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                  <text>Production Manitu. Récits de vie</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Evelyne  	Pourquoi es-tu à Maliotenam ?&#13;
Zac. 	Je viens de Uanamen shipu et je suis venu ici à cause du pensionnat. Ma femme vient de Maliotenam.&#13;
&#13;
Evelyne 	Retournes-tu à Uanamen shipu des fois&#13;
Zac 		Des fois, qua, nd j’ai un peu de temps je retourne voir ma mère.&#13;
&#13;
1min 11&#13;
Evelyne	Qu’est-ce que tu fais à Mani Utenam&#13;
Zac		J’amène les enfants dans le bois&#13;
&#13;
Evelyne	S’il n’y a pas d’enfant, qu’est-ce que tu fais?&#13;
Zac		Je vais dans le bois, dans le territoire. Je suis toujours dans le bois&#13;
&#13;
Evelyne	Est-ce que tu chasses pour la fourrure ou la nourriture ?&#13;
Zac		C’est beaucoup plus pour la nourriture, les fourrures se vendent beaucoup moins cher qu’avant.&#13;
		1min 44 C’est pour la nourriture, le caribou, le poisson, le castor. Si j’en tue beaucoup, je téléphonerai au conseil de bande pour qu’il distribue à ceux qui en 		ont besoin. 2min 14 C’est surtout pour les aînés, ça fait déjà plusieurs fois qu’on amène du poisson à la maison des ainés, comme la truite grise. Les vieux 		préfèrent le poisson.&#13;
&#13;
Evelyne	Tu enseignes des techniques en forêt, la survie en forêt, Comment as-tu appris ces techniques ?&#13;
&#13;
2min 39&#13;
Zac	&#13;
Je n’enseigne pas tellement mais je parle aux enfants, je leur donne des exemples et des explications pour qu’ils ne se perdent pas en forêt. Aussi, ils me regardent faire des choses, mais ce n’est pas vraiment l’enseignement structuré. 3min 03. Je leur dis aussi où c’est dangereux et des fois je les amène pour qu’ils voient le danger. Comme la glace, la neige, &#13;
3min 19&#13;
Evelyne	Pourquoi aimes-tu la forêt ?&#13;
Zac	Je suis né en forêt et pour moi, même si je travaille en forêt, c’est comme être en vacances toute l’année et je pense que les enfants que j’amène avec moi le sentent aussi.&#13;
&#13;
3min 37	&#13;
Evelyne	Es-tu le seul qui montre aux enfants ces connaissances ?&#13;
Zac	Je ne suis pas le seul à faire ce travail, Pour moi, ça fait 18 ans que je fais ce travail et avec moi, il y a une femme qui s’appelle Julienne et qui montre le travail qu’il y a à faire à l’intérieur de la tente, la cuisine, la couture, le tricot, etc, tout ce que les jeunes devraient savoir pour être autonome en forêt.&#13;
4min 14&#13;
Evelyne	Et toi, que fais-tu pendant ce temps là ?&#13;
Zac	Nous on se promène beaucoup en forêt, quelquefois près de la tente, on enseigne à fabriquer des raquettes, des traîneaux, toutes ces choses, ces outils nécessaires. Souvent on va à la chasse à la perdrix, au porc épic, on apprend à lire les pistes.&#13;
4min 35&#13;
Evelyne	Est-ce que tu fais autre chose ?  Je t’ai déjà vu faire des canots et montrer à mon fils comment en faire.&#13;
Zac	Oui, moi je l’ai appris d’un ainé, François Pilot. Celui-ci m’a dit que quand je saurai faire un canot, va falloir que je l’enseigne ce savoir à d’autres.&#13;
	Les jeunes à qui j’enseignent doivent d’abord aimer aller en forêt et à faire un canot. Il faut qu’il soit habile de ses mains. Ton garçon, lui aimait ça et c’est pourquoi, je lui ai enseigné. &#13;
5min 21&#13;
Evelyne	Est-ce que les enfants aiment ça vivre en forêt?&#13;
Zac	Oui, ils aiment ça, ils ne s’ennuient pas, ils font beaucoup d’activités. Mais dès qu’il y en a un qui s’ennui et qu’il veut descendre, alors on dirait qu’il donne le goût aux autres de s’ennuyer. Étant donné que l’on écoute beaucoup la radio dans le bois, quand il y a des tournois de hockey par exemple, c’est là qu’ils veulent descendre. C’est dans ces moments que les jeunes s’ennuient le plus.&#13;
6min 13&#13;
Evelyne	Est-ce que vous accédez toujours à leur désir?&#13;
Zac	Non, On essaie toujours d’être ensemble et de garder le groupe intact, on est monté ensemble et on devrait redescendre ensemble. C’est comme ça qu’on faisait autrefois.&#13;
&#13;
6min 37&#13;
Evelyne	Toi, tu l’as appris avec tes parents, mais aujourd’hui avec l’école et tout, ce n’est pas facile. Les parents n’ont pas appris à cause du pensionnat.&#13;
Zac	C’est ce qu’on fait avec les jeunes, on leur montre l’innu aitun, les connaissances traditionnelles innues. Autrefois, les enfants montaient avec leurs parents et apprenaient automatiquement ces connaissances, &#13;
                          C’était leur quotidien. On doit leur faire vivre ces choses, c’est comme ça qu’ils vont retenir les informations. Il faut aussi vérifier si tout le monde a saisi la situation. Chaque journée amène son lot de situations différentes et il faut vivent ces situations pour acquérir l’expérience nécessaire à assurer sa survie. La langue innue est nécessaire pour apprendre cette transmission.  Nous devons donc leur enseigner en langue innue.&#13;
	On répétera souvent, jusqu’à temps qu’on voit que les enfants ont retenu la leçon.&#13;
7min 54&#13;
Evelyne	Est-ce que tu vois aujourd’hui des jeunes qui suite à leur séjour en forêt ont le goût d’y retourner ?&#13;
8min 02&#13;
Zac	Oui, il y en a beaucoup, ceux qui revienne, ce sont des jeunes qui aiment beaucoup la forêt. Il y en a d’autres qui avaient abandonnés l’école pour venir avec nous et parfois il y en a qui retournent à l’école. Ça peut donner le goût de terminer quelques choses. Pour plusieurs autres, ce qui les retient, c’est qu’ils ont entendu des histoires négatives en forêt comme la famine ou encore un accident et ça les empêche de retourner en forêt.&#13;
	C’est dur la vie en forêt, c’est sûr, mais quand tu arrives le soir fatigué de ta journée, une bonne fatigue qui t’apporte de la fierté. Tu as appris beaucoup de chose propre à ta culture et c’est valorisant.&#13;
9min 35&#13;
Evelyne	Est-ce que tu aimes ça vraiment vivre en forêt malgré tout ça ? Qu’est-ce que tu trouves de bon là-dedans?&#13;
Zac	J’aime beaucoup être en forêt. Quand on reste ici au village, on écoute la télévision et c’est souvent des mauvaises nouvelles. Quand tu es en forêt, tu penses d’bord à t’occuper de toi à être bien. On vit au présent. Je m’occupe d’être confortable dans ma tente avec tout ce que j’ai besoin.&#13;
&#13;
10min. 29&#13;
Evelyne	Pourquoi moi quand je vais en forêt j’ai toujours peur, je regarde partout et j’ai peur. &#13;
&#13;
10min.40&#13;
Zac	Peut-être que quand tu étais jeune, pour t’empêcher d’aller trop loin, on te faisait peur. En fait on voulait te protéger.&#13;
	Nous autres aussi, on nous faisait peur, par exemple au printemps quand les rivières sont grosses, on nous défendait d’aller trop loin.&#13;
	En fait on avait peur que tu ne laisse pas de trace et qu’on risquait de ne pas te trouver ou peut-être qu’on était tannant un peu et on nous faisait peur pour qu’on arrête.&#13;
&#13;
11min 40	&#13;
Evelyne	Dans le bois dans le fond, n’y a rien pour nous faire peur.&#13;
Zac	Peut-être les animaux, mais les animaux ont peur de l’être humain. &#13;
&#13;
11min 49&#13;
Evelyne	Est-ce que les enfants ont peur eux-autres dans le bois ?&#13;
Zac	Il y a des choses dangereuses dans le bois et on leur dit. Mais ils n’ont pas peur car ils ne le vivent pas.  Mais quand ils vont vivent quelque chose comme les petites tornades, l’eau comme c’est dangereux, le vent…Tout ça c’est dangereux. On leur en parle. Quand ils se sont mouillés un peu, là ils s’en souviennent, c’est l’expérience qui entre. Il faut qu’ils le vivent pour comprendre vraiment.&#13;
12min 25  &#13;
Evelyne	Katshimetaushu, Carcajou, ce n’est pas dangereux ?&#13;
Zac	Je n’ai jamais senti cette peur là et je n’ai jamais rencontré personne qui m’ai fait peur. Cependant, il y a une fois où quelqu’un à lancer une roche, mais qui, il n’y avait personne d’autre que moi, c’était comme une présence, j’ai eu peur.&#13;
	Katshimetaushu, on en parle souvent, mais moi-même je n’ai jamais senti sa présence mais tout le monde en parle.&#13;
&#13;
13min 28&#13;
Evelyne	Est-ce que les enfants eux aussi sentent des choses en forêt, des présences ?&#13;
Zac	C’est sûr que les enfants sentent ces choses, Des fois, quand il fait froid et que la glace et les arbres craquent. Les enfants se demandent c’est quoi et ils ont peur. Ils sont cependant curieux et à l’affût d’entendre ces choses-là.&#13;
&#13;
14min 01&#13;
Evelyne	Est-ce qu’un enfant t’a déjà parler de Katshimetaushu ?&#13;
Zac	Non ce n’est jamais arriver.&#13;
&#13;
14min 19&#13;
Evelyne	Si en forêt quelqu’un se blesse, est-ce que vous utilisez la médecine traditionnelle ? Est-ce que tes parents l’utilisaient ?&#13;
&#13;
14min 38&#13;
Zac	Aujourd’hui, en forêt, s’il arrive un accident, on utilisera la radio CB et selon la gravité de la blessure, on fera venir l’avion. En même temps, les ainés nous donnent des conseils sur ce que tu dois faire. &#13;
	Il y a aussi la boîte de premier soin, mais on ne voudrait jamais avoir besoin de l’utiliser.&#13;
&#13;
15min. 21&#13;
Evelyne	Comment tu te sens en forêt ? Comment tu vis ça ?&#13;
Zac	Quand on est au village, je me sens paresseux. Tout est là, prêt. Dans le bois, tu ne peux pas être paresseux, il y a toujours quelque chose à faire. Tu dois planifier même pour manger. Au village on te dira simplement viens manger… Dans le bois, c’est moi qui dois s’occuper de mon bien être.&#13;
	Il y a toujours quelque chose à faire. Quand tu tends des pièges, tu faire la tournée de ces pièges souvent. Il y a le bois de chauffage, l’eau à aller chercher. Alors là, je ne suis pas paresseux.&#13;
	Ça me prend du temps des fois ici au village pour me décider à faire quelque chose.&#13;
	Ici au village, même les distances de 1 mille 2 milles me semble loin. En forêt, tu n’as pas cette notion-là. Tout en faisant ce que tu as à faire, tu ne t’en aperçois même pas et tu as franchis ces distances-là. Ça ne paraît pas loin. Ce que j’aime bien forêt c’est qu’on a le temps de penser à soi aux autres, le temps de s’organiser.&#13;
&#13;
17min 17&#13;
Evelyne	Quand tu étais jeune, est-ce que vous étiez toujours dans le bois avec ta famille ?&#13;
Zac	Oui, on était toujours en forêt jusqu’à un moment donné un prête est venu voir mon père pour lui dire qu’un de ses fils devait partir pour le pensionnat pour apprendre le français et servir d’interprète plus tard. Je suis allé au pensionnat de Mani utenam.&#13;
	Quand j’ai fini l’école, mon père ne pouvait plus se fier sur moi car je ne connaissais pas assez le bois et c’était à peu près la même chose du côté des blancs. J’étais comme un ignorant, un. Mélangé. Je n’étais pas bon à grand-chose.&#13;
18min 17&#13;
Evelyne	Qu’est que tu as fait à la Uanamen shipu comme travail après le pensionnat?&#13;
Zac	J’ai travaillé à la Baie d’hudson comme commis, J’ai vécu 7 ans à Uanamen shipu. Je me suis marié et quatre ans plus tard on est déménagé à Mani utenam.&#13;
	On trouvait que l’hôpital était trop loin quand les enfants étaient malades. C’était une question de sécurité surtout pour les enfants. &#13;
&#13;
19min 04&#13;
Evelyne	Tu as été chef à Uanamen shipu, je pense ?&#13;
Zac	Je me sentais bien quand j’étais chef, car j’avais des sages qui me conseillait, ils me disaient quoi dire, quoi faire et moi étant donné que je parlais français, je pouvais faire des demandes en leur nom.	Ça été une expérience très positive et j’ai appris beaucoup avec ces sages.&#13;
	C’est qu’il fallait que je trouve les mots pour traduire leurs demandes. C’était l’époque de la construction du village et il y avait beaucoup à faire. Fallait que les demandes soient acceptées au ministère des affaires indiennes. Le français m’a aidé beaucoup pour cette tâche. &#13;
20min 07&#13;
Evelyne 	Tu as été chef pendant combien de temps ?&#13;
Zac	Pas loin de 2 ans&#13;
	On a fait beaucoup de choses pendant ce 2 ans, une coopérative de pêche. Ça été très difficile de comprendre tous les termes, qu’est-ce que c’est une coopérative et ses règles les assurances et tout expliquer en langue innue à mes conseillers. Ces mots-là n’existaient pas en innu. Tout comme l’argent et son système. Il fallait apprendre. Après 2 ans, ma femme était retournée à Uashat pour enseigner et je suis allé la rejoindre.&#13;
&#13;
21min 24&#13;
Evelyne	Quel travail as-tu fait ici à Maliotenam ?&#13;
Zac	J’ai fait beaucoup de choses, J’ai été chauffeur d’autobus, j’ai appris la plomberie, j’ai suivi un cours de plomberie.&#13;
&#13;
22min 15&#13;
Evelyne	Quand tu t’est envenu ici à Maliotenam, est-ce que tu allais dans le bois avec des ainés ?&#13;
Zac	Oui, je suis monté avec de bons amis comme Pierre Michel, Kunikuen, Mark Sandy, Ceux-ci oont continué à m’enseigner. Ils m’ont appris beaucoup. Je n’avais pas le choix d’apprendre ou de réapprendre ce que j’avais perdu au pensionnat.&#13;
&#13;
22min 59&#13;
Evelyne	Plus tard quand tu as monté au millage 110, est que tu avais l’autorisation de quelqu’un pour t’installer sur son territoire ?&#13;
Zac	Non, c’était l’endroit où j’enseignais à Nutshimiu atteuseun avec les jeunes. Je connaissais très bien ce territoire.&#13;
	On partait d’ici pour s’en aller au lac Siamois où était située l’école en forêt. Également, le train arrêtait à cet endroit. Le 110 était donc un relai entre Maliotenam et le lac Siamois.&#13;
&#13;
23min 32&#13;
Evelyne	Est-ce que tu penses qu’aujourd’hui, il va encore avoir des chasseurs traditionnels?&#13;
Zac	Il faut qu’il en ait, sinon ça n’ira pas bien et on s’en irait alors vers l’extinction.&#13;
&#13;
23min 48&#13;
	Il faut que les jeunes apprennent comment ça se passait autrefois. S’ils vont à la chasse pour vendre leurs produits, il y a un gros problème. Autrefois on vivait en communauté et on partageait tout. Il faut que l’esprit du chasseur traditionnel innu persiste sinon on va vendre les produits et les jeunes ne se souviendront plus ce qu’était innu aitun.&#13;
	Ça va être seulement ceux qui ont de l’argent qui vont pouvoir manger la nourriture innue, ceux qui n’ont pas d’argent ne pourront pas en avoir pour manger.&#13;
&#13;
24min 08&#13;
Evelyne	C’est comme ça que tu enseignes aux enfants ? Tu leur parle de partage ?&#13;
Zac	On essaie de leur faire vivre ce partage et leur montrer comment départager la nourriture entre eux.&#13;
&#13;
24min 32&#13;
Evelyne	C’est difficile le partage. Qu’est-ce qu’on doit regarder quand on fait le partage ?&#13;
Zac	Si tu regardes juste ta famille, ça sera assez simple de partager, mais si tu vas plus large et que tu penses à&#13;
 	Ceux qui en ont vraiment besoin, et que personne est là pour les aider, alors là ça se complique. Il faut voir plus large car nous vivons en communauté.&#13;
&#13;
Evelyne	Qu’est-ce que tu penses des personnes qui manifestent pour le territoire et contre ces réalisations minières gigantesques dans le territoire ?&#13;
25min 11&#13;
Zac	La plupart des personnes qui manifestent pour le territoire ne vivent pas dans le territoire, ils se servent d’écrits, de cartes, d’avis juridiques. Je pense que pour défendre la terre, le territoire, il faut y vivre. Si tu laisses le territoire à l’abandon, tu auras beaucoup de misère à le défendre. C’est quand même rare depuis que je vis ici à Maliotenam que je rencontre quelqu’un qui vit dans le bois ou encore qui s’organise pour le faire. Aujourd’hui, on parle plus du territoire comme d’une propriété et non comme un endroit pour y vivre. J’en rencontre qui y vont une semaine ou deux, mais c’est rare quelqu’un qui va passer l’hiver et faire sa tournée de pièges à chaque jour.	Quand tu prends le train, tu remarqueras que les camps sont pratiquement tous sur le bord de la voie ferrée, un peu comme des touristes. Les innus ne vont plus à l’intérieur du territoire. Ils n’habitent pas là, ils ne font que passer.&#13;
26min 32&#13;
Evelyne	Tu trouves qu’il n’y a pas assez de gens qui vont dans le bois ?&#13;
Zac	Si on veut vraiment vivre en forêt, cela implique qu’on nettoie les portages pour commencer. Il y a des arbres qui peuvent tomber. On doit le faire régulièrement. Maintenant quand je vais en forêt, je vois beaucoup plus de blancs que d’innus. &#13;
	Ceux-ci se construisent autour de beaux lacs, là où il y a beaucoup de poissons. Ils se construisent de beaux chalets et y vont en avion.&#13;
28min 28&#13;
Evelyne	Est-ce que tu penses que notre façon de vivre en forêt « innu aitun » va continuer de vivre encore longtemps ?&#13;
Zac	On doit continuer, bien sûr ça ne sera pas comme autrefois. Aujourd’hui, il y a des motoneiges et la raquette est devenue un accessoire mais demeure encore nécessaire. On ne rame plus, on utilise des embarcations à moteur. On va vivre l’innu aitun mais d’une autre façon, plus moderne. On ne pourra jamais vivre comme autrefois.&#13;
&#13;
28min 22&#13;
Evelyne	Comment vois-tu l’avenir ?&#13;
Zac	Ce que j’aimerais bien, c’est qu’il y ait du monde un peu partout dans le territoire et qu’on se parlent, qu’on se visitent. Que ces gens habitent le territoire et y vivent.&#13;
	Malheureusement, je pense que c’est terminé aujourd’hui, on ne peut pas revenir en arrière.&#13;
	Autrefois, il n’y avait pas personne pour te dire que tu marchais sur son territoire. Il n’y avait pas de frontière et le territoire était à tout le monde. Aujourd’hui, on se fait dire que l’on est dans le territoire de l’autre. Ce n’est pas très drôle. Cette situation vient du fait que quand on a créé les lots de trappe, beaucoup d’innus ont pensés que ces lots leur appartenaient comme une propriété et non comme un gestionnaire du lot. On a arrêté de voir le territoire comme celui des familles et des ancêtres. Tu peux peut-être le dire à un blanc que c’est ton territoire, mais pas à un autre innu. Si on continue de cette façon, on ne pourra plus occuper le territoire comme on l’occupait auparavant.&#13;
30min.24&#13;
Evelyne	Qu’est-ce que tu vas faire cet été ?&#13;
Zac	J’aimerais aller à Sheshashit en canot, c’est un bon voyage. Je ne sais pas encore avec qui je vais y aller. C’est vraiment un voyage que j’aimerais faire. J’aimerais partir de la rivière Moisie, il y a beaucoup de portages et certains n’ont pas été nettoyés. Il y a sûrement encore des gens qui s’en souviennent un peu&#13;
&#13;
Evelyne	Avec qui aimerais-tu y aller ? Penses-tu qu’il y a des gens qui t’accompagneraient ?&#13;
		Est-ce que tu lances l’invitation pour savoir qui serait intéressé ?&#13;
Zac		Oui, j’aimerais ça, je vous donne jusqu’à Noël pour vous décider et pour savoir combien on serait.&#13;
		Il faut préparer le voyage, penser aux tentes aux canots…&#13;
&#13;
32min 18&#13;
Evelyne	Ça va prendre combien de temps tu penses ?&#13;
Zac	Avant on parlait de 1 mois, mais les gens étaient plus en forme que nous et connaissait très bien cette façon de vivre. En plus les portages étaient entretenus. Aujourd’hui, les repères vont être durs à trouver car il y a eu de la repousse partout, il y a eu des feux de forêt. Aujourd’hui, on peut parler de deux mois pour faire une pareille distance, si on ne se mélangent pas trop. On n’a pas la même capacité qu’autrefois.&#13;
	L’invitation est lancée, il y a une première condition, il faut que tu aimes aller en forêt.&#13;
&#13;
&#13;
&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/697565443?h=9576b53e7b" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Évelyne :  Bonjour Dave !  Je sais que tu es originaire d’ici, de Mashteuiatsh et tu as dû sortir du village ?&#13;
Dave : Oui, évidemment, si on veut se perfectionner dans un domaine quelconque, il faut sortir. Tu n’as pas de cégeps et d’universités dans notre village. &#13;
Évelyne : En quoi tu as étudié ? &#13;
Dave : Moi, j’ai étudié en communications, plus spécifiquement en radio. J’ai eu le plaisir de travailler dans le domaine immédiatement à la fin de mes études &#13;
Évelyne : À quelle place ?&#13;
Dave : Je suis allé aux études à Jonquière. Il y a un département spécifique à Jonquière, département d’Art et Technologie des médias. J’ai fait mon cégep là. Par la suite, j’ai commencé par faire un petit cinq semaines à Port Cartier, sur la Côte-Nord.  Un stage et puis après ça, un emploi  qui devait être plus long que cela mais qui a duré cinq semaines et après, j’ai eu le bonheur de participer à l’ouverture d’une station radio régionale à Chicoutimi CFIX… qui a ouvert en 1987 et c’était une première station qui était une première station FM vouée à la musique populaire. Donc, ça a connu un immense succès dès le départ CFIX, j’ai eu le plaisir de participer à la création d’une radio, à l’émergence d’une radio régionale d’envergure extrêmement populaire. Ça fait que ça été un des moments absolument merveilleux que j’ai vécus. &#13;
Évelyne : Et ici au village, à la radio communautaire, est-ce que tu y as participé ou tu participes ? &#13;
Dave : Définitivement, c’est de là que commence en fait ma carrière radiophonique que j’ai entamée parce que j’ai commencé comme bénévole.  Je me souviens encore, Roger Dominique est encore là aujourd’hui, le pionnier de la radio. Des animateurs de la radio avaient lancé un appel en onde.  Moi, ça faisait quelques fois que j’allais voir les amis qui animaient là puis j’étais avec eux en studio, mais pas plus que ça. J’étais toujours impressionné, j’étais toujours également admiratif de la technique de la radio. Les consoles, le fait que l’on fasse jouer notre musique, de la bonne musique, le fait…les disques et tout ça, les écouteurs, les micros, ça m’impressionnait depuis longtemps, depuis que j’étais jeune. C’est ce qui m’attirait vers la radio en plus, la musique, je suis un amateur de musique, ça m’attirait vers la radio.  Donc, suite à l’appel fait par Roger, j’ai donné mon nom comme bénévole. J’ai fait du bénévolat à la radio communautaire ici à Mastheuhiash pendant des années, après ça j’ai étudié, après ça, j’ai fait de la radio disons plus professionnelle, dans le sens que ce n’était pas dans la communauté.  &#13;
Évelyne : Mais ici, présentement tu travailles en radio ? &#13;
Dave : Ici, présentement, je travaille au Conseil montagnais, parce que, à un moment donné, parallèlement en radio, c’est certain que j’ai évolué là-dedans, ma vie, par mes intérêts profonds, a pris une certaine tangente et j’ai décidé d’aller étudier en Sciences politiques.  Donc maintenant j’ai un emploi au Conseil des Montagnais dans le domaine de la négociation. Actuellement j’ai un emploi temporaire sur un programme communautaire mais je suis quand même président de la radio communautaire ici, président du conseil d’administration.  C’est ma façon de continuer mon implication, de me garder un pied dans la radio et puis aussi depuis quelques mois, j’ai repris un contrat d’animation dans une radio régionale AM cette fois-là, c’est plus une radio d’information plus parlée, ce que je n’avais jamais fait.  J’ai toujours fait de la radio FM musicale, maintenant je fais un petit peu plus de AM. Je travaille le dimanche à CKRS à Chicoutimi. &#13;
Évelyne : Mais il n’y a pas beaucoup d’autochtones qui se dirigent dans des communications, c’est assez rare, je n’en vois pas beaucoup.&#13;
Dave : Non, définitivement il n’y en a pas beaucoup. Effectivement il y a un manque dans ce domaine.  On n’en entend à peu près pas parler de gens qui se dirigent vers ce domaine-là, faut dire évidemment que les autochtones dont la langue première n’est pas le français, ne sont peut-être pas avantagés d’aller étudier, par exemple, un média oral où il faut bien s’exprimer en français. Ce qui fait qu’en partant ça peut freiner certaines personnes mais il ne faudrait surtout pas que ce soit freiner parce qu’il y a toujours moyen de parvenir à ses fins quand on a des buts.  C’est un beau métier et c’est un métier d’avenir. Aujourd’hui lorsque l’on pense à un métier d’avenir, on pense toujours à quelque chose de relier à l’informatique, mais il y en aussi plein d’autres : on pourrait parler de la foresterie, il y a de l’avenir et dans d’autres domaines il y a de l’avenir ce n’est pas juste dans la technologie de pointe qui offre des métiers d’avenir, mais la communication en a, parce qu’on a tout avantage dans le milieu autochtone à miser davantage et à être plus efficaces au niveau des communications puis au niveau, je dirais encore plus spécifiquement du journalisme. On ne suit pas assez de près les dossiers, on ne raconte pas assez bien les dossiers qui nous concernent. C’est un petit peu l’Omerta, la loi du silence souvent dans les réserves, on ne sait pas ce qui se passe. On a tout avantage… les jeunes devraient plus… la liberté d’expression … on est des Innus, on est libre, on se sent libre quand on est sur une réserve, mais ça c’est une autre liberté, la liberté d’expression, faut la promouvoir, faut encore plus…&#13;
Évelyne : T’es-tu eu, toi, des difficultés quand tu es allé à l’extérieur étudier en tant qu’Innu &#13;
&#13;
Dave : Franchement, je ne peux pas dire que j’ai eu des difficultés.  Moi, je suis une personne qui m’adapte très bien à toutes les situations, un caméléon.  Je n’ai pas vécu de difficultés, j’ai de bons rapports avec tout le monde mais ça fait partie de ma nature aussi, j’aime m’entretenir… l’amour dans le fond autour de moi, j’aime entretenir de bons rapports avec les gens, ça fait que j’évite de me placer dans des situations trop conflictuelles&#13;
Évelyne : Et avec ton nouveau métier je pourrais dire, ton nouveau en tant que… c’est complètement différent, c’est dans la politique ? &#13;
Dave : Oui, bien en fait j’ai travaillé dans… &#13;
Évelyne : C’est dans les communications mais … ? &#13;
Dave : Oui, c’est un petit peu une des raisons qui fait que mon employeur c’est intéressé à mes services je pense là, dans cette situation-là, quand je parle de politique j’ai travaillé au niveau des négociations, j’ai été embauché en partie pour mes capacités en communication mais il y a un champ d’intérêt qui me touche là, la politique, non pas la politique dans le sens de devenir politicien, de devenir un élu, simplement la politique avec un grand P, des enjeux sociaux, des enjeux juridiques.  Évidemment tout m’intéresse, j’ai étudié là-dedans, je n’ai pas terminé par exemple… j’ai pas eu le temps &#13;
Évelyne : Tu peux être polyvalent tu penses, aujourd’hui ? &#13;
Dave : Certainement qu’il faut être polyvalent aujourd’hui idéalement, ce n’est pas… ce n’est pas toujours facile la polyvalence.  A la limite, ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir l’être mais il faut essayer de l’être, je pense que oui. &#13;
Évelyne : Le métier que tu fais présentement, comment ça va dans la communauté ?&#13;
Dave : Je travaille présentement sur une base intérimaire sur un programme d’initiative communautaire.  C’est un programme qui vient d’être mis sur pied par le Conseil des Montagnais pour inciter le milieu à se prendre en main, à certains niveaux évidemment, pas à tous les niveaux, particulièrement au niveau des problèmes sociaux, et de la diffusion culturelle je dirais.  Le Conseil des Montagnais souvent n’est pas en mesure de répondre à des demandes, par exemple, de financement.  Ne faut pas se cacher, c’est de l’argent que les gens souvent demandent pour une idée, pour un projet. Avant que le programme sur lequel je travaille, existe, je n’avais pas… le Conseil était souvent tiraillé, il devait étudier la question spécifiquement, cas par cas, regarder ça.  La plupart du temps la réponse était non, mais maintenant il y a un programme qui est là. Les gens peuvent appliquer à un programme, peuvent monter un projet par exemple de banque alimentaire, peuvent organiser, je ne sais pas… Pour les démunis dans la communauté, si quelqu’un a l’idée de partir une maison pour eux-autres ou si quelqu’un à l’idée de partir… de faire déjeuner les enfants qui ne mangent pas le matin avant de partir pour l’école.  Ou encore, ça c’est le volet social, il y a le volet culturel aussi qui lui, si quelqu’un veut organiser un événement culturel comme là, prochainement, il va y avoir un symposium des Arts et de la Culture. Ça s’en est une initiative qui est financée par le programme sur lequel je travaille, c’est très intéressant. &#13;
Évelyne : Ça va se passer… ? &#13;
Dave : Oui, ça va se passer ici à la fin juillet &#13;
Évelyne : Et ça regroupe combien de monde… ?&#13;
Dave : Le symposium ?&#13;
Dave : Le symposium devrait regrouper pas mal d’artistes et d’artisans. D’ailleurs ils font un effort assez intéressant pour faire participer des Autochtones d’autres nations qui ont des liens étroits.  Ça va être un bel événement qui va se dérouler fin juillet. &#13;
Évelyne : Si tu avais un mot à dire aux jeunes c’est quoi ? Quel message tu laisserais aux jeunes toi ? &#13;
Dave : C’est faire sa place !  Pour faire sa place faut essayer le plus possible de se fixer des buts qu’on pense atteignables… de se faire confiance parce qu’on vient qu’on se connaît. Plus ont vieilli, plus on se connaît, on est capable de savoir ce qu’on… quelles sont nos capacités et quels sont nos buts. Ça, un moment donné, peut-être que des jeunes qui ne voient pas de lumière au bout du tunnel, s’ils ont vécu des enfances pas très faciles ou des adolescences pas très faciles, je pense que s’ils arrivent à passer à travers ça, en tout cas, c’est déjà une bonne étape et après ça, on se connaît et on apprend à savoir ce qu’on veut de nous, qu’est-ce qu’on peut faire. Et à partir de là, c’est là, ne lâchons pas ! Ayons, gardons nos buts. Faisons, prenons les étapes nécessaires pour arriver à nos buts sans lâcher ! &#13;
Évelyne : T’as-tu d’autres choses à ajouter ou dire ? &#13;
