève des animaux sur sa grande terre et les surveille. Il coupe l’herbe de son champ.  Il va tout inspecter et bien maintenir son enclos.  Nous les Innus, il n’y a pas de barrière. On a le sentier de portage et il est très visible. L’Innu l’utilise tout le temps. Il sait exactement où il doit aller sur ses sentiers parce qu’il a toute cette connaissance. Aussi disons-le, le blanc va nous enseigner la direction du nord et où se trouve la grande mer. Il nous dira quelle sera la météo. Mais nous, on n’a pas de livre.  On suit les enseignements de nos grands-pères. Eux, ils connaissaient le temps parce que les aînés savaient observer les signes avant-coureurs naturels du jour.&#13;
&#13;
Moi par exemple, je ne suis pas très vieux.  Depuis un an, je sais comprendre les cris des oiseaux. Je trouve ça étrange et je l’ai dit à un vieux que j’ai rencontré : « Moi là, je comprends le son d’un oiseau quand on l’entend ». C’était à un de mes oncles, assez vieux qui m’a dit : « Tu peux les comprendre ? » J’ai dit : « Oui ».  Là, mon oncle m’a dit : « De très loin, tu arrives déjà ».  Je ne comprenais pas trop, je me disais que je comprendrais plus tard, mais, l’animal je le comprends.  Par exemple, un Innu chasseur sait comment se préparer à la chasse. Les animaux nous donnent des indications. Quand un parent du Innu meurt, l’oiseau vient lui dire. Un oiseau vient annoncer ce qui va arriver. Il vient prévenir ce qui va se passer dans l’avenir.  On comprend que cet oiseau existe et qu’il va dire ces choses.&#13;
  &#13;
Voilà, ce que je pense du territoire.  Les vieux disent constamment que les Innus seront toujours présents sur le territoire.  Et comme notre génération, la génération suivante devra aussi aider à transmettre la connaissance innue.  Ces temps-ci c’est très difficile, étant donné la présence de toutes ces drogues, de la boisson et du cannabis. L’Innu se perd dans tout ça, il oublie et ne se comprend plus. L’Innu a une façon d’être, mais il peut aussi faire comme le blanc : fumer le cannabis et boire, mais il ne pourra jamais changer sa pensée, le fait qu’il sera toujours un Innu.  C’est comme ça, il va devoir chercher à se comprendre s’il s’est égaré sur son chemin. &#13;
&#13;
Par exemple quand on dit quelque chose à un enfant, il se fâche, il va beaucoup se fâcher.  On éduque cet enfant pour qu’il ne manque pas de respect à une personne âgée.  C’est pourquoi je le dis, tout enseignement vient de la forêt. Et ce mode de vie innu doit demeurer.  Si l’enfant sort de la forêt pour aller en ville, il doit conserver et ne pas perdre ce qu’il a appris de sa vie traditionnelle.  Beaucoup d’enfants s’égarent dans toutes sortes de choses.  Ils regardent des films. Il s’y passe beaucoup de choses. Comme si notre mode de vie n’était plus important.  Comme si nos enfants ne se préoccupaient plus de notre façon de vivre.  Toutefois, maintenant, ils n’ont plus la même mentalité. Ils cherchent à comprendre leurs grand-mères, la façon dont elles vivaient.&#13;
&#13;
Quand j’étais chef, tout ce qu’on défendait était compliqué. On me voyait tout le temps partout.  J’accompagnais tout le temps d’autres Innus. Je voulais croire qu’on pouvait défendre la culture innue, tout ce qui vient de la forêt. Et là, c’est pour ça que je le dis, ça va mieux maintenant.  Tout le monde comprend qu’on vit de la même manière, dans l’unité. On connaît l’Innu. Ce n’est pas comme si c’était un étranger qui vient. On se reconnaît entre Innu. Nous savons comment nous sommes dans notre vie. On n’est pas différent. C’est comme ça, c’est comme ça.  &#13;
Pour ma part, comme je dis, les enfants devraient se rencontrer entre eux pour discuter : « Bon, nos grands-pères...les croyons-nous ? Est-ce vrai que nous sommes innu ? Pourquoi si nous sommes Innu, on ne pourrait pas se soucier de vivre le vrai mode vie de nos ancêtres, de notre grand-père, de nos pères et suivre leur chemin ? » Par exemple, un enfant pendant qu’on l’élève, il doit d’abord apprendre sa tradition innue.  Comme ça, il aura un modèle, disons-le comme ça.  Et même, s’il va dans une ville lointaine pendant deux, trois ou cinq ans, il reviendra dans la forêt.  Il reviendrait, comme si quelqu’un l’appelait, un cri qui lui dit de revenir.  Et il retournerait dans la forêt.  Et l’enfant qui a appris à vivre en ville apprendra la mentalité du blanc. Ce sera son modèle. Des fois, il ira dans la forêt, mais il n’y restera pas longtemps.  Étant donné qu’il aura suivi ce modèle, il sera perdu, il sera perdu.  &#13;
&#13;
Moi, j’ai vécu d’abord avec mon père dans la forêt.  Je lui ai dit: « Père, je pars travailler en ville.»  Il m’a dit : « D’accord! vas-y ».  Et là, je suis parti travailler en ville. Il m’a dit quand je suis revenu :« Tu as vu ce que c’est d’aller là-bas.  Maintenant que tu es allé en ville et que tu as trouvé du travail, tu seras capable de subvenir à tes besoins par ton travail. Et quand il n’y aura plus de travail en ville, tu iras dans la forêt.  Ta subsistance est là. Il y a deux façons de subvenir à ses besoins ».  C’est comme ça que ça se passe maintenant. C’est comme ça maintenant !  Il y a beaucoup de choses que je pourrais vous raconter.  Comment les personnes âgées m’ont beaucoup apportée.  Même si je n’ai pas tellement connu mes grands-parents, j’ai beaucoup gagné à écouter les aînés.  Parce que je les écoute quand ils parlent.  Je garde ainsi un grand respect pour un aîné.  C’est comme ça!&#13;
&#13;
Evelyne : Est-ce que toi, tu frappes le teueikan (le tambour) ? &#13;
&#13;
Armand : Moi, non, je n’ai jamais frappé le tambour, mais mon grand-père frappait le tambour.  Mais, je serais content d’apprendre tranquillement l’art du tambour.  Comment je pourrais dire ça ?  J’aimerais bien le comprendre Parfois, je comprends mieux les rêves, ceux qui viennent de la forêt.  Je vais les comprendre.  Quand mon grand-père frappait le tambour, il jouait que pour les animaux, seulement que pour les animaux. Il ne l’utilisait pas pour autre chose.  Mon grand-père avait une grande connaissance. J’aurais beaucoup aimé le connaître davantage. Probablement que je ne devais pas le connaître.  Cependant, j’ai acquis tout de même sa connaissance.  Sa pensée est imprimée en moi puisque je la pratique. C’est comme ça.  C’est très difficile de bien raconté ce qui se passe mais...on le sait bien, l’Innu est très fort, très fort. &#13;
&#13;
À tous les Innus ici, je les remercie. Nous sommes venus en ce lieu et on nous a bien traité. Nous n’avons manqué de rien.  On nous a fourni tout ce dont nous avions besoin.  Je dis qu’il faut refaire souvent une rencontre entre les aînés.  Il y a là beaucoup de savoir innu.  S’il n’y avait pas de rencontre entre les aînés, toute la vraie connaissance se perdrait si ça ne se passait pas ainsi.  C’est pourquoi je dis...On le ressent ici, combien...en tout cas, moi je le ressens.  Je ressens ici quelque chose de grand.  Il y a des enfants qui voient l’importance de ça, d’autres pas.  Mais moi, je le ressens beaucoup.  C’est pourquoi je dis que si on ne refait pas cette rencontre innue, la connaissance des aînés disparaîtra.  Ce sera comme l’eau qui s’assèche. C’est ce qui arrivera.  Et si on continu, est-ce qu’il y aura d’autres Innus qui viendront ? D’autres Innus qui pourraient s’ajouter, par exemple des personnes encore plus âgées ?  &#13;
&#13;
Comme j’ai dit…Par exemple, moi quand je viens à Piekuakamit et que le Conseil de bande me dit : « Armand, c’est loin ».  Je ris et je lui dis : « Non, un Innu ne dit jamais " c’est loin ".  " Ce n’est pas loin », lui ai-je dit.  J’ai dit à l’employé : « Es-tu Innu ?  Il me répond : " oui " ».  J’ai dit : « Non, je ne crois pas ce que tu me dis.  Si tu étais Innu, tu ne dirais pas " c’est loin, c’est loin ".  " Ce n’est jamais loin " », lui ai-je dit.  Pourquoi demandez-vous tant de terres quand ce sont nos terres ?  Et si c’est loin, vous devriez avoir juste une petite terre.  Et si ce n’est pas loin, donc nous avons un grand territoire.  C’est ça !&#13;
&#13;
C’est pour ça que je dis merci à tous les vieux Innus de les connaître un peu mieux.  Je suis reconnaissant de connaître tout ça. Par exemple, il y a longtemps...Je vais te raconter une chose. Un jour, on a campé loin dans la forêt.  On était plusieurs, soient mes oncles et ma grande famille.  On était probablement onze Innus avec leurs femmes et leurs enfants.  Comme je dis, il y avait un vieil Innu dans les premiers temps où nous campions dans la forêt, bien avant notre grand départ. Il y avait une rencontre entre les aînés, ils discutaient.  Ils disaient : « Où est cet animal ? Où est le caribou ?  Les graines rouges où seraient-elles ? » Pareillement pour le castor, tout ça, ils se le racontaient.  Puis, en suivant le coucher du soleil, ils discutaient de la direction à prendre pour cheminer sur la rivière qu’ils nommaient en innu.  Et par où ils vont aller pour se rendre de l’autre côté, vers le soleil.  &#13;
&#13;
Après une semaine, oui après une semaine, ils savaient comment ils allaient partir pour leur voyage.  On était plusieurs personnes.  Il y avait environ 20 canots. C’était notre façon de ramer, on ramait tous ensemble.  Et alors, il arrivait là un guide qui disait :« C’est là-bas que vous devrez manger cet après-midi ».  Il savait bien quand nous allions repartir, comme d’habitude.  Au loin, à notre arrivée, il y avait un autre guide Innu qui disait : « Plus loin là-bas, par-delà les monts de Kaniapishkau, c’est nous qui étions là les derniers ».  Avant que nous nous séparions et partions chacun de notre côté, il y avait encore une autre rencontre d’une journée.  Ils discutaient, étant donné que Noël était proche, où serait la prochaine rencontre. Ils se mettaient d’accord à cet endroit-là.  Et là, ils savaient compter le nombre de jours pour arriver à ce rassemblement attendu par tous. &#13;
&#13;
Puis, on se préparait à partir pour la chasse.  On prenait tout ce dont nous avions besoin.  Des graines rouges qu’on avait récoltées pour faire de la confiture que ma mère avait mise dans de grosses bouteilles.  Mon père avait aussi tué un castor qu’il avait bien arrangé pour le festin de Noël.  Puis, quand Noël approchait, on se remettait en marche pendant trois jours pour retourner voir la parenté.  Et à notre arrivée, un vieux guide était déjà là. Il vérifiait où nous allions installer notre campement.  Il supervisait en donnant les directives.  Il disait aux personnes âgées où elles devaient s’installer.  Chaque innu qui arrivait, était placé au bon endroit pour que tout aille bien.  &#13;
&#13;
Et ensuite on plaçait la grande tente.  Si un seul Innu manquait à l’appel, tous les hommes partait à sa rencontre.  Parfois, ça pouvait durer deux jours.  Il était possible que cet homme soit tombé malade à l’automne. Qu’il n’était pas capable de poursuivre le voyage.  Qu’il ne pouvait peut-être plus bouger.  Ils allaient le chercher à deux jours de marche.  Les Innus ne dormaient pas.  Même la nuit, ils marchaient pour le retrouver. Il recherchait sans cesse cet homme.  Et quand il le trouvait, il l’emmenait au campement.  Là, c’était la fête au campement pour les aînés.  Nous, les enfants, on jouait sans se faire embêter.  Ils ne s’occupaient pas de nous.  De son côté, le guide animait à chaque jour tous les jeux pour les aînés afin de les amuser.  &#13;
&#13;
Le dernier jour avant le départ commençait le festin. Nous nous préparions à manger le castor.  Et là, l’os du castor, ici le fémur, vous savez il est énorme.  Et par rapport à la tête du fémur, c’était ceux qui conduisaient le groupe qui le mangeaient et la tête aussi.  Et là, l’os proche du fémur (sous-entendu : le bassin) était offert à tous les hommes qui étaient ici pour qu’ils cherchent cet os. Parce que c’est assez difficile de trouver cet os avec son pouce. Mais pas comme ça... mais c’est vraiment avec son pouce qu’ils devaient le trouver.  Parce que cet os est fait fort. C’est pour ça... on voulait montrer du respect à l’homme. Car, il était vaillant pour ramer dans les rapides. Il devait être habile de ses mains pour affronter les rapides. La tête du fémur représentait la bonne pensée. Elle s’apparente à la pensée. Et là avec l’os de la tête du fémur, tu devais viser le trou de l’os collé au fémur (sous-entendu : le bassin).  Si la pensée était bonne en gardant les yeux fermés et que ça tombait dans le bon trou, ça voulait dire que la pensée de la personne était bonne.  Comme s’il voyait.  Pourtant la personne avait les yeux fermés.&#13;
&#13;
Et là, la tête du castor était mangée jusqu’à l’os.  Une fois le festin terminé, on prenait la tête du castor.  On la lançait et elle tombait au sol d’une certaine façon :  soit la personne racontait une légende, soit elle racontait un fait réel. C’est ça !  Et les femmes aussi de leurs côtés s’amusaient entre elles.  Et là quand les hommes et les femmes s’amusaient ensemble, on attachait cet os du fémur pour le suspendre à une corde.  Et puis cet os se balançait.  Après, on fabriquait des petits bâtons qu’on lançait en visant l’os du fémur.  Ça, c’est très drôle.  Le dernier joueur a de la difficulté à viser l’os, il veut tellement atteindre l’os.  C’est là que tout le monde s’amusait à se taquiner entre eux.  C’est vraiment ça que je dis qu’il se passait dans la forêt quand nous on se rencontrait en famille. &#13;
Et puis là, après le festin du jour de l’an, le plus vieux des aînés tirait des coups de fusil. Il le faisait au jour même de la nouvelle année.  Un coup pour remercier des bienfaits de l’année qui nous avaient tant apportée et un coup pour la nouvelle année pour que tout aille bien. On se souhaitait que tout fonctionne correctement pour la nouvelle année.  Et là, les aînés veillaient pour la nuit et s’amusaient en discutant.  C’est ça que j’ai vécu avec les vieux, c’est ce que j’ai ressenti.  C’est pour ça que je dis qu’il ne faut pas perdre cela, ne pas perdre cette façon de célébrer. &#13;
&#13;
Quand on repartait ensuite pour la chasse, les i Innus discutaient du prochain retour à Piekuakamit.  Nous devions faire une rencontre afin de nous assembler par deux groupes pour s’accompagner pour le retour.  On ne rencontrait pas tout de suite d’autres Innus.  C’est seulement au mois de juillet que nous sortions de la forêt, c’est ce que mon père faisait.  Plus vers le milieu du mois de juillet, on revenait à Piekuakamit.  Mais, mon père n’y restait pas longtemps. C’est ça.&#13;
&#13;
Evelyne : Quand tu t’es marié, est-ce qu’on t’a choisi une femme?&#13;
&#13;
Armand : Non, mais avant c’était ce qu’on a voulu me faire.  Et mon père a dit : « C’est parce que… » Il avait un grand respect pour moi.  Il ne voulait pas que je le quitte pour me marier.  Je n’ai pas cherché à savoir ce qu’ils se disaient.  Mon père a discuté avec le vieil Innu, le père de la fille que j’aurais pu marier.  Finalement, ils n’ont rien dit.  « C’est à lui de se choisir la femme qu’il aimera » qu’il a dû dire à ce vieux.  Je n’ai pas eu de difficulté.  C’est moi qui ai choisi ma femme.  Quand j’ai marié ma femme, je la connaissais depuis moins d’un mois.  J’arrivais de loin, je travaillais aux États-Unis.  Quand je suis arrivé, en moins d’un mois je l’ai mariée.  J’ai dû lui dire que je ne voulais pas me marier. C’est peut-être pour ça que je n’ai pas vécu longtemps…La raison est que...&#13;
Evelyne : Est-ce que tu as pris une femme de Piekuakamit ? &#13;
&#13;
Armand : Oui à Piekuakamit.  Mais, je pense que j’ai dû l’ennuyer.  Je n’étais pas souvent à la maison. J’étais toujours parti dans la forêt chasser.  Et puis, quand je suis devenu chef, c’est à ce moment-là qu’elle a dû trouver ça plus difficile.  Et pour la forêt, je n’ai pas été capable d’y aller plus souvent et d’y emmener ma femme.  Dans la famille de ma femme, ils étaient contents d’être ensemble.  Mais moi, on ne m’a pas éduqué comme ça.  Nous partions tout le temps.  Nous étions de grands voyageurs.  C’est comme ça pour nous. &#13;
&#13;
Evelyne : Combien as-tu d’enfants ? &#13;
&#13;
Armand : Sept. J’en ai sept, quatre filles et trois garçons.&#13;
&#13;
Evelyne : As-tu des petits-enfants ?&#13;
&#13;
Armand : Ils sont toujours dans la forêt.  D’ailleurs, toutes mes filles sont mariées avec des Innus.  Un de mes petits-fils est devenu Mishtashiniunnu (un Innu de Mistassini). Il est à Mistassini.  C’est ça. Je veux tout le temps leur enseigner de ne pas oublier le territoire de leurs ancêtres.  Par exemple, un de mes petits-fils, c’est lui qui sera responsable quand il sera grand.  Je l’ai déjà nommé.  C’est lui qui guidera sur le territoire de grand-père.  Mon petit-fils s’appelle comme le nom de mon grand-père. Étienne est son nom.  C’est comme ça que s’appelle mon petit-fils.  &#13;
&#13;
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                <text>Piekuakamit (lac St-Jean); gestion communautaire; territoire; respect; rencontre en forêt;  oiseau messager;  ainés; territoire; planification; mariage organisé; enseignement traditionnel; Mashteuiatsh</text>
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/663788356?h=92904bcb4f" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/663788356"&gt;Armand Germain&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Oral History</name>
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              <text>0:05 Evelyne : Kuei Pierrette, je suis contente que tu aies accepté de nous parler… J’aimerais que tu me racontes un peu ton histoire…Comme… Est-ce que tu as grandi ici ? as-tu fréquenté l’école ici ? Présentement tu travailles, en quoi consiste ton travail ? C’est ce que j’aimerais que tu me raconte.&#13;
0:25  Pierrette : Oui c’est ça. Mon nom est Pierrette Fortin, je suis originaire de Schefferville. Il y a longtemps, c’est ici que j’ai fait mes études. J’ai fréquenté l’École Notre-Dame. Je suis partie pendant onze ans de Schefferville. J’étais aux études à Québec. J’ai fait mes études en secrétariat et en technique en enfance. Je suis venue chercher un poste qui était affiché ici pour une travailleuse de rue. C’est l’emploi que je fais présentement. J’ai appliqué, et on m’a recruté.&#13;
Cela fait 3 ans que je suis à ce poste, depuis septembre 97.  J’ai débuté mon poste au titre de travailleuse de rue, pour venir en aide aux jeunes âgés d’à partir de 8 ans jusqu’à 25 ans. Disons dans les environs de 10 ans à-peu-près. Mon travail se passe dans la rue. À l’endroit où nous sommes situés présentement, on pourrait appeler ça le centre-ville. À l’occasion, c’est ici que je me promène sur la rue principale ici en ville.&#13;
1:37 Je travaille pour les enfants afin de les mobiliser et les sensibiliser, de les responsabiliser un peu. Je fais de mon mieux, vu qu’il n’y a rien comme activité. C’est ici qu’ils se promènent, ils sont partout.&#13;
Mon travail ne me permet pas d’aller à l’intérieur des maisons. Mon travail n’a pas pour but d’aller déranger dans les maisons. Mon travail consiste à faire de la prévention, de l’intervention et je ne me sers pas des policiers. Je me servirais de la     police seulement lorsque ça serait vraiment très grave. Comme exemple, si un enfant ferait une overdose, mais c’est rare qu’un enfant fasse une overdose ici. S’il est malade…&#13;
2:49     Evelyne : Tu dis que le soir, tu les sensibilisent et les mobilisent, et tu ne te sers pas de la police?&#13;
2:57     Oui, comme je viens de t’expliquer, je vais demander l’aide des policiers seulement lorsqu’il y a des cas grave. Et lorsque tu vois les jeunes avec des bières à la main, ou qu’ils soient en train de fumer, je ne peux rien faire car je suis là seulement pour les écouter. Pour être à l’écoute de leurs difficultés, soit dans les amours, et leurs vie familiales. De les aider et non pas les sermonner, sinon si je me servais de la police, ils   me verraient comme un délateur, tu comprends. Mais ce n’est pas mon travail.&#13;
3:43     Evelyne: Ils doivent te connaître déjà ?, tu es surement devenue une grande amie pour eux?&#13;
3:45     Oui, en effet. Avant de quitter Schefferville, j’étais la gardienne de ces jeunes et aujourd’hui, je suis leur gardienne de rue. Je les aide et ils me respectent beaucoup. Je n’ai jamais eu de problèmes depuis que je travaille ici.&#13;
4:05     Evelyne: Ils ne te prennent pas pour quelqu’un qui va les dénoncer?&#13;
Non, je ne suis pas un délateur.&#13;
4:21     Evelyne: Comment leurs parlent-tu par moment?&#13;
Pierrette : comme j’ai mentionné, par exemple, dans leurs amours. Je les aide, je les force par rapport à l’école, à ne pas faire des bris. Ne pas briser les choses, à ne pas défoncer, et partout dans différents domaines.&#13;
4:52     Evelyne: Et peu importe la température, tu dois être présente?&#13;
Pierrette: Oui, qu’il pleuve pas, cela dépends. S’il pleut très fort, je ne suis pas présente.&#13;
5:05     Evelyne: Et eux non plus ne devaient pas être là?&#13;
Pierrette: Non, il peut arriver qu’ils ne soient pas là. Lorsqu’il pleut averse, ils ne sont pas là, mais lorsqu’il mouillasse, ils sont quand même là. L’hiver un soir, à moins de 30 degrés, j’étais à l’entrée l’Hôtel Royal, et ils étaient là. J’aimais ça. J’étais habitué au froid, d’être debout avec eux, j’étais bien habillée et j’aimais bien ça.&#13;
5:38     Evelyne: Comment te perçoivent-ils à l’Hôtel ?. Est-ce qu’on te perçoit pour quelqu’un qui dérange les clients qui boivent ?  Les propriétaires, les commerçants.&#13;
Pierrette: Non, les commerçants connaissent tous la nature de mon travail. Depuis mes 3 ans en emploi, les commerçants trouvent qu’il y a eu moins de délits, moins de bris et moins de grabuges. Les enfants ont besoin d’une présence et ils aiment avoir quelqu’un à qui parler.&#13;
6:30     Evelyne: Est-ce qu’il y en a d’entre eux qui ont cesser de boire?&#13;
Pierrette: C’est sûr qu’il y en a qui ont modérés.&#13;
6:49     Evelyne: C’est peut-être pour être en gang?&#13;
Pierrette: Oui, c’est le fait d’être en gang. Parfois je m’assis avec eux là-bas en face, et nous sommes tous réunis, toujours ensemble. Parfois, je vais les rencontrer et lorsque je m’aperçois qu’ils ne veulent pas se faire déranger, je les saluts simplement et je leurs dis de faire attention à eux. Il peut arriver aussi que dans la soirée, ils crient mon nom pour que j’aille les rejoindre. Ils me content leurs histoires et ils aiment ça.&#13;
7:19     Evelyne : Je t’ai vue une fois aller à Montréal pour parler aux femmes autochtones. Comment pourrais-je dire ça ?&#13;
Est-ce que ça t’arrive souvent de te faire inviter pour aller parler en avant, ou soit pour aller parler de ton travail ?&#13;
7:48     Pierrette: Okay, on m’a convoqué à la première, la deuxième année pour aller faire un atelier à Montréal. À mon retour, j’ai eu des appels téléphoniques de ceux qui venaient de participer à l’atelier. Un moment donné, on m’a demandé d’aller donner une formation à la Romaine. J’ai formé 3 participants dans le domaine de travailleuse de rue. Ils étaient intéressés. Ils avaient déjà débuté leur travail. Aujourd’hui je ne suis pas certaine comment ils vont. Je crois que 2 d’entre eux sont encore là. Ils aimaient beaucoup ça.&#13;
8:29     Evelyne: Étaient-ce des garçons ou des filles?&#13;
Pierrette: Il y avait un garçon et 2 filles. C’était très différent à la Romaine. Eux travaillaient en motoneige. Il y avait plusieurs salles de rencontres. Différentes places, comme la maison des jeunes, 2 salles de billards.&#13;
9:04       Evelyne: Je sais que présentement ils sont en construction pour une maison des jeunes. Penses-tu que ça va changer des choses ? Va-t-il y avoir moins de jeunes ?&#13;
9:15       Pierrette: Oui, possiblement. Présentement il y a une maison des jeunes dans le sous-sol de l’école. Les jeunes n’aiment pas vraiment l’endroit. Ils appellent ça la prison, (rire) car il n’y a aucune fenêtre et c’est dans un sous-sol. Alors que prochainement, ça sera très amusant à l’intérieur. Il y aura des jeux, et une salle d’ordinateur. J’ai une idée, à peu-près, de ce que ça va être. On m’a montré les plans.&#13;
9:46     Je crois vraiment que certains de ces jeunes iront là-bas, au lieu que de venir ici dans la rue, et au moins il y aura des animatrices pour monter des programmes. D’après moi, ils seront très intéressés, surtout l’hiver.&#13;
Evelyne: Surtout quand il fait très froid.&#13;
Pierrette: Ce n’est vraiment pas évident ici le soir quand il fait très froid. Surtout quand c’est sec. Parfois le froid peut te donner la peau sèche, et les plaques blanches qui apparaissent au visage et même avoir très froid.&#13;
10:21 Evelyne: Est-ce qu’il y a beaucoup plus de jeunes, ou sont-ils moins nombreux?&#13;
10:32 Pierrette: Il y a toujours des changements. Présentement, il y en a parmi eux qui viennent d’avoir 18 ans et peuvent rentrer dans les bars. À chaque années, d’autres jeunes surgissent. La raison est qu’il n’y a rien à faire ici. Ils ont hâte, il y aura une piscine à Kawawa prochainement. Ils y auront peut-être accès afin qu’ils puissent aller s’y baigner. Nous avons des tournois de hockey, ou des tournois de ballon-balai, mais à long-terme, ils n’ont pas beaucoup d’activités à faire.&#13;
11:21   Evelyne: Tu viens de me dire que tu vas quitter, est-ce qu’il y a quelqu’un qui te remplacera? Est-ce que ce travail va rester ?&#13;
11:29: Pierrette: Ils vont surement rechercher quelqu’un plus tard. Mais je ne crois pas que c’est bientôt, car la personne devra être formée.&#13;
11:41     Evelyne: Tu as eu une formation toi?&#13;
11:41 Pierrette: Oui à Québec. J’ai dû voyager 3 fois. Soit en introduction dans la rue, sur la prévention, ainsi que pour apprendre à faire des interventions.&#13;
12:04 Pierrette: Pas sûr !, à Uashat ? Il me dit qu’elle travaillait dans ce domaine !&#13;
12:12 Evelyne: Est-ce que ce travail existe dans plusieurs communautés?&#13;
Pierrette: Je crois que non. Lorsque j’ai débuté mon travail, on m’a été dit que j’étais la première travailleuse de rue au Québec. Ensuite il y a eu la Romaine. Je crois que présentement, il y a quelqu’un à Uashat, et je crois que c’est Louisa St-Onge, mais pas sure comment elle va aujourd’hui.&#13;
12:43 Evelyne: Comment devrais-tu être pour travailler dans ce domaine?&#13;
Pierrette: Je ne comprends pas ce que tu veux dire.&#13;
Evelyne: Des qualités…&#13;
Pierrette: Ok, il faut seulement que tu sois simple. Tu n’as pas à toujours être autoritaire. Tu dois surtout avoir le respect envers les jeunes. Le respect est le plus important. De ne pas juger les jeunes, et de faire attention à eux. Je me suis servie de mon gros bon sens. Ils appellent ça le GBS où il existe une association des travailleurs de rues à Montréal. J’y fais maintenant partie.&#13;
Evelyne: En jugement et gros bon sens ?&#13;
Pierrette: Oui, c’est dont ce que tu dois te servir.&#13;
13:47 Evelyne: J’ai oublié ce que je voulais te demander. Oh, travailles-tu conjointement avec la police ou les services sociaux ici ?&#13;
Pierrette: Les services sociaux, c’est l’endroit où est situé mon bureau. Ce sont les services sociaux qui m’ont recruté. J’ai passé mon entrevue par appel téléphonique de Québec. Mon travail consistait de 5% de travail bureautique, et 95% dans la rue. Mon horaire changeait souvent, ce n’était jamais pareil. Printemps, été, automne. Parce-que l’hiver, ils n’étaient pas beaucoup. Mon horaire changeait toujours.&#13;
14:37 Evelyne: Et puis, si tu avais un message à transmettre aux jeunes, quel serait ton message ? Que voudrais tu leur dire ? Qu’aimerais-tu dire aux jeunes ?&#13;
15:05 Pierrette: Je leur dirai que même si nous n’avons rien ici à Schefferville, de ne pas se décourager, de ne pas décrocher de l’école et de continuer à travailler sur eux. Même si je quitte mon emploi, et la raison pourquoi je dois quitter est que je veux travailler à l’interne. J’ai des rhumatismes, mes mains et mes pieds, et je veux faire attention à moi. J’ai vécu une grosse maladie, c’est un cancer que j’ai eu. Je veux travailler à l’interne et je veux faire attention à moi. Mon message est que, même si je quitte mon emploi, je serais toujours présente pour eux, à les supporter. Je les aime quand même, et je les considère comme mes propres enfants. Je suis amis avec eux et c’est mes vrais amis.&#13;
16:03 Evelyne: Avais-tu autre chose à rajouter?&#13;
16:09 Pierrette: Non, je vous remercie beaucoup de m’avoir demandé, de vous avoir rencontré ici à Schefferville. J’en ai déjà parler sur la SOCAM dans les premières années. Depuis ce temps, c’est seulement aujourd’hui que j’ai l’occasion d’en reparler.&#13;
16:30 Evelyne: Je te remercie beaucoup!&#13;
