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                  <text>&lt;p&gt;Une collection d'entretiens et d'activités particulières (vidéo) qui décrivent et expliquent l'aspect social des communautés innues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu est actif depuis une quarantaine d'années dans le milieu innu et a pu capter différentes entrevues et activités particulières...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=24"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Evelyne: Kuei Anne-Marie,  je suis heureuse de te rencontrer.&#13;
&#13;
Anne-Marie: Kuei Kuei petite soeur.&#13;
&#13;
Evelyne: J’aimerais que tu me parle de ton travail et depuis combien d’années occupes-tu cet emploi.&#13;
&#13;
Anne-Marie: Cela va faire 28 ans cet hiver que j’enseigne l’Innu à l’école Kanatamat Tshitipenitamunu. (À la recherche de nos droits)&#13;
&#13;
Evelyne: C’est un nom très long !&#13;
&#13;
Anne-Marie: Oui mais ils n’accordent pas d’importance au nom complet, il a été coupé pour Kanatamat tout court. Le Tshitipenitamunu est oublié.&#13;
&#13;
0:36 Evelyne: C’est des jeunes qui ont donné ce nom? Quelle est la raison de ce nom ?&#13;
&#13;
Anne-Marie: Il y a dix ans, lorsque le Conseil a annoncé que l’école serait géré par eux, un concours a eu lieu pour lui trouver un nouveau nom. Au début le nom Kanatamat avait été choisi comme gagnant, ensuite ils ont trouvé que le Tshitipenitamunu adonnait bien avec le Kanatamat. Ils ont donc regroupé les deux mots et ont faits deux gagnants.&#13;
&#13;
1:17 Evelyne: Vient-on chercher le Tipenitamun (notre droit) ici?&#13;
&#13;
Anne-Marie:  L’école est géré par le Conseil, toutefois il doit suivre les règles de la Commission scolaire pour tous les travaux, qui fait en sorte que nous oublions d’aller chercher nos droits. L’appartenance Innue.&#13;
&#13;
Evelyne: Comme s’il serait perdue? Ils ne viennent pas vraiment la chercher. Ils l’ont oublié ou ils n’en parlent pas trop ?&#13;
&#13;
La raison pour cela est la façon de vivre aujourd’hui. De nos jours, nous avons tendance à suivre les pas des allochtones au lieu que d’aller chercher son identité Innue. On n’y consacre plus de temps, et le Conseil ne priorise pas l’appartenance Innue. Il est évident que le Conseil ne gère que l’argent et il ne mets pas d’emphase et ne démontre rien sur nos droits, sauf lorsque ça leur pose des problèmes.&#13;
&#13;
2:40 Evelyne: Mais cela ne se produit pas à tous les jours&#13;
&#13;
Anne-Marie: Non. Ils disent que l’étudiant doit passer ses examens, obtenir son diplôme, terminer ses études, et que le jeune sera plus tard en emploi chez les allochtones. &#13;
Ils disent que le jeune n’oubliera pas sa culture.&#13;
&#13;
3:06 Evelyne: Pendant toutes ces années de travail, y a t-il des étudiants qui ont terminés leur secondaire?&#13;
&#13;
Anne-Marie: Il y en a quelques-uns. Ils ont des difficultés et doivent souvent prendre une année sabbatique. Ils se rendent compte par après qu’ils auraient dû poursuivre et le terminer.&#13;
Présentement Donat vient de terminer ses études en Éducation physique.&#13;
&#13;
3:42 Evelyne: Est-ce que les jeunes aiment l’école? Est-ce qu’ils se sentent comme à la maison ? Est-ce ces enfants sont à l’aise ? &#13;
&#13;
Anne-Marie: Pas tout a fait car il n’y a pas de routine à la maison, tel que d’être capable de se lever à telle heure le matin et suivre des règles. À l’école lorsque le jeune doit se lever à 10h00 pour aller à la récréation et de retourner à l’intérieur, ils continuent à se promener au lieu de dire , je vais prendre mon crayon et faire mes travaux. Ils semblent avoir de la difficulté à suivre.&#13;
&#13;
4:38 Evelyne: C’est les difficultés que le jeune traverse? C’est pour cette raison qu’il ne se sent pas bien à l’intérieur de l’école ?&#13;
&#13;
Anne-Marie: Le jeune n’est pas bien car il veut créer ses propres règles et n’obéit pas aux règlements de l’école. &#13;
&#13;
5:09 Evelyne: Est-ce que le jeune est en mesure de trouver sa culture à l’école?&#13;
&#13;
Anne-Marie: Il n’y a pas de temps consacré pour intégrer la culture Innue à l’école. Il y aurait du temps à prendre sauf qu’il n’y a seulement qu’une fois par année, lors des remises des bulletins, lorsqu’il est temps de se reposer, que la culture est pratiquée.&#13;
&#13;
5:42 Evelyne: Est-ce que les parents ou les résidents ont leurs places à l’école? Peuvent-ils y aller facilement?&#13;
&#13;
Anne-Marie: Oui ils ont leurs place sauf qu’ils ne viennent pas. Ils croient que c’est à nous d’enseigner leurs enfants vus que nous avons suivis des formations. La mère est convoquée à l’école seulement lorsqu’ils ont beaucoup de difficultés avec son enfant. Des changements sont toujours effectués afin que les parents puissent aisément venir à l’école, soit pour rendre visite, venir voir leurs enfants ou pour qu’ils puissent venir voir les travaux de leurs enfants, toutefois ça ne semble pas fonctionner. C’est toujours les mêmes parents qui s’impliquent. Il semble y avoir quelque chose qui bloque mais nous cherchons toujours à trouver une solution. Par contre, beaucoup de parents se présenteraient si on leurs invitaient à venir à un goûter. &#13;
&#13;
6:51 Evelyne: Toi qui enseigne l’Innu, est-ce que la langue Innue est entrain de se perdre?&#13;
&#13;
Anne-Marie: Oui elle se perd vraiment. Nous pouvions le voir il y a 5 ans. Les jeunes de 4 ans mélangent le français et l’Innu lorsqu’ils parlent. Lorsqu’ils viennent en classe et que tu veux leur apprendre à maintenir la langue Innue, cela ne fonctionne pas car la langue française est utilisée une fois rendu à la maison. C’est à ce moment que l’enfant devient mêlé. Il faudrait quasiment obliger le parent mais Il est toutefois impossible d’entrer dans une maison pour obliger un parent d’enseigner la langue Innue. La langue française est utilisée beaucoup plus que la langue Innue et c’est alors que l’enfant perd sa mentalité Innue. Il n’y est plus, il est loin dans le passé. Les jeunes croient qu’ils ne perdront jamais leur langue maternelle car ils parlent la langue.&#13;
&#13;
Les Naskapis eux parlent l’anglais, ils se servent de trois langues aussi. Quelqu’un pourrait de dire ‘Peta black Mitaines’ (Donne-moi une mitaine noire), je trouve cela vraiment triste.&#13;
&#13;
8:48 Evelyne: C’est cet qu’ils disent?&#13;
&#13;
Anne Marie: Oui c’est ce qu’ils disent et il arrive que certains créent leur propre mots Innus.&#13;
Cela vient de ou ?! Cela vient de leur maison. Le parent doit comprendre qu’il est Innu et qu’il doit parler la langue à son enfant. Les jeunes âgés de 4 et 5 ans n’apprennent que l’Innu à l’école. Il arrive parfois que les jeunes de 5 ans parlent mieux la langue Innue que leurs parents.&#13;
On nous appelle souvent pour avoir le nom d’un objet qu’il y a dans une maison ou bien comment vais-je dire cela à mon enfant. Les parents se rendent compte aujourd’hui que la langue Innue est en voie de disparition.&#13;
&#13;
Evelyne: et. La culture Innue elle ?&#13;
&#13;
Anne-Marie: On ne peut également l’intégrer car les parents disent que l’enfant ne peut perdre sa culture parce qu’ils amènent leurs enfants en forêt et qu’ils voient la culture. Nous les amenons parfois en forêt et lors de la fin de l’année scolaire, ils sont capables de nommer les choses en Innus, toutefois les parents continuent à leur parler en français. Exemple ‘nete aku à la tente itute’ (va en arrière de la tente). L’enfant doit prendre quelle langue dans ces cas-là !&#13;
&#13;
10:32 Les parents doivent avoir les connaissances pour pouvoir transmettre la culture Innue?&#13;
&#13;
Anne-Marie: Oui ils l’ont et le transmettent mais ils ne perçoivent pas l’ampleur de leurs savoirs. Ils n’y accordent pas d’importance et croient qu’ils vont toujours garder leur culture. &#13;
Les sortes d’animaux, la terre, l’enfant doit apprendre de son parent. Le parent doit également instruire les jeunes enfants sur ses descendances. Suis-je originaire de Uashat ? Suis-je un Innu de l’intérieur des terres ? Suis-je un Naskapi? Ils n’enseignent pas non plus ; Qui est ma grand-mère ? C’est de cette manière que tout se perd. Si l’enfant ne connait pas ses origines, comment suis-je arrivé à Matimekush ? l’enfant est déjà perdu, il grandit et tout commence à aller mal rendu à l’adolescence. Il ne se reconnait pas et il se dit qu’il ne vaut rien, qu’il n’est pas bon à l’école des allochtones, je ne peux travailler, le Conseil ne m’engage pas. Rendue à cette phase, l’estime de la jeune baisse et il se décourage rapidement au point où il voit la mort et les jeunes peuvent également avoir des idées noires.&#13;
&#13;
12:19 On entend souvent dire qu’il n’y a rien à faire à Schefferville pourtant il y a plein de choses. Tu peux retourner dans ta culture, mais il y a toujours le manque d’argent qui empêche de poursuivre. Le jeune manque de confiance en soi-même. Le fait qu’il ne se reconnaisse pas lui mène à ne plus se faire confiance en grandissant. La vitesse dont va la vie, nous avons tendance à s’accrocher aux façons de vivre des allochtones. &#13;
&#13;
  Même si les fonds proviennent des allochtones, du Gouvernement, tu peux t’arranger à ce que tu puisses reconnaître que tu es un Innu, que tu vas parler la langue et que tu vas pratiquer ta culture. Ce qui rends tout ça difficile, afin de garder sa culture chaque personne doit chercher sa propre vie. On ne peut forcer une personne, elle doit se reconnaitre par lui-même. C’est de cette façon que je vois les choses et ce sont des faits.&#13;
&#13;
13:40 Evelyne: Si on te demandait d’arranger l’école à ta façon, comment vois-tu ton école?, que ferais-tu ?&#13;
&#13;
Anne-Marie : Aujourd’hui, depuis les changements de la gestion de l’école, les enseignants travaillent en double. Le 1 et 2, le 3 et 4, ainsi que le 5 et le 6. Depuis ce changement, la Commission scolaire nous donne le droit de combiner nos savoirs culturels avec les travaux français afin que l’on puisse connaître notre culture avant tout, et par la suite élargir nos connaissances. Ce qui est aussi très important est ; que l’enfant puisse venir à l’école avec les connaissances de ce que son parent lui a éduqué. Ce que tu apprends à la maison est très comptabilisé. Comme par exemple, Où est la ville de Québec ? Comment sont les gens à la ville de Québec ? As-tu déjà vue la ville de Québec ? Y a-t-il plusieurs nationalités à Québec ? Cela peut être aussi d’autre villes. C’est avec ce que l’enfant apprend à la maison que son éducation est basée pour élargir son apprentissage sur le changement vers langue française, en intégrant aussi les chiffres.&#13;
&#13;
15:47 Anne-Marie Tout va beaucoup mieux cette année. La façon d’enseigner change à tous les dix ans. Il serait un très bon moment aujourd’hui de dire que nous allons beaucoup intégrer la culture Innue et la langue Innue dans l’enseignement. En y mettant beaucoup d’emphase, c’est à ce moment que l’enfant pourrait se reconnaitre.&#13;
&#13;
16:21 Evelyne: Comment vois-tu le futur. Est-ce que le peuple Innu va toujours exister ? Est-ce que la langue Innue va perdurer ?&#13;
&#13;
Anne-Marie: Dans le future, non vraiment pas. Nous les perdons très vite. Dans le passé les enfants de 4 et 5 ans mélangeaient les deux langues à 50%. Aujourd’hui il faut souvent utiliser la langue française à pour qu’ils puissent comprendre. La langue Innue se perd à une très grande vitesse. Chacun doit faire sa part pour aller chercher et à sauvegarder sa langue Innue, et les dirigeants de la communauté doivent prioriser la langue Innue et de le mettre de première importance.&#13;
&#13;
17:24 Anne-Marie: Plusieurs ont déjà perdus leur territoires et en ce moment nous perdons la langue Innue. Dans 20 ans nous serons comme les autochtones d’Essipit ou de Wendake. Nos sommes des Innus et nous ne parlons plus la langue.&#13;
&#13;
17:46 Evelyne: Quel messages donnerais-tu aux jeunes?&#13;
&#13;
Ils sont adorables dans leurs façons de penser. Ils leur reste encore beaucoup de temps pour aller chercher leur langue Innue, mais il faut toutefois s’efforcer à utiliser que la langue Innue lorsqu’on converse avec le jeune. Si le jeune connait sa langue, rien ne pourra le bloquer plus tard. C’est alors qu’il y aura une vrai Innu. &#13;
&#13;
Evelyne: Les Innus seront de retour?!&#13;
&#13;
Anne-Marie: Oui, l’Innu sera de retour. Il faut que cela provienne de la maison et se dire que nous ne perdrons pas notre langue et que nous sommes de vraies enfants Innus.&#13;
&#13;
18:54 Evelyne: As-tu autre chose à rajouter?&#13;
&#13;
Anne-Marie: Oui, le Conseil devra aider à mettre des priorités ; en donnant un budget, en faisant une demande d’aide financière afin de pouvoir engager des remplaçants, d’inclure la participation des aînés à l’école, et de pouvoir donner de l’aide aux jeunes adolescents qui ne fréquentent pas l’école ou ceux qui ont lâché l’école. Il faudrait avoir des fonds afin de les amener en forêt, faire de la même façon que lorsqu’il y avait des projets de travaux sur les territoires. D’envoyer un jeune rejoindre un aîné en foret pour qu’il puisse aller chercher sa culture, ou que ce soit d’apprendre la couture, confection de mocassins, apprendre a faire des plis, avec une aînée. Les fonds pourraient servir dans plusieurs domaines. Dans le passé tout cela s’apprenait à la maison. Il semble que le manque de fonds est souvent la raison, toutefois si on s’efforçait à planifier, il pourrait y avoir une continuité. Une seule personne pourrait travailler sur les demandes d’aide financière et tout cela pourrait déjà débuter.&#13;
&#13;
Ce qui est difficile, personne ne peut être forcée, elle doit reconnaître ce qu’elle a perdue par elle-même, et pendant que nous sommes en attente des fonds, nous perdons d’avantage notre culture.&#13;
&#13;
21:07 Evelyne: Depuis tous ces années à occuper cet emploi, j’ai l’impression que tu ressens de la colère par rapport à ta vision envers ce que tu voudrais, et ce qui n’arrive pas. C’est ce que je vois en toi parfois!&#13;
&#13;
Anne-Marie: C’est parce-que cela me décourage. Chacun voit ce qui pourrait être dans le futur, mais cela n’arrive pas car personne ne s’efforce à se dire ; qu’il va utiliser la langue Innue avec son enfant, je suis Innu et je ne mettrais pas de mots français lorsque je conte une histoire. C’est de la paresse et ce qui me rends frustré est d’écouter un enfant essayé de s’exprimer et qu’il doit réfléchir et le dire en français avant qu’il puisse s’exprimer. J’ai l’impression que j’enseigne de reculons car je dois refaire le même travail plusieurs fois. Aujourd’hui je dois reprendre encore plus souvent avec mes élèves &#13;
&#13;
22:25 Evelyne: J’ai l’impression que tu enseignes les enfants et les parents?!&#13;
&#13;
Anne-Marie: Je devrais enseigner aux parents comment s’y prendre avec leurs enfants en ce qui a trait à la langue. Nous sommes déjà vraiment en retard même si l’on dit de travailler sur des livres innus eu que tu n’as jamais vu cela. Il y a longtemps, cela fait déjà 3 générations, j’enseigne présentement leurs petits-enfants. Nous sommes toujours entrain de reculer. Oui nous allons faire des travaux innus, toutefois si tu n’ouvres jamais ton livre, tu ne réussira jamais à apprendre à aller chercher ta culture. Ce qui me rend en colère c’est le fait que le monde ne prenne pas le temps de prendre et de lire un livre. &lt;&lt;Oh, je suis trop lâche de lire ce livre, c’est trop long, ou ce n’est pas bien écrit &gt;&gt; , c’est ce qui est difficile. &#13;
&#13;
23:39 Anne-Marie: C’est pour cette raison que j’ai mentionné que chaque personne doit s’efforcer et prendre au moins une demie-heure par jour, c’est tout ce que je demande.&#13;
&#13;
23:49 Evelyne: Et Kaianuet (personnage de récits) lui?&#13;
&#13;
Anne-Marie: Kaianuet travaille beaucoup mais il manque d’employés pour faire la transcription de documents, il manque d’écrivains. C’est encore la même raison qui revient, le manque de fonds. Il y a des gens de disponible, ceux qui ont suivis des formations en langue et culture Innue au Cégep. Le Conseil qui est géré de Malioténam doit croire en eux. Ceux qui ne trouvent jamais d’emploi existent encore. Ils vont finir par oublier ce qu’ils ont appris ; à lire les textes Innus car tu oublis à force de ne pas lire. Il faudrait les engager et les faire travailler dans le projet Kaianuet. Le Kaianuet est très agréable, il trouve toujours des moyens de mettre le travail en priorité. Je travaille avec une aînée Mme. Philomène Vollant dans ce projet, et chaque communauté devrait avoir un aîné pour les aider.&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/682341240?h=2be4a7f8e1" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/682341240"&gt;Anne Marie André, 1&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;Une collection d'entretiens et d'activités particulières (vidéo) qui décrivent et expliquent l'aspect social des communautés innues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu est actif depuis une quarantaine d'années dans le milieu innu et a pu capter différentes entrevues et activités particulières...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=24"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Moving Image</name>
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              <text>Évelyne : Si tu veux bien, pourrais-tu me dire ce que tu fais comme travail ?&#13;
Mani Shan : Je viens en aide à l’Innu dans la communauté. Je l'aide pour qu'il puisse s'extérioriser plus facilement, pour être à son aise dans la société. Moi, je veux renverser les méthodes d'apprentissage ou de guérison de l'homme blanc. J'utilise beaucoup ce que j'ai appris de notre mode de guérison. Je me sers de la tente, des rencontres en cercle. Un Innu se guérit mieux avec les plantes médicinales, les herbes que nous utilisions anciennement. On commençait à perdre cette méthode à force d'être mêlé aux non-autochtones. Il n'était pas bien là-dedans et venait chercher ce qui lui convenait le mieux.&#13;
Évelyne : De quelle maladie souffre la personne qui réclame tes services ?&#13;
Mani Shan : Sa souffrance vient de loin, comme les abus sexuels et elle a toujours cheminé là-dedans, elle a développé le mépris, la consommation d'alcool, de drogue, elle a totalement changé sa personnalité. Et lorsque moi, je suis intervenue, il faut que je sois à l'écoute dans le respect. M'organiser à ce que l'on comprenne sa situation, sa détresse. Il faut qu'elle se sente libérée de tout lien, être bien et se sentir à l'aise dans le noir, à l'intérieur de la tente de suerie (swet lodge) pour confier ses problèmes à ses grands-pères, à son Être suprême selon ses croyances et sa spiritualité.&#13;
La tente guérit son âme de son mauvais caractère, car il y en a beaucoup dans la communauté. Au lieu de l’incarcérer, je préfère la prendre à ma charge pour la guérir, car si je la devance, elle va entrer en prison, mais à sa sortie, elle va toujours garder à l'intérieur d’elle son mauvais caractère. Prends, par exemple les consommateurs de drogues. Ils volent pour se satisfaire et ils viennent me voir pour de l'aide. On est en l'an 2000 et on commence à comprendre mon travail même auprès des paliers gouvernementaux.&#13;
Évelyne : Parce qu’avant ça, on s’adressait aux intervenants blancs et nous, la médication, on n’avait pas confiance en elle et à nos moyens. Moi, je constate que tu travailles beaucoup afin de reprendre la méthode de guérison. Est-ce que c'est ça que tu fais ?&#13;
Mani Shan : Oui, moi j'ai déjà travaillé dans les services sociaux chez les Blancs. Ce ne sont pas des fonctionnaires, mais l'ambiance qu'il y a dans ces bureaux, l’Innu n'est pas l’aise à l'intérieur. Il ne peut pas s'exprimer comme il veut à cause des bureaux avoisinants, il ne peut pas pleurer librement, sortir le mauvais de son intérieur, il ne peut pas faire ce qu'il veut. C'est pour ça que je me suis mis à chercher les outils, l'environnement, la méthode pour mettre à l'aise l’Innu. J'ai de l'aide technique de Lysa Monchur de l’Ontario, car c'est elle qui m'a guéri et qui m'a montré cette technique. Toutes les communautés sont atteintes par ses problèmes entre autres les abus sexuels. Après six ans avec cette méthode, on commence à y croire. J'en ai eu des difficultés au cours de ces 6 années et aujourd'hui, on dirait que tout rentre dans l'ordre comme cela aurait dû être au cours des six dernières années.&#13;
Évelyne : Ceux qui réclament ton aide savent-ils qu’au niveau de la santé,on ne reconnaît pas cette méthode de guérison ou on ne fait pas confiance à elle ?&#13;
Mani Shan : Pour publiciser cette méthode, je passais souvent à la radio afin de donner de l'info sur cette méthode et même dans l'émission "Jeannette veut savoir". Je parlais toujours des choses positives afin de convaincre notre animatrice et c'est elle d'ailleurs qui fut ma première cliente. À force d'en parler avec elle, ça s'est propagé dans les autres communautés. Aujourd'hui, je suis rendue à l’érection de la clinique.&#13;
Évelyne : Il y a tellement de demandes ?&#13;
Mani Shan : C'est tellement grand que chez nous, il n'y a pas assez de place. C'est un séjour de 17 jours et il y a des étapes à suivre. Également, il faut des formateurs dans les communautés à leur retour et j'en suis rendue qu'il faut que je donne de la formation à ces derniers et à ceux avec qui je vais travailler à la clinique.&#13;
Évelyne : As-tu beaucoup de clients et qui sont guéris ?&#13;
Mani Shan : Si tu savais ! On voit les résultats et l'efficacité de cette méthode. Il y en a qui font des rechutes, mais ils se relèvent aussitôt. C'est ça qu'il faut faire. Quand ils retournent à leur bouteille, c'est parce qu'ils n'ont pas eu leurs bas-fonds. Ils reviennent alors par eux-mêmes. Ils s’encouragent entre eux. Il y a beaucoup de respect dans ce mode de thérapie. On met tout au même niveau, il n'y a personne plus haut qu'un autre.&#13;
Dans les premiers temps, je rencontre chaque individu. Le nombre a augmenté et il a fallu que je les rencontre en groupe. Il y a des familles qui sont venues me voir. Tu sais, le chemin se fait tout seul.&#13;
Évelyne : As-tu commencé à transmettre cela à un autre ?&#13;
Mani Shan : Elles sont trois, une femme et deux filles, pour continuer parce qu'il y aura une clinique.&#13;
Évelyne : Et tu suis toutes les procédures que l’Innu utilisait ?&#13;
Mani Shan : Oui, même les ainés viennent à la tente de suerie.&#13;
Une personne qui n'a pas suivi cette thérapie ne percevra pas de la même façon que celle qui l’a suivie. Elle verra à travers celle-ci pour comprendre l'efficacité de cette méthode.&#13;
Si je regarde au début jusqu'à aujourd'hui, j'ai une grande confiance de la réussite. J'en ai travaillé un coup et je suis fière aujourd'hui. J’ai brailler parce qu’il n’y avait personne dans les conseils de bande, dans les paliers gouvernementaux qui semblait me comprendre. Je me demandais quel langage utiliser pour qu'ils me comprennent. Peut-être à cause du fait qu’eux n’ont jamais été abusés dans leur vie. Il a fallu qu'un Innu avoue avoir subi les abus pour que ça débloque. Je sais que ceux qui ont subi des abus, ceux qui ont des problèmes d'alcool, de drogues ou autres, ceux qui se sentent où se trouvent dans le plus bas possible vont comprendre ce que je dis, tandis que pour les autres, les plus fiers de leur personne ne comprendront rien.&#13;
Évelyne : L’Innu a peur de ça ?&#13;
Mani Shan : Oui, il en a peur.&#13;
Évelyne : Et on mélange la religion avec ça ?&#13;
Mani Shan : Oui, j'entends souvent ça, ils disent qu'on prie différemment d’eux. Mais tu confies tes problèmes à une ou des personnes, tu ne pries pas. Tu te soulages dans ton intérieur en extériorisant le mauvais côté de ton vécu. Quand je parle du Créateur, je sens quelque chose de fort dans mon cœur, je sens la force d'un Être. On a juste à regarder sa création : la terre, la nature, les animaux, les eaux, le soleil. On ne pourra jamais dépasser cet Être. J'ai des chapelets moi aussi, j'y vais à l'église moi aussi. On dit qu’on prie différemment d’eux, mais ce n'est pas vrai, car ici nous suivons une thérapie, une guérison.&#13;
J'ai tellement utilisé l’innu aitun, que j'ai été congédiée de mon travail au centre de détention de Port-Cartier. Je dérangeais les fonctionnaires gouvernementaux. Je suis fière d'avoir subi les foudres de ces derniers à cause de ma méthode.&#13;
Même la personne qui a causé du tort vient me voir.&#13;
Aujourd'hui, je remercie Liza de tout ce qui arrive et ce sont nos Innus qui vont bénéficier de tout cela.&#13;
Évelyne : Et toi aussi, on commence à te connaître et à t’imiter ?&#13;
Mani Shan : Oui, je suis en train de suivre les traces de ma grand-mère Liza. Elle a travaillé en prison comme moi, elle a été formée comme moi, elle a beaucoup voyagé et voyage encore comme moi. Après la signature et l’appui des chefs, j'ai commencé à visiter toutes les communautés.&#13;
Les femmes d'aujourd'hui se sont levées. L’Innu retourne à ses sources.&#13;
Évelyne : Tu travailles sur deux choses : la prison et ta clinique. Quand penses-tu ouvrir celle-ci ?&#13;
Mani Shan : La prison, ce sont les Innus qui vont être formés et qui vont travailler à l'intérieur. Mais les détenus vont venir suivre la thérapie chez nous. C'est ce qu'on nous a dit.&#13;
Évelyne : Et pour ta clinique ?&#13;