Dave : Bien moi c’est vrai, je n’ai pas souvent l’occasion de le dire, merci de me donner cette opportunité-là.  Moi tellement… je le dis de temps en temps mais jamais publiquement, c’est rare, j’hésite pas à le dire mais j’ai tellement vécu une enfance heureuse ici à Mashteuiatsh , j’ai tellement été un enfant heureux que…. Ce sera toujours un endroit… toujours ma place c’est certain. Souvent je suis nostalgique… je suis encore très heureux aujourd’hui je veux dire, mais ce n’est pas pareil… C’est une belle place ici Mashteuiatsh, regardez le lac, le caméraman a pris des images. C’est absolument fantastique les couchers de soleil, les levers de soleil. Bon, au niveau physique c’est merveilleux, mais les gens aussi, les Ilnuatsh des gens simples, c’est des gens qui sont heureux malgré que depuis quelques années-là, une dizaine, une quinzaine d’années c’est plus difficile socialement à cause de différentes choses, entre autres, la loi C-31, le fameux débat qui a entouré cela, mais fondamentalement les Ilnuatsh c’est un peuple qui est plaisant à vivre, on est le fun, on est du monde le fun. J’ai été heureux ici, je le suis encore ! &#13;
Évelyne : Merci ! &#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/680674096?h=89bf404cca" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/680674096"&gt;Dave Casavant&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Évelyne : Quel est ton nom et tu es originaire d’où ?&#13;
Ernest : Mon nom est Ernest Dominique, je suis resté ici, mon père était originaire de Betsiamites. On m'a baptisé à Betsiamites. De temps en temps on y va à cet endroit, on a beaucoup de parenté.&#13;
Évelyne : As-tu un lien de parenté avec Madeleine ?&#13;
Ernest : Oui, c'est la fille de mon oncle.&#13;
Évelyne : Tu dis que ta mère est originaire de Ekuanitshit ?&#13;
Ernest : Non, elle vient de Pekuakamit, elle porte le nom de Siméon. C'est ton grand-père qui vient de Ekuanitshit ?&#13;
Ernest : Oui, notre grand-père vient de Mamit. Il est petit de taille et nous on est grand. Mon père aussi n'était pas grand. Mais ma mère est grande, les Siméon sont grands.&#13;
J’avais 10 ans, je me rappelle un peu ce qu'on faisait avant l'arrivée de tshisheuatishiun (bonté, générosité) les Innus restaient ici dans des petites maisons avant qu'ils reçoivent des maisons (grosses).&#13;
Évelyne : Comment vois-tu l’avenir des Innus ? Est-ce que la culture innue va exister longtemps ?&#13;
Ernest : Ils existeraient longtemps si les Innus se rassemblaient plus souvent pour se connaître, pour monter dans le bois, ça ne se fait plus comme avant depuis que nous vivons avec des blancs. C'est comme si on était gêné de vivre ensemble. Ici, il y a des blancs, on ne les voit presque pas, mais quand il y a des activités payantes là on les voit, les blancs.&#13;
Évelyne : Allons-nous exister longtemps ? Est-ce que la langue et la culture innue vont survivre longtemps ? Est-ce que l’Innu va rester dans le bois ?&#13;
Ernest : Ce que je pense, c'est comme si l’Innu ne voulait plus chasser parce qu'il y a trop d’argent. Avant l'arrivée de tshisheuatishiun, il n'y avait pas d'argent, tout le monde partait dans le bois pour subvenir à ses besoins. Aujourd'hui, tout le monde a de l'argent même l'étudiant a de l'argent. Et lorsqu'il a terminé ses études, il n'a pas besoin de monter dans le bois, il a beaucoup d'argent. La culture va probablement se perdre. Aussi, la langue innue, ils ne veulent pas le parler. Nous parlons toujours l’innu, c'est notre langue.&#13;
Évelyne : Vas-tu voir d'autres Innus comme tu dois avoir d'autres parents à Ekuanitshit, Betsiamites ?&#13;
Ernest : On y va toujours à Betsiamites voir notre parenté, car nous en avons beaucoup, les Dominique, les Hervieux. Même ma femme elle en a, mais elle ne les connaîtra pas si elle ne va pas les voir. Un jour, lors des activités, je lui dis d'aller dans une maison et c'est là qu'elle s'est découverte de la parenté, c'était les Picoutlaigan, celle qui s'est marié avec une Germain. Ce nom avait été changé pour Étienne par le curé.&#13;
Avec les argents d’Hydro Québec, ils veulent faire un terrain de golf. C'est beaucoup d'argent.&#13;
Évelyne : Et la culture Innue, ils ne s'en occupent pas ?&#13;
Ernest : Non, ils investissent l'argent ou ça va rapporter des revenus. C'est comme l'artisanat, il n'y en a plus parce que quand il y en a, ils ne payaient que très peu. Moi, je m'en souviens qu'une paire de raquettes, ils nous payaient 30 $ pour la faire et eux la vendait 200 $. On m'a demandé de faire des outils traditionnels pour gratter les peaux d’orignaux et quand je les ai terminés, ils ne nous ont pas invité pour montrer leur utilisation. Il y a juste les blancs qui travaillent. Il y a une grande injustice vis-à-vis des Innus. Avant ça, les Robertson avaient une grande entreprise, ils demandaient toujours quatre à cinq noms pour le travail et aujourd'hui, il y a seulement les blancs qui travaillent là.&#13;
Évelyne : Il doit y avoir beaucoup d'injustice puisque tu m'en parles souvent ?&#13;
Ernest : C’est une grande chose lorsque tu veux prendre ta place, ils te persécutent, ils te disent qu'ils vont t ‘emprisonner par les agents de sécurité publique qui sont des blancs et même des anglais, les Moar, le chef, on l'appelle ici, le blanc anglais, il vient de l'État de New York.&#13;
Évelyne : Si je te comprends bien, vous ne vivez plus comme un Innu vivait avant ?&#13;
Ernest : Non, ici pour nous, il n'y a pas grand-chose de ça, les blancs nous bloquent toujours lorsqu'on veut quelque chose. C'est comme la chasse, ils veulent s'approprier le plus possible de terrain. C'est ainsi encore, comme ils font avec les agriculteurs. Anciennement, ce n'était pas de même, les Innus s’accordaient très bien, tu pouvais aller à la chasse ou tu voulais.&#13;
Anciennement, on s'écrivait pour s'informer de notre situation et aujourd’hui, avec toutes les facilités qu'on a, on ne se donne plus la peine de le faire.&#13;
Évelyne : Je te sens peiné qu’il n'y a plus de ça aujourd’hui ?&#13;
Ernest : C 'est très regrettable aussi le fait de ne pas savoir où va l'argent et qu'est-ce qu'il va arriver plus tard ? De savoir qu'on va payer comme le blanc paye, d'ailleurs, nous commençons déjà à payer lorsqu'on achète de l'alcool ou le linge.&#13;
Évelyne : Que donnerais-tu comme message aux jeunes ?&#13;
Ernest : D’écouter et mettre en pratique ce que leurs parents leur disent. Aujourd'hui, les jeunes n'écoutent plus ce qu'on leur dit. Ils sont autonomes.&#13;
Évelyne : Et pour la langue innue, que leur dirais-tu ?&#13;
Ernest : On nous a dit qu'ils ne veulent pas engager un Innu d'ici pour enseigner la langue à nos jeunes, mais un nouveau de l'extérieur.&#13;
Évelyne : Tous tes enfants parlent l’innu ?&#13;
Ernest : Oui, et quelques-uns parle l'anglais.&#13;
Évelyne : Ce que tu appelles tshisheuatishiun, c’est l’argent ?&#13;
Ernest : L’argent que le gouvernement a donné aux Innus, nous on l'appelait de cette façon tshisheuatishiun&#13;
&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/682550199?h=439bd4d09a" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/682550199"&gt;Aness Ernest Dominique&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Oral History</name>
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              <text>Transcription : Kanikuen Gabriel mak Ann Marie André (2005)&#13;
KG : (Je salue) tout le monde. Je suis un Innu, je viens de Schefferville. Ça s’appelle Kaitushkanut. Ça s’appelle Natakamaikan d’où je viens. Je suis né en ’38, le 30 octobre à l’intérieur des terres. Où nous sommes présentement à Schefferville, c’est une distance de 45 milles plus loin (de Schefferville) à l’automne vers la fin du mois d’octobre.&#13;
Mon arrière-grand-père était déjà là, ils étaient déjà là avant que je vienne au monde. Par la suite, mon grand-père y était, mon père et moi j’y suis né dans notre territoire. Nous sommes toujours restés là depuis très longtemps, mon arrière-grand-père, mon grand-père, moi et mes enfants y vont. Nous occupons toujours le territoire aujourd’hui.&#13;
Quand nous montions dans le bois, je vais parler du temps où on montait. Nous sommes à Mishta-shipit, Uashat. Quand nous montions c’était à la du mois d’août. C’est une distance de 600 milles où nous allons nous rendre. Quand nous sommes rendus à Schefferville, nous continuons notre trajet plus loin, encore 100 milles de voyage.&#13;
Voix : Comment ça s’appelle où vous allez ?&#13;
KG : Ça s’appelle Tshetishkushu, les Blancs eux nomment cet endroit Champs Doré. Nous étions à Uashat et quand le temps est venu pour monter dans le bois, j’avais très hâte. J’étais tanné, je n’aimais pas ça à Uashat. Vraiment je n’aimais pas ça, j’aimais mieux être en forêt.&#13;
Quand nous montions dans le bois à la fin du mois d’août, je sais qu’on ne verra plus un magasin. On ne le verra jamais pendant une bonne dizaine de mois. Pas d’hôpital, pas de médecin où nous serons dans le bois l’hiver.&#13;
Parfois quand nous montons dans le bois, (une fois) ma mère était enceinte. Je ne savais même pas, je n’en étais pas conscient (de son état). Parfois, au début du mois de novembre, à la fin du mois d’octobre, quand j’arrive là le soir, (à ma grande surprise) il y a un bébé. On l’avait trouvé dans un tronc d’arbre, disait-on. J’avais comme un regret, j’aurais aimé que ce soit moi qui le trouve. Je regrette que ce ne soit pas moi qui l’ait trouvé. (sourire)&#13;
Donc nous y sommes restés. Nous allions à la chasse aux caribous, l’ours, pour qu’il y ait quelque chose à manger pendant l’hiver. Quand on tue une dizaine de caribous, c’est de cet animal qu’on fabriquera des chaussures, avec de la peau fumée, peut-être que l’on visionnera un peu plus tard la fabrication des chaussures. On le suspend dehors, on l’étire, pour faire nos raquettes. Ce seront nos raquettes. On n’a jamais vu de ski-doo, on n’a même pas mentionné qu’il y avait un chemin. L’histoire que je vous raconte date presque de 60 ans, de ce que je me rappelle. On ne verra jamais d’hôpital, ni de magasin. Ce sera seulement le caribou, de la viande et du poisson aussi. Toute l’année, nous vivions que de cela, c’est cela qu’était la subsistance de tous les Innus.&#13;
Les Innus étaient partout (dans le territoire). Parfois en hiver, nous voyions des Innus, des Fort Chimo-innuat. Nous les rencontrions. Nous avions vu aussi les gens de Sheshatshit. Tout le Québec, tous les peuples innus se rencontraient. (Un Innu) de Fort Chimo, de Sheshatshit, nous voyions également les Cris, Uapamekushtiku (dans la région de Baie James) aussi les avions vus en hiver. Les Pessamiunnuat (gens de Pessamit) aussi ont été vus. On rencontrait également les gens de Pointe-Bleue (Mashteuiatsh). Tous les peuples innus occupaient le territoire du Québec&#13;
KG :Pour les Aissimeuat (Inuit), on savait qu’ils étaient là, mais on ne les a jamais rencontrés c’est ce qu’on disait. On aurait dit qu’ils n’aimaient pas rencontrer les Montagnais. Tous les gens de Mingan, Natashquan on les avait rencontrés. Tous les peuples innus se rencontraient, tous les Innus. (métrage : 5 :26 à 5 :30 on n’entend rien). &#13;
Le 25 juin, nous arrivions à Uashat. Arrivés à destination, j’avais déjà hâte de repartir (dans le bois). Je vais parler des activités dans le bois d’une année.&#13;
La première chose que je vais raconter, la première fois que nous partons (montons dans la forêt), on veut faire ça vite parce qu’on a peur du gel des lacs, de peur de ne pas arriver à destination dans son territoire. Tout le monde aime, n’est-ce pas, être dans son territoire. Vois les gens de Mingan, Natashquan, Uashat, ils ont hâte d’arriver (dans leur territoire) pour y être. Ils ont peur de ne pas pouvoir arriver à destination à cause du gel. &#13;
Quand les lacs sont gelés, ils ne peuvent s’y rendre à destination. Les grands lacs comme Ashuanipi, je me souviens il faisait nuit, on naviguait. Nous avions peur qu’il vente. Parfois les Innus sont pris par le vent. Une fois on racontait que les Innus étaient pris pendant une semaine à cause du vent et qu’ils ne pouvaient pas naviguer. Quand le vent tombait, ils naviguaient dans la nuit afin de se rendre le plus loin possible, avant que le vent reprenne. Tout le monde était à la course pour arriver à destination, pour y rester. Il a très hâte d’arriver, c’est son territoire. Nous restons là toute une année. Après avoir tué des caribous…&#13;
Voix : ?&#13;
KG : … c’est à cause de cela que les Innus pouvaient se rencontrer. Il y a un lac où il y a une abondance de poissons.&#13;
AMA : Un instant. On s’est dépêché pour venir ici, c’est quoi t’avais dit en dernier ?&#13;
KG : Avant le gel (des lacs), le monde se dépêchait pour arriver (dans son territoire). (S’adressant à elle, tu me poseras la question : « Comment se fait-il qu’on pouvait rencontrer d’autres Innus ? » Et je te répondrai.&#13;
Voix : Qu’est-ce que tu dis ?&#13;
KG : Tu vas me demander (s’adressant à la femme) : « Comment se peut-il que vous ayez rencontré d’autres Innus de Uapamekushtiku, Pessamit ? » (rires)&#13;
AMA : Comment ça se fait que vous ayez rencontré d’autres Innus de toutes les origines, gens de Sheshatshit, gens Uapamekushtiku, gens de Natashquan, ?&#13;
KG : C’est à cause des animaux. Il y avait plusieurs endroits où il y avait une abondance de caribous. Également où il y a une abondance de poissons. Surtout quand l’Innu avait de la misère, quand il manquait de nourriture, même si ces endroits sont très loin d’où ils sont, l’Innu va y aller. Quand il (Innu) rencontre d’autres Innus de Pessamit, Mashteuiatsh, ce sont ces gens que Pierre Mckenzie avait rencontré. La personne connaît les lieux d’abondance de caribous et c’est pour cela qui y vont eux aussi. C’est à cet endroit qu’ils se rencontrent. Ils pouvaient en tuer et c’est là qu’ils se sont rencontrés. Il y avait toujours une belle ambiance et ils mangeaient ensemble. Il est content que l’autre Innu ait tué le caribou et c’est alors qu’ils mangent ensemble.&#13;
Aussi le lac où il y a une abondance de poissons à Kaniapishkau. Il paraît qu’il y en avait en très grande abondance de poissons. C’est à cet endroit qu’on pouvait rencontrer les gens de Mashteuiatsh, Pessamit. Les gens de Fort Chimo aussi y allaient. Cependant, les gens de Mingan n’y allaient pas.&#13;
Quand nous, nous allions à Petshissikupau, c’est là que nous rencontrons les gens de Sheshatshiu. Aussi à Patshishetshunau (aujourd’hui réservoir Churchill Falls, j’espère que je ne me trompe pas), on y allait aussi et ce sont les gens de Sheshatshit qu’on rencontrait.&#13;
AMA : C’est pour des provisions que vous alliez là ou…?&#13;
KG : Le castor valait une très grande valeur autrefois et c’est juste là que se trouvait au Patshishetshunat, Uinnukapau-shipu. Plusieurs Innus de Uashat sont allés là à cause de la valeur du castor. C’est pour cela que l’on rencontre les gens de Sheshatshit, Mingan, Natashquan.&#13;
AMA : Ça devait être juste une fois que vous êtes allés là à Patshishetshunat ?&#13;
KG : Oui, mais on y est resté plusieurs années. Ce que je raconte, c’était pendant la guerre, à peu près dans les années ’40. On y a rester plusieurs années. On rencontrait les gens de Sheshatshit, Mingan Innuat, Natashquan.&#13;
Une fois nous sommes descendus vers Sheshatshit  en 49. Nous sommes restés là pendant une année. Nous ne sommes pas descendus à Uashat. Cela ne fait pas longtemps, c’était à la création de la réserve de Mani-utenam. Quand nous sommes arrivés ici (à Uashat), Mani-utenam existait déjà.&#13;
AMA : Quand vous étiez à Sheshatshit, vous deviez vivre que du caribou, du poisson ?&#13;
KG : Oui.&#13;
AMA : Aussi le phoque ?&#13;
KG : Quand nous étions à Sheshatshit, il y avait un magasin HBC. L’Innu ne s’intéressait pas du tout au phoque, l’Innu n’en mangeait pas. En tout cas, pour moi, je ne l’ai jamais goûté, je ne l’ai jamais mangé. Ils ne mangeaient que du poisson. Quand nous étions à Sheshatshit, on posait le filet, on ne mangeait que de la truite grise.&#13;
AMA : Il y avait aussi le saumon ?&#13;
KG : Oui, il y en avait. On dit que, là où sont les communautés au bord d’une rivière, à l’embouchure, c’était parce qu’il y avait du saumon. Tu vas le remarquer qu’il y a une communauté au bord d’une rivière où il y a le saumon. Les Innus cherchent des places pour y rester où il y a le saumon l’été. 12 :45&#13;
KG : C’est ce que moi j’ai connu, de ce que je me souviens. C’est de cette manière que nous vivions. Comme je te dis, le magasin on ne le verra plus jamais. Pendant les douze mois, je ne voyais pas de magasin. Pas d’hôpital. Comme l’enfant n’avait pas conscience que sa maman était enceinte et elle a accouché. Comme moi je me souviens un jeune frère ou une jeune sœur est née à l’automne. Après deux nuits, elle… je crois qu’on ne permettait pas à une femme après avoir accouché de bouger beaucoup (aujourd’hui). Ce que je me souviens, ma mère après son accouchement, après deux nuits, nous partions en voyage qui durait deux jours. (Autrefois) l’Innu était très fort à cause de son alimentation, de sa subsistance. Il était vraiment en forme.&#13;
On dirait que depuis qu’on demeure dans une maison en bois ronds, la personne tombe malade quand elle prend froid un peu. Quand elle a les pieds trempées, elle tombe malade. Quant à nous, on ne tombait jamais malade (.). Ça n’arrivait pas souvent que quelqu’un tombe malade. Ils (les adultes) aimaient beaucoup et les enfants aussi. Comme moi, j’ai toujours aimé (vivre dans le bois).&#13;
À la construction du pensionnat à Mani-utenam, on a beaucoup insisté que j’aille à l’école. Les curés avaient insisté pour que j’aille. Il y avait qu’une personne qui a parlé pour moi pour que je n’aille pas (au pensionnat), c’était mon père. Il ne voulait pas du tout que j’aille à l’école. Comme je connais très bien (la vie) en forêt, il avait peur que j’arrête (de monter dans le bois), que j’aie perdu ce goût de monter (dans le bois), et je n’y suis pas allé. Et depuis ce temps j’aime beaucoup (la vie en forêt).&#13;
Je vois aujourd’hui les jeunes suivre les deux cultures. J’en suis content pour eux. Il y a beaucoup d’enfants qui aiment aller à l’école. Il y en a aussi (qui aiment la vie) en forêt. Ils aiment les deux cultures. Et je crois que c’était un bon choix pour eux. Ils n’auront jamais de misère. Une personne qui est attirée par deux cultures ne connaitra pas de misère. Aujourd’hui l’éducation est très importante, car le jeune, il lui faudra un emploi. S’il (le jeune Innu) connaît les deux cultures, cela lui sera d’un grand secours (dans sa vie). Jamais il n’aura de problème.&#13;
C’est ce que nous vivions en forêt. Au printemps c’était agréable, car c’était l’arrivée du gibier. C’était un bon temps pour moi, et ce que j’avais aimé le plus c’était le temps de Noël.&#13;
AMA : C’était quoi les activités ?&#13;
KG : Il y avait toutes sorte de nourriture à Noël. Vois, quand nous montions à l’intérieur des terres, et ça devait être la même chose pour les autres familles, nous laissions nos provisions loin d’où nous étions, à ne plus être capables d’aller les chercher avant le gel. Le gel arrivé, quand Noël était proche, c’est alors que les gens allaient en chercher, leurs provisions qui avaient laissées (en montant). Dans leurs provisions, il y avait la farine, la graisse, le sucre. À Noël, un festin commence. Rien ne manque. Il y a le sucre, la farine, la graisse, le creton. C’était bien l`fun. Il y avait aussi la graisse de caribou. Une belle tablée pour la nuit de Noël. Le lendemain, le dimanche, on continue à festoyer. Parfois l’Innu mange trois fois. Il y avait une grande quantité, à manger de la graisse de caribou. &#13;
Comme ce sera la dernière fois que les Innus seront ensemble, ils se parlent longtemps. Celui avec qui on avait parlé longtemps, c’est lui qui viendra manger avec le groupe. À Noël. C’est ce qu’il lui avait dit (de venir) et il est venu.&#13;
Quand une famille avait beaucoup d’enfants, elle a failli manquer le temps de Noël. À cause du froid aussi. Arrivé à cet endroit (où il a été invité), on le fait entrer, c’était une grande maison (ou tente), « tu vas dormir ici, tu ne vas pas te tenter », lui a-t-on dit. Le lendemain, tout le monde se met à planter sa tente. &#13;
Il y a aussi une tente qui sera agrandie. C’est là qu’il y aura une prière dans la nuit et aussi le festin. Le plus que j’ai aimé, c’est… tu n’es pas encore levé, n’est-ce pas ? On entendait du bruit, il y avait des Innus qui tiraient du fusil. C’était une salutation, on disait (un tir pour) le prêtre, un autre tir, quelqu’un qui disait : « ça c’est pour mon oncle, ma tante». Il y avait beaucoup de tirs. C’était bien l’fun au Jour de l’An. C’est seulement (au Jour de l’An) que les Innus se donnaient des cadeaux. Quand (la personne) venait te saluer, il te dit qu’il te donne soit un sceau de graisse, un sac de farine, 2 lbs de sucre. Aussi tu peux avoir du tissu pour te fabriquer une veste. C’est ce genre de cadeaux qui se donnaient. J’ai beaucoup aimé (ce temps), je regrette que ce ne soit plus comme ça. C’était vraiment plaisant.&#13;
C’est ce que j’ai vécu dans mon enfance. C’était plaisant. Il y avait des visiteurs comme les gens de Sheshatshit. Ils étaient beaucoup et passaient Noël avec nous. C’était très plaisant et il y avait beaucoup de monde. Même chose pour le Jour de l’An, il y avait beaucoup de monde. Vraiment plaisant.&#13;
Après Noël, vers la fin du mois de janvier, dans le mois de février, le temps change. Chacun partait dans (son territoire). On restait ensemble dans le temps des Fêtes pendant un mois de temps. Parfois deux mois. Et voilà les gens qui partent (dans leur territoire respectif).&#13;
Parfois au printemps, les voilà réunis. C’était plaisant aussi à Upashkueshkau (Rivière McPhaden), près de Minaikut. Là aussi au printemps c’était très plaisant. J’oublie par exemple, je ne m’en souviens pas très bien. C’est un lieu de rencontre des Innus. Quand on descend au printemps, nous nous rendons au large, on embarque ensemble, c’est une très grande rivière, aujourd’hui Millage 301, sur le chemin de fer et on restait l’autre bord de la rive. &#13;
Il y avait des bernaches et on les chassait. Aujourd’hui il n’y en a plus. Ils ne passent pas par ici. On les chassait une journée, deux jours, on en avait tués une centaine. Un autre festin, beaucoup de nourriture et il en restait beaucoup, de la graisse de caribou. Il y a beaucoup de monde. Après avoir tout mangé, nous voilà à la descente (à la côte). Ç’a pas été long. Pas très longtemps on est rendu à Uashat. (20 :24) C’est tout de ce que je me rappelle. Avez-vous d’autres questions à me poser&#13;
AMA : Est-ce que vous étiez longtemps à Mushuau-shipit (Riv. Georges) où il y avait beaucoup de caribous ?&#13;
KG : Oui, après avoir tué des caribous. Il y avait des hommes qui partaient là (où les caribous se trouvaient) et quand il n’y en avait pas, ils allaient à une autre place. Il paraît qu’ils en ont tué une trentaine. Arrivés au campement on restait là. Quand il y avait beaucoup de monde, parfois on savait que d’autres familles n’avaient pas tué de caribous, ils n’avaient pas de chance d’en tuer. On allait les trouver et on restait avec elles. Après s’être régaler (du caribou), d’autres hommes partaient pour une autre chasse aux caribous. Ils vont chercher des caribous à d’autres places. D’autres caribous tués. De nouveau, on se rassemble.&#13;
Cette année-là, je me souviens que c’était un temps difficile, comme ce mois-ci (je crois que c’est au mois de décembre), l’autre mois, on ne pouvait pas aller chercher le caribou, car il était dans la toundra où il n’y avait pas d’arbre. On attendait qu’il fasse beau. On a attendu très longtemps. C’était vraiment un temps difficile, car il n’y avait pas d’arbre.&#13;
Aussi en hiver, les Innus allaient magasiner, chercher des munitions et du thé. Il ne fallait pas traîner beaucoup de choses, seulement (des provisions) pour un tobagan. Parfois ils vont chercher du thé à Fort Chimo, et surtout des munitions pour les utiliser au printemps ainsi que du thé et du tabac. Il ne fallait pas qui lui en manque du tabac et du thé, surtout pour les aînés, c’était très important pour eux, pour les Innus. Parfois il se rendent à Nain pour s’approvisionner, aussi à Utshimass-assit (Natuashish), Sheshatshit.&#13;
Comme moi, je suis déjà allé à Sheshatshit pour aller s’approvisionner. On est allé chercher des munitions, de la nourriture. Nous avons eu un peu de farine.&#13;
AMA : Combien de jours vous a pris pour vous approvisionner?&#13;
KG : Nous, nous sommes partis pour Meshikamau, ce n’est pas très loin de Schefferville. Il y avait 7 couchers pour s’y rendre. Pour revenir, 10 couchers. À Sheshatshit, nous restions une semaine. Nous nous installions bien comme il faut et après avoir fait nos bagages, notre équipement, nous partions en traînant notre tobagan. Le plus qu’on amène dans le bois, ce sont le tabac, le thé et les munitions. Afin qu’ils n’aient pas de misère, sa vie en dépend. S’il lui manque des munitions, il ne pourra pas chasser. Il faut bien surveiller ses munitions. Quand ils achètent du thé, ils en achètent beaucoup, car ce sont des buveurs de thé, et il leur en manquait quand même. Quand il en manquait, (les Innus) trouvaient ça très difficile. C’était leur breuvage qui leur était essentiel.&#13;
Vois mon père, il buvait du thé très très fort. Tellement qu’il aimait ça, le thé était comme en poudre pour le prendre en poignée, ce n’était pas en sachet. La dernière gorgée qu’il prenait, il prenait aussi les miettes du thé. (rire) Il aimait vraiment le thé.&#13;
AMA : Combien de boites de cartouches devait-il en avoir assez ?&#13;
KG : Ses cartouches, autrefois par exemple c’était… l’Innu n’en utilisait pas beaucoup. Il faisait très attention. Quand tu entends un Innu tirer, quand tu entends trois coups, il pourrait tuer quatre caribous. Parfois, (les Innus) en tuaient deux par un seul coup. Quand il va tirer une vingtaine de fois, tu es certain qu’il en tue une vingtaine.&#13;
Aujourd’hui, les jeunes… savent… quand il lui manque de munitions, il ne fait que se rendre au magasin. Il est sur place. Autrefois, les Innus savaient qu’ils étaient très loin, s’ils ont utilisé toute leur munition, ils n’en auront pas. (Autrefois), ils faisaient très attention à leurs munitions. Ils savaient quand et comment utiliser leur fusil. À chaque fois qu’on tirait, quand on tirait trois fois, tu sais que ce n’est pas pour rien qu’on tire des coups. Ils ne tiraient pas au hasard. Quand (les caribous) étaient loin, ils ne tirent pas dessus. Ça pouvait arriver, mais c’est seulement quand ils manquaient de nourriture, ils font ce qu’ils peuvent, et pourraient en tuer un au moins.&#13;
AMA : As-tu déjà eu connaissance de la famine ?&#13;
KG : J’ai eu connaissance une fois, mais mon père disait que ce n’était pas vraiment une grosse famine. Il disait : « Nous dans le passé, nous connaissions la famine ». C’est juste cela que j’en ai eu connaissance, mais pas très longtemps. (Pas longtemps après) les caribous avaient été tués. Après en avoir tué, ils sont allés chercher de l’approvisionnement à Nain. Certains vont à Utshimass-assit. Quand ils arrivent, ils apportent beaucoup de choses.&#13;
Une fois, assez longtemps quand même, quand ils apportaient de la nourriture, on pouvait tenir un bon bout. On peut manger, de la farine. Moi ce que j’ai beaucoup aimé des biscuits nommés « kautetakushiuti » (je ne sais pas si c’étaient des biscuits Pilot). On les trouvait à Nain et à Utshimass-assit. Les biscuits ont la forme d’un rein. Parfois ils emmenaient deux sacs, trois sacs par personne.&#13;
C’était vraiment plaisant. Nous avions vraiment aimé ça, rester dans le bois pendant une année complète, douze mois de temps, tu ne t’en aperçois même pas. C’est sûr c’était difficile quand il manquait de nourriture. Mais…&#13;
Ce que l’Innu voulait savoir, où seraient les autres familles. C’est ce qu’ils disaient : « Je serai à tel endroit cet hiver ». Il ne sera pas loin. « Si tu fais une bonne chasse, si vous tuez des caribous, vous viendrez nous voir », ils devaient se dire. Quand l’autre en tuait, on allait les trouver. Tout de suite après, d’autres personnes, surtout les jeunes qui sont en forme, partaient pour une autre chasse. On disait qu’ils avaient tué une trentaine de caribous. Les aînés sont contents de cette récolte. Ils seront corrects, surtout quand il ne fera pas froid.&#13;
Ce qui était difficile, c’est ce mois-ci et l’autre mois, cela fait trois mois, n’est-ce pas ? Pendant ce temps, il faut que la nourriture soit prête. C’est très difficile pour quelqu’un qui cherche de la nourriture parce qu’il fait froid. Quand ils ne peuvent pas tuer disons ce mois-ci, décembre, c’est dans ce temps-là que l’on cherchait le caribou. Il nous faudra se soutenir jusque vers la fin de février. &#13;
KG : Rendu au mois de mars, là on peut chasser. Le jour s’est rallongé. Il ne fait pas aussi froid.&#13;
AMA : Peut-être aussi qu’on pose des pièges, n’est-ce pas ?&#13;
KG : C’est le temps de poser des pièges dans le mois de mars. Aussi au mois de novembre. On ne pouvait chasser pour des fourrures à l’année, on ne cherchait que pour de la nourriture. C’est dans le mois de mars jusque vers le mois d’avril qu’on chassait. Chasser le renard. Aussi c’est seulement au mois de novembre qu’on pouvait chasser. Et rendu en hiver comme aujourd’hui, on est à la recherche de la nourriture pour la subsistance de l’hiver. C’est ce que je me rappelle. C’était notre façon de vivre. Tout les Innus avaient ce genre de vie.&#13;
AMA : En forêt, as-tu eu connaissance des accidents, de mortalité ?&#13;
KG : Nous avons vu plusieurs choses arrivées, c’était vraiment difficile. Moi ce que j’ai vu, ce sont des personnes dont leurs canots ont chaviré. En forêt, qu’une personne soit morte de froid, je n’ai jamais vu ça. La seule fois c’est à la descente, des personnes qui sont morts noyées. On a pu sauver une personne, l’autre on n’a pas pu. Un Innu est décédé et il avait beaucoup d’enfants. (Celui) qui était sauvé, lui aussi avait beaucoup d’enfants. Mais au moins il a été sauvé. On a à peine réussi à le sauver. Ça fait vraiment pitié de voir quelqu’un avoir un accident. Celui que nous avons sauvé, on ne voyait que sa tête à la surface de l’eau. Je voyais beaucoup d’eau entrée dans sa bouche. L’autre… Ce qui se passe, l’Innu savait très bien nager, il était No. 1 à la nage à Uashat et c’est lui qui est décédé, parce qu’il a été trop longtemps dans l’eau.&#13;