&#13;
&#13;
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                <text>St-Onge, Evelyne (intervieweur)</text>
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                <text>Malenfant, Eddy (cinéaste)</text>
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/634555025?h=769151d6a7" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/634555025"&gt;Pierrette Fortin&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Oral History</name>
      <description>A resource containing historical information obtained in interviews with persons having firsthand knowledge.</description>
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              <text>Transcription : Kanikuen Gabriel mak Ann Marie André (2005)&#13;
KG : (Je salue) tout le monde. Je suis un Innu, je viens de Schefferville. Ça s’appelle Kaitushkanut. Ça s’appelle Natakamaikan d’où je viens. Je suis né en ’38, le 30 octobre à l’intérieur des terres. Où nous sommes présentement à Schefferville, c’est une distance de 45 milles plus loin (de Schefferville) à l’automne vers la fin du mois d’octobre.&#13;
Mon arrière-grand-père était déjà là, ils étaient déjà là avant que je vienne au monde. Par la suite, mon grand-père y était, mon père et moi j’y suis né dans notre territoire. Nous sommes toujours restés là depuis très longtemps, mon arrière-grand-père, mon grand-père, moi et mes enfants y vont. Nous occupons toujours le territoire aujourd’hui.&#13;
Quand nous montions dans le bois, je vais parler du temps où on montait. Nous sommes à Mishta-shipit, Uashat. Quand nous montions c’était à la du mois d’août. C’est une distance de 600 milles où nous allons nous rendre. Quand nous sommes rendus à Schefferville, nous continuons notre trajet plus loin, encore 100 milles de voyage.&#13;
Voix : Comment ça s’appelle où vous allez ?&#13;
KG : Ça s’appelle Tshetishkushu, les Blancs eux nomment cet endroit Champs Doré. Nous étions à Uashat et quand le temps est venu pour monter dans le bois, j’avais très hâte. J’étais tanné, je n’aimais pas ça à Uashat. Vraiment je n’aimais pas ça, j’aimais mieux être en forêt.&#13;
Quand nous montions dans le bois à la fin du mois d’août, je sais qu’on ne verra plus un magasin. On ne le verra jamais pendant une bonne dizaine de mois. Pas d’hôpital, pas de médecin où nous serons dans le bois l’hiver.&#13;
Parfois quand nous montons dans le bois, (une fois) ma mère était enceinte. Je ne savais même pas, je n’en étais pas conscient (de son état). Parfois, au début du mois de novembre, à la fin du mois d’octobre, quand j’arrive là le soir, (à ma grande surprise) il y a un bébé. On l’avait trouvé dans un tronc d’arbre, disait-on. J’avais comme un regret, j’aurais aimé que ce soit moi qui le trouve. Je regrette que ce ne soit pas moi qui l’ait trouvé. (sourire)&#13;
Donc nous y sommes restés. Nous allions à la chasse aux caribous, l’ours, pour qu’il y ait quelque chose à manger pendant l’hiver. Quand on tue une dizaine de caribous, c’est de cet animal qu’on fabriquera des chaussures, avec de la peau fumée, peut-être que l’on visionnera un peu plus tard la fabrication des chaussures. On le suspend dehors, on l’étire, pour faire nos raquettes. Ce seront nos raquettes. On n’a jamais vu de ski-doo, on n’a même pas mentionné qu’il y avait un chemin. L’histoire que je vous raconte date presque de 60 ans, de ce que je me rappelle. On ne verra jamais d’hôpital, ni de magasin. Ce sera seulement le caribou, de la viande et du poisson aussi. Toute l’année, nous vivions que de cela, c’est cela qu’était la subsistance de tous les Innus.&#13;
Les Innus étaient partout (dans le territoire). Parfois en hiver, nous voyions des Innus, des Fort Chimo-innuat. Nous les rencontrions. Nous avions vu aussi les gens de Sheshatshit. Tout le Québec, tous les peuples innus se rencontraient. (Un Innu) de Fort Chimo, de Sheshatshit, nous voyions également les Cris, Uapamekushtiku (dans la région de Baie James) aussi les avions vus en hiver. Les Pessamiunnuat (gens de Pessamit) aussi ont été vus. On rencontrait également les gens de Pointe-Bleue (Mashteuiatsh). Tous les peuples innus occupaient le territoire du Québec&#13;
KG :Pour les Aissimeuat (Inuit), on savait qu’ils étaient là, mais on ne les a jamais rencontrés c’est ce qu’on disait. On aurait dit qu’ils n’aimaient pas rencontrer les Montagnais. Tous les gens de Mingan, Natashquan on les avait rencontrés. Tous les peuples innus se rencontraient, tous les Innus. (métrage : 5 :26 à 5 :30 on n’entend rien). &#13;
Le 25 juin, nous arrivions à Uashat. Arrivés à destination, j’avais déjà hâte de repartir (dans le bois). Je vais parler des activités dans le bois d’une année.&#13;
La première chose que je vais raconter, la première fois que nous partons (montons dans la forêt), on veut faire ça vite parce qu’on a peur du gel des lacs, de peur de ne pas arriver à destination dans son territoire. Tout le monde aime, n’est-ce pas, être dans son territoire. Vois les gens de Mingan, Natashquan, Uashat, ils ont hâte d’arriver (dans leur territoire) pour y être. Ils ont peur de ne pas pouvoir arriver à destination à cause du gel. &#13;
Quand les lacs sont gelés, ils ne peuvent s’y rendre à destination. Les grands lacs comme Ashuanipi, je me souviens il faisait nuit, on naviguait. Nous avions peur qu’il vente. Parfois les Innus sont pris par le vent. Une fois on racontait que les Innus étaient pris pendant une semaine à cause du vent et qu’ils ne pouvaient pas naviguer. Quand le vent tombait, ils naviguaient dans la nuit afin de se rendre le plus loin possible, avant que le vent reprenne. Tout le monde était à la course pour arriver à destination, pour y rester. Il a très hâte d’arriver, c’est son territoire. Nous restons là toute une année. Après avoir tué des caribous…&#13;
Voix : ?&#13;
KG : … c’est à cause de cela que les Innus pouvaient se rencontrer. Il y a un lac où il y a une abondance de poissons.&#13;
AMA : Un instant. On s’est dépêché pour venir ici, c’est quoi t’avais dit en dernier ?&#13;
KG : Avant le gel (des lacs), le monde se dépêchait pour arriver (dans son territoire). (S’adressant à elle, tu me poseras la question : « Comment se fait-il qu’on pouvait rencontrer d’autres Innus ? » Et je te répondrai.&#13;
Voix : Qu’est-ce que tu dis ?&#13;
KG : Tu vas me demander (s’adressant à la femme) : « Comment se peut-il que vous ayez rencontré d’autres Innus de Uapamekushtiku, Pessamit ? » (rires)&#13;
AMA : Comment ça se fait que vous ayez rencontré d’autres Innus de toutes les origines, gens de Sheshatshit, gens Uapamekushtiku, gens de Natashquan, ?&#13;
KG : C’est à cause des animaux. Il y avait plusieurs endroits où il y avait une abondance de caribous. Également où il y a une abondance de poissons. Surtout quand l’Innu avait de la misère, quand il manquait de nourriture, même si ces endroits sont très loin d’où ils sont, l’Innu va y aller. Quand il (Innu) rencontre d’autres Innus de Pessamit, Mashteuiatsh, ce sont ces gens que Pierre Mckenzie avait rencontré. La personne connaît les lieux d’abondance de caribous et c’est pour cela qui y vont eux aussi. C’est à cet endroit qu’ils se rencontrent. Ils pouvaient en tuer et c’est là qu’ils se sont rencontrés. Il y avait toujours une belle ambiance et ils mangeaient ensemble. Il est content que l’autre Innu ait tué le caribou et c’est alors qu’ils mangent ensemble.&#13;
Aussi le lac où il y a une abondance de poissons à Kaniapishkau. Il paraît qu’il y en avait en très grande abondance de poissons. C’est à cet endroit qu’on pouvait rencontrer les gens de Mashteuiatsh, Pessamit. Les gens de Fort Chimo aussi y allaient. Cependant, les gens de Mingan n’y allaient pas.&#13;
Quand nous, nous allions à Petshissikupau, c’est là que nous rencontrons les gens de Sheshatshiu. Aussi à Patshishetshunau (aujourd’hui réservoir Churchill Falls, j’espère que je ne me trompe pas), on y allait aussi et ce sont les gens de Sheshatshit qu’on rencontrait.&#13;
AMA : C’est pour des provisions que vous alliez là ou…?&#13;
KG : Le castor valait une très grande valeur autrefois et c’est juste là que se trouvait au Patshishetshunat, Uinnukapau-shipu. Plusieurs Innus de Uashat sont allés là à cause de la valeur du castor. C’est pour cela que l’on rencontre les gens de Sheshatshit, Mingan, Natashquan.&#13;
AMA : Ça devait être juste une fois que vous êtes allés là à Patshishetshunat ?&#13;
KG : Oui, mais on y est resté plusieurs années. Ce que je raconte, c’était pendant la guerre, à peu près dans les années ’40. On y a rester plusieurs années. On rencontrait les gens de Sheshatshit, Mingan Innuat, Natashquan.&#13;
Une fois nous sommes descendus vers Sheshatshit  en 49. Nous sommes restés là pendant une année. Nous ne sommes pas descendus à Uashat. Cela ne fait pas longtemps, c’était à la création de la réserve de Mani-utenam. Quand nous sommes arrivés ici (à Uashat), Mani-utenam existait déjà.&#13;
AMA : Quand vous étiez à Sheshatshit, vous deviez vivre que du caribou, du poisson ?&#13;
KG : Oui.&#13;
AMA : Aussi le phoque ?&#13;
KG : Quand nous étions à Sheshatshit, il y avait un magasin HBC. L’Innu ne s’intéressait pas du tout au phoque, l’Innu n’en mangeait pas. En tout cas, pour moi, je ne l’ai jamais goûté, je ne l’ai jamais mangé. Ils ne mangeaient que du poisson. Quand nous étions à Sheshatshit, on posait le filet, on ne mangeait que de la truite grise.&#13;
AMA : Il y avait aussi le saumon ?&#13;
KG : Oui, il y en avait. On dit que, là où sont les communautés au bord d’une rivière, à l’embouchure, c’était parce qu’il y avait du saumon. Tu vas le remarquer qu’il y a une communauté au bord d’une rivière où il y a le saumon. Les Innus cherchent des places pour y rester où il y a le saumon l’été. 12 :45&#13;
KG : C’est ce que moi j’ai connu, de ce que je me souviens. C’est de cette manière que nous vivions. Comme je te dis, le magasin on ne le verra plus jamais. Pendant les douze mois, je ne voyais pas de magasin. Pas d’hôpital. Comme l’enfant n’avait pas conscience que sa maman était enceinte et elle a accouché. Comme moi je me souviens un jeune frère ou une jeune sœur est née à l’automne. Après deux nuits, elle… je crois qu’on ne permettait pas à une femme après avoir accouché de bouger beaucoup (aujourd’hui). Ce que je me souviens, ma mère après son accouchement, après deux nuits, nous partions en voyage qui durait deux jours. (Autrefois) l’Innu était très fort à cause de son alimentation, de sa subsistance. Il était vraiment en forme.&#13;
On dirait que depuis qu’on demeure dans une maison en bois ronds, la personne tombe malade quand elle prend froid un peu. Quand elle a les pieds trempées, elle tombe malade. Quant à nous, on ne tombait jamais malade (.). Ça n’arrivait pas souvent que quelqu’un tombe malade. Ils (les adultes) aimaient beaucoup et les enfants aussi. Comme moi, j’ai toujours aimé (vivre dans le bois).&#13;
À la construction du pensionnat à Mani-utenam, on a beaucoup insisté que j’aille à l’école. Les curés avaient insisté pour que j’aille. Il y avait qu’une personne qui a parlé pour moi pour que je n’aille pas (au pensionnat), c’était mon père. Il ne voulait pas du tout que j’aille à l’école. Comme je connais très bien (la vie) en forêt, il avait peur que j’arrête (de monter dans le bois), que j’aie perdu ce goût de monter (dans le bois), et je n’y suis pas allé. Et depuis ce temps j’aime beaucoup (la vie en forêt).&#13;
Je vois aujourd’hui les jeunes suivre les deux cultures. J’en suis content pour eux. Il y a beaucoup d’enfants qui aiment aller à l’école. Il y en a aussi (qui aiment la vie) en forêt. Ils aiment les deux cultures. Et je crois que c’était un bon choix pour eux. Ils n’auront jamais de misère. Une personne qui est attirée par deux cultures ne connaitra pas de misère. Aujourd’hui l’éducation est très importante, car le jeune, il lui faudra un emploi. S’il (le jeune Innu) connaît les deux cultures, cela lui sera d’un grand secours (dans sa vie). Jamais il n’aura de problème.&#13;
C’est ce que nous vivions en forêt. Au printemps c’était agréable, car c’était l’arrivée du gibier. C’était un bon temps pour moi, et ce que j’avais aimé le plus c’était le temps de Noël.&#13;
AMA : C’était quoi les activités ?&#13;
KG : Il y avait toutes sorte de nourriture à Noël. Vois, quand nous montions à l’intérieur des terres, et ça devait être la même chose pour les autres familles, nous laissions nos provisions loin d’où nous étions, à ne plus être capables d’aller les chercher avant le gel. Le gel arrivé, quand Noël était proche, c’est alors que les gens allaient en chercher, leurs provisions qui avaient laissées (en montant). Dans leurs provisions, il y avait la farine, la graisse, le sucre. À Noël, un festin commence. Rien ne manque. Il y a le sucre, la farine, la graisse, le creton. C’était bien l`fun. Il y avait aussi la graisse de caribou. Une belle tablée pour la nuit de Noël. Le lendemain, le dimanche, on continue à festoyer. Parfois l’Innu mange trois fois. Il y avait une grande quantité, à manger de la graisse de caribou. &#13;
Comme ce sera la dernière fois que les Innus seront ensemble, ils se parlent longtemps. Celui avec qui on avait parlé longtemps, c’est lui qui viendra manger avec le groupe. À Noël. C’est ce qu’il lui avait dit (de venir) et il est venu.&#13;
Quand une famille avait beaucoup d’enfants, elle a failli manquer le temps de Noël. À cause du froid aussi. Arrivé à cet endroit (où il a été invité), on le fait entrer, c’était une grande maison (ou tente), « tu vas dormir ici, tu ne vas pas te tenter », lui a-t-on dit. Le lendemain, tout le monde se met à planter sa tente. &#13;
Il y a aussi une tente qui sera agrandie. C’est là qu’il y aura une prière dans la nuit et aussi le festin. Le plus que j’ai aimé, c’est… tu n’es pas encore levé, n’est-ce pas ? On entendait du bruit, il y avait des Innus qui tiraient du fusil. C’était une salutation, on disait (un tir pour) le prêtre, un autre tir, quelqu’un qui disait : « ça c’est pour mon oncle, ma tante». Il y avait beaucoup de tirs. C’était bien l’fun au Jour de l’An. C’est seulement (au Jour de l’An) que les Innus se donnaient des cadeaux. Quand (la personne) venait te saluer, il te dit qu’il te donne soit un sceau de graisse, un sac de farine, 2 lbs de sucre. Aussi tu peux avoir du tissu pour te fabriquer une veste. C’est ce genre de cadeaux qui se donnaient. J’ai beaucoup aimé (ce temps), je regrette que ce ne soit plus comme ça. C’était vraiment plaisant.&#13;
C’est ce que j’ai vécu dans mon enfance. C’était plaisant. Il y avait des visiteurs comme les gens de Sheshatshit. Ils étaient beaucoup et passaient Noël avec nous. C’était très plaisant et il y avait beaucoup de monde. Même chose pour le Jour de l’An, il y avait beaucoup de monde. Vraiment plaisant.&#13;
Après Noël, vers la fin du mois de janvier, dans le mois de février, le temps change. Chacun partait dans (son territoire). On restait ensemble dans le temps des Fêtes pendant un mois de temps. Parfois deux mois. Et voilà les gens qui partent (dans leur territoire respectif).&#13;
Parfois au printemps, les voilà réunis. C’était plaisant aussi à Upashkueshkau (Rivière McPhaden), près de Minaikut. Là aussi au printemps c’était très plaisant. J’oublie par exemple, je ne m’en souviens pas très bien. C’est un lieu de rencontre des Innus. Quand on descend au printemps, nous nous rendons au large, on embarque ensemble, c’est une très grande rivière, aujourd’hui Millage 301, sur le chemin de fer et on restait l’autre bord de la rive. &#13;
Il y avait des bernaches et on les chassait. Aujourd’hui il n’y en a plus. Ils ne passent pas par ici. On les chassait une journée, deux jours, on en avait tués une centaine. Un autre festin, beaucoup de nourriture et il en restait beaucoup, de la graisse de caribou. Il y a beaucoup de monde. Après avoir tout mangé, nous voilà à la descente (à la côte). Ç’a pas été long. Pas très longtemps on est rendu à Uashat. (20 :24) C’est tout de ce que je me rappelle. Avez-vous d’autres questions à me poser&#13;
AMA : Est-ce que vous étiez longtemps à Mushuau-shipit (Riv. Georges) où il y avait beaucoup de caribous ?&#13;
KG : Oui, après avoir tué des caribous. Il y avait des hommes qui partaient là (où les caribous se trouvaient) et quand il n’y en avait pas, ils allaient à une autre place. Il paraît qu’ils en ont tué une trentaine. Arrivés au campement on restait là. Quand il y avait beaucoup de monde, parfois on savait que d’autres familles n’avaient pas tué de caribous, ils n’avaient pas de chance d’en tuer. On allait les trouver et on restait avec elles. Après s’être régaler (du caribou), d’autres hommes partaient pour une autre chasse aux caribous. Ils vont chercher des caribous à d’autres places. D’autres caribous tués. De nouveau, on se rassemble.&#13;
Cette année-là, je me souviens que c’était un temps difficile, comme ce mois-ci (je crois que c’est au mois de décembre), l’autre mois, on ne pouvait pas aller chercher le caribou, car il était dans la toundra où il n’y avait pas d’arbre. On attendait qu’il fasse beau. On a attendu très longtemps. C’était vraiment un temps difficile, car il n’y avait pas d’arbre.&#13;
Aussi en hiver, les Innus allaient magasiner, chercher des munitions et du thé. Il ne fallait pas traîner beaucoup de choses, seulement (des provisions) pour un tobagan. Parfois ils vont chercher du thé à Fort Chimo, et surtout des munitions pour les utiliser au printemps ainsi que du thé et du tabac. Il ne fallait pas qui lui en manque du tabac et du thé, surtout pour les aînés, c’était très important pour eux, pour les Innus. Parfois il se rendent à Nain pour s’approvisionner, aussi à Utshimass-assit (Natuashish), Sheshatshit.&#13;
Comme moi, je suis déjà allé à Sheshatshit pour aller s’approvisionner. On est allé chercher des munitions, de la nourriture. Nous avons eu un peu de farine.&#13;
AMA : Combien de jours vous a pris pour vous approvisionner?&#13;
KG : Nous, nous sommes partis pour Meshikamau, ce n’est pas très loin de Schefferville. Il y avait 7 couchers pour s’y rendre. Pour revenir, 10 couchers. À Sheshatshit, nous restions une semaine. Nous nous installions bien comme il faut et après avoir fait nos bagages, notre équipement, nous partions en traînant notre tobagan. Le plus qu’on amène dans le bois, ce sont le tabac, le thé et les munitions. Afin qu’ils n’aient pas de misère, sa vie en dépend. S’il lui manque des munitions, il ne pourra pas chasser. Il faut bien surveiller ses munitions. Quand ils achètent du thé, ils en achètent beaucoup, car ce sont des buveurs de thé, et il leur en manquait quand même. Quand il en manquait, (les Innus) trouvaient ça très difficile. C’était leur breuvage qui leur était essentiel.&#13;
Vois mon père, il buvait du thé très très fort. Tellement qu’il aimait ça, le thé était comme en poudre pour le prendre en poignée, ce n’était pas en sachet. La dernière gorgée qu’il prenait, il prenait aussi les miettes du thé. (rire) Il aimait vraiment le thé.&#13;
AMA : Combien de boites de cartouches devait-il en avoir assez ?&#13;
KG : Ses cartouches, autrefois par exemple c’était… l’Innu n’en utilisait pas beaucoup. Il faisait très attention. Quand tu entends un Innu tirer, quand tu entends trois coups, il pourrait tuer quatre caribous. Parfois, (les Innus) en tuaient deux par un seul coup. Quand il va tirer une vingtaine de fois, tu es certain qu’il en tue une vingtaine.&#13;
Aujourd’hui, les jeunes… savent… quand il lui manque de munitions, il ne fait que se rendre au magasin. Il est sur place. Autrefois, les Innus savaient qu’ils étaient très loin, s’ils ont utilisé toute leur munition, ils n’en auront pas. (Autrefois), ils faisaient très attention à leurs munitions. Ils savaient quand et comment utiliser leur fusil. À chaque fois qu’on tirait, quand on tirait trois fois, tu sais que ce n’est pas pour rien qu’on tire des coups. Ils ne tiraient pas au hasard. Quand (les caribous) étaient loin, ils ne tirent pas dessus. Ça pouvait arriver, mais c’est seulement quand ils manquaient de nourriture, ils font ce qu’ils peuvent, et pourraient en tuer un au moins.&#13;
AMA : As-tu déjà eu connaissance de la famine ?&#13;
KG : J’ai eu connaissance une fois, mais mon père disait que ce n’était pas vraiment une grosse famine. Il disait : « Nous dans le passé, nous connaissions la famine ». C’est juste cela que j’en ai eu connaissance, mais pas très longtemps. (Pas longtemps après) les caribous avaient été tués. Après en avoir tué, ils sont allés chercher de l’approvisionnement à Nain. Certains vont à Utshimass-assit. Quand ils arrivent, ils apportent beaucoup de choses.&#13;
Une fois, assez longtemps quand même, quand ils apportaient de la nourriture, on pouvait tenir un bon bout. On peut manger, de la farine. Moi ce que j’ai beaucoup aimé des biscuits nommés « kautetakushiuti » (je ne sais pas si c’étaient des biscuits Pilot). On les trouvait à Nain et à Utshimass-assit. Les biscuits ont la forme d’un rein. Parfois ils emmenaient deux sacs, trois sacs par personne.&#13;
C’était vraiment plaisant. Nous avions vraiment aimé ça, rester dans le bois pendant une année complète, douze mois de temps, tu ne t’en aperçois même pas. C’est sûr c’était difficile quand il manquait de nourriture. Mais…&#13;
Ce que l’Innu voulait savoir, où seraient les autres familles. C’est ce qu’ils disaient : « Je serai à tel endroit cet hiver ». Il ne sera pas loin. « Si tu fais une bonne chasse, si vous tuez des caribous, vous viendrez nous voir », ils devaient se dire. Quand l’autre en tuait, on allait les trouver. Tout de suite après, d’autres personnes, surtout les jeunes qui sont en forme, partaient pour une autre chasse. On disait qu’ils avaient tué une trentaine de caribous. Les aînés sont contents de cette récolte. Ils seront corrects, surtout quand il ne fera pas froid.&#13;
Ce qui était difficile, c’est ce mois-ci et l’autre mois, cela fait trois mois, n’est-ce pas ? Pendant ce temps, il faut que la nourriture soit prête. C’est très difficile pour quelqu’un qui cherche de la nourriture parce qu’il fait froid. Quand ils ne peuvent pas tuer disons ce mois-ci, décembre, c’est dans ce temps-là que l’on cherchait le caribou. Il nous faudra se soutenir jusque vers la fin de février. &#13;
KG : Rendu au mois de mars, là on peut chasser. Le jour s’est rallongé. Il ne fait pas aussi froid.&#13;
AMA : Peut-être aussi qu’on pose des pièges, n’est-ce pas ?&#13;
KG : C’est le temps de poser des pièges dans le mois de mars. Aussi au mois de novembre. On ne pouvait chasser pour des fourrures à l’année, on ne cherchait que pour de la nourriture. C’est dans le mois de mars jusque vers le mois d’avril qu’on chassait. Chasser le renard. Aussi c’est seulement au mois de novembre qu’on pouvait chasser. Et rendu en hiver comme aujourd’hui, on est à la recherche de la nourriture pour la subsistance de l’hiver. C’est ce que je me rappelle. C’était notre façon de vivre. Tout les Innus avaient ce genre de vie.&#13;
AMA : En forêt, as-tu eu connaissance des accidents, de mortalité ?&#13;
KG : Nous avons vu plusieurs choses arrivées, c’était vraiment difficile. Moi ce que j’ai vu, ce sont des personnes dont leurs canots ont chaviré. En forêt, qu’une personne soit morte de froid, je n’ai jamais vu ça. La seule fois c’est à la descente, des personnes qui sont morts noyées. On a pu sauver une personne, l’autre on n’a pas pu. Un Innu est décédé et il avait beaucoup d’enfants. (Celui) qui était sauvé, lui aussi avait beaucoup d’enfants. Mais au moins il a été sauvé. On a à peine réussi à le sauver. Ça fait vraiment pitié de voir quelqu’un avoir un accident. Celui que nous avons sauvé, on ne voyait que sa tête à la surface de l’eau. Je voyais beaucoup d’eau entrée dans sa bouche. L’autre… Ce qui se passe, l’Innu savait très bien nager, il était No. 1 à la nage à Uashat et c’est lui qui est décédé, parce qu’il a été trop longtemps dans l’eau.&#13;
« Il voulait sauver son ami, il ne savait pas trop quoi faire. Il était là à le surveiller, il flottait sur l’eau », disait celui qui était vivant. « Je vais me rendre au rivage », a-t-il dit, « je vais débarquer de l’eau et me rendre à la maison », m’a-t-il dit. « J’ai pitié de toi, toi qui vas mourir », a-t-il dit. Et c’est lui qui est décédé, parce qu’il était longtemps dans l’eau. Il aurait dû y penser, pour débarquer. Les deux seraient en vie. On dit qu’il avait une crampe. Quelqu’un qui a une crampe, c’est comme si on jetait un roc dans l’eau et le voilà s’enfoncer direct dans l’eau. C’est ce que j’ai vu et ce n’est pas du tout agréable d’être témoin de cela.&#13;
AMA : Ce qui s’est passé, est-ce qu’on a resté longtemps à cet endroit ou on est parti tout de suite ?&#13;
KG : On est parti tout de suite. Celui qui a failli y passer dit qu’il n’aime pas rester là. C’est pourquoi on est parti tout de suite. Il a dit : « Partons en canot ». Et on est parti. C’était triste. Ce sont plutôt les enfants qui font pitié. Parce que leur papa est dans la profondeur de l’eau. Cela fait pitié mais c’est ce qu’il faut faire, (partir).&#13;
L’hiver je n’ai jamais eu connaissance que des personnes soient morts de froid ou d’avoir un accident. C’était la seule fois que j’ai vu et je suis content que je n’en ai pas vu d’autre. Mais j’ai entendu plusieurs fois que quelqu’un avait eu un accident. J’ai également entendu quelqu’un mourir de famine. Je n’ai pas vu de mes yeux par exemple.&#13;
Quand quelqu’un décédait en forêt, on transportait son corps à Ashuanipit où il y a des sépultures. Toutes les personnes décédées en hiver, on transportait les corps à cet endroit. Ce cimetière est considéré comme béni. Les missionnaires l’avaient béni pour que les personnes décédées y soient enterrées. Ça s’appelle Minishtikutaut à Ashuanipit, l’île qui se trouve dans ce lac.&#13;
C’est l’île qui a été bénie. « Vous enterrerez vos corps à cet endroit », disait-on. Le pourquoi on y dépose, à cause des animaux qui ne viennent pas y toucher. (Les Innus) y vont souvent. Mon père y est allé aussi. Il était allé installer des clôtures. Les Innus y vont souvent arranger (ce cimetière). C’est très beau. La dernière fois que j’ai vu (le cimetière) c’était bien installé. On dirait aussi qu’on a mis de la pelouse. C’est une belle pelouse. Sûrement que ce sont des Innus qui se sont occupés de la pelouse.&#13;
C’est ce qui s’est passé, c’était agréable ce temps-là.  Ça m’arrive de m’ennuyer parfois de ce temps-là, des activités d’autrefois. C’était bien agréable. Moi j’ai bien aimé ça. C’était l’fun, les enfants aussi ont bien aimé. Ils aiment quand on monte dans le bois. Ils aiment la forêt, ils ont hâte d’arriver là-bas, dans leur territoire où ils étaient toujours restés. Prends, moi j’avais très hâte de monter dans le bois. C’est ce qui s’est passé que moi j’ai vécu. J’adorais être dans le bois. &#13;
Eddy : Je sais que tu me parlais que tu as travaillé au camp pour la compagnie…&#13;
KG : Ok oui, j’ai oublié de raconter.&#13;
Eddy : (…..) Réponds à ça mais en Indien.&#13;
KG : C’est vrai, j’ai vraiment oublié de raconter ça. Je regrette beaucoup quand je pense à ça. &#13;
(Un petit arrêt dans la vidéo)&#13;
AMA : Je veux d’abord te demander si on a encore le temps de rattraper ce temps, pour la transmission aux jeunes ?&#13;
KG : J’ai vraiment oublié d’en parler. Moi ce que je regrette le plus, ce que moi j’ai réalisé. La compagnie pour laquelle j’ai travaillé, je sais que ça ne m’a rien apporté dans ma vie, c’est ce que moi je pense. C’est compréhensible que pour mes enfants ça les a aidé dans leur vie, ils ont souvent eu de l’argent. Moi ce que je pense, j’aurais dû rester toujours dans le bois. Si je travaillais six mois en été, je serais resté dans le bois l’hiver. C’est ça que je regrette. Cela ne m’a pas du tout aidé. C’était sans importance. &#13;
Tout le monde était émerveillé en pensant qu’après trente ans (de travail), je vais vivre avec ça, je vais recevoir beaucoup d’argent », pensait-il. Ça ne valait rien ça. Je vais vous expliquer ce qui arrive avec ça. Quelqu’un qui avait un tel gain, comme moi, j’ai reçu presque 800$ pour avoir travailler tant de temps. Plus tard cet hiver-là, je reçois ma pension de vieillesse au même montant 800$. L’IOC a tout coupé (le montant que j’avais reçu), du gouvernement…&#13;
AMA : Tu étais au même point ?&#13;