Mani Shan : Santé Canada va faire accréditer le programme. Il va envoyer deux des agents pour venir observer et les fonds sont déjà disponibles. Il manque seulement l'achat d'un bâtiment de la part du conseil de bande.&#13;
Évelyne : Dans un endroit plus grand pour travailler ?&#13;
Mani Shan : Oui, pour pouvoir garder les Innus.&#13;
Évelyne : Quel est ton plus grand souhait Manishan ?&#13;
Mani Shan : Que le projet se concrétise le plus tôt possible, car c’est par la thérapie que l’Innu prend conscience de ses origines et retourne à ses sources, à sa langue. Je souhaiterais que les décideurs politiques et administratifs aient l'esprit ouvert. C'est juste ça qui manque dans la communauté, car si on regarde dans celle-ci, on voit beaucoup de problèmes sociaux. Ils ne verront pas cela d’où ils se trouvent. Il faut qu'ils viennent nous voir, nous encourager.&#13;
Évelyne : Quel message tu laisserais aux jeunes ?&#13;
Mani Shan : Moi, les enfants, j’ai une grande confiance en eux parce que c’est la relève. Ce sont eux qui vont prendre nos places. Lors du forum des jeunes, parmi les recommandations, il y avait ce projet. Qu'il soit finalisé le plus tôt possible.&#13;
Il y en a un [jeune], entre autres, qui fait partie du comité de travail du forum et qui travaille beaucoup pour que la clinique se concrétise.&#13;
Nos ancêtres, nos parents ont vraiment vécu la vraie thérapie. Ensuite, vinrent les prêtres qui ont inculqué à ces derniers des principes basés sur la religion et nos parents ont de la difficulté à revenir à leurs vraies valeurs tandis que les jeunes, c'est facile pour eux de comprendre, car ils sont à la recherche de grosses sensations comme la drogue.&#13;
De ne pas se décourager, suivez votre chemin, on vous invite parce que beaucoup se sont relevés et toi qui a de la misère, le moment est arrivé pour que ta maison soit là. On l'appellera « Kutikuniutshuap ».&#13;
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&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/697555611"&gt;Mani Shan André&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;Une collection d'entretiens et d'activités particulières (vidéo) qui décrivent et expliquent l'aspect social des communautés innues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu est actif depuis une quarantaine d'années dans le milieu innu et a pu capter différentes entrevues et activités particulières...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=24"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Moving Image</name>
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              <text>Evelyne: Kuei Rose, Tu es née à quel endroit?&#13;
&#13;
Rose: Je crois que je suis née ne forêt, je ne suis pas certaine mais je crois c’est aux environs du Grand-Lac.&#13;
&#13;
Evelyne: Pendant que tes parents étaient en campement en forêt?&#13;
&#13;
Rose: Ils étaient surement toujours en forêt.&#13;
&#13;
0:21 Evelyne: C’est à Sheshatshiu (North West River) que tu as grandi?&#13;
&#13;
Rose: Oui!&#13;
&#13;
Evelyne: T’es-tu déjà marié?&#13;
&#13;
Rose: Non, mais j’ai 4 enfants et 2 petits-enfants.&#13;
&#13;
Evelyne: Tes enfants sont déjà grands ?&#13;
&#13;
Rose: Oui, mes enfants sont grands.&#13;
&#13;
Evelyne: Que fais-tu présentement à Sheshatshiu, en quoi consiste ton travail ?&#13;
&#13;
0:48  Rose: J’habite à la maison des femmes violentées, c’est à cet endroit que je travaille. Avant de travailler là, j’ai travaillé pour les Services sociaux pendant 13 ans. Les deux premières années, j’occupais un poste dans le département de l’allocation de l’aide sociale pour les gens n’ayant aucun revenu. Ensuite on m’a donné un poste dans le secteur des soins à domicile. Je devais rendre visite aux aînés, les aider ou bien… les enfants. Je n’ai pas travaillé longtemps dans ce secteur avant d’être transféré à la protection de la jeunesse.&#13;
J’ai travaillé longtemps dans ce domaine mais j’avais beaucoup de difficultés. Parfois lorsque je voyais que quelque chose n’allait pas bien aux Services sociaux, je me rendais au Conseil de bande pour leur demander de m’aider par rapport à mon travail.&#13;
&#13;
2:13 Il est parfois difficile de travailler dans sa communauté, surtout lorsqu’un jeune te témoigne qu’il a été mal traité et abusé par une personne, et parfois même par un aîné. C’est à ce moment que je trouve cela difficile, je me pose la question comment je vais agir.&#13;
&#13;
2:36 Evelyne: Tu vas voir le Conseil de bande lorsque tu rencontres des difficultés?&#13;
&#13;
Rose: Oui, je vais souvent les voir. Dans notre bureau, nous avons un livre de procédures à suivre. Lui qui me gère est basé à Terre-Neuve et il ne sait pas ce que les Innus vivent, il ne les voit pas et ne les connais pas. Moi je connais très bien mon peuple. Sa façon de vouloir faire avec les jeunes et les mères n’est pas bonne, cela ne fonctionne pas chez les Innus.&#13;
&#13;
3:17 Evelyne: Est-ce que le protocole du système est suivi, ou celui des Innus?&#13;
&#13;
Rose: Lorsque tu travailles pour les Services sociaux tu dois le suivre le système, toutefois j’y mets beaucoup d’effort et parfois je dévie le système sans approbation. Lorsque j’ai quitté mon emploi, je l’ai verbalisé.&#13;
&#13;
Lorsqu’on m’a donné cet emploi, mes tâches étaient d’aller chez les gens, d’aller laver les planchers, d’accompagner les mères à l’épicerie et de choisir ce qu’elles devaient acheter. Je n’étais pas d’accord et je refusais. Parfois, je rendais visite à un aîné et je lui tenais compagnie et je jasais avec lui afin qu’il se désennuie. Je n’allais pas entrer dans la maison d’un aîné ou d’une aînée et prendre un balai ou une vadrouille et commencer à faire leur plancher, qu’est-ce que l’aîné penserait ? Il croirait qu’il n’est pas important car un Innu est autonome très longtemps et il n’aime pas à ce que quelqu’un d’autre fasse le travail pour lui car il croit qu’on ne l’aime pas.&#13;
&#13;
4:23 Je suis allé au bureau-chef à St-Johns et je leur ai dit que je refusais et je leur disais la raison pourquoi. Lorsqu’on me disait d’aller magasiner l’épicerie avec une mère, je leur ai dit que je ne choisirai pas son épicerie et que j’allais l’accompagner et l’aider au cas que les enfants essaieraient de profiter de son argent. Parfois les jeunes veulent s’acheter des objets de marque tels que des souliers qui coutent très cher, ce qui risque de manquer d’argent pour l’épicerie. C’est à ce moment que j’interviens. Je ne peux pas lui dire quoi acheter lorsqu’elle fait son épicerie car elle seule sait ce que ses enfants mangent, elle les nourrit déjà depuis plusieurs années. C’est ce que je disais aux dirigeants des Services sociaux, que j’accompagnerai la mère et que j’interviendrai seulement lorsque la mère aurait des difficultés.&#13;
&#13;
5:21 Rose: J’ai appris plusieurs choses depuis que je travaille pour les Services sociaux, j’ai suivi des formations. Il nous a été ordonné de dénoncer une personne qui maltraitait un enfant, sinon nous allions en justice. J’ai suivi les règles et je l’ai fait plusieurs fois. C’était problématique car les membres de la famille de la communauté entraient dans les maisons afin de soutenir les parents.&#13;
Il n’y a jamais eu d’altercations ni de propos injurieux à mon égard. Aujourd’hui je connais très bien le système. Ils ont forcé pour une entente sur un cercle de guérison, et cela fonctionne aujourd’hui. Le juge, l’agresseur et le jeune se rencontrent autour de la table et concluent un règlement ensemble. Dans le passé, aussitôt qu’un homme battait sa femme, ou lorsqu’une personne faisait quelque chose de mal, il allait directement en prison. Cela n’est vraiment pas bon. L’homme ou la femme se fait incarcérer et durant tout ce temps, cette personne commence à réfléchir sans arrêt. Plus il réfléchit, plus que sa colère augmente et à sa sortie de prison, il ne se préoccupe pas de ce qu’il fait car il a déjà été puni pour son crime. &#13;
&#13;
6:49 Evelyne: Tu mentionnes une rencontre autour de la table (cercle de guérison), est-ce que c’est à la demande de l’Innu ?, c’est de cette manière qu’il veut procéder?&#13;
&#13;
Rose: Nos Innus ont entendus parler de cette démarche qui provenait d’ailleurs chez d’autres communautés. Ils sont donc allés voir dans ces communautés pour avoir plus d’informations. Ils ont conclu que cela fonctionnait et ils ont opté de fonctionner de cette façon.&#13;
&#13;
7:13 Je continue à me présenter au tribunal lorsqu’on me demande. Je ne défends pas seulement l’enfant ou la mère, je défends également l’homme. L’homme est très important aussi. Si tu n’accordes jamais d’aide à l’homme et que tu continues a le détester, il ne cherchera jamais à s’aider en croyant qu’il n’est pas aimé et qu’il ne servira jamais à rien. Il faut toujours aider l’homme, et il faut accorder beaucoup plus d’aide à lui car il en a besoin. C’est pour cette raison que je mentionne que je connais beaucoup le système et qu’aujourd’hui je comprends davantage. &#13;
&#13;
7:44 Aujourd’hui à North West River, il y a encore des femmes qui veulent poursuivre en justice ceux qui les ont blessées car ces femmes ont mal. Elles ont été traumatisées soudainement, et elles sont frustrées. Elles prennent les moyens de faire incarcérer les violents. Ce n’est pas le bon moyen. Le bon moyen, c’est « le cercle de guérison ». C’est quand l’homme ou la femme a le privilège de demander un soutien pour régler petit à petit le cas. Cela fait environs 5 mois que j’ai assisté au cercle. &#13;
&#13;
Evelyne: Est-ce la première fois que ça prend lieu?&#13;
&#13;
Rose: Non, cela existe depuis quelque temps.&#13;
&#13;
Evelyne: La personne violente ne commet pas de crime suite à son (procès)?&#13;
&#13;
Rose: Non ce n’est pas ce que je dis. C’est un nouveau processus, nous sommes en mode d’apprentissage. J’aimerais que le gouvernement accorde des fonds afin que les employés puissent profiter de cette subvention pour se perfectionner dans le but d’aider ceux ou celles qui sont agressés et aider les agresseurs aussi. L’homme a peut-être subi les mêmes agressions dans le passé. C’est de là que provient le problème.&#13;
&#13;
9:03 À Sheshatshiu, quel sont les infractions, la violence conjugale? Quel sont les plus grands délits?&#13;
&#13;
Rose: Je crois qu’il y a deux côtés. La femme est violentée mais elle se relève tranquillement. Elles ont encore très peur d’en parler car elles ont peur des familles proches de leur agresseur. S’il pouvait y avoir des colloques afin que les gens puissent comprendre les raisons de ces agressions, je crois que cela pourrait s’améliorer tranquillement. Je ne dis pas que tout est bien depuis les cercles de guérison, toutefois on avance tranquillement.&#13;
&#13;
9:58 Evelyne: Est-ce que le peuple aiment cette façon de procéder?&#13;
&#13;
Rose: Il y en a quelques-uns qui aiment cela, et il y a encore certaines personnes qui vont directement au tribunal car certains ne comprennent pas encore. J’ai souvent été agressé, de mon jeune âge jusqu’à l’âge d’environs 19 ans. C’était un chauffeur de taxi, un Anglais que j’ai poursuivie en cours. Nous avons été jusqu’à la cour suprême, où il y a douze membres du jury.&#13;
J’ai de la difficulté à croire qu’un anglais puisse se prendre en main. Je serais plus osé d’être assise en face d’un Innu et de lui parler. Pas ce chauffeur de taxi. Je l’ai poursuivie en justice pour quelque chose qui s’est passé il y a très longtemps lorsque j’avais environs 18 ans, il m’avait agressé. S’il n’avait pas été un Anglais, je n’aurais pas eu à le poursuivre en justice car si je lui aurait proposé de s’asseoir et discuter des gestes qu’il a commis envers moi, il n’aurait jamais accepté. Il plaidait que j’avais menti, toutefois le juge a cru à ma version. Le juge lui a accusé de trois charges d’agressions. Dans la communauté, nous avons encore beaucoup des cas d’abus sexuels, des agressions sexuelles ainsi que la violence physique et psychologique envers les femmes. &#13;
&#13;
12:06 Les femmes marchent tranquillement et retournent dans la même routine. Je crois que la raison pourquoi elles retournent est due à la honte qu’elles ressentent, et le fait qu’elles ont peur des membres de la famille de leur conjoint. Elles ne comprennent pas encore qu’elles peuvent régler leur cas dans le cercle de guérison ou bien de s’asseoir en face de son conjoint pour qu’elle puisse être bien dans son corps. &#13;
&#13;
Evelyne: Est-ce que les Innus se sentent bien?&#13;
&#13;
Rose: C’est très difficile de se sentir bien dans les communautés car la minute que quelqu’un a quelque chose de bien ou un peu d’argent ,tout le monde lui saute dessus. Un Anglais ou un allochtone qui a son propre magasin n’est pas traité de la même façon. Cet anglais possède son magasin ici à Sheshatshiu, il habite ici depuis très longtemps, Blake. Je n’ai jamais entendu un Innu faire un commentaire à son égard, il se fait beaucoup d’argent. Tandis que si l’Innu avait son propre magasin, il rencontrerait beaucoup de difficultés. C’est pour cette raison qu’il y a beaucoup de haine, et que nous n’allons pas très bien.&#13;
&#13;
13:31 Rose: Hier lors des discours des Chefs, cela m’a plus fait mal au cœur car ils ne parlent que pour le paraître, seulement pour faire plaisir aux gens. Leurs paroles ne proviennent pas de leur cœur, ils choisissent le bon moment de parler durant les activités communautaires et ils savent que les gens sont heureux. Je ne crois pas à leurs discours. &#13;
&#13;
14:09 Quelles sont les maladies les plus courantes à Sheshatshiu? Les maladies cardiovasculaires, diabète ?&#13;
&#13;
Rose: Je connais beaucoup qui sont diabétiques mais aujourd’hui il semble avoir plusieurs autres sortes de maladies. Beaucoup de maladies cardiovasculaires, de cancer, de maladies transmises sexuellement chez les jeunes. La cause d’après moi est le manque d’activités physique. &#13;
Je me souviens en partie de mon passé en forêt avec mes parents. Ils ne restaient jamais en place, ils n’avaient jamais assez de temps. C’est seulement au coucher du soleil que la porte se fermait pour aller se reposer pour la nuit. Aujourd’hui nous vivons très aisément, nous avons de l’eau courante, nous possédons plusieurs choses mais en même temps cela nous détruit. Nous avons des dettes et cela nous fait mal psychologiquement tandis qu’eux n’avaient pas de dettes pour se procurer des choses. Je regarde aujourd’hui mes petits-enfants, un de 4 ans et un de 3 ans, ma fille achète ce que je n’ai jamais eu dans ma jeunesse. Elle achetait un costume de bain qui lui a couté 38$. J’aurais voulu lui dire de ne pas lui acheté, que c’était trop dispendieux, c’était trop tard, elle l’avait déjà payé. Ma fille était triste et semblait être fâché disant que le costume de bain lui avait couté cher. Je ne pouvais lui demander pourquoi elle l’avait acheté car je veux qu’elle comprenne par elle-même, pour qu’elle puisse réfléchir. Je ne la réprimande pas, je ne fais que l’écouter.&#13;
&#13;
16:10 Rose: Un personne à parfois de la misère à dire non. Lorsque qu’une personne te demande telle chose et que tu lui donne, en entrant à la maison tu ne te sens pas bien, tu es triste. Tu décides alors d’en parler avec ton époux et c’est à ce moment que les problèmes surviennent. &#13;
Je ne sais pas comment ça se passait autrefois en forêt, lorsqu’on accueil des gens dans notre demeure. Il y a des mécontentements, les enfants ne s’entendent pas, il n’y a pas assez de nourriture, le parent n’a pas acheté suffisamment de nourriture, c’est encore à ce moment que débute les chicanes et la haine entre chacun se fait sentir.&#13;
&#13;
16:57 Evelyne: Aujourd’hui lorsqu’on tombe malade, nous allons consulter un médecin et nous prescrit des médicaments. Est-ce que les Innus se servent encore des remèdes traditionnels ?&#13;
&#13;
Rose: J’en connait plusieurs qui s’en servent encore. Je crois qu’Élisabeth pourrais vous en parler d’avantage car je sais qu’elle se sert toujours des remèdes traditionnels. Elle part souvent en avion pour aller s’en procurer en forêt. Elle en ramasse, en donnes aux autres à ceux qui ne peuvent aller s’en chercher. Cela rend une personne heureuse lorsqu’elle reçoit des choses. Je ne peux vous parler de la vie en forêt car je n’y m’y connais pas trop. Je ne voudrais pas vous mentir. &#13;
&#13;
17:47 Evelyne: Ceux que tu connais qui se servent des remèdes traditionnels dans la communauté!?&#13;
&#13;
Rose: Beaucoup d’aînés s’en servent encore. Les jeunes y croiraient tranquillement si on leur en parlait. Lorsque tu prends le temps de parler à un jeune, il te respectera. Un jeune ne demande que de se faire respecter et se faire écouter. &#13;
&#13;
18:26 Evelyne: La culture est-elle en perte aujourd’hui ?&#13;
&#13;
Rose: Oui, nous en perdons beaucoup, et j’ai remarqué que c’est votre cas aussi.&#13;
Je regarde mes petits-enfants et aucuns d’eux ne parlent la langue Innue. S’ils apprenaient la langue avec d’autres jeunes, ils ne tarderaient pas à apprendre. Mes enfants commencent présentement à apprendre à leurs enfants.&#13;
Je crois que la perte de notre langue ainsi que de notre culture est quelque chose qui nous nuit fortement. Avec toute ma culture que j’ai perdue, il m’arrive parfois de me sentir nulle. Je vire en rond ne sachant pas vers où aller. Souvent lorsque nous sommes dans une tente, je demande aux ainées, à ma soeur ou à une amie, ce que je dois faire en entrant dans la tente. &#13;
À quelle heure je vais manger ? Qu’est-ce que je dois faire par après ? Dois-je me laver le visage ? Est-ce que je dois serrer les couvertures ? C’est comme si je n’étais pas intelligente et je manque de confiance en moi-même. J’essaie quand même d’être forte dans mes pensées car je sais que je possède d’autre connaissances et que j’ai beaucoup d’acquis. Je ne me fais pas confiance dans la culture innue car je ne m’y connais pas. Elisabeth a beaucoup d’acquis, mais elle en a moins dans les sujets que je connais. Je me place dans deux côtés différents. J’aimerais que tous les jeunes finissent leurs études, qu’ils soient fier de leur vie. Moi, je crois qu’il serait profitable pour leur développement mental, ça serait une aide favorable pour leur bien.&#13;
&#13;
20:23 Evelyne: Quelle message aurais-tu à donner aux jeunes ?&#13;
&#13;
Rose: Mon message serait de leur dire qu’aujourd’hui il est difficile de marcher tel que c’était auparavant mais qu’il faudrait toutefois qu’ils s’accrochent à la culture de leurs grands-parents car ils ont vécus beaucoup de misère en les élevant et que c’est grâce aux grands-parents que ces jeunes existent aujourd’hui. De ne pas avoir honte de notre culture. Dans le passé tu ne voyais pas un Innu en état d’ébriété, de flâner en public, de tomber n’importe où. Aujourd’hui nous sommes rendus à ce point car nous avons perdu notre identité, ces jeunes doivent écouter les conseils des autres car nous sommes riches à notre façon et nous avons des grandes valeurs, il faut simplement les suivre !&#13;
&#13;
&#13;
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&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/684706805"&gt;Rose Grégoire&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;Une collection d'entretiens et d'activités particulières (vidéo) qui décrivent et expliquent l'aspect social des communautés innues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu est actif depuis une quarantaine d'années dans le milieu innu et a pu capter différentes entrevues et activités particulières...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=24"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Moving Image</name>
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              <text>Evelyne. Autrefois, tu as dit que vous habitiez de l’autre côté?&#13;
Charles Mark. Autrefois quand nous sommes arrivés avec nos bagages, moi, c’est à peine si je m’en souviens, cela doit faire une dizaine d’année en 13 ou 14.&#13;
Marcel Lalo. C’était en 1926 je crois, c’étaient les maisons des Anglais et il en avait autour des tentes seulement.&#13;
Evelyne. C’est vrai?&#13;
Marcel Lalo. Oui&#13;
Charles Mark. Exactement à l’endroit où il y a quelque chose qui est circulaire. &#13;
Evelyne. Puis le gouvernement a décidé de vous envoyer ici?&#13;
Charles Mark. Non, nous avons habité ici après notre retour, on ne pouvait pas habiter là, là de l’autre côté, les Anglais y étaient déjà en plus ils ne nous aimaient les Mishtikuashuat, nous non plus on n’aimait pas y habiter, parce que ça ne se serait pas bien passé.&#13;
 (1;10 inaudible. Il parle d’un genre de vol mais le son est trop bas pour que je puisse bien entendre. Il raconte qu’on leur mentait pour dérober ce qu’ils avaient donné en échange de services mais je n’en suis pas sûre.)&#13;
Evelyne. C’est si vous payez?&#13;
Charles Mark. oui&#13;
Evelyne. Et quand vous êtes allés à La Romaine?&#13;
Charles Mark. C’est ça, c’était en 1952 que nous sommes allés là-bas, vers le large…il y en a qui étaient partis d’avance, un an auparavant.&#13;
Ils sont partis par voie d’eau, puis nous sommes partis, nous tous sommes partis un an plus tard. Alors nous avons érigé un campement là-bas. On avait un petit bateau, on l’a amené à La Romaine. Nous, on est resté pendant deux ans. Quand on était à La Romaine on a débarqué au large, on ne nous a pas débarqué près du rivage, il n’y avait pas de quai. On nous traitait presque comme des chiens quand on est parti en bateau. On nous mettait au travers des chiens. C’est comme ça que je m’en rappelle, alors on est resté.&#13;
Evelyne. Combien d’années êtes-vous restés à La Romaine?&#13;
Charles Mark. Moi, je suis resté deux ans presque et Shimun (groupe), ils sont restés un an et demi. C’est au printemps qu’ils sont revenus ici.&#13;
Evelyne. On dit d’eux qu’ils ont marché.&#13;
Charles Mark. Oui, ils ont marché, Antan et Shapatishiss et Puniss et ses enfants. Nous sommes restés une autre année quand le printemps est arrivé nous sommes partis en avion, nous sommes arrivés ici en mars, mon père, Antan, et Mishen qui était marié, il y avait San Lalo, il y avait aussi Uniam Lalo le père de Shushep. C’était ces aînés qu’il y avait dans ce temps-là. Puis nous sommes arrivés, moi je suis arrivé en bateau, on était deux avec Shinapesht mon beau-frère, il était marié déjà depuis deux ans je pense, sa femme s’appelait Pinamen. Quand nous sommes arrivés ici on a dû rester trois ans, on a dû rester cinq ans puis on nous a donné des maisons.&#13;
Evelyne. Est-ce qu’on vous a bien installé avec les Innus de Uanaman-shipu?&#13;
Charles Mark. Oui, c’est nous qui n’avons pas aimé être là, ce sont les aînés qui n’aimaient pas être là parce qu’on nous avait menti. Quand on est parti d’ici on nous avait dit que les maisons étaient prêtes là-bas. Puis quand l’automne est arrivé au mois de décembre, elles seront terminées nous a-t-on dit. On est resté un an là-bas à La Romaine parce qu’on nous avait dit aussi qu’on nous amènerait sur nos terres de chasse, mais nos pièges sont là-bas. Ce n’est pas ce qui s’est passé en plus on a dit « on vous donnera du bois de chauffage », celui qu’on amène par traîneau ou motorisé. C’est ainsi que ça s’est passé. C’est pour ça qu’on est revenu ici. On nous a retenu, les agents du gouvernement nous ont retenu et le Père Joveneau aussi.&#13;
On nous a retenu à rester mais les aînés ne voulaient pas, ils étaient déjà partis depuis trois semaines. Mon grand-père m’a fait venir Uniam Pukue, il était là et mon père aussi, San Lalo et (?). Ils sont arrivés ici en automne. Puis nous aussi on est parti et on est resté là. L’agent du gouvernement est venu nous rejoindre, il nous a dit ; on va vous donner des maisons, on lui a dit; ça ne fait rien si on ne donne pas de maisons. On est resté ici peut-être pendant 5 ans. Tanien Vachon est venu nous rejoindre il était chef, il est venu ici et Max Gros-Louis aussi.&#13;
On parle de maison puis il a dit; est-ce que vous seriez contents d’avoir des maisons.Oui, on serait content qu’on nous donne des maisons, ont-ils dit, si on nous donne des maisons on ne retournera pas là-bas, on ne retournera pas à nouveau là-bas, lui a-t-on dit, ça suffit les mensonges, ce n’est pas le Gouvernement… (5 :44 inaudible) Nous aurions gaspillé pour toujours si on avait quitté notre terre. Puis nous sommes revenus ici avec ceux qui étaient forts, les aînés c’est eux qui étaient forts. Ils ont réussi à revenir ici&#13;
Pour y rester. De plus on ne nous donnait pas de nourriture, du bien-être au moins pendant 3 ans. On faisait une route pour des véhicules, pour faire passer (?) pendant 3 ans de temps, il y en avait déjà un que c’était fait, ça a continué un autre quatre ans, alors les Innus ont pu travailler et ont pu survivre et aussi grâce à la chasse aux castors. Mais ils continuaient à monter dans le bois quand même. L’hiver suivant après 5 années c’est alors qu’on a construit les maisons Quand Tanien est venu…c’est moi qui aurais dû partir alors c’est Pien Tenakan qui est parti là-bas où on discutait les maisons, on le considérait comme un chef de bande Pien Tenakan&#13;
C’est moi qu’on aurait élu, j’aurai été le premier mais moi, je suis monté dans le bois tandis que Pien Tenakan lui, est resté ici. Quand je suis revenu du bois c’est alors que j’ai entendu dire que les maisons seraient construites cette année-là ou encore l’été suivant. On s’est mis ensemble pour les maisons (7;09 inaudible à cause d’une pelle mécanique qui enterre la voix de Charles 7;36)&#13;
Evelyne. Vous deviez être contents de revenir?&#13;