« Il voulait sauver son ami, il ne savait pas trop quoi faire. Il était là à le surveiller, il flottait sur l’eau », disait celui qui était vivant. « Je vais me rendre au rivage », a-t-il dit, « je vais débarquer de l’eau et me rendre à la maison », m’a-t-il dit. « J’ai pitié de toi, toi qui vas mourir », a-t-il dit. Et c’est lui qui est décédé, parce qu’il était longtemps dans l’eau. Il aurait dû y penser, pour débarquer. Les deux seraient en vie. On dit qu’il avait une crampe. Quelqu’un qui a une crampe, c’est comme si on jetait un roc dans l’eau et le voilà s’enfoncer direct dans l’eau. C’est ce que j’ai vu et ce n’est pas du tout agréable d’être témoin de cela.&#13;
AMA : Ce qui s’est passé, est-ce qu’on a resté longtemps à cet endroit ou on est parti tout de suite ?&#13;
KG : On est parti tout de suite. Celui qui a failli y passer dit qu’il n’aime pas rester là. C’est pourquoi on est parti tout de suite. Il a dit : « Partons en canot ». Et on est parti. C’était triste. Ce sont plutôt les enfants qui font pitié. Parce que leur papa est dans la profondeur de l’eau. Cela fait pitié mais c’est ce qu’il faut faire, (partir).&#13;
L’hiver je n’ai jamais eu connaissance que des personnes soient morts de froid ou d’avoir un accident. C’était la seule fois que j’ai vu et je suis content que je n’en ai pas vu d’autre. Mais j’ai entendu plusieurs fois que quelqu’un avait eu un accident. J’ai également entendu quelqu’un mourir de famine. Je n’ai pas vu de mes yeux par exemple.&#13;
Quand quelqu’un décédait en forêt, on transportait son corps à Ashuanipit où il y a des sépultures. Toutes les personnes décédées en hiver, on transportait les corps à cet endroit. Ce cimetière est considéré comme béni. Les missionnaires l’avaient béni pour que les personnes décédées y soient enterrées. Ça s’appelle Minishtikutaut à Ashuanipit, l’île qui se trouve dans ce lac.&#13;
C’est l’île qui a été bénie. « Vous enterrerez vos corps à cet endroit », disait-on. Le pourquoi on y dépose, à cause des animaux qui ne viennent pas y toucher. (Les Innus) y vont souvent. Mon père y est allé aussi. Il était allé installer des clôtures. Les Innus y vont souvent arranger (ce cimetière). C’est très beau. La dernière fois que j’ai vu (le cimetière) c’était bien installé. On dirait aussi qu’on a mis de la pelouse. C’est une belle pelouse. Sûrement que ce sont des Innus qui se sont occupés de la pelouse.&#13;
C’est ce qui s’est passé, c’était agréable ce temps-là.  Ça m’arrive de m’ennuyer parfois de ce temps-là, des activités d’autrefois. C’était bien agréable. Moi j’ai bien aimé ça. C’était l’fun, les enfants aussi ont bien aimé. Ils aiment quand on monte dans le bois. Ils aiment la forêt, ils ont hâte d’arriver là-bas, dans leur territoire où ils étaient toujours restés. Prends, moi j’avais très hâte de monter dans le bois. C’est ce qui s’est passé que moi j’ai vécu. J’adorais être dans le bois. &#13;
Eddy : Je sais que tu me parlais que tu as travaillé au camp pour la compagnie…&#13;
KG : Ok oui, j’ai oublié de raconter.&#13;
Eddy : (…..) Réponds à ça mais en Indien.&#13;
KG : C’est vrai, j’ai vraiment oublié de raconter ça. Je regrette beaucoup quand je pense à ça. &#13;
(Un petit arrêt dans la vidéo)&#13;
AMA : Je veux d’abord te demander si on a encore le temps de rattraper ce temps, pour la transmission aux jeunes ?&#13;
KG : J’ai vraiment oublié d’en parler. Moi ce que je regrette le plus, ce que moi j’ai réalisé. La compagnie pour laquelle j’ai travaillé, je sais que ça ne m’a rien apporté dans ma vie, c’est ce que moi je pense. C’est compréhensible que pour mes enfants ça les a aidé dans leur vie, ils ont souvent eu de l’argent. Moi ce que je pense, j’aurais dû rester toujours dans le bois. Si je travaillais six mois en été, je serais resté dans le bois l’hiver. C’est ça que je regrette. Cela ne m’a pas du tout aidé. C’était sans importance. &#13;
Tout le monde était émerveillé en pensant qu’après trente ans (de travail), je vais vivre avec ça, je vais recevoir beaucoup d’argent », pensait-il. Ça ne valait rien ça. Je vais vous expliquer ce qui arrive avec ça. Quelqu’un qui avait un tel gain, comme moi, j’ai reçu presque 800$ pour avoir travailler tant de temps. Plus tard cet hiver-là, je reçois ma pension de vieillesse au même montant 800$. L’IOC a tout coupé (le montant que j’avais reçu), du gouvernement…&#13;
AMA : Tu étais au même point ?&#13;
KG : J’étais au même point. La fois que j’ai travaillé pendant une trentaine d’année, ne m’a rien rapporté. Peut-être que c’est bon pour un jeune de quarante, cinquante ans. Il voit son argent que pour quelque temps. Après soixante-cinq ans, cela n’a aucune utilité. Il a travaillé là pour rien. C’est de ça que je regrette, cela m’a empêché (de monter dans le bois), je pourrais dire. J’aurais pu enseigner aux jeunes, à mes enfants. J’aurais pu leur montrer (la vie) dans le bois. Ils connaissent, ils savent. Mes enfants connaissent (ce genre de vie dans le bois). Nous les emmenions dans le bois les fins de semaine. Nous leurs montrions toujours (la vie) en forêt, comme la nourriture traditionnelle. (C’est en venant avec nous) qu’ils aiment la nourriture traditionnelle. On aurait pu bien leur enseigner et leur montrer la vie dans le bois l’été et l’hiver.&#13;
C’était une perte (de temps) quand j’ai travaillé pour l’IOC. J’ai aimé, le pourquoi j’ai aimé, mes enfants ont vu (connu) l’argent. Pour ça, j’ai aimé. Je n’ai jamais connu le bien-être social. Je continue à dire que je regrette, j’aurais aimé mieux rester dans le bois. J’aime tellement la vie dans le bois, car c’est là que je suis né. C’est pour ça que je regrette beaucoup d’avoir travaillé pour rien. Cela n’a pas été d’une importance. L’Innu, ce n’est pas son genre de vouloir se ramasser de l’argent comme un Blanc le fait. Le Blanc travaille pour se ramasser de l’argent, fait son budget pour la semaine pour y arriver et mettre de l’argent de côté. L’Innu ne vit pas comme ça. Quand il reçoit sa paye, il distribue à ses enfants et c’est ainsi qu’il dépense son argent au jour de la paye. Pour le Blanc c’est le contraire, il ne fait pas ça.&#13;
KG : Même si son enfant à l’âge de dix-huit ans, il le lui donne, il s’en occupe toujours. Un jeune Blanc à l’âge de dix-huit ans, il doit sortir de chez ses parents. S’il ne veut pas travailler, on dit qu’il doit s’arranger. L’Innu n’agit pas comme ça. L’Innu ne s’habitue pas à ça, car il a vécu dans le bois, car ils subvenaient à leurs besoins ensemble. C’est pourquoi je dis, je regrette beaucoup, on n’aurait pas dû… il y a aussi, je dirais mon patron, mon père avec qui j’ai travaillé, il m’a dit qu’on allait travailler. Vue que l’animal n'avait plus de valeur importante. Ça ne valait pas la peine. Il m’avait dit qu’on travaillerait. Il m’avait dit que c’était un très bon endroit pour travailler, travailler pour l’IOC. C’était une compagnie très importante, riche, qu’il m’avait dit. J’ai alors été d’accord avec lui.&#13;
Autrefois, tu ne pouvais désobéir (à tes parents). Aujourd’hui ç’a beaucoup changé. Un jeune ne pouvait désobéir à son père, ni à sa mère. Il faut absolument que tu suives ses ordres. Vois quand il m’a dit qu’on travaillerait, je n’étais pas très enchanté de faire un travail de Blanc. Il fallait que je lui obéisse. Pis ça a finit que j’ai aimé (faire ce genre de travail).&#13;
Par exemple, après avoir travaillé, disons un an, on nous a donné un congé. La première fois c’était dix-huit jours, j’ai pu monter dans le bois, aller voir notre territoire de chasse. À chaque année quand nous étions en congé, je pouvais monter dans le bois pour un mois. Après cinq ans de travail, l’IOC nous donnait congé de trois mois. Je suis resté dans le bois pour les trois mois dans notre territoire pour le sauvegarder.&#13;
Depuis que je travaille pour cette compagnie, je suis allé voir notre territoire de chasse tous les ans. En vacances, je montais toujours dans le bois.&#13;
AMA : Aujourd’hui, qui va surveiller votre territoire de chasse ?&#13;
KG : L’Innu doit faire ceci, en tout cas pour moi ce que je vais faire, tout le monde doit penser comme ça, il faut que tu le cèdes à ton enfant. La même chose fera ton enfant, le donner à son enfant. Il faut toujours qu’il y ait une transmission. Notre langue maternelle, il ne faut jamais la perdre. Même chose pour nos territoires de chasse, il faut toujours les céder à nos enfants. Toute activité innue, comme la fabrication des raquettes… J’ai vu un aîné de Mamit fabriquer des raquettes, il doit déjà avoir quelqu’un qui pour la transmission et ainsi de suite. Il ne faut jamais perdre (cette tradition), il faut sauvegarder notre culture. Les jeunes étudiants aussi doivent continuer à sauvegarder la culture.&#13;
Dernièrement je suis allé à une communauté Utshimass-assit, nous sommes allés voir ces gens. Il y avait une très grosse tente d’installée, c’était en cercle. Il y avait deux enseignants aînés, les enfants se tenaient tout en cercle, occupaient tout le bord de la tente. Si tu verrais les retailles de bois amassées en tas. Les jeunes recevaient de tous les enseignements possibles comme des raquettes, des tambours, des moulures à fourrure et tout. Si nous ne commençons pas à faire ça, nous allons perdre notre culture, si le jeune n’a pas d’enseignement. L’enseignant ne fait que transmettre son savoir. De toujours continuer, ne jamais abandonner.&#13;
La même chose pour notre langue. Il faut qu’elle perdure. Comme moi, je pourrais dire que je ne parle pas le français. Je ne suis jamais allé à l’école. Mais je connais bien ma langue, langue que j’utilise depuis longtemps. Je ne peux pas converser avec un Blanc. Juste un petit peu. Pas très bien quand même, comme les autres. Comme je dis, c’est très bien pour les jeunes qui puissent faire leurs devoirs. C’est très bon, car on aura toujours besoin de ça. Pour l’enseignement que nous avons eu en forêt, cela il ne faudra jamais perdre. Aux étudiants, il faut qu’ils soient très bien instruits de toutes les matières. Il faut que ce soit ça. Le savoir de tout le monde, il faut que ça soit transmis aux jeunes, à ses enfants.&#13;
J’aimerais que les jeunes qui fréquentent l’école présentement, apprennent leur culture afin qu’ils puissent chasser plus tard, à apprendre la culture pour la préserver, notre savoir, notre culture. La pêche, la chasse aux caribous, (la vie) en forêt, faire de la raquette. Il faut toujours préserver tout ça. Il ne faut jamais perdre notre culture.&#13;
Nous ce que nous connaissons, ce que nous savons, il faut le transmettre aux jeunes afin qu’ils sachent et qu’ils le pratiquent. Cela doit être ainsi. Se mettre au travail afin de préserver tout notre savoir, notre culture, nos pratiques. Je me promène un peu partout dans les communautés, il y a partout des enseignants, qui enseignent aux jeunes (comment fabriquer) des raquettes, tout, des tambours. Il y a des enseignants partout. C’est bon ça. C’est une bonne pratique, afin que le savoir de l’Innu ne disparaisse pas.&#13;
AMA : Que penses-tu de nos petits-enfants qui parlent l’innu-aimun et le français en même temps. Il y en a qui parlent déjà l’anglais et l’innu-aimun ? Comment pouvons-nous aller de l’avant avec ça ?&#13;
KG : Moi je dis qu’il faut qu’ils aient nos cartes innues. Il faut les enseigner. Il y en a qui sont vraiment des connaisseurs même ceux qui ne parlent pas l’innu-aimun. Ils suivent ce qui se passe dans les communautés quand même. Quand ils reçoivent ou quand ils ont leurs cartes innues, c’est dans ce temps-là qu’ils cherchent à beaucoup comprendre de la culture innue en forêt. Ils sont très intelligents, on ne pourra pas les mettre de côté. On ne pourra pas leur dire : « Tu n’es pas un Innu, ta mère est une Blanche, un Blanc ». Il ne faut jamais leur dire ça. Il faut faire attention, car c’est quand même une richesse… On va toujours les avoir ces personnes-là, car aujourd’hui ils vivent ensemble les Innus et les Blancs. Il faut aussi leur apprendre… comme ce que nous faisons pour nos enfants, il faut agir aussi de la même manière avec eux.&#13;
Par exemple, il y a un jeune ici dans le bois où nous sommes, je suis fier de lui, de le voir combien il travaille fort. Il connaît tout. C’est un jeune innu, son grand-père devait lui montrer pour connaître tout (de la culture innue). Il connaît vraiment tout. &#13;
C’est toute un beauté de le voir en activité innue, sa connaissance (de la vie en forêt). Avec les raquettes, il est très habile à marcher avec dans le bois. Vois aujourd’hui, il est parti chasser la perdrix. À mon avis, il ne sera pas mis de côté. Tout le monde aura ce genre de jeune. Il y en a déjà beaucoup. Pourquoi les mettre de côté. Ils aiment eux aussi d’être dans la communauté.&#13;
AMA : Je parle des jeunes innus, ceux qui parlent l’innu-aimun et le français, comment on pourrait les rejoindre pour qu’ils parlent seulement l’innu-aimun ?&#13;
KG : Il va falloir absolument leur apprendre…&#13;
AMA : Ce sont les parents à prendre leur place pour leur enseigner, n’est-ce pas ?&#13;
KG : Il faut demander aux parents s’ils vont aimer que leurs enfants apprennent l’innu-aimun, qu’on leur parle en innu-aimun. J’en vois moi aussi des enfants qui ne parlent pas l’innu-aimun. Je ne sais vraiment pas moi aussi. Vois, nous avons nos petits-enfants dont leur père vient du Village Huron. Ces gens-là ne parlent pas leur langue maternelle à Québec.  Depuis qu’ils sont avec nous, on leur parle en innu-aimun. Aujourd’hui tous, ils sont vraiment capables de parler l’innu-aimun. Ils parlent comme nous autres nous parlons. Ce n’est pas difficile pour l’enfant d’apprendre une langue. Pourvu que le parent dise : « Il faut que tu parles l’innu-aimun ». Dans pas long, ils réussiront à acquérir leur langue innue.&#13;
C’est comme ça par exemple, si on ne leur apprend pas la langue, quand ils auront des enfants avec des Blancs, c’est sûr que l’enfant de parlera pas du tout la langue innue. Si nous voulons garder l’innu-aimun, il faut absolument leur apprendre la langue innue. La même chose pour les descendants qui auront des enfants, à leur apprendre la langue innue. Si vraiment nous voulons garder notre langue innue, notre culture.&#13;
Ce qui va arriver, on voit que plusieurs de nos aînés sont partis, ceux qui nous ont enseignés. C’est pourquoi je dis qu’aujourd’hui qu’il nous faut perpétuer (notre culture), ceux de notre génération, pour enseigner à nos jeunes innus. Il faut continuer à transmettre notre culture. Nos vrais connaisseurs innus (de la culture) sont presque tous partis. Comme moi, mon père est décédé. Cela fait trois ans. Il faut que je garde tout ce qu’il m’a enseigné, sa langue maternelle, son savoir, ses activités traditionnelles. Ce qu’il a montré aux jeunes. Il faut que je garde tout ça pour transmettre cela aux jeunes. Si je meurs, qu’il y ait déjà quelqu’un pour poursuivre (ce chemin du savoir).&#13;
Nous, nous avons une pourvoirie, ce n’est vraiment pas pour nous autres, nous l’agrandissons. Aujourd’hui nous pourrons accueillir vingt-quatre personnes. Ce n’est pas pour nous autres, moi et ma femme avançons déjà en âge. Ce n’est pas pour nous, le pourquoi que nous travaillons très fort (sur ce projet). Je m’en fous de l’argent.&#13;
KG : … quand ils auront des enfants, ils seront des purs Blancs. Ça va vraiment être difficile de leur parler en innu. N’est-ce pas ?&#13;
AMA : Oui. Une grosse perte dans la mémoire.&#13;
KG : On ne pourra jamais les arrêter les jeunes qui parlent les deux langues. Ils ne pourront jamais changer. C’est la langue… n’est-ce pas ?&#13;
AMA : Oui.&#13;
KG : Si on ne s’occupe pas de ceux qui ne parlent pas l’innu-aimun maintenant, quand ils auront des enfants, on ne pourra rien faire, ce seront de pur Blanc. Ça va déjà être rendu très loin.&#13;
Eddy : Ton plus beau souvenir de chasseur de caribous.&#13;
KG : La fois que j’ai été heureux c’est quand mon père a tué des caribous, on manquait de nourriture, il avait tué dix-huit caribous. Cela je vais m’en rappeler tout le temps. On avait presque manqué de nourriture. Un, deux jours seraient passé et c’est là qu’on aurait connu la famine. Quant il a tué dix-huit caribous, c’est cette fois-là que j’ai été le plus heureux dont je me souvienne. J’y pense très très souvent. C’est dans ma mémoire. Deux jours plus tard, je me demande ce qui serait passé, c’est à ça que je pense des fois.&#13;
Si vous avez d’autres questions. Moi il me semble que j’ai tout dit ce que j’avais à dire. Si vous avez d’autres questions, je suis prêt à vous en parler de ce que je me souvienne. J’aimais beaucoup écouter les gens dans le temps des magasins. Mais il n’y a plus de ces gens qui auraient pu en parler. J’ai pu apprendre des autres gens qui en ont parlé. Les histoires peuvent venir de n’importe où.&#13;
AMA : Il n’y a pas une histoire du magasin de Petshissikupat ?&#13;
KG : Certain qu’il y a une histoire sur ça, J’ai toujours entendu mon grand-père en parler. Il paraît que ça venait de Sheshatshit, les gros bateaux se rendaient jusqu’à Upatshishetshunat. C’est de là qu’on utilisait des petits bateaux. En hiver c’était en traîneaux tirés par des chiens jusque vers Petshissikupat. Tout l’été, les Innus étaient là n’est-ce pas ? L’été, pour fabriquer des canots, ils descendaient à Mishta-shipit. Ils s’en retournaient de Uinipeku-paushtiku. Ils allaient chercher des écorces de bouleaux pour fabriquer des canots. Ça leur prenait trois semaines de voyage pour trois jours de travail là-bas. Ils les avaient mis en paquet comme en ballot. Ils les ont embarqués pour les emmener à Petshissikupat. C’est l’été que l’on fabriquait des canots. Ils vont très loin pour chercher des écorces de bouleaux. C’est ce que racontaient les aînés.&#13;
Vois (le lac) Kanishtutamupan, pas loin de Petshissikupat. Il paraît que c’est là qui demeurait celui dénommé Kanishtutamupan. C’est un Anglais, un contremaître ou un agent. Il devait être deux. Celui dénommé Kanishtutamupan, il arrivait à comprendre l’innu-aimun, d’où vient son surnom. Il se rendait là en traîneau tiré par des chiens. Napessiss (Joseph André de Schefferville) m’a montré l’endroit où vivait Kanishtutamupan (feu celui qui comprend). Il dit c’est ce qu’on racontait, il ne l’a pas vu lui-même. Le magasin je le vois en photo. Quand j’ai vu la photo, ça faisait déjà soixante ans qu’il était fermé. Le toit était défoncé. L’entrepôt était à part. Un autre bâtiment, ça c’était pour les cercueils. C’est là qu’on devait déposer les corps. Je vois la photo et j’ai vu où il était situé. Tu devais voir toi aussi (s’adressant à Anne-Marie André).&#13;
AMA :Oui.&#13;
KG : Les aînés m’ont montré l’endroit où était situé le magasin. Et l’on déménagé à Fort Mckenzie, Kanitshishekakamau. Les gens de Fort Chimo l’été faisaient de la livraison. On utilise toujours les gros bateaux. Les autres magasins, je ne m’en souviens plus. Il y en avait un à la charge de Minaikut. Le marchand était Bastien Mckenzie. Un autre à la décharge de Ashuanipi, le marchand était Comiss, Napetshiss (Côme Pinette), tu dois le connaître (s’adressant à Anne-Marie). C’est lui qui avait la charge de ce magasin. Il y avait un autre magasin aussi à Meshikamat, Pashteu-(.). Mon père me l’a montré où il était situé. On voit le vestige de ce magasin, on voit le bois comment c’était installé. C’est une histoire très ancienne, ça doit faire une cinquantaine d’années. Aujourd’hui il est sous l’eau après avoir inondé Petshissikupat. C’est de ce que je me souviens et ce que l’on a raconté. Ce que nous disons quand nous regardons le site, l’emplacement a été bien choisi. C’est un beau lac. Il y a l’animal, le poisson. Un bon poisson. On le pêche très souvent. La même chose pour la perdrix. Quand il n’y en n’a pas beaucoup, on pouvait quand même en avoir à Petshissikupat.&#13;
À Pakuanipanan, (le lac) Shamanipan, Y paraît, c’était un dénommé Jean-Marie qui a découvert (ce lac) où il posera le filet. C’étaient les activités des Innus en hiver. Ils chassaient les perdrix, ils en ramassaient et les vendaient (au gérant) du magasin. Quand ils attrapaient des appâts, ils les vendaient au marchand. En échange, ils recevaient de la nourriture, la farine.&#13;
Quand les Innus venaient et qu’ils manquaient de nourriture, le marchand leur donnait les poissons pris et les appâts. (Le marchand) avait ramassé beaucoup d’appâts, beaucoup de perdrix et il en donnait aux Innus qui venaient et qui manquaient de nourriture jusqu’à épuisement.&#13;
Parfois mon grand-père disait que quand il lui manquait de provisions, la farine. Alors on partait pour aller s’approvisionner à Sheshatshit et ramener tout ça dans le bois. L’été en canot et l’hiver par des traîneaux à chiens pour transporter de la nourriture. C’est ce que racontaient les aînés. Les Innus qui se rapellent de ces magasins n’y sont plus. Ce sont seulement des histoires qu’on a entendues, mais pas de très loin quand même.&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/686509698?h=34a5e923d7" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/686509698"&gt;Kunikuen Gabriel&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Production Manitu. Récits de vie</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Oral History</name>
      <description>A resource containing historical information obtained in interviews with persons having firsthand knowledge.</description>
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              <text>0:05 Evelyne : Kuei Pierrette, je suis contente que tu aies accepté de nous parler… J’aimerais que tu me racontes un peu ton histoire…Comme… Est-ce que tu as grandi ici ? as-tu fréquenté l’école ici ? Présentement tu travailles, en quoi consiste ton travail ? C’est ce que j’aimerais que tu me raconte.&#13;
0:25  Pierrette : Oui c’est ça. Mon nom est Pierrette Fortin, je suis originaire de Schefferville. Il y a longtemps, c’est ici que j’ai fait mes études. J’ai fréquenté l’École Notre-Dame. Je suis partie pendant onze ans de Schefferville. J’étais aux études à Québec. J’ai fait mes études en secrétariat et en technique en enfance. Je suis venue chercher un poste qui était affiché ici pour une travailleuse de rue. C’est l’emploi que je fais présentement. J’ai appliqué, et on m’a recruté.&#13;
Cela fait 3 ans que je suis à ce poste, depuis septembre 97.  J’ai débuté mon poste au titre de travailleuse de rue, pour venir en aide aux jeunes âgés d’à partir de 8 ans jusqu’à 25 ans. Disons dans les environs de 10 ans à-peu-près. Mon travail se passe dans la rue. À l’endroit où nous sommes situés présentement, on pourrait appeler ça le centre-ville. À l’occasion, c’est ici que je me promène sur la rue principale ici en ville.&#13;
1:37 Je travaille pour les enfants afin de les mobiliser et les sensibiliser, de les responsabiliser un peu. Je fais de mon mieux, vu qu’il n’y a rien comme activité. C’est ici qu’ils se promènent, ils sont partout.&#13;
Mon travail ne me permet pas d’aller à l’intérieur des maisons. Mon travail n’a pas pour but d’aller déranger dans les maisons. Mon travail consiste à faire de la prévention, de l’intervention et je ne me sers pas des policiers. Je me servirais de la     police seulement lorsque ça serait vraiment très grave. Comme exemple, si un enfant ferait une overdose, mais c’est rare qu’un enfant fasse une overdose ici. S’il est malade…&#13;
2:49     Evelyne : Tu dis que le soir, tu les sensibilisent et les mobilisent, et tu ne te sers pas de la police?&#13;
2:57     Oui, comme je viens de t’expliquer, je vais demander l’aide des policiers seulement lorsqu’il y a des cas grave. Et lorsque tu vois les jeunes avec des bières à la main, ou qu’ils soient en train de fumer, je ne peux rien faire car je suis là seulement pour les écouter. Pour être à l’écoute de leurs difficultés, soit dans les amours, et leurs vie familiales. De les aider et non pas les sermonner, sinon si je me servais de la police, ils   me verraient comme un délateur, tu comprends. Mais ce n’est pas mon travail.&#13;
3:43     Evelyne: Ils doivent te connaître déjà ?, tu es surement devenue une grande amie pour eux?&#13;
3:45     Oui, en effet. Avant de quitter Schefferville, j’étais la gardienne de ces jeunes et aujourd’hui, je suis leur gardienne de rue. Je les aide et ils me respectent beaucoup. Je n’ai jamais eu de problèmes depuis que je travaille ici.&#13;
4:05     Evelyne: Ils ne te prennent pas pour quelqu’un qui va les dénoncer?&#13;
Non, je ne suis pas un délateur.&#13;
4:21     Evelyne: Comment leurs parlent-tu par moment?&#13;
Pierrette : comme j’ai mentionné, par exemple, dans leurs amours. Je les aide, je les force par rapport à l’école, à ne pas faire des bris. Ne pas briser les choses, à ne pas défoncer, et partout dans différents domaines.&#13;
4:52     Evelyne: Et peu importe la température, tu dois être présente?&#13;
Pierrette: Oui, qu’il pleuve pas, cela dépends. S’il pleut très fort, je ne suis pas présente.&#13;
5:05     Evelyne: Et eux non plus ne devaient pas être là?&#13;
Pierrette: Non, il peut arriver qu’ils ne soient pas là. Lorsqu’il pleut averse, ils ne sont pas là, mais lorsqu’il mouillasse, ils sont quand même là. L’hiver un soir, à moins de 30 degrés, j’étais à l’entrée l’Hôtel Royal, et ils étaient là. J’aimais ça. J’étais habitué au froid, d’être debout avec eux, j’étais bien habillée et j’aimais bien ça.&#13;
5:38     Evelyne: Comment te perçoivent-ils à l’Hôtel ?. Est-ce qu’on te perçoit pour quelqu’un qui dérange les clients qui boivent ?  Les propriétaires, les commerçants.&#13;
Pierrette: Non, les commerçants connaissent tous la nature de mon travail. Depuis mes 3 ans en emploi, les commerçants trouvent qu’il y a eu moins de délits, moins de bris et moins de grabuges. Les enfants ont besoin d’une présence et ils aiment avoir quelqu’un à qui parler.&#13;
6:30     Evelyne: Est-ce qu’il y en a d’entre eux qui ont cesser de boire?&#13;
Pierrette: C’est sûr qu’il y en a qui ont modérés.&#13;
6:49     Evelyne: C’est peut-être pour être en gang?&#13;
Pierrette: Oui, c’est le fait d’être en gang. Parfois je m’assis avec eux là-bas en face, et nous sommes tous réunis, toujours ensemble. Parfois, je vais les rencontrer et lorsque je m’aperçois qu’ils ne veulent pas se faire déranger, je les saluts simplement et je leurs dis de faire attention à eux. Il peut arriver aussi que dans la soirée, ils crient mon nom pour que j’aille les rejoindre. Ils me content leurs histoires et ils aiment ça.&#13;
7:19     Evelyne : Je t’ai vue une fois aller à Montréal pour parler aux femmes autochtones. Comment pourrais-je dire ça ?&#13;
Est-ce que ça t’arrive souvent de te faire inviter pour aller parler en avant, ou soit pour aller parler de ton travail ?&#13;
7:48     Pierrette: Okay, on m’a convoqué à la première, la deuxième année pour aller faire un atelier à Montréal. À mon retour, j’ai eu des appels téléphoniques de ceux qui venaient de participer à l’atelier. Un moment donné, on m’a demandé d’aller donner une formation à la Romaine. J’ai formé 3 participants dans le domaine de travailleuse de rue. Ils étaient intéressés. Ils avaient déjà débuté leur travail. Aujourd’hui je ne suis pas certaine comment ils vont. Je crois que 2 d’entre eux sont encore là. Ils aimaient beaucoup ça.&#13;
8:29     Evelyne: Étaient-ce des garçons ou des filles?&#13;
Pierrette: Il y avait un garçon et 2 filles. C’était très différent à la Romaine. Eux travaillaient en motoneige. Il y avait plusieurs salles de rencontres. Différentes places, comme la maison des jeunes, 2 salles de billards.&#13;
9:04       Evelyne: Je sais que présentement ils sont en construction pour une maison des jeunes. Penses-tu que ça va changer des choses ? Va-t-il y avoir moins de jeunes ?&#13;
9:15       Pierrette: Oui, possiblement. Présentement il y a une maison des jeunes dans le sous-sol de l’école. Les jeunes n’aiment pas vraiment l’endroit. Ils appellent ça la prison, (rire) car il n’y a aucune fenêtre et c’est dans un sous-sol. Alors que prochainement, ça sera très amusant à l’intérieur. Il y aura des jeux, et une salle d’ordinateur. J’ai une idée, à peu-près, de ce que ça va être. On m’a montré les plans.&#13;
9:46     Je crois vraiment que certains de ces jeunes iront là-bas, au lieu que de venir ici dans la rue, et au moins il y aura des animatrices pour monter des programmes. D’après moi, ils seront très intéressés, surtout l’hiver.&#13;
Evelyne: Surtout quand il fait très froid.&#13;
Pierrette: Ce n’est vraiment pas évident ici le soir quand il fait très froid. Surtout quand c’est sec. Parfois le froid peut te donner la peau sèche, et les plaques blanches qui apparaissent au visage et même avoir très froid.&#13;
10:21 Evelyne: Est-ce qu’il y a beaucoup plus de jeunes, ou sont-ils moins nombreux?&#13;
10:32 Pierrette: Il y a toujours des changements. Présentement, il y en a parmi eux qui viennent d’avoir 18 ans et peuvent rentrer dans les bars. À chaque années, d’autres jeunes surgissent. La raison est qu’il n’y a rien à faire ici. Ils ont hâte, il y aura une piscine à Kawawa prochainement. Ils y auront peut-être accès afin qu’ils puissent aller s’y baigner. Nous avons des tournois de hockey, ou des tournois de ballon-balai, mais à long-terme, ils n’ont pas beaucoup d’activités à faire.&#13;
11:21   Evelyne: Tu viens de me dire que tu vas quitter, est-ce qu’il y a quelqu’un qui te remplacera? Est-ce que ce travail va rester ?&#13;
11:29: Pierrette: Ils vont surement rechercher quelqu’un plus tard. Mais je ne crois pas que c’est bientôt, car la personne devra être formée.&#13;
11:41     Evelyne: Tu as eu une formation toi?&#13;
11:41 Pierrette: Oui à Québec. J’ai dû voyager 3 fois. Soit en introduction dans la rue, sur la prévention, ainsi que pour apprendre à faire des interventions.&#13;