KG : J’étais au même point. La fois que j’ai travaillé pendant une trentaine d’année, ne m’a rien rapporté. Peut-être que c’est bon pour un jeune de quarante, cinquante ans. Il voit son argent que pour quelque temps. Après soixante-cinq ans, cela n’a aucune utilité. Il a travaillé là pour rien. C’est de ça que je regrette, cela m’a empêché (de monter dans le bois), je pourrais dire. J’aurais pu enseigner aux jeunes, à mes enfants. J’aurais pu leur montrer (la vie) dans le bois. Ils connaissent, ils savent. Mes enfants connaissent (ce genre de vie dans le bois). Nous les emmenions dans le bois les fins de semaine. Nous leurs montrions toujours (la vie) en forêt, comme la nourriture traditionnelle. (C’est en venant avec nous) qu’ils aiment la nourriture traditionnelle. On aurait pu bien leur enseigner et leur montrer la vie dans le bois l’été et l’hiver.&#13;
C’était une perte (de temps) quand j’ai travaillé pour l’IOC. J’ai aimé, le pourquoi j’ai aimé, mes enfants ont vu (connu) l’argent. Pour ça, j’ai aimé. Je n’ai jamais connu le bien-être social. Je continue à dire que je regrette, j’aurais aimé mieux rester dans le bois. J’aime tellement la vie dans le bois, car c’est là que je suis né. C’est pour ça que je regrette beaucoup d’avoir travaillé pour rien. Cela n’a pas été d’une importance. L’Innu, ce n’est pas son genre de vouloir se ramasser de l’argent comme un Blanc le fait. Le Blanc travaille pour se ramasser de l’argent, fait son budget pour la semaine pour y arriver et mettre de l’argent de côté. L’Innu ne vit pas comme ça. Quand il reçoit sa paye, il distribue à ses enfants et c’est ainsi qu’il dépense son argent au jour de la paye. Pour le Blanc c’est le contraire, il ne fait pas ça.&#13;
KG : Même si son enfant à l’âge de dix-huit ans, il le lui donne, il s’en occupe toujours. Un jeune Blanc à l’âge de dix-huit ans, il doit sortir de chez ses parents. S’il ne veut pas travailler, on dit qu’il doit s’arranger. L’Innu n’agit pas comme ça. L’Innu ne s’habitue pas à ça, car il a vécu dans le bois, car ils subvenaient à leurs besoins ensemble. C’est pourquoi je dis, je regrette beaucoup, on n’aurait pas dû… il y a aussi, je dirais mon patron, mon père avec qui j’ai travaillé, il m’a dit qu’on allait travailler. Vue que l’animal n'avait plus de valeur importante. Ça ne valait pas la peine. Il m’avait dit qu’on travaillerait. Il m’avait dit que c’était un très bon endroit pour travailler, travailler pour l’IOC. C’était une compagnie très importante, riche, qu’il m’avait dit. J’ai alors été d’accord avec lui.&#13;
Autrefois, tu ne pouvais désobéir (à tes parents). Aujourd’hui ç’a beaucoup changé. Un jeune ne pouvait désobéir à son père, ni à sa mère. Il faut absolument que tu suives ses ordres. Vois quand il m’a dit qu’on travaillerait, je n’étais pas très enchanté de faire un travail de Blanc. Il fallait que je lui obéisse. Pis ça a finit que j’ai aimé (faire ce genre de travail).&#13;
Par exemple, après avoir travaillé, disons un an, on nous a donné un congé. La première fois c’était dix-huit jours, j’ai pu monter dans le bois, aller voir notre territoire de chasse. À chaque année quand nous étions en congé, je pouvais monter dans le bois pour un mois. Après cinq ans de travail, l’IOC nous donnait congé de trois mois. Je suis resté dans le bois pour les trois mois dans notre territoire pour le sauvegarder.&#13;
Depuis que je travaille pour cette compagnie, je suis allé voir notre territoire de chasse tous les ans. En vacances, je montais toujours dans le bois.&#13;
AMA : Aujourd’hui, qui va surveiller votre territoire de chasse ?&#13;
KG : L’Innu doit faire ceci, en tout cas pour moi ce que je vais faire, tout le monde doit penser comme ça, il faut que tu le cèdes à ton enfant. La même chose fera ton enfant, le donner à son enfant. Il faut toujours qu’il y ait une transmission. Notre langue maternelle, il ne faut jamais la perdre. Même chose pour nos territoires de chasse, il faut toujours les céder à nos enfants. Toute activité innue, comme la fabrication des raquettes… J’ai vu un aîné de Mamit fabriquer des raquettes, il doit déjà avoir quelqu’un qui pour la transmission et ainsi de suite. Il ne faut jamais perdre (cette tradition), il faut sauvegarder notre culture. Les jeunes étudiants aussi doivent continuer à sauvegarder la culture.&#13;
Dernièrement je suis allé à une communauté Utshimass-assit, nous sommes allés voir ces gens. Il y avait une très grosse tente d’installée, c’était en cercle. Il y avait deux enseignants aînés, les enfants se tenaient tout en cercle, occupaient tout le bord de la tente. Si tu verrais les retailles de bois amassées en tas. Les jeunes recevaient de tous les enseignements possibles comme des raquettes, des tambours, des moulures à fourrure et tout. Si nous ne commençons pas à faire ça, nous allons perdre notre culture, si le jeune n’a pas d’enseignement. L’enseignant ne fait que transmettre son savoir. De toujours continuer, ne jamais abandonner.&#13;
La même chose pour notre langue. Il faut qu’elle perdure. Comme moi, je pourrais dire que je ne parle pas le français. Je ne suis jamais allé à l’école. Mais je connais bien ma langue, langue que j’utilise depuis longtemps. Je ne peux pas converser avec un Blanc. Juste un petit peu. Pas très bien quand même, comme les autres. Comme je dis, c’est très bien pour les jeunes qui puissent faire leurs devoirs. C’est très bon, car on aura toujours besoin de ça. Pour l’enseignement que nous avons eu en forêt, cela il ne faudra jamais perdre. Aux étudiants, il faut qu’ils soient très bien instruits de toutes les matières. Il faut que ce soit ça. Le savoir de tout le monde, il faut que ça soit transmis aux jeunes, à ses enfants.&#13;
J’aimerais que les jeunes qui fréquentent l’école présentement, apprennent leur culture afin qu’ils puissent chasser plus tard, à apprendre la culture pour la préserver, notre savoir, notre culture. La pêche, la chasse aux caribous, (la vie) en forêt, faire de la raquette. Il faut toujours préserver tout ça. Il ne faut jamais perdre notre culture.&#13;
Nous ce que nous connaissons, ce que nous savons, il faut le transmettre aux jeunes afin qu’ils sachent et qu’ils le pratiquent. Cela doit être ainsi. Se mettre au travail afin de préserver tout notre savoir, notre culture, nos pratiques. Je me promène un peu partout dans les communautés, il y a partout des enseignants, qui enseignent aux jeunes (comment fabriquer) des raquettes, tout, des tambours. Il y a des enseignants partout. C’est bon ça. C’est une bonne pratique, afin que le savoir de l’Innu ne disparaisse pas.&#13;
AMA : Que penses-tu de nos petits-enfants qui parlent l’innu-aimun et le français en même temps. Il y en a qui parlent déjà l’anglais et l’innu-aimun ? Comment pouvons-nous aller de l’avant avec ça ?&#13;
KG : Moi je dis qu’il faut qu’ils aient nos cartes innues. Il faut les enseigner. Il y en a qui sont vraiment des connaisseurs même ceux qui ne parlent pas l’innu-aimun. Ils suivent ce qui se passe dans les communautés quand même. Quand ils reçoivent ou quand ils ont leurs cartes innues, c’est dans ce temps-là qu’ils cherchent à beaucoup comprendre de la culture innue en forêt. Ils sont très intelligents, on ne pourra pas les mettre de côté. On ne pourra pas leur dire : « Tu n’es pas un Innu, ta mère est une Blanche, un Blanc ». Il ne faut jamais leur dire ça. Il faut faire attention, car c’est quand même une richesse… On va toujours les avoir ces personnes-là, car aujourd’hui ils vivent ensemble les Innus et les Blancs. Il faut aussi leur apprendre… comme ce que nous faisons pour nos enfants, il faut agir aussi de la même manière avec eux.&#13;
Par exemple, il y a un jeune ici dans le bois où nous sommes, je suis fier de lui, de le voir combien il travaille fort. Il connaît tout. C’est un jeune innu, son grand-père devait lui montrer pour connaître tout (de la culture innue). Il connaît vraiment tout. &#13;
C’est toute un beauté de le voir en activité innue, sa connaissance (de la vie en forêt). Avec les raquettes, il est très habile à marcher avec dans le bois. Vois aujourd’hui, il est parti chasser la perdrix. À mon avis, il ne sera pas mis de côté. Tout le monde aura ce genre de jeune. Il y en a déjà beaucoup. Pourquoi les mettre de côté. Ils aiment eux aussi d’être dans la communauté.&#13;
AMA : Je parle des jeunes innus, ceux qui parlent l’innu-aimun et le français, comment on pourrait les rejoindre pour qu’ils parlent seulement l’innu-aimun ?&#13;
KG : Il va falloir absolument leur apprendre…&#13;
AMA : Ce sont les parents à prendre leur place pour leur enseigner, n’est-ce pas ?&#13;
KG : Il faut demander aux parents s’ils vont aimer que leurs enfants apprennent l’innu-aimun, qu’on leur parle en innu-aimun. J’en vois moi aussi des enfants qui ne parlent pas l’innu-aimun. Je ne sais vraiment pas moi aussi. Vois, nous avons nos petits-enfants dont leur père vient du Village Huron. Ces gens-là ne parlent pas leur langue maternelle à Québec.  Depuis qu’ils sont avec nous, on leur parle en innu-aimun. Aujourd’hui tous, ils sont vraiment capables de parler l’innu-aimun. Ils parlent comme nous autres nous parlons. Ce n’est pas difficile pour l’enfant d’apprendre une langue. Pourvu que le parent dise : « Il faut que tu parles l’innu-aimun ». Dans pas long, ils réussiront à acquérir leur langue innue.&#13;
C’est comme ça par exemple, si on ne leur apprend pas la langue, quand ils auront des enfants avec des Blancs, c’est sûr que l’enfant de parlera pas du tout la langue innue. Si nous voulons garder l’innu-aimun, il faut absolument leur apprendre la langue innue. La même chose pour les descendants qui auront des enfants, à leur apprendre la langue innue. Si vraiment nous voulons garder notre langue innue, notre culture.&#13;
Ce qui va arriver, on voit que plusieurs de nos aînés sont partis, ceux qui nous ont enseignés. C’est pourquoi je dis qu’aujourd’hui qu’il nous faut perpétuer (notre culture), ceux de notre génération, pour enseigner à nos jeunes innus. Il faut continuer à transmettre notre culture. Nos vrais connaisseurs innus (de la culture) sont presque tous partis. Comme moi, mon père est décédé. Cela fait trois ans. Il faut que je garde tout ce qu’il m’a enseigné, sa langue maternelle, son savoir, ses activités traditionnelles. Ce qu’il a montré aux jeunes. Il faut que je garde tout ça pour transmettre cela aux jeunes. Si je meurs, qu’il y ait déjà quelqu’un pour poursuivre (ce chemin du savoir).&#13;
Nous, nous avons une pourvoirie, ce n’est vraiment pas pour nous autres, nous l’agrandissons. Aujourd’hui nous pourrons accueillir vingt-quatre personnes. Ce n’est pas pour nous autres, moi et ma femme avançons déjà en âge. Ce n’est pas pour nous, le pourquoi que nous travaillons très fort (sur ce projet). Je m’en fous de l’argent.&#13;
KG : … quand ils auront des enfants, ils seront des purs Blancs. Ça va vraiment être difficile de leur parler en innu. N’est-ce pas ?&#13;
AMA : Oui. Une grosse perte dans la mémoire.&#13;
KG : On ne pourra jamais les arrêter les jeunes qui parlent les deux langues. Ils ne pourront jamais changer. C’est la langue… n’est-ce pas ?&#13;
AMA : Oui.&#13;
KG : Si on ne s’occupe pas de ceux qui ne parlent pas l’innu-aimun maintenant, quand ils auront des enfants, on ne pourra rien faire, ce seront de pur Blanc. Ça va déjà être rendu très loin.&#13;
Eddy : Ton plus beau souvenir de chasseur de caribous.&#13;
KG : La fois que j’ai été heureux c’est quand mon père a tué des caribous, on manquait de nourriture, il avait tué dix-huit caribous. Cela je vais m’en rappeler tout le temps. On avait presque manqué de nourriture. Un, deux jours seraient passé et c’est là qu’on aurait connu la famine. Quant il a tué dix-huit caribous, c’est cette fois-là que j’ai été le plus heureux dont je me souvienne. J’y pense très très souvent. C’est dans ma mémoire. Deux jours plus tard, je me demande ce qui serait passé, c’est à ça que je pense des fois.&#13;
Si vous avez d’autres questions. Moi il me semble que j’ai tout dit ce que j’avais à dire. Si vous avez d’autres questions, je suis prêt à vous en parler de ce que je me souvienne. J’aimais beaucoup écouter les gens dans le temps des magasins. Mais il n’y a plus de ces gens qui auraient pu en parler. J’ai pu apprendre des autres gens qui en ont parlé. Les histoires peuvent venir de n’importe où.&#13;
AMA : Il n’y a pas une histoire du magasin de Petshissikupat ?&#13;
KG : Certain qu’il y a une histoire sur ça, J’ai toujours entendu mon grand-père en parler. Il paraît que ça venait de Sheshatshit, les gros bateaux se rendaient jusqu’à Upatshishetshunat. C’est de là qu’on utilisait des petits bateaux. En hiver c’était en traîneaux tirés par des chiens jusque vers Petshissikupat. Tout l’été, les Innus étaient là n’est-ce pas ? L’été, pour fabriquer des canots, ils descendaient à Mishta-shipit. Ils s’en retournaient de Uinipeku-paushtiku. Ils allaient chercher des écorces de bouleaux pour fabriquer des canots. Ça leur prenait trois semaines de voyage pour trois jours de travail là-bas. Ils les avaient mis en paquet comme en ballot. Ils les ont embarqués pour les emmener à Petshissikupat. C’est l’été que l’on fabriquait des canots. Ils vont très loin pour chercher des écorces de bouleaux. C’est ce que racontaient les aînés.&#13;
Vois (le lac) Kanishtutamupan, pas loin de Petshissikupat. Il paraît que c’est là qui demeurait celui dénommé Kanishtutamupan. C’est un Anglais, un contremaître ou un agent. Il devait être deux. Celui dénommé Kanishtutamupan, il arrivait à comprendre l’innu-aimun, d’où vient son surnom. Il se rendait là en traîneau tiré par des chiens. Napessiss (Joseph André de Schefferville) m’a montré l’endroit où vivait Kanishtutamupan (feu celui qui comprend). Il dit c’est ce qu’on racontait, il ne l’a pas vu lui-même. Le magasin je le vois en photo. Quand j’ai vu la photo, ça faisait déjà soixante ans qu’il était fermé. Le toit était défoncé. L’entrepôt était à part. Un autre bâtiment, ça c’était pour les cercueils. C’est là qu’on devait déposer les corps. Je vois la photo et j’ai vu où il était situé. Tu devais voir toi aussi (s’adressant à Anne-Marie André).&#13;
AMA :Oui.&#13;
KG : Les aînés m’ont montré l’endroit où était situé le magasin. Et l’on déménagé à Fort Mckenzie, Kanitshishekakamau. Les gens de Fort Chimo l’été faisaient de la livraison. On utilise toujours les gros bateaux. Les autres magasins, je ne m’en souviens plus. Il y en avait un à la charge de Minaikut. Le marchand était Bastien Mckenzie. Un autre à la décharge de Ashuanipi, le marchand était Comiss, Napetshiss (Côme Pinette), tu dois le connaître (s’adressant à Anne-Marie). C’est lui qui avait la charge de ce magasin. Il y avait un autre magasin aussi à Meshikamat, Pashteu-(.). Mon père me l’a montré où il était situé. On voit le vestige de ce magasin, on voit le bois comment c’était installé. C’est une histoire très ancienne, ça doit faire une cinquantaine d’années. Aujourd’hui il est sous l’eau après avoir inondé Petshissikupat. C’est de ce que je me souviens et ce que l’on a raconté. Ce que nous disons quand nous regardons le site, l’emplacement a été bien choisi. C’est un beau lac. Il y a l’animal, le poisson. Un bon poisson. On le pêche très souvent. La même chose pour la perdrix. Quand il n’y en n’a pas beaucoup, on pouvait quand même en avoir à Petshissikupat.&#13;
À Pakuanipanan, (le lac) Shamanipan, Y paraît, c’était un dénommé Jean-Marie qui a découvert (ce lac) où il posera le filet. C’étaient les activités des Innus en hiver. Ils chassaient les perdrix, ils en ramassaient et les vendaient (au gérant) du magasin. Quand ils attrapaient des appâts, ils les vendaient au marchand. En échange, ils recevaient de la nourriture, la farine.&#13;
Quand les Innus venaient et qu’ils manquaient de nourriture, le marchand leur donnait les poissons pris et les appâts. (Le marchand) avait ramassé beaucoup d’appâts, beaucoup de perdrix et il en donnait aux Innus qui venaient et qui manquaient de nourriture jusqu’à épuisement.&#13;
Parfois mon grand-père disait que quand il lui manquait de provisions, la farine. Alors on partait pour aller s’approvisionner à Sheshatshit et ramener tout ça dans le bois. L’été en canot et l’hiver par des traîneaux à chiens pour transporter de la nourriture. C’est ce que racontaient les aînés. Les Innus qui se rapellent de ces magasins n’y sont plus. Ce sont seulement des histoires qu’on a entendues, mais pas de très loin quand même.&#13;
&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/686509698?h=34a5e923d7" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/686509698"&gt;Kunikuen Gabriel&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Évelyne : Quel est ton nom et tu es originaire d’où ?&#13;
Ernest : Mon nom est Ernest Dominique, je suis resté ici, mon père était originaire de Betsiamites. On m'a baptisé à Betsiamites. De temps en temps on y va à cet endroit, on a beaucoup de parenté.&#13;
Évelyne : As-tu un lien de parenté avec Madeleine ?&#13;
Ernest : Oui, c'est la fille de mon oncle.&#13;
Évelyne : Tu dis que ta mère est originaire de Ekuanitshit ?&#13;
Ernest : Non, elle vient de Pekuakamit, elle porte le nom de Siméon. C'est ton grand-père qui vient de Ekuanitshit ?&#13;
Ernest : Oui, notre grand-père vient de Mamit. Il est petit de taille et nous on est grand. Mon père aussi n'était pas grand. Mais ma mère est grande, les Siméon sont grands.&#13;
J’avais 10 ans, je me rappelle un peu ce qu'on faisait avant l'arrivée de tshisheuatishiun (bonté, générosité) les Innus restaient ici dans des petites maisons avant qu'ils reçoivent des maisons (grosses).&#13;
Évelyne : Comment vois-tu l’avenir des Innus ? Est-ce que la culture innue va exister longtemps ?&#13;
Ernest : Ils existeraient longtemps si les Innus se rassemblaient plus souvent pour se connaître, pour monter dans le bois, ça ne se fait plus comme avant depuis que nous vivons avec des blancs. C'est comme si on était gêné de vivre ensemble. Ici, il y a des blancs, on ne les voit presque pas, mais quand il y a des activités payantes là on les voit, les blancs.&#13;
Évelyne : Allons-nous exister longtemps ? Est-ce que la langue et la culture innue vont survivre longtemps ? Est-ce que l’Innu va rester dans le bois ?&#13;
Ernest : Ce que je pense, c'est comme si l’Innu ne voulait plus chasser parce qu'il y a trop d’argent. Avant l'arrivée de tshisheuatishiun, il n'y avait pas d'argent, tout le monde partait dans le bois pour subvenir à ses besoins. Aujourd'hui, tout le monde a de l'argent même l'étudiant a de l'argent. Et lorsqu'il a terminé ses études, il n'a pas besoin de monter dans le bois, il a beaucoup d'argent. La culture va probablement se perdre. Aussi, la langue innue, ils ne veulent pas le parler. Nous parlons toujours l’innu, c'est notre langue.&#13;
Évelyne : Vas-tu voir d'autres Innus comme tu dois avoir d'autres parents à Ekuanitshit, Betsiamites ?&#13;
Ernest : On y va toujours à Betsiamites voir notre parenté, car nous en avons beaucoup, les Dominique, les Hervieux. Même ma femme elle en a, mais elle ne les connaîtra pas si elle ne va pas les voir. Un jour, lors des activités, je lui dis d'aller dans une maison et c'est là qu'elle s'est découverte de la parenté, c'était les Picoutlaigan, celle qui s'est marié avec une Germain. Ce nom avait été changé pour Étienne par le curé.&#13;
Avec les argents d’Hydro Québec, ils veulent faire un terrain de golf. C'est beaucoup d'argent.&#13;
Évelyne : Et la culture Innue, ils ne s'en occupent pas ?&#13;
Ernest : Non, ils investissent l'argent ou ça va rapporter des revenus. C'est comme l'artisanat, il n'y en a plus parce que quand il y en a, ils ne payaient que très peu. Moi, je m'en souviens qu'une paire de raquettes, ils nous payaient 30 $ pour la faire et eux la vendait 200 $. On m'a demandé de faire des outils traditionnels pour gratter les peaux d’orignaux et quand je les ai terminés, ils ne nous ont pas invité pour montrer leur utilisation. Il y a juste les blancs qui travaillent. Il y a une grande injustice vis-à-vis des Innus. Avant ça, les Robertson avaient une grande entreprise, ils demandaient toujours quatre à cinq noms pour le travail et aujourd'hui, il y a seulement les blancs qui travaillent là.&#13;
Évelyne : Il doit y avoir beaucoup d'injustice puisque tu m'en parles souvent ?&#13;
Ernest : C’est une grande chose lorsque tu veux prendre ta place, ils te persécutent, ils te disent qu'ils vont t ‘emprisonner par les agents de sécurité publique qui sont des blancs et même des anglais, les Moar, le chef, on l'appelle ici, le blanc anglais, il vient de l'État de New York.&#13;
Évelyne : Si je te comprends bien, vous ne vivez plus comme un Innu vivait avant ?&#13;
Ernest : Non, ici pour nous, il n'y a pas grand-chose de ça, les blancs nous bloquent toujours lorsqu'on veut quelque chose. C'est comme la chasse, ils veulent s'approprier le plus possible de terrain. C'est ainsi encore, comme ils font avec les agriculteurs. Anciennement, ce n'était pas de même, les Innus s’accordaient très bien, tu pouvais aller à la chasse ou tu voulais.&#13;
Anciennement, on s'écrivait pour s'informer de notre situation et aujourd’hui, avec toutes les facilités qu'on a, on ne se donne plus la peine de le faire.&#13;
Évelyne : Je te sens peiné qu’il n'y a plus de ça aujourd’hui ?&#13;
Ernest : C 'est très regrettable aussi le fait de ne pas savoir où va l'argent et qu'est-ce qu'il va arriver plus tard ? De savoir qu'on va payer comme le blanc paye, d'ailleurs, nous commençons déjà à payer lorsqu'on achète de l'alcool ou le linge.&#13;
Évelyne : Que donnerais-tu comme message aux jeunes ?&#13;
Ernest : D’écouter et mettre en pratique ce que leurs parents leur disent. Aujourd'hui, les jeunes n'écoutent plus ce qu'on leur dit. Ils sont autonomes.&#13;
Évelyne : Et pour la langue innue, que leur dirais-tu ?&#13;
Ernest : On nous a dit qu'ils ne veulent pas engager un Innu d'ici pour enseigner la langue à nos jeunes, mais un nouveau de l'extérieur.&#13;
Évelyne : Tous tes enfants parlent l’innu ?&#13;
Ernest : Oui, et quelques-uns parle l'anglais.&#13;
Évelyne : Ce que tu appelles tshisheuatishiun, c’est l’argent ?&#13;
Ernest : L’argent que le gouvernement a donné aux Innus, nous on l'appelait de cette façon tshisheuatishiun&#13;
&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/682550199?h=439bd4d09a" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/682550199"&gt;Aness Ernest Dominique&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Évelyne :  Bonjour Dave !  Je sais que tu es originaire d’ici, de Mashteuiatsh et tu as dû sortir du village ?&#13;
Dave : Oui, évidemment, si on veut se perfectionner dans un domaine quelconque, il faut sortir. Tu n’as pas de cégeps et d’universités dans notre village. &#13;
Évelyne : En quoi tu as étudié ? &#13;
Dave : Moi, j’ai étudié en communications, plus spécifiquement en radio. J’ai eu le plaisir de travailler dans le domaine immédiatement à la fin de mes études &#13;
Évelyne : À quelle place ?&#13;
Dave : Je suis allé aux études à Jonquière. Il y a un département spécifique à Jonquière, département d’Art et Technologie des médias. J’ai fait mon cégep là. Par la suite, j’ai commencé par faire un petit cinq semaines à Port Cartier, sur la Côte-Nord.  Un stage et puis après ça, un emploi  qui devait être plus long que cela mais qui a duré cinq semaines et après, j’ai eu le bonheur de participer à l’ouverture d’une station radio régionale à Chicoutimi CFIX… qui a ouvert en 1987 et c’était une première station qui était une première station FM vouée à la musique populaire. Donc, ça a connu un immense succès dès le départ CFIX, j’ai eu le plaisir de participer à la création d’une radio, à l’émergence d’une radio régionale d’envergure extrêmement populaire. Ça fait que ça été un des moments absolument merveilleux que j’ai vécus. &#13;
Évelyne : Et ici au village, à la radio communautaire, est-ce que tu y as participé ou tu participes ? &#13;
Dave : Définitivement, c’est de là que commence en fait ma carrière radiophonique que j’ai entamée parce que j’ai commencé comme bénévole.  Je me souviens encore, Roger Dominique est encore là aujourd’hui, le pionnier de la radio. Des animateurs de la radio avaient lancé un appel en onde.  Moi, ça faisait quelques fois que j’allais voir les amis qui animaient là puis j’étais avec eux en studio, mais pas plus que ça. J’étais toujours impressionné, j’étais toujours également admiratif de la technique de la radio. Les consoles, le fait que l’on fasse jouer notre musique, de la bonne musique, le fait…les disques et tout ça, les écouteurs, les micros, ça m’impressionnait depuis longtemps, depuis que j’étais jeune. C’est ce qui m’attirait vers la radio en plus, la musique, je suis un amateur de musique, ça m’attirait vers la radio.  Donc, suite à l’appel fait par Roger, j’ai donné mon nom comme bénévole. J’ai fait du bénévolat à la radio communautaire ici à Mastheuhiash pendant des années, après ça j’ai étudié, après ça, j’ai fait de la radio disons plus professionnelle, dans le sens que ce n’était pas dans la communauté.  &#13;
Évelyne : Mais ici, présentement tu travailles en radio ? &#13;
Dave : Ici, présentement, je travaille au Conseil montagnais, parce que, à un moment donné, parallèlement en radio, c’est certain que j’ai évolué là-dedans, ma vie, par mes intérêts profonds, a pris une certaine tangente et j’ai décidé d’aller étudier en Sciences politiques.  Donc maintenant j’ai un emploi au Conseil des Montagnais dans le domaine de la négociation. Actuellement j’ai un emploi temporaire sur un programme communautaire mais je suis quand même président de la radio communautaire ici, président du conseil d’administration.  C’est ma façon de continuer mon implication, de me garder un pied dans la radio et puis aussi depuis quelques mois, j’ai repris un contrat d’animation dans une radio régionale AM cette fois-là, c’est plus une radio d’information plus parlée, ce que je n’avais jamais fait.  J’ai toujours fait de la radio FM musicale, maintenant je fais un petit peu plus de AM. Je travaille le dimanche à CKRS à Chicoutimi. &#13;
Évelyne : Mais il n’y a pas beaucoup d’autochtones qui se dirigent dans des communications, c’est assez rare, je n’en vois pas beaucoup.&#13;
Dave : Non, définitivement il n’y en a pas beaucoup. Effectivement il y a un manque dans ce domaine.  On n’en entend à peu près pas parler de gens qui se dirigent vers ce domaine-là, faut dire évidemment que les autochtones dont la langue première n’est pas le français, ne sont peut-être pas avantagés d’aller étudier, par exemple, un média oral où il faut bien s’exprimer en français. Ce qui fait qu’en partant ça peut freiner certaines personnes mais il ne faudrait surtout pas que ce soit freiner parce qu’il y a toujours moyen de parvenir à ses fins quand on a des buts.  C’est un beau métier et c’est un métier d’avenir. Aujourd’hui lorsque l’on pense à un métier d’avenir, on pense toujours à quelque chose de relier à l’informatique, mais il y en aussi plein d’autres : on pourrait parler de la foresterie, il y a de l’avenir et dans d’autres domaines il y a de l’avenir ce n’est pas juste dans la technologie de pointe qui offre des métiers d’avenir, mais la communication en a, parce qu’on a tout avantage dans le milieu autochtone à miser davantage et à être plus efficaces au niveau des communications puis au niveau, je dirais encore plus spécifiquement du journalisme. On ne suit pas assez de près les dossiers, on ne raconte pas assez bien les dossiers qui nous concernent. C’est un petit peu l’Omerta, la loi du silence souvent dans les réserves, on ne sait pas ce qui se passe. On a tout avantage… les jeunes devraient plus… la liberté d’expression … on est des Innus, on est libre, on se sent libre quand on est sur une réserve, mais ça c’est une autre liberté, la liberté d’expression, faut la promouvoir, faut encore plus…&#13;
Évelyne : T’es-tu eu, toi, des difficultés quand tu es allé à l’extérieur étudier en tant qu’Innu &#13;
&#13;
Dave : Franchement, je ne peux pas dire que j’ai eu des difficultés.  Moi, je suis une personne qui m’adapte très bien à toutes les situations, un caméléon.  Je n’ai pas vécu de difficultés, j’ai de bons rapports avec tout le monde mais ça fait partie de ma nature aussi, j’aime m’entretenir… l’amour dans le fond autour de moi, j’aime entretenir de bons rapports avec les gens, ça fait que j’évite de me placer dans des situations trop conflictuelles&#13;
Évelyne : Et avec ton nouveau métier je pourrais dire, ton nouveau en tant que… c’est complètement différent, c’est dans la politique ? &#13;
Dave : Oui, bien en fait j’ai travaillé dans… &#13;
Évelyne : C’est dans les communications mais … ? &#13;