Charles Mark. Oui, nous étions contents de rester à nouveau n’est-ce pas. Là-bas on pensait naturellement…On tentait de trop en faire pour s’installer, nous n’étions pas confortables de monter dans le bois là-bas parce qu’on était trop nombreux et le gouvernement nous mentait concernant l’aide pour monter dans le bois.&#13;
Evelyne. Vos enfants n’ont-ils pas….&#13;
Charles Mark. On voulait construire les maisons de l’autre côté mais on n’a pas accepté, on a dit qu’on voulait être de ce côté-ci&#13;
Evelyne. Au pensionnat, Il n’y avait pas de vos enfants qui sont allés étudier au Pensionnat n’est-ce pas?&#13;
Charles Mark. Non.&#13;
Marcel Lalo. On n’a pas envoyé d’enfants là-bas à Uashat.&#13;
Charles Mark. Il n’y a que deux qu’on a envoyé après…&#13;
Evelyne. Ils ne parlaient que l’anglais, vous-autres…n’est-ce pas?&#13;
Charles Mark. Oui, les jeunes parlaient beaucoup anglais. Nous, on parle anglais et les enfants aussi parlent anglais. Puis ça s’est brisé après deux ans, il a fallu qu’ils parlent français, on ne savait pas quoi faire. Naturellement nous avons été embêtés quand les agents du gouvernement sont venus, ils parlaient français, on ne savait pas quoi faire. Il y en avait qui parlaient anglais mais ils ne pouvaient pas venir. Avant les maisons étaient situées seulement du côté de la rivière, il n’y en avait que là. De plus on avait beaucoup de misère pour…(9;23 inaudible, il parle des maisons, des premiers maison 9;27)&#13;
09 :30 Evelyne., Bonjour, je suis heureuse de te rencontrer, j’aimerais que tu me racontes, est-ce ici que les Innus de Pakua-shipu restaient, où devaient être situés les tentes?&#13;
Charles Mark. Pour commencer moi aussi je te salue, je me sens prêt à raconter le passé. On pourrait dire qu’on était heureux quand il y avait encore des aînés, ceux qui ont vu, ont vécu ça comme mon père et Uiniam Pukue et Matshiu Pitin et Matshiu Lalo et Mishtanapeu. Ils étaient nombreux, ils devaient être cinq et les enfants vivaient ensemble, Autrefois on habitait là-bas tout droit là où il y a la pointe.&#13;
Là où il y a une île par ici, là où les traîneaux peuvent passés, là où je t’ai pointé c’est là que restaient les Innus. Il n’y avait pas encore de Mishtikushus, il n’y avait pas beaucoup…. Il devait y en avoir que quatre s’il n’y en avait 7, là il devait y en avoir quatre et là cinq, il devait y en avoir cinq ou sept, s’il n’y en avait pas neuf en tout. C’étaient les maisons des Mishtikushus. Je me souviens du temps qu’on restait là, il y avait un marchand qu’on appelait Mr. Green(?), il était comme un agent du gouvernement, peut-être que vous l’avez vu quand il allait à Uashat. C’est lui qui nous avait envoyé de l’autre côté pour qu’on y habite. Donc comme on ne nous aimait pas alors on est allé rester là-bas, c’était comme si on nous déplaçait, sinon c’est nous qui aurions été maître ici, c’aurait été une terre innue quand je me rappelle du passé, il y a longtemps c’était 1970 qu’on nous racontait ça. En premier on est resté là-bas, on habitait de l’autre côté, il devait y avoir une dizaine de tentes et d’autres restait en face, il devait y avoir quatre tentes et là-bas peut-être cinq.&#13;
Evelyne. Là de l’autre côté?&#13;
Charles Mark. On devait être au nombre de cent deux, je parle des Innus. Puis les agents du gouvernement sont venus nous rejoindre et il y avait un Mr. Letouneau(?), il est venu ici puis on en a déplacer quelque uns en premier.&#13;
Ils sont partis l’année d’après, c’est donc l’été suivant qui sont venus… c’est 1961 quand ils sont venus, Puis nous sommes restés à Uanaman-shipu, moi je suis resté deux ans là-bas, presque trois ans, puis nous sommes revenus là-bas de l’autre côté (nom de lieu?), c’est là que nous sommes restés.&#13;
Evelyne. Pourquoi vous a-t-on déplacé?&#13;
Charles Mark. C’est parce que les femmes (tshitassuatupant(?) avec les femmes mishtikushus, volaient des choses parfois quand les Innus leur demandaient de faire des commissions on pourrait dire ça comme ça et quand les innus leur demandaient de les monter dans le bois (entrée de la forêt) en chaloupe.  Quand les Blancs revenaient après avoir conduit les Innus, tout ce que les Innus laissaient derrière eux, ils le prenaient, comme les machines à coudre et même le bois utile qu’ils laissaient pour fabriquer leur canot etc.) C’était ainsi et de plus on a voulu nous déplacer parce que les Mishtikuashus ne nous aimaient pas.&#13;
Evelyne. Donc tu es resté là pendant une année, est-ce qu’il y avait des Innus à La Romaines ?&#13;
Charles Mark. Il y avait déjà des Innus, ceux qui étaient déjà là depuis trois semaines (?), Ceux-ci devaient déjà être partis, Penua Ashini était parti et Matshiu Pitin et Matshiu Mishtanapeu, étaient déjà partis. Puis après ça été notre tour après un an, c’était au mois d’août le premier, c’est alors que nous avons dû partir, c’est de l’autre côté qu’on s’est rassemblé, il y avait un quai, c’est là qu’on nous a amené, là où il y a une bute. On avait amené un petit bateau au large. Après qu’il y a eu une rencontre alors les agents du gouvernement nous on dit que si on voulait monter dans le bois ça ne serait pas difficile et que le Gouvernement allait payer l’avion et qu’on ne paierait pas, nous ont-ils dit. Mais ils nous ont menti, on ne nous a même pas traité tel quel et même les maisons qu’on nous donnerait là-bas, qu’elles étaient déjà prêtes nous avait-on dit, vous n’aurez qu’à y entrer nous avait-on dit et on vous donnera aussi du bois de chauffage, on allait en donner aux aînés, aux plus vieux, on va les transporter, le bois de chauffage nous avait-on dit. Quand on est arrivé là-bas on est resté, il n’y avait rien, on ne pouvait entrer dans les maisons, peut-être en décembre ou au mois de novembre qu’on a pu y entrer, c’était en date du quinze, il faisait déjà froid, puis les aînés ont parlé de revenir ici. Il y a un Innu qui avait été arrêté. C’est Etien qui avait été arrêté à Uanaman-shipu, c’est pour ça qu’on a essayé de revenir ici, on pourrait dire que ça n’allait pas bien, eux ils n’aimaient pas ça, ils ont marché pour revenir ici. Il y avait Antan et Shapatishiss et Puniss, ils étaient un groupe de quatre qui revenaient ici. Ça a dû leur prendre quatre mois, ils sont restés là-bas un peu plus d’un an, c’est au printemps qu’ils sont partis pour revenir ici, ils sont arrivés ici les rivières s’étaient déjà libérées de leurs glaces. Ils savaient comment ils étaient traités, qu’ils ne seraient pas aidés donc…ils regrettaient leur terre et leurs pièges, les aînés voulaient vraiment revenir à Pakut-shipu pour rester et ce sont eux qui étaient les premiers, qui connaissaient bien (le chemin) et ils savaient comment faire. Là-bas quand j’y pense naturellement c’était comme si on nous enfermait, on ne pouvait rien faire parce qu’on nous défendait tout, il n’y avait rien pour nous qu’on pourrait dire, il n’y avait rien, on avait construit des maisons mais il n’y en avait pas beaucoup. Les Innus ne donnaient aucune importance à ces maisons, ils donnaient plus d’importance à leur terre, c’est là qu’ils voulaient rester. Après le départ du groupe à Shimun, leur marchand les a aidés à monter dans le bois, le Gouvernement leur donnait de la nourriture (aide sociale), ils commençaient à avoir faim dit-on, Antan a voulu les suivre. Il a nommé son père. Ils ont payé l’avion pour revenir ici, ils ont utilisé leur pension de vieillesse pour payer. On ne leur a pas donné d’aide social ici, ils sont quand même restés. Puis ils sont finalement tous revenus, Pien Pitin est revenu et tout le groupe de Matshiu Lalo et San Lalo et Uniam Lalo, ils sont tous revenus ici. Puis nous sommes restés encore un autre quatre ans ou cinq ans à peu près nous y sommes restés, deux, un groupe sont revenus ici, Matshiu Pitin est revenu, il regrettait sa maison, (?) « je reviendrai » dit-il.&#13;
Evelyne. Était-il vieux? &#13;
Charles Mark. Non, il n’était pas vieux mais il n’aimait pas là-bas, on pourrait dire qu’il était déjà vieux. Il est revenu ici peut-être cinq ou six ans après nous.&#13;
À nouveau nous sommes restés ici de l’autre côté, quand nous sommes revenues, c’était en bateau, on nous a installé dans une cale comme si on était des chiens naturellement, on nous traitait ainsi et il y avait les canots et nos bagages, on était là avec tout ça. Puis nous sommes arrivés à Uananman-shipu au large c’est là qu’on nous a débarqué. Ce sont de petits bateaux qui venaient nous chercher c’est là que nous avons débarqué, il commençait à faire froid, puis nous sommes arrivés au rivage de Uanaman-shipu. Je me suis trompé un peu. Le temps que nous ayons été là, ça n’allait pas bien, on ne nous donnait pas d’aide social, on ne donnait pas à manger, on voulait qu’on revienne ici.&#13;
Evelyne. Combien de temps ne vous a-t-on pas donné d’aide social?&#13;
Charles Mark. À peu près pendant trois années on ne nous a pas donné d’aide social, ça a dû faire trois ans qu’on ne nous a pas donné d’aide social durant qu’on était là, il y avait une route qui était construite, une route d’hiver, un travail d’hiver c’est ainsi que les Innus ont réussi à s’en sortir, qu’ils ont pu subvenir à leurs besoins. Ça s’est arrêté après trois ans puis il y a eu les maisons en 1972, c’est alors qu’on a pu y entrer et rester là. Après qu’on eut été invité on nous avait oublié; ça n’allait pas bien pour nous, On nous les a redonnés, les maisons, ils ont été fini d’être construites. Nous étions contents d’avoir les maisons.&#13;
Evelyne. Tu me dis pendant trois ans vous n’avez pas…&#13;
Charles Mark. Oui, pendant trois ans à peu près nous n’avons pas reçu d’aide social, on ne nous a rien donné alors nous avons travaillé à des emplois d’hiver, ça a duré trois ans puis nous avons arrêté et c’est alors que nous avons eu le chômage, puis après nous avons eu les maisons. Alors les agents du gouvernement sont venus pour nous annoncer que des maisons seraient construites, c’est Tanien Vachon qui est venu de Uashat, il est arrivé en disant, seriez-vous contents d’avoir des maisons, il y a Max Kuniu qui était là,----Oui, dirent-ils , nous serions contents si le Gouvernement nous en donnait, mais pas ailleurs, oui nous serions content, c’est ici que nous aimerions qu’on donne les maisons, dirent-ils. --- D’accord on va essayer dit Tanien, on va parler politique et toi, tu devras partir, me dit-il, c’est toi qui seras chef, me dit-il. Je ne pouvais pas partir négocier car je montais dans le bois cet automne-là, alors Pien Tenekan est devenu chef, il a pris ma place. Après un an qu’on eut eu un chef c’est en automne qu’on a parlé des maisons qu’on allait nous donner, l’été a suivi. Alors elles ont été construites.&#13;
Evelyne. Alors les enfants donc… est-ce qu’on a construit une école?&#13;
Charles Mark. Non, il n’y avait pas d’école ici, on les traversait de l’autre côté pour l’école. Il y avait une vieille école, on l’avait déplacé, quelques temps après notre arrivée ici, ça ne fait pas longtemps, c’est là qu’on avait inscrit les enfants, ils parlaient anglais ceux qui y allaient et en plus c’était très difficile pour eux…&#13;
Evelyne. Est-ce qu’ils marchaient en hiver?&#13;
Charles Mark. Non, on nous avait donné un petit véhicule après que les enfants eurent commencé l’école, c’est avec ce petit véhicule qu’ils étaient amenés en été après la fonte des glaces. Au mois de juin, ils y allaient en canot et quand ils commençaient en juin ils prenaient le canot. Les enfants avaient de la misère avec l’école, on en a discuté pour qu’on nous en donne une, ça a fini par aboutir à force d’en parler. Alors l’agent du gouvernement m’a dit; Il faudra que vous soyez très loin, pour avoir droit à une école, nous a-t-il dit. Alors je lui ai dit, je te remercie pour ce que tu me dis, mais j’ai le temps de mourir, avant que tu nous donnes une école, lui dis-je, ça veut dire la même chose, c’est tellement difficile pour les enfants quand c’est le printemps. Il faut qu’ils traversent, ils sont tout mouillé, puis il y a le vent, et quand il fait froid, lui dis-je, c’est très dangereux qu’ils tombent à l’eau quand ils traversent avec le petit véhicule. Il y a des trous d’eau quand on les y amène avec le véhicule.&#13;
Evelyne. Ça fait combien de temps que les enfants ne traversent plus?&#13;
Charles Mark. Ça fait peut-être dix-neuf ans qu’ils ne traversent plus.&#13;
Evelyne. Il y a une école maintenant n’est-ce pas?&#13;
Charles Mark. Oui, quand on a construit la première école à l’ouest de la réserve celle qui se trouve de l’autre côté, celle qui est au milieu c’était notre école, au début elle n’était pas grande, trois ans plus tard puis cinq ans et après sept ans, on en a discuté encore…il y avait suffisamment d’enfants, nous a-t-on dit. Maintenant les enfants, il y en a plein. Notre population augmente très vite, donc les enfants sont devenus nombreux.&#13;
Evelyne. D’où viennent ces Anglais?&#13;
Charles Mark. Naturellement il devait y avoir des Anglais autrefois, quelques-uns d’entre eux viennent de l’est et ils sont venus à Pakut-shipu, il y en a qui viennent de la grande île, les Mishtikushus, c’est eux qui ont construit leurs maisons.&#13;
Evelyne. Est-ce que ce sont tous des Anglais?&#13;
Charles Mark. Il devait y avoir d’autres Anglais, ils se seraient sauvés, ils se seraient échappés.&#13;
Evelyne. J’ai entendu parler aussi des Aissimeus, il y aurait eu une bataille ici une fois?&#13;
Charles Mark. Non, c’est du côté de l’est, les Innus auraient descendus la rivière pour se rendre à l’ouest pour aller chasser le castor naturellement, il n’y en avait pas tellement dans l’intérieur des terres, ils sont allés à l’est pour en chercher, c’est là que ça s’appelle Aissimeu-shipu c’est là qu’il y avait des Aissimeus, c’est là qu’ils les ont bloqués, qu’ils les attendaient sur une hauteur quand ceux-là sont passés en canot pour les tirer avec leurs flèches. Les Innus connaissaient les lieux, alors ils sont passés en canot de l’autre côté, il y avait là-bas une baie. C’est là qu’ils avaient dû débarquer, à la pointe et c’est de là qu’ils ont tiré avec leurs fusils sur les Aissimeus. C’est comme s’ils se faisaient la guerre alors ils ont été décimés, les Innus les ont décimés, un des Aissimeu partout sur lui ici (geste) s’était fait une armure en hache sur lui, on dit que le fusil ne le blessait pas, alors il a dit en chantant; je ne sais pas ce qu'il devait chanter ---si nous avions eu les mêmes armes, chantait-il ainsi, vous n’auriez pas pu nous faire avoir si facilement, dit-on de Aissimeu. Après qu’on eut tué les Aissimeus, les Innus sont montés dans le bois aussitôt, les Innus sont allés plus loin dans l’intérieur des terres.&#13;
&#13;
Evelyne. Pour quelle raison se sont-ils battus?&#13;
Charles Mark. À cause du loup marin, ils avaient peur que les Innus chassent le loup marin, ils devaient penser que les Innus tueraient le loup marin.&#13;
Evelyne. Aujourd’hui est-ce qu’il y a des changements dans le mode de vie?&#13;
Charles Mark. Oui, ça a beaucoup changé dirait-on, il y a quelque chose qui a été perdue pour nous, comme à l’école, il manque l’enseignement de l’innu-aimun pour les enfants, on leur enseigne seulement un peu la langue innue du moins ce dont je suis témoin et de plus il y a la drogue, s’il n’y avait pas eu la drogue peut-être que c’aurait été moins pire et de plus on ne les amène pas dans le bois. Aujourd’hui on ne montre pas ça aux enfants du moins pas suffisamment… quand tout a commencé dans le passé, ils allaient bien, on montait dans le bois et tous les enfants, même les tous petits, on montait tous dans le bois alors que maintenant… c’est un peu différent les Innus ne peuvent pas monter dans le bois autant, il y a ceux qui montent dans le bois pour peu de temps comme deux semaines, ça c’est toujours là, ils ne vont pas loin, ils y vont en avion et ils amènent tous les enfants aussi qui vont à l’école et parfois au printemps c’est au large pas loin… &#13;
Evelyne. Ici, vous autres?&#13;
Charles Mark. Ils ne peuvent pas rester longtemps et il y a cette chose qui leur fait de la misère, ils ont de la misère…comme la bière et la drogue parce que les Kakusseshiht en vendent les Mishtikushus et même des jeunes. Aujourd’hui ça fait quatre ans qu’ils en prennent. &#13;
Evelyne. Est-ce que ça va s’améliorer ?&#13;
Charles Mark. Je pense que tout ira bien dans un an si on leur donne le temps…c’est possible peut-être s’ils vont chercher de l’aide et s’ils ne prennent pas beaucoup de drogue. Si les Innus s’aident, s’ils ont envie de se rapprocher des ainés, peut-être qu’ils ne seront pas assez forts pour s’en sortir. Il se peut qu’ils ne soient pas assez forts pour s’en sortir du moins pour quelques-uns parce qu’il faut croire en soi…parfois… « c’est notre vie à nous » disent parfois ceux qui boivent, comme les femmes de Pakut-shipu et les jeunes ne…quand on les empêche de continuer, ils ne vont pas là où se trouve l’aide, ils ne sont pas nombreux à chercher de l’aide. Moi, j’aimerais qu’il y en ait plus qui veulent s’aider et c’est comme ça peut-être que tout pourrait arriver pour s’entraider, peut-être que ça prendra du temps, un six ans ou un sept ans, ça pourrait peut-être être possible.&#13;
Evelyne. Comment vois-tu le futur?&#13;
Charles Mark. Moi la façon que je vois le futur, il me semble que je serais heureux si on amenait les enfants dans le bois et qu’on les aide. Qu’on puisse aider ceux qui rencontrent des problèmes et qu’ils ne se découragement pas de monter dans le bois pour le moment, essayer de croire qu’on peut s’en sortir et qu’ils ne pensent pas que c’est impossible, qu’ils aiment être dans le bois et que les jeunes aiment plus être dans l’intérieur des terres., du moins ceux qui ont dix-huit ans et ceux qui ont vingt ans aussi, qu’il ait du travail, qu’il y ait de plus en plus de gens qui travaillent, là-bas il manque des travailleurs peut-être qu’il en manque six pour ceux qui n’ont rien à faire et si on continue toujours de monter dans le bois.&#13;
Peut-être que ça pourrait arriver plus souvent qu’on puisse voir (nutshimit) et j’y crois moi, on n’y va pas assez souvent, les jeunes ne peuvent pas rester assez longtemps. Ce n’est pas suffisant d’être là deux semaines, peut-être il faudrait y être au moins un mois ou deux mois, ce serait bien, les jeunes apprendraient plus.&#13;
Evelyne. Quel message donnerais-tu aux jeunes?&#13;
Charles Mark. Moi je pourrais dire que ça irait mieux, peut-être que vous iriez mieux si vous ne preniez pas trop de drogue. Moi par exemple ça fait peut-être six ans que je n’ai pas touché à la bière, c’était vraiment ça que je consommais. Il arrivait parfois que j’en consomme jusqu’au lendemain, ou pendant une semaine, quatre jours en ligne que je devais boire.&#13;
J’ai su d’où j’arrivais dans mon passé, quand j’y pense que ça me causait des problèmes. Je croyais que ça ne me causait pas de problème dans le temps que je buvais je ne…pour ma femme et mes enfants. Les jeunes me disent --- tu faisais ça toi aussi quand tu buvais, me disent-ils. Oui, c’est vrai ce qu’ils disent, c’est la même chose quand une femme parle de son mari, je ne lui dis rien, je l’écoute car je sais ce qu’elle me raconte est vrai donc je lui dit ---c’est vrai ce que tu me racontes, moi aussi je ne savais pas quoi faire quand je buvais encore mais je vais essayer de plus boire et j’irai visiter les aînés, je me décourage parfois d’essayer de ne pas boire, de résister à la boisson, j’ai pitié de moi-même, ça fait deux ans que je n’ai rien pris et je voulais aller voir le prêtre pour une rencontre. Après avoir réussi un an, deux ans de sobriété j’étais complètement différent. Ça va faire quatre ans cet automne au mois de décembre le 6 décembre que je ne bois plus, je me sens mieux il me semble et je réussis mieux ce que je fais comme m’adresser aux Innus, je ne suis plus gêné.&#13;
Evelyne. Est-ce que les jeunes pourraient faire la même chose?&#13;
Charles Mark. Si on leur montrait lentement, qu’on ne leur disait pas « Arrêtez de boire », il ne faudrait pas leur dire comme ça.&#13;
Evelyne. Maintenant il y a beaucoup de ressources pour aider les jeunes, n’est-ce pas?&#13;
Charles Mark. Oui, il en aurait beaucoup, si on les amenait dans l’intérieur des terres c’est ce qu’ils les aideraient beaucoup. Par exemple quand on amène les jeunes dans le bois…il faudrait aussi que les adultes y aillent, s’ils restaient là deux mois c’est alors que ça irait mieux pour eux, ils aimeraient l’intérieur des terres. Alors qu’ici il n’y rien, ils ne font que se promener, ils ne font rien et ils ne dorment pas la nuit. C’est évident que ceux qui sont petits aillent des problèmes eux aussi comme pour les petits bateaux, ils se rendent là aussi, les jeunes de Sheshatshit viennent les rejoindre, certains sont originaires de là, ce sont des jeunes de Sheshatshit, même ceux qui restent en concubinage ils viennent ici et y restent. Il doit y en avoir aussi qui venaient de La Romaine, quelques-uns d’entre eux qui viennent ici. Moi je pense que tout a commencé chez les Mishtikushus, Moi je pense que c’est les Mishtikushus qui ont vraiment tout commencé (drogue).&#13;
Evelyne. Y a-t-il autre chose que tu aimerais dire?&#13;
Charles Mark. Oui, là-bas de l’autre côté (rivière) nous, on le nomme innuassi, nous y croyons qu’il soit appelé de cette façon même avec les agents du gouvernement. Comme si on nous l’avait emprunté dans le passé. Une fois on avait essayé de nous déloger, il y a neuf ans, on voulait nous déménager, on voulait nous construire des maisons, je me demande où est-ce qu’on voulait nous installer, peut-être là-bas ou plus à l’ouest c’est là qu’on voulait nous construire des maisons on a refusé---ça fait déjà trois fois, leur ai-je dit, ça suffit, c’est la dernière fois que vous nous faites ça, ai-je dit aux agents du gouvernement. On a écrit une lettre, Antane Mak m’a aidé. On est allé à Ekuanitshit puis on n’en a plus jamais entendu parler (déménager).&#13;
Evelyne. Donc aujourd’hui c’est une vraie innuassi?&#13;
Charles Mark. Oui, maintenant c’est une vraie innuassi pour nous, c’est ainsi qu’on l’appelle. Si le Gouvernement ne la nomme pas ainsi pour nous c’est ainsi qu’on la nomme. On à l’école, tout va bien maintenant, ça n’allait pas bien parce qu’on n’avait pas bien inspecté, peut-on dire et elle avait été mal construite, on nous a donné une école qui n’était pas adéquate.&#13;
C’est ce qu’on nous avait donné, on l’avait d’abord réparé, on l’a rapiécée pour qu’elle ait l’air belle, le patron avait dû travailler un mois ou deux dans le temps. Elle semblait terminée, on avait emmené par voie d’eau tout ce dont on avait de besoin. On avait dû lui donner du temps (innus) pour travailler… si vous embouchez un Mishtikuashu on va donner du travail à beaucoup d’Innus avaient-ils dit. Alors on leur a donné des heures aux Innus, on leur a donné six milles heures.&#13;
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&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/634551021"&gt;Charles Mark entrevue&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;Une collection d'entretiens et d'activités particulières (vidéo) qui décrivent et expliquent l'aspect social des communautés innues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu est actif depuis une quarantaine d'années dans le milieu innu et a pu capter différentes entrevues et activités particulières...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=24"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Moving Image</name>
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              <text>Évelyne : Bonjour Philippe. D'où viens-tu, où es-tu né ?&#13;
Philippe : Je suis de Malio.&#13;
Évelyne : Et tu es allé à l'école ici ?&#13;
Philippe : Oui, j'ai toujours demeuré ici.&#13;
Évelyne : Tu es un musicien, est-ce que ça fait longtemps que tu joues de la musique ?&#13;
Philippe : J’ai commencé jeune. On m'a invité à jouer de la musique dans des partys. Il n’y avait pas grand nombre d'artistes et on m'invitait toujours moi. À force de jouer, je devenais de plus en plus bon, et c'est venu que je chante aussi.&#13;
Évelyne : Où as-tu pris ta première guitare ?&#13;
Philippe : Dans le premier temps, je jouais la musique des Beatles. J'écoutais toujours leur musique, je l'aimais bien. J'ai rencontré un autochtone de Mistassini, il s'appelait Marley Loon, il est décédé. Je l'ai rencontré à Montréal, il jouait de la musique et chantait dans sa langue crie et moi déjà, je jouais de la musique, mais je n'avais jamais pensé composer et chanter. Je comprenais un peu ces chansons et au retour chez moi, je commençais à composer mes chansons et à les chanter. C'est là que j'ai produit un long jeu à Radio-Canada. Anciennement, il n'y avait pas de radio communautaire et les autres autochtones avait de la difficulté à se procurer mes chansons. À la suite de l'apparition des radios, la renommée vient plus vite.&#13;
Évelyne : Dans tes chansons, de quoi parles-tu le plus ?&#13;
Philippe : Je parle du solitaire, la terre Nitassinan, de l’espérance, l’espoir.&#13;
Évelyne : Tes chansons, depuis combien d'années que tu chantes ?&#13;
Philippe : Au moins 20 ans, mais pas régulièrement. De temps en temps, je joue pour moi et actuellement, je suis en train de faire un CD, je l'achève et les Innus ont hâte de l'écouter.&#13;
Évelyne : J’entends souvent des Innus dire que tes chansons correspondent à ce qu'ils ressentent.&#13;