12:04 Pierrette: Pas sûr !, à Uashat ? Il me dit qu’elle travaillait dans ce domaine !&#13;
12:12 Evelyne: Est-ce que ce travail existe dans plusieurs communautés?&#13;
Pierrette: Je crois que non. Lorsque j’ai débuté mon travail, on m’a été dit que j’étais la première travailleuse de rue au Québec. Ensuite il y a eu la Romaine. Je crois que présentement, il y a quelqu’un à Uashat, et je crois que c’est Louisa St-Onge, mais pas sure comment elle va aujourd’hui.&#13;
12:43 Evelyne: Comment devrais-tu être pour travailler dans ce domaine?&#13;
Pierrette: Je ne comprends pas ce que tu veux dire.&#13;
Evelyne: Des qualités…&#13;
Pierrette: Ok, il faut seulement que tu sois simple. Tu n’as pas à toujours être autoritaire. Tu dois surtout avoir le respect envers les jeunes. Le respect est le plus important. De ne pas juger les jeunes, et de faire attention à eux. Je me suis servie de mon gros bon sens. Ils appellent ça le GBS où il existe une association des travailleurs de rues à Montréal. J’y fais maintenant partie.&#13;
Evelyne: En jugement et gros bon sens ?&#13;
Pierrette: Oui, c’est dont ce que tu dois te servir.&#13;
13:47 Evelyne: J’ai oublié ce que je voulais te demander. Oh, travailles-tu conjointement avec la police ou les services sociaux ici ?&#13;
Pierrette: Les services sociaux, c’est l’endroit où est situé mon bureau. Ce sont les services sociaux qui m’ont recruté. J’ai passé mon entrevue par appel téléphonique de Québec. Mon travail consistait de 5% de travail bureautique, et 95% dans la rue. Mon horaire changeait souvent, ce n’était jamais pareil. Printemps, été, automne. Parce-que l’hiver, ils n’étaient pas beaucoup. Mon horaire changeait toujours.&#13;
14:37 Evelyne: Et puis, si tu avais un message à transmettre aux jeunes, quel serait ton message ? Que voudrais tu leur dire ? Qu’aimerais-tu dire aux jeunes ?&#13;
15:05 Pierrette: Je leur dirai que même si nous n’avons rien ici à Schefferville, de ne pas se décourager, de ne pas décrocher de l’école et de continuer à travailler sur eux. Même si je quitte mon emploi, et la raison pourquoi je dois quitter est que je veux travailler à l’interne. J’ai des rhumatismes, mes mains et mes pieds, et je veux faire attention à moi. J’ai vécu une grosse maladie, c’est un cancer que j’ai eu. Je veux travailler à l’interne et je veux faire attention à moi. Mon message est que, même si je quitte mon emploi, je serais toujours présente pour eux, à les supporter. Je les aime quand même, et je les considère comme mes propres enfants. Je suis amis avec eux et c’est mes vrais amis.&#13;
16:03 Evelyne: Avais-tu autre chose à rajouter?&#13;
16:09 Pierrette: Non, je vous remercie beaucoup de m’avoir demandé, de vous avoir rencontré ici à Schefferville. J’en ai déjà parler sur la SOCAM dans les premières années. Depuis ce temps, c’est seulement aujourd’hui que j’ai l’occasion d’en reparler.&#13;
16:30 Evelyne: Je te remercie beaucoup!&#13;
&#13;
&#13;
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                <text>St-Onge, Evelyne (intervieweur)</text>
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                <text>Malenfant, Eddy (cinéaste)</text>
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/634555025?h=769151d6a7" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/634555025"&gt;Pierrette Fortin&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Oral History</name>
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              <text>Armand :  Mon nom est Armand Germain. Je viens de Piekuakamit (Lac Saint-Jean).  Et là, je vais vous raconter ce que vous voulez savoir. Par exemple, nous à Piekuakamit, notre grand-père nous a donné le territoire de chasse. Il a été dit à mon père : « Les petits-enfants vont garder le territoire pour la chasse et assurer leur subsistance. Qu’ils sachent tout faire : parler le innu et maîtriser la survie dans la forêt. Ils devront prendre soin de protéger le territoire et les animaux. Ils devront tout superviser. » Je n’étais pas encore au monde quand nous avons reçu le territoire. Je n’ai pas connu mon arrière-grand-père ni mon arrière-grand-mère ni ma grand-mère, la mère de ma mère. J’ai seulement connu un de mes grands-pères.  J’étais petit, j’avais peut-être cinq ans. Je suis allé avec lui en chaloupe pour la chasse. Il était plus jeune. Il m’a expliqué de toujours faire attention : de prendre soin de l’animal, de ne pas abattre une bête pour rien, d’avoir du respect pour tout ce qui est vivant, comme l’arbre. L’humain que tu rencontres, on est dans l’obligation de lui donner quelque chose, de la nourriture. Quand bien même que tu lui donnerais aussi un peu d’eau.  Tu fais vraiment du bien à cette personne.  Moi, c’est ce que j’ai reçu comme enseignement des aînés.&#13;
&#13;
 Concernant le territoire, mon père m’a dit : « Ne vous disputez jamais. Vous devrez le gérer ensemble ». Nous sommes une grande famille. Nous sommes nombreux pour aller à la chasse. Le territoire n’est pas fractionné, l’accès est égal pour tous. &#13;
&#13;
 Par exemple, voici comment on fonctionne.  Moi-même quand je pars chasser, je dis à mon petit frère et à mon grand frère : « Cet hiver, je chasse dans ce secteur ». Il ne faut pas chasser là une autre année. Il faut laisser les animaux se reproduire pour un temps pour qu’on ne décime pas l’animal : un bon repos pour au moins deux ans, trois ans et même cinq ans. Voilà, c’est comme ça que mon père m’a enseigné.&#13;
&#13;
 J’ai tellement exploré le territoire et tant vu la façon de chasser de mon grand-père.   Concernant le portage, c’est pareil, on nous a tout enseigné.  Nous campions dans nos tentes à l’automne et aussi l’hiver. Et avec tout ça, on savait où était le bon gibier comme le canard et où mettre le filet quand la neige commençait à tomber. C’est pareil pour le poisson à l’automne. Par exemple, mon père, c’est mon grand-père qui lui a enseigné. Quand j’installe mon filet, je sais où mettre mon filet pour prendre un bon poisson. Par exemple le poisson blanc (Grand Corégone, Coregonus clupeaformis, atikamek en innu) quand je pêche, je mets mon filet pour pouvoir le tirer des profondeurs parce que ce poisson est différent de la truite rouge.  La truite rouge ne sera pas prise dans ce filet. C’est comme ça que nous avons appris. Tous mes frères maîtrisent cet enseignement.&#13;
&#13;
Par exemple, l’animal le caribou, nous en avons. Mais il n’y en a plus beaucoup, très peu de caribou, peut-être une vingtaine de caribous.  Parfois, j’ai un petit ou un grand frère qui me demande : « Est-ce que je peux en abattre? » Je lui recommande d’abattre tant de caribous.  Et là pour ce territoire, mon grand-père avait raison de dire aux autres de le respecter. Il leur a été dit de prendre soin de ce territoire comme il leur a été confié. C’est ainsi que tu dois faire attention à tout ; de l’animal jusqu’à l’arbre. Tout ce que tu vois sur le territoire il faut en prendre bien soin.  Aussi, à propos de notre langue innue, la manière que nous parlons la langue vient de la forêt et non de la ville, vraiment de la forêt. C’est compréhensible, le blanc lui quand il se promène dans la forêt, il a tendance à donner son propre nom s’il voit une rivière. Il va nommer la rivière à son nom.  Mais ça, ce n’est pas acceptable. On le comprend, mais nous, on ne fonctionne pas comme ça. Nous, on ne donnera pas nos propres noms. On le sait nous que c’est seulement pour en prendre soin. Son nom existe déjà dans notre langue qui s’est maintenu dans le temps. C’est naturel de comprendre que ce nom soit déjà là.&#13;
&#13;
Ce que je vais te dire maintenant...Pour nous, à Piekuakamit et à Mistassini, il n’y a qu’une seule façon de chasser avec respect dans la forêt. Il n’y a pas de différence entre chasseurs.  Il n’y a qu’une seule manière de pratiquer la chasse ancestrale.  C’est une culture traditionnelle unique, une seule connaissance. Tout ce savoir, par exemple l’utilisation de branches comme point de repère directionnel et de temps est unique et ne s’est pas perdu.  Elle vient d’où toute cette connaissance qui vient des innu ? C’est parce qu’il y a toujours eu des Innus sur ces terres.&#13;
&#13;
Comme j’ai dit hier (sous-entendu : à la conférence de Matimekush), j’ai rencontré un vieil Innu quand nous avions chassé à Kaniapishkat. Il s’appelait Shapatesh Ashini. Il est maintenant décédé. Sa femme, la grand-mère est aussi décédée. J’étais tout jeune (sous-entendu : à Kaniapishkat), j’avais senti un étranger s’approcher de moi. Mon père amenait quelqu’un avec lui.  Il lui avait offert (sous-entendu : à Shapatesh et à sa femme) de dormir une nuit chez nous (sous-entendu dans une tente à Kaniapishkat sur le territoire de chasse).  Puis, mon père s’est mis à raconter : « J’étais allé à Matimekush.  J’avais rencontré ce vieux innu (sous-entendu : Shapatesh) et je lui avais parlé ».  Le visiteur (sous-entendu : Shapatesh à Kaniapishkat) a alors dit à sa femme :  « C’est un Piekuakamiunnu ». &#13;
&#13;
Et là (sous-entendu : à la conférence de Matimekush), ce vieux innu (sous-entendu : Shapatesh) me raconta: « Nous avions chassé à Kaniapishkau et nous avions rencontré des innu de Piekuakamit. ». C’est comme ça que le vieux me raconta (sous-entendu : à la conférence de Matimekush) : « Nous avions vu des Pikuakamiunnut et il y avait un petit enfant ». Je ne lui ai pas dit tout de suite que c’était moi, que c’était nous.  Il me racontait tout ce qu’il avait vu.  Là, je lui ai dit : « Grand-père, ton histoire avec les Piekuakamiunnut, c’était nous qui avions chassé dans ce territoire ». Il était content de comprendre que c’était nous qu’il avait rencontré dans ce temps-là. &#13;
&#13;
Quelquefois, il arrivait souvent qu’on se rencontre entre innu. Pendant qu’on marche dans la forêt à Piekuakamit, on rencontrait souvent des gens de Mistassini. Quelquefois, on marchait avec eux pendant toute la nuit ou deux jours de temps. C’était toujours comme ça, en chemin on rencontrait souvent des personnes dans la forêt. Quand ils repartaient chacun chez eux, par exemple, à Piekuakamit, avec des gens de Mistassini et des Attikamek, il se formait des mariages homme et femme. C’était comme ça que les alliances se créaient entre nous.  Par exemple, nous, on avait de la parenté avec les Mistassini.  C’était toute la grande famille de mon grand-père.&#13;
C’est pour ça, je pense... Par exemple, quand on voit le innu dans la forêt, c’est à lui la terre, comme le blanc dans son jardin. Par exemple, dans son jardin, le blanc élève des animaux sur sa grande terre et les surveille. Il coupe l’herbe de son champ.  Il va tout inspecter et bien maintenir son enclos.  Nous les Innus, il n’y a pas de barrière. On a le sentier de portage et il est très visible. L’Innu l’utilise tout le temps. Il sait exactement où il doit aller sur ses sentiers parce qu’il a toute cette connaissance. Aussi disons-le, le blanc va nous enseigner la direction du nord et où se trouve la grande mer. Il nous dira quelle sera la météo. Mais nous, on n’a pas de livre.  On suit les enseignements de nos grands-pères. Eux, ils connaissaient le temps parce que les aînés savaient observer les signes avant-coureurs naturels du jour.&#13;
&#13;
Moi par exemple, je ne suis pas très vieux.  Depuis un an, je sais comprendre les cris des oiseaux. Je trouve ça étrange et je l’ai dit à un vieux que j’ai rencontré : « Moi là, je comprends le son d’un oiseau quand on l’entend ». C’était à un de mes oncles, assez vieux qui m’a dit : « Tu peux les comprendre ? » J’ai dit : « Oui ».  Là, mon oncle m’a dit : « De très loin, tu arrives déjà ».  Je ne comprenais pas trop, je me disais que je comprendrais plus tard, mais, l’animal je le comprends.  Par exemple, un Innu chasseur sait comment se préparer à la chasse. Les animaux nous donnent des indications. Quand un parent du Innu meurt, l’oiseau vient lui dire. Un oiseau vient annoncer ce qui va arriver. Il vient prévenir ce qui va se passer dans l’avenir.  On comprend que cet oiseau existe et qu’il va dire ces choses.&#13;
  &#13;
Voilà, ce que je pense du territoire.  Les vieux disent constamment que les Innus seront toujours présents sur le territoire.  Et comme notre génération, la génération suivante devra aussi aider à transmettre la connaissance innue.  Ces temps-ci c’est très difficile, étant donné la présence de toutes ces drogues, de la boisson et du cannabis. L’Innu se perd dans tout ça, il oublie et ne se comprend plus. L’Innu a une façon d’être, mais il peut aussi faire comme le blanc : fumer le cannabis et boire, mais il ne pourra jamais changer sa pensée, le fait qu’il sera toujours un Innu.  C’est comme ça, il va devoir chercher à se comprendre s’il s’est égaré sur son chemin. &#13;
&#13;
Par exemple quand on dit quelque chose à un enfant, il se fâche, il va beaucoup se fâcher.  On éduque cet enfant pour qu’il ne manque pas de respect à une personne âgée.  C’est pourquoi je le dis, tout enseignement vient de la forêt. Et ce mode de vie innu doit demeurer.  Si l’enfant sort de la forêt pour aller en ville, il doit conserver et ne pas perdre ce qu’il a appris de sa vie traditionnelle.  Beaucoup d’enfants s’égarent dans toutes sortes de choses.  Ils regardent des films. Il s’y passe beaucoup de choses. Comme si notre mode de vie n’était plus important.  Comme si nos enfants ne se préoccupaient plus de notre façon de vivre.  Toutefois, maintenant, ils n’ont plus la même mentalité. Ils cherchent à comprendre leurs grand-mères, la façon dont elles vivaient.&#13;
&#13;
Quand j’étais chef, tout ce qu’on défendait était compliqué. On me voyait tout le temps partout.  J’accompagnais tout le temps d’autres Innus. Je voulais croire qu’on pouvait défendre la culture innue, tout ce qui vient de la forêt. Et là, c’est pour ça que je le dis, ça va mieux maintenant.  Tout le monde comprend qu’on vit de la même manière, dans l’unité. On connaît l’Innu. Ce n’est pas comme si c’était un étranger qui vient. On se reconnaît entre Innu. Nous savons comment nous sommes dans notre vie. On n’est pas différent. C’est comme ça, c’est comme ça.  &#13;
Pour ma part, comme je dis, les enfants devraient se rencontrer entre eux pour discuter : « Bon, nos grands-pères...les croyons-nous ? Est-ce vrai que nous sommes innu ? Pourquoi si nous sommes Innu, on ne pourrait pas se soucier de vivre le vrai mode vie de nos ancêtres, de notre grand-père, de nos pères et suivre leur chemin ? » Par exemple, un enfant pendant qu’on l’élève, il doit d’abord apprendre sa tradition innue.  Comme ça, il aura un modèle, disons-le comme ça.  Et même, s’il va dans une ville lointaine pendant deux, trois ou cinq ans, il reviendra dans la forêt.  Il reviendrait, comme si quelqu’un l’appelait, un cri qui lui dit de revenir.  Et il retournerait dans la forêt.  Et l’enfant qui a appris à vivre en ville apprendra la mentalité du blanc. Ce sera son modèle. Des fois, il ira dans la forêt, mais il n’y restera pas longtemps.  Étant donné qu’il aura suivi ce modèle, il sera perdu, il sera perdu.  &#13;
&#13;
Moi, j’ai vécu d’abord avec mon père dans la forêt.  Je lui ai dit: « Père, je pars travailler en ville.»  Il m’a dit : « D’accord! vas-y ».  Et là, je suis parti travailler en ville. Il m’a dit quand je suis revenu :« Tu as vu ce que c’est d’aller là-bas.  Maintenant que tu es allé en ville et que tu as trouvé du travail, tu seras capable de subvenir à tes besoins par ton travail. Et quand il n’y aura plus de travail en ville, tu iras dans la forêt.  Ta subsistance est là. Il y a deux façons de subvenir à ses besoins ».  C’est comme ça que ça se passe maintenant. C’est comme ça maintenant !  Il y a beaucoup de choses que je pourrais vous raconter.  Comment les personnes âgées m’ont beaucoup apportée.  Même si je n’ai pas tellement connu mes grands-parents, j’ai beaucoup gagné à écouter les aînés.  Parce que je les écoute quand ils parlent.  Je garde ainsi un grand respect pour un aîné.  C’est comme ça!&#13;
&#13;
Evelyne : Est-ce que toi, tu frappes le teueikan (le tambour) ? &#13;
&#13;
Armand : Moi, non, je n’ai jamais frappé le tambour, mais mon grand-père frappait le tambour.  Mais, je serais content d’apprendre tranquillement l’art du tambour.  Comment je pourrais dire ça ?  J’aimerais bien le comprendre Parfois, je comprends mieux les rêves, ceux qui viennent de la forêt.  Je vais les comprendre.  Quand mon grand-père frappait le tambour, il jouait que pour les animaux, seulement que pour les animaux. Il ne l’utilisait pas pour autre chose.  Mon grand-père avait une grande connaissance. J’aurais beaucoup aimé le connaître davantage. Probablement que je ne devais pas le connaître.  Cependant, j’ai acquis tout de même sa connaissance.  Sa pensée est imprimée en moi puisque je la pratique. C’est comme ça.  C’est très difficile de bien raconté ce qui se passe mais...on le sait bien, l’Innu est très fort, très fort. &#13;
&#13;
À tous les Innus ici, je les remercie. Nous sommes venus en ce lieu et on nous a bien traité. Nous n’avons manqué de rien.  On nous a fourni tout ce dont nous avions besoin.  Je dis qu’il faut refaire souvent une rencontre entre les aînés.  Il y a là beaucoup de savoir innu.  S’il n’y avait pas de rencontre entre les aînés, toute la vraie connaissance se perdrait si ça ne se passait pas ainsi.  C’est pourquoi je dis...On le ressent ici, combien...en tout cas, moi je le ressens.  Je ressens ici quelque chose de grand.  Il y a des enfants qui voient l’importance de ça, d’autres pas.  Mais moi, je le ressens beaucoup.  C’est pourquoi je dis que si on ne refait pas cette rencontre innue, la connaissance des aînés disparaîtra.  Ce sera comme l’eau qui s’assèche. C’est ce qui arrivera.  Et si on continu, est-ce qu’il y aura d’autres Innus qui viendront ? D’autres Innus qui pourraient s’ajouter, par exemple des personnes encore plus âgées ?  &#13;
&#13;
Comme j’ai dit…Par exemple, moi quand je viens à Piekuakamit et que le Conseil de bande me dit : « Armand, c’est loin ».  Je ris et je lui dis : « Non, un Innu ne dit jamais " c’est loin ".  " Ce n’est pas loin », lui ai-je dit.  J’ai dit à l’employé : « Es-tu Innu ?  Il me répond : " oui " ».  J’ai dit : « Non, je ne crois pas ce que tu me dis.  Si tu étais Innu, tu ne dirais pas " c’est loin, c’est loin ".  " Ce n’est jamais loin " », lui ai-je dit.  Pourquoi demandez-vous tant de terres quand ce sont nos terres ?  Et si c’est loin, vous devriez avoir juste une petite terre.  Et si ce n’est pas loin, donc nous avons un grand territoire.  C’est ça !&#13;
&#13;
C’est pour ça que je dis merci à tous les vieux Innus de les connaître un peu mieux.  Je suis reconnaissant de connaître tout ça. Par exemple, il y a longtemps...Je vais te raconter une chose. Un jour, on a campé loin dans la forêt.  On était plusieurs, soient mes oncles et ma grande famille.  On était probablement onze Innus avec leurs femmes et leurs enfants.  Comme je dis, il y avait un vieil Innu dans les premiers temps où nous campions dans la forêt, bien avant notre grand départ. Il y avait une rencontre entre les aînés, ils discutaient.  Ils disaient : « Où est cet animal ? Où est le caribou ?  Les graines rouges où seraient-elles ? » Pareillement pour le castor, tout ça, ils se le racontaient.  Puis, en suivant le coucher du soleil, ils discutaient de la direction à prendre pour cheminer sur la rivière qu’ils nommaient en innu.  Et par où ils vont aller pour se rendre de l’autre côté, vers le soleil.  &#13;
&#13;
Après une semaine, oui après une semaine, ils savaient comment ils allaient partir pour leur voyage.  On était plusieurs personnes.  Il y avait environ 20 canots. C’était notre façon de ramer, on ramait tous ensemble.  Et alors, il arrivait là un guide qui disait :« C’est là-bas que vous devrez manger cet après-midi ».  Il savait bien quand nous allions repartir, comme d’habitude.  Au loin, à notre arrivée, il y avait un autre guide Innu qui disait : « Plus loin là-bas, par-delà les monts de Kaniapishkau, c’est nous qui étions là les derniers ».  Avant que nous nous séparions et partions chacun de notre côté, il y avait encore une autre rencontre d’une journée.  Ils discutaient, étant donné que Noël était proche, où serait la prochaine rencontre. Ils se mettaient d’accord à cet endroit-là.  Et là, ils savaient compter le nombre de jours pour arriver à ce rassemblement attendu par tous. &#13;
&#13;
Puis, on se préparait à partir pour la chasse.  On prenait tout ce dont nous avions besoin.  Des graines rouges qu’on avait récoltées pour faire de la confiture que ma mère avait mise dans de grosses bouteilles.  Mon père avait aussi tué un castor qu’il avait bien arrangé pour le festin de Noël.  Puis, quand Noël approchait, on se remettait en marche pendant trois jours pour retourner voir la parenté.  Et à notre arrivée, un vieux guide était déjà là. Il vérifiait où nous allions installer notre campement.  Il supervisait en donnant les directives.  Il disait aux personnes âgées où elles devaient s’installer.  Chaque innu qui arrivait, était placé au bon endroit pour que tout aille bien.  &#13;
&#13;
Et ensuite on plaçait la grande tente.  Si un seul Innu manquait à l’appel, tous les hommes partait à sa rencontre.  Parfois, ça pouvait durer deux jours.  Il était possible que cet homme soit tombé malade à l’automne. Qu’il n’était pas capable de poursuivre le voyage.  Qu’il ne pouvait peut-être plus bouger.  Ils allaient le chercher à deux jours de marche.  Les Innus ne dormaient pas.  Même la nuit, ils marchaient pour le retrouver. Il recherchait sans cesse cet homme.  Et quand il le trouvait, il l’emmenait au campement.  Là, c’était la fête au campement pour les aînés.  Nous, les enfants, on jouait sans se faire embêter.  Ils ne s’occupaient pas de nous.  De son côté, le guide animait à chaque jour tous les jeux pour les aînés afin de les amuser.  &#13;
&#13;
Le dernier jour avant le départ commençait le festin. Nous nous préparions à manger le castor.  Et là, l’os du castor, ici le fémur, vous savez il est énorme.  Et par rapport à la tête du fémur, c’était ceux qui conduisaient le groupe qui le mangeaient et la tête aussi.  Et là, l’os proche du fémur (sous-entendu : le bassin) était offert à tous les hommes qui étaient ici pour qu’ils cherchent cet os. Parce que c’est assez difficile de trouver cet os avec son pouce. Mais pas comme ça... mais c’est vraiment avec son pouce qu’ils devaient le trouver.  Parce que cet os est fait fort. C’est pour ça... on voulait montrer du respect à l’homme. Car, il était vaillant pour ramer dans les rapides. Il devait être habile de ses mains pour affronter les rapides. La tête du fémur représentait la bonne pensée. Elle s’apparente à la pensée. Et là avec l’os de la tête du fémur, tu devais viser le trou de l’os collé au fémur (sous-entendu : le bassin).  Si la pensée était bonne en gardant les yeux fermés et que ça tombait dans le bon trou, ça voulait dire que la pensée de la personne était bonne.  Comme s’il voyait.  Pourtant la personne avait les yeux fermés.&#13;
&#13;
Et là, la tête du castor était mangée jusqu’à l’os.  Une fois le festin terminé, on prenait la tête du castor.  On la lançait et elle tombait au sol d’une certaine façon :  soit la personne racontait une légende, soit elle racontait un fait réel. C’est ça !  Et les femmes aussi de leurs côtés s’amusaient entre elles.  Et là quand les hommes et les femmes s’amusaient ensemble, on attachait cet os du fémur pour le suspendre à une corde.  Et puis cet os se balançait.  Après, on fabriquait des petits bâtons qu’on lançait en visant l’os du fémur.  Ça, c’est très drôle.  Le dernier joueur a de la difficulté à viser l’os, il veut tellement atteindre l’os.  C’est là que tout le monde s’amusait à se taquiner entre eux.  C’est vraiment ça que je dis qu’il se passait dans la forêt quand nous on se rencontrait en famille. &#13;
Et puis là, après le festin du jour de l’an, le plus vieux des aînés tirait des coups de fusil. Il le faisait au jour même de la nouvelle année.  Un coup pour remercier des bienfaits de l’année qui nous avaient tant apportée et un coup pour la nouvelle année pour que tout aille bien. On se souhaitait que tout fonctionne correctement pour la nouvelle année.  Et là, les aînés veillaient pour la nuit et s’amusaient en discutant.  C’est ça que j’ai vécu avec les vieux, c’est ce que j’ai ressenti.  C’est pour ça que je dis qu’il ne faut pas perdre cela, ne pas perdre cette façon de célébrer. &#13;
&#13;
Quand on repartait ensuite pour la chasse, les i Innus discutaient du prochain retour à Piekuakamit.  Nous devions faire une rencontre afin de nous assembler par deux groupes pour s’accompagner pour le retour.  On ne rencontrait pas tout de suite d’autres Innus.  C’est seulement au mois de juillet que nous sortions de la forêt, c’est ce que mon père faisait.  Plus vers le milieu du mois de juillet, on revenait à Piekuakamit.  Mais, mon père n’y restait pas longtemps. C’est ça.&#13;
&#13;
Evelyne : Quand tu t’es marié, est-ce qu’on t’a choisi une femme?&#13;
&#13;
Armand : Non, mais avant c’était ce qu’on a voulu me faire.  Et mon père a dit : « C’est parce que… » Il avait un grand respect pour moi.  Il ne voulait pas que je le quitte pour me marier.  Je n’ai pas cherché à savoir ce qu’ils se disaient.  Mon père a discuté avec le vieil Innu, le père de la fille que j’aurais pu marier.  Finalement, ils n’ont rien dit.  « C’est à lui de se choisir la femme qu’il aimera » qu’il a dû dire à ce vieux.  Je n’ai pas eu de difficulté.  C’est moi qui ai choisi ma femme.  Quand j’ai marié ma femme, je la connaissais depuis moins d’un mois.  J’arrivais de loin, je travaillais aux États-Unis.  Quand je suis arrivé, en moins d’un mois je l’ai mariée.  J’ai dû lui dire que je ne voulais pas me marier. C’est peut-être pour ça que je n’ai pas vécu longtemps…La raison est que...&#13;
Evelyne : Est-ce que tu as pris une femme de Piekuakamit ? &#13;
&#13;
Armand : Oui à Piekuakamit.  Mais, je pense que j’ai dû l’ennuyer.  Je n’étais pas souvent à la maison. J’étais toujours parti dans la forêt chasser.  Et puis, quand je suis devenu chef, c’est à ce moment-là qu’elle a dû trouver ça plus difficile.  Et pour la forêt, je n’ai pas été capable d’y aller plus souvent et d’y emmener ma femme.  Dans la famille de ma femme, ils étaient contents d’être ensemble.  Mais moi, on ne m’a pas éduqué comme ça.  Nous partions tout le temps.  Nous étions de grands voyageurs.  C’est comme ça pour nous. &#13;
&#13;
Evelyne : Combien as-tu d’enfants ? &#13;
&#13;
Armand : Sept. J’en ai sept, quatre filles et trois garçons.&#13;
&#13;
Evelyne : As-tu des petits-enfants ?&#13;
&#13;
Armand : Ils sont toujours dans la forêt.  D’ailleurs, toutes mes filles sont mariées avec des Innus.  Un de mes petits-fils est devenu Mishtashiniunnu (un Innu de Mistassini). Il est à Mistassini.  C’est ça. Je veux tout le temps leur enseigner de ne pas oublier le territoire de leurs ancêtres.  Par exemple, un de mes petits-fils, c’est lui qui sera responsable quand il sera grand.  Je l’ai déjà nommé.  C’est lui qui guidera sur le territoire de grand-père.  Mon petit-fils s’appelle comme le nom de mon grand-père. Étienne est son nom.  C’est comme ça que s’appelle mon petit-fils.  &#13;
&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/663788356?h=92904bcb4f" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/663788356"&gt;Armand Germain&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;Une collection d'entretiens et d'activités particulières (vidéo) qui décrivent et expliquent l'aspect social des communautés innues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu est actif depuis une quarantaine d'années dans le milieu innu et a pu capter différentes entrevues et activités particulières...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=24"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Evelyne: Kuei Rose, Tu es née à quel endroit?&#13;
&#13;
Rose: Je crois que je suis née ne forêt, je ne suis pas certaine mais je crois c’est aux environs du Grand-Lac.&#13;
&#13;
Evelyne: Pendant que tes parents étaient en campement en forêt?&#13;
&#13;
Rose: Ils étaient surement toujours en forêt.&#13;
&#13;
0:21 Evelyne: C’est à Sheshatshiu (North West River) que tu as grandi?&#13;
&#13;
Rose: Oui!&#13;
&#13;
Evelyne: T’es-tu déjà marié?&#13;
&#13;
Rose: Non, mais j’ai 4 enfants et 2 petits-enfants.&#13;
&#13;
Evelyne: Tes enfants sont déjà grands ?&#13;
&#13;
Rose: Oui, mes enfants sont grands.&#13;
&#13;
Evelyne: Que fais-tu présentement à Sheshatshiu, en quoi consiste ton travail ?&#13;
&#13;
0:48  Rose: J’habite à la maison des femmes violentées, c’est à cet endroit que je travaille. Avant de travailler là, j’ai travaillé pour les Services sociaux pendant 13 ans. Les deux premières années, j’occupais un poste dans le département de l’allocation de l’aide sociale pour les gens n’ayant aucun revenu. Ensuite on m’a donné un poste dans le secteur des soins à domicile. Je devais rendre visite aux aînés, les aider ou bien… les enfants. Je n’ai pas travaillé longtemps dans ce secteur avant d’être transféré à la protection de la jeunesse.&#13;
J’ai travaillé longtemps dans ce domaine mais j’avais beaucoup de difficultés. Parfois lorsque je voyais que quelque chose n’allait pas bien aux Services sociaux, je me rendais au Conseil de bande pour leur demander de m’aider par rapport à mon travail.&#13;
&#13;
2:13 Il est parfois difficile de travailler dans sa communauté, surtout lorsqu’un jeune te témoigne qu’il a été mal traité et abusé par une personne, et parfois même par un aîné. C’est à ce moment que je trouve cela difficile, je me pose la question comment je vais agir.&#13;
&#13;
2:36 Evelyne: Tu vas voir le Conseil de bande lorsque tu rencontres des difficultés?&#13;
&#13;