Dave : Oui, c’est un petit peu une des raisons qui fait que mon employeur c’est intéressé à mes services je pense là, dans cette situation-là, quand je parle de politique j’ai travaillé au niveau des négociations, j’ai été embauché en partie pour mes capacités en communication mais il y a un champ d’intérêt qui me touche là, la politique, non pas la politique dans le sens de devenir politicien, de devenir un élu, simplement la politique avec un grand P, des enjeux sociaux, des enjeux juridiques.  Évidemment tout m’intéresse, j’ai étudié là-dedans, je n’ai pas terminé par exemple… j’ai pas eu le temps &#13;
Évelyne : Tu peux être polyvalent tu penses, aujourd’hui ? &#13;
Dave : Certainement qu’il faut être polyvalent aujourd’hui idéalement, ce n’est pas… ce n’est pas toujours facile la polyvalence.  A la limite, ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir l’être mais il faut essayer de l’être, je pense que oui. &#13;
Évelyne : Le métier que tu fais présentement, comment ça va dans la communauté ?&#13;
Dave : Je travaille présentement sur une base intérimaire sur un programme d’initiative communautaire.  C’est un programme qui vient d’être mis sur pied par le Conseil des Montagnais pour inciter le milieu à se prendre en main, à certains niveaux évidemment, pas à tous les niveaux, particulièrement au niveau des problèmes sociaux, et de la diffusion culturelle je dirais.  Le Conseil des Montagnais souvent n’est pas en mesure de répondre à des demandes, par exemple, de financement.  Ne faut pas se cacher, c’est de l’argent que les gens souvent demandent pour une idée, pour un projet. Avant que le programme sur lequel je travaille, existe, je n’avais pas… le Conseil était souvent tiraillé, il devait étudier la question spécifiquement, cas par cas, regarder ça.  La plupart du temps la réponse était non, mais maintenant il y a un programme qui est là. Les gens peuvent appliquer à un programme, peuvent monter un projet par exemple de banque alimentaire, peuvent organiser, je ne sais pas… Pour les démunis dans la communauté, si quelqu’un a l’idée de partir une maison pour eux-autres ou si quelqu’un à l’idée de partir… de faire déjeuner les enfants qui ne mangent pas le matin avant de partir pour l’école.  Ou encore, ça c’est le volet social, il y a le volet culturel aussi qui lui, si quelqu’un veut organiser un événement culturel comme là, prochainement, il va y avoir un symposium des Arts et de la Culture. Ça s’en est une initiative qui est financée par le programme sur lequel je travaille, c’est très intéressant. &#13;
Évelyne : Ça va se passer… ? &#13;
Dave : Oui, ça va se passer ici à la fin juillet &#13;
Évelyne : Et ça regroupe combien de monde… ?&#13;
Dave : Le symposium ?&#13;
Dave : Le symposium devrait regrouper pas mal d’artistes et d’artisans. D’ailleurs ils font un effort assez intéressant pour faire participer des Autochtones d’autres nations qui ont des liens étroits.  Ça va être un bel événement qui va se dérouler fin juillet. &#13;
Évelyne : Si tu avais un mot à dire aux jeunes c’est quoi ? Quel message tu laisserais aux jeunes toi ? &#13;
Dave : C’est faire sa place !  Pour faire sa place faut essayer le plus possible de se fixer des buts qu’on pense atteignables… de se faire confiance parce qu’on vient qu’on se connaît. Plus ont vieilli, plus on se connaît, on est capable de savoir ce qu’on… quelles sont nos capacités et quels sont nos buts. Ça, un moment donné, peut-être que des jeunes qui ne voient pas de lumière au bout du tunnel, s’ils ont vécu des enfances pas très faciles ou des adolescences pas très faciles, je pense que s’ils arrivent à passer à travers ça, en tout cas, c’est déjà une bonne étape et après ça, on se connaît et on apprend à savoir ce qu’on veut de nous, qu’est-ce qu’on peut faire. Et à partir de là, c’est là, ne lâchons pas ! Ayons, gardons nos buts. Faisons, prenons les étapes nécessaires pour arriver à nos buts sans lâcher ! &#13;
Évelyne : T’as-tu d’autres choses à ajouter ou dire ? &#13;
Dave : Bien moi c’est vrai, je n’ai pas souvent l’occasion de le dire, merci de me donner cette opportunité-là.  Moi tellement… je le dis de temps en temps mais jamais publiquement, c’est rare, j’hésite pas à le dire mais j’ai tellement vécu une enfance heureuse ici à Mashteuiatsh , j’ai tellement été un enfant heureux que…. Ce sera toujours un endroit… toujours ma place c’est certain. Souvent je suis nostalgique… je suis encore très heureux aujourd’hui je veux dire, mais ce n’est pas pareil… C’est une belle place ici Mashteuiatsh, regardez le lac, le caméraman a pris des images. C’est absolument fantastique les couchers de soleil, les levers de soleil. Bon, au niveau physique c’est merveilleux, mais les gens aussi, les Ilnuatsh des gens simples, c’est des gens qui sont heureux malgré que depuis quelques années-là, une dizaine, une quinzaine d’années c’est plus difficile socialement à cause de différentes choses, entre autres, la loi C-31, le fameux débat qui a entouré cela, mais fondamentalement les Ilnuatsh c’est un peuple qui est plaisant à vivre, on est le fun, on est du monde le fun. J’ai été heureux ici, je le suis encore ! &#13;
Évelyne : Merci ! &#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/680674096?h=89bf404cca" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/680674096"&gt;Dave Casavant&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Oral History</name>
      <description>A resource containing historical information obtained in interviews with persons having firsthand knowledge.</description>
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              <text>Evelyne  	Pourquoi es-tu à Maliotenam ?&#13;
Zac. 	Je viens de Uanamen shipu et je suis venu ici à cause du pensionnat. Ma femme vient de Maliotenam.&#13;
&#13;
Evelyne 	Retournes-tu à Uanamen shipu des fois&#13;
Zac 		Des fois, qua, nd j’ai un peu de temps je retourne voir ma mère.&#13;
&#13;
1min 11&#13;
Evelyne	Qu’est-ce que tu fais à Mani Utenam&#13;
Zac		J’amène les enfants dans le bois&#13;
&#13;
Evelyne	S’il n’y a pas d’enfant, qu’est-ce que tu fais?&#13;
Zac		Je vais dans le bois, dans le territoire. Je suis toujours dans le bois&#13;
&#13;
Evelyne	Est-ce que tu chasses pour la fourrure ou la nourriture ?&#13;
Zac		C’est beaucoup plus pour la nourriture, les fourrures se vendent beaucoup moins cher qu’avant.&#13;
		1min 44 C’est pour la nourriture, le caribou, le poisson, le castor. Si j’en tue beaucoup, je téléphonerai au conseil de bande pour qu’il distribue à ceux qui en 		ont besoin. 2min 14 C’est surtout pour les aînés, ça fait déjà plusieurs fois qu’on amène du poisson à la maison des ainés, comme la truite grise. Les vieux 		préfèrent le poisson.&#13;
&#13;
Evelyne	Tu enseignes des techniques en forêt, la survie en forêt, Comment as-tu appris ces techniques ?&#13;
&#13;
2min 39&#13;
Zac	&#13;
Je n’enseigne pas tellement mais je parle aux enfants, je leur donne des exemples et des explications pour qu’ils ne se perdent pas en forêt. Aussi, ils me regardent faire des choses, mais ce n’est pas vraiment l’enseignement structuré. 3min 03. Je leur dis aussi où c’est dangereux et des fois je les amène pour qu’ils voient le danger. Comme la glace, la neige, &#13;
3min 19&#13;
Evelyne	Pourquoi aimes-tu la forêt ?&#13;
Zac	Je suis né en forêt et pour moi, même si je travaille en forêt, c’est comme être en vacances toute l’année et je pense que les enfants que j’amène avec moi le sentent aussi.&#13;
&#13;
3min 37	&#13;
Evelyne	Es-tu le seul qui montre aux enfants ces connaissances ?&#13;
Zac	Je ne suis pas le seul à faire ce travail, Pour moi, ça fait 18 ans que je fais ce travail et avec moi, il y a une femme qui s’appelle Julienne et qui montre le travail qu’il y a à faire à l’intérieur de la tente, la cuisine, la couture, le tricot, etc, tout ce que les jeunes devraient savoir pour être autonome en forêt.&#13;
4min 14&#13;
Evelyne	Et toi, que fais-tu pendant ce temps là ?&#13;
Zac	Nous on se promène beaucoup en forêt, quelquefois près de la tente, on enseigne à fabriquer des raquettes, des traîneaux, toutes ces choses, ces outils nécessaires. Souvent on va à la chasse à la perdrix, au porc épic, on apprend à lire les pistes.&#13;
4min 35&#13;
Evelyne	Est-ce que tu fais autre chose ?  Je t’ai déjà vu faire des canots et montrer à mon fils comment en faire.&#13;
Zac	Oui, moi je l’ai appris d’un ainé, François Pilot. Celui-ci m’a dit que quand je saurai faire un canot, va falloir que je l’enseigne ce savoir à d’autres.&#13;
	Les jeunes à qui j’enseignent doivent d’abord aimer aller en forêt et à faire un canot. Il faut qu’il soit habile de ses mains. Ton garçon, lui aimait ça et c’est pourquoi, je lui ai enseigné. &#13;
5min 21&#13;
Evelyne	Est-ce que les enfants aiment ça vivre en forêt?&#13;
Zac	Oui, ils aiment ça, ils ne s’ennuient pas, ils font beaucoup d’activités. Mais dès qu’il y en a un qui s’ennui et qu’il veut descendre, alors on dirait qu’il donne le goût aux autres de s’ennuyer. Étant donné que l’on écoute beaucoup la radio dans le bois, quand il y a des tournois de hockey par exemple, c’est là qu’ils veulent descendre. C’est dans ces moments que les jeunes s’ennuient le plus.&#13;
6min 13&#13;
Evelyne	Est-ce que vous accédez toujours à leur désir?&#13;
Zac	Non, On essaie toujours d’être ensemble et de garder le groupe intact, on est monté ensemble et on devrait redescendre ensemble. C’est comme ça qu’on faisait autrefois.&#13;
&#13;
6min 37&#13;
Evelyne	Toi, tu l’as appris avec tes parents, mais aujourd’hui avec l’école et tout, ce n’est pas facile. Les parents n’ont pas appris à cause du pensionnat.&#13;
Zac	C’est ce qu’on fait avec les jeunes, on leur montre l’innu aitun, les connaissances traditionnelles innues. Autrefois, les enfants montaient avec leurs parents et apprenaient automatiquement ces connaissances, &#13;
                          C’était leur quotidien. On doit leur faire vivre ces choses, c’est comme ça qu’ils vont retenir les informations. Il faut aussi vérifier si tout le monde a saisi la situation. Chaque journée amène son lot de situations différentes et il faut vivent ces situations pour acquérir l’expérience nécessaire à assurer sa survie. La langue innue est nécessaire pour apprendre cette transmission.  Nous devons donc leur enseigner en langue innue.&#13;
	On répétera souvent, jusqu’à temps qu’on voit que les enfants ont retenu la leçon.&#13;
7min 54&#13;
Evelyne	Est-ce que tu vois aujourd’hui des jeunes qui suite à leur séjour en forêt ont le goût d’y retourner ?&#13;
8min 02&#13;
Zac	Oui, il y en a beaucoup, ceux qui revienne, ce sont des jeunes qui aiment beaucoup la forêt. Il y en a d’autres qui avaient abandonnés l’école pour venir avec nous et parfois il y en a qui retournent à l’école. Ça peut donner le goût de terminer quelques choses. Pour plusieurs autres, ce qui les retient, c’est qu’ils ont entendu des histoires négatives en forêt comme la famine ou encore un accident et ça les empêche de retourner en forêt.&#13;
	C’est dur la vie en forêt, c’est sûr, mais quand tu arrives le soir fatigué de ta journée, une bonne fatigue qui t’apporte de la fierté. Tu as appris beaucoup de chose propre à ta culture et c’est valorisant.&#13;
9min 35&#13;
Evelyne	Est-ce que tu aimes ça vraiment vivre en forêt malgré tout ça ? Qu’est-ce que tu trouves de bon là-dedans?&#13;
Zac	J’aime beaucoup être en forêt. Quand on reste ici au village, on écoute la télévision et c’est souvent des mauvaises nouvelles. Quand tu es en forêt, tu penses d’bord à t’occuper de toi à être bien. On vit au présent. Je m’occupe d’être confortable dans ma tente avec tout ce que j’ai besoin.&#13;
&#13;
10min. 29&#13;
Evelyne	Pourquoi moi quand je vais en forêt j’ai toujours peur, je regarde partout et j’ai peur. &#13;
&#13;
10min.40&#13;
Zac	Peut-être que quand tu étais jeune, pour t’empêcher d’aller trop loin, on te faisait peur. En fait on voulait te protéger.&#13;
	Nous autres aussi, on nous faisait peur, par exemple au printemps quand les rivières sont grosses, on nous défendait d’aller trop loin.&#13;
	En fait on avait peur que tu ne laisse pas de trace et qu’on risquait de ne pas te trouver ou peut-être qu’on était tannant un peu et on nous faisait peur pour qu’on arrête.&#13;
&#13;
11min 40	&#13;
Evelyne	Dans le bois dans le fond, n’y a rien pour nous faire peur.&#13;
Zac	Peut-être les animaux, mais les animaux ont peur de l’être humain. &#13;
&#13;
11min 49&#13;
Evelyne	Est-ce que les enfants ont peur eux-autres dans le bois ?&#13;
Zac	Il y a des choses dangereuses dans le bois et on leur dit. Mais ils n’ont pas peur car ils ne le vivent pas.  Mais quand ils vont vivent quelque chose comme les petites tornades, l’eau comme c’est dangereux, le vent…Tout ça c’est dangereux. On leur en parle. Quand ils se sont mouillés un peu, là ils s’en souviennent, c’est l’expérience qui entre. Il faut qu’ils le vivent pour comprendre vraiment.&#13;
12min 25  &#13;
Evelyne	Katshimetaushu, Carcajou, ce n’est pas dangereux ?&#13;
Zac	Je n’ai jamais senti cette peur là et je n’ai jamais rencontré personne qui m’ai fait peur. Cependant, il y a une fois où quelqu’un à lancer une roche, mais qui, il n’y avait personne d’autre que moi, c’était comme une présence, j’ai eu peur.&#13;
	Katshimetaushu, on en parle souvent, mais moi-même je n’ai jamais senti sa présence mais tout le monde en parle.&#13;
&#13;
13min 28&#13;
Evelyne	Est-ce que les enfants eux aussi sentent des choses en forêt, des présences ?&#13;
Zac	C’est sûr que les enfants sentent ces choses, Des fois, quand il fait froid et que la glace et les arbres craquent. Les enfants se demandent c’est quoi et ils ont peur. Ils sont cependant curieux et à l’affût d’entendre ces choses-là.&#13;
&#13;
14min 01&#13;
Evelyne	Est-ce qu’un enfant t’a déjà parler de Katshimetaushu ?&#13;
Zac	Non ce n’est jamais arriver.&#13;
&#13;
14min 19&#13;
Evelyne	Si en forêt quelqu’un se blesse, est-ce que vous utilisez la médecine traditionnelle ? Est-ce que tes parents l’utilisaient ?&#13;
&#13;
14min 38&#13;
Zac	Aujourd’hui, en forêt, s’il arrive un accident, on utilisera la radio CB et selon la gravité de la blessure, on fera venir l’avion. En même temps, les ainés nous donnent des conseils sur ce que tu dois faire. &#13;
	Il y a aussi la boîte de premier soin, mais on ne voudrait jamais avoir besoin de l’utiliser.&#13;
&#13;
15min. 21&#13;
Evelyne	Comment tu te sens en forêt ? Comment tu vis ça ?&#13;
Zac	Quand on est au village, je me sens paresseux. Tout est là, prêt. Dans le bois, tu ne peux pas être paresseux, il y a toujours quelque chose à faire. Tu dois planifier même pour manger. Au village on te dira simplement viens manger… Dans le bois, c’est moi qui dois s’occuper de mon bien être.&#13;
	Il y a toujours quelque chose à faire. Quand tu tends des pièges, tu faire la tournée de ces pièges souvent. Il y a le bois de chauffage, l’eau à aller chercher. Alors là, je ne suis pas paresseux.&#13;
	Ça me prend du temps des fois ici au village pour me décider à faire quelque chose.&#13;
	Ici au village, même les distances de 1 mille 2 milles me semble loin. En forêt, tu n’as pas cette notion-là. Tout en faisant ce que tu as à faire, tu ne t’en aperçois même pas et tu as franchis ces distances-là. Ça ne paraît pas loin. Ce que j’aime bien forêt c’est qu’on a le temps de penser à soi aux autres, le temps de s’organiser.&#13;
&#13;
17min 17&#13;
Evelyne	Quand tu étais jeune, est-ce que vous étiez toujours dans le bois avec ta famille ?&#13;
Zac	Oui, on était toujours en forêt jusqu’à un moment donné un prête est venu voir mon père pour lui dire qu’un de ses fils devait partir pour le pensionnat pour apprendre le français et servir d’interprète plus tard. Je suis allé au pensionnat de Mani utenam.&#13;
	Quand j’ai fini l’école, mon père ne pouvait plus se fier sur moi car je ne connaissais pas assez le bois et c’était à peu près la même chose du côté des blancs. J’étais comme un ignorant, un. Mélangé. Je n’étais pas bon à grand-chose.&#13;
18min 17&#13;
Evelyne	Qu’est que tu as fait à la Uanamen shipu comme travail après le pensionnat?&#13;
Zac	J’ai travaillé à la Baie d’hudson comme commis, J’ai vécu 7 ans à Uanamen shipu. Je me suis marié et quatre ans plus tard on est déménagé à Mani utenam.&#13;
	On trouvait que l’hôpital était trop loin quand les enfants étaient malades. C’était une question de sécurité surtout pour les enfants. &#13;
&#13;
19min 04&#13;
Evelyne	Tu as été chef à Uanamen shipu, je pense ?&#13;
Zac	Je me sentais bien quand j’étais chef, car j’avais des sages qui me conseillait, ils me disaient quoi dire, quoi faire et moi étant donné que je parlais français, je pouvais faire des demandes en leur nom.	Ça été une expérience très positive et j’ai appris beaucoup avec ces sages.&#13;
	C’est qu’il fallait que je trouve les mots pour traduire leurs demandes. C’était l’époque de la construction du village et il y avait beaucoup à faire. Fallait que les demandes soient acceptées au ministère des affaires indiennes. Le français m’a aidé beaucoup pour cette tâche. &#13;
20min 07&#13;
Evelyne 	Tu as été chef pendant combien de temps ?&#13;
Zac	Pas loin de 2 ans&#13;
	On a fait beaucoup de choses pendant ce 2 ans, une coopérative de pêche. Ça été très difficile de comprendre tous les termes, qu’est-ce que c’est une coopérative et ses règles les assurances et tout expliquer en langue innue à mes conseillers. Ces mots-là n’existaient pas en innu. Tout comme l’argent et son système. Il fallait apprendre. Après 2 ans, ma femme était retournée à Uashat pour enseigner et je suis allé la rejoindre.&#13;
&#13;
21min 24&#13;
Evelyne	Quel travail as-tu fait ici à Maliotenam ?&#13;
Zac	J’ai fait beaucoup de choses, J’ai été chauffeur d’autobus, j’ai appris la plomberie, j’ai suivi un cours de plomberie.&#13;
&#13;
22min 15&#13;
Evelyne	Quand tu t’est envenu ici à Maliotenam, est-ce que tu allais dans le bois avec des ainés ?&#13;
Zac	Oui, je suis monté avec de bons amis comme Pierre Michel, Kunikuen, Mark Sandy, Ceux-ci oont continué à m’enseigner. Ils m’ont appris beaucoup. Je n’avais pas le choix d’apprendre ou de réapprendre ce que j’avais perdu au pensionnat.&#13;
&#13;
22min 59&#13;
Evelyne	Plus tard quand tu as monté au millage 110, est que tu avais l’autorisation de quelqu’un pour t’installer sur son territoire ?&#13;
Zac	Non, c’était l’endroit où j’enseignais à Nutshimiu atteuseun avec les jeunes. Je connaissais très bien ce territoire.&#13;
	On partait d’ici pour s’en aller au lac Siamois où était située l’école en forêt. Également, le train arrêtait à cet endroit. Le 110 était donc un relai entre Maliotenam et le lac Siamois.&#13;
&#13;
23min 32&#13;
Evelyne	Est-ce que tu penses qu’aujourd’hui, il va encore avoir des chasseurs traditionnels?&#13;
Zac	Il faut qu’il en ait, sinon ça n’ira pas bien et on s’en irait alors vers l’extinction.&#13;
&#13;
23min 48&#13;
	Il faut que les jeunes apprennent comment ça se passait autrefois. S’ils vont à la chasse pour vendre leurs produits, il y a un gros problème. Autrefois on vivait en communauté et on partageait tout. Il faut que l’esprit du chasseur traditionnel innu persiste sinon on va vendre les produits et les jeunes ne se souviendront plus ce qu’était innu aitun.&#13;
	Ça va être seulement ceux qui ont de l’argent qui vont pouvoir manger la nourriture innue, ceux qui n’ont pas d’argent ne pourront pas en avoir pour manger.&#13;
&#13;
24min 08&#13;
Evelyne	C’est comme ça que tu enseignes aux enfants ? Tu leur parle de partage ?&#13;
Zac	On essaie de leur faire vivre ce partage et leur montrer comment départager la nourriture entre eux.&#13;
&#13;
24min 32&#13;
Evelyne	C’est difficile le partage. Qu’est-ce qu’on doit regarder quand on fait le partage ?&#13;
Zac	Si tu regardes juste ta famille, ça sera assez simple de partager, mais si tu vas plus large et que tu penses à&#13;
 	Ceux qui en ont vraiment besoin, et que personne est là pour les aider, alors là ça se complique. Il faut voir plus large car nous vivons en communauté.&#13;
&#13;
Evelyne	Qu’est-ce que tu penses des personnes qui manifestent pour le territoire et contre ces réalisations minières gigantesques dans le territoire ?&#13;
25min 11&#13;
Zac	La plupart des personnes qui manifestent pour le territoire ne vivent pas dans le territoire, ils se servent d’écrits, de cartes, d’avis juridiques. Je pense que pour défendre la terre, le territoire, il faut y vivre. Si tu laisses le territoire à l’abandon, tu auras beaucoup de misère à le défendre. C’est quand même rare depuis que je vis ici à Maliotenam que je rencontre quelqu’un qui vit dans le bois ou encore qui s’organise pour le faire. Aujourd’hui, on parle plus du territoire comme d’une propriété et non comme un endroit pour y vivre. J’en rencontre qui y vont une semaine ou deux, mais c’est rare quelqu’un qui va passer l’hiver et faire sa tournée de pièges à chaque jour.	Quand tu prends le train, tu remarqueras que les camps sont pratiquement tous sur le bord de la voie ferrée, un peu comme des touristes. Les innus ne vont plus à l’intérieur du territoire. Ils n’habitent pas là, ils ne font que passer.&#13;
26min 32&#13;
Evelyne	Tu trouves qu’il n’y a pas assez de gens qui vont dans le bois ?&#13;
Zac	Si on veut vraiment vivre en forêt, cela implique qu’on nettoie les portages pour commencer. Il y a des arbres qui peuvent tomber. On doit le faire régulièrement. Maintenant quand je vais en forêt, je vois beaucoup plus de blancs que d’innus. &#13;
	Ceux-ci se construisent autour de beaux lacs, là où il y a beaucoup de poissons. Ils se construisent de beaux chalets et y vont en avion.&#13;
28min 28&#13;
Evelyne	Est-ce que tu penses que notre façon de vivre en forêt « innu aitun » va continuer de vivre encore longtemps ?&#13;
Zac	On doit continuer, bien sûr ça ne sera pas comme autrefois. Aujourd’hui, il y a des motoneiges et la raquette est devenue un accessoire mais demeure encore nécessaire. On ne rame plus, on utilise des embarcations à moteur. On va vivre l’innu aitun mais d’une autre façon, plus moderne. On ne pourra jamais vivre comme autrefois.&#13;
&#13;
28min 22&#13;
Evelyne	Comment vois-tu l’avenir ?&#13;
Zac	Ce que j’aimerais bien, c’est qu’il y ait du monde un peu partout dans le territoire et qu’on se parlent, qu’on se visitent. Que ces gens habitent le territoire et y vivent.&#13;
	Malheureusement, je pense que c’est terminé aujourd’hui, on ne peut pas revenir en arrière.&#13;
	Autrefois, il n’y avait pas personne pour te dire que tu marchais sur son territoire. Il n’y avait pas de frontière et le territoire était à tout le monde. Aujourd’hui, on se fait dire que l’on est dans le territoire de l’autre. Ce n’est pas très drôle. Cette situation vient du fait que quand on a créé les lots de trappe, beaucoup d’innus ont pensés que ces lots leur appartenaient comme une propriété et non comme un gestionnaire du lot. On a arrêté de voir le territoire comme celui des familles et des ancêtres. Tu peux peut-être le dire à un blanc que c’est ton territoire, mais pas à un autre innu. Si on continue de cette façon, on ne pourra plus occuper le territoire comme on l’occupait auparavant.&#13;
30min.24&#13;
Evelyne	Qu’est-ce que tu vas faire cet été ?&#13;
Zac	J’aimerais aller à Sheshashit en canot, c’est un bon voyage. Je ne sais pas encore avec qui je vais y aller. C’est vraiment un voyage que j’aimerais faire. J’aimerais partir de la rivière Moisie, il y a beaucoup de portages et certains n’ont pas été nettoyés. Il y a sûrement encore des gens qui s’en souviennent un peu&#13;
&#13;
Evelyne	Avec qui aimerais-tu y aller ? Penses-tu qu’il y a des gens qui t’accompagneraient ?&#13;
		Est-ce que tu lances l’invitation pour savoir qui serait intéressé ?&#13;
Zac		Oui, j’aimerais ça, je vous donne jusqu’à Noël pour vous décider et pour savoir combien on serait.&#13;
		Il faut préparer le voyage, penser aux tentes aux canots…&#13;
&#13;
32min 18&#13;
Evelyne	Ça va prendre combien de temps tu penses ?&#13;
Zac	Avant on parlait de 1 mois, mais les gens étaient plus en forme que nous et connaissait très bien cette façon de vivre. En plus les portages étaient entretenus. Aujourd’hui, les repères vont être durs à trouver car il y a eu de la repousse partout, il y a eu des feux de forêt. Aujourd’hui, on peut parler de deux mois pour faire une pareille distance, si on ne se mélangent pas trop. On n’a pas la même capacité qu’autrefois.&#13;
	L’invitation est lancée, il y a une première condition, il faut que tu aimes aller en forêt.&#13;
&#13;
&#13;
&#13;
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Oral History</name>
      <description>A resource containing historical information obtained in interviews with persons having firsthand knowledge.</description>
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              <text>Yvonne Vollant-André: Je m’appelle Mme Vollant, Mme Bernard Vollant. Le nom de famille de mon père est André. C’est mon nom (de famille) de jeune fille. Je vais raconter là où nous avons grandi, sur le territoire de chasse de mon père, d’où nous descendions, dans la région de Uashau-pakuanipanan (lac Vézina). Je suis née à Mushuat (la toundra), plus loin du territoire de mon père. C’est alors que nous descendions du territoire de chasse de mon père.&#13;
Luc André : Je vais traduire.  Il (sic) elle dit : « mon nom c’est Yvonne, je suis la femme de Bernard Vollant. Mon père il s’appelle Mathieu André. Je vais parler », elle dit, « notre territoire c’était plus Uashau-pakuanipanan » qui appelle, c’est le lac Vézina dans le Labrador. Mais elle est née proche de la Rivière Georges. (S’adressant à Mme Vollant) Continue.&#13;
Yvonne Vollant-André: Alors nous descendions et je vais vous raconter de ce que je me souviens seulement. En descendant, Là où nous avons connu le gel à l’automne, c’est là que se trouvaient les canots, les canots de mon père. Ils étaient installés comme dans un échafaud. Au printemps, on allait les chercher et on les traînaient en descendant.&#13;
Luc André : Elle dit que… elle va parler plus de ce qu’elle se rappelle quand elle était plus jeune. Puis elle dit, le lac, où c’était gelé, c’est là qu’ils laissent leurs bateaux, leurs canots, puis ils faisaient comme pour soulever, ils accrochaient en haut des arbres pour le canot. C’est à partir de là au printemps que son père ou les autres allaient chercher les canots pour préparer à descendre.&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est alors que nous descendions en toboggan…&#13;
Luc André : « Là », elle dit, « on commençait à descendre parce que les lacs étaient encore pris, pis on transportait les canots.&#13;
Yvonne Vollant-André: Pour descendre, nous allons nous rendre à Minaikut.&#13;
Luc André : Pis elle dit « nous autres, on va aller à Minaiku, un des lacs proches de Schefferville.&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est là que nous allons nous réfugier. Dis-lui qu’un dénommé Bastien Mckenzie, il avait là un magasin, mais il n’y avait pas beaucoup de nourriture. Il vendait de la farine, il en laissera un peu de côté pour les chasseurs qui descendront. C’est à cet endroit pour la première fois que l’on mange le pain.&#13;
Luc André : Elle dit : « il y avait un nommé M. Bastien Mckenzie qui avait comme une sorte de magasin proche de Minaiku, pis c’est là qui euh… il gardait pour tout le monde, tous les chasseurs proches qui passaient par là, une partie de la farine. C’est la première fois de l’hiver qui vont manger de la farine, du pain.&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est l’endroit où l’on attendait les Innus.&#13;
Luc André : C’est là que l’on attendait les autres familles pour se rassembler.&#13;
Yvonne Vollant-André: Attendre que le lac soit dégelé.&#13;
Luc André : « C’est là qu’on attendait », elle dit, « pour que le lac dégèle ».&#13;
Yvonne Vollant-André: On chassera que… encore pour la survie, du poisson.&#13;
Luc André : La seule manière de se nourrir, c’était le poisson, en attendant les autres familles.&#13;
Yvonne Vollant-André: Aujourd’hui il y a tellement de choses (équipements ou nourriture?); dans mon enfance, il n’y avait rien de cela.&#13;
Luc André : Elle dit, dans le temps qui allaient à la chasse eux autres, aujourd’hui elle dit, on voit qu’il y a beaucoup de gibiers, beaucoup de poissons, mais dans le temps c’était très rare.&#13;
Yvonne Vollant-André: Vois au printemps, le poisson n’est pas bon.&#13;
Luc André : Elle dit au printemps le poisson n’y est pas gras.&#13;