Philippe : C’est grâce aux Innus qu’il y ait des chanteurs en innu qui peuvent transmettre ce qu'ils ressentent comme Innu, pouvoir chanter nos coutumes, notre mode de vie, transmettre nos pensées, notre vision en tant qu'Innu. Si les Innus n'existaient pas, il n'y aurait personne pour chanter tout ça.&#13;
Évelyne : On m'a même dit que dans tes chansons, il y avait toujours une suite ?&#13;
Philippe : L’artiste ne ressent pas toujours que ses chansons peuvent influencer les autres.&#13;
Évelyne : Comme tu le dis, quand on parle du Nitassinan, tout de suite, on entend tes chansons.&#13;
Philippe : Oui, il y a deux personnes, l'homme et le chanteur. Il faut que les deux personnages se complètent et se comprennent sinon, il ne sortira pas de son produit.&#13;
Évelyne : C’est ça que je te dis, lorsqu'il se produit quelque chose dans la communauté, comme quand on parle de la terre, quand il y a la fête des Mère, on fait toujours entendre à la radio, tes chansons.&#13;
Philippe : Quand tu chantes, tu commences toujours par ton entourage proche, vient l'entourage de la communauté, du territoire. C'est toujours comme ça, l'espace augmente avec la chanson. Ta vision augmente.&#13;
Évelyne : En te servant seulement de la langue innue, tu n'atteins pas le blanc, qu'est-ce que tu penses de ça ? Ou bien tu veux seulement atteindre les Innus ?&#13;
Philippe : Je suis dans les deux groupes, quelquefois, je chante en français et des fois en Innu. Quand je chante en Innu, j'essaie d'atteindre les Innus. La bonne humeur, l'amour, c'est la même chose pour tout le monde quelle que soit la couleur, la race.&#13;
Évelyne : As-tu déjà commencé à composer et chanter en français ?&#13;
Philippe : J'en fais de temps en temps, je compose mes chansons en français et elle se trouvent dans les tiroirs. Mais je commence à les sortir, il va y en avoir un tas. Aujourd'hui, je ne veux rien précipiter comme je le faisais avant. Quand tu fais trop vite, tu accroches tes pieds dans quelque chose et tu tombes.&#13;
Évelyne : Quand tu veux chanter en français, qu'est-ce que tu veux envoyer comme message ?&#13;
Philippe : C'est pour amener plus de personnes à m'écouter chanter.&#13;
Évelyne : Quel message veux-tu envoyer ?&#13;
Philippe : Rien de plus que ce que je ressens quand je suis joyeux, peiné.&#13;
Évelyne : Depuis l'existence de Innu Nikamu, tu es le pionnier du festival et de la chanson innue, tu as produit un long jeu, tu es populaire auprès de bien des personnes et surtout des jeunes qui suivent tes traces, qu'est-ce que tu penses de ça ?&#13;
Philippe : Je ne suis pas le premier artiste, car auparavant il y a nos grands-pères qui chantaient avec le tam-tam. Moi, je n'ai fait que maintenir et renforcer la chanson innue.&#13;
Évelyne : Tu parles des aînés, est-ce que tu t'en sers du tambour dans tes chansons ?&#13;
Philippe : Il m'arrive de temps à autres, mais je ne chante pas que je l'utilise, je ne suis pas rendu à cette étape ni l'âge pour chanter tout en tapant sur le tambour. Peut-être qu'un jour, j'aurai l'honneur de le faire, mais je suis encore dans les instruments.&#13;
Évelyne : Et tu t’en sers, quels sont les instruments dont tu te sers ?&#13;
Philippe : Les instruments électriques et la batterie, le clavier, le piano.&#13;
Évelyne : Y a-t-il des Innus qui jouent avec toi ?&#13;
Philippe : Il y a beaucoup d’Innus et de non-innus et moi, je suis dans le milieu, j'utilise des Innus et des non-innus.&#13;
Évelyne : Et toi, qu'est-ce que tu aimerais ? Comment le vois-tu ?&#13;
Philippe : Moi, peu importe sa race, en autant qu'il sache jouer un instrument et qu'il s'accorde avec moi. Il n'y a pas de différence pour moi.&#13;
Évelyne : Ton CD approche, comment tu vas t'organiser pour sa sortie ? Vas-tu faire le tour des communautés ? Comment vas-tu procéder ?&#13;
Philippe : L'année prochaine, je vais aller dans les communautés pour vendre le produit et faire des spectacles, chanter dans chaque communauté.&#13;
Évelyne : Aujourd'hui y a-t-il beaucoup de personnes qui jouent de la musique ?&#13;
Philippe : Il y en a beaucoup, surtout des jeunes. Il faut qu'ils y croient à un talent, car au début, c'est un jeu, un plaisir de jouer avec un instrument. Plus tard, ça devient plus sérieux parce qu'il faut que tu gagnes ta vie avec cela.&#13;
Évelyne : Moi, je pensais que jouer de la musique c’était vouloir transmettre un message ? Est-ce que c'est ça ?&#13;
Philippe : Oui, c'est un peu ça. Tu veux transmettre un message et celui d'un autre. Ce que l'autre peut ressentir. Moi, c'est ma façon de procéder.&#13;
Évelyne : Est-ce que le festival Innu Nikamu vous aide ?&#13;
Philippe : Pour ma part, ça m'aide beaucoup. Je n'ai pas besoin de grand monde, mais avec les visiteurs qui viennent, je suis heureux de leur présence. J'aime jouer de la musique.&#13;
Évelyne : Tu m'avais compté la raison pour laquelle tu veux faire un CD. Quelle est cette raison ?&#13;
Philippe : Pour me satisfaire. La satisfaction du travail accompli et bien fait.&#13;
Évelyne : Moi, je vais dans les disquaires et je vais voir les CD des Beatles et celui de Philippe Mckenzie ?&#13;
Philippe : Dans la même section que les Rolling Stones et les Beatles.&#13;
Le premier long jeu, c'était juste pour le faire mais avec celui-ci, je suis fier et je commence aussi à prendre de l’âge !&#13;
Évelyne : Quel message tu laisserais aux jeunes artistes et ceux qui veulent l’être ?&#13;
Philippe : Ils vont rencontrer des difficultés et c'est une bonne chose, car il ne faut pas se décourager, il faut passer à travers celles-ci. Toujours travailler afin de s'améliorer.&#13;
&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/682585782?h=de3e571249" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/682585782"&gt;Pinip McKenzie&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Évelyne : Tu es chef. C’est ton quatrième mandat, tu disais ? &#13;
&#13;
Clifford : Au niveau politique, c’est mon troisième mandat. C’est mon deuxième mandat en tant que chef. J’ai été conseiller au début des années 90. Chez nous, ce sont des mandats de trois ans, donc c’est ma quatrième année que je débute à la chefferie au niveau de Mashteuiatsh.  &#13;
  &#13;
Évelyne (00:21): Qu’est-ce qui se passe ici à Mashteuiatsh? &#13;
&#13;
Clifford : Première des choses, je pense que c’est un peu ce qu’on vit dans toutes les autres communautés. On essaie de trouver une formule qui nous ressemblerait plus au niveau des prises de décisions. Les gens veulent qu’on se prenne en main. Ils veulent qu’on décide de notre avenir. J’ai toujours cru que dans le passé, mon peuple, c’était un peuple qui était heureux, qui était en santé, qui était prospère et qui était bien. Finalement, ce que je vois pour l’avenir, c’est un peu ça. Je vois mon peuple qui va redevenir en santé. Je vais les voir les vrais sourires d’être bien, d’être heureux, d’être fiers de qui ils [les gens de la communauté] sont et également d’être prospère. Je pense que la prospérité, c’est quelque chose que nous avions et qu’on a perdu. Je me rappelle aussi des histoires de mon père et de mon grand-père qui comptaient que n’était pas facile. Il fallait travailler. Il fallait travailler fort, même très très fort. Mais je pense que si on veut être prospère pour l’avenir, il va falloir également travailler très fort et se remettre au boulot comme on dit. Il faut faire les efforts nécessaires pour atteindre cette prospérité-là.  &#13;
  &#13;
Évelyne (01:47): Ici, au village, vous avez toutes les infrastructures: santé, l’éducation. Il y a aussi les agents territoriaux. J’en ai entendu parler... &#13;
&#13;
Clifford : Ici [Mashteuiatsh], c’est quand même particulier au niveau de la location et du lieu de la communauté. On est au Lac-St-Jean, donc on est entouré de beaucoup de communautés non autochtones. Ça a eu des impacts. Un des impacts, c’est sûr que nous, il a fallu se développer au niveau des infrastructures pour être capable de répondre aux besoins de la communauté. La communauté, elle est également fondée et constituée à partir d’une diversité. On a des gens qui viennent du Nord, on a des gens qui viennent de l’Est, on a des gens qui viennent de l’Ouest et on a des gens qui viennent du Sud. Donc, tous ces gens-là se sont regroupés voilà plus d’un siècle ici dans la communauté. Ça fait que c’est un endroit assez particulier. Qu’est-ce que ça eu comme impact, c’est que oui, on s’est développé au niveau des infrastructures, mais on a payé un prix pour au niveau linguistique. Au moment où on se parle, on est seulement 30% de la communauté qui maitrise d’une façon correcte la langue innue. C’est sûr que le pensionnat a eu des effets envers certaines générations sur la perte de la langue. Présentement pour nous, on fait des efforts pour justement maintenir ce 30%, voire même à le développer pour que peut-être, dans l’avenir, on puisse retrouver une communauté qui sera peut-être majoritairement parlant innu. Toute cette démarche a eu comme impact aussi c’est qu’on avait beaucoup de gens qui étaient en territoire et il y avait peu de ressources, il y avait peu d’aide. Plus que les années avançaient, plus qu’il y avait des interventions des tiers, donc des autres gouvernements, des compagnies forestières surtout avec les nouvelles technologies. Avant ça, il y avait une communication. Moi, j’ai entendu parler de nos ainés qu’avant ça quand la compagnie forestière arrivait, ils pouvaient travailler avec la compagnie forestière. Ça leur donnait des ressources financières additionnelles. Et il y avait une façon qu’ils coupaient le bois qui respectait, si on peut dire un peu, la façon de vivre [de la communauté]. Aujourd’hui, avec la technologie, on a plus ça. Ceux qui étaient en territoire se sentaient vraiment brimés à l’intérieur de leurs droits. Nous, qu’est-ce qu’on a fait c’est qu’on a mis en place un service qui s’appelle les Services territoriaux Je crois, mais peut-être que je me trompe, qu’on est les seuls qui ont ce service-là. C’est un service qui n’est pas dispensé par les subsides gouvernementaux. C’est vraiment de l’investissement que nous on prend à partir de nos fonds, des surplus qu’on a et on les utilise pour le développement de ce service-là. C’est d’aider les gens à occuper et à pratiquer des activités traditionnelles encore en forêt. Ce n’est pas parfait parce que ça manquerait beaucoup d’autres choses. Aujourd’hui, il y a beaucoup de choses qui ont changé. Nous, on doit s’adapter à la réalité d’aujourd’hui également.  &#13;
  &#13;
  &#13;
Évelyne (05:05): C’est comme des agents de la faune? &#13;
&#13;
Clifford : C’est plus que des agents de la faune. Ce sont des agents qui vont souvent soit essayer d’atténuer un conflit qui aurait sur deux utilisateurs soit quand les pêcheurs sportifs arrivent ou les chasseurs sportifs. Ils essaient de trouver des façons pour faire en sorte que les gens puissent être bien. Les Services territoriaux ont fait beaucoup de concertations et consultations avec les gens qui occupent le territoire. Ils ont formé des codes d’éthique sur la pratique de nos activités traditionnelles. Ça, c’est nouveau pour nous autres parce qu’on doit écrire des choses qui avant étaient enseignées oralement et qui étaient respectées par tout le monde. Dû au fait qu’on vit dans un monde contemporain, je ne dis pas que c’est la meilleure façon, mais pour l’instant, on doit écrire ces codes de pratiques-là pour s’assurer qu’on respecte notre façon d’être et la façon dont nous sommes. Pour moi, c’est un peu ça les Services territoriaux, c’est un peu d’essayer d’aider un peu les personnes à être libres dans la pratique des activités traditionnelles, mais également d’être respectueux des bases de notre culture. Pour nous, c’est vraiment important. J’espère que dans l’avenir, on pourra trouver une formule où les gens pourront vivre encore comme nos anciens vivaient. Chez nous, on ne voit plus personne partir pendant neuf mois parce qu’il y a trop de routes. Tout le territoire, il y a plein de routes, donc les gens montent pour un mois et reviennent. Donc, ça a changé le transport. Le canot, on l’utilise moins qu’on l’utilisait avant. On monte en avion, on monte en auto [automobile]. Donc, on est en train de perdre la façon de naviguer. Il y a des éléments que je pense qui sont importants qu’on en prenne conscience et de voir si on est capable de trouver une façon de...  &#13;
  &#13;
  &#13;
Évelyne (06:56) : Mais il y en a du monde qui monte en forêt? &#13;
&#13;
Clifford : Ah, oui! C’est très important, mais c’est sûr que si on ne fait rien et qu’on ne s’entend pas avec les gouvernements, ça peut mettre en danger ce mode de vie-là.  &#13;
  &#13;
  &#13;
Évelyne (07:13): Est-ce que les jeunes...Comment ils vivent ça la relation avec la forêt? &#13;
&#13;
Clifford : Je peux te conter une petite histoire ? &#13;
&#13;
Évelyne (07:24): Oui &#13;
&#13;
Clifford : Parce que pour moi, c’est vraiment important. Des enseignements, tu as des temps où que tu peux recevoir des enseignements. Chez nous, 50% de notre population a moins de 25 ans. Et dans cette population-là de 50%, 75% a moins de 18 ans. Donc, on a un potentiel qui est vraiment grand. Sauf qu’il faut respecter la jeunesse aussi. Il faut leur laisser le temps de vivre leur jeunesse, il faut leur laisser le temps d’être heureux pendant ce stade-là de leur vie. Mais qu’est-ce qui est dur, moi je suis parent, c’est quand tu essais d’enseigner quelque chose et que les jeunes ne t’écoutent pas. Souvent, on doit faire face à la nouvelle technologie. Il y a beaucoup de parents qui sont comme moi. Quand votre jeune a les « Walkman » [baladeur cassette] sur les oreilles, c’est très difficile de leur enseigner quelque chose. Donc, il faut s’adapter. Il faut trouver de nouvelles façons pour les intéresser. Et il faut avoir confiance aussi en eux. Pour moi, c’est quelque chose. Quand je parlais de la prospérité, c’est ça que je vise aussi au niveau de la jeunesse. On a beaucoup de souffrance dans nos communautés. Moi, ça vient me chercher tout le temps cette souffrance-là. C’est sûrement parce que j’ai souffert quand j’étais jeune. J’ai été séparé de ma famille pendant plusieurs années et ça prend du temps à guérir ça. Mais des fois ici, j’ai vécu des choses dans la communauté aussi qui sont difficiles : beaucoup de violence, beaucoup d’abus au niveau de l’alcool et des drogues. Tranquillement, on est en train de se prendre en main. Je pense que les seuls qui vont trouver la formule qui va être capables de guérir, de se prendre en main et d’amener cette vision de prospérité, c’est nous autres avec l’aide de la nature. Aujourd’hui, on est dans un endroit assez spécial vous savez. Tous les arbres sont différents, mais regarde comment c’est beau. Le feuillage est différent entre les feuillus et les résineux. C’est ça la beauté. La diversité je pense, c’est quelque chose qui est fort chez nous et qu’il faut développer un peu plus et respecter. Le respect c’est à deux et je pense que la communication c’est très important aussi. C’est bien « l’fun » parler, mais c’est aussi important d’écouter que parler. Je pense qu’on doit retrouver un peu ces caractéristiques-là qui étaient propres à nous autres, il y a quelques générations passées.  &#13;
  &#13;
  &#13;
Évelyne (09:53): Je vois que tu es très spirituel dans ta démarche. On va revenir dans la réalité. Au niveau administratif, est-ce qu’il y a beaucoup d’autochtones qui sont dans la direction ? &#13;
&#13;
Clifford : Présentement, au niveau des directions, de la direction générale et les directions des services, donc on a cinq grands services : les services d’éducation, les services santé et sociaux, le développement communautaire, l’administration et finances et la sécurité publique. Ce sont tous des gens de la communauté sauf que c’est quatre femmes et un gars. C’est un peu spécial de notre communauté. Il y a beaucoup d’implication. On est une organisation où un grand pourcentage d’employés sont des femmes de la communauté. C’est sûr qu’il y a encore des endroits où il y a des non autochtones qui viennent remplir des postes qui ne sont pas encore remplacés par les gens de la communauté, mais c’est juste une question de temps. Les gens sont en train de se former. On fait beaucoup de formations. On a beaucoup de gens formés dans la communauté. Présentement, la plupart de nos postes c’est vraiment des gens de la communauté. Ici, c’est sûr que c’est particulier dans la communauté parce que le nombre, on parle d’à peu près 4700 membres pour la communauté de Mashteuiatsh. La plupart [des gens] vivent à l’extérieur de la communauté. La plupart [des gens] vivent à l’extérieur pour plusieurs raisons. Une de celle-là c’est vraiment le travail. Il y a eu une pénurie de travail il y a quelques générations et les gens, il a fallu qu’ils aillent travailler à l’extérieur sur les différents projets de développement régional. C’est un peu ça qui est arrivé. Mais il va falloir trouver une formule un peu pour trouver un équilibre dans tout ça et aussi qu’on puisse garder les racines, mais même si je ne suis pas vraiment d’accord avec ça, vous savez que les communautés autochtones, ce n’est pas notre création. C’est une création d’une loi qui s’appelle la Loi sur les Indiens, mais il faut s’y adapter et je pense que toutes les bases des enseignements doivent venir du territoire et de la communauté. Maintenant, les gens sont invités à revenir et se replonger, si on peut dire, dans la réalité autochtone. C’est comme les défis qu’on a en éducation. On dit à nos gens qu’il faut performer dans les institutions académiques d’aujourd’hui, c’est-à-dire quand vous aller partir d’ici, il va falloir que vous soyez capables de prendre la relève dans les autres institutions à l’extérieur de la communauté. Mais en même temps, on leur dit : « N’oubliez pas qui vous êtes. N’oubliez pas d’où vous venez. N’oubliez pas la fierté que vous avez ». Donc, on a repris la possession de notre histoire parce que l’histoire que j’ai reçue, et probablement toi, est un peu biaisée en tout cas à notre égard. Donc là, on essaie de reprendre ces éléments-là et je peux vous dire au niveau des jeunes, il y a beaucoup de fierté qui est en train de se développer. Maintenant, j’aimerais ça être capable de vous dire ce qui va arriver, mais malheureusement je ne peux pas. Je peux vous dire, c’est que j’ai beaucoup confiance aux jeunes. Ils s’en viennent très bien et ils sont très fiers. &#13;
  &#13;
  &#13;
Évelyne (13:20) C’est quoi t’aimerais dire aux Innus ? Plus aux Innus… &#13;
&#13;
Clifford : La première des choses c’est qu’il faut se faire confiance je pense la première des choses. On est un beau peuple. Il faut être fier. Écoute, je dis ça et je vois des gens sont déjà fiers, sont déjà beaux, mais je pense qu’il faut relever les défis de demain. Dans l’adaptation qu’on a eu avec la communauté, on a développé des mauvaises habitudes sociales. C’est seulement nous autres qui avons la capacité de remédier à cette situation-là. C’est de retrouver nos valeurs ancestrales et les vivre. Je vois les anciens de ma communauté et même des autres communautés. Ils dégagent un esprit de respect et le respect, c’est très fort. J’aimerais ça que le respect revienne aussi pour nos anciens et nos jeunes parce que le respect, c’est des deux côtés. Il faut que les anciens respectent aussi les jeunes qui s’en viennent et même les enfants. Les enfants, c’était tellement important. Je pense que les moments qu’ils vivent quand ils sont jeunes sont vraiment importants. Moi, j’adore le bois pour la simple raison que j’ai vécu là avec mes parents et quand je reviens en forêt, qu’est-ce que je veux vivre, c’est d’être heureux comme quand j’étais jeune. Et en faisant ça, je le transmets à ma famille. Donc, je sais qu’ils vont revenir également et je pense que c’est ça qui est important.  &#13;
  &#13;
  &#13;
Évelyne (14:52) : C’est très beau. C’est très intéressant. Avais-tu autre chose à dire...? &#13;
&#13;
Clifford : Qu’est-ce que je voudrais dire c’est d’être fiers de qui nous sommes et de reconnaitre toute la richesse qu’on a. On est un peuple riche. On est un peuple prospère. On est un peuple qui doit être en santé et qui doit être fier et ça, j’espère qu’on va être capable de l’offrir pour les générations à venir. &#13;
  &#13;
  &#13;
  &#13;
Évelyne (15:30) : C’est la dixième édition des Jeux autochtones? &#13;
&#13;
Clifford : Oui, c’est une activité, pour nous, qui est très importante. L’initiative des Jeux a débuté ici par des jeunes qui sont allés à l’extérieur vivre une expérience sportive au niveau des autochtones. Il y avait des Jeux autochtones nationaux et [les participants de la communauté] sont revenus avec une médaille au niveau du volleyball. Ils ont décidé qu’ils aimeraient ça partager ce type d’expériences-là avec les jeunes et que les jeunes devraient vivre ça. Ils ont commencé à mettre en place des Jeux autochtones. Et maintenant, ça fait dix ans. Ça fait six ans que les Jeux se font ici. Il y a eu quatre autres fois où ça s’est fait dans d’autres communautés : deux fois à Uashat, une fois à Pessamit et une fois au lac Mistassini. Je pense que c’est vraiment une occasion spéciale pour que les jeunes puissent se voir. C’est vraiment une fête de fraternité, même s’il y a des compétitions sportives. Il y a de plus en plus de gens qui vont intégrer les activités culturelles et ça c’est important parce que les gens voient un peu de quelle façon ça se fait et souvent, qu’est-ce qu’on garde dans notre mémoire reste pour nous pour la vie. C’est sûr que c’est pour contrer tous les aspects néfastes, qu’on peut dire, qu’on connait dans la société aujourd’hui concernant l’abus de drogues et d’alcool. C’est de montrer aux jeunes qu’ils sont capables de vivre des expériences vraiment le « fun » sans avoir besoin de ces dimensions-là [consommation de drogues et/ou d’alcool] et je pense qu’ils le vivent vraiment bien. Il y a des sourires et pour nous, c’est drôle de dire ça, en tout cas pour moi, c’est vraiment un moment où on peut s’énergiser et aller chercher beaucoup d’énergie quand les jeunes sont là.  &#13;
  &#13;
  &#13;
Évelyne (17:22) : Merci &#13;
 &#13;
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&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/680673618"&gt;Clifford Moar&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;Une collection d'entretiens et d'activités particulières (vidéo) qui décrivent et expliquent l'aspect social des communautés innues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu est actif depuis une quarantaine d'années dans le milieu innu et a pu capter différentes entrevues et activités particulières...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=24"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Évelyne : Kuei Lorraine&#13;
Lorraine : Kuei Évelyne&#13;
Évelyne (00:02): Ça fait très longtemps que je sais que tu es en éducation. Je pense depuis le début de l’amérindianisation que tu es là. &#13;
Lorraine : Oui, j’ai commencé en éducation en 82. Tu vois, on a pris en charge ici en 80 et moi j’ai commencé en éducation en 82. J’ai travaillé deux ans pour les négociations avant, la recherche sur l’occupation du territoire. &#13;
Évelyne (00 :23): Et après, tu as enseigné?&#13;
Lorraine : Après ça, j’ai commencé, j’étais d’abord conseillère aux étudiants. Je faisais le suivi des jeunes qui étaient dans les écoles provinciales puis après ça, je suis devenue enseignante au primaire. Après ça, je suis devenue conseillère pédagogique et quand j’ai fini, j’étais directrice des Services éducatifs pendant les cinq dernières années où j’étais là. &#13;
Évelyne (00 :43): Je sais Lorraine qu’ici, à Mashteuiatsh, il y a eu beaucoup d’initiatives au niveau de l’école. Je pense que l’école est allée en forêt?&#13;