Rose: Oui, je vais souvent les voir. Dans notre bureau, nous avons un livre de procédures à suivre. Lui qui me gère est basé à Terre-Neuve et il ne sait pas ce que les Innus vivent, il ne les voit pas et ne les connais pas. Moi je connais très bien mon peuple. Sa façon de vouloir faire avec les jeunes et les mères n’est pas bonne, cela ne fonctionne pas chez les Innus.&#13;
&#13;
3:17 Evelyne: Est-ce que le protocole du système est suivi, ou celui des Innus?&#13;
&#13;
Rose: Lorsque tu travailles pour les Services sociaux tu dois le suivre le système, toutefois j’y mets beaucoup d’effort et parfois je dévie le système sans approbation. Lorsque j’ai quitté mon emploi, je l’ai verbalisé.&#13;
&#13;
Lorsqu’on m’a donné cet emploi, mes tâches étaient d’aller chez les gens, d’aller laver les planchers, d’accompagner les mères à l’épicerie et de choisir ce qu’elles devaient acheter. Je n’étais pas d’accord et je refusais. Parfois, je rendais visite à un aîné et je lui tenais compagnie et je jasais avec lui afin qu’il se désennuie. Je n’allais pas entrer dans la maison d’un aîné ou d’une aînée et prendre un balai ou une vadrouille et commencer à faire leur plancher, qu’est-ce que l’aîné penserait ? Il croirait qu’il n’est pas important car un Innu est autonome très longtemps et il n’aime pas à ce que quelqu’un d’autre fasse le travail pour lui car il croit qu’on ne l’aime pas.&#13;
&#13;
4:23 Je suis allé au bureau-chef à St-Johns et je leur ai dit que je refusais et je leur disais la raison pourquoi. Lorsqu’on me disait d’aller magasiner l’épicerie avec une mère, je leur ai dit que je ne choisirai pas son épicerie et que j’allais l’accompagner et l’aider au cas que les enfants essaieraient de profiter de son argent. Parfois les jeunes veulent s’acheter des objets de marque tels que des souliers qui coutent très cher, ce qui risque de manquer d’argent pour l’épicerie. C’est à ce moment que j’interviens. Je ne peux pas lui dire quoi acheter lorsqu’elle fait son épicerie car elle seule sait ce que ses enfants mangent, elle les nourrit déjà depuis plusieurs années. C’est ce que je disais aux dirigeants des Services sociaux, que j’accompagnerai la mère et que j’interviendrai seulement lorsque la mère aurait des difficultés.&#13;
&#13;
5:21 Rose: J’ai appris plusieurs choses depuis que je travaille pour les Services sociaux, j’ai suivi des formations. Il nous a été ordonné de dénoncer une personne qui maltraitait un enfant, sinon nous allions en justice. J’ai suivi les règles et je l’ai fait plusieurs fois. C’était problématique car les membres de la famille de la communauté entraient dans les maisons afin de soutenir les parents.&#13;
Il n’y a jamais eu d’altercations ni de propos injurieux à mon égard. Aujourd’hui je connais très bien le système. Ils ont forcé pour une entente sur un cercle de guérison, et cela fonctionne aujourd’hui. Le juge, l’agresseur et le jeune se rencontrent autour de la table et concluent un règlement ensemble. Dans le passé, aussitôt qu’un homme battait sa femme, ou lorsqu’une personne faisait quelque chose de mal, il allait directement en prison. Cela n’est vraiment pas bon. L’homme ou la femme se fait incarcérer et durant tout ce temps, cette personne commence à réfléchir sans arrêt. Plus il réfléchit, plus que sa colère augmente et à sa sortie de prison, il ne se préoccupe pas de ce qu’il fait car il a déjà été puni pour son crime. &#13;
&#13;
6:49 Evelyne: Tu mentionnes une rencontre autour de la table (cercle de guérison), est-ce que c’est à la demande de l’Innu ?, c’est de cette manière qu’il veut procéder?&#13;
&#13;
Rose: Nos Innus ont entendus parler de cette démarche qui provenait d’ailleurs chez d’autres communautés. Ils sont donc allés voir dans ces communautés pour avoir plus d’informations. Ils ont conclu que cela fonctionnait et ils ont opté de fonctionner de cette façon.&#13;
&#13;
7:13 Je continue à me présenter au tribunal lorsqu’on me demande. Je ne défends pas seulement l’enfant ou la mère, je défends également l’homme. L’homme est très important aussi. Si tu n’accordes jamais d’aide à l’homme et que tu continues a le détester, il ne cherchera jamais à s’aider en croyant qu’il n’est pas aimé et qu’il ne servira jamais à rien. Il faut toujours aider l’homme, et il faut accorder beaucoup plus d’aide à lui car il en a besoin. C’est pour cette raison que je mentionne que je connais beaucoup le système et qu’aujourd’hui je comprends davantage. &#13;
&#13;
7:44 Aujourd’hui à North West River, il y a encore des femmes qui veulent poursuivre en justice ceux qui les ont blessées car ces femmes ont mal. Elles ont été traumatisées soudainement, et elles sont frustrées. Elles prennent les moyens de faire incarcérer les violents. Ce n’est pas le bon moyen. Le bon moyen, c’est « le cercle de guérison ». C’est quand l’homme ou la femme a le privilège de demander un soutien pour régler petit à petit le cas. Cela fait environs 5 mois que j’ai assisté au cercle. &#13;
&#13;
Evelyne: Est-ce la première fois que ça prend lieu?&#13;
&#13;
Rose: Non, cela existe depuis quelque temps.&#13;
&#13;
Evelyne: La personne violente ne commet pas de crime suite à son (procès)?&#13;
&#13;
Rose: Non ce n’est pas ce que je dis. C’est un nouveau processus, nous sommes en mode d’apprentissage. J’aimerais que le gouvernement accorde des fonds afin que les employés puissent profiter de cette subvention pour se perfectionner dans le but d’aider ceux ou celles qui sont agressés et aider les agresseurs aussi. L’homme a peut-être subi les mêmes agressions dans le passé. C’est de là que provient le problème.&#13;
&#13;
9:03 À Sheshatshiu, quel sont les infractions, la violence conjugale? Quel sont les plus grands délits?&#13;
&#13;
Rose: Je crois qu’il y a deux côtés. La femme est violentée mais elle se relève tranquillement. Elles ont encore très peur d’en parler car elles ont peur des familles proches de leur agresseur. S’il pouvait y avoir des colloques afin que les gens puissent comprendre les raisons de ces agressions, je crois que cela pourrait s’améliorer tranquillement. Je ne dis pas que tout est bien depuis les cercles de guérison, toutefois on avance tranquillement.&#13;
&#13;
9:58 Evelyne: Est-ce que le peuple aiment cette façon de procéder?&#13;
&#13;
Rose: Il y en a quelques-uns qui aiment cela, et il y a encore certaines personnes qui vont directement au tribunal car certains ne comprennent pas encore. J’ai souvent été agressé, de mon jeune âge jusqu’à l’âge d’environs 19 ans. C’était un chauffeur de taxi, un Anglais que j’ai poursuivie en cours. Nous avons été jusqu’à la cour suprême, où il y a douze membres du jury.&#13;
J’ai de la difficulté à croire qu’un anglais puisse se prendre en main. Je serais plus osé d’être assise en face d’un Innu et de lui parler. Pas ce chauffeur de taxi. Je l’ai poursuivie en justice pour quelque chose qui s’est passé il y a très longtemps lorsque j’avais environs 18 ans, il m’avait agressé. S’il n’avait pas été un Anglais, je n’aurais pas eu à le poursuivre en justice car si je lui aurait proposé de s’asseoir et discuter des gestes qu’il a commis envers moi, il n’aurait jamais accepté. Il plaidait que j’avais menti, toutefois le juge a cru à ma version. Le juge lui a accusé de trois charges d’agressions. Dans la communauté, nous avons encore beaucoup des cas d’abus sexuels, des agressions sexuelles ainsi que la violence physique et psychologique envers les femmes. &#13;
&#13;
12:06 Les femmes marchent tranquillement et retournent dans la même routine. Je crois que la raison pourquoi elles retournent est due à la honte qu’elles ressentent, et le fait qu’elles ont peur des membres de la famille de leur conjoint. Elles ne comprennent pas encore qu’elles peuvent régler leur cas dans le cercle de guérison ou bien de s’asseoir en face de son conjoint pour qu’elle puisse être bien dans son corps. &#13;
&#13;
Evelyne: Est-ce que les Innus se sentent bien?&#13;
&#13;
Rose: C’est très difficile de se sentir bien dans les communautés car la minute que quelqu’un a quelque chose de bien ou un peu d’argent ,tout le monde lui saute dessus. Un Anglais ou un allochtone qui a son propre magasin n’est pas traité de la même façon. Cet anglais possède son magasin ici à Sheshatshiu, il habite ici depuis très longtemps, Blake. Je n’ai jamais entendu un Innu faire un commentaire à son égard, il se fait beaucoup d’argent. Tandis que si l’Innu avait son propre magasin, il rencontrerait beaucoup de difficultés. C’est pour cette raison qu’il y a beaucoup de haine, et que nous n’allons pas très bien.&#13;
&#13;
13:31 Rose: Hier lors des discours des Chefs, cela m’a plus fait mal au cœur car ils ne parlent que pour le paraître, seulement pour faire plaisir aux gens. Leurs paroles ne proviennent pas de leur cœur, ils choisissent le bon moment de parler durant les activités communautaires et ils savent que les gens sont heureux. Je ne crois pas à leurs discours. &#13;
&#13;
14:09 Quelles sont les maladies les plus courantes à Sheshatshiu? Les maladies cardiovasculaires, diabète ?&#13;
&#13;
Rose: Je connais beaucoup qui sont diabétiques mais aujourd’hui il semble avoir plusieurs autres sortes de maladies. Beaucoup de maladies cardiovasculaires, de cancer, de maladies transmises sexuellement chez les jeunes. La cause d’après moi est le manque d’activités physique. &#13;
Je me souviens en partie de mon passé en forêt avec mes parents. Ils ne restaient jamais en place, ils n’avaient jamais assez de temps. C’est seulement au coucher du soleil que la porte se fermait pour aller se reposer pour la nuit. Aujourd’hui nous vivons très aisément, nous avons de l’eau courante, nous possédons plusieurs choses mais en même temps cela nous détruit. Nous avons des dettes et cela nous fait mal psychologiquement tandis qu’eux n’avaient pas de dettes pour se procurer des choses. Je regarde aujourd’hui mes petits-enfants, un de 4 ans et un de 3 ans, ma fille achète ce que je n’ai jamais eu dans ma jeunesse. Elle achetait un costume de bain qui lui a couté 38$. J’aurais voulu lui dire de ne pas lui acheté, que c’était trop dispendieux, c’était trop tard, elle l’avait déjà payé. Ma fille était triste et semblait être fâché disant que le costume de bain lui avait couté cher. Je ne pouvais lui demander pourquoi elle l’avait acheté car je veux qu’elle comprenne par elle-même, pour qu’elle puisse réfléchir. Je ne la réprimande pas, je ne fais que l’écouter.&#13;
&#13;
16:10 Rose: Un personne à parfois de la misère à dire non. Lorsque qu’une personne te demande telle chose et que tu lui donne, en entrant à la maison tu ne te sens pas bien, tu es triste. Tu décides alors d’en parler avec ton époux et c’est à ce moment que les problèmes surviennent. &#13;
Je ne sais pas comment ça se passait autrefois en forêt, lorsqu’on accueil des gens dans notre demeure. Il y a des mécontentements, les enfants ne s’entendent pas, il n’y a pas assez de nourriture, le parent n’a pas acheté suffisamment de nourriture, c’est encore à ce moment que débute les chicanes et la haine entre chacun se fait sentir.&#13;
&#13;
16:57 Evelyne: Aujourd’hui lorsqu’on tombe malade, nous allons consulter un médecin et nous prescrit des médicaments. Est-ce que les Innus se servent encore des remèdes traditionnels ?&#13;
&#13;
Rose: J’en connait plusieurs qui s’en servent encore. Je crois qu’Élisabeth pourrais vous en parler d’avantage car je sais qu’elle se sert toujours des remèdes traditionnels. Elle part souvent en avion pour aller s’en procurer en forêt. Elle en ramasse, en donnes aux autres à ceux qui ne peuvent aller s’en chercher. Cela rend une personne heureuse lorsqu’elle reçoit des choses. Je ne peux vous parler de la vie en forêt car je n’y m’y connais pas trop. Je ne voudrais pas vous mentir. &#13;
&#13;
17:47 Evelyne: Ceux que tu connais qui se servent des remèdes traditionnels dans la communauté!?&#13;
&#13;
Rose: Beaucoup d’aînés s’en servent encore. Les jeunes y croiraient tranquillement si on leur en parlait. Lorsque tu prends le temps de parler à un jeune, il te respectera. Un jeune ne demande que de se faire respecter et se faire écouter. &#13;
&#13;
18:26 Evelyne: La culture est-elle en perte aujourd’hui ?&#13;
&#13;
Rose: Oui, nous en perdons beaucoup, et j’ai remarqué que c’est votre cas aussi.&#13;
Je regarde mes petits-enfants et aucuns d’eux ne parlent la langue Innue. S’ils apprenaient la langue avec d’autres jeunes, ils ne tarderaient pas à apprendre. Mes enfants commencent présentement à apprendre à leurs enfants.&#13;
Je crois que la perte de notre langue ainsi que de notre culture est quelque chose qui nous nuit fortement. Avec toute ma culture que j’ai perdue, il m’arrive parfois de me sentir nulle. Je vire en rond ne sachant pas vers où aller. Souvent lorsque nous sommes dans une tente, je demande aux ainées, à ma soeur ou à une amie, ce que je dois faire en entrant dans la tente. &#13;
À quelle heure je vais manger ? Qu’est-ce que je dois faire par après ? Dois-je me laver le visage ? Est-ce que je dois serrer les couvertures ? C’est comme si je n’étais pas intelligente et je manque de confiance en moi-même. J’essaie quand même d’être forte dans mes pensées car je sais que je possède d’autre connaissances et que j’ai beaucoup d’acquis. Je ne me fais pas confiance dans la culture innue car je ne m’y connais pas. Elisabeth a beaucoup d’acquis, mais elle en a moins dans les sujets que je connais. Je me place dans deux côtés différents. J’aimerais que tous les jeunes finissent leurs études, qu’ils soient fier de leur vie. Moi, je crois qu’il serait profitable pour leur développement mental, ça serait une aide favorable pour leur bien.&#13;
&#13;
20:23 Evelyne: Quelle message aurais-tu à donner aux jeunes ?&#13;
&#13;
Rose: Mon message serait de leur dire qu’aujourd’hui il est difficile de marcher tel que c’était auparavant mais qu’il faudrait toutefois qu’ils s’accrochent à la culture de leurs grands-parents car ils ont vécus beaucoup de misère en les élevant et que c’est grâce aux grands-parents que ces jeunes existent aujourd’hui. De ne pas avoir honte de notre culture. Dans le passé tu ne voyais pas un Innu en état d’ébriété, de flâner en public, de tomber n’importe où. Aujourd’hui nous sommes rendus à ce point car nous avons perdu notre identité, ces jeunes doivent écouter les conseils des autres car nous sommes riches à notre façon et nous avons des grandes valeurs, il faut simplement les suivre !&#13;
&#13;
&#13;
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&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/684706805"&gt;Rose Grégoire&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;Une collection d'entretiens et d'activités particulières (vidéo) qui décrivent et expliquent l'aspect social des communautés innues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu est actif depuis une quarantaine d'années dans le milieu innu et a pu capter différentes entrevues et activités particulières...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=24"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Evelyne. Autrefois, tu as dit que vous habitiez de l’autre côté?&#13;
Charles Mark. Autrefois quand nous sommes arrivés avec nos bagages, moi, c’est à peine si je m’en souviens, cela doit faire une dizaine d’année en 13 ou 14.&#13;
Marcel Lalo. C’était en 1926 je crois, c’étaient les maisons des Anglais et il en avait autour des tentes seulement.&#13;
Evelyne. C’est vrai?&#13;
Marcel Lalo. Oui&#13;
Charles Mark. Exactement à l’endroit où il y a quelque chose qui est circulaire. &#13;
Evelyne. Puis le gouvernement a décidé de vous envoyer ici?&#13;
Charles Mark. Non, nous avons habité ici après notre retour, on ne pouvait pas habiter là, là de l’autre côté, les Anglais y étaient déjà en plus ils ne nous aimaient les Mishtikuashuat, nous non plus on n’aimait pas y habiter, parce que ça ne se serait pas bien passé.&#13;
 (1;10 inaudible. Il parle d’un genre de vol mais le son est trop bas pour que je puisse bien entendre. Il raconte qu’on leur mentait pour dérober ce qu’ils avaient donné en échange de services mais je n’en suis pas sûre.)&#13;
Evelyne. C’est si vous payez?&#13;
Charles Mark. oui&#13;
Evelyne. Et quand vous êtes allés à La Romaine?&#13;
Charles Mark. C’est ça, c’était en 1952 que nous sommes allés là-bas, vers le large…il y en a qui étaient partis d’avance, un an auparavant.&#13;
Ils sont partis par voie d’eau, puis nous sommes partis, nous tous sommes partis un an plus tard. Alors nous avons érigé un campement là-bas. On avait un petit bateau, on l’a amené à La Romaine. Nous, on est resté pendant deux ans. Quand on était à La Romaine on a débarqué au large, on ne nous a pas débarqué près du rivage, il n’y avait pas de quai. On nous traitait presque comme des chiens quand on est parti en bateau. On nous mettait au travers des chiens. C’est comme ça que je m’en rappelle, alors on est resté.&#13;
Evelyne. Combien d’années êtes-vous restés à La Romaine?&#13;
Charles Mark. Moi, je suis resté deux ans presque et Shimun (groupe), ils sont restés un an et demi. C’est au printemps qu’ils sont revenus ici.&#13;
Evelyne. On dit d’eux qu’ils ont marché.&#13;
Charles Mark. Oui, ils ont marché, Antan et Shapatishiss et Puniss et ses enfants. Nous sommes restés une autre année quand le printemps est arrivé nous sommes partis en avion, nous sommes arrivés ici en mars, mon père, Antan, et Mishen qui était marié, il y avait San Lalo, il y avait aussi Uniam Lalo le père de Shushep. C’était ces aînés qu’il y avait dans ce temps-là. Puis nous sommes arrivés, moi je suis arrivé en bateau, on était deux avec Shinapesht mon beau-frère, il était marié déjà depuis deux ans je pense, sa femme s’appelait Pinamen. Quand nous sommes arrivés ici on a dû rester trois ans, on a dû rester cinq ans puis on nous a donné des maisons.&#13;
Evelyne. Est-ce qu’on vous a bien installé avec les Innus de Uanaman-shipu?&#13;
Charles Mark. Oui, c’est nous qui n’avons pas aimé être là, ce sont les aînés qui n’aimaient pas être là parce qu’on nous avait menti. Quand on est parti d’ici on nous avait dit que les maisons étaient prêtes là-bas. Puis quand l’automne est arrivé au mois de décembre, elles seront terminées nous a-t-on dit. On est resté un an là-bas à La Romaine parce qu’on nous avait dit aussi qu’on nous amènerait sur nos terres de chasse, mais nos pièges sont là-bas. Ce n’est pas ce qui s’est passé en plus on a dit « on vous donnera du bois de chauffage », celui qu’on amène par traîneau ou motorisé. C’est ainsi que ça s’est passé. C’est pour ça qu’on est revenu ici. On nous a retenu, les agents du gouvernement nous ont retenu et le Père Joveneau aussi.&#13;
On nous a retenu à rester mais les aînés ne voulaient pas, ils étaient déjà partis depuis trois semaines. Mon grand-père m’a fait venir Uniam Pukue, il était là et mon père aussi, San Lalo et (?). Ils sont arrivés ici en automne. Puis nous aussi on est parti et on est resté là. L’agent du gouvernement est venu nous rejoindre, il nous a dit ; on va vous donner des maisons, on lui a dit; ça ne fait rien si on ne donne pas de maisons. On est resté ici peut-être pendant 5 ans. Tanien Vachon est venu nous rejoindre il était chef, il est venu ici et Max Gros-Louis aussi.&#13;
On parle de maison puis il a dit; est-ce que vous seriez contents d’avoir des maisons.Oui, on serait content qu’on nous donne des maisons, ont-ils dit, si on nous donne des maisons on ne retournera pas là-bas, on ne retournera pas à nouveau là-bas, lui a-t-on dit, ça suffit les mensonges, ce n’est pas le Gouvernement… (5 :44 inaudible) Nous aurions gaspillé pour toujours si on avait quitté notre terre. Puis nous sommes revenus ici avec ceux qui étaient forts, les aînés c’est eux qui étaient forts. Ils ont réussi à revenir ici&#13;
Pour y rester. De plus on ne nous donnait pas de nourriture, du bien-être au moins pendant 3 ans. On faisait une route pour des véhicules, pour faire passer (?) pendant 3 ans de temps, il y en avait déjà un que c’était fait, ça a continué un autre quatre ans, alors les Innus ont pu travailler et ont pu survivre et aussi grâce à la chasse aux castors. Mais ils continuaient à monter dans le bois quand même. L’hiver suivant après 5 années c’est alors qu’on a construit les maisons Quand Tanien est venu…c’est moi qui aurais dû partir alors c’est Pien Tenakan qui est parti là-bas où on discutait les maisons, on le considérait comme un chef de bande Pien Tenakan&#13;
C’est moi qu’on aurait élu, j’aurai été le premier mais moi, je suis monté dans le bois tandis que Pien Tenakan lui, est resté ici. Quand je suis revenu du bois c’est alors que j’ai entendu dire que les maisons seraient construites cette année-là ou encore l’été suivant. On s’est mis ensemble pour les maisons (7;09 inaudible à cause d’une pelle mécanique qui enterre la voix de Charles 7;36)&#13;
Evelyne. Vous deviez être contents de revenir?&#13;
Charles Mark. Oui, nous étions contents de rester à nouveau n’est-ce pas. Là-bas on pensait naturellement…On tentait de trop en faire pour s’installer, nous n’étions pas confortables de monter dans le bois là-bas parce qu’on était trop nombreux et le gouvernement nous mentait concernant l’aide pour monter dans le bois.&#13;
Evelyne. Vos enfants n’ont-ils pas….&#13;
Charles Mark. On voulait construire les maisons de l’autre côté mais on n’a pas accepté, on a dit qu’on voulait être de ce côté-ci&#13;
Evelyne. Au pensionnat, Il n’y avait pas de vos enfants qui sont allés étudier au Pensionnat n’est-ce pas?&#13;
Charles Mark. Non.&#13;
Marcel Lalo. On n’a pas envoyé d’enfants là-bas à Uashat.&#13;
Charles Mark. Il n’y a que deux qu’on a envoyé après…&#13;
Evelyne. Ils ne parlaient que l’anglais, vous-autres…n’est-ce pas?&#13;
Charles Mark. Oui, les jeunes parlaient beaucoup anglais. Nous, on parle anglais et les enfants aussi parlent anglais. Puis ça s’est brisé après deux ans, il a fallu qu’ils parlent français, on ne savait pas quoi faire. Naturellement nous avons été embêtés quand les agents du gouvernement sont venus, ils parlaient français, on ne savait pas quoi faire. Il y en avait qui parlaient anglais mais ils ne pouvaient pas venir. Avant les maisons étaient situées seulement du côté de la rivière, il n’y en avait que là. De plus on avait beaucoup de misère pour…(9;23 inaudible, il parle des maisons, des premiers maison 9;27)&#13;
09 :30 Evelyne., Bonjour, je suis heureuse de te rencontrer, j’aimerais que tu me racontes, est-ce ici que les Innus de Pakua-shipu restaient, où devaient être situés les tentes?&#13;
Charles Mark. Pour commencer moi aussi je te salue, je me sens prêt à raconter le passé. On pourrait dire qu’on était heureux quand il y avait encore des aînés, ceux qui ont vu, ont vécu ça comme mon père et Uiniam Pukue et Matshiu Pitin et Matshiu Lalo et Mishtanapeu. Ils étaient nombreux, ils devaient être cinq et les enfants vivaient ensemble, Autrefois on habitait là-bas tout droit là où il y a la pointe.&#13;
Là où il y a une île par ici, là où les traîneaux peuvent passés, là où je t’ai pointé c’est là que restaient les Innus. Il n’y avait pas encore de Mishtikushus, il n’y avait pas beaucoup…. Il devait y en avoir que quatre s’il n’y en avait 7, là il devait y en avoir quatre et là cinq, il devait y en avoir cinq ou sept, s’il n’y en avait pas neuf en tout. C’étaient les maisons des Mishtikushus. Je me souviens du temps qu’on restait là, il y avait un marchand qu’on appelait Mr. Green(?), il était comme un agent du gouvernement, peut-être que vous l’avez vu quand il allait à Uashat. C’est lui qui nous avait envoyé de l’autre côté pour qu’on y habite. Donc comme on ne nous aimait pas alors on est allé rester là-bas, c’était comme si on nous déplaçait, sinon c’est nous qui aurions été maître ici, c’aurait été une terre innue quand je me rappelle du passé, il y a longtemps c’était 1970 qu’on nous racontait ça. En premier on est resté là-bas, on habitait de l’autre côté, il devait y avoir une dizaine de tentes et d’autres restait en face, il devait y avoir quatre tentes et là-bas peut-être cinq.&#13;
Evelyne. Là de l’autre côté?&#13;
Charles Mark. On devait être au nombre de cent deux, je parle des Innus. Puis les agents du gouvernement sont venus nous rejoindre et il y avait un Mr. Letouneau(?), il est venu ici puis on en a déplacer quelque uns en premier.&#13;
Ils sont partis l’année d’après, c’est donc l’été suivant qui sont venus… c’est 1961 quand ils sont venus, Puis nous sommes restés à Uanaman-shipu, moi je suis resté deux ans là-bas, presque trois ans, puis nous sommes revenus là-bas de l’autre côté (nom de lieu?), c’est là que nous sommes restés.&#13;
Evelyne. Pourquoi vous a-t-on déplacé?&#13;
Charles Mark. C’est parce que les femmes (tshitassuatupant(?) avec les femmes mishtikushus, volaient des choses parfois quand les Innus leur demandaient de faire des commissions on pourrait dire ça comme ça et quand les innus leur demandaient de les monter dans le bois (entrée de la forêt) en chaloupe.  Quand les Blancs revenaient après avoir conduit les Innus, tout ce que les Innus laissaient derrière eux, ils le prenaient, comme les machines à coudre et même le bois utile qu’ils laissaient pour fabriquer leur canot etc.) C’était ainsi et de plus on a voulu nous déplacer parce que les Mishtikuashus ne nous aimaient pas.&#13;
Evelyne. Donc tu es resté là pendant une année, est-ce qu’il y avait des Innus à La Romaines ?&#13;
Charles Mark. Il y avait déjà des Innus, ceux qui étaient déjà là depuis trois semaines (?), Ceux-ci devaient déjà être partis, Penua Ashini était parti et Matshiu Pitin et Matshiu Mishtanapeu, étaient déjà partis. Puis après ça été notre tour après un an, c’était au mois d’août le premier, c’est alors que nous avons dû partir, c’est de l’autre côté qu’on s’est rassemblé, il y avait un quai, c’est là qu’on nous a amené, là où il y a une bute. On avait amené un petit bateau au large. Après qu’il y a eu une rencontre alors les agents du gouvernement nous on dit que si on voulait monter dans le bois ça ne serait pas difficile et que le Gouvernement allait payer l’avion et qu’on ne paierait pas, nous ont-ils dit. Mais ils nous ont menti, on ne nous a même pas traité tel quel et même les maisons qu’on nous donnerait là-bas, qu’elles étaient déjà prêtes nous avait-on dit, vous n’aurez qu’à y entrer nous avait-on dit et on vous donnera aussi du bois de chauffage, on allait en donner aux aînés, aux plus vieux, on va les transporter, le bois de chauffage nous avait-on dit. Quand on est arrivé là-bas on est resté, il n’y avait rien, on ne pouvait entrer dans les maisons, peut-être en décembre ou au mois de novembre qu’on a pu y entrer, c’était en date du quinze, il faisait déjà froid, puis les aînés ont parlé de revenir ici. Il y a un Innu qui avait été arrêté. C’est Etien qui avait été arrêté à Uanaman-shipu, c’est pour ça qu’on a essayé de revenir ici, on pourrait dire que ça n’allait pas bien, eux ils n’aimaient pas ça, ils ont marché pour revenir ici. Il y avait Antan et Shapatishiss et Puniss, ils étaient un groupe de quatre qui revenaient ici. Ça a dû leur prendre quatre mois, ils sont restés là-bas un peu plus d’un an, c’est au printemps qu’ils sont partis pour revenir ici, ils sont arrivés ici les rivières s’étaient déjà libérées de leurs glaces. Ils savaient comment ils étaient traités, qu’ils ne seraient pas aidés donc…ils regrettaient leur terre et leurs pièges, les aînés voulaient vraiment revenir à Pakut-shipu pour rester et ce sont eux qui étaient les premiers, qui connaissaient bien (le chemin) et ils savaient comment faire. Là-bas quand j’y pense naturellement c’était comme si on nous enfermait, on ne pouvait rien faire parce qu’on nous défendait tout, il n’y avait rien pour nous qu’on pourrait dire, il n’y avait rien, on avait construit des maisons mais il n’y en avait pas beaucoup. Les Innus ne donnaient aucune importance à ces maisons, ils donnaient plus d’importance à leur terre, c’est là qu’ils voulaient rester. Après le départ du groupe à Shimun, leur marchand les a aidés à monter dans le bois, le Gouvernement leur donnait de la nourriture (aide sociale), ils commençaient à avoir faim dit-on, Antan a voulu les suivre. Il a nommé son père. Ils ont payé l’avion pour revenir ici, ils ont utilisé leur pension de vieillesse pour payer. On ne leur a pas donné d’aide social ici, ils sont quand même restés. Puis ils sont finalement tous revenus, Pien Pitin est revenu et tout le groupe de Matshiu Lalo et San Lalo et Uniam Lalo, ils sont tous revenus ici. Puis nous sommes restés encore un autre quatre ans ou cinq ans à peu près nous y sommes restés, deux, un groupe sont revenus ici, Matshiu Pitin est revenu, il regrettait sa maison, (?) « je reviendrai » dit-il.&#13;
Evelyne. Était-il vieux? &#13;
Charles Mark. Non, il n’était pas vieux mais il n’aimait pas là-bas, on pourrait dire qu’il était déjà vieux. Il est revenu ici peut-être cinq ou six ans après nous.&#13;
À nouveau nous sommes restés ici de l’autre côté, quand nous sommes revenues, c’était en bateau, on nous a installé dans une cale comme si on était des chiens naturellement, on nous traitait ainsi et il y avait les canots et nos bagages, on était là avec tout ça. Puis nous sommes arrivés à Uananman-shipu au large c’est là qu’on nous a débarqué. Ce sont de petits bateaux qui venaient nous chercher c’est là que nous avons débarqué, il commençait à faire froid, puis nous sommes arrivés au rivage de Uanaman-shipu. Je me suis trompé un peu. Le temps que nous ayons été là, ça n’allait pas bien, on ne nous donnait pas d’aide social, on ne donnait pas à manger, on voulait qu’on revienne ici.&#13;
Evelyne. Combien de temps ne vous a-t-on pas donné d’aide social?&#13;