Yvonne Vollant-André: Il est maigre.&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est là qu’on attendait. Voilà l’arrivée du gibier (le canard). C’est alors qu’on se rend à Uepashkueshkau (rivière McPhaden).&#13;
Luc André : Elle dit : « Quand le canard arrive, là on déménage pour Uepashkueshkau, proche du Millage 328 à peu près, ou (au Millage) 310.&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est là que les Innus se rendent. Ils arrivent les uns après les autres.&#13;
Luc André : C’est là que le monde se rassemble. Chaque jour, il y a du monde qui arrive pour se regrouper là, dans ce lac-là (sic, rivière).&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est là que l’on mange de la bonne nourriture, le poisson. On tue le gibier, tout le monde est à la chasse.&#13;
Luc André : « C’est la première fois qu’on commence à avoir de la nourriture », elle dit. « Tout le monde chasse, le canard pis l’outarde arrivent là. »&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est là qu’on s’installe, car c’est le dégel des lacs. Environ deux semaines qu’on s’y installe. On se fait des provisions aussi pour descendre la nourriture.&#13;
Luc André : Elle dit « on restait là pendant deux semaines. Chaque famille ramassait de la nourriture pour, qui auront besoin pour la descente vers le littoral. »&#13;
Yvonne Vollant-André: On descend selon notre rythme. Il n’y a jamais de halte. Le voyage continue toujours en canot.&#13;
Luc André : Une fois qu’on a commencé, on n’arrête jamais. Ça va être continuel.&#13;
Yvonne Vollant-André: Et nous manquions déjà de la nourriture à la descente (à la côte).&#13;
Luc André : Y en reste pu déjà la nourriture quand on est proche du littoral.&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est alors qu’on descend et…&#13;
Pierre Lepage : Y a de la neige encore, les lacs sont encore gelés en haut (.)?&#13;
Luc André : Y attendent que les lacs soient dégelés pour descendre. Mais quand ils commencent dans leur territoire, les lacs sont gelés encore. Là ils traînent leurs canots.&#13;
Yvonne Vollant-André: On attendait vraiment que ça dégèle.&#13;
Luc André : …jusqu’à Minaiku parce que c’est une grande rivière (sic lac), c’est le premier qui dégèle.&#13;
Yvonne Vollant-André: Il y en a aussi en descendant des grands lacs.&#13;
Luc André : Elle dit aussi qu’il y a beaucoup de grands lacs que l’on rencontre.&#13;
Quand tu disais (s’adressant à sa mère) que les innus se rencontrent, est-ce qu’ils étaient contents de se retrouver ?&#13;
Yvonne Vollant-André: Bien sûr qu’ils sont contents. Il y a un grand festin quand le canard arrive. On mange ensemble, à la descente de l’endroit appelé Uepashkueshkau.&#13;
Luc André : Elle dit « quand on se réunissait, là sont arrivés les outardes, on faisait un makusham (festin traditionnel). Tout le monde mangeait ensemble.&#13;
Yvonne Vollant-André: On mangeait dehors. Tout le monde se mettait à cuisiner comme ce que l’on fait ici. »&#13;
Luc André : Elle dit « c’est comme aujourd’hui ». Tout le monde fait la cuisine. À chaque famille fait la cuisine qui va amener pour le makusham.&#13;
Yvonne Vollant-André: Aussi quand une famille avait plusieurs enfants, trop de personnes dans un canot, on s’entraide.&#13;
Luc André : Pis elle dit : « Si ceux qui ont beaucoup d’enfant là, la famille qui a beaucoup d’enfants, quelquefois on prend l’enfant pis on le met dans le canot, dans son propre canot. On s’entraidait avec ça », elle dit.&#13;
Yvonne Vollant-André: Aussi, prendre l’enfant de l’autre sur son dos.&#13;
Luc André : Pis en même temps dans un portage, on transportait même l’enfant des autres pour l’aider à marcher plus vite ou à descendre plus vite.&#13;
Yvonne Vollant-André: (à voix basse) On avait tellement de la misère. Nous sommes toujours à la descente. Au premier endroit, c’est vrai, il y avait un autre genre de magasin. Là il y avait un Blanc, il avait un petit magasin. Il y avait aussi feu Napetshiss (Cômiss Sr Pinette). Lui également avait un petit magasin.&#13;
Luc André : Elle dit qu’il y avait deux autres magasins, il y avait un Blanc et un Indien Cômiss Pinette, un Indien de Sept-Iles.&#13;
Yvonne Vollant-André: Où il y a une grande maison, comment ça s’appelle ? Ashuanipu.&#13;
Luc André : Ashuanipu, elle dit qu’il y avait un magasin là.&#13;
Yvonne Vollant-André: On mangeait encore un peu de pain à cet endroit. (rires)&#13;
Luc André : Une seconde fois qu’on mange du pain.&#13;
Yvonne Vollant-André: Il va falloir écourter, on ne pourra pas parler de tout.&#13;
Luc André : Ça ne dérange pas.&#13;
Yvonne Vollant-André: Ah ! ok&#13;
Pierre Lepage : C’est sûr c’est ça que je veux savoir.&#13;
Luc André : C’est ça qu’on veut (s’adressant à sa mère).&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est à cet endroit que l’on s’installe, peut-être deux jours. Il y a des visiteurs, il y a aussi des innus.&#13;
Luc André : À Ashuanipi, elle dit, on rencontre d’autres familles. Ils reviennent, ils se rassemblent encore. On attend deux jours, on reste là deux jours pour les retrouvailles.&#13;
Yvonne Vollant-André: De là, on continue à descendre.&#13;
Luc André : Là on continue à descendre.&#13;
Yvonne Vollant-André: Le pourquoi qu’il y a beaucoup de monde à la descente, la mer est très profonde, il y a beaucoup d’eau.&#13;
Luc André : Elle dit : « Pourquoi on se rassemble parce que l’eau y monte beaucoup.&#13;
Yvonne Vollant-André: On fait attention l’un l’autre.&#13;
Luc André : On se protège, entre eux autres à cause de la rapidité des rivières.&#13;
Yvonne Vollant-André: On continue la descente pour arriver à un endroit appelé, comment je l’avais appelé, à.. où on (pêche) euh…&#13;
Luc André : Bernache&#13;
Yvonne Vollant-André: Non, où on harponne quelquefois…&#13;
Luc André : Comment ça s’appelle au (Millage) 36, au (Millage) 28 ?&#13;
Voix : Au (Millage) 40?&#13;
Luc André : Pakameshan a ?&#13;
Yvonne Vollant-André: Pakameshan, Pakameshan, oui. C’est là que… Dis-lui qu’à cet endroit, c’était très dangereux à cause d’une grosse chute et il nous fallait débarquer tout près d’un portage.&#13;
Luc André : Elle dit qu’il y a une grosse chute au Millage 36, l’eau était rapide pis, il y a une grosse chute, pis juste avant qu’on débarque, donc c’était dangereux pour qu’on puisse, être entraîné dans la chute.&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est à cet endroit que Mishta-Anikashanit (Alexandre Mckenzie) le père à Mitushapeu (Paul-Arthur Mckenzie), qui a failli tomber dans cette chute.&#13;
Luc André : Un vieux a failli tomber dans la chute qui est le père de Paul-Arthur Mckenzie, Alexandre Mckenzie qui s’appelait.&#13;
Yvonne Vollant-André: Ça criait&#13;
Luc André : Elle dit : « on entendait beaucoup de bruit ». Tout le monde criait.&#13;
Yvonne Vollant-André: On a campé à cet endroit, à l’arrivée de ce lieu.&#13;
Luc André : Elle dit : « Au bas de la chute, on campait. Luc explique ici : Pakameshan, c’est là que le saumon, euh … (.) une grosse chute là, mais… Ok (voulant dire de continuer)&#13;
Yvonne Vollant-André: Alors on descend à la côte…&#13;
Luc André : Il n’y avait pas de saumon ?&#13;
Yvonne Vollant-André: On ne le pêchait pas, car (le saumon) ne montait pas encore, il était encore ici…&#13;
Luc André : Elle dit : « Quand ils arrivaient à la chute, il n’y avait pas de saumon encore, il était au bord, encore à l’embouchure.&#13;
Yvonne Vollant-André: On n’avait plus rien à manger.&#13;
Luc André : « Là », elle dit : « on n’avait rien à manger, personne n’avait de la nourriture. »&#13;
Yvonne Vollant-André: Pour les gens de Uinipekut (gens de la côte), les gens qui restaient à la côte, les gens qui ne montaient pas dans le bois, ils montaient dans le bois (surprise), mais n’avaient rien du tout. Même qu’ils cherchaient de la nourriture, ils ne pouvaient même pas donner de la nourriture à leurs jeunes enfants.&#13;
Luc André : Elle dit, les Indiens qui chassaient proche, quand eux autres arrivaient, n’y avaient rien à manger eux autres aussi. « Ils ne pouvaient même pas donner quelque chose aux enfants », elle dit.&#13;
Yvonne Vollant-André: Même quand il n’y avait rien à manger, on continuait le voyage.&#13;
Luc André : Elle dit : « Quand il n’y a pas de nourriture, on continuait à descendre ».&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est là qu’on arrive à, ça s’appelle Takuatuepanu, n’est-ce pas ? Oui, où il y a des chalets. En innu, ça s’appelle Takuatuepannit.&#13;
Luc André : Elle dit, ils arrivent au (Millage 28), il y a des campements là, Club Adam’s, pas Club Adam’s, mais c’est au (Millage 28), ça appartenait pareil à (…).&#13;
Voix : Club privé.&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est là au moins qu’on pouvait donner à manger aux enfants.&#13;
Luc André : « Là au moins », elle dit, « ils donnaient à manger aux enfants ».&#13;
Yvonne Vollant-André: Parce qu’ils attendaient ceux qui allaient monter, qui allaient pêcher.&#13;
Luc André : « Déjà ils préparaient leur campement », elle dit « pour la pêche au saumon ».&#13;
Yvonne Vollant-André: (Sic) À l’endroit appelé Kakatshat, l’autre bord (de la rivière),&#13;
Luc André : C’est au (Millage) 57 ça.&#13;
Yvonne Vollant-André: Oui, c’est de là que nous arriverons à la rivière, je pense que ça s’appelait Kakatshat le portage, nous débarquions à ras à la descente, c’est là que … On campait au mi-portage. C’était un long (portage).&#13;
Luc André : Le portage s’appelait Kakatshat, pis c’était très long, très long, pis c’était au bord de la rivière là, pis il fallait camper au milieu. Ça prenait donc…&#13;
(S’adressant à sa mère) : Combien ? Deux jours ?&#13;
Yvonne Vollant-André: On campait au milieu.&#13;
Luc André : Ça prenait deux jours ?&#13;
Yvonne Vollant-André: De quoi ?&#13;
Luc André : Pour portager.&#13;
Yvonne Vollant-André: Quand on montait, ça prenait deux jours. (Mais quand tu descends) ça va plus vite, car tu n’as pas de bagages. Pas de bagage à la descente. Seulement tes couvertures.&#13;
Luc André : Pis elle dit : « Il fallait dormir entre les deux. C’était plus rapide quand tu descendais parce que tu n’avais pas de bagage et tout. C’étaient juste tes draps pis ta tente que tu amenais.&#13;
Yvonne Vollant-André: Comme la perdrix, pour voir la perdrix, non. Tu ne voyais jamais de perdrix.&#13;
Luc André : Elle dit : « On ne voyait jamais de perdrix en descendant ».&#13;
Yvonne Vollant-André: Nous arrivons à, comment ça s’appelle ?&#13;
Luc André : Club Adam’s.&#13;
Yvonne Vollant-André: Oui c’est là qu’on arrive.&#13;
Luc André : Elle dit : « C’est là le dernier, avant d’arriver ici au Club Adam’s. Ce n’est pas loin, c’est juste en face ici.&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est là qu’on s’installait. C’est là qu’on donnait des biscuits durs. (rires)&#13;
Luc André : Elle dit quand ils arrivaient là, le Club leur donnait un biscuit chaque.&#13;
Yvonne Vollant-André: Et boire du thé, car c’est la première fois qu’ils boivent du thé.&#13;
Luc André : Pis on buvait pour la première fois, le thé.&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est là qu’on attendait. C’est là qu’on demandait un pick-up.&#13;
Luc André : « Pis là », elle dit, « on commandait un camion, un vrai là, des gros camions là pour….&#13;
Yvonne Vollant-André: Là-bas Nakatshun-meshkanat, le chemin de Nakatshun.&#13;
Luc André : Il y a un autre chemin là, pas loin, qui avait accès jusqu’à Sept-Iles ou à Moisie.&#13;
Pierre Lepage : 1935 qu’elle est née ?&#13;
Luc André : En quelle année tu es née ?&#13;
Yvonne Vollant-André: Je suis née en ’35.&#13;
Pierre Lepage : Pis elle c’est dans les ‘40 qu’elle parle là. Elle avait quel âge à peu près ?&#13;
Luc André : Tu avais quel âge de ce que tu nous racontes ?&#13;
Yvonne Vollant-André: J’étais assez grande. Je devais avoir 15 ans.&#13;
Luc André : 15 ans à peu près.&#13;
Pierre Lepage : Ok&#13;
Yvonne Vollant-André: Vois Napess (Benoît André, son jeune frère) ne pouvait pas très bien marcher encore. On le portait sur le dos. Je devais être plus jeune, car Napess on le portait sur le dos.&#13;
Luc André : Elle (Yvonne) était jeune que 15 ans.&#13;
Yvonne Vollant-André: Oui, je ne me souviens pas quel âge j’avais. C’était dans le temps qu’on arrivait à la côte. C’est là qu’on demande un char, un gros. Il n’y avait pas de petits chars.&#13;
Luc André : Elle dit il n’y avait pas petites voitures, c’étaient juste les camions. On commande qu’on vienne nous chercher.&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est là qu’on traverse vers l’escalier. Vous devez le voir celui qui a beaucoup de marches.&#13;
Luc André : Elle dit : « On a juste à traverser pis l’autre bord il y avait les camions.&#13;
Yvonne Vollant-André: On montait l’escalier.&#13;
Luc André : « On montait ».&#13;
Yvonne Vollant-André: On s’installait là, c’était grand comme ici. C’était déboisé, à l’arrivée sur la rivière, ici à Nakatshun. On fait le feu pour l’attende de l’arrivée du camion.&#13;
Luc André : Elle dit que c’est en face, c’était ouvert. C’était déblayé, il y avait des arbres. Ils attendaient que le camion arrive.&#13;
Yvonne Vollant-André: On allait puiser l’eau. Tout le monde se lavera dans les bois. (rires) On va se laver le visage se mettre beau en attendant le camion.&#13;
Luc André : Elle dit pendant qu’ils attendaient le camion, tout le monde allait chercher l’eau pour prendre son bain. Ils se changeaient avant que le camion arrive.&#13;
Yvonne Vollant-André: (Le camion) arrive. Il va faire des aller-retours. Tout le monde embarquait, le plus qu’on pouvait. Ce sera toujours le même camion pour descendre.&#13;
Luc André : Il va euh…&#13;
Yvonne Vollant-André: Tout d’abord à Uashat, après vers Mishta-shipu (village), qu’on conduira les Mishta-shipiunnuat (ans leur village.&#13;
Luc André : Elle dit qu’il y a deux sortes de voyage les gens de Sept-Iles et les gens de Moisie. Le premier voyage c’étaient les gens de Sept-Iles.&#13;
Yvonne Vollant-André: Nous voilà à destination. Arrivés à destination, tous les Uashaunnuat étaient là, devaient recevoir un message disant que des gens arrivent des bois. Tout le monde se rend là-bas, près de chez-nous là, c’est là que les Innus y allaient. Il y avait beaucoup de monde.&#13;
Luc André : « Quand on arrivait nous autres », elle dit, on avait une maison à Sept-Iles. Tout le monde venait.&#13;
Yvonne Vollant-André: Tout le monde y allait.&#13;
Luc André : Tous les Indiens venaient voir les gens qui ont monté, y arrivaient de la chasse.&#13;
Yvonne Vollant-André: Oui, tellement qu’ils étaient contents de voir les gens arrivés.&#13;
Luc André : Parce qu’elle dit, ils étaient contents que les gens arrivent, descendre du bois.&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est ce qui s’est passé.&#13;
Pierre Lepage : Ils se nourrissaient de quoi à Sept-Iles ? Parce qu’il n’y avait pas encore le saumon.&#13;
Luc André : S’adressant à sa sœur : « C’est quoi que vous mangiez à Uashat ? demande (le monsieur).&#13;
Yvonne Vollant-André: On mangeait de la nourriture de la côte, aussi de la morue. C’est de cela que nous vivions.&#13;
Luc André : Elle dit…&#13;
Yvonne Vollant-André: Il y avait des Blancs qui allaient au large…&#13;
Luc André : Il devait avoir des Innus qui avait de l’argent, n’est-ce pas ?&#13;
Yvonne Vollant-André: Ce n’était pas cher, ça devait coûter 0,25$ si ça devait coûter très cher. Ou peut-être ce ne coûtait pas beaucoup.&#13;
Luc André : Elle dit : « Les Blancs pêchaient la morue eux autres. C’était 0.25$ la morue (S’adressant à sa sœur) Mais ils achetaient n’est-ce pas quand ils descendaient ? Comme notre père quand il descendait… il&#13;
Yvonne Vollant-André: Oui, après avoir rencontré leur marchand, le gérant, celui qui faisait crédit se nommait Utshimass (Bob Ross), il y avait aussi Puanitashiss (Bourdage), le gérant, je me demande ce qu’est son nom, euh, celui qui est maigre. Je ne me souviens pas de son nom.&#13;
Luc André : Elle dit « Il y avait Bourdage, M. Bourdage qui était traiteur, pis M. Ross, pis un autre, elle ne se souvient pas du nom. Quand tu arrivais, t’allais les voir avant.&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est eux autres qui achetaient la fourrure.&#13;
Luc André :  … pour la vente des peaux.&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est eux qui achetaient les peaux.&#13;
Luc André : Après on faisait des achats ?&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est après ça que les gens faisaient des achats. Ce sont les chevaux qui transportaient les provisions achetées.&#13;
Luc André : Après avoir vendu tes peaux, la nourriture que t’as achetée, c’est le cheval qui ramenait chez-vous. C’était le taxi.&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est-ce qui s’est passé.&#13;
Luc André : C’est ce qui un peu s’est passé, elle dit. Ekue utamashkuteutik pineutshiss.&#13;
Yvonne Vollant-André: (rires) C’est ce qu’on disait autrefois, aussi (après avoir raconté) une légende.&#13;
Pierre Lepage : (.) nous disait que les Blancs étaient contents de voir les Indiens arriver.&#13;
Luc André : Les Blancs devaient être contents eux aussi…&#13;
Yvonne Vollant-André: La manière que nous nous regardons aujourd’hui (face à face présentement), c’était comme ça aussi autrefois. Il n’y avait pas beaucoup de maisons.&#13;
Luc André : Elle dit : « Il n’y avait pas beaucoup de Blancs ». (Inaudible, parlent ensemble)&#13;
Yvonne Vollant-André: C’était comme s’ils étaient notre parenté. Ils venaient visiter les Innus.&#13;
Luc André : Y allaient rendre visite aux Indiens.&#13;
Yvonne Vollant-André: Voit, nous autres, après être rendus ici, les Blanches lavaient nos vêtements. Nos vêtements (que nous utilisions dans le bois), tous nos vêtements, elles nettoieront nos affaires, laveront les murs (de nos maisons). Autrefois, ce sont les Blanches qui faisaient ce genre de travail.&#13;
Luc André : Elle : « Quand on arrivait, les Blanches venaient travailler, faire la lessive pour les vêtements qu’on a apportés. Elles nettoyaient la maison, faire le grand ménage.&#13;
Yvonne Vollant-André: Elles demandaient de la nourriture.&#13;
Luc André : « Nous autres en retour, on payait en nourriture. Luc rajoute ceci : ce que mon père avait acheté au petit magasin, au traiteur. »&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est ce qui s’est passé. Aussi un grand événement quand un missionnaire arrivait. Une autre chose que nous avions appréciée.&#13;
Luc André : Elle dit : « Un des évènements importants, c’est la venue du prêtre. Tout le monde…&#13;
Yvonne Vollant-André: La première communion des enfants, la confirmation.&#13;
Luc André : Première communion, pis la confirmation.&#13;
Pierre Lepage : À quel moment qui arrivait ici, vers quelle date à Moisie ou à Sept-Iles?&#13;
Luc André :  (s’adressant à sa sœur) : Vers quelle date descendiez-vous vous autres ?&#13;
Yvonne Vollant-André: Mois de juin, vers la fin du mois que nous descendions.&#13;
Luc André : « Nous autres on arrivait vers la fin de juin.&#13;
Yvonne Vollant-André: Ce n’était pas comme ça. Très tôt il n’y avait pas de neige, n’est-ce pas ? Aujourd’hui, c’est toujours plus tard, toujours plus tard.&#13;
Luc André : Elle dit que c’est assez rapide pour le dégel.&#13;
Yvonne Vollant-André: C’était toujours comme ça.&#13;
Pierre Lepage : Pis après ça, c’était le saumon ? Y avais-tu d’autres…&#13;
Yvonne Vollant-André: Les Blancs posaient des filets pour le saumon. C’est de cette façon qu’on prenait le saumon. Les Innus n’ont jamais pêché ici. De ce que je me rappelle…&#13;
Luc André : Elle dit, qu’ils allaient acheter le saumon parce qu’il y avait des pêcheurs à la mer, les pêcheurs de saumon. Les Indiens y achetaient du saumon là.&#13;
Yvonne Vollant-André: Une fois ce dont je me rappelle, le père à Ti-Bert (Albert Vollant, père, Thomas Vollant) qui avait tendu le filet dans la nuit sur la rivière, notre père qui avait dit : « Il a été arrêté ».&#13;
Luc André : Elle a eu connaissance qu’il avait tendu ses filets dans la nuit ici sur la rivière, c’était le père de Albert Vollant (Thomas), pis il s’est pogné, pis y est allé en prison.&#13;
Yvonne Vollant-André: (rires) Il devait passer en Cour, je ne me souviens pas de sa situation.&#13;
Pierre Lepage : Donc les gens en cachette (..), n’y avaient pas le droit de prendre du saumon à la rivière.&#13;
Luc André : Non.&#13;
Yvonne Vollant-André: Ça ne fait pas longtemps que les Innus pêchent le saumon.&#13;
Luc André : Elle dit que ça ne fait pas longtemps que les Indiens…&#13;
Yvonne Vollant-André: Il y a quelques années seulement. La fois qu’il y avait beaucoup d’Indiens qui ont été arrêtés, c’est dans ce temps-là qui avaient commencé à pêcher le saumon.&#13;
Luc André : Elle dit : « On a commencé peut-être, la première descente qui a eu la Sûreté, y eu beaucoup de…&#13;
Yvonne Vollant-André: C’étaient des gardes-chasse.&#13;
Luc André : …des Indiens emprisonnés pour ça, la pêche au saumon, c’est là vraiment qui a eu le début de la pêche.&#13;
Yvonne Vollant-André: Quand on montait dans le bois et qu’il y avait du saumon, on avait pris qu’un quand on faisait le feu. Nutshimiunnu (homme de bois) ce n’était vraiment pas sa nourriture préférée.&#13;
Luc André : « Nous autres », elle dit, « les chasseurs d’intérieur n’étaient pas très fort sur le saumon. » Elle dit : « C’était plus pour manger seulement un repas ou deux maximum ».&#13;
Yvonne Vollant-André: C’est ce qui s’est passé.&#13;
Luc André : C’est la fin de l’histoire. (rires) Ça fait deux fois que je ferme.&#13;
Pierre Lepage : Tshinashkumitin, parce que moi, je l’ai mis en relation avec l’environnement, la nourriture.&#13;
Luc André : Tu vois, t’as pas voulu croire que les Indiens ce n’était pas important dans la vie d’un Indien le saumon. (rires) Les discours d’un Montréalais.&#13;
Yvonne Vollant-André: Il y a la truite grise et le saumon, je serais beaucoup plus fâchée si on ne me donnait pas la truite grise pour manger que le saumon.&#13;
Luc André : Elle dit : « Si j’avais le choix aujourd’hui de manger la truite grise ou le (saumon), je serais plus fâchée si on ne me donne la truite grise, que le saumon. »&#13;
&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/686477489?h=02da10037a" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/686477489"&gt;Yvonne André-Vollant&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Oral History</name>
      <description>A resource containing historical information obtained in interviews with persons having firsthand knowledge.</description>
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              <text>Évelyne : Quel âge as-tu et tu es né où ?&#13;
Délima : Là-bas à Port-Cartier dans mon territoire de chasse et j'ai 94 ans.&#13;
Évelyne : Et vous demeuriez à Port-Cartier ?&#13;
Délima : Oui.&#13;
Évelyne : Y avait-il beaucoup d’Innus ?&#13;
Délima : Non, il y avait seulement mon grand-père Ti-Basse et nous, Malukiss.&#13;
Évelyne : Et où étaient les autres Innus ?&#13;
Délima : IIs étaient à Moisie, dans leur territoire, la Mishta-Shipu. Nous, là-bas, nous ne voyions personne, on était toujours deux. On est né là-bas et on a grandi là-bas.&#13;
Et, il y avait les Innus de Uashat. Quand le prêtre, lors de son passage annuel, on se rencontrait tous à Uashat, c'était en août. Après la procession de la vierge Marie, tous les Innus montaient dans le bois, les préparatifs ne duraient qu'une nuit.&#13;
Évelyne : Y avait-il une procession, des mariages aussi ?&#13;
Délima : Oui, il y avait des confessions également.&#13;
Évelyne : Et toi, tu t'es mariée là ?&#13;
Délima : À Sept-Îles.&#13;
Évelyne : Lors du passage annuel du curé ?&#13;
Délima : Oui.&#13;
Évelyne : Quand ?&#13;
Délima : Je ne me souviens pas.&#13;
Évelyne : Étiez-vous plusieurs à vous marier cette année-là ?&#13;
Délima : Oui, ils étaient plusieurs couples, quelquefois, il y avait 3 couples et à d'autres occasions, il y en avait 4 et des fois 5.&#13;
Évelyne : Et toi, quand tu t'es mariée, combien étiez-vous ?&#13;
Délima : Je ne sais pas combien, mais on était plusieurs.&#13;
Évelyne : Comment tu t'es mariée, est-ce qu'on avait choisi ton mari ?&#13;
Délima : Oui, on m’avait choisi.&#13;
Évelyne : Est-ce que ce sont tes parents qui ont fait la demande, ou bien c'était lui ?&#13;
Délima : Ce sont ses parents. Anciennement, quand on voulait se marier, on avait besoin de ses parents.&#13;
Évelyne : Après ton mariage, tu es montée dans le bois ?&#13;
Délima : Oui.&#13;
Évelyne : Comment c'est venu Apitiuamiss (Mani-utenam) ?&#13;
Délima : Avant, ça n'existait pas. C'est mon mari, quand il était chef qui a été l'instigateur de cette réserve.&#13;
Evelyne : Comment c'est venu ?&#13;
Délima : Ils sont venus choisir le site idéal, ils étaient accompagnés des fonctionnaires du gouvernement. Ce terrain appartenait aux Gallienne. Au début, le paternel Gallienne n'a pas voulu vendre son terrain, mais le gouvernement le menaça de le saisir et il accepta. On lui donna une partie de terre où se trouve actuellement La Boule. Ce sont les Innus qui ont défriché Malio.&#13;
Évelyne : D'où viennent les Innus qui demeurent ici ?&#13;
Délima : Ce sont les Innus de Mishta-Shipu (MISHTA-SHIPIUNNUAT).&#13;
Aussitôt les petites maisons terminées, ils déménagèrent. Les Innus de Mishta-Shipu avaient hâte de déménager, car alors, leur maison était mal isolée et les hivers étaient froids. Il n'y avait pas d’eau au début. L'eau de la rivière en bas était bonne avant que les Innus la pollue. Avant qu'il y ait un système de pompage, les Innus allaient chercher leur eau en bas de la côte avec des sceaux. Les Innus aimaient bien cet endroit, tellement qu'ils sont entrés avant qu'on finisse de construire toutes les maisons.&#13;
Évelyne : Moi, je me rappelle que mon grand-père Georges Régis, il demeurait sur le bord du chemin.&#13;
Délima : Aussitôt, l’eau installé, les Innus s’installèrent avec des tentes.&#13;
Évelyne : Y avait-il des Innus de Uashat ?&#13;
Délima : Non, ils restaient à Sept-Îles. Il n'y avait plus d’Innus de Mishta-Shipu lorsqu'ils se ressemblaient lors du passage du curé. Il n'y avait pas tellement d’Innus de Uashat. Ces derniers montaient dans le bois par TSHEMANIPISHTUK (Sainte-Marguerite). L’église à Uashat est une vieille église et c'est là qu'on se rencontrait.&#13;
Évelyne : Pourquoi appelle-t-on Apituamiss, Mani-utenam ?&#13;
Délima : Parce qu'il se trouve au milieu entre Mishta-Shipu et Uashat. Anciennement Malio s'appelait KAPITUNEIAT. Tu vois quand la marée est basse, il y a de l'eau qui reste sur le bord.&#13;
Évelyne : Les Innus de Mishta-Shipu, ils venaient débarquer à Apitiuamiss lorsqu'ils se rendaient à Uashat ?&#13;
Délima : Ils marchaient en portageant quand ils allaient prier à Uashat. Quelques-uns prenaient le canot. Pour les marcheurs, ils attendaient la marée basse. Comme ma grand-mère Monique, elle partait de bonne heure avec un sac dans son dos et elle arrivait en avant-midi à Uashat. D'autres se servaient des moteurs hors-bord et des chevaux. Celui qui se servait d’un cheval, il avait les moyens plus qu'un autre. Ma tante Adeline utilisait un cheval comme moyen de transport. On l'appelait la riche.&#13;
Évelyne : Est-ce que les Innus de Mishta-Shipu étaient toujours dans le bois ?&#13;
Délima : Absolument, tous montaient dans le bois. Mais les plus vieux restaient en bas, comme le vieux Jean-Marie et ton oncle Josepiss. On aidait un peu les vieux, mais ceux de notre âge, ils devaient subvenir à leurs besoins. Comme nous, notre père s'est toujours occupé de nous sans l'aide du gouvernement. Nous vivions des produits de la chasse et de la pêche comme tous les autres d'ailleurs. Pour les provisions, le magasin nous faisait du crédit et au retour de la période de chasse, on réglait nos factures et avec le reste, nos provisions pour l’année : trois barils de farine, une boîte de thé. On achetait beaucoup de thé pour la prochaine période de chasse.&#13;
Quelques-uns devaient avoir des difficultés, ceux qui n’avaient pas eu une bonne chasse. Ce n'était pas notre cas.&#13;
Évelyne : Mais, ils restaient dans le bois ?&#13;
Délima : Oui, quand on savait que quelqu'un n'avait pas de bons résultats, on lui venait en aide comme MESSINAKUSS, on lui donnait la prime. Mon mari lui avait donné la moitié du baril et à Jean-Baptiste Ashini. Il devait y avoir beaucoup d’Innus qui ne mangeaient pas. Quand on était à Uashat, ils venaient me voir, ils me disaient qu'ils avaient faim et je leur donnais à manger. Je faisais de la soupe en très grosse quantité pour pouvoir en donner.&#13;
Évelyne : Tu as vécu à Port-Cartier, Uashat et ici à Malio ?&#13;