Lorraine : On a essayé d’amener l’école en forêt et je pense qu’on s’est rendu compte que ce n’était pas nécessairement la solution. Il faut reculer au moment de la prise en charge quand on a décidé de prendre en main l’éducation pour notre communauté. C’est qu’on avait vraiment les programmes du Québec. On appliquait dans le fond ce que le ministère des Affaires indiennes [et du Nord canadien] appliquait avant de nous transférer les programmes puis on s’est vite rendu compte que si on voulait sauvegarder la culture et la langue, il fallait travailler au niveau des contenus. Donc, je dirais pendant les cinq premières années de prise en charge, l’effort a été mis sur les contenus et le curriculum. Donc, les programmes de langues ont été montés à ce moment-là et des programmes aussi au niveau de la culture et des arts. Graduellement, on a rajouté l’histoire. Puis, pendant ce temps-là, on a une réalité dans notre communauté où on a des jeunes qui fréquentent le territoire avec leur famille pour des périodes qui vont entre un mois et pour certains jeunes, jusqu’à quatre mois pendant l’année scolaire. Donc, on a essayé de répondre à ce besoin. Au début, on avait ce qu’on appelait un « professeur itinérant ». Donc, un professeur qui se déplaçait en territoire. C’est un peu l’image que tu disais [Évelyne]: « L’école est allée en territoire ». Puis, cela n’a pas donné les résultats qu’on souhaitait parce qu’on s’est rendu compte rapidement que les jeunes, même s’il y avait quelqu’un qui allait les voir à l’occasion en territoire, quand ils revenaient dans la communauté, ils avaient pris un retard comparativement aux autres élèves de leur groupe. Donc, on a mis fin à cette initiative du professeur que l’on appelait « itinérant » à l’époque puis on l’a remplacé par des mesures d’intégration des jeunes au retour du territoire. Ce qu’on a fait après cette période : on a préparé du matériel. C’était vraiment la responsabilité de l’enseignant et des parents. Les parents avisent l’école au moment où ils partent en territoire pour la période qu’ils vont quitter la communauté et les enseignants préparent le matériel. Les jeunes font ce qu’ils peuvent à leur rythme et quand ils reviennent, il y avait une période d’intégration, dans le sens où il y avait une transition. Il y avait des spécialistes comme des ortho. [orthopédagogues] et des intervenants qui étaient affectés pour faire le tour un peu avec les enfants de ce qu’ils avaient fait puis d’essayer de refaire une mise à niveau pour les réintégrer dans leur classe. Ça été fait pendant un autre cinq ans puis ensuite, on a évalué ça et on n’était pas encore satisfait des résultats et je dirais qu’aujourd’hui, c’est un des gros défis qu’on a parce tu ne peux pas apporter le territoire dans l’école et tu ne peux pas non plus apporter l’école en territoire. Ce sont deux réalités différentes. On se dit qu’il y a des apprentissages différents qui se font en territoire et ici. Le défi qu’on a maintenant est que le système [scolaire] réponde à ces deux réalités. La demande des parents est claire. Ils veulent que les jeunes soient formés dans nos écoles pour qu’ils soient capables de s’intégrer à l’extérieur et en même temps, lorsqu’ils vont en territoire, les enfants reçoivent d’autres types d’enseignements. Il faut donc vérifier comment on pourrait repenser un système [scolaire] qui puisse répondre à cette réalité-là.  &#13;
Évelyne (03 :50): Est-ce qu’elles sont en marche ces démarches ?&#13;
Lorraine : La réflexion est là sûrement. Nous sommes comme toutes les autres communautés. On a appris par essais et erreurs. On a pris des initiatives. On a pris des risques, mais des risques calculés parce qu’on a affaire à des enfants. Donc, on ne voulait pas pénaliser nos enfants dans ce qu’on allait expérimenter. Le temps nous a enseigné que le territoire est une réalité et il faut voir comment on peut amener un cheminement académique pour des jeunes qui sont utilisateurs du territoire. Je pense qu’une des principales contraintes est l’organisation scolaire : un calendrier scolaire sur dix mois. Si on veut innover dans nos systèmes d’éducation pour sauvegarder la culture, il va falloir aller jusqu’à repenser notre système scolaire complètement. &#13;
Évelyne (04 :41): Ce serait possible? Tu y crois?&#13;
Lorraine : Je crois qu’il va falloir oser faire ça. L’idée de copier le curriculum québécois, je pense que c’est un choix réfléchi des communautés. C’est un choix, pour la plupart des communautés, des parents. Les parents veulent qu’on ait la même chose [les apprentissages scolaires] qu’ailleurs parce qu’une fois le primaire et le secondaire complétés, on veut encourager nos jeunes à aller aux études postsecondaires. Il faut qu’ils [enfants] aient le bagage nécessaire et ça, c’est le bagage des Québécois. En même temps, il y a un prix à payer pour ça.Un changement profond du système scolaire. On veut sauvegarder notre culture, intégrer un curriculum qui est le nôtre et même innover dans nos approches. Ici [Mashteuiatsh], il y a quelque chose qui est de plus en plus présent dans le discours, c’est la reconnaissance des savoirs. Les gens qui utilisent le territoire possèdent des enseignements qui ne sont pas transmis dans les écoles et qui ne sont pas enseignés dans les universités. Il faut que nos jeunes puissent recevoir ces enseignements et ce n’est pas entre quatre murs que ça se passe. Il faut donc penser à un calendrier et à une organisation scolaire qui vont permettre l’utilisation du territoire et puis quand les jeunes font des apprentissages là-bas [en territoire], je pense qu’il y a moyen d’être innovateur et aller chercher ce que les jeunes ont appris là-bas et d’intégrer ça dans un enseignement. Il faut vraiment, je pense, révolutionner le système scolaire comme on le connait présentement. &#13;
Évelyne (06 :01): Au niveau de la langue, est-ce qu’il y a beaucoup de choses qui sont mises en place?&#13;
Lorraine : Vingt ans de prise en charge veut dire qu’il y a eu vingt ans d’expériences, d’essais, d’erreurs et de réussites aussi. Dès les premières années, les premières choses qui ont été faites au niveau d’une affirmation de notre culture à partir de la prise en charge, ça été d’intégrer des cours de langues. Ce qui est difficile dans ça, c’est qu’il faut non seulement développer, mais il faut donner l’enseignement, il faut évaluer, il faut faire tout ça en même temps et les parents demandent que ce soient des choses de qualité qui soient faites auprès des enfants. Donc, les exigences et les attentes sont élevées. Il faut performer, il faut produire, il faut développer, il faut faire tout ça en même temps. La pression est extrêmement forte sur les ressources et on a intégré depuis le début des années 80, des cours de langues dans nos écoles. On a aussi expérimenté l’immersion à une certaine époque et ça aussi a été arrêtée et on est revenu aux cours de langues. Maintenant, je pense qu’au niveau de la situation linguistique, il y a quand même eu une grosse évaluation qui a été faite ici, à Mashteuiatsh en 93 sur l’état de la langue et ça a été un événement important parce que les gens de la communauté ont réalisé que notre langue était sérieusement menacée. On le savait sauf que quand il y a une étude qui le confirme et qui nous dit que d’ici une génération, si vous ne faites rien d’autre, votre langue va mourir. On s’est rendu compte aussi que l’école est un outil. Ce n’est pas l’école qui va sauvegarder la culture et la langue. Ce n’est qu’un outil. Donc, on a aussi retransmis et repartagé les responsabilités dans le sens où l’école est un moyen, un outil. La responsabilité première revient aussi aux familles et aux parents qui sont les premiers éducateurs des enfants. Il s’est passé quelque chose d’intéressant à partir de ce moment-là. Il y a un phénomène que j’observais dans les dernières années où j’étais ici. Quand j’ai commencé, au début de mes vingt ans comme enseignante, tous les enfants arrivaient ici même s’ils étaient issus de familles montagnophones. Ils ne parlaient que français. Aujourd’hui, au début de l’an 2000, on a des enfants qui arrivent ici de milieu où l’on parle en montagnais. Il y a vraiment un phénomène qui est en train de s’inverser. Je pense que c’est majeur et qu’il faut que ça se passe. Même si je ne suis plus impliquée directement dans les Services éducatifs de la communauté, je sais que les deux enjeux majeurs présentement, c’est vraiment l’intégration significative de la culture et la réussite d’un plus grand nombre d’élèves dans nos écoles. Il y a donc des réflexions qui sont menées sur les moyens qui devront être pris par rapport à ça. Je pense que nous avons un bagage de vingt ans, il faut s’en servir. Il faut apprendre de notre passé et apprendre de nos erreurs aussi et continuer le chemin avec ça, mais je pense que le sentier commence à être battu. Je pense qu’il faut réapprendre à se faire confiance. Quand on a commencé, il ne faut pas perdre de vue dans quel contexte toutes les communautés du Québec ont pris en charge [l’éducation]. On a pris en charge l’héritage que le ministère de l’éducation nous a laissé et cet héritage-là c’était, « à côté c’est bon, c’est meilleur ». Nous, au niveau de l’estime de soi et qui on est, on était des pas bons. On a grandi avec cette mentalité et quand on est arrivé dans la communauté [Mashteuiatsh], c’est sûr qu’à partir du moment où il y a eu des prises en charge et qu’il y a des gens de la communauté qui ont pris les postes, il y a eu des préoccupations. On s’est d’abord préoccupé de changer les contenus. Après cela, on s’est dit que ce n’était pas juste qu’est-ce qu’on va leur enseigner, c’est comment on va leur enseigner. Donc, on a commencé à se préoccuper des façons de faire. Comment on fait? On n’enseigne pas selon notre culture non plus. Et là, il s’est passé des choses intéressantes. Je pense au programme Nimakiniun qui a pris naissance parce qu’on a une problématique sociale importante comme dans beaucoup d’autres communautés. Et on a beaucoup de jeunes qui ne réussissent pas encore dans nos écoles et on a élaboré ce programme Nimakiniun. C’était vraiment à partir de la problématique sociale des jeunes, mais de mettre à contribution tous les intervenants : les intervenants éducatifs, les intervenants sociaux, les parents pour faire un programme préventif auprès des jeunes. On a commencé à enlever des murs qui étaient là entre l’école et les services sociaux, l’école et la famille pour avoir une approche plus communautaire qui nous ressemble plus dans nos valeurs et dans ce qu’on est. Il y a eu des initiatives comme ça et au terme de toute cette période-là, les gens ont pris des temps d’arrêt. On a évalué ce qu’on a fait même si ce n’était pas facile de s’évaluer, de se regarder dans le miroir et se dire qu’on a manqué notre coup dans le chemin qu’on a pris et qu’il faut revenir en arrière et reprendre. Je pense qu’après vingt ans, ce bagage va nous être utile et je suis très confiante pour l’avenir. &#13;
&#13;
Évelyne (10 :54): Est-ce qu’il y a beaucoup de participation des aînés dans l’enseignement des savoirs?&#13;
Lorraine : Oui. Les aînés ont toujours, depuis le début de la prise en charge, été mis à contribution. On les invitait à venir rencontrer les jeunes, raconter les légendes. À partir du début des années 90, on a remplacé les cours de culture par les cours d’histoire. Pour développer ce curriculum, on a regroupé des aînés de la communauté qui sont nos experts, notre encyclopédie. Les gens des Services éducatifs s’assoient avec eux [ces aînés]. Il y a des enseignants. Ils font parler les anciens de notre histoire et de notre culture. Tout cela est enregistré et noté. Avec toutes ces informations, on élabore un curriculum qui est enseigné aux enfants. C’est donc une forme de contribution. Je sais qu’il y a des départs à l’occasion en territoire avec des groupes de jeunes aussi où encore une fois, on sollicite les parents et les ainés à accompagner les enfants. Je crois que les aînés sont mis à contribution dans leur domaine d’expertise, mais si on veut arriver à l’objectif d’avoir vraiment un système [d’éducation] qui est le nôtre, où la culture est sauvegardée et vraiment mise de l’avant, il va falloir encore aller un peu plus loin que ce qu’on fait présentement.&#13;
Évelyne (12 :08): Je remarque depuis que je suis ici, il y a beaucoup de créations artistiques. Il y a beaucoup de choses concernant la culture?&#13;
Lorraine : Je pense que c’est important. Dans un des grands objectifs qu’on avait au niveau de l’éducation de la communauté, c’était entre autres de développer la fierté et l’appartenance de nos jeunes et on ne peut pas développer la fierté et l’appartenance si tu ne sais pas qui tu es, si tu ne sais pas de quoi tu peux être fier. C’est sûr que les séjours en territoire et le contact avec les anciens, mais aussi de présenter aux enfants des gens de la communauté qui sont des artistes dans ce qu’ils font. Je pense que dans notre communauté comme dans toutes les autres, on a beaucoup d’artistes. On a beaucoup ces talents-là chez nous. De les présenter aux jeunes et de les rendre accessibles aux jeunes, c’est important. D’autant plus que dans ces artistes, il y en a qui sont reconnus non seulement au niveau des communautés, mais partout à l’extérieur. On a des bons artistes peintres, des bons sculpteurs, on a des gens qui font du travail d’écorce. Je pense que ça aussi c’est reconnu. C’est intégré également dans les cours d’histoire. Il y a un volet où l’on parle des artistes de la communauté et on parle des artistes des autres communautés. De présenter aussi aux enfants des modèles innus, c’est important. &#13;
Évelyne (13 :30): Vous en avez un, Aurélien Gill.&#13;
Lorraine : Ça, c’est une autre sorte de modèle. On parlait des artistes, c’est une catégorie. Sur le plan politique, les leaders sont aussi importants. Chaque jeune est unique et on est tous différents. Je pense qu’on a des forces différentes. Il y a des jeunes qui sont bons dans les arts, il y en a d’autres qui sont des bons orateurs, il y en a qui sont des bons penseurs et je pense que plus on leur présentera des modèles qui ont réussi dans toutes sortes de domaines, plus ça contribue à leur donner leur fierté et leur appartenance et le goût à leur tour de continuer le chemin.&#13;
Évelyne (14 :09): Quel message tu laisserais aux jeunes?&#13;
Lorraine : Je vais parler pour les miens parce que j’en ai cinq [enfants]. Ce qu’on essaie de leur transmettre, mon mari et moi, c’est d’aller chercher tout ce qu’ils peuvent au niveau de leur culture et d’aller chercher aussi tout ce qu’ils peuvent au niveau des autres cultures mais sans jamais oublier d’abord qui ils sont et d’en être fier et d’apporter leur contribution pour leur communauté, mais aussi pour les autres parce que je pense que les autres ont énormément à apprendre de notre culture. On a à apporter des choses à l’autre culture, comme eux nous en ont apportées et vont continuer à nous en apporter. Il faut que les jeunes prennent leur place et pour ça, il faut qu’ils soient fiers de qui ils sont. Il faut prendre le temps d’aller parler avec les anciens, de prendre le temps d’aller en territoire parce qu’il y a des enseignements à recevoir en territoire que tu ne peux pas recevoir ici, dans la communauté.&#13;
Évelyne (15 :16): Ça fait longtemps que tu travailles en éducation. Je sais que tu travailles depuis plusieurs années. &#13;
Lorraine : J’ai débuté en éducation en 82. C’était deux ans après la prise en charge ici [Mashteuiatsh]. Quand j’ai débuté, j’étais d’abord conseillère aux étudiants. À l’époque, on n’avait pas d’école secondaire. On n’avait que l’école primaire, donc les jeunes allaient à l’extérieur de la communauté. Je faisais le suivi des jeunes qui étaient dans les écoles provinciales, cégeps et universités. Ensuite, je suis venue ici à l’école primaire comme enseignante et après, j’ai été conseillère pédagogique à l’école primaire. Pendant mes dernières années d’implication ici en éducation, j’ai été directrice des Services éducatifs. Comme je fais partie des gens qui pensent qu’on n’a jamais fini d’apprendre, après ces seize années, j’ai décidé de retourner aux études, toujours en éducation pour continuer à réfléchir et apporter des éléments de solution. Ce qui me préoccupe, c’est vraiment au niveau du système scolaire dans sa globalité dans lequel on est. Je pense qu’il y a des choses qui sont incompatibles avec les valeurs et les principes sur lesquels s’appuient toute notre culture. Ce système répond à des valeurs qui ne sont pas nécessairement les nôtres. Je crois qu’avec la prise en charge, on a appris à bien connaitre ce système et à bien le gérer. Maintenant qu’on le maitrise bien, on est à l’étape de vouloir le transformer pour en faire notre système d’éducation et c’est tout un défi, mais on est sur la bonne voie. &#13;
Évelyne (16 :50): Pour l’avenir, comme tu vois ça? Est-ce qu’il y a toujours des Indiens, des Innus?&#13;
&#13;
Lorraine : Oui. Je pense plus que jamais. Je regarde les enfants et je regarde les anciens qui sont encore là. C’est sûr qu’au fil des années, on en voit partir et à chaque fois qu’il y en a un qui part, on pense à tout le bagage et tous les enseignements qui s’en vont avec chaque aîné qui part. Heureusement, dès le début des prises en charge en éducation et je pense que ce n’est pas juste à Mashteuiatsh, c’est commun à toutes les communautés, on s’est empressé de recréer le contact avec les anciens pour aller chercher des enseignements et de les intégrer dans nos curriculums. Aujourd’hui, à l’aube de l’an 2000, j’envisage l’avenir avec beaucoup de confiance parce que je me dis qu’on a été dans un sentier qui était tellement difficile. On a pris en charge [l’éducation] dans des conditions tellement ardues et je regarde même encore aujourd’hui les statistiques, on a 50% d’enfants dans nos écoles qui ne réussissent pas. Je me dis que ces statistiques-là étaient encore plus alarmantes probablement au moment où on a pris en charge, mais on ne les connaissait pas parce que le ministère ne nous a pas laissé avec des évaluations pour nous dire : « Voici dans quel état on vous laisse vos écoles ». Aujourd’hui, il [Ministère de l’Éducation] nous demande de rendre des comptes sur comment ça va dans nos écoles, mais on ne connaissait pas la situation au moment où on a commencé. Je pense qu’on a réussi à bâtir et à faire des gains importants pendant ces vingt années au niveau des contenus d’enseignement, de l’organisation scolaire et au niveau des ressources aussi. On a quand même une majorité d’autochtones qui sont dans le système d’éducation et on a des jeunes qui m’apparaissent de plus en plus fiers de qui ils sont. Ces jeunes reçoivent des cours d’histoire sur leur histoire et sur leur culture. Nous, on n’a pas connu ça. Pourtant, on est arrivé dans le milieu de l’éducation avec toute la fierté et la préoccupation que nos jeunes reçoivent ça. Je me dis que vingt ans plus tard, ça fait partie de leur curriculum, donc ce sont des acquis importants. Pour l’avenir, je me dis qu’on a encore énormément de travail à faire, mais je pense que l’expérience acquise, les erreurs qu’on a pu commettre en cours de route, et aussi les gains qu’on a pu avoir pendant tout ce cheminement, vont nous permettre de nous amener dans le système d’éducation qu’on veut. Je fais partie des gens qui sont très confiants par rapport à ça. &#13;
&#13;
Évelyne (19 :14): Merci. Tu m’encourages.&#13;
Lorraine : Il faut s’encourager et il ne faut pas lâcher. Et plus, je réfléchi et que je regarde ce qui se passe aussi avec les autres communautés, c’est qu’on est plusieurs qui avons pris en charge [l’éducation] dans les mêmes périodes. Tous ces gens continuent d’y croire. Quand je regarde pousser la relève et je regarde mes enfants, ça me rassure. On fait, je pense, qu’est-ce qu’il faut qu’on fasse. &#13;
Évelyne (19 :44): Merci Lorraine.&#13;
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&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/680673313"&gt;Lorraine Moar&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;Une collection d'entretiens et d'activités particulières (vidéo) qui décrivent et expliquent l'aspect social des communautés innues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu est actif depuis une quarantaine d'années dans le milieu innu et a pu capter différentes entrevues et activités particulières...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=24"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Interview Alain Nepton&#13;
&#13;
Évelyne : La dernière fois qu’on s’est vu, c’était à l’Université Laval… Puis, je suis venue te voir dans ton village. J’aimerais ça que tu me parles d’ici, est-ce que c’est un point de rassemblement ?&#13;
&#13;
Alain : Ok. Juste pour se situer, la réserve est située sur le bord d'un lac qu'on appelle le lac Saint-Jean. Piekuagani, en montagnais, en innu. Ce lac a des dimensions quand même assez intéressantes, à peu près 30 km par 50 km puis ça se jette dans le Saguenay et par la suite ça va rejoint le fleuve Saint-Laurent. Mais c'est de l'eau douce, ce n’est pas comme sur le bord du fleuve, c'est de l'eau douce.&#13;
La réserve ici a été fondé en 1856.&#13;
Les Montagnais avaient l'habitude de se réunir sur les pointes durant l'été, se mettre un peu à l'abri des moustiques, puis pouvoir faire de la pêche à la pointe ici, c’est une pointe quand même assez intéressante, parce que c'était assez poissonneux. Il y a de l’ouananiche, il y a du doré. C’est situé un peu à la sortie de plusieurs rivières, la rivière Métabetchouane un peu plus loin qui se dirige par ici, tu as la rivière Mistassini et puis Mistassibi un peu en face et la rivière Péribonka, donc tous les gens, quand ils sortaient de ces rivières-là avaient souvent tendance à venir de ce côté-ci, à l’abri du vent, ils s’installaient ici. Il y avait d’autres endroits, mais ici, c’était assez utilisé.&#13;
&#13;
La réserve a été créée d’abord parce qu’il y avait des gens qui se ramassaient ici. La réserve a été créées dans un but quand même assez intéressant à souligner, c'était pour inciter les Indiens à se sédentariser en pensent que les… il faut se rappeler que le Montagnais étaient nomades, c'étaient des gens qui chassaient continuellement en mouvance sur le territoire, puis le gouvernement fédéral cherchait des moyens de faire profiter de la civilisation. De faire profiter aux indiens de la civilisation à ce moment-là, on parlait d'agriculture, et que comme tout le pourtour du lac, c'est un terrain propice à l'agriculture, il s'était mis dans l’idée que, si on ouvrait une réserve, s’il y avait des terres réservées pour les Indiens, on pourrait peut-être les amener à s'adonner à l'agriculture donc, il a créé la réserve en 1856. Il a divisé la terre en lots d’agriculture, comme on voit à peu près dans tous les villages du Québec et il a attendu que les Indiens s'intéressent pour donner des lots à tous un chacun. Au début, il a commencé comme ça, il a donné des lots de terre à tous les Montagnais, mais les Montagnais partaient dans le bois, ça ne demeurait pas, parce qu’en fait, les gens demeuraient plus loin dans le territoire pour faire la chasse et toutes sortes d'activités. Ils venaient passer l’été ici donc, le lieu de résidence, si on peut appeler ça de même, ils étaient beaucoup plus en forêt et non pas ici. Ça fait que rester l'hiver ici, il fait trop froid, ça fait que les gens partaient en forêt à l'intérieur des terres donc, c'était un peu comme inhabité. Mais en même temps, plus au sud du fleuve Saint-Laurent, il y avait des peuples autochtones aussi, des Abénaquis, des Malécites qui avaient été dérangés par toute la venue de la colonisation de la partie sud du Québec. Ils avaient été dérangés par la guerre d'indépendance des États-Unis, la venue des loyalistes au Québec et tout ça faisait que ces autochtones-là étaient comme un peu déplacés, ils ne savaient pas trop où s'en aller.&#13;
Il y en avait là-dedans qui avaient entendu parler qu'il y avait des terres de disponibles dans le coin du Lac-Saint-Jean et on pense, on cherche encore des preuves de ça, mais c'est une histoire qui se raconte ; on pense que les missionnaires et les agents fédéraux, les agents du gouvernement fédéral ont mis en place du soutien, une forme de soutien pour amener ces gens-là à venir s'installer ici, amener des Malécites et c'est des Abénaquis à s’installer ici, et faire en sorte de devenir des exemples pour les Montagnais, pour donner un exemple concret, voyez comment on peut s'installer, comment on peut vivre de la terre et peut-être inciter le Montagnais à se sédentariser.&#13;
&#13;
Il faut penser aussi que les missionnaires ayant à s’occuper de ces gens-là, ils les voyaient peut-être à tous les 5 ans ou à tous les 10 ans, les gens, quand ils étaient à 500 ou à 1000 km à l’intérieur des terres, ils ne venaient pas faire des tours souvent ici, c’est pas facile d’évangéliser et tenir tout ça à jour. Donc les missionnaires, peut-être dans un esprit chrétien, voulaient les amener aussi à la civilisation. Ils considéraient que la vie en forêt était une vie de misère, si on compare avec les critères du temps, ils disaient qu’il faut leur faire profiter de tous les bienfaits de… on est avancé nous, on est dans une société moderne. On pense que les missionnaires ont favorisés, même plusieurs personnes disaient que les prêtres nous incitaient à abandonner la forêt.&#13;
&#13;
Évelyne : Ils allaient jusqu’où à l’intérieur des terres ?&#13;
&#13;
Alain : À l’intérieur des terres, les rivières dont je parlais tout l’heure, le lac St-Jean c’est comme le point d’arrivé de plusieurs rivières, c’est un lac qui est de forme arrondie, il y a des rivières qui sont en forme d’étoiles partout à l’entour. Les rivières les plus longues, c’est à peu près, je dirais de 400 à 500 km, la rivière Péribonka c’est la plus longue. On va, à ce moment-là, jusqu’au milieu géographique du Québec d’aujourd’hui, près des monts Otish. Un peu plus loin, ça déverse vers la Baie-James. Les gens d’ici voyageaient jusque-là, ils rencontraient des gens de Betsiamites, ils rencontraient des Cris de Mistassini, de Nitsekun et ils rencontraient des gens d’un peu partout et des Atikameks.&#13;
Évelyne : Des Atikameks ?&#13;
Alain : Des Atikameks du côté ouest aussi, le site un peu moins loin, du côté des Atikameks on fait peut-être, je ne dirais même pas 100 km en ligne droite et on rencontre des Atikameks, donc c’est pas tellement loin.&#13;
C’est un peu un genre de carrefour ici. Il y avait beaucoup de gens qui voyageaient, il y avait 5, 6 grosses rivières majeures pour voyager en canot dans ce temps-là. Il y avait le Saguenay puis le St-Laurent, donc on était comme sur un genre d’autoroute, des gens de toutes nationalités qui venaient.&#13;
&#13;
Évelyne : Ben oui, j’ai vu ça, il y a comme des Cris, des Atikameks, qui se sont vraiment mariés et installés ici.&#13;
&#13;