Charles Mark. À peu près pendant trois années on ne nous a pas donné d’aide social, ça a dû faire trois ans qu’on ne nous a pas donné d’aide social durant qu’on était là, il y avait une route qui était construite, une route d’hiver, un travail d’hiver c’est ainsi que les Innus ont réussi à s’en sortir, qu’ils ont pu subvenir à leurs besoins. Ça s’est arrêté après trois ans puis il y a eu les maisons en 1972, c’est alors qu’on a pu y entrer et rester là. Après qu’on eut été invité on nous avait oublié; ça n’allait pas bien pour nous, On nous les a redonnés, les maisons, ils ont été fini d’être construites. Nous étions contents d’avoir les maisons.&#13;
Evelyne. Tu me dis pendant trois ans vous n’avez pas…&#13;
Charles Mark. Oui, pendant trois ans à peu près nous n’avons pas reçu d’aide social, on ne nous a rien donné alors nous avons travaillé à des emplois d’hiver, ça a duré trois ans puis nous avons arrêté et c’est alors que nous avons eu le chômage, puis après nous avons eu les maisons. Alors les agents du gouvernement sont venus pour nous annoncer que des maisons seraient construites, c’est Tanien Vachon qui est venu de Uashat, il est arrivé en disant, seriez-vous contents d’avoir des maisons, il y a Max Kuniu qui était là,----Oui, dirent-ils , nous serions contents si le Gouvernement nous en donnait, mais pas ailleurs, oui nous serions content, c’est ici que nous aimerions qu’on donne les maisons, dirent-ils. --- D’accord on va essayer dit Tanien, on va parler politique et toi, tu devras partir, me dit-il, c’est toi qui seras chef, me dit-il. Je ne pouvais pas partir négocier car je montais dans le bois cet automne-là, alors Pien Tenekan est devenu chef, il a pris ma place. Après un an qu’on eut eu un chef c’est en automne qu’on a parlé des maisons qu’on allait nous donner, l’été a suivi. Alors elles ont été construites.&#13;
Evelyne. Alors les enfants donc… est-ce qu’on a construit une école?&#13;
Charles Mark. Non, il n’y avait pas d’école ici, on les traversait de l’autre côté pour l’école. Il y avait une vieille école, on l’avait déplacé, quelques temps après notre arrivée ici, ça ne fait pas longtemps, c’est là qu’on avait inscrit les enfants, ils parlaient anglais ceux qui y allaient et en plus c’était très difficile pour eux…&#13;
Evelyne. Est-ce qu’ils marchaient en hiver?&#13;
Charles Mark. Non, on nous avait donné un petit véhicule après que les enfants eurent commencé l’école, c’est avec ce petit véhicule qu’ils étaient amenés en été après la fonte des glaces. Au mois de juin, ils y allaient en canot et quand ils commençaient en juin ils prenaient le canot. Les enfants avaient de la misère avec l’école, on en a discuté pour qu’on nous en donne une, ça a fini par aboutir à force d’en parler. Alors l’agent du gouvernement m’a dit; Il faudra que vous soyez très loin, pour avoir droit à une école, nous a-t-il dit. Alors je lui ai dit, je te remercie pour ce que tu me dis, mais j’ai le temps de mourir, avant que tu nous donnes une école, lui dis-je, ça veut dire la même chose, c’est tellement difficile pour les enfants quand c’est le printemps. Il faut qu’ils traversent, ils sont tout mouillé, puis il y a le vent, et quand il fait froid, lui dis-je, c’est très dangereux qu’ils tombent à l’eau quand ils traversent avec le petit véhicule. Il y a des trous d’eau quand on les y amène avec le véhicule.&#13;
Evelyne. Ça fait combien de temps que les enfants ne traversent plus?&#13;
Charles Mark. Ça fait peut-être dix-neuf ans qu’ils ne traversent plus.&#13;
Evelyne. Il y a une école maintenant n’est-ce pas?&#13;
Charles Mark. Oui, quand on a construit la première école à l’ouest de la réserve celle qui se trouve de l’autre côté, celle qui est au milieu c’était notre école, au début elle n’était pas grande, trois ans plus tard puis cinq ans et après sept ans, on en a discuté encore…il y avait suffisamment d’enfants, nous a-t-on dit. Maintenant les enfants, il y en a plein. Notre population augmente très vite, donc les enfants sont devenus nombreux.&#13;
Evelyne. D’où viennent ces Anglais?&#13;
Charles Mark. Naturellement il devait y avoir des Anglais autrefois, quelques-uns d’entre eux viennent de l’est et ils sont venus à Pakut-shipu, il y en a qui viennent de la grande île, les Mishtikushus, c’est eux qui ont construit leurs maisons.&#13;
Evelyne. Est-ce que ce sont tous des Anglais?&#13;
Charles Mark. Il devait y avoir d’autres Anglais, ils se seraient sauvés, ils se seraient échappés.&#13;
Evelyne. J’ai entendu parler aussi des Aissimeus, il y aurait eu une bataille ici une fois?&#13;
Charles Mark. Non, c’est du côté de l’est, les Innus auraient descendus la rivière pour se rendre à l’ouest pour aller chasser le castor naturellement, il n’y en avait pas tellement dans l’intérieur des terres, ils sont allés à l’est pour en chercher, c’est là que ça s’appelle Aissimeu-shipu c’est là qu’il y avait des Aissimeus, c’est là qu’ils les ont bloqués, qu’ils les attendaient sur une hauteur quand ceux-là sont passés en canot pour les tirer avec leurs flèches. Les Innus connaissaient les lieux, alors ils sont passés en canot de l’autre côté, il y avait là-bas une baie. C’est là qu’ils avaient dû débarquer, à la pointe et c’est de là qu’ils ont tiré avec leurs fusils sur les Aissimeus. C’est comme s’ils se faisaient la guerre alors ils ont été décimés, les Innus les ont décimés, un des Aissimeu partout sur lui ici (geste) s’était fait une armure en hache sur lui, on dit que le fusil ne le blessait pas, alors il a dit en chantant; je ne sais pas ce qu'il devait chanter ---si nous avions eu les mêmes armes, chantait-il ainsi, vous n’auriez pas pu nous faire avoir si facilement, dit-on de Aissimeu. Après qu’on eut tué les Aissimeus, les Innus sont montés dans le bois aussitôt, les Innus sont allés plus loin dans l’intérieur des terres.&#13;
&#13;
Evelyne. Pour quelle raison se sont-ils battus?&#13;
Charles Mark. À cause du loup marin, ils avaient peur que les Innus chassent le loup marin, ils devaient penser que les Innus tueraient le loup marin.&#13;
Evelyne. Aujourd’hui est-ce qu’il y a des changements dans le mode de vie?&#13;
Charles Mark. Oui, ça a beaucoup changé dirait-on, il y a quelque chose qui a été perdue pour nous, comme à l’école, il manque l’enseignement de l’innu-aimun pour les enfants, on leur enseigne seulement un peu la langue innue du moins ce dont je suis témoin et de plus il y a la drogue, s’il n’y avait pas eu la drogue peut-être que c’aurait été moins pire et de plus on ne les amène pas dans le bois. Aujourd’hui on ne montre pas ça aux enfants du moins pas suffisamment… quand tout a commencé dans le passé, ils allaient bien, on montait dans le bois et tous les enfants, même les tous petits, on montait tous dans le bois alors que maintenant… c’est un peu différent les Innus ne peuvent pas monter dans le bois autant, il y a ceux qui montent dans le bois pour peu de temps comme deux semaines, ça c’est toujours là, ils ne vont pas loin, ils y vont en avion et ils amènent tous les enfants aussi qui vont à l’école et parfois au printemps c’est au large pas loin… &#13;
Evelyne. Ici, vous autres?&#13;
Charles Mark. Ils ne peuvent pas rester longtemps et il y a cette chose qui leur fait de la misère, ils ont de la misère…comme la bière et la drogue parce que les Kakusseshiht en vendent les Mishtikushus et même des jeunes. Aujourd’hui ça fait quatre ans qu’ils en prennent. &#13;
Evelyne. Est-ce que ça va s’améliorer ?&#13;
Charles Mark. Je pense que tout ira bien dans un an si on leur donne le temps…c’est possible peut-être s’ils vont chercher de l’aide et s’ils ne prennent pas beaucoup de drogue. Si les Innus s’aident, s’ils ont envie de se rapprocher des ainés, peut-être qu’ils ne seront pas assez forts pour s’en sortir. Il se peut qu’ils ne soient pas assez forts pour s’en sortir du moins pour quelques-uns parce qu’il faut croire en soi…parfois… « c’est notre vie à nous » disent parfois ceux qui boivent, comme les femmes de Pakut-shipu et les jeunes ne…quand on les empêche de continuer, ils ne vont pas là où se trouve l’aide, ils ne sont pas nombreux à chercher de l’aide. Moi, j’aimerais qu’il y en ait plus qui veulent s’aider et c’est comme ça peut-être que tout pourrait arriver pour s’entraider, peut-être que ça prendra du temps, un six ans ou un sept ans, ça pourrait peut-être être possible.&#13;
Evelyne. Comment vois-tu le futur?&#13;
Charles Mark. Moi la façon que je vois le futur, il me semble que je serais heureux si on amenait les enfants dans le bois et qu’on les aide. Qu’on puisse aider ceux qui rencontrent des problèmes et qu’ils ne se découragement pas de monter dans le bois pour le moment, essayer de croire qu’on peut s’en sortir et qu’ils ne pensent pas que c’est impossible, qu’ils aiment être dans le bois et que les jeunes aiment plus être dans l’intérieur des terres., du moins ceux qui ont dix-huit ans et ceux qui ont vingt ans aussi, qu’il ait du travail, qu’il y ait de plus en plus de gens qui travaillent, là-bas il manque des travailleurs peut-être qu’il en manque six pour ceux qui n’ont rien à faire et si on continue toujours de monter dans le bois.&#13;
Peut-être que ça pourrait arriver plus souvent qu’on puisse voir (nutshimit) et j’y crois moi, on n’y va pas assez souvent, les jeunes ne peuvent pas rester assez longtemps. Ce n’est pas suffisant d’être là deux semaines, peut-être il faudrait y être au moins un mois ou deux mois, ce serait bien, les jeunes apprendraient plus.&#13;
Evelyne. Quel message donnerais-tu aux jeunes?&#13;
Charles Mark. Moi je pourrais dire que ça irait mieux, peut-être que vous iriez mieux si vous ne preniez pas trop de drogue. Moi par exemple ça fait peut-être six ans que je n’ai pas touché à la bière, c’était vraiment ça que je consommais. Il arrivait parfois que j’en consomme jusqu’au lendemain, ou pendant une semaine, quatre jours en ligne que je devais boire.&#13;
J’ai su d’où j’arrivais dans mon passé, quand j’y pense que ça me causait des problèmes. Je croyais que ça ne me causait pas de problème dans le temps que je buvais je ne…pour ma femme et mes enfants. Les jeunes me disent --- tu faisais ça toi aussi quand tu buvais, me disent-ils. Oui, c’est vrai ce qu’ils disent, c’est la même chose quand une femme parle de son mari, je ne lui dis rien, je l’écoute car je sais ce qu’elle me raconte est vrai donc je lui dit ---c’est vrai ce que tu me racontes, moi aussi je ne savais pas quoi faire quand je buvais encore mais je vais essayer de plus boire et j’irai visiter les aînés, je me décourage parfois d’essayer de ne pas boire, de résister à la boisson, j’ai pitié de moi-même, ça fait deux ans que je n’ai rien pris et je voulais aller voir le prêtre pour une rencontre. Après avoir réussi un an, deux ans de sobriété j’étais complètement différent. Ça va faire quatre ans cet automne au mois de décembre le 6 décembre que je ne bois plus, je me sens mieux il me semble et je réussis mieux ce que je fais comme m’adresser aux Innus, je ne suis plus gêné.&#13;
Evelyne. Est-ce que les jeunes pourraient faire la même chose?&#13;
Charles Mark. Si on leur montrait lentement, qu’on ne leur disait pas « Arrêtez de boire », il ne faudrait pas leur dire comme ça.&#13;
Evelyne. Maintenant il y a beaucoup de ressources pour aider les jeunes, n’est-ce pas?&#13;
Charles Mark. Oui, il en aurait beaucoup, si on les amenait dans l’intérieur des terres c’est ce qu’ils les aideraient beaucoup. Par exemple quand on amène les jeunes dans le bois…il faudrait aussi que les adultes y aillent, s’ils restaient là deux mois c’est alors que ça irait mieux pour eux, ils aimeraient l’intérieur des terres. Alors qu’ici il n’y rien, ils ne font que se promener, ils ne font rien et ils ne dorment pas la nuit. C’est évident que ceux qui sont petits aillent des problèmes eux aussi comme pour les petits bateaux, ils se rendent là aussi, les jeunes de Sheshatshit viennent les rejoindre, certains sont originaires de là, ce sont des jeunes de Sheshatshit, même ceux qui restent en concubinage ils viennent ici et y restent. Il doit y en avoir aussi qui venaient de La Romaine, quelques-uns d’entre eux qui viennent ici. Moi je pense que tout a commencé chez les Mishtikushus, Moi je pense que c’est les Mishtikushus qui ont vraiment tout commencé (drogue).&#13;
Evelyne. Y a-t-il autre chose que tu aimerais dire?&#13;
Charles Mark. Oui, là-bas de l’autre côté (rivière) nous, on le nomme innuassi, nous y croyons qu’il soit appelé de cette façon même avec les agents du gouvernement. Comme si on nous l’avait emprunté dans le passé. Une fois on avait essayé de nous déloger, il y a neuf ans, on voulait nous déménager, on voulait nous construire des maisons, je me demande où est-ce qu’on voulait nous installer, peut-être là-bas ou plus à l’ouest c’est là qu’on voulait nous construire des maisons on a refusé---ça fait déjà trois fois, leur ai-je dit, ça suffit, c’est la dernière fois que vous nous faites ça, ai-je dit aux agents du gouvernement. On a écrit une lettre, Antane Mak m’a aidé. On est allé à Ekuanitshit puis on n’en a plus jamais entendu parler (déménager).&#13;
Evelyne. Donc aujourd’hui c’est une vraie innuassi?&#13;
Charles Mark. Oui, maintenant c’est une vraie innuassi pour nous, c’est ainsi qu’on l’appelle. Si le Gouvernement ne la nomme pas ainsi pour nous c’est ainsi qu’on la nomme. On à l’école, tout va bien maintenant, ça n’allait pas bien parce qu’on n’avait pas bien inspecté, peut-on dire et elle avait été mal construite, on nous a donné une école qui n’était pas adéquate.&#13;
C’est ce qu’on nous avait donné, on l’avait d’abord réparé, on l’a rapiécée pour qu’elle ait l’air belle, le patron avait dû travailler un mois ou deux dans le temps. Elle semblait terminée, on avait emmené par voie d’eau tout ce dont on avait de besoin. On avait dû lui donner du temps (innus) pour travailler… si vous embouchez un Mishtikuashu on va donner du travail à beaucoup d’Innus avaient-ils dit. Alors on leur a donné des heures aux Innus, on leur a donné six milles heures.&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/634551021?h=614924b7a0" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/634551021"&gt;Charles Mark entrevue&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;Une collection d'entretiens et d'activités particulières (vidéo) qui décrivent et expliquent l'aspect social des communautés innues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu est actif depuis une quarantaine d'années dans le milieu innu et a pu capter différentes entrevues et activités particulières...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=24"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Moving Image</name>
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              <text>Évelyne : Bonjour Philippe. D'où viens-tu, où es-tu né ?&#13;
Philippe : Je suis de Malio.&#13;
Évelyne : Et tu es allé à l'école ici ?&#13;
Philippe : Oui, j'ai toujours demeuré ici.&#13;
Évelyne : Tu es un musicien, est-ce que ça fait longtemps que tu joues de la musique ?&#13;
Philippe : J’ai commencé jeune. On m'a invité à jouer de la musique dans des partys. Il n’y avait pas grand nombre d'artistes et on m'invitait toujours moi. À force de jouer, je devenais de plus en plus bon, et c'est venu que je chante aussi.&#13;
Évelyne : Où as-tu pris ta première guitare ?&#13;
Philippe : Dans le premier temps, je jouais la musique des Beatles. J'écoutais toujours leur musique, je l'aimais bien. J'ai rencontré un autochtone de Mistassini, il s'appelait Marley Loon, il est décédé. Je l'ai rencontré à Montréal, il jouait de la musique et chantait dans sa langue crie et moi déjà, je jouais de la musique, mais je n'avais jamais pensé composer et chanter. Je comprenais un peu ces chansons et au retour chez moi, je commençais à composer mes chansons et à les chanter. C'est là que j'ai produit un long jeu à Radio-Canada. Anciennement, il n'y avait pas de radio communautaire et les autres autochtones avait de la difficulté à se procurer mes chansons. À la suite de l'apparition des radios, la renommée vient plus vite.&#13;
Évelyne : Dans tes chansons, de quoi parles-tu le plus ?&#13;
Philippe : Je parle du solitaire, la terre Nitassinan, de l’espérance, l’espoir.&#13;
Évelyne : Tes chansons, depuis combien d'années que tu chantes ?&#13;
Philippe : Au moins 20 ans, mais pas régulièrement. De temps en temps, je joue pour moi et actuellement, je suis en train de faire un CD, je l'achève et les Innus ont hâte de l'écouter.&#13;
Évelyne : J’entends souvent des Innus dire que tes chansons correspondent à ce qu'ils ressentent.&#13;
Philippe : C’est grâce aux Innus qu’il y ait des chanteurs en innu qui peuvent transmettre ce qu'ils ressentent comme Innu, pouvoir chanter nos coutumes, notre mode de vie, transmettre nos pensées, notre vision en tant qu'Innu. Si les Innus n'existaient pas, il n'y aurait personne pour chanter tout ça.&#13;
Évelyne : On m'a même dit que dans tes chansons, il y avait toujours une suite ?&#13;
Philippe : L’artiste ne ressent pas toujours que ses chansons peuvent influencer les autres.&#13;
Évelyne : Comme tu le dis, quand on parle du Nitassinan, tout de suite, on entend tes chansons.&#13;
Philippe : Oui, il y a deux personnes, l'homme et le chanteur. Il faut que les deux personnages se complètent et se comprennent sinon, il ne sortira pas de son produit.&#13;
Évelyne : C’est ça que je te dis, lorsqu'il se produit quelque chose dans la communauté, comme quand on parle de la terre, quand il y a la fête des Mère, on fait toujours entendre à la radio, tes chansons.&#13;
Philippe : Quand tu chantes, tu commences toujours par ton entourage proche, vient l'entourage de la communauté, du territoire. C'est toujours comme ça, l'espace augmente avec la chanson. Ta vision augmente.&#13;
Évelyne : En te servant seulement de la langue innue, tu n'atteins pas le blanc, qu'est-ce que tu penses de ça ? Ou bien tu veux seulement atteindre les Innus ?&#13;
Philippe : Je suis dans les deux groupes, quelquefois, je chante en français et des fois en Innu. Quand je chante en Innu, j'essaie d'atteindre les Innus. La bonne humeur, l'amour, c'est la même chose pour tout le monde quelle que soit la couleur, la race.&#13;
Évelyne : As-tu déjà commencé à composer et chanter en français ?&#13;
Philippe : J'en fais de temps en temps, je compose mes chansons en français et elle se trouvent dans les tiroirs. Mais je commence à les sortir, il va y en avoir un tas. Aujourd'hui, je ne veux rien précipiter comme je le faisais avant. Quand tu fais trop vite, tu accroches tes pieds dans quelque chose et tu tombes.&#13;
Évelyne : Quand tu veux chanter en français, qu'est-ce que tu veux envoyer comme message ?&#13;
Philippe : C'est pour amener plus de personnes à m'écouter chanter.&#13;
Évelyne : Quel message veux-tu envoyer ?&#13;
Philippe : Rien de plus que ce que je ressens quand je suis joyeux, peiné.&#13;
Évelyne : Depuis l'existence de Innu Nikamu, tu es le pionnier du festival et de la chanson innue, tu as produit un long jeu, tu es populaire auprès de bien des personnes et surtout des jeunes qui suivent tes traces, qu'est-ce que tu penses de ça ?&#13;
Philippe : Je ne suis pas le premier artiste, car auparavant il y a nos grands-pères qui chantaient avec le tam-tam. Moi, je n'ai fait que maintenir et renforcer la chanson innue.&#13;
Évelyne : Tu parles des aînés, est-ce que tu t'en sers du tambour dans tes chansons ?&#13;
Philippe : Il m'arrive de temps à autres, mais je ne chante pas que je l'utilise, je ne suis pas rendu à cette étape ni l'âge pour chanter tout en tapant sur le tambour. Peut-être qu'un jour, j'aurai l'honneur de le faire, mais je suis encore dans les instruments.&#13;
Évelyne : Et tu t’en sers, quels sont les instruments dont tu te sers ?&#13;
Philippe : Les instruments électriques et la batterie, le clavier, le piano.&#13;
Évelyne : Y a-t-il des Innus qui jouent avec toi ?&#13;
Philippe : Il y a beaucoup d’Innus et de non-innus et moi, je suis dans le milieu, j'utilise des Innus et des non-innus.&#13;
Évelyne : Et toi, qu'est-ce que tu aimerais ? Comment le vois-tu ?&#13;
Philippe : Moi, peu importe sa race, en autant qu'il sache jouer un instrument et qu'il s'accorde avec moi. Il n'y a pas de différence pour moi.&#13;
Évelyne : Ton CD approche, comment tu vas t'organiser pour sa sortie ? Vas-tu faire le tour des communautés ? Comment vas-tu procéder ?&#13;
Philippe : L'année prochaine, je vais aller dans les communautés pour vendre le produit et faire des spectacles, chanter dans chaque communauté.&#13;
Évelyne : Aujourd'hui y a-t-il beaucoup de personnes qui jouent de la musique ?&#13;
Philippe : Il y en a beaucoup, surtout des jeunes. Il faut qu'ils y croient à un talent, car au début, c'est un jeu, un plaisir de jouer avec un instrument. Plus tard, ça devient plus sérieux parce qu'il faut que tu gagnes ta vie avec cela.&#13;
Évelyne : Moi, je pensais que jouer de la musique c’était vouloir transmettre un message ? Est-ce que c'est ça ?&#13;
Philippe : Oui, c'est un peu ça. Tu veux transmettre un message et celui d'un autre. Ce que l'autre peut ressentir. Moi, c'est ma façon de procéder.&#13;
Évelyne : Est-ce que le festival Innu Nikamu vous aide ?&#13;
Philippe : Pour ma part, ça m'aide beaucoup. Je n'ai pas besoin de grand monde, mais avec les visiteurs qui viennent, je suis heureux de leur présence. J'aime jouer de la musique.&#13;
Évelyne : Tu m'avais compté la raison pour laquelle tu veux faire un CD. Quelle est cette raison ?&#13;
Philippe : Pour me satisfaire. La satisfaction du travail accompli et bien fait.&#13;
Évelyne : Moi, je vais dans les disquaires et je vais voir les CD des Beatles et celui de Philippe Mckenzie ?&#13;
Philippe : Dans la même section que les Rolling Stones et les Beatles.&#13;
Le premier long jeu, c'était juste pour le faire mais avec celui-ci, je suis fier et je commence aussi à prendre de l’âge !&#13;
Évelyne : Quel message tu laisserais aux jeunes artistes et ceux qui veulent l’être ?&#13;
Philippe : Ils vont rencontrer des difficultés et c'est une bonne chose, car il ne faut pas se décourager, il faut passer à travers celles-ci. Toujours travailler afin de s'améliorer.&#13;
&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/682585782?h=de3e571249" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/682585782"&gt;Pinip McKenzie&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Bonjour. &#13;
&#13;
Je suis très content d’être ici à la rivière sans arbre. Ici, quand on m’a dit qu’on irait à la rivière sans arbre à l’endroit où étaient les anciens et les ancêtres qui passaient ici comme mes parents. Quand j’ai survolé de loin en voyant la rivière Georges au loin, quand l’avion a fait un tour pour amerrir. J’ai senti à l’intérieure de moi le bonheur j’ai voulu pleurer de voir ce que j’ai entendu parler depuis très longtemps.&#13;
&#13;
J’ai senti beaucoup d’émotion de la place où on est allé hier. Moi aussi je vais reculer dans le passé un peu. Dans le temps où l’on m’a emmailloté dans notre traineaux pour passer la nuit en plein air. J’avais quatre ou cinq ans dans ce temps là. KANIUTSHIKAMASH un lieu géographique d’où on partait en trainant nos toboggans. On allait passer une nuit à l’extérieur KA UASSEAPISHKUEPAN (lieu géographique). Et mon frère Taby était petit, mon défunt père, ma mère et le défunt Tshibébé et Poucet étaient petits eux aussi. Du coté de la défunte Marianne. La maison de mon grand-père était située en face de Marianne Nepan. On allait là pour passer une nuit à l’extérieur avec mon père et ma mère et avec Philippe Jourdain sa femme, Raymond et Nicole qui est infirmière aujourd’hui.&#13;
&#13;
 C’est de cela que je me souviens encore aujourd’hui. On me tire sur un toboggan j’étais emmailloté, mon grand-père Willie me tire sur son toboggan. On avait un gros chien. Le chien aussi me tire moi je le surveille de coté. Il y avait aussi ma soeur Marcelle, on allait ensemble avec elle toujours avec mon grand-père et ma grand-mère Lola. J ‘ai bien aimé ce temps là. &#13;
Je me souviens quand on me promenait en me tirant avec un toboggan sur le lac.&#13;
Il y avait une petite côte, c’est là qu’on va installer la tente c’est là que je me suis blesser à l’oeil et ma grand-mère m’a soigné. On a fini le campement très tôt et on aimait cette ambiance.  Je me lève très tôt à chaque matin. Et je me mets à crier où est ma grand-mère où est ma grand-mère Lola. Et on me dit : va voir ta grand-mère qui pêche là-bas. Elle est assise sur ses pieds entrain de pêcher. Je me souviens très bien.&#13;
Moi aussi j’avais un traineaux qu’on m’avait fabriqué. Il était petit comme la chaise ici: vas, amène ton toboggan rejoindre ta grand-mère et je partais. Mon grand-père m’avait chaussé de mes bas et de mes mocassins, je marchais sur le lac. J’étais très fier en allant voir ma grand-mère. Il y avait une grande truite grise qu’elle avait prise.&#13;
‹‹ Elle me dit de retourner à la tente et dire à mon grand-père que c’était moi qui avait pêché cette truite »  J’étais très fier.&#13;
&#13;
En retournant, il y avait une petite côte et j’ai eu de la misère à la monter. Et finalement j’ai réussi à amener la truite à la tente. J’avais une très grande fierté en annonçant que c’était moi qui l’avais pêché.  Il savait déjà.&#13;
Eh ! Tu a pris un gros poisson mon petit fils. Tu es un grand chasseur. Je suis content de ces souvenirs. &#13;
&#13;
Dans mon enfance, je ne me souviens pas qu’on m’ait fait des remontrances. Mon grand-père et ma grand-mère faisaient très attention à moi.&#13;
&#13;
Je me souviens du pensionnat comme un  lieu où l’on gardait les enfants. Moi, je ne me souviens pas de ce temps là. C’est longtemps après que je me suis souvenu car je ne parlais pas français. Je me rappelle seulement ce que mon frère m’a raconté de cet incident.&#13;
A l’automne 1963, au mois de septembre quand notre grand-père est arrivé à l’intérieur des terres, c’est à ce moment là qu’il m’a accompagné pour rentrer au pensionnat. Je ne me souviens pas quand on m’a rentré au pensionnat. Même si j’essaye de me souvenir, je ne me souviens pas.&#13;
&#13;
Je suis resté neuf ans au pensionnat chez les petits. Je ne comprenais pas encore le français qu’on m’enseignait. Je ne comprenais absolument rien. J’avais peur. &#13;
Il y avait des soeurs et on a commencé à la zéro année, moi j’étais classé à ce numéro zéro, puis je monte en première année, deux, trois, quatre, cinquième année… c’est  cette année là que la religieuse a voulu me faire souffrir. Je ne comprenais pas le français qu’on m’enseignait à l’école. Les mathématiques, j’aimais beaucoup entendre les chiffres en français. J’avais une passion pour les chiffres. Pour le français je ne comprenais rien parce que j’essayais tout le temps de parler la langue innue, on me défendait de parler la langue innue à l’école avec mes amis. Pourquoi nous défendre de parler notre langue innue ?&#13;
&#13;
Avec mes cheveux, quand j’écrivais de la main gauche, mes cheveux tombaient sur ma figure du coté gauche et on me dit : Tu vas aller voir le frère et j’avais très peur. J’ai dit : non, mon père et ma mère ne veulent pas que je coupe mes cheveux…&#13;
On m’a amené chez le frère  et on m’a coupé les cheveux. Il y avait beaucoup de petits indiens qui me regardaient tout autour.&#13;
Et j’avais très peur qu’on me rase mes cheveux jusqu’au cuir chevelu, qu’on me rase les cheveux jusqu’à la racine, qu’on me brûle le cuir chevelu… ça sent comme un porc-&#13;
épic. Je ris maintenant de la senteur, je ne veux pas manqué de respect. Je me souviens d’un garçon à qui on coupait les cheveux et moi j’avais peur. On avait tous la même coupe on avait tous des têtes rasées. &#13;
&#13;
Je n’aimais pas manger leur nourriture, on nous forçait à manger tout ce qui avait dans notre assiette. Ils nous démontraient un genre de tendresse. Ils étaient debout à côté, la main près du cou, comme si ils étaient tendres. Mange tout ton manger on nous disait et on ne l’entendait pas, il nous parlait en cachette tout en nous serrant fort le cou. Personne ne les entendait, Il nous parlait tout bas. On nous avait dit: vous serez bien traiter, tu écouteras bien. C’est à ce moment là que j’ai vu. Est-ce que c’est ça bien traiter quand on nous maltraite en grandissant. Je ne comprends pas: il m’on dit que je serai bien traité quand je serai là.&#13;
&#13;
Quand arrive le dimanche on allait à la messe, soit à Malio et des fois à la petite chapelle au pensionnat. Une fois, je ne me rappelle pas pourquoi j’étais puni. « Tu ne mangeras pas au souper », c’étais un samedi et la collation était servi aux environs de quatre heures ; on nous servaient des pommes, oranges, bananes. Rendu au souper de six heure ‹‹tu vas aller te coucher dans le dortoir et on me dit d’aller me coucher et je ne sais toujours pas pourquoi on ma dit ça.&#13;
&#13;
Le lendemain pour aller à la messe du dimanche, on nous habillait avec un complet du dimanche. Mes souliers étaient trop petits. On me força à les porter mes petits souliers. C’est moi qui le sais que mes souliers ne me font pas, mais il veut absolument que je porte les souliers, même si mes souliers font mal à mes orteils, même aujourd’hui j’ai des cicatrices sur mes orteils. Aussi quand on prenait un bain le frère nous regardait. Même la soeur me battait. Je me souviens de mon ami Cyrille Fontaine celui qui nous a quitté. Quand je suis aller le voir à l’hôpital, il m’a dit: Te rappelles-tu Réal, je lui ai demander de quoi: la soeur nous regardait jouer dehors, on faisaient semblant de se chamailler et sans faire exprès tu m’as frapper et j’ai pleuré et la soeur est venu nous voir. Dans l’entrée du dispensaire c’est là que j’allais à l’école. C’est là qu’elle t’a fait entrer en te poignant par les épaules, et on t’as pris brusquement par le bras en te frappant sur le mur à plusieurs reprises. Moi, je ne me rappelle pas. Même aujourd’hui j’essaye de me rappeler quand j’ai passé aux audiences des pensionnats.&#13;
Je ne me souviens pas de cet incident même si je me force à me rappeler. Je remercie  Cyrille Fontaine de m’avoir raconter cette histoire avant son décès. Lui se souviens du traitement que j’au eu. Voici le souvenir que j’ai eu des pensionnats. C’est juste un peu concernant des pensionnats.&#13;