Délima : Oui.&#13;
Évelyne : Pourquoi as-tu déménagé à Sept-Îles ?&#13;
Délima : Parce qu’on n’aimait pas ça et parce qu'il mettait à jour Apituamiss et on déménageait ici. Il a aussi fait Schefferville et nous avons déménagé là-bas.&#13;
Évelyne : On partait là-bas pour travailler ?&#13;
Délima : Oui, ils ont demandé pour qu'il y ait une réserve.&#13;
À Knob lake, les premiers Neskapis arrivèrent, Nua et son frère Luke. Ils venaient en éclaireur pour constater les lieux. Pour arriver là, ils sont partis à pied, au printemps. Ils ont utilisé le canot pour les lacs et les rivières. Ensuite, vu qu'il y avait une base militaire, mon mari dans un avion militaire est parti chercher les autres.&#13;
Évelyne : Et vous êtes revenus à Malio ?&#13;
Délima : Oui, après la fermeture de la ville de Schefferville. S'il n'avait pas été malade, il commençait à l’être. Nous ne serions pas revenus. Ce n'était pas convenable pour lui de rester dans un endroit froid.&#13;
Évelyne : Tu le regrettes ?&#13;
Délima : Oui, nous le regrettions, mais d'un autre côté, il ne pouvait plus chasser. Sans cette raison, nous ne serions jamais revenus à Malio.&#13;
Évelyne : Vous êtes revenus ici ?&#13;
Délima : Oui.&#13;
Évelyne : C'est la maladie qui vous a fait revenir ici ?&#13;
Délima : Oui, pour se rapprocher des médecins traitants, car avant la fermeture de la ville de Schefferville, il y avait de bons médecins et ils laissaient la ville à cause de la fermeture.&#13;
Évelyne : Le nombre de personnes augmente à Malio ?&#13;
Délima : Oui.&#13;
Évelyne : Il y avait seulement une rue ?&#13;
Délima : Oui, et aujourd'hui, il y a plusieurs résidents.&#13;
Évelyne : Aimes-tu ça rester ici ?&#13;
Délima : Oui, mais j'aimerais encore plus si je pouvais me déplacer plus facilement. Mais moi, si je pouvais me déplacer comme dans le temps, c'est rare que vous me verriez ici, je serais toujours dans le bois. J’aimais me retrouver dans le bois, quand on partait en canot, on chassait, on restait dans le bois jusqu'après les fêtes. Ensuite, on descendait en canot et à pied jusqu'ici. On partait de Sheshashit jusqu’ici.&#13;
Évelyne : Ça date de quand ton dernier voyage ?&#13;
Délima : On le faisait toujours en canot.&#13;
Évelyne : Est-ce que ça fait longtemps ton dernier voyage ?&#13;
Délima : Bien sûr que ça fait longtemps ! Depuis l'arrivée du train, on ne fait plus ce genre de voyage. On a même monté dans le bois en train, dans notre territoire, des fois, on le faisait en avion et là-bas, en canot.&#13;
Évelyne : Vous partiez de Schefferville ?&#13;
Délima : Oui.&#13;
Évelyne : Et aujourd'hui, qu'est-ce que tu fais, tu es toujours occupée ?&#13;
Délima : Je travaille toujours.&#13;
Évelyne : Et aujourd'hui qu'est-ce que tu fais ici ? Tu te prépares à partir demain ? Tu vas partir avec tes enfants ?&#13;
Délima : Oui, je m'en vais avec Luc.&#13;
Évelyne : Où vas-tu ?&#13;
Délima : Là-bas on a construit notre chalet, nous allons dormir une nuit et revenir dimanche avec la fille de Luc et Jeanne d'Arc.&#13;
Évelyne : C’est ton territoire de chasse là-bas ?&#13;
Délima : Oui, c'est notre territoire depuis mon enfance.&#13;
Évelyne : Tu dois bien le connaître ?&#13;
Délima : Oui, je le connais très bien parce que je suis née là.&#13;
Évelyne : Qu'est-ce qu'il y a là-bas, les fruits sauvages ?&#13;
Délima : Oui, il y a aussi la truite mouchetée. Après je vais monter.&#13;
Évelyne : À Schefferville ?&#13;
Délima : Oui.&#13;
Évelyne : Quand ?&#13;
Délima : Quand j'aurais reçu ma pension de …&#13;
Évelyne : Nous aussi montons là-bas à la fin du mois.&#13;
Délima : Moi aussi, Véronique va monter plus tôt parce qu'elle enseigne là-bas.&#13;
Évelyne : C'est là que tu vas séjourner ?&#13;
Délima : Elle m'invite pour me garder là-bas et j'aime mieux demeurer là-bas parce qu'ici, je suis toujours seule la nuit et tandis que là-bas, on est toujours deux.&#13;
Évelyne : Ah ! Ici tu es seule ?&#13;
Délima : Oui, et je ne sais pas composer un numéro de téléphone.&#13;
Évelyne : Vous n'aviez pas ça vous autres dans votre temps ?&#13;
Délima : Il n'y en avait pas. J'ai fait n'importe quoi, c'est moi qui s'est occupé de la vache de ma grand-mère à Port-Cartier. Il n'y a rien que je n'ai pas fait.&#13;
Évelyne : Combien y avait-il de vaches ?&#13;
Délima : Il y avait jusqu'à 3 vaches. Quand mon mari partait dans le bois, c'est moi qui s'occupait d’elles.&#13;
Évelyne : Il devait y avoir des poules aussi ?&#13;
Délima : Oui, elle avait aussi des poules.&#13;
Évelyne : Et la semence ?&#13;
Délima : Oui, on semait des pommes de terre. On avait construit une cave pour entreposer les patates. On les déterrait en octobre, on les mettait dans la cave, on montait avec nous les patates lorsqu'on partait en octobre et à notre retour en avril, on déterrait la cave pour prendre les patates.&#13;
Évelyne : Vous deviez avoir du plaisir ?&#13;
Délima : Oui, mais on travaillait beaucoup.&#13;
Évelyne : Vous deviez être deux, toi et Louisa ?&#13;
Délima : On était deux. Mais avant le mariage des fils d’Athanase, eux aussi, Pierre et Francis, ils n'étaient pas encore mariés. Après que les trois se soient mariés, nous n'étions que deux. Ma mère s'est occupée de sa mère.&#13;
Évelyne : Il y avait un blanc, un certain Bérubé qui vous cherchait. Il a dit qu'il vous a bien connu. Que vous étiez ensemble quand vous étiez jeunes. Là-bas, à Port-Cartier.&#13;
Délima : C'est peut-être lui, il avait une fille, il restait très proche de nous.&#13;
Évelyne : Toi et Louisa ?&#13;
Délima : Oui.&#13;
Évelyne : Aujourd'hui, tu fais de la couture ?&#13;
Délima : Je fais encore des mocassins.&#13;
Évelyne : Est-ce que tu fais des médications ? Est-ce que tu t’en sers des médications innues ?&#13;
Délima : Je m'en sers toujours.&#13;
Évelyne : Et la résine de sapin que je t'ai donnée ?&#13;
Délima : Je l'ai tout utilisée. Tu devrais peut-être en chercher d'autre.&#13;
Évelyne : Je vais en chercher d'autre avant que tu partes pour Schefferville.&#13;
Délima : On n'en trouve pas à Schefferville. Il n'y a pas de sapin.&#13;
Évelyne : Je vais t'en amener avant ton départ. Tu fais des médications ?&#13;
Délima : Non, c'est pour mon usage personnel et pour les enfants.&#13;
Évelyne : Tu fais des compresses avec la résine de sapin. Est-ce qu'on te demande des médications ?&#13;
Délima : Non, on ne m’en a jamais demandé. On demande plutôt à Véronique.&#13;
Évelyne : Les Innus d'ici, de Moisie et de Uashat ?&#13;
Délima : Ils proviennent de Moisie.&#13;
Évelyne : Les Innus de Uashat devaient demeurer ici aussi ?&#13;
Délima : Il n'y a jamais eu d’Innus de Uashat ici.&#13;
Évelyne : Mais ils devaient venir eux aussi, ici ?&#13;
Délima : Non, ils n’ont jamais voulu.&#13;
&#13;
&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/669912925?h=60c0f4191d" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/669912925"&gt;Délima André&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Natasha Hurley&#13;
&#13;
Evelyne: Kuei Natasha, je suis contente de te rencontrer aujourd’hui. &#13;
J’aimerais que tu me raconte un peu ce que tu fais ici à Sheshatshiu.&#13;
&#13;
Natasha: Je suis présentement aux études.&#13;
&#13;
Evelyne: Tu es née ici ?&#13;
&#13;
Natasha: Oui, mon père est un anglais de Terre-Neuve et ma mère est originaire d’ici.&#13;
&#13;
Evelyne: Est-ce que tu vois ton père parfois?&#13;
&#13;
Natasha: Ça n’allait pas bien entre mes parents. Cela fait 2 ans que je n’habite pas avec mon père, la dernière fois que je l’ai vue il y a 5 mois.&#13;
&#13;
Evelyne: Tu es née ici et c’est ici que tu fréquentes l’école?&#13;
&#13;
Natasha: Oui, j’ai toujours demeuré ici.&#13;
&#13;
Evelyne: En quelle année es-tu rendue présentement ?&#13;
&#13;
Natasha: J’ai 18 ans et je suis en dixième année. Ça n’allait pas bien à la maison, j’ai pris une pause de l’école. Je viens de recommencer mes études et ça va mieux aujourd’hui. &#13;
&#13;
Evelyne: 1:45 Vas-tu pouvoir demeurer ici l’an prochain? Est-ce que la 11 ième année est offerte ici ?&#13;
&#13;
Natasha: Oui, je vais surement poursuivre d’autres formations mais je ne suis pas encore certaine.&#13;
&#13;
Evelyne: Dans quelle domaine voudrais-tu étudier?&#13;
&#13;
Natasha: Lorsque j’aurais terminé mon secondaire?&#13;
&#13;
Evelyne : Oui&#13;
&#13;
Natasha: Je voudrais devenir policière. J’aimerais aller étudier en Saskatchewan.&#13;
&#13;
Evelyne: As-tu déjà faite ta demande d’admission?&#13;
&#13;
Natasha: Non pas encore, j’attends de terminer mes études et que ça aille un peu mieux dans ma vie.&#13;
&#13;
Evelyne: Pendant combien d’années devras-tu partir?&#13;
&#13;
Natasha: Je ne sais pas, mais la formation est d’une durée de 6 mois. Tu peux surement demeurer plus longtemps si tu le souhaite. Je ne suis pas certaine encore, je ne me suis pas informé encore.&#13;
&#13;
Evelyne: As tu déjà été partie à l’extérieur loin de chez toi?&#13;
&#13;
Natasha: Oui l’an dernier je suis allé à une thérapie de 3 mois en Ontario.&#13;
&#13;
Evelyne: Comment te sentais-tu lorsque tu as quitté tes parents?&#13;
&#13;
Natasha: Je me suis ennuyé de mes parents et je ne pouvais pas les voir quand je voulais, j’étais toutefois contente d’être partie de Sheshatshiu. Je n’aime pas resté ici, c’est la raison pourquoi je veux poursuivre mes études, faire autre chose et aller habiter ailleurs. Je voudrais demeurer ailleurs, je ne voudrais pas fonder une famille ici à Sheshatshiu. Ici je vois comment les enfants sont traités et je n’aime pas cela.&#13;
&#13;
3:53 Evelyne: Comment sont traités les enfants?&#13;
&#13;
Natasha: Il y a beaucoup de consommation de drogue et d’alcool. Les parents ne s’occupent pas de leurs enfants, ils ne pensent qu’à eux. Il est certain qu’ils doivent se préoccuper de leurs enfants, mais ils n’ont peut-être pas l’instinct maternel ou paternel afin de pouvoir s’occuper de leurs enfants. C’est très fréquent ici à Sheshatshiu. Je ne veux pas élever mes enfants de cette manière, j’ai trop peur qu’ils tombent dans la consommation. Je suis moi-même tombée très bas dans la consommation mais j’essaie de m’aider. Je n’aime vraiment pas cela, il y a quand même des bonnes personnes dans la communauté. &#13;
&#13;
Evelyne: Qu’est-ce que tu es allé chercher en Ontario?&#13;
&#13;
Natasha: Je suis allé en thérapie pour la consommation d’alcool et de drogues et pour les problèmes familiaux. J’ai tombée en dépression lorsque ma grand-mère est décédée, j’étais découragée et je voulais me retrouver. J’allais très bien lorsque j’étais là-bas. À mon retour je savais que je devais changer d’amis car ils consommaient toujours, lorsqu’ils sont venus, j’ai rechuté. J’aimerais seulement arrêter.&#13;
&#13;
5:55 Evelyne: Il est difficile pour les jeunes de ne pas consommer?&#13;
&#13;
Natasha: Oui c’est difficile.&#13;
&#13;
Evelyne: Que faites-vous le soir?&#13;
&#13;
Natasha: Les jeunes consomment de l’alcool et de la drogue, il n’y a rien d’autre à faire. L’argent préoccupe beaucoup les gens ici à Sheshatshiu et les enfants sont délaissés.&#13;
&#13;
Evelyne: D’où provient cet argent?&#13;
&#13;
Natasha: Des dirigeants. Ils pourraient faire construire un aréna, ça pourrait ressembler à Uashat. Nous pourrions avoir notre aréna et une piscine. Nous ne savons pas quelle activité nous pourrions faire, car nous devons nous déplacer à Goose Bay afin de faire de quoi. Il y a également un gros problème de Bingo dans la communauté. Les parents y jouent souvent et ils délaissent leurs enfants au lieu de les accompagner au cinéma. Je ne sais quoi penser.&#13;
&#13;
Evelyne: Étais-tu proche de ta grand-mère?&#13;
&#13;
Natasha: Oui nous étions très proche. Tous ses petits-enfants étaient proches, nous passions beaucoup de temps avec elle. Parfois nous allions en forêt. J’allais souvent en forêt avec ma grand-mère.  Elle est décédée en 1996 et depuis ce temps je n’y suis pas retourné. C’est seulement en juin dernier que je suis allé avec mon copain et sa mère. J’ai beaucoup aimé aller en forêt car je croyais avoir perdue ma culture, je ne savais plus comment faire. Les gens ne vont plus souvent en forêt, l’Innu se fait passer pour un Anglais. &#13;
&#13;
Evelyne : 8:16: Est-ce que tes amis parlent de la même façon que toi ?&#13;
&#13;
Natasha:  Moi et mes amis parlons l’anglais lorsque nous sommes ensemble. Nous ne parlons pas le Montagnais sauf lorsque je suis avec des aînés. &#13;
&#13;
Evelyne: De quoi parlez-vous lorsque tu es avec tes amis?&#13;
&#13;
Natasha: On parle de l’école et comment nous allons. J’ai perdue beaucoup d’amis. Les filles de mon âge ont déjà des enfants et ils n’ont pas de temps à consacrer à leurs amis. Je leur parle quand même quand je les rencontre. &#13;
&#13;
Evelyne: Toi, as-tu des enfants ?&#13;
&#13;
Natasha: Non&#13;
&#13;
Evelyne: Si on te demandais de créer une réserve, que ferais-tu et comment aimerais tu la voir?&#13;
&#13;
Natasha : 9:24 Pour être honnête avec toi, je bannirai l’alcool de la communauté. Ils ont déjà essayé de le faire, toutefois cela n’a pas fonctionné. Les Innus ne se forcent pas sur cela, ils ne voient pas ce qui se passe. Il y a beaucoup de blâme envers chacun, ils ne voient pas ce que l’alcool leur fait. C’est ce que je ferais, j’interdirais l’entrée de l’alcool dans la communauté et je transmettrais le message aux jeunes car Sheshatshiu est vraiment en train de se détruire. Ça ne va pas très bien. Tous les gens sont contre chacun, et sont contre le Chef et le président, c’est désolant que ce soit comme cela. Les familles sont en chicane et c’est de cette manière que j’ai perdue des membres de ma famille, à cause des chicanes. C’est ce que je n’aime pas. &#13;
J’ai l’impression de tout perdre, je croyais que tout allait être meilleur en vieillissant, mais ce n’est pas le cas. &#13;
&#13;
Evelyne:10:48 Est-ce que tes parents sont au courant de ce que tu ressens présentement?&#13;
&#13;
Natasha: J’en ai parlé à ma mère. Elle consomme de l’alcool, c’est surement de cette manière qu’elle exprime son mal de vivre. J’ai aussi d’autres membres de la famille à qui je parle, mais c’est à moi de travailler sur moi et non eux, car ma vie m’appartient.&#13;
&#13;
Evelyne: 11:27 Tu as l’impression qu’il n’est pas possible d’avoir une belle vie ici, c’est ça?&#13;
&#13;
Natasha: Je crois que ça serait possible si la communauté s’efforçait. Certains d’entre eux veulent mais ne reçoivent pas d’aide de la communauté, toujours avec des raisons monétaires.&#13;
&#13;
Evelyne:11:52 Pourtant vous possédez plusieurs ressources d'aide pour les jeunes et pour les femmes, il y a plusieurs centres ici.&#13;
&#13;
Natasha: Vous parlez du stade de baseball et la patinoire?&#13;
&#13;
Evelyne: Oui de tout, le centre des femmes existe aussi.&#13;
&#13;
Natasha: Je ne sais pas, les jeunes n’aiment peut-être pas y aller. Ils préféreraient sûrement participer à des activités parents-enfants. Il n’existe pas beaucoup d’activités afin que le parent puisse donner du soutien à son enfant. Par exemple si tu dis à ta mère que tu veux aller jouer au hockey, elle te dira tout simplement d’y aller. Elle ne te dira pas de l’attendre le temps qu’elle s’habille. Il y en a surement quelques-uns, toutefois je ne l’ai jamais vue.&#13;
&#13;
Evelyne: 12:54 Les intervenants qui œuvrent  dans les services sociaux offrent surement de l’aide aux jeunes?&#13;
&#13;
Natasha: Oui il y a de l’aide pour les jeunes, toutefois il y a beaucoup de méchanceté dans la communauté. Les gens de la communauté s’harcèlent et il n’y a aucune confiance dans la communauté.&#13;
&#13;
Evelyne : Je me demande pourquoi ?&#13;
&#13;
Natasha: Cela vient peut-être de soi-même. La personne fait à autrui ce qu’elle ressent car elle n’est pas allée chercher l’aide qu’elle a de besoin. Cette personne se dit peut-être qu’elle n’accordera pas de confiance à une autre car elle a peut-être vécu des émotions similaires dans le passé.&#13;
&#13;
Evelyne: 13:54 Moi ce que je vois ici à Sheshatshiu, lorsque les Innus d’ici en vienne sur le sujet, mon appréciation personnelle est que les gens d’ici semblent toujours vouloir protéger le territoire, j’envie le fait qu’ils semblent ne jamais avoir peur. J’avais la même façon de penser moi aussi, de toujours vouloir protéger le territoire. Que penses-tu de ça toi?&#13;
&#13;
Natasha: De la protection du territoire?&#13;
&#13;
Evelyne : Oui&#13;
&#13;
Natasha: Je crois que l’Innu va se faire avoir, malgré que les Anglais profitent déjà des Innus.&#13;
J’ai récemment participé à la rencontre du projet électrique.  Lorsque je suis sortie de la réunion, tout ce que j’étendais était les Innus qui parlaient d’argent, et que  d’argent. D’après moi ils sont entrain de délaisser le territoire. Tout ce que je pouvais voir durant la réunion était l’argent. Ce n’est pas à ce que je m’attendais. &#13;
&#13;
Evelyne:15:10 Crois-tu que l’Innu existera longtemps?&#13;
&#13;
Natasha: Je n’ai aucune idée.&#13;
&#13;
Evelyne: Est-ce que les jeunes d’ici seront bien ou seront heureux?&#13;
&#13;
Natasha: S’il y a de l’entraide oui. Si les choses se font communautaire, et s’ils arrêtent de se confronter et de s’haïr et s’il n’y a pas que l’argent qui les préoccupent. Il faudrait mettre de l’emphase sur les jeunes. Il ne faut pas seulement bâtir des choses, il faut que les parents regardent ce que leurs enfants vivent. On peut voir des enfants inhaler du carburant, j’ai souvent de la peine lorsque je regarde ces jeunes. J’ai aussi de la peine lorsque je vois qu’ils sont souvent laissés seuls à la maison. &#13;
&#13;
Je m’occupais de mon petit frère depuis qu’il était petit, mais nous l’avons placé lorsque la séparation de mes parents à eu lieu. Aujourd’hui il n’est pas entre bonnes mains, j’aimerais le prendre à ma charge toutefois on me l’empêche. Je pense que je pourrais bien élever un enfant si j’en aurais la garde. Je n’aime pas voir un enfant vivre ce que je vie présentement car je sais ce qu’il ressent et je ne veux pas que ça arrive. Cela m’affecte beaucoup. &#13;
&#13;
Evelyne: 16:58 Quel message aurais-tu à transmettre aux parents et aux aînés? &#13;
&#13;
Natasha: J’ai l’impression que les aînés se font acheter par les jeunes dirigeants âgé dans la vingtaine ou trentaine de la communauté. Souvent ils vont se faire dire de faire ou d’agir de telle sorte et seront rémunérés pour le faire. Ils sont souvent soudoyer ; fait-ci et je vais te payer, ou, fait-ci et je vais te construire une maison. Les façons de faire ont beaucoup changé. Auparavant les dirigeants de la communauté étaient plus âgés, et parfois des aînés. Je le sais car j’accompagnais souvent ma grand-mère et ma mère. Aujourd’hui ce n’est pas le cas, il peut arriver parfois que ces gens soient convoqués seulement pour assister à une réunion.&#13;
&#13;
Evelyne: 18:21 Est-ce que cela te manque? Lorsque les gens se réunissaient pour protéger le territoire?&#13;
&#13;
Natasha:  Oui les rassemblements me manquent. L’argent nous nuit beaucoup aujourd’hui. &#13;
&#13;
Evelyne: 18:41 As-tu autre chose à rajouter?&#13;
&#13;
Natasha: J’aimerais qu’on offre de l’aide aux jeunes, que l’Innu commence à se regarder et de regarder ses enfants souffrir lorsque les deux parents sont en consommation d’alcool. Je sais personnellement ce que c’est, car c’est ce que j’ai vécue durant mon enfance. La consommation dans la maison faisait partie de ma vie. On m’offrait de l’argent pour que je ne me plaigne pas, d’accepter ce qui allait être. Ce n’est pas ce que je recherche, je veux simplement qu’on m’aime et qu’on me donne de l’affection. C’est ce qu’un enfant recherche, de l’amour et de l’affection et non seulement de se faire mettre de côté. J’aimerais qu’on offre de l’aide aux enfants. Il y a beaucoup de cas de suicide, il faudrait s’y prendre d’avance avant que cela arrive. &#13;
&#13;
Evelyne: As-tu des amis qui se sont enlevé la vie?&#13;
&#13;
Natasha: J’ai des connaissances qui ont commis l’acte. J’y pense souvent moi-même mais on me dit que je suis intelligente et on m’offre de l’aide pour m’accompagner hors de la réserve. Il y a beaucoup de jalousie à Sheshatshiu.&#13;
&#13;
Evelyne: Très bien, je te souhaite de bien aller dans tes projets futurs! Merci !&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/686516067?h=6e71cf0517" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/686516067"&gt;Natasha Hurley&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Je me nomme Tabi, mon père est Napesh, Tabi Napesh, on m’a raconté déjà ou j’ai entendu des histoires de rencontres ici, des retrouvailles, j’aimais écouter les différentes histoires. &#13;
Et maintenant, je suis heureux de voir cet endroit, ces emplacements de tentes, ces vestiges des anciens innus, nos ancêtres.  Eux aussi y étaient…&#13;
Mon grand père Bastien, mon père, mes oncles, lorsqu’ils racontaient ces histoires, je ne portais pas attention, car je consommais. Dans le temps ou moi je buvais, je ne montais pas à l’intérieur des terres.&#13;
Et je suis présent là maintenant et j’en suis fier.&#13;
Mais je me souviens quand on était jeunes avec mon grand-père Willie, dans notre territoire que l’on nommait « Etetautshikamat ».  Mon grand-père Bastien lui avait un magasin de fourrure là ou est actuellement construit mon camp. C’est mon père qui m’a dit de le construire à cet endroit.&#13;
J’y vais mais pas assez souvent parce que je garde ma mère, elle est âgée maintenant.&#13;
Quand j’ai commencé à aller à mon campement j’ai beaucoup aimé.&#13;
Je ne peux pas dire que je suis un grand chasseur. Tout ce que mon père ma appris est de poser des pièges, enlever la peau de la martre et la faire sécher sur les moules.&#13;
Il parlait (aux animaux) et les remerciaient de lui avoir donné leurs vies, il remerciait également les poissons pris. J’avais peut être 4 ans, j’étais l’enfant qui voulait suivre son père. Quand je voulais le suivre, mon père me disait non. Non parce que ces pièges étaient posés loin à la pointe du lac ou il y avait notre campement. Ma mère me disait ‘’ j’entend ton père s’en venir à cause du bruit de ses raquettes sur la neiges ‘’ Moi j’avais déjà mes raquettes, mon grand-père les avait fabriqué. J’en étais très fier, je pouvais enfin aller à la chasse avec mon père. À la pointe du lac, il y avait un loup prit au piège, Il m’a dit de me mettre à coté mais pas trop prêt. Il m’a dit de l’écouter et il remercia le loup, je te remercie mon frère dit-il, de me donner ta vie, le loup ne bougeais pas car il était pris par une de ses pattes avant, moi je pensais que c’était un petit chien. J’étais jeune mais je me souviens, il tira un coup de feu dans la tête, mon père parlait à l’animal tout en le remerciant, je suis très fier de me souvenir de ce moment. Quand les chasseurs partaient à la chasse, mon grand-père et mes oncles étaient là avec eux. Le soir en revenant de la chasse, ils avaient tué un caribou. Je peux dire que l’on n’a jamais manqué de nourriture. On mangeait toujours de la nourriture de bois, mes cousins et ma famille. Lorsque que j’ai eu 6 ans, ma sœur est entrée la première au pensionnat et je me demandais pourquoi elle ne venait plus dans le bois, j’avais un frère plus jeune, Réal. La première qui est entré au pensionnat, c’est ma sœur en 1959. Elle n’était  plus là quand nous montions dans le bois. Je m’ennuyais de ma sœur. Moi, je suis entré au pensionnat en 1960. Durant tout l’été, on essaya de m’avertir que j’allais entré au pensionnat. Dans mon cœur, j’avais peur. Comme à toute les fin du mois d’aout, il y avait une kermesse et tout de suite après en septembre c’était le pensionnat. C’est là qu’on a essayé de m’avertir mais ils n’étaient pas capables de me le dire. Ils avaient de la peine de m’annoncer ça. Je faisais semblant de rien entendre, de rien comprendre et je leur demandais ‘’ on vas-tu dans le bois ? ‘’. J’agissais comme un enfant et puis ils m’ont dit que j’allais être gardé au pensionnat. Je leur ai demandé pourquoi. Evidemment je pleurais, tu va aimé, ça va être agréable on va prendre soin de toi là-bas qu’il me dissent, il y a beaucoup de prêtres, de frères, des religieuses qui vont bien prendre soin de toi. Tu vas manger trois fois par jour, on va t’habiller. Je pensais déjà qu’on mangeait bien dans le bois. Quand un père parle à ses enfants, on ne pouvait pas répliquer. Je hochais la tête mais mon cœur disait non. A l’âge de 4 ans un enfant a déjà de l’intuition, il le sent et ne le perd pas. L’enfant qui a grandit avec les chasseurs, pense avec intuition. C’est de cette façon que je comprenais. C’est comme si il y avait personne d’autre que nous, on était tous seul. Les filles aussi pensaient de cette manière.&#13;
Les grand parents on due être très heureux de poser leur tente ici car il y avait beaucoup d’anciens emplacements de tentes, de foyers. Regarde comment les enfants jouent, le caribou qui venait à côté, j’aime beaucoup entendre leurs histoires, c’est à l’âge de 6 ans que je me suis perdu, parce qu’on m’avait dit qu’on allait bien me traiter. Je ne veux pas faire mon misérable mais je pense à l’enfant qui a été maltraité. Quand les parents venaient nous rendre visite, ils étaient aimables avec nous, parents et enfants. Ils m’empoignaient le cou quand on me rendait visite, quand il serrait un peu, c'était pour me faire comprendre de ne pas parler, de ne rien leur dire, on voulait m’avertir de ne pas les dénoncer. Je ne comprenais pas moi. L’enfant intérieur se fâche et n’écoute plus les parents car on le maltraite. Mes parents me disaient que ça devait être de ma faute. A un moment donné, mes frères étaient eux aussi présent au pensionnat. Ma sœur est du coté des filles et je ne peux plus lui parler, on ne pouvait plus être ensemble comme dans une vraie famille. Moi, j’étais chez les grands, mes petits frères chez les moyens et ma sœur chez les filles. Il n’y a jamais eu de communication entre les groupes, c’était comme si on ne se connaissait pas. Durant l’été, j’allais encore dans le bois avec mon grand-père au 137 et adolescent 14 15 ans, je buvais déjà, j’étais déjà en colère. Je ne comprenais pas ce que le frère m’avais fait subir pendant plusieurs années, jusqu'à l’âge de 39 ans où je me suis pris en main. Dans la communauté de Wemontachi, on a fait une tente à suer avec mon frère Réal et Marie-jeanne. C’est là que je l’ai sentit Le Créateur, Cris au Créateur m’on t’il-dit, la drogue me dérangeais, l’alcool me dérangeais. J’ai intégré lentement ces croyances dans ma vie. Il n’y a rien que je peux dire contre la prière, ça appartient à chaque personne.&#13;
Le temps que j’ai rester au pensionnat, je l’ai donner au Créateur parce que j’étais plus capable de le porter. A plusieurs reprises, la peine, la colère sont revenu. J’ai manqué tué mes parents, c’était quoi, je ne comprenais pas. Quand j’arrêtais de boire j’avais de la peine et en même temps je buvais pour oublier.&#13;