Alain : Ça c’est plus récent. Il y en avait toujours eu au départ, parce qu’au gré des mariages, des amours on circule toujours un peu. Il en avait, mais avec la venue des routes, avec la venue des pensionnats, des écoles, avec la venue de la sédentarisation un peu plus marquée des Montagnais puis des Atikameks et des Cris à partir des années 50, ça fait en sorte que les gens se voisinaient plus souvent ici. Et là, il y a des familles Cris qui au lieu de s’installer plus loin en forêt sont venues s’installer ici, parce qu’on était plus proche des grands centres. Les Atikameks ça a été la même chose, ça fait peut-être une dizaine d’années qu’il y a une route qui se rends dans les réserves atikameks, ils y des Atikameks qui sont venus à l’école ici, qui fréquentent les écoles secondaires, donc se sont installés ici. Donc depuis les années 50, ça s’est marqué, la sédentarisation a avancée beaucoup plus. Assez que ça a influencé considérablement notre mode de vie. Je parlais des Abénaquis tantôt, des Malécites étaient plus portés vers l’agriculture ou encore au commerce, les Montagnais et les Innus plus du côté de la chasse. À partir des années 50 avec les mélanges entre les familles, ça a amené les gens à modifier leur mode de vie. De sorte qu’on peut dire qu’actuellement, il y a peut-être 70 % des familles qui sont pas mal concentrées ici, puis peut-être 30 % qui vont encore en forêt un peu comme c’était. Mais, c’est la vie moderne qui a amenée tout ça, il y a l’instruction…&#13;
&#13;
Évelyne : Vous avez eu le pensionnat vous-autres, je pense ?&#13;
&#13;
Alain : Oui, on a eu le pensionnat dans les années, fin des années 50, en 1959, il a opéré jusqu’au début des années 80, ce pensionnat-là.&#13;
&#13;
Évelyne : Oh mon … il a opéré longtemps !&#13;
&#13;
Alain : Il y avait des gens d’un peu partout qui y venaient. On a eu des Algonquins aussi qui sont venus, des Atikameks, d’autres Innus de la Côte-Nord.&#13;
&#13;
Évelyne : Il y en a eu de par chez-nous je pense qui sont venus ?&#13;
&#13;
Alain : Il y en avait de Pessamit, Uashat. Mais c’est surtout du côté Atikamek qu’on en a eu, on en a eu beaucoup. L’évolution de la communauté ici a changée beaucoup à partir des années 50. Parce que, avant ça, les gens continuaient un peu le même système de vie qu’il y avait il y a 75 ans.&#13;
&#13;
Évelyne : Il y en avait probablement à l’été. Par chez-nous en tout en tout cas, ils partaient au mois d’août et ils revenaient…&#13;
&#13;
Alain : C’est ça ! Ça partait au mois d’août, ça montait en canot puis après ça, ils redescendaient seulement quand, ceux qui étaient plus près l’hiver revenaient pour les fêtes, mais ceux qui étaient plus loin, revenaient seulement qu’au printemps ou même quelquefois, l’année suivante.&#13;
Évelyne : C’était comme ça chez-nous aussi.&#13;
&#13;
Alain : Oui, c’était un peu le même genre de vie. Mais après, à partir du moment où on a eu le genre de sédentarisation, les programmes d’allocations familiales, l’éducation obligatoire, il fallait absolument placer les enfants, les familles étaient déchirées.&#13;
&#13;
Évelyne : Oh oui !&#13;
&#13;
Alain : Les familles étaient habituées d’aller en forêt et là, tu étais pris comme… puis tu voulais que tes enfants s’instruisent aussi ! Soit que tu les laissais en pension et les parents partaient ou encore, la femme restait ici avec les enfants et puis le mari portait tout seul. Donc là, tu brisais un peu les familles, ça a été dur, ça a amené beaucoup de séquelles là-dedans… de distorsion dans la vie familiale. Les valeurs n’étaient plus les mêmes, les habitudes n’étaient plus les mêmes. Aller jusqu’aux années 80, il y a eu beaucoup de changement ici. À partir des années 80, ça a amené un autre renouveau parce que là on avait subi un peu l’influence, à partir des années 50, aller aux années 80 on avait subi beaucoup l’influence des Affaires indiennes.&#13;
&#13;
Évelyne : Les missionnaires.&#13;
&#13;
Alain : Les missionnaires, mais avec l’instruction, ça avait donné quand même le fait qu’il y avait beaucoup de gens instruits et étant plus instruits les gens ont dit : « Eh bien, on va se prendre en main nous aussi. On va s’occuper de nos propres affaires. C’est beau d’avoir le ministère des Affaires Indiennes qui s’occuper de nous autres, mais on va s’en occuper et même se débarrasser du Ministère des Affaires Indiennes ! Donc a commencé la prise en charge de l’administration, à développer nos propres programmes d’éducation, il y a plein de chose comme ça qu’on a pris en charge pour en venir où on est aujourd’hui.&#13;
En cours de route, on a voulu quand même conserver la partie de la culture, parce que tantôt je vous disais qu’il y a 70% de gens qui se sont sédentarisés et il y en a 30% à peu près qui continue à y aller. Mais on se disait que si ça continue de même, toute la partie, la richesse culturelle qu’on a, être nomades, à voyager en forêt et continuer à vivre avec les animaux, si ça continue comme ça, on va devenir comme n’importe quel village aux alentours.&#13;
En même temps qu’on voulait se reprendre en charge, on a décidé aussi de se donner des nouveaux moyens pour soutenir quand même la pratique des activités dites « traditionnelles » ou des activités habituelles.&#13;
&#13;
Évelyne : Les moyens ? Quels moyens ?&#13;
&#13;
Alain : Les moyens c’est, d’abord avec la colonisation et beaucoup plus tard, avec l’industrialisation, il y a eu des coupes forestières un peu partout, avec la semaine de 40 heures de travail, il y a plein de gens qui sont mis à s'intéresser au territoire, se mettre des chalets, faire de la villégiature, faire des activités de chasse et de pêche sportive, de sorte que tout le territoire autour de nous était pratiquement envahi. Il avait des clubs privés, il y avait plein de choses et ça occasionnait des confrontations avec nos gens qui chassaient en forêt et ces villégiateurs ou les chasseurs sportifs et les gens demandaient au conseil de bande de trouver des moyens de corriger la situation. Un des moyens qu'on a trouvés, c'est de mettre en place, ce qu'on appelle, des services territoriaux, des agents territoriaux. Des agents territoriaux, à ma connaissance c'est une expérience unique au Canada parce que je n’ai pas entendu parler qu’il existe des choses semblables ailleurs. On met  le mot "agent territorial" en fait, c'est un représentant du conseil de bande, les gens ont un costume, ils ont un uniforme avec des étiquettes au nom du conseil de bande et leur rôle principal, c'est de voir au bon déroulement de la pratique des activités traditionnelles, étant donné qu'on avait beaucoup de monde en forêt, de non-autochtones en forêt, nos gens étaient souvent confrontés à ça, ces agents-là avaient pour rôle d'aller rencontrer les autochtones et les non-autochtones, de voir quels genres de conflits ils avaient. Souvent, c'est la méconnaissance des pratiques, des droits de chacun.&#13;
Et là, l’agent territorial allait voir l’autochtone, le membre de la bande, voyait quel problème il y avait, par exemple, un propriétaire de chalet du coin, après avoir vu le problème : « Il ne me laisse pas tranquille, ils saisissent mes pièges ! » l’agent allait rencontrer le propriétaire du chalet et là, il lui expliquait ce que l’autochtone faisait là.&#13;
&#13;
Évelyne : Ah ok !&#13;
&#13;
Alain : Et par ce moyen-là, il venait à faire comprendre à chacun le rôle ou l’utilité et souvent en venait à amener les autochtones et les non-autochtones à vivre quand même en forêt. Il s’est même développé de la collaboration.  Lorsque le propriétaire du chalet savait ce que l’autochtone faisait là, parce qu’il a des droits différents, des pratiques différentes. Ils pouvaient mieux comprendre. Et, l’autochtone souvent servait en même temps de gardien du chalet du non-autochtone. On a développé plein de chose de ce genre là. On a développé aussi, compte tenu des facilités de pénétration qu’on a avec ces routes-là, il y avait du braconnage qui s’installait. Il y avait des autochtones d’ici est des non-autochtones qui participaient à du braconnage… ils chassaient des orignaux et ils les vendaient et on trouvait que quelque chose comme ça pouvait dénaturer un peu nos droits. Ça dénaturait aussi les habitudes qu’on avait en forêt, ce qui nous a été enseigné par les Ancêtres, ce n’est pas de même qu'on fonctionne en forêt ! Toute la transmission des règles non écrites, les règles orales, la transmission c’était toujours de façon orale. Avec la venue de l’instruction, de l’éducation, des moyens de communication qu’il y a eu, ça a fait en sorte que cette transmission-là n’existait plus, pour enseigner ce qu’on fait en forêt et ce qu’on ne fait pas, et nous on a développé ce qu’on appelle des codes de pratique des activités traditionnelles. En fait, ça se trouve un peu les mêmes règles qu’il y avait anciennement, de façon orale, mais transcrites, d’un mode écrit, et nous, c’est transmis à tous nos gens qui pratiques des activités traditionnelles, puis on dit : « Voici comment vous devez pratiquer vos activités. Ce n’est pas un règlement, mais nous, l’agent territorial, son rôle, c’est de voir si les gens respectent le règlement. S’il ne respecte pas le règlement, pas le règlement, mais le code de pratique, s’il agit mal, nous autres on va l’avertir : « Tu vas avoir des problèmes, nous on ne te défends pas, on ne s’occupe pas de toi, on te laisse tomber. »&#13;
Et souvent, ce qu’on s’organisait pour faire c’est que, il y a des agents de conservation provinciaux qui passent là et qui voient la personne qui abusait là, les agents provinciaux savaient que nous on ne le défendrait pas.&#13;
&#13;
Éveline : Ah ok !&#13;
&#13;
Alain : Donc, l’agent provincial l’arrêtait, et même si la personne se tournait vers nous autres pour la défendre, mais, tu ne respectes pas nos codes de pratique, donc personne ne le défendait. Ça a eu quand même un effet assez fort, ce n’est pas une réglementation, mais on a presque éliminé tout le braconnage qu’on pouvait avoir ou les abus qu’on pouvait avoir. On a comme codifié un peu toute la pratique de nos activités.&#13;
&#13;
Évelyne : C’est actif encore aujourd’hui ?&#13;
&#13;
Alain : C’est actif ! Nous avons édifié ça en 1987, mais l’idée est partie en 1985, mais on a réussi a formé des gens, parce qu’il y a eu un cours qu’on a monté qui a duré 9 mois.&#13;
&#13;
Évelyne : C’est-tu un cours au cégep ?&#13;
&#13;
Alain : C’est un cours qu’on a fait à l’éducation aux adultes, c’est un cours sur mesure qu’on a réussi à faire financer qui durait 9 mois. Les gens apprenaient comment se comporter, comment s’adresser aux gens, les principales règles, comment faire une enquête, ils apprenaient tout ça.&#13;
&#13;
Évelyne : Ça couvre combien de territoires à peu près, en arrière là-bas ?&#13;
&#13;
Alain : En arrière, nous autres, on fonctionne avec ce qu’on appelle la réserve à castors, parce qu’ici, au Québec, on a ça, des réserves à castors. La réserve à castors qu’on a c’est une réserve à castors dont la superficie est de 69000 Km2. Là-dessus, il y a des droits exclusifs de trappe, pour la pêcher, ce n’est pas exclusif, mais pour la trappe c’est exclusif et nos agents territoriaux se concentrent, le gros de leur ouvrage est là-dessus, sur cette partie de territoire-là, parce que c’est là que nos gens exercent leur activité de trappe, qui est un peu la base de toutes les autres activités, c’est ce qui permet aux gens de passer l’hiver en forêt. Il y en a un peu en dehors aussi, mais nos agents couvrent principalement cette zone-là ou encore les activités qu’on peut faire ici autour du lac. Les agents ont aussi un rôle, je dirais secondaire, qui est de s’occuper de la sécurité aussi. Les gens sont campés un peu partout en forêt, régulièrement nos agents vont les voir, pour voir si ça va comme il faut. On a mis en place un service de radio émetteur, les gens peuvent appeler. S’il y en a qui doivent être amenée à l’hôpital ou être évacué, nos agents sont là. Ils peuvent servir au ravitaillement aussi, c’est pour ça qu’on un programme, tout en faisant une patrouille, ce n’est pas plus compliqué…&#13;
&#13;
Évelyne : Ils en restent combien de temps en forêt les Innus ?&#13;
&#13;
Alain : Comme je disais tantôt, ça pas mal été modifié, en général les gens, il y a une période assez intense entre le mois d’octobre aller jusqu’aux fêtes, jusqu’à Noël, les gens sont presque là continuellement, c’est-à-dire, on doit avoir entre 35 et 50 familles qui sont là continuellement. Par la suite, à Noël, à la période des fêtes, les gens descendent ici et vont remonter en forêt pour le début de février et là, ils vont revenir au début d’avril.&#13;
&#13;
Évelyne : Mais dans ce temps ici c’est plus, la fourrure n’est pas… c’est plus pour la nourriture, pas pour la fourrure ?&#13;
&#13;
Alain : Ouais, la fourrure est toujours là, mais ce n’est pas nécessairement dans le but de faire de l’argent. On a des programmes de soutien avec les programmes de sécurité du revenu, on a un volet qu’on leur permet quand même là… même s’ils sont en forêt, on leur amène un soutien quand même parce que, de toute façon, les gens sont sur la sécurité du revenu ici, les avoir à rien faire, c’est pas plus valorisant. S’ils vont en forêt, ils vont au moins aider à faire quelque chose, ils vont être plus occupés, on leur permet quand même d’avoir la sécurité du revenu en forêt, c’est une mesure pour aider.&#13;
Les gens y vont aussi pour leur équilibre, vivre tout le temps dans le stress, ce n’est pas toujours bon, ça fait du bien d’y aller. Donc les gens y vont aussi pour cette partie-là.&#13;
&#13;
Évelyne : Il y a toujours, quand je rencontre beaucoup le public québécois moi, il y a une question qui m’embête toujours, où je ne parviens pas à me faire comprendre, quand je parle des territoires, mettons de la vie en forêt, pour eux-autres les québécois, la vie en forêt, quand ils vont en forêt c’est pour les vacances, mais nous autres, c'est notre façon de vivre, puis j’ai toujours de la difficulté à expliquer ça ! Comment tu penses que je devrais leur dire ça ?&#13;
&#13;
Alain : Je l’ai fait de longues années, là je suis pris à travailler dans un bureau et je m’ennuie de ma vie de forêt, et même, mes enfants, on vivait en forêt. Quand je venais ici passer l’été avant, c’est un peu comme les gens de la ville qui vont aller à leur chalet, donc je partais du territoire pour venir ici et puis on passait l’été ici et puis les enfants me disaient : « Papa, quand est-ce qu’on retourne chez-nous ? » Ici, ce n’était pas chez eux ! La vie, c’est plus sur le bord de la rivière, c’est plus sur le bord du lac. Ici, c’est un côté chalet pour nous-autres ! C’est un peu le même parallèle qu’on peut faire quand on s’adresse aux blancs. Je vous jure que si je gagne le million, c’est en forêt que je retourne, je ne resterais pas ici. Je ne vois pas d’autres vie plus intéressante.&#13;
&#13;
Évelyne : Je trouvais ça difficile, je ne parvenais pas à me faire comprendre ! Je trouvais ça très difficile !&#13;
&#13;
Alain : Ce n’est pas toujours facile non plus de pouvoir leur expliquer. On s’est dotés d’une institution ici, pour transmettre cette connaissance-là, la culture. Depuis 1977, on a installé ici un musé. C’est une société d’histoire d’archéologie de Mashteuiatsh qui s’est fondée en 1977, puis c’est un peu comme je disais tantôt, de plus en plus les gens travaillaient, allaient moins en forêt, et puis on voyait commencé à disparaître tranquillement, à ce moment-là, l’artisanat, faire des mocassins, faire des raquettes, on se disait qu’on était en train de le perdre, il faut faire quelque chose pour sauvegarder ça, il y a des personnes âgées qui disparaissent, leur savoir disparaît. On a donc formé un musée dont le but était de ramasser tous ces éléments culturels, on avait peur qu’ils disparaissent et de le transmettre dans notre population, dans nos enfants, dans nos adolescents, d’assurer la transmission et en même temps de se dire, quant à le transmettre à nos gens, on va le transmettre aussi aux non-autochtones ! Mieux ils vont nous connaître, mieux ils vont nous apprécier, ou mieux ils vont comprendre qu’on veut avoir des droits différents, ils vont voir qu’on est différents des autres.&#13;
Donc, le musée ici est quand même un musée assez intéressant au Québec, C’est un des deux musées qui est officiellement reconnus, parce qu’il y a des normes à respecter. On l’a agrandi dernièrement, on est rendu avec une bâtisse de 2 millions à peu près. Il y a passablement de visiteurs, c’est sûr qu’il faut toujours améliorer ça, mais ça vaut la peine de le visiter ! On a une exposition permanente qui est là pour une dizaine d’années. Elle explique un peu la vie des Piekuaganilnuat ,en partant bien sûr d’avant la période de l’arrivée des blancs, mais toute l’évolution qui s’est fait en cours de route avec la venue de la compagnie de la Baie d’Hudson, la venue des missionnaires, le développement industriel, hydroélectrique, etc. à venir jusqu’à nos jours, donc on leur explique tout ça. On a toujours aussi une salle qu’exposition temporaire pour diverses activités. Actuellement, c’est un peintre qui est là.&#13;
&#13;
Évelyne : Ernest ?&#13;
&#13;
Alain : Ernest Aness Dominique, parce que le musée n’a pas juste pour fonction de parler de ce qui se faisait dans le passé, mais on se tourne aussi vers le présent et le futur, même en dernier on commence à projeter sur le futur et l’art aussi, c’est une transmission culturelle. Donc, on peut voir toutes sortes de choses, on peut parler même de scènes de théâtre, on peut parler de peinture présentement, de sculpture, il y même de l’art très moderne parce qu’on veut que le musée soit un moteur culturel aussi pour la communauté.&#13;
&#13;
Évelyne : Pour l’avenir, comment tu vois ça toi ? Penses-tu qu’on va toujours vivre la vie qui nous a été donné de vivre ?&#13;
&#13;
Alain : J’espère qu’on va être capable de continuer à la vivre assez longtemps, ça se peut qu’elle se modifie. Toute culture, toute vie, il y a de l’évolution qui se fait continuellement, ce n’est pas juste nous autres qui est comme ça, c’est comme ça partout dans le monde. Le défi qu’on a, c’est de maintenir quand même nos racines, nos sources culturelles, le contact avec nos sources culturelles avec des personnes qui maintiennent toute la culture orale ou l’art ou l’artisanat, il faut le maintenir. Il faut continuer à maintenir aussi notre genre de vie, mais il faut être capable aussi de marier les deux. Nous, on pense qu’on va réussir quand même à voir une bonne partie de la population qui va avoir du travail ou des emplois un peu conventionnels, dans des bureaux, dans la mécanique, l’électronique, dans n’importe quoi, mais il va y avoir une partie de la population qui va continuer quand même à maintenir la vie en forêt. Il faut continuer à maintenir ce genre de mariage-là tout le temps. Ceux qui vivent en forêt sont là plus longtemps puis ils deviennent comme des gardiens de la culture, et ceux qui travaillent dans le monde moderne vont s’abreuver de temps en temps… ils doivent soutenir ceux qui vivent en forêt. Et je pense qu’on devrait être capable de continuer.&#13;
Déjà, nous ici, dans la communauté, pour le développement, il n’y a pas encore de grandes industries, il n’y a rien. On commence tranquillement, on travaille beaucoup avec l’artisanat ou encore du tourisme, il y a quelques petites manufactures, mais ça vient de commencer. Il n’y a pas de ressource naturelle à proprement parler. On travaille beaucoup sur le côté touristique qui est un apport intéressant, mais on fait aussi de la coupe forestière, on essaie de la faire un peu plus intelligemment ! Mais on fait de la coupe forestière. Et on a aussi une entreprise de manufacture de cigarettes, ce qui n’est pas toujours évident en milieu autochtone, mais ça appartient à des privés, ce n’est pas au conseil de bande, parce que le conseil de bande lui-même, n’a pas d’entreprise directement sauf en foresterie, on a une entreprise forestière, mais le but premier c’est d’amener les gens désœuvrées ou des gens qui sont un peu hors du système, les amener à acquérir des habitudes de travail pour faire en sorte qu’ils deviennent des travailleurs plus formés, plus compétents, c’est plus intéressant, ils vont pouvoir se trouver des jobs ailleurs, du travail ailleurs. Donc on a une entreprise de foresterie pour ça, aussi on a une mini central hydroélectrique, l’a encore ça fait un peu innovateur puis du côté autochtone notre propre centrale !&#13;
&#13;
Évelyne : Elle est où la centrale ?&#13;
&#13;
Alain : Elle est située à la rivière Mistassibi à environ une centaine de km d’ici. On a un contrat de vente avec Hydro-Québec, c’est une centrale qu’on vient de terminer, c’est une centrale qui nous a couté un peu plus de 24 millions. Et le but de ça, c’est d’amener des argents nouveaux au conseil de bande, parce qu’on essaie de plus en plus de se libérer de l’emprise des sommes qui nous viennent toujours des autres gouvernements, tu es comme un petit peu prisonnier là-dedans, il y toujours des règles à suivre, tu ne peux pas le dépenser comme tu veux. On veut avoir des revenus autonomes. Donc, c’est sûr que ça a couté de l’argent, mais on va le rentabiliser, c’est à long terme.&#13;
&#13;
Évelyne : Comment tu vas rentabiliser ça ? &#13;
&#13;
Alain : On a un contrat avec Hydro-Québec, un contrat de vente d’électricité qui est produite par la mini-centrale et est vendu à Hydro-Québec. Comme il y a plusieurs autres producteurs qui font ça, tu produis l’électricité et tu la vends à Hydro-Québec, il y a un tarif qui est convenu, puis tu as des contrats de 20 ans qui sont renouvelables pour un autre 20 ans.&#13;
Ce sont des contrats à long terme. La centrale qu’on a, on estime que dans peut-être une quinzaine d’années elle va être fini de payer, Donc l’argent ça va être du profit net et ça rapporte plusieurs millions par année.&#13;
&#13;
Évelyne : Aurais-tu un message à dire ?&#13;
&#13;
Alain : Le message ! C’est plutôt un message personnel.&#13;
&#13;
Évelyne : Oui !&#13;
&#13;
Alain : Passé 50 ans on commence à acquérir peut-être un peu de sagesse ! Le message que je voudrais livrer, c’est que… &#13;
&#13;
Faut toujours s’inspirer de la culture, il faut toujours garder les bases, les éléments de la culture, il ne faut pas vivre comme dans le passé, il faut s'inspirer de ce qu'ils faisaient puis se tourner vers l’avenir. Moi, j’ai été de longues années en forêt, j’ai aimé ça et j’y retournerais, mais veut veut pas, la vie en forêt change tranquillement, mais il faut garder le respect des animaux, il faut éviter d'abuser de ces choses, ce sont ces bases qu’il faut garder et transposer ça dans un monde moderne. Parce que veut, veut pas, on est dans un contexte de mondialisation, un contexte de communication.&#13;
Les transports sont de plus en plus rapides, on ne peut pas éviter ça non plus. &#13;
C'est le défi qu'on a de maintenir notre identité tout en étant fonctionnel dans la société.&#13;
Mais on ne peut pas vivre en marge de la société canadienne québécoise. &#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/682625516?h=270e6e899a" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/682625516"&gt;Alain Nepton&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;Une collection d'entretiens et d'activités particulières (vidéo) qui décrivent et expliquent l'aspect social des communautés innues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu est actif depuis une quarantaine d'années dans le milieu innu et a pu capter différentes entrevues et activités particulières...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=24"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Évelyne (00:00): J’aimerais savoir comment se porte la santé ici, dans la communauté? &#13;
&#13;
Suzie: Alors, quand on parle de la santé à Mashteuiatsh, c’est qu’on se réfère, nous, toujours à l’Enquête social et de santé qui a eu lieu en 1993 ici, avec tous les membres résidents de la communauté. On peut dire que les problèmes majeurs qui ont été identifiés lors de cette enquête-là, où une grosse partie de la population a participé. C’est d’abord, dans nos grandes préoccupations les problèmes de toxicomanie, les problèmes de détresse psychologique, les problèmes de diabète, les problèmes de rhumatisme, d’arthrite. Il y en a d’autres, mais je vous dirais que ceux qui nous préoccupent principalement, sur lesquels on veut beaucoup travailler ce sont ceux-là. Alors quand on parle de la santé de la population de Mashteuiatsh, ce sont les préoccupations sur lesquelles on va beaucoup s’attarder. Mais bien sûr, il faut faire les liens de la santé de la population avec la situation économique de la population. On sait que les communautés autochtones, dont Mashteuiatsh naturellement, ont une situation économique précaire. On sait qu’il y a beaucoup de travail à faire dans le développement économique de la communauté et on le sait que globalement dans des communautés où il y a de la pauvreté, alors la situation de santé et sociale naturellement s’en ressent.  &#13;
 &#13;
Évelyne (01:18): Est-ce que vous avez recours à une médecine traditionnelle mettons? En fais-tu? &#13;
&#13;