&#13;
Moi aussi j’ai beaucoup consommé alcool et drogues. A mes parents j’ai manqué de respect. Mon vécu à l’intérieur des terres avec mes grands-parents. À l’âge de treize ans je ne voulais plus retourner avec mes grands-parents dans le bois. J’allais toujours avec mon grand-père Willie, ça ne me tentait plus à cause du vécu de mon enfance. A quatorze ans, je me promène à Mingan, Pessamit, Québec. J’ai tout laissé mes amis.&#13;
&#13;
Kanataukupassish, s’appelle l’endroit où mon père est décédé. Ce n’est pas loin d’ici, c’est un peu plus loin que squaw-lake et le territoire d’Elizabeth on le nomme Nataukupass l’endroit où Alexandre Ashini chassait l’outarde.&#13;
Et nous Nataukupau, c’était le territoire de Raphael m’a dit mon défunt père, dans le coin du lac vacher. Il y a sept pointes sur le petit ruisseau, disait mon père. Tu compteras toujours les pointes du ruisseau et mon père me demandait souvent combien il y en a de pointes ? &#13;
Parce que moi j’avais déjà fumer du pot. Il me traina en arrière sur un toboggan. J’aimais beaucoup regarder le paysage. J ‘étais parti sous l’effets du pot. A notre arrivée au campement, il me demanda: mon garçon, combien de pointes de ruisseaux on a passé?  &#13;
Je n’ai pas pensé du tout, j’étais ailleurs. Il me répondit, je t’avais dit qu’il y avait sept pointes. Il continua en me disant que en retournant, « tu passeras par le même chemin qu’on a pris pour venir ici ». C’est ce qu’il m’a enseigné. &#13;
&#13;
&#13;
Aussi quand on mettait des pièges. Je suis allé avec lui quand j’habitais Schefferville. Il m’enseigna à poser des pièges à martre. Je me souviens très bien de mon père. « Juste en face de nous », nous irons à cet endroit. Il écorcha les petits arbres pour faire un beau sapinage, il a étendu  le sapinage, « c’est là qu’on va faire le feu ». Il alluma le feu pour faire le thé. « Tu vois là-bas où il y'a une baie ». Là-bas me dit-il. J’ai répondu oui. C’est à ce lieu, que j’ai vu la dernière fois ma mère. J’avais neuf ans environ, on l’a descendue par avion. Elle venait de Ushkuass. Elle était à cet endroit, elle  a atterri à Schefferville et c’est à cet endroit que sa mère était morte.&#13;
C’était Tamenishapet a ? &#13;
Non, c’était une femme de Kujjuak. C’est à cet endroit que sa mère était morte. J’ai pensé à cette anecdote quand mon père s’est noyé à cet endroit. Quand je pense à tout ce qu’il m’a raconté, il m’a dit: je ne suis pas très bon dans bois. Je ne connais pas beaucoup l’intérieur des terres. Mais ce qu’on m’a enseigné, tu peux te sauver la vie avec les enseignements que je t’ai donné. De là, en observant la manière dont tu agis, tu peux subvenir à tes besoins essentiels. Me dit mon défunt père.&#13;
Aussi j’apprends comment les autres chasseurs agissent. De la manière que les femmes travaillent. Je vous observe. C’est de cette manière que les enseignements se transmettent par observation. Il faut que tu regardes ce que fait l’innu. C’est de cette manière que moi je fais.&#13;
&#13;
Depuis que je suis ici, à Mushau-shipit et en voyant ce qu’on voit ici, on a discutés Lucien, mon frère Taby et moi. Ce sont des choses très très anciennes, les traces que les innus, les ancêtres ont laissé sur la terre. Les sites en bas, de l’autre côté, là-bas ont tous les traces.  De ce que j’ai entendu de l’endroit où l’on est, c’est à cet endroit, ici, qu’ils venaient chasser le caribou. Cela arrivait une fois par année. Tous les innus se rassemblaient ici avec les outils des innus qu’on a découvert ici sur place. Ce que Anne-Marie a raconté…&#13;
Nous avons touché les outils que nos ancêtres ont fabriqués. Ce qui fait ma fierté. C’est ça qu’on m’a expliqué quand on est parti ce matin. &#13;
&#13;
&#13;
&#13;
&#13;
&#13;
&#13;
 &#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/687680459?h=cf90532e3e" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/687680459"&gt;Réal Mckenzie&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Oral History</name>
      <description>A resource containing historical information obtained in interviews with persons having firsthand knowledge.</description>
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              <text>Anne-Pinamen: Il s'appelle Daniel. Le plus jeune enfant de ma tante Marie est décédé de la même façon, dans l’eau. Ceux qui se noient. C’était les cadets de ma mère et ma tante. Ces dernières sont de la même famille.&#13;
&#13;
Evelyne: À quel endroit? Proche d’ici ?&#13;
&#13;
Shimun: Lui est mort sur la rivière proche d’ici, au milieu du rapide. Il est tombé de l’embarcation et il a été emporté sous les glaces.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen (00:29): Il a été retrouvé au mois de janvier. C’était gelé et le niveau de l’eau était bas, c’est de cet endroit qu’il a été repêché.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen (0:39 Il y a un lac proche de l'école. C'est à cet endroit que ma tante Marie a perdu son enfant. La glace a cédé pendant que le jeune patinait et ses amis n'ont pas eu le temps de l’attraper, il était déjà décédé. Il avait réussi à casser la glace à une très longue distance.&#13;
&#13;
Evelyne (00 :59): Tu es née ici?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: C'est ici que je suis née, dans la forêt plus loin que le fleuve situé ici à côté. L’endroit s’appelle Atshikuanat.&#13;
&#13;
Evelyne (01 :12): Comment se nomment tes parents?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Mon père se nomme Joachim Ashini et ma mère, Anne-Pinamen Ashini. Mon nom de fille est Marie-Anne Ashini.&#13;
&#13;
Evelyne (1:32) : Vous avez toujours demeuré ici?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Toujours! Nous sommes ici depuis très très longtemps. L'arrière-grand-père de mon père, son grand-père, son père et mon père ont tous vécu ici. Et maintenant nous.&#13;
&#13;
Evelyne (01:53): Lorsque tu étais jeune, y avait-il beaucoup d'Anglais qui habitaient ici? &#13;
&#13;
Anne-Pinamen (01:58): Oui, il y avait des gens en face sur la rive opposée. La réserve était de l’autre bord. Il n’y avait pas d’Anglais dans le temps que ma mère et tous les gens de Sheshatshiu y habitaient. Ils devaient tous être de l’autre côté. Il y avait même le cimetière.&#13;
&#13;
Evelyne (02 :17): Oui, nous l’avons vu. À quel moment êtes-vous déménagés ici ?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Il n'y a pas très longtemps. J'avais environ 12 ans. C'est vague dans ma mémoire. Je ne m'en souviens pas très bien.&#13;
&#13;
Evelyne (02 :33): Toute la communauté a été relocalisée?&#13;
&#13;
Shimun: De l’autre bord de la rive.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Tous les Innus ont déménagé. Ce n’était pas vraiment une église [qui se trouvait à cet endroit]. Un Anglais de l’Europe y vivait. Il y élevait ses enfants et il avait un magasin, car les Innus étaient démunis. C’est d’où ils prenaient leurs provisions. &#13;
&#13;
Shimun: Il achetait de la fourrure.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Oui, l’Anglais de l’Europe achetait la fourrure. L’église était sa maison. Le gouvernement n’a aucunement contribué à cette église. L’Innu avait tout coupé le bois à la hache sans être rémunéré et le médecin les a tous sciés en longueur. Notre médecin se nommait Docteur Baden.&#13;
&#13;
Evelyne (03 :16): Il semble y avoir eu un hôpital en face auparavant?  &#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Nous avions un très bon hôpital… Comme par hasard, un livre du territoire tombe sur le sol. (Rires)&#13;
&#13;
Evelyne (03 :35): Les Innus doivent avoir consulté dans cet hôpital?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Ses portes ont fermé il n’y a pas très longtemps. Plus ou moins 10 ans environ.&#13;
&#13;
Evelyne: Et lui [Docteur Baden], il est originaire de Uashat?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Il parait qu’il est arrivé ici à l’âge de 19 ans.&#13;
&#13;
Evelyne: Tu étais à quel endroit avant?&#13;
&#13;
Shimun: Je devais être à Uashat. Nous étions de l’autre bord de la rivière Caniapiscau. On y voyait souvent des gens de Chisasibi, presque à chaque année.&#13;
&#13;
Evelyne (04 :30): Tu es née à quel endroit?&#13;
&#13;
Shimun: Je suis venu au monde à Messentshik, un peu plus haut que Menihek.&#13;
Ma grand-mère est née au même endroit.&#13;
&#13;
Evelyne: Mishta-Pinamen ?&#13;
&#13;
Shimun et Anne-Pinamen: C’est à cet endroit qu’elle et son époux allaient en campement pour chasser la martre. Elle chassait la martre, elle n’avait pas beaucoup d’enfants. &#13;
&#13;
Evelyne (05 :01): Et toi [Shimun], ta famille est venue ici?&#13;
&#13;
Shimun: Oui.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Toute sa famille est venue. &#13;
&#13;
Evelyne: Quel est le nom de ton père?&#13;
&#13;
Shimun: Il se nomme Pinip Michel.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Ils sont tous venus ensemble, il n’était pas encore marié, ils était encore jeune.&#13;
&#13;
Shimun: Je n’étais pas marié lorsque nous sommes arrivés, j’avais 19 ans.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Knob Lake n’existait pas encore. C’est ici que demeuraient les gens. Ils n’avaient surement pas encore découvert l’endroit.&#13;
&#13;
Evelyne: Le train ne devait pas exister?&#13;
&#13;
Shimun et Anne-Pinamen: Non, il ne devait pas exister. &#13;
&#13;
Shimun (05:43) : À Knob Lake, lorsque les gens se déplaçaient (à pied en tirant un tobogan), ils se retrouvaient avec des raquettes rougeâtres. Ils croyaient que c’était de la peinture, alors que c’était de la terre rouge provenant des mines de fer. Tous les Innus qui se déplaçaient avaient des raquettes décolorées.&#13;
&#13;
Evelyne (06 :19): C’est à cet endroit que vous avez décidé de demeurer?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Lorsqu’ils (les membres de la famille de Shimun) sont arrivés ici, ils ne pouvaient retourner car ils ont manqué de nourriture. &#13;
&#13;
Shimun: Nous devions retourner mais vu que nous manquions de nourriture, nous sommes revenus et depuis ce temps, nous sommes ici.&#13;
&#13;
Evelyne : Tes parents ont aussi demeuré ici depuis ce moment-là ?&#13;
&#13;
Shimun: Oui, par la suite mon grand-père Jean-Pierre est arrivé. &#13;
&#13;
Evelyne: Jean-Pierre de Knob Lake?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Non, lui c’est son parrain.&#13;
&#13;
Shimun: Non, lui [sur la photo] a été gardé par mon grand-père Jean-Pierre.&#13;
&#13;
Evelyne : Lui, c’est le cousin aîné de mon père ?&#13;
&#13;
Shimun: Oui, c’est son cousin aîné.&#13;
&#13;
Evelyne (08 :29): C’est alors que vous vous êtes mariés?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: En effet, nous sommes maintenant mariés depuis 51 ans. &#13;
&#13;
Evelyne : Et vous avez combien d’enfants ?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: 12 enfants.&#13;
&#13;
Evelyne: Petits enfants?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Presque 50 petits-enfants.&#13;
&#13;
Evelyne: Et des arrière-petits-enfants?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Nous n’avons que 3 arrière-petits-enfants.&#13;
&#13;
Evelyne (8:08) Vous avez toujours continué à aller dans la forêt? &#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Dans le passé, nous allions toujours en campement au Mishta-Shipu. C’était leur territoire jusqu’à l’endroit qu’on appelle le Mishta-Paushtik.&#13;
Après notre mariage, il [Shimun] allait en campement au Unashka car la Mishta-Shipu était très dangereuse. Il y a de très longues perches sur l’eau. Cela me fait peur.&#13;
Si tu prends Nitaimina, le Naskapi shipu,tu pourrais arriver à Kutuessinan le grand lac.  Tu pourrais te rendre à Menihek en te déplaçant en canot. C’est vers Menihek que l’on va en campement. &#13;
&#13;
Evelyne (08 :59): À Menihek?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Oui, il faut passer par Kutuessinan et il faudrait que tu effectues un portage aux rapides.&#13;
&#13;
Evelyne : La durée pour s’y rendre en canot est-elle longue ?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Environ un mois. C’est à Menihek que tu vois Kutuessinan. Ce n’est pas vraiment très loin. Ça ne prend qu’une heure en avion et un peu plus en hélicoptère.&#13;
&#13;
Evelyne (09 :34): Est-ce qu’il y a longtemps que vous n’y êtes pas allés?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Nous sommes allés voir notre territoire au printemps. Je suis même allée voir Atshikun où je suis née. &#13;
&#13;
Shimun: Nous y sommes rendus en avion.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Nous avons été en hélicoptère. &#13;
&#13;
Evelyne (09 :51) : Sur le territoire, ressentez-vous beaucoup la présence de petits avions ?&#13;
&#13;
Shimun: Il y en a, mais très peu.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: On ne les entend pas souvent et ils survolent très haut.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen (10:07): Par ici et de l’autre côté, ils survolent très bas. Même à [Shapeshkashu] l’endroit où les Innus vont en campement, les gens disent qu’ils survolent très bas. Tandis que dans notre territoire, ils survolent très haut. &#13;
&#13;
Evelyne (10 :29): Y a t-il des animaux sur votre territoire?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Dans les 3 jours durant lesquels nous sommes restés, nous avons aperçu et tué du caribou chaque jour. Il y a aussi l’outarde à profusion. Tu aimerais beaucoup l’endroit. &#13;
Cela a toujours été ainsi. Dans le passé, le caribou était très gras dans notre territoire. Maintenant, il n’y a que sa viande dans le corps.&#13;
&#13;
Evelyne: Et quelle est la raison?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen (10 :57): Je n’en suis pas certaine. Il parait qu’il vient de très loin. Le fait de marcher de très loin. Le petit caribou est blanchâtre, il n’est pas gros. Il parait que c’est le meilleur, car il vient et arrive de la forêt. Personne n’y a touché, car il arrive de très loin, de la toundra. Le caribou de la toundra est semblable à celui-ci.&#13;
&#13;
Evelyne (11 :31): Pour ce qui est de la fourrure…&#13;
&#13;
Shimun: Oui.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Vraiment oui, c’est grâce à cela que nous pouvions nous nourrir. Dans le passé, nous ne recevions pas d’aide humanitaire. Cela n’existait pas. Nous subvenions à nos besoins avec la vente de fourrures et par crédit. L’Innu avait droit au crédit car il achetait beaucoup pour s’approvisionner lorsqu’il montait dans le bois. &#13;
&#13;
Evelyne: De quelles fourrures s’agit-il?&#13;
&#13;
Shimun: Le vison, le renard et le castor.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Du lynx aussi.&#13;
&#13;
Shimun: Dans le passé, il n’y avait pas de martre par ici. Il y en avait seulement vers Menihek, dans la forêt au Caniapiscau. C’est à cet endroit que nous arrivions de Uashat.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen (12:20): Il n’y avait pas de castor non plus auparavant. C’est lorsque les gens en ont déposé ici qu’il a commencé à se multiplier. &#13;
&#13;
Evelyne (12 :32): Et le carcajou? Il y en a encore ?&#13;
&#13;
Shimun: Il y en a dans la toundra, pas ici dans la forêt.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Lui qui a tendance à voler, le voleur. (Rire)&#13;
&#13;
Shimun: Un petit démon. (Rire)&#13;
&#13;
Evelyne: Vous en avez déjà vus?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Oui, nous en avons vus souvent.&#13;
&#13;
Evelyne: Pensez-vous qu’il va y en avoir?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Il ne peut rester proche de la ville, il reste loin dans la forêt.&#13;
&#13;
Shimun: Il est dans la toundra.&#13;
&#13;
Evelyne (13 :27): Il parait qu’ils (les chasseurs) en ont pris au piège à Uashat dans le passé. Un monsieur a dû payer une amende pour l’avoir tué. Il ne connaissait pas l’animal.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Il n’aurait pas pu le reconnaître s’il ne l’avait jamais piégé auparavant. &#13;
&#13;
Shimun: Il parait qu’on ne peut l’attraper avec un piège, car ils (les chasseurs) disent qu’il est très fort. &#13;
Il parait qu’il peut monter dans un arbre un gros caribou, celui avec plusieurs pointes. Je ne sais pas comment il parvient à le monter. Il parait qu’il accroche les panaches du caribou sur le haut de l’arbre. C’est surprenant.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Je me demande comment il y parvient, pourtant il est très petit. On pourrait dire que le loup et l’ours sont les plus gros animaux dans la forêt.&#13;
&#13;
Evelyne (14 :34): Avez-vous fait la rencontre de plusieurs gens sur le territoire ? Par exemple, des gens de Uashat, de la Romaine ou de Saint-Augustin ?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Oui tous, toujours, chaque année. C’est ici à North West River qu’ils venaient vendre leurs fourrures pour ensuite, retourner chez eux à la Romaine, Mingan, Saint-Augustin, Uashat et d’autres Innus d’ailleurs. C’était ici avant que Knob Lake existe. Les gens ne sont pas revenus une fois que Knob Lake a été construit. C’est à cet endroit qu’ils devaient faire leurs provisions.&#13;
&#13;
Evelyne (15 :13): Le magasin qui achetait les fourrures ?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Oui, l’ancien magasin de Mishta-napeu. Il recevait sa marchandise par avion.&#13;
&#13;
Evelyne : Le magasin situé de l’autre bord de la rivière ?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Oui, le petit magasin qui est à cet endroit présentement.&#13;
&#13;
Shimun: Le magasin pointu sur le bord de la rivière, c’était l’ancien magasin général. &#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Plusieurs Innus ont dû le voir, (décédés aujourd’hui). Ceux qui devaient retourner à Uashat chaque année. &#13;
&#13;
Evelyne (15 :50): Environ à quel moment venaient-ils ?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Peu de temps après les fêtes. Lorsque les gens étaient au lac. Il n’y avait pas de gens ici. &#13;
&#13;
Shimun: Les gens étaient où il y a une étendue d’eau. C’est à cet endroit que les hommes allaient faire leurs achats. &#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Les gens de Uashat, eux, provenaient de la rivière Pikiss. C’est à cet endroit qu’ils traversaient pour aller rencontrer les gens de Sheshatshiu et pour aller faire leurs achats. Ils retournaient seulement au mois de février. &#13;
&#13;
(16:38) : Est-ce que les allochtones étaient présents ici dans ton enfance?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Oui, il y en avait déjà plusieurs.&#13;
&#13;
Evelyne: Il y avait surement un prêtre?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Un prêtre a toujours été présent. Il venait de St-John’s au mois de juillet. Il restait 2 semaines, juste assez de temps pour la confession ensuite, il retournait. Cela a toujours été ainsi.&#13;
&#13;
Evelyne: Te souviens-tu de son nom?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Adelard Grenier en anglais, mais les Innus le surnommait Kauapishkuesh kauapikuesht. Il était très vieux. Il est décédé de vieillesse il n’y a pas très longtemps. &#13;
&#13;
Evelyne: Père Charles Arnaud?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Non, ce n’est pas lui.&#13;
&#13;
Evelyne: Le connaissiez-vous lui?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Oui, nous l’avons vu. Ma mère l’avait gardé. La mère de notre grand-père Shelum, le père du vrai Shelum, avait gardé le Père Charles Arnaud. Ma grand-mère l’avait gardé. Il y a aussi la mère de ma tante Mani, Joséphine. Elle était vieille et elle avait été prise en photo avec le prêtre. &#13;
&#13;
Evelyne (18 :08): Il  (père Arnaud) venait sûrement durant l’été?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Ici, oui.&#13;
&#13;
Evelyne : Alliez-vous vers la côte, à Uashat ?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Mes parents y allaient auparavant, mais pas nous. Nous allions seulement en campement au Mishta-Shipu sur le long du Grand Lac.&#13;
&#13;
Evelyne (18 :40): En parlant du Grand Lac, l’avais-tu vu avant que le barrage soit érigé?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Oui, avant qu’il soit là, et Wabush aussi. Les femmes tendaient leurs collets sur les montagnes couvertes d’épinettes noires. Je l’ai aussitôt reconnu. Je disais à Shimun, qu’avant notre mariage, c’est à cet endroit que ma mère tendait ses collets. Lorsqu’il manquait de nourriture et que la chasse au caribou n’était pas favorable, les femmes allaient tendre leurs collets.&#13;
&#13;
Anne-Pinamen (19:20): Le caribou était souvent chassé vers l’endroit dénudé, sans arbres.&#13;
Aujourd’hui, la couleur rougeâtre de l’eau me donne envie de pleurer lorsque je la vois. &#13;
La truite grise était saine. Il y avait beaucoup de poissons et de caribous. Aujourd’hui, l’Innu ne peut même plus aller voir [de plus près le lac], seulement regarder en restant sur le chemin.&#13;
&#13;
Evelyne (19 :47): Vous avez dû passer la plupart de votre temps dans la forêt?&#13;
&#13;
Anne-Pinamen: Toujours. Comme je disais, nous allions seulement pour la confession et nous retournions dans la forêt, partout dans la forêt. Nous ne restions que 2 semaines. Nous attendions l’arrivée du prêtre en bateau pour se confesser. &#13;
&#13;
Anne-Pinamen (20:13): Dans le passé, il y a très longtemps avant notre naissance, il n’y avait pas de prêtre ici. Les gens descendaient à Uashat pour aller se confesser et revenaient seulement un an après. Ils ont dû avoir de la misère. &#13;
 &#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/634572195?h=068ee9344d" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/634572195"&gt;Shimun Michel 1&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Shimun Michel (2)&#13;
  &#13;
  &#13;
Evelyne: Et toi [Shimun], tu ne retournes jamais par chez vous? &#13;
  &#13;
Shimun: Il nous arrive parfois d’y aller, lors des rassemblements des aînés. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Nous y allons en avion chaque année. &#13;
  &#13;
Evelyne: Non là-bas, ça s’appelle Nitshukun d’où il est originaire? &#13;
  &#13;
Shimun: Oui, Nitshukun. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Non, lui est originaire de Uashat. Ses parents ont grandi à cet endroit. &#13;
Son père est originaire de très loin. Il parait qu’il est originaire de Nitshikuan. Ils savent que son grand-père se nommait Thomas. &#13;
  &#13;
Shimun: Mon arrière-grand-père s’appelle Thomas Michel. Tu connais John, le nouveau marié ? &#13;
  &#13;
Evelyne : John Grégoire, oui. &#13;
  &#13;
Shimun: C’était l’enfant de sa fille.&#13;
 &#13;
Anne-Pinamen: Il parait que c’était la fille à Marguerite. &#13;
  &#13;
Evelyne (01 :34): L’avez-vous vu cet été? &#13;
  &#13;
Shimun: Oui, je le vois souvent. Je voyage encore à Uashat. Je voyageais beaucoup dans le passé. Nous avons atterri là. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Il est venu ici avec sa femme lorsqu’il y avait les jeux autochtones. Je préparais leurs repas pour leur voyage de retour en auto. &#13;
  &#13;
Evelyne (02 :01): Comment interprètes-tu ton territoire dans la forêt? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen :  J’aime beaucoup l’endroit. Il y a plusieurs choses dans notre territoire. Nous ne manquions jamais de nourriture. Il y a de tout : le castor, l’ours, le caribou, le lièvre, la perdrix, le poisson, il y a de tout. Sur la rivière, il y a tellement de perdrix blanches. Il y a également de la perdrix de savane où il y a beaucoup de sapins. &#13;
  &#13;
Shimun (02 :36): Jusqu’au Grand Lac.&#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Jusqu’au Grand Lac… Avec la rame, c’est un peu loin. &#13;
  &#13;
Shimun: Lorsqu’on part pour aller en forêt, il fait un temps d’automne lorsqu’on y arrive. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Ensuite, il faut que tu reviennes. &#13;
  &#13;
Shimun: En avion. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Tu es rendu à la tête du lac avant la fête de Noël. &#13;
  &#13;
Evelyne: Vraiment? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Ce n’est pas très loin, car l’avion prend un raccourci. &#13;
  &#13;
Shimun: Ce n’est pas loin en prenant le raccourci, mais c’est un grand détour en canot sur la rivière. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Un détour sur la rivière et le Grand Lac, car il y a des montagnes. &#13;
  &#13;
Evelyne (3:20) : Suite à ton mariage, tu es toujours demeurée ici? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Toujours à la même place. &#13;
  &#13;
Evelyne : Vous avez de moins en moins été dans le territoire ? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Nous allions souvent dans la forêt avant que je tombe malade. Vu que j'avais des problèmes respiratoires, on m'a déconseillé d'aller en forêt. Le médecin me disait que j'allais mourir si je continuais à demeurer dans la forêt et que si je devais consulter par après, le médecin ne pourrait plus faire grand-chose pour me soigner.  &#13;
  &#13;
Evelyne : Il y a combien d'années de cela environ ? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Cela fait déjà dix ans que j'ai cela. &#13;
  &#13;
Evelyne : Vous n'allez plus du tout dans le territoire ? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Non. Toutefois nous allons ici au chemin. Nous chassons le porc-épic. &#13;
&#13;
Shimun: Proche d’ici au chemin. &#13;
  &#13;
Evelyne : Vous y allez avec vos petits-enfants ? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Avec tous mes petits-enfants et mes enfants. Ils viennent en auto et retournent s’ils doivent travailler. Lorsqu’il y a de l’école, nous venons ici et c’est moi qui garde les enfants. Ils sont très agités et je dois en plus préparer les repas pour ceux qui travaillent.  &#13;
On me dit que j'ai de la misère à respirer et je garde les petits enfants. Il y en a qui sont très petits et lui aussi [Shimun] m’aide à garder. &#13;
  &#13;
Evelyne (04 :42): Tu fabriques des raquettes? &#13;
  &#13;
Shimun: Oui, j'en fabrique. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Si tu voyais tout le travail qu'il fait. &#13;
  &#13;
Evelyne : Quel travail fais-tu ? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Des raquettes dans la petite cabane. Il fabrique plusieurs raquettes. &#13;
Je les vends aussitôt et je…&#13;
  &#13;
Evelyne : Des canots? &#13;
  &#13;
Shimun: Non, je n’ai jamais essayé de canots. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Non, il n’en fait jamais. Son père fabriquait des canots. Il en fabriquait et les donnait aux gens. Il ne les vendait pas. Mon père aussi. Tous les gens donnaient des canots aux Innus. Les gens fournissaient la toile à canot et les clous. Une fois fini, le canot était donné et la personne partait en forêt. En retour, il était récompensé par de la nourriture traditionnelle lorsque la chasse était fructueuse. &#13;
  &#13;
Evelyne (05 :36): Plusieurs choses ont changé? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : En effet. Depuis que nous demeurons dans le village et lorsque les chasseurs partent en avion, ils nous expédient de l’outarde, du castor et de la viande. Il (Shimun) devait tuer son caribou aussitôt qu’il avait débarqué. J’allais ensuite magasiner et je lui envoyais du tabac et des sucreries, car il devait trouver ça dure et ça lui faisait plaisir. C’est ce qu’on faisait toujours. &#13;
  &#13;
Evelyne : De quelle manière ça a changé ? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : De toutes les manières. Le fait de devoir rester dans le village tandis que je ne suis pas très malade m’attriste. C'est ce qui me rend triste, car nous aimions beaucoup demeurer dans la forêt. Nous ne sommes quand même jamais dans la maison. Par exemple, on vient tout juste de rentrer. Nous sommes allés cueillir des petits fruits. J'en ramasse beaucoup et je les distribue. Ils (nos enfants) disent qu'ils ne peuvent pas aller à la cueillette, car ils travaillent alors je leur en donne. Ils ne sont pas capables de faire de la bannik et ils aiment beaucoup ça. Il arrive parfois de nous en faire voler (Rires), lorsqu’on ne ferme pas la porte. Nos enfants viennent prendre des affaires.  &#13;
  &#13;
Evelyne (07 :13): Est-ce que les jeunes vont préserver la culture innue ? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Moi, je crois que oui vu qu'elle leur est enseignée. Ça devrait débuter après les fêtes. Ils (les ainés) vont les amener dans la forêt et il y aura justement du caribou. Ils vont les amener à l'endroit où il y a du caribou pour…, épiler, tanner le caribou. Ils font de tout. Ils font cuire de la viande de caribou et apprennent la culture dans la forêt. Ils brulent les piquants du porc-épic, ils apprennent même à se confectionner des mocassins et le tressage. Cela durera jusqu’au printemps. Ils apprennent également à l’école et parfois en forêt chacun leur tour incluant les tout-petits. &#13;
  &#13;
Evelyne (08 :18): Aujourd'hui, la vente de fourrure ne doit pas être aussi populaire qu’avant? &#13;
  &#13;
Shimun: Non, elle pourrait encore se faire mais les Innus ne tendent plus leurs pièges comme avant. Les plus jeunes ne le font plus.  &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Les jeunes d’aujourd’hui semblent être plus paresseux. Nous remarquons que nos jeunes du passé n’étaient pas ainsi. Lorsqu’il y avait de l’emploi, ils étaient très heureux de travailler afin de pouvoir se procurer ce qui leur manquait comme par exemple, du tabac, ce qu’ils devaient boire ou pour de la nourriture qui leur manquait. Toutefois, aujourd’hui, le jeune ne travaille que 2-3 jours et aussitôt qu’il a reçu une paie, il dépense le tout, car il se fie sur son grand-père pour le nourrir tandis qu’il pourrait être fier de lui à travailler et subvenir à ses besoins. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen (09:18): C’est ce que nous faisions dans le passé. J’avais 20 ans lorsque je me suis mariée. Lorsque nous manquions de nourriture à la maison, les filles allaient sur le rivage et les garçons allaient à la chasse. Nous, les filles, allions à la pêche et tendions nos filets et nous nous occupions de notre mère et grand-mère. Nous faisions tout ce qui nous avait été demandé, nous n’étions pas paresseuses et nous aimions le travail que nous faisions tel qu’aller bûcher du bois et tendre nos pièges. &#13;