En 1994, à la rencontre des ainés, mon père était là. Le vendredi, ils descendent de Shefferville et toutes mes pensées se mettent à bouillonner, il faut je demande le pardon à mon père. A son arrivée, je l’accompagne en ville pendant 4 jours en me demandant intérieurement qu’est-ce que je peux faire, mon cœur bat vite. Finalement, je suis aller le voir, je lui ai dit ‘’mon père je te demande pardon et te demande d’enlever, d’effacer tout ce que je t’ai fait. ‘’ Il dit oui mon garçon, je me mets à genoux et fait un signe de croix. Je venais tout juste de faire la tente à suer et en me levant je me suis senti très léger. Mon père me répond la journée ou ça c’est passé, en te retournant je t’avais déjà pardonner. Et moi ça faisait 22 ans que je transportais ce fardeau sans savoir qu’est-ce que c’étais. La ‘’prière’’ je la connait pas même si je fait beaucoup de signe de croix, même la confession. Il fallait que je racontes ma vie d’avant. Tout ce que j’ai fait en arrière et tout ce qu’on m’a fait, ce que j’ai fait aux autres. C’est pas difficile pour les mauvaises choses qu’on ma fait, c’est plus difficile pour les choses que j’ai faite. Aujourd’hui, on fait des choses ensembles, on se rencontre, on voyage. Je remercie le Créateur des belles choses qu’il a mit dans ma vie. La beauté de la place où on est, les actions que l’on fait, ‘’ regarde la personne qui fait du pain ‘’ je pense a tout ça, c'est beau. Aujourd’hui il y a peu de chose qui me mette en colère. Toutes les choses qu’on ma faite au pensionnat c’est ça qui me mettait en colère, d’haïr mes semblables et des gens de d’autres races, du racisme. C'est choses là n’ont plus de place dans ma vie. Je me soigne tout le temps intérieurement. Je ne suis pas plus haut que d’autres là où je suis. Présentement, je pense à mon père et à Joseph André (Napessiss). Napessiss joue du tambour, je l’ai vue dans un film. Maintenant je revois encore la fois où il jouait du tambour, c’est la paix et je suis très content d’être venue ici. Si un jour, je peux amener mes petits enfants ici et ma fille, je ne peux pas leur enseigner la vie dans le bois ou la chasse car je ne possède pas le vocabulaire spécifique de bois. On me tapait sur la bouche quand je parlais la langue innue au pensionnat. ‘’ Ferme ta boîte, fermes-la, ne pleure pas ‘’ et depuis que je parles de ces choses là, on m’invite à donner des conférences sur la culture. Ça c’est ma vie. En partageant, le mauvais intérieur sort et après je me sens bien. Nos enfants et nos petits enfants en ressentent les conséquences parce qu’on transmet le mal, la violence. Quand tu étais malade au pensionnat, c’était l’absence des parents qui était dur. L’enfant ne pouvait être prit dans ses bras, être câliné, on nous donnait seulement des pilules en disant de se taire, de ne pas pleurer.  Quand un enfant est malade il a besoin de sa mère, de ses parents pour le réconforter. A cause de ce manque, je n’ai pas pu le transmettre à mes enfants. Moi je ne savais pas en tant que père comment l’approcher car on me l’avait pas transmis. Mêmes dans la famille, avec mes frères et sœur on étaient pas connecté. On se chicanait parce qu’on se voyait rarement. Si tu vois ton petit-frère se faire pogner par le frère, c’est à ce moment là que la colère entrait en moi, je me mettais à penser si seulement je pouvais être grand. Si j’avais pu être grand je n’aurais pas donné à personne le droit de me faire du mal. Je n’ai jamais revue cette personne qui ma fait du mal. Je remercie le Créateur qui a fait que je ne le revoie pas. J’en ai rencontré quelques uns et j’ai vue le malaise de leur geste envers les enfants. J’aurais bien voulu qu’ils admettent leur tords. Moi j'ai admis et eux l’on pas fait. J’ai admis tout le mal que j’ai fait dans le passé et je me suis sentit bien. Je ne dis pas que je suis un saint mais aujourd'hui je me suis pris en main. Tout ce que les gens peuvent dire à propos de moi me laisse indifférent.&#13;
La jeune génération d’aujourd'hui  peut se relever par la tente à suer. Je ne pensais jamais aider de cette manière, je suis content. J’aime aider à la pêche, faire du bois. Je suis très content de voir  ce site.&#13;
¨ Evelyne¨ Qu’est-ce que tu penses de tout ces signes que les Innu ont laissés,tout ces vestiges? &#13;
¨Tabi¨  Je suis très content d’être là, d’être connecter avec tout ce que je vois ici, les vestiges de shaputuan, de foyers. La manière dont il y a de la joie ici, d’être ensemble, le partage du caribou et du saumon. La vie était simple ici.&#13;
La vie en ville c’est juste de la peur. Il y a beaucoup de joie ici car il y a des saumons, de la truite grise, kukumess.&#13;
On voit tout le travail des innus sur ce terrain, on voit les compétences, on voit partout l’ouvrage des innus. Pas de pensionnat, j’aurais été capable de tout faire ça et je le regrette beaucoup. Je ne peux pas être en colère, la vie à fait en sorte que je vienne voir cet endroit.&#13;
Je respecte beaucoup les chasseurs, mon grand-père n’était jamais stressé. On sens beaucoup de choses ici. On le sent.&#13;
(Autre personne) Pourquoi allez-vous au 280 miles &#13;
‘’Mon grand-père a dit à mon père, ‘’ tu vas rester à cette place à Uapushkkuss ‘’ parce qu’il faut aider les beaux parents. Quand on était jeune, on n’y allait pas souvent. Maintenant je garde ma mère et je n’y vais pas plus souvent. C’est mon frère Pousset qui garde en ce moment. Mon père m’a dit que mon grand-père Sébastien était responsable du poste de traite. Sébastien avait dit à mon père d’accompagner son beau-père au lac Eric. C’est pour ça qu’on allait plus au lac Eric qu’à Esker là où mon père et mon grand-père ont grandit. Ils sont également allés à Shefferville, maintenant ce Shefferville fait parti du territoire à Ben Mckenzie. Mon père parlait de son père qui partait tout les matins pour aller voir ses pièges et il revenait le soir, se déplaçant sans raquette. Je sais qu’il mettait ses pièges jusqu’à Sawbill, moi je ne suis pas assez vaillant pour le faire. Je me demande comment il faisait tout ça sans raquette. Il était assez vaillant et rapide pour faire ces distances sans raquette. Pour eux c’était de courte distance. J’avais 14 ans et ce sont mes souvenirs. On sent des présences ici et c’est léger. J’aime ça…Merci.&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/634577454?h=38cccbad5f" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/634577454"&gt;Tapi entrevue 3 (Mushau nipi)&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Tapi : [00:00:00] Oui, le caribou...Il y en a beaucoup là-bas. [00:00:05] Samson était là-bas. Il en a tué pas mal là d’où il vient. [00:00:11] Il a dû vouloir aller là. [00:00:13] Ce que mon père nous a dit, l’endroit que l’on appelle Uapishku (montagne blanche)…[00:00:19] Je trouve ça drôle…J’étais tout seul à Sawbill. [00:00:23] Mon père avait amené un enfant dans le territoire...Ça été le dernier enfant qu’il a amené dans le territoire. [00:00:30] Et là, je n’avais pas encore fait mon chauffage au bois. J’ai ouvert la radio pour parler. [00:00:36] Il me dit : « Il doit encore être dans ses couvertures, lui là » [Rire] [00:00:41] Et c’est bien ce que je faisais, j’étais encore dans mes couvertures avec la radio. [00:00:45] (Sous-entendu : Il me dit encore :) « Qu’est-ce qu’il t’arrive? Quel temps qu’il fait là-bas? » Je sais pas quoi lui dire, car je n’étais pas encore sorti. [00:00:51] Je lui ai dit : « On voit Uapishkua (montagnes blanches), il fait beau ». [00:00:54] Ils appellent ça Uapishkua (montagnes blanches) au 300...C’est une famille. C’est leur montagne. [00:01:03] Ce qui arrive, cette montagne ressemble à Uapishkuss (petite montagne blanche). Donc, elles sont pareils ces montagnes, tu vois?&#13;
&#13;
Anne-Marie : [00:01:09] Mmm-hmm.&#13;
&#13;
Tapi : [00:01:10] Tu comprends, elle est pareil à celle qu’on appelle Uapishkuss (petite montagne blanche). [00:01:13] Si tu grimpes cette montagne, en haut tu vois tout de très loin. [00:01:17] Quand on grimpe...même sur l’autre montagne, on voit tout autour. [00:01:27] On nous a tous dit, même à Réal dans la famille et aussi à mes frères et sœurs, de ne jamais monter cette montagne...de ne jamais monter cette montagne si nous ne l’avons pas rêvée. [00:01:40] Moi, ce que je comprends c’est que c’est une montagne « sacrée » en français. [00:01:45] Ça veut dire que c’est un sanctuaire, un endroit vénérable. [00:01:49] Je me demande pourquoi il m’a dit...tu vois, je me le suis demandé…j’ai entendu, je vous ai entendu (sous-entendu: parler d’)...un innu du Labrador qui serait entré dans la montagne. [00:02:08] Et aussi, quelqu’un d’autre dans ma famille me l’a raconté, une histoire pareille comme lui il raconte. &#13;
&#13;
[00:02:14] Du moment qu’ils ont vu le caribou partir de ce côté-là de la montagne...[00:02:19] C’est à se demander où il allait. Je ne sais pas. [00:02:22] Et là, arrivé au bout de l’autre côté, on ne voyait plus sa piste. C’est comme s’il avait pénétré dans la montagne. [00:02:31] Mais je ne te dis pas que c’est bien ça...Mais, on nous a bien dit de ne pas monter cette montagne avant de la rêver. [00:02:42] Probablement qu’il devait y avoir une bonne raison, quand j’y pense, pour dire une telle chose. Eux ils le savaient. &#13;
&#13;
[00:02:50] Nous, on ne nous a pas tout dit lorsque nous étions enfants. Car il (Napesh) n’avait pas le temps. [00:02:58] Et moi aussi, je n’avais pas le temps. Je m’occupais de moi en 1993, tranquillement. [00:03:04] C’est seulement quand je suis revenu qu’il m’a raconté plus de choses anciennes. [00:03:12] Il y avait un vieux, je veux dire, il l’écoutait. Il était là assis pendant une soirée de conte. Les autres vieux l’invitaient à venir écouter les histoires...anciennes. [00:03:29] Je regrette tellement parce que ça été une période où j’avais un meilleur contact avec mon père pour se connaître d’homme à homme. [00:03:38] Nous n’avons pas eu assez de temps...trois ans plus tard il est parti. [00:03:44] Et moi, c’est seulement en1993 que j’ai commencé à prendre soin de moi. Le départ où j’ai commencé à vivre on peut dire. [00:03:50] Je buvais beaucoup dans mon passé. Au fond on peut dire, à 6 ans j’ai perdu mes parents quand j’étais au pensionnat. [00:04:00] Au pensionnat à 16 ans, 17 ans, j’étais toujours dans la boisson. Je n’existais plus dans ma vie. Je buvais tout le temps. [00:04:11] Puis là, j’ai perdu contact avec mes parents. Je n’ai pas assez connu mon père...et ma mère, dont j’ai pris conscience qu’elle était présente dans ma vie. [00:04:21] Ma petite maman, c’est moi qui en prend soin maintenant. [00:04:23] Tu vois, c’est moi qui en prend bien soin. À un moment donné, si elle nous quitte…parce que mon père m’a demandé : « Prends soin de ta mère ».&#13;
&#13;
Anne-Marie : [00:04:34] Comme t’a fait pour arrêter de boire?&#13;
&#13;
Tapi : [00:04:37] La tente à suer…La tente à suer, en toute première chose. Je suis allé à Wemotaci. [00:04:43] J’étais encore sous l’effet de l’alcool parce que j’avais bu pendant quelques jours. [00:04:49] Mani-shan (Marie-Jeanne) et Kaiensh (Réal) étaient là. Il y avait un Pow Wow en 1993. [00:04:57] C’est là que j’ai demandé à mon créateur...On m’a dit de crier vers lui. Et j’ai crié. [00:05:03] C’est comme ça que j’ai commencé à croire à ma requête d’assistance. [00:05:09] Par exemple, ça m’a pris du temps...pour remonter et écarter ma colère. [00:05:16] Maintenant, je connais ma colère. Je sais jusqu’où elle me mène, mais je ne la laisse plus me diriger. [00:05:23] J’utilise ma vie pour mieux comprendre ce que j’ai vécu depuis mon enfance. [00:05:31] C’est comme si je faisais un retour en arrière. [00:05:34] Et j’ai vu, comme je t’ai raconté, dans les histoires de mon grand-père...L’histoire des enfants, combien c’était beau, la vie des innu sur le territoire. [00:05:49] Je suis vraiment très fier de vous comme innu, de ce que vous faites comme travail avec les sites sacrées. [00:06:00] Je ressens qu’il y a une grande force. [00:06:05] Ce n’est pas arriver pour rien. Le créateur passe à travers vous. Je parle du tout-puissant.&#13;
&#13;
Anne-Marie : [00:06:13] Comment vois-tu les choses? Aujourd’hui, comment veux-tu contribuer à la vie? [00:06:17] Car où nous sommes, c’est tellement un bel endroit.&#13;
&#13;
Tapi : [00:06:19] Moi ce que j’appellerais, c’est l’ouverture...l’ouverture du coeur. [00:06:27] On ne nous connaît pas vraiment chez les blancs. [00:06:29] Comme toi par exemple, dans ton travail, tu parles de tout ça. [00:06:33] Et moi, il y a des blancs qui viennent me voir…je veux dire des jeunes blancs viennent me voir. [00:06:40] Et là, le innu ouvre son coeur pour partager ce qui vient du créateur. Je veux montrer aux gens qu’on n’est pas ce qu’on raconte de nous. [00:06:55] Quand les jeunes viennent, ils pleurent. Ils disent : « Personne, ne nous traitent ainsi. Il y a une belle manière de nous accueillir ». [00:07:04] Ils ont beaucoup à raconter. Ils disent : « Allons-nous pouvoir entrer tout le monde (sous-entendu : dans la tente à suer)? ». [00:07:11] Et quelqu’un a dit à un de ces jeunes dont la mère avait le cancer : « Prend cette pierre et demande la guérison de ta mère », qu’il lui a dit. [00:07:20] La personne a dit : « C’est qui la personne dont la mère est malade? » [00:07:23] On ne savait pas c’était qui, mais c’était le jeune qui était assis à côté de moi. C’était bien sa mère. [00:07:30] Et on lui a dit : « Nous allons tous prier pour elle ». Je ne sais plus après. [00:07:34] Ils ont aimé leur expérience. « Tu vois, nous, on ne pensait pas que vous étiez comme ça, comme vous êtes » nous ont-ils dit. [00:07:44] En se donnant la main, en riant avec eux et en étant enjoué, ils nous ont dit : « C’est comme si on se connaissait depuis longtemps par votre façon de nous accueillir ». [00:07:55] Vous savez comment il est le innu. C’est ce que j’aime quand quelqu’un vient. [00:08:01] C’est comme une mission pour nous et pour eux aussi. C’est comme une mission. Ils doivent connaître qui nous sommes afin de pouvoir le raconter. &#13;
&#13;
[00:08:13] C’est pourquoi j’aime rencontrer un étranger qui vient de loin. Tu comprends ces gens que l’on appelle Kanak (note : peuple autochtone de Nouvelle-Calédonie). [00:08:25] « Comment se fait-il que vous ayez gardé votre culture? Nous on nous a empêché de garder la nôtre », qu’ils disent. [00:08:34] Tu vois, nous aussi, nous les aidons de leur côté à se relever. [00:08:44] C’est maintenant comme ça. Toutes les fois où je me suis fâché concernant mon combat en lien avec les pensionnats, c’est moi qui ai souffert. Je gardais tout en moi. [00:08:59] Maintenant, je suis capable d’écarter ma colère. Ma paix intérieure s’exprime. [00:09:06] (sous-entendu : Dans ces moments-là), tous les moments du pensionnats ne sont plus là. [00:09:10] Eux aussi ils sont malades, malgré tout ce qui arrive. [00:09:16] Tout ce que j’ai fait dans ma vie, tout ce que j’ai fait, je l’ai remis entre les mains du créateur. Moi, je n’ai pas cette force, mais je veux vivre. [00:09:26] Ce sera peut-être les enfants maintenant, on ne sait pas, qui auront des visions. [00:09:35] Ils pourront aider à la guérison ou célébrer avec les tambours la danse du soleil (note : cérémonie culturelle célébrée chaque année par les autochtones des plaines en l’honneur du soleil et au cours de laquelle les participants démontrent leur bravoure en surmontant la douleur, Encyclopédie Canadienne). Cette personne pourra diriger la danse du soleil. C’est eux l’avenir. [00:09:47] Chez les innu dans deux générations, c’est pour eux qu’on fait tout ça pour que la paix revienne. C’est ça le chemin. C’est ce que mon père m’a dit, mon père m’a dit :  « Vous tracez le chemin ». [00:10:02] Je ne comprenais pas (sous-entendu : quand il a dit ça)...C’est seulement maintenant (sous-entendu : que je comprends)…[00:10:05] Te rappelles-tu quand il est venu nous voir? Nous faisions la tente à suer dans la forêt. [00:10:12] Il a dit : « Vous avez un travail important. Vous allez devoir continuer à faire ce que vous faites. Ce sera difficile parce que vous tracez le chemin des enfants et des petits-enfants. » [00:10:23] Quand les enfants viennent (sous-entendu : en forêt), moi aussi ça me rend fier, tu vois? Moi, c’est ça qui m’a permis de me relever. [00:10:31] Et aussi un innu...tu vois? Un innu et un autre innu (sous-entendu : contribue)...C’est pour ça aussi que moi aussi je contribue ici. [00:10:43] Je n’avais pas d’argent mais il y en a tout le temps tout le temps. [00:10:53] Ceux qui sont venus nous voir de loin pour nous aider, je les remercie. Vous avez été les plus inspirants [00:10:58] Là-bas, les îles...il y a sept îles, il y a sept grand-pères. Ils ont été entrés un à un. Tout a été bien ordonné. [00:11:10] « Il y a encore vos vêtements que les ancêtres ont caché pour votre retour ». [00:11:18] Je crois tout ce qu’ils ont dit.&#13;
&#13;
Anne-Marie : [00:11:21] Est-ce que vous avez fait la tente tremblante? Étaient-ils nombreux?&#13;
&#13;
Tapi : [00:11:23] Oui, ils sont arrivés nombreux. On s’en sert bien. C’est bon pour interroger nos ancêtres pour avoir un bon contact. [00:11:36] C’est plus vous...Je veux dire, ils disent : « C’est tellement magnifique ». [00:11:41] Même les curés qui sont entrés (sous-entendu : dans la tente tremblante) ont dit qu’il y avait près de vous quelqu’un de spirituel qui prend soin de vous. [00:11:49] Comment est-ce possible que dans la forêt nous puissions trouver de la nourriture? [00:11:54] C’est ça que je leur dis que nous avons une pharmacie dans la forêt. [00:11:59] Même les animaux sont une médecine pour aider les Innu qui sont malades. [00:12:08] Autrefois, il n’y avait pas d’hôpital. [00:12:11] Par exemple, si quelqu’un se cassait le bras ou le pied on soufflait pour transmettre de l’énergie. [00:12:17] Il y avait déjà une histoire là-dessus qui venait de mon père. [00:12:23] Il avait un ami qui est maintenant décédé. [00:12:27] Avec son piège, il a glissé. Il est tombé et a reçu des entailles jusqu’à l’os. Et là, le vieux Sylvestre a dit : « Il n’y a plus rien à faire avec lui ». [00:12:40] Ça se passe comme ça avec la tente à suer...je veux dire...[00:12:44] parfois c’est bon, parfois c’est difficile. Ils savaient eux nos aînés. Ils ont tous fait leur possible. [00:12:51] Ils ne se sont jamais découragés pour aider. [00:12:55] Mon père m’a raconté beaucoup de ces choses. Et aussi...&#13;
&#13;
Anne-Marie : [00:12:59] As-tu toujours confiance que les innu seront toujours aussi présents?&#13;
&#13;
Tapi : [00:13:02] Innu?&#13;
&#13;
Anne-Marie : [00:13:03] Mmm.&#13;
&#13;
Tapi : [00:13:04] Pour qu’ils soient là?&#13;
&#13;
Anne-Marie : [00:13:05] Oui, les innu comme nous autres qui parlent innu, la culture…&#13;
&#13;
Tapi : [00:13:09] C’est ce qui est le plus important, oui. Moi, j’ai perdu...moi qui te parle, j’ai presque tout perdu. Ma langue innu est courte comme ça. [00:13:15] As-tu compris ce que je veux te dire?&#13;
&#13;
Anne-Marie : [00:13:17] Mmm-hmm.&#13;
&#13;
Tapi : [00:13:18] Je le vois bien.  Des fois, j’aime écouter les innu de Mamit. [00:13:23] Les innu de Mamit ont leur propre façon d’exprimer ce qu’ils veulent dire. Mais, c’est pareil. Mais moi, je ne comprends pas. [00:13:31] Les innu de Pessamit ont aussi leur manière de parler. [00:13:35] Quand ils viennent, je ne comprends pas tout parce qu’ils utilisent un langage innu plus authentique. Mais moi, je ne le possède pas, celui qui vient des aînés. [00:13:45] C’est pourquoi, c’est important ce que vous faites sur les enseignements et sur le fait que nous soyons ici. [00:13:53] Par exemple, mes petit-fils parlent français et moi aussi je m’aperçois que je parle français. [00:13:57] Tu vois? Et moi je veux leur parler innu...Comment pourrais-je dire ça...Mais on le souhaite...Je veux dire, tout va revenir. Tu vois...ça c’est revenu. Tout revient à nouveau.&#13;
&#13;
Anne-Marie : [00:14:12] C’est le retour de la tente tremblante…&#13;
&#13;
Tapi : [00:14:13] Oui. Nous pourrons à nouveau la pratiquer, sûrement. C’est à nous. L’héritage qu’on nous a donné. Moi, c’est ce que je vois. [00:14:30] Nous sommes trop proche des choses nuisibles. [00:14:37] Dans la ville, la drogue...On n’a pas assez de force pour lutter. [00:14:45] Il serait bon de retourner dans le territoire. [00:14:49] Aller récupérer ce qu’on appelle sa sérénité pour la redonner aux enfants, leur montrer tout cet enseignement dans les écoles et transférer tout le savoir de nos grands-pères aux tout-petits. [00:15:04] Quand nous étions petits, nous, nous avions quand même appris des bases avant de… [00:15:07] Avec les tout-petits, il faut être avisé sur l’enseignement de la langue innu. [00:15:12] Nous, on nous a empêché de parler notre langue. Moi, on m’a empêché, tu vois? Mais, elle existe encore [00:15:21] Ça veut dire qu’elle va subsister, qu’elle se maintiendra. [00:15:25] C’est comme ça que je vois les choses pour notre communauté. [00:15:29] Je porte ça dans mon coeur et je vois pourquoi ça nous est arrivé, pourquoi. [00:15:35] Avec toutes les difficultés que j’ai eu, j’utilise ma vie pour comprendre mes peines et mes souffrances. Tout sort de moi.&#13;
&#13;
Anne-Marie : [00:15:46] Qu’est-ce que tu dirais si tu parlais aux enfants? Qu’est-ce que tu leur donnerais comme message? Que voudrais-tu leur laisser?&#13;
&#13;
Tapi : [00:15:58] Ce que tu vois au sol, on donnait ça aux enfants pour s’amuser avec le tambour...le hochet. [00:16:07] On leur expliquait de quelle manière on le fabriquait. [00:16:10] Comment bouger le hochet. C’est ça le savoir de nos aînés. On va toujours le dire que ça vient de nos aînés. [00:16:18] Tout comme les pierres de chant pour qu’ils chantent. [00:16:22] Par exemple, mon petit frère Réal...La chanson Tipenimitish (Pitakai)...met grand-père dans ta vie. Il a chanté ça à la radio. [00:16:33] On l’a fait venir à la radio pour qu’il la chante. [00:16:38] Je veux dire ces enfants...ces enfants pour qui leur reviennent de recevoir le pouvoir d’acquérir l’enseignement de la tente à suer. [00:16:52] Des vieilles légendes...pour que toutes les légendes...les légendes étaient importantes dans la façon de transmettre le savoir et le respect des gens. [00:17:00] Moi je me rappelle très bien quand mon père racontait des légendes avec mes cousins et les Vachon. [00:17:06] Nous avions été rassemblés là. [00:17:10] Et là on nous dit : « Ne dérangez pas grand-père, ne lui demandez rien. Ne dérangez pas votre oncle. » [00:17:18] Tu sais un enfant a beaucoup d’imagination. [00:17:21] Il ne sait pas toujours de quoi on veut parler (sous-entendu : dans la légende)...mais il y a un refus à déranger. Il le saura plus tard. [00:17:27] C’était tellement bien. C’est comme regarder un bon film. [00:17:31] C’est comme ça que moi je me rappelle. Tout était si beau. [00:17:37] Maintenant, c’est comme un nuage qui est parti. [00:17:42] Puis moi, j’en ressors comme un être nouveau. &#13;
&#13;
Anne-Marie : [00:17:46] Oui.&#13;
&#13;
Tapi : [00:17:47] C’est pourquoi j’ai un grand respect pour les aînés qui sont encore là comme Kanikuen (Grégoire). Il est à Schefferville Kanikuen Gabriel. [00:17:55] Je veux dire...je me rappelle bien quand j’étais à Schefferville. il y avait des aînés comme Ikueu (Philomène Mckenzie) et tous les autres. [00:18:04] Shapatesh (Jean-Baptiste), il nous racontait des choses. Shapatesh...&#13;
&#13;
Anne-Marie : [00:18:08] Shaupien (Jean-Pierre)?&#13;
&#13;
Tapi : [00:18:09] Non, Ashini, le vieux. Eux, ils étaient témoins et moi, je sais la façon qu’ils le voyaient. [00:18:20] Tu vois...C’était tellement beau. Mais eux, ils n’en parlaient pas parce que les enfants craignaient le curé. [00:18:31] Maintenant, nous le savons ce qui est bon. Moi, je sais ce qui est bon. [00:18:37] Quand mes petits-enfants viennent me voir, je suis avec eux. Je suis avec eux la plupart du temps. [00:18:45] Ils l’ont déjà vécu, donc c’est bon. Ils savent que ça existe. C’est ça l’enseignement. [00:18:54] On ne fait pas n’importe quoi. [00:18:57] Ils chantent et tous les enfants veulent chanter en ce lieu... parce que même les tout-petits enfants sont immergés. Ils reçoivent, oui... [00:19:10] Tu sais, on était là avec les familles et nos amis. [00:19:16] Je ne dis pas que c’est facile à faire. Mais moi, je vois que c’est ce que j’aime quand je regarde mes enfants. [00:19:25] Les autres...(Sous-entendu : enfants) je veux dire, ceux qui sont dans la drogue, il y a en eux un innu. [00:19:34] Il dort comme moi (sous-entendu : j’ai dormi). [00:19:38] Il existait quelque chose de bien pour ma communauté. [00:19:44] Et aussi pour tous ceux qui viendront.&#13;
&#13;
Anne-Marie : [00:19:46] Mmm-hmm.&#13;
&#13;
Tapi : [00:19:47] Ce n’est pas toujours facile de faire son chemin, mais en se regroupant avec les amis nous pouvons construire notre chemin. Selon notre manière de faire les choses (sous-entendu : avec les enfants), c’est une beauté de les voir, de les éduquer. C’est tellement important l’éducation. [00:20:07] Mais par contre, il serait souhaitable d’amener les tout-petits enfants ici (sous-entendu : dans le territoire).&#13;
&#13;
Anne-Marie : [00:20:16] Mmm-hmm, c’est bien...très bien. Nous avons terminé.&#13;
&#13;
Tapi : [00:19:34] D’accord.&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/634577350?h=0787e63dc4" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/634577350"&gt;Tabi entrevue 2&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Oral History</name>
      <description>A resource containing historical information obtained in interviews with persons having firsthand knowledge.</description>
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          <name>Transcription</name>
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              <text>Tapi : Mon nom est Tapi Mckenzie (Jacques Roméo Mckenzie). [00:00:04] Mon père était Napesh (François (Francis) Mckenzie). [00:00:07] Ma mère était Louisa (Pinette). On l’appelait Napeshishkueu. C’est comme ça qu’on l’appelait. [00:00:12] Je suis né à Mani-Utenam, près d’ici, après qu’ils ont créé la réserve indienne. En1954, je suis né le 28 de mai. [00:00:31] C’est comme ça. On allait dans le territoire quand nous étions jeunes. Dans mon souvenir, j’avais peut-être à peu près 2 ans. [00:00:40] Nous, on allait dans le territoire avec ma sœur Marcelle (Mckenzie) et mon petit frère (Réal Mckenzie) dans les années 1954. Les autres n’étaient pas encore nés : Poucet (Lucien Armand Mckenzie) et Mimi (Serge Mckenzie, Mishtuk). [00:00:57] Il y avait Réal qui partait avec notre grand-père (Wellie Pinette) dans le territoire. [00:00:59] On partait tous avec notre grand-père. Mon petit-frère (Réal) était aussi là-bas (note de Tapi : au niveau du millage 137 du chemin de fer, au lac Éric).&#13;
&#13;
Evelyne : [00:01:06] Est-ce que vous preniez le train?&#13;
&#13;
Tapi : [00:01:08] Oui, on prenait le train. Le train ne passait pas aussi souvent que ça. [00:01:14] On ne savait jamais quand le train allait descendre vers Sept-îles. [00:01:19] Il n’y avait pas de téléphone. Il n’y avait pas de moyen d’information de la compagnie dans ce temps-là. [00:01:26] Là, je me rappelle d’un vieux, mon ancêtre Benjamin (Pinette) au 137. Benjamin, au 137…&#13;
&#13;
[00:01:36] C’est mon père qui m’a raconté cette histoire sur le pourquoi qu’on se trouvait à Esker. [00:01:42] Il lui a été dit...Mon père m’a expliqué que ça se passait comme ça : [00:01:46] Quand un individu est marié à une femme, il doit coopérer avec son beau-père. [00:01:52] Il doit l’aider et chasser là. [00:01:59] Il doit prendre bien soin de son beau-père. [00:02:03] Il (Napesh) m’a dit que c’est ce que son père feu Ishpashtien (Sébastien Mckenzie) lui avait communiqué : « Tu dois rester là avec ton beau-père ». [00:02:10] C’est à cet endroit que nous étions au 137.  &#13;
&#13;
[00:02:13] Je me rappelle très bien quand on allait dans le territoire. Ce bâtiment-là (note de Tapi : entrepôt de ravitaillement) qui est debout, c’est à cet endroit à Esker qu’on descendait parfois. [00:02:22] Ils appelaient ça le 15. [00:02:27] Je me rappelle bien lorsque nous étions jeunes, on se trouvait là avec mon grand-père Ishpashtien (Sébastien) et ma grand-mère Taminishapet (Élizabeth Michel). [00:02:35] Ma famille était présente, ceux qui sont là maintenant (note de Tapi : encore vivants). [00:02:41] C’est ça, c’est dans ce secteur du territoire qu’on allait avec mon père au 137.  &#13;
&#13;
[00:02:49] C’est là que je vois mes souvenirs de ma grand-mère Lola (Philomène Jourdain) et de mon grand-père (Wellie Pinette). [00:02:58] Un enfant veut toujours suivre son père à la chasse. [00:03:05] Mon père me raconta quand j’ai fini par être en âge de comprendre : « Un enfant suit son grand-père pour apprendre comment ramer sur le lac et comment poser les pièges. [00:03:23] C’est le grand-père qui apprend comment faire ». [00:03:25] C’était notre grand-père (Wellie Pinette) qui fabriquait nos raquettes. Tu vois, nous étions petits. [00:03:31] Dans la famille, nous, Daniel Vachon, Rénald (Vachon), Talbot (Patrick Michel Ambroise) et Noël (Fontaine), on nous a tous fabriqué des raquettes. [00:03:43] Nous, on suivait. Vous savez comment sont les jeunes. [00:03:47] Et mon grand-père disait : « C’est comme ça que l’aîné enseignait à ses petits-enfants près du Lac, autour du campement ». [00:03:56] C’est là que je me souviens de ma grand-mère Lola. [00:04:00] Comment appelle-t-on « de l’eau de source » en innu? Je ne m’en souviens pas.&#13;
&#13;
Evelyne : [00:04:04] « Mussitshuanapi »&#13;
&#13;
Tapi : [00:04:04] Oui, c’est à cet endroit qu’on allait puiser de l’eau. On suivait les autres. On utilisait des petits contenants « Tenderflake ». On les avait dans nos mains. [00:04:15] On aidait à puiser de l’eau. On nous enseignait déjà comment nous allions faire quand nous étions enfant. [00:04:22] Puis, elle (Lola) mettait ses pièges quand la neige tombait. [00:04:27] N’importe quel piège, c’est comme ça que notre grand-mère nous apprenait. Je le réalise maintenant. [00:04:38] Ce que ma grand-mère (sous-entendu : disait) : « Allez donc demain puiser de l’eau. Prenez de l’expérience. » qu’on nous lançait. [00:04:47] Il y avait un animal, tshikash (vison) (sous-entendu : ou) uapishtan (martre d’Amérique). Nous les enfants, on ne le connaissait pas. On avait peur de lui. On se sauvait au plus vite (note de Tapi : parce qu’il avait une dentition terrifiante). [00:04:57] C’était avec la neige lancée sur les yeux qu’elle l’avait aveuglé, puis avait pressé son cœur de sa main. [00:04:57] C’est comme ça que ma grand-mère nous enseignait. [00:05:04] Et l’enfant observait. Moi aussi j’écoutais. C’est ce que je me souviens de l’enseignement de mon enfance.  &#13;