Suzie: Je trouve ça intéressant comme question parce qu’on a eu beaucoup de réflexions sur justement, l’impact de la médecine traditionnelle. On le sait que nos aînés, que plusieurs membres de notre communauté vont beaucoup pratiquer leur médecine traditionnelle, donc ce qu’ils ont appris au niveau des familles. Nous, dans les services, dans les services sociaux et santé, on a actuellement, je peux vous dire qu’on essaie de travailler de plus en plus avec justement des membres de la communauté pour avoir ce partage-là de connaissances et pouvoir intégrer dans ce qu’on fait, toutes ces traditions-là culturelles qui existent et ces connaissances-là d’expertises qu’on va retrouver chez nos membres de la population. Alors, on peut vous dire qu’on est en voie de développement dans tout ce qui est médecine traditionnelle, mais ça se passe beaucoup au niveau des familles à partir de ce qu’ils [les membres de la communauté] ont comme expertise.  &#13;
&#13;
Évelyne (02:16): Et vous trouvez ça comment? &#13;
&#13;
Suzie: Bon bien moi, je trouve ça super intéressant parce qu’on se rend compte ici, dans la question des services, là où on a des bonnes réussites, c’est définitivement là où les membres de la communauté sont avec nous autres parce qu’on est conscient qu’on n'arrivera pas à relever tous nos défis communautaires si on n'a pas avec nous autres la communauté. Donc, nous on se voit beaucoup comme des gens qui vont accompagner la communauté vers le processus de guérison. Donc, on se voit avec nos connaissances, mais on a besoin aussi de la connaissance de la communauté et on a besoin aussi de les impliquer dans ce qu’on fait parce que ce sont eux qui sont les mieux placés pour connaitre, dans le fond, qu’est-ce qu’ils ont besoin et qu’est-ce qu’on doit mettre en place pour accompagner ce processus de guérison-là parce que c’est sûr qu’on a besoin de services spécialisés quand on parle d’un problème de cancer, on a besoin de ressources spécialisées. Mais on sait aussi que le processus de guérison, c’est beaucoup à partir de ce que les gens ont besoin, à partir de leur volonté. Donc, il faut partir de là, de ce qu’est la personne et nous dans le fond, de venir accompagner ce cheminement-là. C’est comme ça qu’on se voit aux services sociaux et santé.  &#13;
&#13;
Évelyne (03:26): Et au niveau des services sociaux, ce sont quels services que vous donnez? &#13;
&#13;
Suzie: Alors, donc, nous autres au niveau des services sociaux, on a mis en place au cours de la dernière année, une nouvelle structure par programme qu’on appelle où chaque programme est en fonction des problématiques qu’on a identifiées dans la communauté auxquelles il faut s’attaquer. Alors on sait que quand on a un problème de toxicomanie, il faut avoir naturellement un programme qui va intervenir autant du domaine de la prévention que du domaine curatif. Donc, on dit qu’il faut travailler à guérir le problème. Il faut travailler aussi pour ne pas qu’il revienne, mais il faut travailler aussi pour ne pas qu’il apparaisse du tout. Donc, il faut être auprès des jeunes en prévention, auprès de nos familles, auprès de la communauté, mais aussi, donner des traitements ou soigner les gens lorsqu’ils sont malades. Alors, nos programmes, on essaie de les travailler pour couvrir tous ces champs d’interventions-là et toujours naturellement en impliquant notre communauté. On prend l’exemple justement en toxicomanie, on a exemple un comité bénévole qui travaille avec nous autres pour justement accompagner les gens dans leur processus de guérison. Alors, c’est comme ça que nous on se voit beaucoup, avec la communauté, beaucoup…  &#13;
&#13;
Évelyne (04:35): Et au niveau des jeunes, tu dis qu’il y a des moyens. C’est quoi? &#13;
&#13;
Suzie: Oui. C’est qu’au niveau des services sociaux, c’est sûr qu’on a plusieurs programmes parce qu’ici, on a fait la prise en charge en Protection de la jeunesse au niveau des jeunes contrevenants, on a des programmes Enfance-famille qu’on appelle où on va avoir le programme par exemple Nimakinium au niveau des écoles, programme de prévention en milieu scolaire. On a naturellement les programmes en santé mentale pour travailler au niveau de nos problématiques de détresse psychologique. On va avoir les programmes au niveau de la violence parce qu’on le sait qu’avec la toxicomanie souvent on va retrouver une problématique de violence et de négligence chez nos jeunes. Donc, il faut mettre en place tous les programmes pour venir couvrir ces problématiques-là et supporter la communauté dans sa guérison. Du côté de la santé, on a aussi plusieurs programmes : on a le programme de soins à domicile pour les gens qui ont des besoins, on a les programmes qu’on appelle de santé courante, donc ceux qui ont besoin de venir rencontrer des infirmières en consultation ou d’autres spécialistes de la santé pour se supporter dans leur problématique de santé, on a un programme diabète parce qu’on sait que le diabète est une problématique majeure chez les Premières Nations, dont notre communauté. On a des programmes au niveau des maladies cardio-vasculaires parce que ça aussi on sait que le diabète va causer des problèmes physiques chez les personnes dont entre autres, [qui souffrent de maladies] cardio-vasculaires, alors il faut mettre en place des programmes pour venir prévenir dans le fond la maladie ou encore venir supporter les gens qui en sont atteints. Alors c’est ça et on a d’autres programmes. Je vais vous identifier en tout cas ceux vite qui me viennent comme ça. &#13;
&#13;
Évelyne (06:01): C’est les programmes de prévention. &#13;
 &#13;
Suzie: C’est des programmes de prévention et aussi... &#13;
 &#13;
Évelyne (06:05): D’information ou de... &#13;
 &#13;
Suzie: Oui. Dans la prévention, on va faire de l’information, on va faire de la sensibilisation, on va faire de l’accompagnement, on va faire aussi naturellement ce qu’on appelle du curatif. Il y a aussi des traitements qui se donnent chez nous par des infirmières entre autres et les intervenants sociaux. Ils ont des suivis au niveau des jeunes en difficulté, au niveau des familles qui sont en difficulté, qui ont besoin d’aide ou des adultes. Ça, c’est sûr. Et ce qu’on a de particulier aux services sociaux et santé, c’est qu’avec nous, on a tout le volet loisir : activités sportives, activités culturelles. Ce qui fait que nous, on peut intégrer dans ce qu’on fait au niveau des services aussi, tout le volet activités. Alors exemple, au niveau de la Maison des jeunes ou entre autres du Café jeunesse qu’on a pour notre clientèle 14-18 ans, c’est que là, les infirmières peuvent eux autres aller faire des programmes de prévention, mais dans cadre où les jeunes vont aussi avoir des activités, s’amuser. On prend l’exemple des Jeux autochtones que je trouve que la rencontre se tient dans ce cadre-là, je trouve que c’est super parce que justement l’organisation des Jeux qui est une organisation communautaire, elle relève de la communauté. C’est des membres bénévoles de la communauté qui la font fonctionner. Nous on est en support seulement. On supporte au niveau de la logistique, on supporte au niveau des groupes de jeunes pour bien naturellement encadrer notre délégation locale, alors ça, je trouve que c’est un beau lien avec nous autres. &#13;
&#13;
Alors, ce que je pourrais dire qui est particulier aux services sociaux et santé, c’est que nous, le Conseil des Montagnais a antérieurement pris la décision d’inclure les loisirs. Donc, tout le secteur des loisirs: activités sportives, culturelles, communautaires avec le volet santé et services sociaux. Ce qui nous permet nous autres naturellement de faire nos activités de prévention, nos interventions préventives ou même curatives en fonction de prétextes de loisirs ou d’activités. Et là, je vais donner l’exemple des Jeux autochtones. Je pense que c’est un bon moment pour faire cette entrevue-là. C’est que, au niveau des Jeux d’abord, c’est une organisation communautaire. Ce ne sont que des bénévoles de la communauté qui fait en sorte que ça existe et que ça été mis en place. Nous, au niveau des services sociaux, santé et loisirs, on est en support. Donc, exemple, le secteur des loisirs va assurer la logistique, va ensuite assurer la coordination des Jeux, donc vont supporter l’organisation communautaire et le Conseil aussi va fournir d’autres ressources de l’organisation pour supporter cette mise en œuvre-là et c’est sûr que ça fait un très beau prétexte pour nous, de venir faire de l’intervention et de profiter de ce moment-là pour faire de la prévention ou de rencontrer nos jeunes. Et ça, dans les services sociaux et santé, quand on regarde le secteur des loisirs, on va voir la Maison des jeunes, on a le Café jeunesse pour la clientèle 14-18 et à l’intérieur de ces regroupements-là si on veut de jeunes, nous, on peut aller faire justement des interventions préventives, mais dans un contexte où les jeunes sont aussi en train quelquefois de s’amuser ou avoir d’autres sortes d’activités. Donc, ce sont des beaux prétextes pour rentrer en contact avec les jeunes et naturellement d’être en mesure nous autres de peut-être d’aller soit faire du dépistage, dépister nos jeunes s’ils sont en difficulté ou tout simplement, venir justement les outiller par rapport aux problématiques auxquelles on est confronté dans la communauté. Alors, c’est des exemples que je donne... &#13;
&#13;
Évelyne (09:12): C’est intéressant. Et...Qu’est-ce que tu aurais à dire admettons si on te demandait de parler à la population de Mashteuiatsh au niveau de la santé ? Qu’est-ce que t’aimerais leur dire ? &#13;
&#13;
Suzie: Alors, ce que je voudrais dire à ma population, c’est qu’on a besoin d’eux. On a un bon défi communautaire à relever. On a des problématiques que la majorité des gens connaissent bien et d’ailleurs, on est proche de la communauté et on veut toujours se rapprocher. On travaille à se rapprocher parce que nous, notre responsabilité, là où on se reconnait un rôle important, c’est d’accompagner la communauté et on le sait qu’on doit supporter la communauté à atteindre un mieux-être. Ça, c’est notre rôle. C’est ce que le Conseil de bande nous donne comme mandat : de travailler pour que la communauté soit outillée, puis qu’on mette en place aussi dans la communauté toutes les organisations ou les groupes ou les comités pour nous supporter dans cette recherche de mieux-être-là et même dans cette atteinte parce que je pense qu’il y a.…On est toujours une approche, je dirais, positive et progressive. On améliore toujours en. Comme on dit, on améliore notre sort. Moi, je dis que c’est ça les services sociaux et santé. Il faut accompagner ce mieux-être-là. &#13;
&#13;
Donc, le message que je pourrais faire à la population de Mashteuiatsh en fonction de la santé de la population, de sa situation sociale c’est qu’il faut être ensemble. On a besoin de chacun. On a besoin nous, de bien connaitre les besoins de la communauté, qu’est-ce que les gens souhaitent en matière de mieux-être parce que nous, on se voit un rôle d’accompagnateur du processus de guérison chez notre population et ce qu’on souhaite c’est qu’il ne faut pas lâcher. Je pense qu’il faut être ensemble. Il faut se faire confiance et il faut se donner ensemble. Il faut se tenir par la main et il faut se donner ensemble un but commun dans cette recherche de guérison et moi, j’y crois. J’y crois fortement, mais oui, on a des bons défis à relever. On a des bons défis parce qu’on regarde nos jeunes. Quand on regarde la population de Mashteuiatsh, on a 50% des gens qui sont en bas de 25 ans, alors quand on regarde tout ce que ça peut représenter comme jeunes, comme énergie et comme dynamisme, moi, je dis chapeau !  Mais en même temps, c’est que ces jeunes-là ont besoin de nous, [ils] ont besoin qu’on soit là naturellement pour qu’ils soient bien, qu’ils soient dans un mieux-être individuel, qu’ils soient fiers d’eux parce que oui, la fierté autochtone j’y crois. Il faut que nos jeunes soient fiers, soient fiers d’être Indiens, soient fiers d’être membres de la communauté de Mashteuiatsh. C’est ça, il faut y travailler et je pense que nous, on a une responsabilité aussi là-dedans, de supporter nos jeunes. &#13;
 &#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/680673795?h=2c308b1ecd" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/680673795"&gt;Suzie Nepton&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;Une collection d'entretiens et d'activités particulières (vidéo) qui décrivent et expliquent l'aspect social des communautés innues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu est actif depuis une quarantaine d'années dans le milieu innu et a pu capter différentes entrevues et activités particulières...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=24"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Interview Rosario Pinette, chef Mani utenam&#13;
&#13;
Évelyne : Bonjour Rosario, je suis heureuse que tu aies accepté de nous voir. Que fait-on aujourd'hui et où sommes-nous ?&#13;
Rosario : Nous sommes à Mani-utenam, qui est reconnu aussi comme étant Apituamiss. Cet après-midi, il y aura des jeux pour les parents et les enfants.&#13;
Évelyne : Tu es chef ici, il y a deux réserves ?&#13;
Rosario : Oui il y a deux réserves, une qui se trouve dans les limites de la ville de Sept-Îles et l'autre, celle où on se trouve (Apituamiss) à 14 km de Sept-Îles, entre la ville et la rivière Moisie.&#13;
Évelyne : Combien y a-t-il de personnes à Mani-utenam ?&#13;
Rosario : Environ 1400.&#13;
Évelyne : Tu demeures ici, est-ce que c'est ici que tu as grandi ?&#13;
Rosario : Oui, c'est ici que je demeure et que j'ai grandi, dans cette communauté.&#13;
Évelyne : Qu'est-ce qu'on fait le plus à Mani-utenam ?&#13;
Rosario : Actuellement, il y a les jeux de la rue. C'est plaisant, on voit les femmes avec des oreillers, chacune essaie, avec des coups d'oreillers, de faire tomber l’autre de la poutre.&#13;
Évelyne : Quel genre d'ouvrage on a à Apituamiss ?&#13;
Rosario : Ici, nous n'avons pas de bureau administratif comme on en voit dans une ville, il y a la santé, l'école, le bureau des loisirs.&#13;
Évelyne : Qu'est-ce que tu veux dire par bureau administratif ?&#13;
Rosario : Ce que je veux dire par-là, je parle de l’administration. À Uashat, on parle plus d'argent, de développement économique tandis qu'ici à Malio, c'est plus traditionnel à cause de l'environnement, le bois.&#13;
Évelyne : Y a-t-il plus de personnes ici ? Est-ce que les Innus déménagent plus en ville ?&#13;
Rosario : Je ne peux pas dire ça parce que je pense qu’il en rentre plus ici qu’à Uashat. Un Innu recherche plus la tranquillité, ce qu'une ville ne peut offrir. Malio est un endroit où on ne rencontre pas le stress de la ville.&#13;
Évelyne : Est-ce que les Innus d’ici montent dans le bois ?&#13;
Rosario : Je peux dire que les Innus montent de plus en plus dans le bois. On voit l’Innu dans son territoire de chasse depuis que le conseil de bande distribue les camps de chasse. Dans le temps du pensionnat, ce sont nos parents qui profitaient de la vie traditionnelle. 30 ans ont passées, mais nous de notre génération, nous ne nous sommes jamais rendu compte de ce mode de vie, mais depuis des années 80, graduellement les Innus ont repris la vie traditionnelle de nos parents. On remarque beaucoup les Innus de Malio dans le bois parce que le train ne passe pas à tous les jours, tandis que pour ceux de Uashat, ils utilisent leurs autos pour monter dans le parc de Port-Cartier et ne restent pas longtemps dans le bois.&#13;
Évelyne : Malio est reconnu aussi à cause de son festival Innu Nikamu ?&#13;
Rosario : Oui, Malio est très reconnu, il vient de fêter son 16e anniversaire. Ce festival est reconnu internationalement. Beaucoup de visiteurs viennent à chaque année lors de son festival. Il y a aussi Kashtin qui a fait connaître Malio dans le monde.&#13;
Évelyne : Qu’est-ce que tu espères le plus lorsque tu regardes les jeunes ?&#13;
Rosario : Que nos jeunes reprennent leurs valeurs, qu'ils sachent regarder vers l'avant comme nos parents le faisaient. Qu'ils reprennent nos richesses enfouies en eux depuis nombre d'années. Nous avons des valeurs que nous avons appris de nos parents, ce n'est pas les blancs qui nous ont inculqué cela.&#13;
Évelyne : Je te remercie Rosario.&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/697742205?h=c32c30d191" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/697742205"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;Rosario Pinette chef Mani utenam&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt; du &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt; sur &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="https://vimeo.com"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;Vimeo&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt; .&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;Une collection d'entretiens et d'activités particulières (vidéo) qui décrivent et expliquent l'aspect social des communautés innues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu est actif depuis une quarantaine d'années dans le milieu innu et a pu capter différentes entrevues et activités particulières...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=24"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Transcription&#13;
&#13;
Je me reconnais un peu en comparant les modes de vie des autochtones qu’on a rencontrés.&#13;
&#13;
Samedi matin dernier, nous avons assisté à une messe avec des gens provenant de partout de Bolivie. Ils débutent leur première journée d’hiver, ce que nous appelons par chez nous, le Jour de l’an. Il y a un calendrier sur une roche. Il y a une image sur le rocher.  Les autochtones avaient gravé ce calendrier 3000 années auparavant. C’était un premier calendrier crée par ces autochtones. &#13;
&#13;
0:50 Le premier jour de l’hiver, d’où le soleil se lève, il y a un trou sur la roche. Lorsque les rayons de soleil traversent le trou de la porte de pierres, c’est à ce moment que débute leur hiver. Présentement ici c’est l’hiver, il fait très beau, mais par chez nous c’est l’été.&#13;
&#13;
1:18 Lorsque le remerciement au soleil est terminé, ils se souhaitent une bonne année. Une fois terminé, il y a une messe. Les gens proviennent de partout et ont tous différentes croyances, et religions.&#13;
&#13;
C’est à ce moment qu’ils remercient la terre de leur avoir permis de vivre jusqu’à présent. Plusieurs instruments de musique sont utilisés. Le tambour est très utilisé. Tous ce qui provient de la nature, qui pousse sur le sol, est placé sur le feu afin de remercier la Terre. &#13;
&#13;
2:12 Nous sommes venus nous aussi pour remercier la Terre, car nous aussi sommes des autochtones. Nous devions remettre quelque chose sur le feu, toutefois nous sommes arrivées un peu en retard. Nous regrettons de ne pas avoir été capable d’être présent pour voir le tout.&#13;
&#13;
Leur religion permet à tout le monde de parler. Tout le monde peut faire un partage. Si une personne veut chanter, il peut le faire. Les jeunes enfants, les adolescents y sont tous inclus. L’aîné est le plus haut placé. Il y a des Shaman, et des personnes de toutes les nationalités. Nous étions les seules personnes originaires du Canada. &#13;
&#13;
Je dirais que la vie traditionnelle est du passé pour nous les gens du Canada. On pourrait dire que les prêtres catholiques des pensionnats ont faites en sorte que nous ne puissions faire ce qui était avant. Ce qu’on vient de voir aujourd’hui, est très beau à voir. Comme j’ai mentionné plus tôt, ils vivent encore de la même manière qu’ils vivaient 3000 ans passée. &#13;
&#13;
3:36 Aujourd’hui au Canada, on ne voit plus ça. Par exemple, nous n’avons plus de ceux qu’on appelle les Shaman, il n’y en a presque plus. Je peux vous dire que chez les Montagnais, il n’y en a plus. Il y a peut-être des Shaman ailleurs à certaines autres nations autochtones du Canada.&#13;
&#13;
Nous avons souvent regardé, lorsque je les rencontre, il y a également plusieurs femmes aînés qui sont Shaman. Elles regardent les feuilles d’arbre afin de pouvoir voir et prédire le futur. &#13;
Ils sont très beau à voir. Comme je disais, ils prient pour remercier la Terre, d’avoir pris soins d’eux. Il me semble, je trouvais qu’ils manquaient, n’avaient pas assez d’eau. &#13;
Ces gens travaillent le sol. On les nomme par chez nous, des cultivateurs. &#13;
&#13;
4:40 La façon que nous avons interprété leur religion, on pourrait dire, la culture de l’ancien temps.&#13;
Cela fait très longtemps que nous les Montagnais n’avons pas vues cela. &#13;
Ils suivent encore les traditions de plusieurs centaines d’années d’avant. &#13;
Nous ne voyons pas de religion catholique. Nous voyons seulement la culture autochtone que ces gens ont préservés depuis très longtemps. &#13;
&#13;
5:18 C’est sure que nous n’avons pas vue beaucoup d’autochtones, mais parmi ceux qu’on a vu, ceux-ci, suivent la tradition. Il y a aussi leurs instruments de musique, tous les jeunes sont touchés par les enseignements de leurs grands-pères. &#13;
C’est extrêmement beau à voir. &#13;
&#13;
Nous les Montagnais ne regrettons aucunement d’avoir assisté à ce que ces gens nous ont appris. Nous les remercions de tout cœur.&#13;
&#13;
5:44 Lorsque nous retournerons, nous pourrons facilement dire et parler de ce que nous avons vécu, ayant vu ces gens. Nous avons de la difficulté à se comprendre, car nous ne parlons pas la même langue. Nous nous faisons poser des questions, toutefois il est difficile pour nous de répondre. &#13;
&#13;
Nous gardons tout en mémoire, et nous pourrons en parler à nos enfants. Ce que les aînés nous ont transmis lors de nos rencontres pour leur parler de nos difficultés chez nous, chez les innus. De nos manières de vivre dans nos communautés. Eux aussi nous partagent leurs manières de vivre. Nous allons garder tout ça, pour pouvoir transmettre cette histoire. Nous regrettons également de ne pas avoir amené une vidéo avec nous. &#13;
&#13;
6:30 Nous voyons ce que les Boliviens ont préservés. Ils n’ont pas perdu leur religion, ils le maintiennent encore à ce jour. Il est évident que nous les Montagnais, l’avons perdu. Nous sommes vraiment tombés dans la religion Catholique. Ce qui nous permet de rester fort nous, c’est le fait d’avoir la forêt. Lorsqu’on se rend dans la forêt, que ce soit pour aller à la chasse ou pour aller se reposer, cela nous permet de préserver notre tradition.&#13;
&#13;
7:11 Il y a aussi l’histoire du Shaman, ce que l’innu faisait il y a très longtemps chez nous chez les Montagnais. Nous ne voyons aucun retour, mais il pourrait surement y avoir d’autres traditions dont nous faisions. Par exemple, il y a certaines personnes qui regardent l’omoplate d’un caribou. Il parait qu’ils peuvent se fier à ça aussi, il y a surement encore quelques aînés qui ont ce pouvoir. Il y a aussi le jeu que l’on joue avec la mâchoire d’un poisson, en la lançant dans les airs. Ils disent que ça dit vrai. Nous en avons encore quelques-uns, mais en déclins.  &#13;
&#13;
7:57 Toutefois lorsque nous allons dans la forêt, lorsqu’on retourne dans le bois, il nous arrive d’avoir un peu de misère. On va dire qu’ici au Canada, le gouvernement nous empêche, nos terres sont détruites, nous devons toujours se battre. C’est ce que nous trouvons difficile. Nous sommes enfermés dans la réserve, et ils nous gardent dans la réserve, le gouvernement nous fait vivre afin que l’on demeure renfermé à l’intérieur de la réserve. Il ne veut pas trop que l’on se rendent dans la forêt, parce qu’il veut le garder pour lui-même. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui, nous voulons y faire face, pour nous battre, afin que l’on puisse retourner dans les bois. C’est un gros dilemme que nous avons par chez-nous.&#13;
&#13;
8:39 Ce qui me surprends le plus ici est le calendrier. Lorsque j’ai vraiment vu la lumière du soleil passer à travers la porte de pierres, pour annoncer le tout début, la première journée de l’hiver. Il est surprenant que ces gens aient pu le garder durant ces 3000 années. &#13;
&#13;
Je vais vous dire également, qu’ils avaient amenés des roches au site, à leur lieu de culte. Des grosses statues carrées, pas sûre d’où proviennent ces roches. C’est ce qui m’a surpris le plus, c’est la manière que c’était fait. &#13;
&#13;
9:28 Ces gens-là, sont très fier de leur terre. On a l’impression que rien n’y pousse, mais le respect y est quand même beaucoup. Ils ont de la misère à subvenir à leurs besoins avec l’agriculture. Mais ils ont quand même l’air d’être très bien. C’est pour cette raison qu’ils remercient la terre d’avoir été généreux avec eux. C’est très impressionnant de voir ce que j’ai pu voir en une soirée et une journée. &#13;
&#13;
9:57 Ma femme, je t’envoi mes salutations et tu me manques beaucoup. J’ai hâte de retourner à la maison, je pense toujours à vous et les enfants, je souhaite de bien aller. &#13;
Je vous embrasse, je ne vous oubli jamais. &#13;
&#13;
Il m’arrive parfois de vouloir retourner, les journées sont dures avec la chaleur, il est difficile de respirer. Il y aussi la nourriture qui est dure sur notre système, j’ai souvent des maux de ventre. Tu serais triste de me voir ainsi, tu en pleurerais. C’est ça, je t’embrasse ma femme, je pense toujours à toi ! &#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/634548536?h=406f90a800" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/634548536"&gt;Bernard St-Onge entrevue&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                <text>Entrevue Bernard St-Onge à Tiwanaco, Bolivie</text>
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                  <text>&lt;p&gt;Une collection d'entretiens et d'activités particulières (vidéo) qui décrivent et expliquent l'aspect social des communautés innues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu est actif depuis une quarantaine d'années dans le milieu innu et a pu capter différentes entrevues et activités particulières...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=24"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Moving Image</name>
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              <text>Transcription&#13;
Évelyne : Bonjour Putu.&#13;
Putu : Bonjour Évelyne.&#13;
Évelyne : L’Innu Nikamu s'en vient. Depuis combien de temps es-tu là ?&#13;
Putu : Depuis la première année en1985. Au début je vendais bénévolement les articles promotionnels, j'ai fait cela pendant 10 ans. Ensuite, j'ai assumé le rôle de président au cours des six dernières années. Aujourd'hui, je connais le rôle de responsable, je connais les besoins financiers, des ressources-humaines et matériels.&#13;
Évelyne : Depuis combien d’années que le festival existe ?&#13;
Putu : 16 ans.&#13;
Évelyne : Y a-t-il toujours du monde qui participe au festival ? Quelquefois on disait qu'il n'y aurait pas de festival.&#13;
Putu : Oui, même que à la première année, le festival avait accusé un déficit de 90 000 $ et l'année suivante, nous avons dû canceller les feux d'artifice. C'est juste cette année-là que nous n’avions pas eu de feux. Tu sais qu'aujourd'hui, Innu Nikamu n'as pas besoin d'aide financière gouvernementale, tous les fonds proviennent des entreprises locales, du conseil de bande sous forme de commanditaires.&#13;
Évelyne : Quelles sont les raisons d'être d’Innu Nikamu ?&#13;
Putu : En premier lieu, c'était de développer les artistes car à l'époque, il y avait seulement trois artistes donc Morley Loon… Et les autochtones se sont découvert des talents pour la musique et la chanson.&#13;
En second lieu, d'attirer les artistes de l'extérieur de d'autres nations. Tu leur donne un public pour étaler leur talent d’artiste et de montrer qu'on peut organiser un festival où il n'y a pas de consommation d'alcool. Depuis le début, il y a eu seulement une arrestation à cause de l'alcool. À ce niveau, le monde participe pour enrayer l'alcool et la drogue durant le festival.&#13;
Évelyne : Il y a beaucoup de visiteurs qui viennent ?&#13;
Putu : Oui. Moi j’en reçois beaucoup. Les Innus d’Utshimassit sont chez-nous et même la parenté de Mary qui proviennent des USA est ici. Nous faisons trois tablées pour le dîner. C'est plaisant de revoir autant de visiteurs.&#13;
Évelyne : Y a-t-il de nouveau chanteurs ?&#13;
Putu : Moi, j’en héberge deux qui viennent de la Mauricie. Un qui vient d’Obedjwuan mais il demeure à La Tuque. Il a certaines craintes, car c'est la première fois qu'il va chanter devant un public. Il y a également ton fils et son groupe, ça va être la première fois pour eux aussi.&#13;
Évelyne : Y aura-t-il des feux d’artifice ?&#13;
Putu : Oui, il y en aura, c'est juste une fois qu'on a passé. Ce sont les entreprises sous forme de commandites qui défraient les coûts et à chaque fois qu'un feu est allumé, on nomme le nom d'une entreprise.&#13;
Évelyne : Combien d'artistes sont passés au festival ?&#13;
Putu : Il vient en moyenne 100 musiciens par année. En 16 ans, il y en a beaucoup.&#13;
Évelyne : Il doit y en avoir parmi eux qui sont reconnus aujourd'hui et qui sont rendus loin ?&#13;
Putu : Dans la première année, il y avait Florent Vollant et Claude McKenzie et ils formèrent le groupe Kashtin. Mais il y en a d'autres qui sont connus localement et régionalement comme Philippe et Morley Loon, Willie Dunn. Je n'ai pas réussi à le rejoindre pour cette année, mais l'année prochaine, je vais faire tout mon possible afin qu’ils viennent chanter ici. Ils sont les pionniers du festival parce que ce sont eux qui ont chanté au premier festival.&#13;
Évelyne : Ils ont utilisé leur langue maternelle pour chanter ?&#13;
Putu : Oui. Tu sais aussi, il y avait eu Alcide Blacksmith. Dernièrement, il avait eu des problèmes cardiaques. Je l'ai rencontré à Piekukamit et il a hâte de venir chanter. Il ne faut pas oublier aussi René Wezzineau, il va venir aussi.&#13;
Évelyne : Il y a des chanteurs qui proviennent de l'Amérique du Sud, il va-t-il y en avoir cette année ?&#13;
Putu : Ils sont déjà venus ici, mais j'ai des difficultés à les rejoindre parce que je n'ai pas de contact à Montréal. Mais ceux qui viennent à chaque année et qui vendent des articles artisanaux, ils peuvent jouer de la musique et chanter et quelquefois, je demandais à ces derniers de se produire, car ce sont tous des artistes. José Lima m'a appelé, il vend lui aussi des chandails et je peux le convaincre à venir chanter.&#13;
Évelyne : Il y a beaucoup de visiteurs à Mani-utenam ?&#13;
Putu : J’ai eu un appel de madame Blacksmith et elle me dit qu'un autobus de 45 passagers s'en vient sans compter les automobiles. Un autre d’Obedjwan et un minibus de La Tuque. Il y a aussi des Innus de Utshimassit qui sont déjà ici. Il y a ceux qui arrivent du pèlerinage de Sainte-Anne qui sont de passage dans notre région avant de rentrer chez eux. Sheshatshit en parle aussi de venir en grand nombre. Il y a même le bateau qui a fait le trajet Nutashkuan - Uanamen Shipu 2 fois, ce qu’il n'a jamais fait auparavant.&#13;
Évelyne : Il y a aussi ton bingo ?&#13;
Putu : Oui, mais le gouvernement ne veut pas qu'on le fasse. J'ai rencontré Itum à ce sujet et il m'appuie. C'est un bingo de 52 000 $ et s'il y a poursuite, il va coûter 7000 à 8000 $.&#13;
Évelyne : Et le montant total à payer est de 50 000 $ ?&#13;
Putu : Oui. Le dernier est de 20 000 $, il y aura des tours de 10 000 $, 5000 $. Il va y avoir beaucoup de monde. Il va probablement manquer de tables et de chaises. Et ce bingo aura lieu à l'aréna où il peut contenir beaucoup de personnes.&#13;
Évelyne : Nous avons toujours du beau temps et il faut espérer que nous en aurons pendant le festival ?&#13;
Putu : En 16 ans, nous avons dû faire le festival trois fois à l'intérieur à cause de la température. Nous avons été chanceux à venir jusqu'à date.&#13;
Évelyne : Et la période est approprié aussi avec les pèlerins de Sainte-Anne.&#13;
Putu : Oui, nous voyons beaucoup de visiteurs aux galeries Montagnaises. Ça doit faire l'affaire de Tim Hortons.&#13;
Évelyne : Tu as travaillé plusieurs années bénévolement, tu as eu confiance aux artistes pour avoir travaillé si longtemps ?&#13;
Putu : J’ai pensé et je pense qu'un artiste a quelque chose à nous transmettre. Je n'ai aucun talent artistique et j'aurais aimé en avoir, mais j'aime travailler pour eux et aussi pour la population. Et j'ai trouvé mon juste milieu en travaillant pour les deux. C'est la première année que je suis rémunéré et j'aime bien ça.&#13;
Évelyne : Quel message tu laisserais aux artistes et aux Innus ?&#13;
Putu : Qu’ils s'amusent bien fort, qu'ils prennent connaissance qu'on est bien à Mani-utenam, que les Innus d’ici sont hospitaliers, que nous avons beaucoup de bénévolat et qu'on est reconnus comme la communauté la plus hospitalière. C'est pour cette raison que je suis encore ici.&#13;
Évelyne : Et pourtant, on avait parlé de le déménager ?&#13;
Putu : Oui, on avait parlé de le faire à Sept-Îles, je n'aurais jamais déménagé.&#13;
Je suis Sylvain volant.&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/697758200?h=6f037945b2" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/697758200"&gt;Sylvain Vollant&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;Une collection d'entretiens et d'activités particulières (vidéo) qui décrivent et expliquent l'aspect social des communautés innues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu est actif depuis une quarantaine d'années dans le milieu innu et a pu capter différentes entrevues et activités particulières...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=24"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Moving Image</name>
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              <text>Entrevue avec Jeannine Bellefleur &#13;
&#13;
Traduction de l’innu au français&#13;
&#13;
&#13;
Je supervise les services sociaux de Mamit Innuat, regroupant trois communautés : Pakuashipit, Unamen Shipit et Ekuanitshit. 00 :58. &#13;
&#13;
Tous les programmes qui touchent les services sociaux sont gérés par cet organisme. Il y a des intervenants qui travaillent ici à Mingan pour les services sociaux. 1 :14.  Ils traitent des dossiers entourant la protection de la jeunesse. 1 :20. &#13;
&#13;
Il y a aussi le programme du Québec, la DPJ, pour les enfants agressés et ceux qui font du mal. Il y a des enfants négligés par leurs parents. 1 :36&#13;
&#13;
Il y a tout ça, en plus d’un programme pour les aînés pour le maintien à domicile. 1 :41&#13;
&#13;
Il y a l’agression des femmes et le suicide. Nous travaillons sur tous ces problèmes sociaux. 1 :58. &#13;
&#13;
Evelyne : Aujourd’hui, y a-t-il beaucoup de suicide dans le coin? 2 :06&#13;
&#13;
Depuis trois ans, le taux de suicide augmente. 2 :16. &#13;
&#13;
L’été dernier, on a perdu un enfant, il s’est suicidé. 2 :24. &#13;
&#13;
Evelyne : Quelle est la raison du dernier suicide? Était-il sous l’effet de la drogue?&#13;
&#13;
Il était sûrement sous l’effet de quelque chose. 2 :47. &#13;
&#13;
Quelqu’un ne se suicide pas pour rien. C’est lorsque tu as de la peine ou le cœur gros. 2 :51. &#13;
&#13;
Quelqu’un qui a de la difficulté à s’exprimer. 2 :58. &#13;
&#13;
Lorsque quelqu’un souhaite se suicider, la pensée ne lui vient pas tout d’un coup, il y a toujours une raison derrière. 3 :07. &#13;
&#13;
C’est de cette façon que le processus s’installe. 3 :14. &#13;
&#13;
Evelyne : De quelle manière peut-on aider quelqu’un qui souhaite se suicider? &#13;
&#13;
Il y a des intervenants qu’on peut rencontrer chez nous. 3 :22. &#13;
&#13;
Il y a des professionnels, des psychologues, des docteurs de la pensée, c’est de cette manière qu’on les aide. 3 :34. &#13;
&#13;
Il faut que tu demandes ces services. 3 :38. Il y a plusieurs services, mais il faut venir les chercher. 3 :41. &#13;
&#13;
Depuis 1992, les programmes sont installés pour venir en aide aux jeunes suicidaires. 3 :49. &#13;
&#13;
Il y a aussi des centres de thérapie pour ceux qui ont des difficultés avec la drogue et l’alcool. 3 :55. On peut les envoyer à Sept-Îles ou à Québec. Par contre, c’est encore la même démarche, les gens doivent venir chercher le programme. 4 :00. &#13;
&#13;
Il y a beaucoup d’Innus qui ont de la difficulté, mais ils ne viennent pas chercher de l’aide et nous, nous ne pouvons pas aller les chercher. 4 :06. &#13;
&#13;
Il y a de plus en plus de gens qui viennent chercher de l’aide, ceux qui veulent s’aider. 4 :14. &#13;
&#13;
Evelyne : Trouves-tu que l’Innu a de plus en plus de difficultés, comparativement à autrefois? 4 :18. &#13;
&#13;
Les problèmes ont toujours été là, mais aujourd’hui, ils sont de plus en plus lourds. 4 :27. &#13;
&#13;
Plus on travaille, plus on sent la lourdeur des problèmes. 4 :37. &#13;
&#13;
En plus, en ajoutant le problème d’alcool ou de cannabis, les difficultés s’alourdissent. 4 :39. &#13;
&#13;
Le problème vient de loin et l’Innu cherchera la source de son problème. 4 :50. &#13;
&#13;
Ils ne savent pas où aller chercher le problème. Provient-il des Innus ou des Blancs? 4 :55. &#13;
&#13;
J’ai l’impression que leur vie n’est pas très équilibrée. Je vois qu’ils ont des vies lourdes. 5 :10. &#13;
&#13;
Ça fait huit ans que je travaille. Déjà, les problèmes étaient lourds. Des gens venaient et racontaient leurs problèmes. Aujourd’hui, on en parle de plus en plus, tout en se respectant. Avant, on cachait beaucoup de choses, mais aujourd’hui, on ose dévoiler les problèmes un peu plus. 5 :37. &#13;
&#13;
Il y aurait la solution de faire un retour dans le bois ou d’aller à la mer, mais je crois que ceux qui ne peuvent pas s’en sortir sont perdus dans leurs problèmes. Pourtant, il y a des gens qui s’en sortent. Aujourd’hui, les problèmes sont différents d’autre fois, ceux de la nouvelle génération. 6 :02. &#13;
&#13;
Les aînés devaient tout faire eux-mêmes, aller à la chasse, subvenir à leur alimentation, chercher de l’eau, bref, plusieurs tâches, alors que tout est facile aujourd’hui. Si tu fais ton lavage aujourd’hui, tu n’iras pas faire ton bois de chauffage préalablement 6 :14. &#13;
&#13;
Aujourd’hui, tout marche à l’électricité. Ça amène un autre problème, le manque d’argent. 6 :17. &#13;
&#13;
On joue beaucoup à l’argent. Il y a le bingo. Il y aussi les sorties, ça amène des dépenses. C’est comme ça, c’est ainsi. 6 :30. &#13;
&#13;
Evelyne : Crois-tu que l’avenir soit plus beau? &#13;
&#13;
Oui, j’y crois. Je crois qu’on peut arriver à une solution, mais il faudra travailler très fort ensemble. 6 :51. &#13;
&#13;
Aussi, il faut susciter l’entraide. Aujourd’hui, il y a beaucoup de tensions. Les Innus se disputent entre eux. 6 :59. &#13;
&#13;
Le Blanc doit comprendre que l’Innu a besoin de se gérer lui-même lorsqu’on parle d’autonomie. 7 :03. &#13;
&#13;
Nous devons nous gérer, malgré nos chicanes internes. Un jour, les chicanes cesseront. 7 :10. &#13;
&#13;
Beaucoup d’Innus voient que la prise en charge est déjà démarrée et qu’ils doivent se forcer pour aider leurs enfants. 7 :28. &#13;
&#13;
L’Innu sait qu’il doit se forcer pour ne pas perdre ses enfants. 7 :33.&#13;
&#13;
Evelyne : Lorsque vous êtes en relation d’aide, utilisez-vous la culture dans vos approches? 7 :42. &#13;
&#13;
Les Innus utilisent la tente à suer. 7 :59. &#13;
&#13;
D’autres font des ressourcements à l’intérieur des terres, pour se retrouver. 8 :05. &#13;
&#13;
Nous prenons toutes les approches qui nous sont présentées par les psychologues. 8 :12. &#13;
&#13;
La prière passe aussi. 8 :16. &#13;
&#13;
Tout ce qui est bon, on le prend pour aider les autres. On prend même des gens, comme ceux de Sept-Îles, qui dirigent des tentes à suer 8 :29. &#13;
&#13;
La tente de guérison est également utilisée. 8 :35. &#13;
&#13;
On n’a pas le temps d’aider chacune des personnes, donc on crée des groupes d’aide. 8 :42. &#13;
&#13;
On ne ferme rien, tout ce qui peut aider, on le prend. 8 :51. &#13;
&#13;
C’est comme un magasin, on ne peut magasiner à un seul endroit, c’est la même chose en relation d’aide. C’est ma façon de voir les choses, je ne refuse aucune approche. 9 :11. &#13;
&#13;
Evelyne : Utilisez-vous tous les services infirmiers? 9 :16. &#13;
&#13;
Il y a quelqu’un du système de la santé qui travaille à notre programme. 9 :22. &#13;
&#13;
Nos services sont gérés par les Innus. 9 :31. &#13;
&#13;
Evelyne : Si tu pouvais lancer un message aux jeunes, quel serait-il? 9 :38. &#13;
&#13;
Je leur dirais de croire en eux, de ne pas se décourager. Je crois en mon travail, je crois en des jours meilleurs, que les Innus se prendront en mains. Ce jour viendra. Ce qui me motive, c’est que nous venons de très loin, c’est mon père qui me le rappelle sans arrêt. 10 :10. &#13;
&#13;
Aujourd’hui, le Blanc nous brise beaucoup. 10 :15. &#13;
&#13;
Je crois en moi, malgré le travail très dur que je fais. 10 :21. &#13;
&#13;
Malgré tout ce qui rentre dans les communautés, comme la drogue, le cannabis, le suicide, ils pourront arriver à vaincre s’ils se comprennent. 10 :32. &#13;
&#13;
Je crois à cet idéal. 10 :35. &#13;
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                <text>Evelyne St-Onge (intervieweur)</text>
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              <text>Entrevue Nympha Byrne et Evelyne St-Onge, 2000&#13;
Evelyne. Salut Nympha, d’où es-tu originaire et où es-tu rendue maintenant?&#13;
&#13;
Nympha. Je viens d’Utshimassit, maintenant je demeure à Goose Bay avec mes enfants et mon mari. « Ça fait huit ans que je suis là. Je travaille à Child’s Joseph ’Andrew Récréation Youth Center. Un centre pour venir en aide aux jeunes enfants.&#13;
&#13;
Evelyne.Qu’est-ce que les jeunes font le soir ou qu’est-ce qu’il y a à faire le soir?&#13;
&#13;
Nympha. Il y a un centre récréatif et on a bâti un aréna, c’est là que les jeunes se tiennent. Et il y a là des intervenants qui s’occupent des jeunes. Il y a des soirées dansantes aussi pour les jeunes. Maintenant on amène les jeunes à l’intérieur des terres, ils se promènent et ils se baignent aussi. Il faut toujours les tenir occuper.&#13;
&#13;
Evelyne.Les Innus Utshimassit sont-ils des Mushuannus ou des Naskapis, d’où sont-ils originaires?&#13;
&#13;
Nympha. Je ne sais pas. Ça fait longtemps qu’on nous appelle Mushuaunnu. J’ai demandé à ma mère pourquoi on nous appelait des Mushuaunnu.  Elle m’a dit parce que les gens Utshimassit avaient l’habitude de vivre dans les terres dénudées.&#13;
&#13;
Evelyne. Est-ce que c’est le gouvernement qui les a amenés à Utshimassit?&#13;
&#13;
C’est peut-être le gouvernement.  Mais je ne sais pas. Je sais que c’est un missionnaire qui voulait que les enfants et les adultes soient tous au même endroit. Les vieux (aînés) racontent qu’avant ils étaient plutôt dans l’intérieur  des  terres, mon grand-père racontait que c’est à l’intérieur des terres qu’ils subvenaient à leurs besoins et c’est là aussi qu’il y a tous les animaux qu’ils ont besoin pour leur survie, et on enseignait quand on était jeune à respecter les animaux.&#13;
&#13;
Evelyne.Est-ce qu’il y a encore beaucoup d’innus qui montent dans le bois?&#13;
&#13;
Nympha. Les Innus montent dans le bois surtout au printemps, et il y en a certains qui y restent durant l’été (bois). Les gens adultes ou jeunes sont heureux quand ils sont à l’intérieur des terres. C’est difficile d’être toujours dans un seul endroit par exemple ici sur l’île.&#13;
&#13;
Evelyne. Que penses-tu du déménagement pour une nouvelle communauté?&#13;
&#13;
Nympha. Le déménagement. Moi je suis contente parce que je vais retourner là-bas quand il y aura la nouvelle communauté et j’aimerai rester dans un bel endroit. Il y aura des choses pour les jeunes comme une piscine, des endroits pour se promener, ils pourront chasser. Tandis que sur l’île il faut attendre un mois ou deux semaines que la glace prend, afin de pouvoir aller là-bas (dans les bois) car on est sur une île.&#13;
&#13;
Evelyne. Votre façon de vivre changera-t-elle, d’après toi?&#13;
&#13;
Nympha. Peut-être que ça va la changer mais je ne sais pas comment. La façon que je vois les choses là-bas, on aura plus de possibilité. Par exemple, quand on se déplace on peut aller plus loin (couvrir plus de distance que sur une île), en plus il y aura des emplacements pour les jeunes, il y aura aussi une école pour eux. J’aimerais que les jeunes écoutent et aillent voir les vieux et qu’ils apprennent leurs enseignements afin qu’on n’oublie pas et qu’on ne perde pas notre culture. Il me semble que nous perdons déjà beaucoup de notre identité.&#13;
&#13;
Evelyne. Parle-moi du temps que tu vivais à Utshimassit et à l’intérieur des terres avec tes parents?&#13;
&#13;
Nympha. Nous étions surtout dans l’intérieur des terres, on se déplaçait souvent l’été, on utilisait le canot et en hiver on utilisait les chiens, surtout quand on allait loin pour le caribou, l’ours, les perdrix ou le poisson car c’était notre nourriture et on faisait la cueillette de petites baies. On se partageait la nourriture.&#13;
&#13;
Evelyne. Pourquoi descendiez-vous à la côte?&#13;
&#13;
Nympha. On allait chercher la nourriture comme la farine, le sucre et le thé et les autres choses qu’on avait  besoin.  Parfois on allait vendre les fourrures.  C’est pour ça qu’on retournait là-bas.  Parfois on y allait pour célébrer Noël, il y avait des festivités, c’est pour ça qu’on y retournait. J’ai entendu dire aussi, il y a longtemps, on ne voulait pas que les Innus amènent leurs enfants à l’intérieur des terres, c’est le missionnaire qui ne voulait pas qu’on les amène. On leur disait que les allocations familiales seraient coupées si les parents n’envoyaient pas leurs enfants à l’école. C’est ma mère qui m’a raconté ça. « Les missionnaires prétendaient que si nous amenions nos enfants en  forêt,  le  gouvernement  nous  couperait nos  allocations  familiales.»&#13;
&#13;
Evelyne. Qu’est-ce qu’il y avait à Utshimassit?&#13;
&#13;
Nympha. I1 y avait une église et une école.&#13;
&#13;
Evelyne. Et les maisons? Est-ce que c’est le gouvernement qui les a construites?&#13;
&#13;
Nympha. Non.  C’est les Innus eux-mêmes qui ont construit leurs maisons.  Le tour des maisons était fait en bois et le toit était recouvert par de la toile. Je me souviens que notre maison était construite de cette façon.</text>
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              <text>Entrevue Delvina Copeau et Evelyne St-Onge, 2000&#13;
Transcription.&#13;
Évelyne : Que fais-tu comme travail ? Qu’est-ce qu’on fait dans cette bâtisse ?&#13;
Delvina : J’ai la charge de ce centre, nous aidons les personnes qui ont des problèmes d’alcool, de drogues et d’autres dépendances.&#13;
Évelyne : Avez-vous toujours de la clientèle et combien pouvez-vous en prendre par session ?&#13;
Delvina : Nous avons 12 lits, mais on accepte toujours 14. La raison du nombre 14 est qu’il y a toujours des personnes qui ne sont pas prêtes et partent avant la fin de leur thérapie. L’an passé, 120 personnes sont passées ici.&#13;
Évelyne : D’où proviennent les Innus qui viennent ici ?&#13;
Delvina : Tous les Innus peuvent bénéficier de ce service. Tous les autochtones du Québec, mais les Innus de la région viennent, comme les Innus de Mamit, de Matimekosh, de Betsiamites, de Kawawashikamatch parce que la langue de travail est l’innu. Il y a aussi deux thérapies en langue française pour ceux qui ne parlent pas l’innu.&#13;
Évelyne : Et avez-vous de cette clientèle ?&#13;
Delvina : Oui, il y en a toujours, car nous avons les Innus qui ne parlent pas notre langue et on leur fait de la place.&#13;
Évelyne : Quel âge ont vos clients ?&#13;
Delvina : Au début, nous avions des personnes d’un certain âge, mais depuis quelques années, la moitié de la clientèle est composée de jeunes. Selon moi, la raison de la participation de ces derniers est que, aujourd’hui, ils utilisent beaucoup de PCP, parmi eux est  la mescaline. Une personne ne peut pas sniffer pendant 20 ans, car les problèmes viennent plus vite au rythme où ils consomment la drogue. Ils réclament de l’aide et aussi, il y a beaucoup d’informations véhiculées dans ce sens-là. Dans l’alcool, tu peux tenir longtemps avant d’atteindre ton bas-fonds. Moi, j’ai consommé de l’alcool pendant 20 ans et le moment est venu pour moi de venir en aide à ce monde-là. Nous n’avions pas ces ressources dans notre temps. Nos parents, mon père, en prenait sans savoir que c’était une maladie. On méprise les alcooliques et plus on les voyait, pire c’était pour nous.&#13;
Évelyne : Dans les plus vieux qui viennent ici, quel âge ont-ils ?&#13;
Delvina : De 55 à 65 ans. J’ai dit à la personne la plus âgée qu’elle était probablement en train d’ouvrir la porte pour les autres de son âge et des plus jeunes. Tout le monde est accepté, quel que soit son statut professionnel ou social.&#13;
Évelyne : Dans votre programme, utilisez-vous innu aitun ?&#13;
Delvina : Nous avons le seul centre de thérapie au Canada dont les interventions se font seulement en langue innue, c’est ce que j’appelle innu aitun. Nous avons aussi des mets traditionnels. Comme approche, nous utilisons beaucoup des psychos éducatives. Une personne dans son apprentissage doit connaître les outils pour son cheminement personnel, les outils qui permettrons de mettre en thérapie les 12 étapes.&#13;
Évelyne : Combien avez-vous d’intervenants ? Ont-ils une formation ?&#13;
Delvina : Moi, j’ai toujours priorisé la formation. Nous avons trois conseillers (thérapeutes), cuisinier, aides-conseillers, secrétaire, nous sommes 9 et nous avons toujours des formations. Même le cuisinier participe aux sessions. Ici, c’est un travail d’équipe, nous sommes des guides.&#13;
Évelyne : Quels sont les critères pour entrer ici ?&#13;
Delvina : Il faut rencontrer un agent de PLAADA. Pour ceux qui demeurent en ville, il y a des formulaires dans les centres d’amitiés autochtones. Il y a une équipe qui analyse les demandes et en dernier les formulaires arrivent à mon bureau.&#13;
Évelyne : Avez-vous des nouvelles des personnes qui sortent d’ici ?&#13;
Delvina : C’est difficile de faire des suivis, il y a aussi des rechutes à cause des situations familiales. L’organisme PLAADA doit faire son possible pour aider les sortants. Les communautés ont les moyens pour aider ceux-ci. Nous avons même lancé une invitation pour un suivi et 29 ont répondu à l’appel.&#13;
Évelyne : Combien y a-t-il de centre au Québec et d’où proviennent les fonds ?&#13;
Delvina : Les fonds viennent de Santé Canada et il y en a un autre à La Tuque, un à Kanesatake, deux à Maria dont un pour les jeunes et un autre de 7 lits pour les adultes.&#13;
Évelyne : Quelle aide les jeunes reçoivent-t-il ?&#13;
Delvina : Elle est différente de l’une à l’autre, même que chaque centre à ses propres méthodes. Il traite les jeunes qui ont des problèmes sociaux, des sniffeurs de solvant…&#13;
Évelyne : Quel message donnerais-tu ?&#13;
Delvina : Que la personne ait confiance en elle dans les difficultés. Ne jamais se décourager, d’où qu’elle puisse venir, de prendre sa place.&#13;
&#13;
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