&#13;
[00:05:14] Elle n’a jamais jeté les peaux. Elle était accommodante. Même avec l’écureuil, elle le dépeçait et mettait la peau sur un morceau de bois (sous-entendu : pour la sécher). [00:05:25] Pareillement pour l’hermine, elle avait du respect. Elle rigolait concernant l’écureuil. [00:05:37] Quelqu’un d’autre s’en serait débarrassé. [00:05:41] Elle avait une taie d’oreiller. C’était son porte-monnaie. C’est là qu’elle mettait la peau de l’écureuil. [00:05:47] Elle le préservait, elle le remerciait. Elle remerciait l’animal, ma grand-mère. [00:05:55] On ne manquait jamais de rien. [00:05:58] Je veux dire qu’on ne manquait jamais de nourriture. [00:06:03] Je ne me souviens pas qu’on ait eu faim pendant tout le temps qu’ils ont pris soin de nous. [00:06:09] C’était ça l’enseignement.  &#13;
&#13;
[00:06:12] Moi, on m’a amené dans le territoire à Esker. [00:06:19] Et là, mon père, la dernière fois qu’on est allé en 96...(note de Tapi : plutôt en 1995) 96 on était à Sawbill. [00:06:29] C’est là que Samson (Innish) campe. C’est lui le gardien du territoire. [00:06:40] Ce qui est déjà en place, ce bâtiment-là (note de Tapi : un des camps donnés par le conseil de bande de Uashat mak Mani-Utenam), c’est ma maison, c’est notre campement. [00:06:47] C’est à nous et mes petits frères et sœurs. [00:06:51] Il (Napesh) m’avait indiqué :  « C’est ici que tu devrais l’installer ». [00:06:54] Il était venu me montrer, quand je m’étais rendu à l’endroit où mon grand-père avait un magasin. [00:06:58] (sous-entendu : Mon père m’avait déclaré :) « Moi, c’est ici que je l’installerais à peu près. [00:07:02] C’est vraiment ici que ce serait bien de le mettre, proche (sous-entendu : du magasin qui était là à une époque passée) ». [00:07:08] Il m’avait dit : « C’est ici que tu pourrais rester. Ne crains rien. Tu serais bien installé. Personne ne viendrait te déranger. » [00:07:22] C’est ça qu’il m’avait dit. Il m’a raconté parfois des choses anciennes sur la façon de faire des innu. [00:07:30] C’est là que nous étions à ce moment-là. On appelait ça la rencontre. [00:07:36] Puis, il m’avait dit : « Le magasin de ton grand-père était à cet endroit ». C’est à cet endroit que les chasseurs allaient s’approvisionner.&#13;
&#13;
[00:07:45] Je réfléchis des fois à tout ça, à cette façon qu’il (Napesh) avait de me raconter. [00:07:49] C’est là que les innu se rencontraient quand ils partaient chacun dans le territoire et quand ils revenaient. [00:07:54] C’est ce qu’on appelle « regroupement » en français. [00:07:58] Il y avait des danses et ma tante Utussumash...(Philomène Michel) (sous-entendu : m’avait raconté que) des joueurs de tambour jouaient toute la nuit. [00:08:06] Il y avait tambour et festin, un rassemblement de gens heureux de se revoir. [00:08:16] C’était comme ça que ça se passait. Comme je l’avais vu. Comme quand nous étions allés là-bas. C’était tellement plaisant.&#13;
&#13;
Evelyne : [00:08:26] C’est comme s’il y avait toujours eu beaucoup de monde. Moi, c’est ce que j’ai ressenti. De toutes les personnes que j’ai entendu parler, il y aurait toujours eu du monde. Tu ne veux pas manquer ça.&#13;
 &#13;
Tapi : [00:08:32] Oui, c’est vrai que c’était comme ça. [00:08:35] Et personne...Je ne veux pas dire...Je veux dire, personne ne voulait partir. [00:08:42] Ils me disaient tous : « Vas-tu rester ici ? Nous, si tu restes... » alors que nous, nous avions décidé de partir. [Rire] Ils ont continué : « ...nous, on resterait aussi ». [00:08:49] « Je repars au mois de janvier » que je leur ai annoncé. Puis eux, ils aimaient tellement ça. [00:08:53] C’est ça que je pense de ces enfants. Ces jeunes-là, le territoire leur avait manqué. Ils se sentaient tellement liés à lui.  &#13;
&#13;
Evelyne : [00:09:04] Et, est-ce que tu te souviens du magasin d’Ishpashtien Mckenzie ? Es-tu allé là quand tu étais jeune ?&#13;
&#13;
Tapi : [00:09:11] Non, je n’ai pas vu ça. Je ne le savais pas qu’il était là. C’est mon père qui me l’a montré. [00:09:16] J’en ai entendu parler. J’étais jeune, mais il n’était déjà plus là. [00:09:23] En quelle année ? Je ne sais pas quand il a existé. [00:09:26] On avait trouvé cette information à l’endroit où on s’était renseigné. Ça doit être écrit quelque part, dans les recherches. [00:09:37] Mais, ça fait longtemps qu’ils ont fait ça. Combien d’années, je ne sais pas du tout. [00:09:44] Moi aussi j’aimerais bien me remémorer. [00:09:46] Les anciens qui racontaient sont quasiment tous partis. Ceux qui étaient là.&#13;
&#13;
Evelyne : [00:09:53] Est-ce que ton grand-père a reçu la visite d’un katshimeitsheshu ? (note de Tapi : il les appelle des anges)&#13;
&#13;
Tapi : [00:09:56] Mon père me l’a raconté et aussi mon oncle Penitenimiss (Ben Mckenzie) avant qu’il décède. [00:10:04] Je me demande à laquelle de mes grands-mères appartenait le magasin ? Je pense que c’était l’autre grand-mère Taminishapet (Élizabeth) :  &#13;
&#13;
[00:10:15] Quelqu’un (un katshimeitsheshu) est entré. Le gérant (note de Tapi : un allochtone) du magasin lui a dit : «  Il y aura...eux...(les katshimeitsheshu) ». [00:10:23] « Il y a eu une grosse tempête dans la nuit » a dit la personne (un katshimeitsheshu). Probablement, c’est ce qu’il lui a raconté. [00:10:30] Quelqu’un (un katshimeitsheshu) a frappé à la porte de la maison de son campement où ils (Sébastien et Élizabeth) habitaient. Il (Sébastien) l’a laissé entrer. [00:10:39] Et là, ma grand-mère (Élizabeth), elle ne voyait pas (sous-entendu : que c’était un katshimeitsheshu).  [00:10:42] Il (un katshimeitsheshu) lui parle, mais ma grand-mère ne lui parle pas. Il (Sébastien) a dû lui dire de ne pas...(sous-entendu : lui parler.) [00:10:49] On (plusieurs katshimeitsheshu) les voit entrain de s’acheter de la farine. Tout ce qu’un innu avait besoin pour aller dans le territoire. C’est ce qu’a raconté Penitenimiss. [00:11:01] Et mon père avait dit la même chose. Moi, je crois les choses qu’on raconte. [00:11:10] Il (un katshimeitsheshu) lui (à Sébastien) a dit : « tu viendras nous voir demain, à l’endroit où nous campons ». (sous-entendu : Il avait dit ça) à mon grand-père. [00:11:23] Mon grand-père (Sébastien) probablement qu’il est allé (au camp des katshimeitsheshu)…C’était pendant une tempête. [00:11:33] Il est allé et quand il est entré, il a vu que c’était tellement beau à l’intérieur (note de Tapi : on n’entendait plus le gros vent de la tempête). [00:11:43] Elle (c’était une femme katshimeitsheshu) était entrain de cuisiner. Il (Sébastien) disait qu’il y avait des enfants quand il est entré. [00:11:52] Et il (Sébastien) a mangé parce qu’on lui a donné de la nourriture. [00:11:58] « Bon, je vais devoir repartir chez moi » qu’il (Sébastien) a annoncé. &#13;
&#13;
[00:12:02] Et le vieux Sylvestre, le grand-père de Philippe (Mckenzie)...Son grand-père...&#13;
&#13;
Evelyne : [00:12:06] Son grand-père...&#13;
&#13;
Tapi : (Tapi acquiesce de la tête) [00:12:08] Un couteau lui a été donné (note de Tapi : le katshimeitsheshu a donné le couteau à Sébastien), un couteau donné par le katshimeitsheshu : « Ça là ! C’est à Sylvestre. Tu lui donneras. » [00:12:24] C’est ce qui arrive quand on perd des choses dans certaines situations qu’on raconte. [00:12:29] C’est comme ça que cela a dû arriver. Il (Sébastien) lui a donné et lui (Sylvestre) a dû répondre : « Ah oui, je l’avais perdu ». [00:12:34] On le lui a donné. C’est ce qu’ils ont raconté, Penitenimiss et mon père. J’en sais rien, mais des fois, on me raconte qu’untel a perdu son couteau. [00:12:50] « Nous, me dit mon oncle, c’est à eux (aux katshimeitsheshu) qu’on va demander des choses quand on prie. [00:13:01] Pour qu’ils nous protègent, par exemple, dans une assemblée de prière. [00:13:09] C’est une protection pour nous tous. On leur demande assistance. [00:13:14] On a chacun notre façon de prier pour aller mieux.  &#13;
&#13;
[00:13:18] C’est ce que je pense parce que c’est ce que m’a raconté mon oncle Penitenimiss. [00:13:22] Nous autres...Eux autres ils savaient, mais ils ne racontaient pas. Ils ne parlaient pas de ce qu’ils faisaient. [00:13:30] Mon père...Je veux dire, ce qu’il faisait aussi. [00:13:36] C’est seulement depuis quelque temps que je me soigne (note de Tapi : coutumes autochtones et spiritualité), que je peux te le dire...quelques années. Comme lorsqu’ils racontaient, par exemple, sur le caribou (note de Tapi : rêve, vision, connaissance, respect pour ce qu’il nous donne).&#13;
&#13;
Evelyne : [00:13:50] À l’endroit où nous sommes allés, as-tu senti leur présence...pendant tout le temps qu’on était là ?&#13;
&#13;
Tapi : [00:13:59] Je ressens des fois moi aussi des choses. [00:14:04] Par exemple, on était là, moi et mon petit frère Mimi. On a vu quelque chose, oui. [00:14:14] Et là, il a eu peur. Sa frayeur était réelle. Mais je te dirais que je n’ai pas vraiment été surpris. [00:14:22] Mon petit frère m’a dit : « On va partir, je veux partir ». Probablement qu’il ressentait que c’était pénible. [00:14:28] Je ne peux pas raconter ça, ce n’est rien de grave. [00:14:35] Mais quelqu’un qui ne sait pas...L’autre se sent autrement. Et moi, j’observe et je vois une lumière rouge. [00:14:46] Elle est suspendue...Je l’ai raconté à quelques amis. [00:14:53] C’est très difficile de croire les gens qui racontent certains événements. Ils ont dû le voir eux aussi. Mon oncle Penitenimiss m’a dit : « Nos grand-pères te demandent de prier ». [00:15:06] Et c’est ce que j’ai fait, j’ai prié avec mes effets (note de Tapi : tabac, calumet...) de spiritualité. [00:15:12] Et là, deux jours plus tard...on entend arriver sur le lac, près des épinettes, une motoneige. On était entrain de jouer aux cartes. [00:15:26] Tout à coup...Elle est arrivée et s’est éclipsée. Elle est revenue et elle était rouge. [00:15:34] Je me demandais comment c’était possible que la lumière de la motoneige soit rouge. Elle oscillait de haut en bas. [00:15:42] Elle était suspendue en l’air. Et moi, j’ai allumé ma cigarette pour fumer. [00:15:50] J’ai pensé que c’était Williamiss (William Mckenzie). Il était encore vivant. [00:15:53] Williamiss était là...Non, ce n’était pas lui. [00:16:00] Le lendemain matin, c’était pareil. J’ai vérifié la chose qui était suspendue. On ne voyait plus rien. &#13;
&#13;
[00:16:08] Je me suis renseigné. Je l’ai raconté à mon oncle Penitenimiss. [00:16:13] C’est là qu’il m’a dit : « Mon père m’a dit : N’aie jamais peur dans le territoire de chasse ». [00:16:21] Probablement, je pense qu’ils me préparaient sur les choses qu’ils ont déjà vu. Je peux en témoigner. [00:16:32] On a tous ressenti quelque chose. C’est ce que m’a dit ma parenté. [00:16:39] Tu sais, on n’avait pas à avoir de crainte. On avait que du plaisir ensemble là où on était. [00:16:48] T’as dû le ressentir toi aussi qu’elle n’existe pas la peur là-bas. Tout le monde regrettait quand il a fallu repartir. [00:16:59] Et si le mauvais existait là, disons-le...Mais, nos sensations étaient contraires et c’était beau. [00:17:08] Nos grands-pères sont heureux quand on est là. [00:17:10] Eux aussi, je me souviens très bien quand ils se rencontraient. Ils étaient heureux de se rencontrer à nouveau après un an sans leur parenté. [00:17:21] C’est comme ça que je le vois, maintenant que nous sommes venu ici et que nous prenons leur place. Ils doivent être contents. C’est comme un retour.  &#13;
&#13;
[00:17:31] Ici, (sous-entendu : dans le territoire), je ne me soucie pas de penser que ma mère est peut-être malade. Non, tu vis au présent. [00:17:40] Et c’est ça qui est beau. Et aussi les enfants que nous avions accompagnés, ils étaient adorables. [00:17:47] Ils le vivaient tellement fort. C’est comme ça qu’il faut faire pour transmettre aux enfants, comme à Mushaushipit où nous étions allés. [00:18:01] Tout ça est relié à nos traditions qui nous font du bien. « Il y a des choses qui nous font du mal ici, oui, mais pas dans le territoire », comme le disait mon père. [00:18:16] Vous allez comprendre les animaux comme eux ils les comprenaient. [00:18:23] Tu sais eux ils l’ont vécu, mais nous, on nous a enseigné en français. Ça l’a fait disparaître. [00:18:31] C’est tout de même dans ma tête, mais ce n’est pas arrivé à mon cœur. [00:18:35] Eux, ils l’ont vécu dans leur cœur. Malgré toutes leurs difficultés, ils retournaient chez eux (sous-entendu : dans le territoire) tellement ils aimaient leur façon de vivre.  &#13;
&#13;
[00:18:45] Et moi, quand je regarde maintenant ma communauté, les difficultés de notre communauté, j’utilise cette peine pour m’aider moi-même à mieux comprendre. [00:18:56] Je peux comprendre n’importe quel innu qui vient de n’importe quelle communauté. [00:19:02] Combien nos enfants et nos petits-enfants regorgent de trésors. C’est si beau. [00:19:11] Mais nous, il faut retourner dans le territoire de chasse. Eux, nos grands-pères ont grandi là-bas. [00:19:17] Par exemple, mon grand-père était vraiment un homme de bois. [00:19:21] Eux, ils ont vécu là, mais nous on était au pensionnat. La vie d’autrefois n’existe plus pour nous. On ne sait plus ce qui s’est passé. [00:19:32] Par exemple, je me souviens de ce plaisir que j’avais en forêt jusqu’à l’âge de six ans. [00:19:38] J’ai perdu ce plaisir. J’étais dans une vie de blanc. J’ai eu des problèmes de drogue et de boisson. [00:19:46] J’avais tant perdu, mais pas tant que ça. C’était présent en moi. Je devais seulement revenir à ça, moi et mes petits-enfants, maintenant que j’y pense. [00:20:00] Mais, je ne peux pas présentement. Je garde ma mère qui est malade. Elle ne peut plus aller dans le territoire. [00:20:06] Elle était allée au 137 et ça lui avait fait beaucoup de bien. [00:20:11] C’est mes petits frères et sœurs, ma grande sœur Marcelle et un de mes neveux qui l’ont amenée dans le territoire et m’ont dit qu’elle était bien. [00:20:18] C’est ce qui manque aux gens, la forêt. Un lieu où il n’y a pas de drogues et de boissons. [00:20:29] Moi, c’est ce que je vois…&#13;
&#13;
Evelyne : [00:20:32] Quand je l’ai rencontré, ta mère m’a dit qu’elle dormait bien quand elle était dans le territoire : « Je sais que personne ne boit ici. J’ai beaucoup d’espoir ».&#13;
&#13;
Tapi : [00:20:44] Oui, je ne hais pas les gens qui boivent, mais je veux préserver ma mère, moi-même et aussi les autres. [00:20:53] Je suis respectueux et je ne repousserai pas ceux qui veulent venir dormir chez moi la nuit. [00:21:01] Il y a des personnes qui ont dormi dans mon camp. Je leur ai dit : « Pourquoi n’êtes-vous pas venu cogner à ma porte ? » [00:21:07] Je craignais qu’ils fassent du feu pendant qu’ils étaient sous l’effet de l’alcool. [00:21:10] Ils veulent dormir ici. Il y en a qui y ont dormi. Je leur ai dit : « Venez plutôt cogner à ma porte ».  [00:21:16] Je ne dis pas...Bien, moi aussi je vois combien j’ai souffert quand je buvais de la boisson. [00:21:24] C’est pourquoi je compatis avec cette autre personne. Je crois qu’elle peut se réveiller si on l’emmène avec nous dans le territoire. [00:21:30] Bien sûr, si on y retourne. Comme nous l’avions fait. Il y avait du monde...ça rejoint tellement de monde. [00:21:38] C’est simple. Ce n’est rien de mystérieux. [00:21:43] Ça vient du créateur et nos anciens sont contents de ce qu’ils voient...  &#13;
&#13;
Evelyne : [00:21:48] Toi, par exemple, as-tu vu Uapishkuss (note de Tapi : une montagne sacrée pour les innu) dans le territoire ?&#13;
&#13;
Tapi : [00:21:53] Attend, je vais mettre mon bois… [00:22:01] Il faut que je ménage mon bois. (Tapi rigole) Je vais lui dire : « Je veux ménager mon bois ». [00:22:08]</text>
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/659765256?h=398ffac5d9" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/659765256"&gt;Tabi entrevue 1&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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            <elementText elementTextId="2172">
              <text>Traduction:&#13;
&#13;
Bonjour. &#13;
&#13;
Je suis très content d’être ici à la rivière sans arbre. Ici, quand on m’a dit qu’on irait à la rivière sans arbre à l’endroit où étaient les anciens et les ancêtres qui passaient ici comme mes parents. Quand j’ai survolé de loin en voyant la rivière Georges au loin, quand l’avion a fait un tour pour amerrir. J’ai senti à l’intérieure de moi le bonheur j’ai voulu pleurer de voir ce que j’ai entendu parler depuis très longtemps.&#13;
&#13;
J’ai senti beaucoup d’émotion de la place où on est allé hier. Moi aussi je vais reculer dans le passé un peu. Dans le temps où l’on m’a emmailloté dans notre traineaux pour passer la nuit en plein air. J’avais quatre ou cinq ans dans ce temps là. KANIUTSHIKAMASH un lieu géographique d’où on partait en trainant nos toboggans. On allait passer une nuit à l’extérieur KA UASSEAPISHKUEPAN (lieu géographique). Et mon frère Taby était petit, mon défunt père, ma mère et le défunt Tshibébé et Poucet étaient petits eux aussi. Du coté de la défunte Marianne. La maison de mon grand-père était située en face de Marianne Nepan. On allait là pour passer une nuit à l’extérieur avec mon père et ma mère et avec Philippe Jourdain sa femme, Raymond et Nicole qui est infirmière aujourd’hui.&#13;
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 C’est de cela que je me souviens encore aujourd’hui. On me tire sur un toboggan j’étais emmailloté, mon grand-père Willie me tire sur son toboggan. On avait un gros chien. Le chien aussi me tire moi je le surveille de coté. Il y avait aussi ma soeur Marcelle, on allait ensemble avec elle toujours avec mon grand-père et ma grand-mère Lola. J ‘ai bien aimé ce temps là. &#13;
Je me souviens quand on me promenait en me tirant avec un toboggan sur le lac. Il y avait une petite côte, c’est là qu’on va installer la tente c’est là que je me suis blesser à l’oeil et ma grand-mère m’a soigné. On a fini le campement très tôt et on aimait cette ambiance.  Je me lève très tôt à chaque matin. Et je me mets à crier où est ma grand-mère où est ma grand-mère Lola. Et on me dit : va voir ta grand-mère qui pêche là-bas. Elle est assise sur ses pieds entrain de pêcher. Je me souviens très bien.&#13;
Moi aussi j’avais un traineaux qu’on m’avait fabriqué. Il était petit comme la chaise ici: vas, amène ton toboggan rejoindre ta grand-mère et je partais. Mon grand-père m’avait chaussé de mes bas et de mes mocassins, je marchais sur le lac. J’étais très fier en allant voir ma grand-mère. Il y avait une grande truite grise qu’elle avait prise.&#13;
‹‹ Elle me dit de retourner à la tente et dire à mon grand-père que c’était moi qui avait pêché cette truite »  J’étais très fier.&#13;
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En retournant, il y avait une petite côte et j’ai eu de la misère à la monter. Et finalement j’ai réussi à amener la truite à la tente. J’avais une très grande fierté en annonçant que c’était moi qui l’avais pêché.  Il savait déjà. Eh ! Tu a pris un gros poisson mon petit fils. Tu es un grand chasseur. Je suis content de ces souvenirs. &#13;
&#13;
Dans mon enfance, je ne me souviens pas qu’on m’ait fait des remontrances. Mon grand-père et ma grand-mère faisaient très attention à moi. Je me souviens du pensionnat comme un  lieu où l’on gardait les enfants. Moi, je ne me souviens pas de ce temps là. C’est longtemps après que je me suis souvenu car je ne parlais pas français. Je me rappelle seulement ce que mon frère m’a raconté de cet incident.&#13;
A l’automne 1963, au mois de septembre quand notre grand-père est arrivé à l’intérieur des terres, c’est à ce moment là qu’il m’a accompagné pour rentrer au pensionnat. Je ne me souviens pas quand on m’a rentré au pensionnat. Même si j’essaye de me souvenir, je ne me souviens pas.&#13;
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Je suis resté neuf ans au pensionnat chez les petits. Je ne comprenais pas encore le français qu’on m’enseignait. Je ne comprenais absolument rien. J’avais peur. &#13;
Il y avait des soeurs et on a commencé à la zéro année, moi j’étais classé à ce numéro zéro, puis je monte en première année, deux, trois, quatre, cinquième année… c’est  cette année là que la religieuse a voulu me faire souffrir. Je ne comprenais pas le français qu’on m’enseignait à l’école. Les mathématiques, j’aimais beaucoup entendre les chiffres en français. J’avais une passion pour les chiffres. Pour le français je ne comprenais rien parce que j’essayais tout le temps de parler la langue innue, on me défendait de parler la langue innue à l’école avec mes amis. Pourquoi nous défendre de parler notre langue innue ?&#13;
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Avec mes cheveux, quand j’écrivais de la main gauche, mes cheveux tombaient sur ma figure du coté gauche et on me dit : Tu vas aller voir le frère et j’avais très peur. J’ai dit : non, mon père et ma mère ne veulent pas que je coupe mes cheveux…&#13;
On m’a amené chez le frère  et on m’a coupé les cheveux. Il y avait beaucoup de petits indiens qui me regardaient tout autour.&#13;
Et j’avais très peur qu’on me rase mes cheveux jusqu’au cuir chevelu, qu’on me rase les cheveux jusqu’à la racine, qu’on me brûle le cuir chevelu… ça sent comme un porc-épic. Je ris maintenant de la senteur, je ne veux pas manqué de respect. Je me souviens d’un garçon à qui on coupait les cheveux et moi j’avais peur. On avait tous la même coupe on avait tous des têtes rasées. &#13;
&#13;
Je n’aimais pas manger leur nourriture, on nous forçait à manger tout ce qui avait dans notre assiette. Ils nous démontraient un genre de tendresse. Ils étaient debout à côté, la main près du cou, comme si ils étaient tendres. Mange tout ton manger on nous disait et on ne l’entendait pas, il nous parlait en cachette tout en nous serrant fort le cou. Personne ne les entendait, Il nous parlait tout bas. On nous avait dit: vous serez bien traiter, tu écouteras bien. C’est à ce moment là que j’ai vu. Est-ce que c’est ça bien traiter quand on nous maltraite en grandissant. Je ne comprends pas: il m’on dit que je serai bien traité quand je serai là.&#13;
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Quand arrive le dimanche on allait à la messe, soit à Malio et des fois à la petite chapelle au pensionnat. Une fois, je ne me rappelle pas pourquoi j’étais puni. « Tu ne mangeras pas au souper », c’étais un samedi et la collation était servi aux environs de quatre heures ; on nous servaient des pommes, oranges, bananes. Rendu au souper de six heure ‹‹tu vas aller te coucher dans le dortoir et on me dit d’aller me coucher et je ne sais toujours pas pourquoi on ma dit ça.&#13;
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Le lendemain pour aller à la messe du dimanche, on nous habillait avec un complet du dimanche. Mes souliers étaient trop petits. On me força à les porter mes petits souliers. C’est moi qui le sais que mes souliers ne me font pas, mais il veut absolument que je porte les souliers, même si mes souliers font mal à mes orteils, même aujourd’hui j’ai des cicatrices sur mes orteils. Aussi quand on prenait un bain le frère nous regardait. Même la soeur me battait. Je me souviens de mon ami Cyrille Fontaine celui qui nous a quitté. Quand je suis aller le voir à l’hôpital, il m’a dit: Te rappelles-tu Réal, je lui ai demander de quoi: la soeur nous regardait jouer dehors, on faisaient semblant de se chamailler et sans faire exprès tu m’as frapper et j’ai pleuré et la soeur est venu nous voir. Dans l’entrée du dispensaire c’est là que j’allais à l’école. C’est là qu’elle t’a fait entrer en te poignant par les épaules, et on t’as pris brusquement par le bras en te frappant sur le mur à plusieurs reprises. Moi, je ne me rappelle pas. Même aujourd’hui j’essaye de me rappeler quand j’ai passé aux audiences des pensionnats.&#13;
Je ne me souviens pas de cet incident même si je me force à me rappeler. Je remercie  Cyrille Fontaine de m’avoir raconter cette histoire avant son décès. Lui se souviens du traitement que j’au eu. Voici le souvenir que j’ai eu des pensionnats. C’est juste un peu concernant des pensionnats.&#13;
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Moi aussi j’ai beaucoup consommé alcool et drogues. A mes parents j’ai manqué de respect. Mon vécu à l’intérieur des terres avec mes grands-parents. À l’âge de treize ans je ne voulais plus retourner avec mes grands-parents dans le bois. J’allais toujours avec mon grand-père Willie, ça ne me tentait plus à cause du vécu de mon enfance. A quatorze ans, je me promène à Mingan, Pessamit, Québec. J’ai tout laissé mes amis.&#13;
Kanataukupassish, s’appelle l’endroit où mon père est décédé. Ce n’est pas loin d’ici, c’est un peu plus loin que squaw-lake et le territoire d’Elizabeth on le nomme Nataukupass l’endroit où Alexandre Ashini chassait l’outarde.&#13;
Et nous Nataukupau, c’était le territoire de Raphael m’a dit mon défunt père, dans le coin du lac vacher. Il y a sept pointes sur le petit ruisseau, disait mon père. Tu compteras toujours les pointes du ruisseau et mon père me demandait souvent combien il y en a de pointes ? &#13;
Parce que moi j’avais déjà fumer du pot. Il me traina en arrière sur un toboggan. J’aimais beaucoup regarder le paysage. J ‘étais parti sous l’effets du pot. A notre arrivée au campement, il me demanda: mon garçon, combien de pointes de ruisseaux on a passé?  &#13;
Je n’ai pas pensé du tout, j’étais ailleurs. Il me répondit, je t’avais dit qu’il y avait sept pointes. Il continua en me disant que en retournant, « tu passeras par le même chemin qu’on a pris pour venir ici ». C’est ce qu’il m’a enseigné. &#13;
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Aussi quand on mettait des pièges. Je suis allé avec lui quand j’habitais Schefferville. Il m’enseigna à poser des pièges à martre. Je me souviens très bien de mon père. « Juste en face de nous », nous irons à cet endroit. Il écorcha les petits arbres pour faire un beau sapinage, il a étendu  le sapinage, « c’est là qu’on va faire le feu ». Il alluma le feu pour faire le thé. « Tu vois là-bas où il y'a une baie ». Là-bas me dit-il. J’ai répondu oui. C’est à ce lieu, que j’ai vu la dernière fois ma mère. J’avais neuf ans environ, on l’a descendue par avion. Elle venait de Ushkuass. Elle était à cet endroit, elle  a atterri à Schefferville et c’est à cet endroit que sa mère était morte.&#13;
C’était Tamenishapet a ? &#13;
Non, c’était une femme de Kujjuak. C’est à cet endroit que sa mère était morte. J’ai pensé à cette anecdote quand mon père s’est noyé à cet endroit. Quand je pense à tout ce qu’il m’a raconté, il m’a dit: je ne suis pas très bon dans bois. Je ne connais pas beaucoup l’intérieur des terres. Mais ce qu’on m’a enseigné, tu peux te sauver la vie avec les enseignements que je t’ai donné. De là, en observant la manière dont tu agis, tu peux subvenir à tes besoins essentiels. Me dit mon défunt père. Aussi j’apprends comment les autres chasseurs agissent. De la manière que les femmes travaillent. Je vous observe. C’est de cette manière que les enseignements se transmettent par observation. Il faut que tu regardes ce que fait l’innu. C’est de cette manière que moi je fais.&#13;
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Depuis que je suis ici, à Mushau-shipit et en voyant ce qu’on voit ici, on a discutés Lucien, mon frère Taby et moi. Ce sont des choses très très anciennes, les traces que les innus, les ancêtres ont laissé sur la terre. Les sites en bas, de l’autre côté, là-bas ont tous les traces.  De ce que j’ai entendu de l’endroit où l’on est, c’est à cet endroit, ici, qu’ils venaient chasser le caribou. Cela arrivait une fois par année. Tous les innus se rassemblaient ici avec les outils des innus qu’on a découvert ici sur place. Ce que Anne-Marie a raconté…&#13;
Nous avons touché les outils que nos ancêtres ont fabriqués. Ce qui fait ma fierté. C’est ça qu’on m’a expliqué quand on est parti ce matin. </text>
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&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/687680459"&gt;Réal Mckenzie&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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