  &#13;
Evelyne (09 :59): C’était davantage la tâche d’une femme? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Vraiment, auparavant la femme devait chasser à part et son mari aussi.  &#13;
En ce qui a trait aux enfants, la sœur ainée devait s’occuper des plus jeunes. C’est ce que je faisais, j’allais toujours à la chasse.  Aujourd’hui, on (médecin) me dit que je ne suis pas vieille et que j’ai des problèmes de respiration. Je leur dis que je ne soupçonne rien. C’est le fait que j’ai beaucoup de travail, plusieurs enfants, de ne pas avoir de bonnes nuits de sommeil et de me réveiller très tôt. Parfois, je suis déjà levée à 4 heures pour faire mon travail. Lui [Shimun] travaillait beaucoup. Je ne le voyais pas beaucoup et les enfants non plus. Il pouvait être ici le soir et il se faisait demander au chemin. &#13;
  &#13;
Evelyne (11 :05): Il faisait quoi? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Il mettait du sable sur le chemin. Il gagnait sa vie avec une pelle et une hache aussi.  &#13;
  &#13;
Evelyne: Il travaillait autant, que ça soit dans le village ou dans la forêt. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Depuis qu’il est dans le village, il a terminé son travail. Il reçoit son argent et sa pension de vieillesse. C’est comme ça. Il va également à la chasse. &#13;
  &#13;
Evelyne (11 :29): Et toi, est-ce qu’on t’invite à aller raconter des histoires ou des légendes? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen : Oui, toujours. Nous y allons toujours, même à Davis Inlet ou lorsqu’il y a un décès. Il est aussi demandé pour aller jouer du tambour. &#13;
  &#13;
Evelyne (11 :49): Est-ce que tu joues du tambour depuis longtemps? &#13;
  &#13;
Shimun: Pas depuis très longtemps. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Il a commencé à jouer le tambour lorsque son père est décédé. &#13;
  &#13;
Shimun: Un peu plus de dix ans environ. &#13;
  &#13;
Evelyne (12 :04): Tu ne voulais pas y toucher auparavant? &#13;
  &#13;
Shimun: Non. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: L’Innu avait un très grand respect envers le tambour auparavant. Il n’était jamais rabaissé. Aujourd’hui, une personne s’en sert pour les danses. Dans le passé, l’aîné se servait du tambour en chantant pour lui demander de la nourriture dans la forêt. Le lendemain matin, il envoyait son garçon ou son petit-fils à la chasse. Le tambour servait à cela. Cela me surprend aujourd’hui.  &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen (12:51): C’est que je voyais faire dans le passé. Je suis rendue à l’âge de 77 ans et j’aurai mes 78 ans le 10 du mois de juin. Ce que je n’aime pas aujourd’hui, c’est de voir les femmes et les hommes entrer dans une tente à suer ensemble. Cela ne se faisait jamais auparavant. La tente à suer était respectée et servait lorsqu’un aîné était malade pour des fins de guérison. Il était ainsi pour la femme. C’était le même procédé lorsque la femme avait mal, soit au genou ou à la main.  &#13;
  &#13;
Ce que je ne comprends pas aujourd’hui, c’est le fait qu’ils (Innus) disent que la tente à suer les aident contre leur consommation d’alcool. Et lorsqu’on me demande de rentrer dans la tente à suer, je ne le fais pas. Je leur dis que je ne me moque pas de la tradition innue. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen (15 :05): Ma grand-mère y allait parfois. Elle chantait et c’était une grande croyante en la prière. Ensuite, elle envoyait ses petits-enfants à la chasse.  &#13;
  &#13;
Je ne l’ai jamais fait encore. Je prie tellement pour que la chasse soit fructueuse. &#13;
Lorsqu’on tue un caribou, il ne lui manque pas de nourriture pendant un an. C’est étonnant. &#13;
  &#13;
Evelyne (14 :37): As-tu vu la tente tremblante? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Oui, il y avait plusieurs Innus qui pouvaient accomplir le rituel de la tente tremblante. Mon oncle Antoine Ashini de Uashat et le frère de mon père en faisaient. Il y avait également un autre aîné innu du nom de Mituishan ainsi que Uatshetish de l’autre village. &#13;
  &#13;
Shimun: Il y a aussi Tshishenniss, Kaunkuisht, le monsieur de Davis-Inlet du nom de Meshkina et MIshta-Napesh qui étaient tous des shamans. &#13;
  &#13;
Evelyne (15 :25): La tente tremblante était utilisée à quel moment? Était-ce pour de la nourriture ? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: C’est par exemple, lorsque tu veux savoir le moment que ton décès aura lieu, pour savoir ma durée de vie ou pour savoir ce qui arrivera dans le futur. Est-ce que je vais bien aller dans un an ? Comment je vais être ? C’est ce qu’on regardait dans la tente tremblante. Tu pourrais demander à [Taminikassiku] qu’il te prédise ton futur pendant un an et il serait en mesure de te dire si tu vas bien aller, si tu ne manqueras pas de nourriture, si tu l’a bien entreposée. Lorsque tu le laissais, tu t’assurais que ce soit bien ordonné.  &#13;
La tente tremblante servait à cela. Il [Taminikassiku] pouvait dire à la personne qu’elle allait bien aller, qu’elle allait rester en vie et que rien n’allait lui arriver.  &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: (16 :24) Celui qui se moque des choses par exemple, une personne qui gaspille de la nourriture traditionnelle qu'elle vient d’abattre et bien, le shaman lui dirait que lorsque ses enfants ramèneront leurs abats et feront la même chose qu’elle, elle sera pauvre et devrait avoir peur car elle pourra à peine se lever.  &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen (16:56) : Il ne reste que 2 shamans. Toutefois, ils n’en parlent pas, car ils disent que même s’ils pratiquaient le rituel, les gens d’aujourd’hui se moqueraient d’eux. &#13;
  &#13;
Shimun: Aujourd’hui, le sujet est tabou. Ils ne font pas comme auparavant lorsqu’ils pratiquaient devant les gens, car les jeunes se moqueraient d’eux. &#13;
  &#13;
Evelyne (17 :24): Est-ce que les prêtres empêchaient le rituel de la tente tremblante? &#13;
  &#13;
Shimun: Oui, ils n’aimaient pas cela. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Ce n’est pas les shamans que les prêtres n’aimaient pas. Ils disaient que c’était un don que Dieu leur avait donné, que chaque personne avait reçu un don différent de l’autre. &#13;
  &#13;
Evelyne (17 :41): C’est seulement le rituel qu’ils n’aimaient pas. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Oui, ils n’aimaient pas la pratique. Ils leur (shamans) permettaient quand même d’aller à la confesse. &#13;
  &#13;
Shimun (17 :50): C’est une manière de survie pour l’Innu. Il est difficile lorsqu’il n’y a pas de nourriture dans les magasins. Alors qu’en pratiquant, il trouve ce qu’il demande. Si le prêtre se trouve dans la forêt et qu’ils (les Innus) ne peuvent pas tuer, il ne servira à rien d’empêcher l’Innu de pratiquer ce qu’il a toujours fait.  &#13;
  &#13;
Par exemple, regardez cette ainée sur la photo. Elle est très croyante, elle se sert de son chapelet pour prier afin que quelqu’un puisse ramener de la nourriture. Toutefois, elle ne réussit pas. Tandis que l’aîné, lui, prend son tambour et voilà que 2 nuits après, il y a de la nourriture. Tout cela pour que les enfants n’aient pas faim. C’était le but de s’en servir. &#13;
Si le prêtre était au large sur le lac, il ne serait jamais capable d’amener ou de faire venir la nourriture vers lui, tandis que l’autre se sert de ses pouvoirs pour bien faire afin que les enfants puissent être nourris. L’Innu ne le faisait pas souvent. Il le faisait parfois seulement. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen (19:10) : Il faisait la demande seulement lorsqu’il y avait une famine. &#13;
  &#13;
Evelyne (19 :15): Lorsque tu mentionnes que tu es malade, tu ne prends pas de remèdes traditionnels ou les préparations des Innus? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Je prends ce que je me procure dans la forêt. Je mets le cataplasme de gomme de sapin, l’arbuste de pimbina, Uapinamuikan, des plantes de toutes sortes.&#13;
  &#13;
Shimun: Les lycopodes et le thé de Labrador, on les réchauffe lorsqu’une personne a des enflures. Il y a la roche mince aussi. La personne la fait chauffer et l’étale à l’endroit où elle a mal. Elle a le même effet que lorsqu’on entre dans une tente à suer, car la roche est médicinale. Peu importe la sorte de roche, elles sont toutes médicinales.  &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Lorsque tu fais une saignée et lorsque tu piques. &#13;
  &#13;
Evelyne: Existe-t-il encore une personne qui fait des saignées? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Oui, c’est moi qui la fait. Lorsqu’un enfant à un mal de dent, on me l’amène et je le pique. Je suis pourtant dans le village et je ne les revire pas pour les envoyer à l’hôpital. L’Innu veut encore se servir des remèdes traditionnels et cela me surprend. Le parent est aussi surpris. Il m’appelle pour me dire que son enfant se porte mieux. Nous nous servons de ce que nous vivions auparavant, même en habitant dans le village.   &#13;
  &#13;
Evelyne (21 :01): Et ce médicament que tu as là présentement, tu ne t’en sers pas? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Je m’en sers parfois. Lorsque mes propres remèdes ne m’aident pas, je vais alors consulter le médecin. Dans le passé, les autorités blanches nous empêchaient de nous soigner nous-mêmes. On nous disait que nous irions en prison si nous n’allions pas consulter un médecin. Dans la forêt, ce n’est pas un médecin qui accouchait les femmes. Il était difficile de venir accoucher ici lorsqu’il n’y avait pas d’avions. C’est une autre femme, une aînée, qui faisait les accouchements. La femme enceinte restait à l’endroit où l’aînée restait lorsqu’il était temps d’accoucher. Aujourd’hui, c’est interdit. Tous nos enfants sont venus au monde avec des médecins. Si nous n’y allions pas, nous allions en prison. On nous disait que le médecin était là pour cela et que nous devions y aller. Même lorsque nous étions en forêt.  &#13;
  &#13;
Evelyne (22 :08): Comment vois-tu le futur? Crois-tu que l’Innu pourra vivre longtemps en forêt. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: La manière que je le vois, lorsque les jeunes partent en forêt, ils reviennent plus tôt. Comment vont-ils faire s’ils ne veulent pas rester dans la forêt pour chasser. Dans le passé, les gens étaient heureux de demeurer dans la forêt. Les jeunes ne pensaient jamais à revenir. Aujourd’hui, lorsqu’un avion se rend dans le territoire pour aller vérifier si tout va bien, tous les jeunes reprennent l’avion pour retourner dans le village.  Et lorsqu’ils vont à l’école ici, il n’y a pas que la consommation de l’eau (alcool) C’est ce qui se passe, je ne mens pas. &#13;
  &#13;
Evelyne (23 :03): Et toi [Shimun], qu’en penses-tu? Crois-tu que l’Innu va vivre longtemps ? &#13;
  &#13;
Shimun: Je n’ai aucune idée s’il va rester longtemps. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: Moi, je crois que la terre restera toutefois, tous les jeunes commettront des meurtres. C’est comme cela que je vois cela. La nuit dernière ma fille a presque été tuée. Elle qui travaillait pour l’avocat. Une femme est allée cogner à sa porte avec une roche dans la main. Elle a commencé à la frapper sur le visage avec la roche et elle l’a toute défigurée. Comment peut-on vivre lorsqu’on commet des actes en étant en état d’ébriété ? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen (23:56): Une autre dame s’est faite briser sa maison et on lui a tout volé. Je dis aux autres que je n’entends pas parler des actes comme les nôtres dans d’autres communautés. Comment peut-on vivre ainsi ? Lorsqu’on annonce qu’une réunion aura lieu le lundi, le nombre de femmes s’achalent et se harcèlent. Nous devons tous travailler ensemble lors des réunions, mais non, tout le monde se chicanent et la réunion n’aboutit nulle part. Notre village est dangereux. &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen (24 :42): Comment va-t-on pouvoir vivre longtemps? Il parait que c’est pire à Davis Inlet. C’est très dangereux et tout est détruit. &#13;
  &#13;
Evelyne (24 :54): Je me demande qu’est-ce qui rend l’Innu mécontent ? &#13;
&#13;
Anne-Pinamen : La moitié vont bien, mais je leur dis que nous devons tous travailler ensemble pour que ça aille bien. Nous formons une seule communauté. Ils se détruisent entre eux lorsqu’ils deviennent des haut placés. Il parait que le chef n’a pas travaillé depuis plus d’un mois. À ce qu’il parait, il se promène et va à la chasse. Comment allons-nous être nous ? Cela est surprenant.  &#13;
  &#13;
Je leur dis que s’ils (dirigeants) travaillaient pour notre bien, tout irait bien. Je leur dis de ne pas s’haïr. Aussitôt qu’ils font quelque chose de bien à une personne, ils commencent à consommer de la boisson et se chicanent. Je leur dis qu’ils deviennent dangereux. Les aînés vont avoir peur d’eux et vont finir pas les laisser. Les jeunes se fient beaucoup sur les aînés. Ils nous demandent de ne pas les laisser et de ne pas mourir. Je leur dis que nous allons éventuellement les laisser, car ils consomment de l’alcool sans raison.  Comment veux-tu que quelqu’un survive dans la consommation ? Si nous buvions, nous ne resterions pas en vie, car nous sommes âgés. J’ai 12 enfants et personne ne nous donne de l’aide. Ils sont aujourd’hui tous partis. J’ai également élevé 5 petits-enfants et eux aussi nous ont quittés. Nous sommes seuls tous les deux. &#13;
  &#13;
Evelyne (26 :35): Quel message aurais-tu à transmettre à tes petits-enfants? &#13;
  &#13;
Anne-Pinamen: De faire comme nous, de suivre la tradition. De faire de la même façon que nous les avons élevés. De suivre nos pas et ne pas consommer de l’alcool. De réaliser que nous aussi travaillons à la maison autant que les gens qui occupent un emploi. &#13;
Mais ils préfèrent aller consommer. Je les envoie de la maison, car c’est quelque chose que je n’accepte pas, car la consommation ne les fera pas vivre. &#13;
  &#13;
Evelyne (27 :10): As-tu un message à tes petits-enfants [Shimun]? &#13;
  &#13;
Shimun: Même s’ils ne m’écoutent pas quand je leur dis, je leur dirais de ne pas toucher à la consommation et de suivre les pas de nos grands-parents et de nos arrière-grands-parents. De vivre de la même façon dont ils vivaient auparavant. Si vous pouvez suivre nos pas, vous serez en mesure de survivre longtemps en forêt. &#13;
&#13;
Je crois qu’il ne nous reste pas grand temps avant de manquer de nourriture. Avec les ouragans qui détruisent les terres agricoles, il paraît qu’il n’y a plus grand chose qui pousse dans ces terres. En plus des autres mauvaises choses qui se font sur la terre : les petits avions (épandage de pesticides), la pollution et la destruction des terres. Nous ne savons pas comment cela affecte les aliments. Il se peut que les gens tombent malades après la consommation de ces aliments du fait que le sol n’est plus bon. C’est de cette manière que je vois les choses. Je crois que nous ferons pitié plus tard, autant les Innus et les allochtones, car tout ce dont nous avons tous besoin ne sera plus comestible. C’est ce que je prédis plus tard. C’est pour cette raison que je veux encourager nos jeunes à aller chercher la nourriture qui est gratuite. Ils seront en mesure de voir si l’animal n’est pas bon à manger, car il sera visible. Ce ne sont pas tous les animaux qui ne seront pas bons. Il y en aura beaucoup qui seront bons. À force de connaître les animaux, ils sauront lequel est bon. La personne ne se forcera pas à manger ce qui n’est pas comestible. Elle va plutôt chercher à trouver quelque chose qui est comestible. &#13;
  &#13;
Par exemple, le bœuf ou le poulet est déjà malade et on leur injecte des médicaments. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui, les gens sont plus gras. Cela vient des animaux injectés de médicaments. C’est ce qui les rend gras. Ce n’était pas comme cela auparavant. Des gens vont même dans la forêt pour injecter les animaux à ce qu’on peut voir dans les émissions. &#13;
  &#13;
Evelyne (30 :30): Vos histoires sont très belles à entendre. C’est ici que nous terminons, je vous remercie beaucoup! &#13;
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                <text>Michel, Shimun et Anne-Pinamen (interviewé)</text>
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                <text>St-Onge, Evelyne (intervieweur)</text>
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                <text>Malenfant, Eddy (cinéaste)</text>
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/634572558?h=615c6f6f43" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/634572558"&gt;Shimun Michel 2&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;Une collection d'entretiens et d'activités particulières (vidéo) qui décrivent et expliquent l'aspect social des communautés innues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu est actif depuis une quarantaine d'années dans le milieu innu et a pu capter différentes entrevues et activités particulières...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=24"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Oral History</name>
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              <text>Évelyne : Tu es chef. C’est ton quatrième mandat, tu disais ? &#13;
&#13;
Clifford : Au niveau politique, c’est mon troisième mandat. C’est mon deuxième mandat en tant que chef. J’ai été conseiller au début des années 90. Chez nous, ce sont des mandats de trois ans, donc c’est ma quatrième année que je débute à la chefferie au niveau de Mashteuiatsh.  &#13;
  &#13;
Évelyne (00:21): Qu’est-ce qui se passe ici à Mashteuiatsh? &#13;
&#13;
Clifford : Première des choses, je pense que c’est un peu ce qu’on vit dans toutes les autres communautés. On essaie de trouver une formule qui nous ressemblerait plus au niveau des prises de décisions. Les gens veulent qu’on se prenne en main. Ils veulent qu’on décide de notre avenir. J’ai toujours cru que dans le passé, mon peuple, c’était un peuple qui était heureux, qui était en santé, qui était prospère et qui était bien. Finalement, ce que je vois pour l’avenir, c’est un peu ça. Je vois mon peuple qui va redevenir en santé. Je vais les voir les vrais sourires d’être bien, d’être heureux, d’être fiers de qui ils [les gens de la communauté] sont et également d’être prospère. Je pense que la prospérité, c’est quelque chose que nous avions et qu’on a perdu. Je me rappelle aussi des histoires de mon père et de mon grand-père qui comptaient que n’était pas facile. Il fallait travailler. Il fallait travailler fort, même très très fort. Mais je pense que si on veut être prospère pour l’avenir, il va falloir également travailler très fort et se remettre au boulot comme on dit. Il faut faire les efforts nécessaires pour atteindre cette prospérité-là.  &#13;
  &#13;
Évelyne (01:47): Ici, au village, vous avez toutes les infrastructures: santé, l’éducation. Il y a aussi les agents territoriaux. J’en ai entendu parler... &#13;
&#13;
Clifford : Ici [Mashteuiatsh], c’est quand même particulier au niveau de la location et du lieu de la communauté. On est au Lac-St-Jean, donc on est entouré de beaucoup de communautés non autochtones. Ça a eu des impacts. Un des impacts, c’est sûr que nous, il a fallu se développer au niveau des infrastructures pour être capable de répondre aux besoins de la communauté. La communauté, elle est également fondée et constituée à partir d’une diversité. On a des gens qui viennent du Nord, on a des gens qui viennent de l’Est, on a des gens qui viennent de l’Ouest et on a des gens qui viennent du Sud. Donc, tous ces gens-là se sont regroupés voilà plus d’un siècle ici dans la communauté. Ça fait que c’est un endroit assez particulier. Qu’est-ce que ça eu comme impact, c’est que oui, on s’est développé au niveau des infrastructures, mais on a payé un prix pour au niveau linguistique. Au moment où on se parle, on est seulement 30% de la communauté qui maitrise d’une façon correcte la langue innue. C’est sûr que le pensionnat a eu des effets envers certaines générations sur la perte de la langue. Présentement pour nous, on fait des efforts pour justement maintenir ce 30%, voire même à le développer pour que peut-être, dans l’avenir, on puisse retrouver une communauté qui sera peut-être majoritairement parlant innu. Toute cette démarche a eu comme impact aussi c’est qu’on avait beaucoup de gens qui étaient en territoire et il y avait peu de ressources, il y avait peu d’aide. Plus que les années avançaient, plus qu’il y avait des interventions des tiers, donc des autres gouvernements, des compagnies forestières surtout avec les nouvelles technologies. Avant ça, il y avait une communication. Moi, j’ai entendu parler de nos ainés qu’avant ça quand la compagnie forestière arrivait, ils pouvaient travailler avec la compagnie forestière. Ça leur donnait des ressources financières additionnelles. Et il y avait une façon qu’ils coupaient le bois qui respectait, si on peut dire un peu, la façon de vivre [de la communauté]. Aujourd’hui, avec la technologie, on a plus ça. Ceux qui étaient en territoire se sentaient vraiment brimés à l’intérieur de leurs droits. Nous, qu’est-ce qu’on a fait c’est qu’on a mis en place un service qui s’appelle les Services territoriaux Je crois, mais peut-être que je me trompe, qu’on est les seuls qui ont ce service-là. C’est un service qui n’est pas dispensé par les subsides gouvernementaux. C’est vraiment de l’investissement que nous on prend à partir de nos fonds, des surplus qu’on a et on les utilise pour le développement de ce service-là. C’est d’aider les gens à occuper et à pratiquer des activités traditionnelles encore en forêt. Ce n’est pas parfait parce que ça manquerait beaucoup d’autres choses. Aujourd’hui, il y a beaucoup de choses qui ont changé. Nous, on doit s’adapter à la réalité d’aujourd’hui également.  &#13;
  &#13;
  &#13;
Évelyne (05:05): C’est comme des agents de la faune? &#13;
&#13;
Clifford : C’est plus que des agents de la faune. Ce sont des agents qui vont souvent soit essayer d’atténuer un conflit qui aurait sur deux utilisateurs soit quand les pêcheurs sportifs arrivent ou les chasseurs sportifs. Ils essaient de trouver des façons pour faire en sorte que les gens puissent être bien. Les Services territoriaux ont fait beaucoup de concertations et consultations avec les gens qui occupent le territoire. Ils ont formé des codes d’éthique sur la pratique de nos activités traditionnelles. Ça, c’est nouveau pour nous autres parce qu’on doit écrire des choses qui avant étaient enseignées oralement et qui étaient respectées par tout le monde. Dû au fait qu’on vit dans un monde contemporain, je ne dis pas que c’est la meilleure façon, mais pour l’instant, on doit écrire ces codes de pratiques-là pour s’assurer qu’on respecte notre façon d’être et la façon dont nous sommes. Pour moi, c’est un peu ça les Services territoriaux, c’est un peu d’essayer d’aider un peu les personnes à être libres dans la pratique des activités traditionnelles, mais également d’être respectueux des bases de notre culture. Pour nous, c’est vraiment important. J’espère que dans l’avenir, on pourra trouver une formule où les gens pourront vivre encore comme nos anciens vivaient. Chez nous, on ne voit plus personne partir pendant neuf mois parce qu’il y a trop de routes. Tout le territoire, il y a plein de routes, donc les gens montent pour un mois et reviennent. Donc, ça a changé le transport. Le canot, on l’utilise moins qu’on l’utilisait avant. On monte en avion, on monte en auto [automobile]. Donc, on est en train de perdre la façon de naviguer. Il y a des éléments que je pense qui sont importants qu’on en prenne conscience et de voir si on est capable de trouver une façon de...  &#13;
  &#13;
  &#13;
Évelyne (06:56) : Mais il y en a du monde qui monte en forêt? &#13;
&#13;
Clifford : Ah, oui! C’est très important, mais c’est sûr que si on ne fait rien et qu’on ne s’entend pas avec les gouvernements, ça peut mettre en danger ce mode de vie-là.  &#13;
  &#13;
  &#13;
Évelyne (07:13): Est-ce que les jeunes...Comment ils vivent ça la relation avec la forêt? &#13;
&#13;
Clifford : Je peux te conter une petite histoire ? &#13;
&#13;
Évelyne (07:24): Oui &#13;
&#13;
Clifford : Parce que pour moi, c’est vraiment important. Des enseignements, tu as des temps où que tu peux recevoir des enseignements. Chez nous, 50% de notre population a moins de 25 ans. Et dans cette population-là de 50%, 75% a moins de 18 ans. Donc, on a un potentiel qui est vraiment grand. Sauf qu’il faut respecter la jeunesse aussi. Il faut leur laisser le temps de vivre leur jeunesse, il faut leur laisser le temps d’être heureux pendant ce stade-là de leur vie. Mais qu’est-ce qui est dur, moi je suis parent, c’est quand tu essais d’enseigner quelque chose et que les jeunes ne t’écoutent pas. Souvent, on doit faire face à la nouvelle technologie. Il y a beaucoup de parents qui sont comme moi. Quand votre jeune a les « Walkman » [baladeur cassette] sur les oreilles, c’est très difficile de leur enseigner quelque chose. Donc, il faut s’adapter. Il faut trouver de nouvelles façons pour les intéresser. Et il faut avoir confiance aussi en eux. Pour moi, c’est quelque chose. Quand je parlais de la prospérité, c’est ça que je vise aussi au niveau de la jeunesse. On a beaucoup de souffrance dans nos communautés. Moi, ça vient me chercher tout le temps cette souffrance-là. C’est sûrement parce que j’ai souffert quand j’étais jeune. J’ai été séparé de ma famille pendant plusieurs années et ça prend du temps à guérir ça. Mais des fois ici, j’ai vécu des choses dans la communauté aussi qui sont difficiles : beaucoup de violence, beaucoup d’abus au niveau de l’alcool et des drogues. Tranquillement, on est en train de se prendre en main. Je pense que les seuls qui vont trouver la formule qui va être capables de guérir, de se prendre en main et d’amener cette vision de prospérité, c’est nous autres avec l’aide de la nature. Aujourd’hui, on est dans un endroit assez spécial vous savez. Tous les arbres sont différents, mais regarde comment c’est beau. Le feuillage est différent entre les feuillus et les résineux. C’est ça la beauté. La diversité je pense, c’est quelque chose qui est fort chez nous et qu’il faut développer un peu plus et respecter. Le respect c’est à deux et je pense que la communication c’est très important aussi. C’est bien « l’fun » parler, mais c’est aussi important d’écouter que parler. Je pense qu’on doit retrouver un peu ces caractéristiques-là qui étaient propres à nous autres, il y a quelques générations passées.  &#13;
  &#13;
  &#13;
Évelyne (09:53): Je vois que tu es très spirituel dans ta démarche. On va revenir dans la réalité. Au niveau administratif, est-ce qu’il y a beaucoup d’autochtones qui sont dans la direction ? &#13;
&#13;
Clifford : Présentement, au niveau des directions, de la direction générale et les directions des services, donc on a cinq grands services : les services d’éducation, les services santé et sociaux, le développement communautaire, l’administration et finances et la sécurité publique. Ce sont tous des gens de la communauté sauf que c’est quatre femmes et un gars. C’est un peu spécial de notre communauté. Il y a beaucoup d’implication. On est une organisation où un grand pourcentage d’employés sont des femmes de la communauté. C’est sûr qu’il y a encore des endroits où il y a des non autochtones qui viennent remplir des postes qui ne sont pas encore remplacés par les gens de la communauté, mais c’est juste une question de temps. Les gens sont en train de se former. On fait beaucoup de formations. On a beaucoup de gens formés dans la communauté. Présentement, la plupart de nos postes c’est vraiment des gens de la communauté. Ici, c’est sûr que c’est particulier dans la communauté parce que le nombre, on parle d’à peu près 4700 membres pour la communauté de Mashteuiatsh. La plupart [des gens] vivent à l’extérieur de la communauté. La plupart [des gens] vivent à l’extérieur pour plusieurs raisons. Une de celle-là c’est vraiment le travail. Il y a eu une pénurie de travail il y a quelques générations et les gens, il a fallu qu’ils aillent travailler à l’extérieur sur les différents projets de développement régional. C’est un peu ça qui est arrivé. Mais il va falloir trouver une formule un peu pour trouver un équilibre dans tout ça et aussi qu’on puisse garder les racines, mais même si je ne suis pas vraiment d’accord avec ça, vous savez que les communautés autochtones, ce n’est pas notre création. C’est une création d’une loi qui s’appelle la Loi sur les Indiens, mais il faut s’y adapter et je pense que toutes les bases des enseignements doivent venir du territoire et de la communauté. Maintenant, les gens sont invités à revenir et se replonger, si on peut dire, dans la réalité autochtone. C’est comme les défis qu’on a en éducation. On dit à nos gens qu’il faut performer dans les institutions académiques d’aujourd’hui, c’est-à-dire quand vous aller partir d’ici, il va falloir que vous soyez capables de prendre la relève dans les autres institutions à l’extérieur de la communauté. Mais en même temps, on leur dit : « N’oubliez pas qui vous êtes. N’oubliez pas d’où vous venez. N’oubliez pas la fierté que vous avez ». Donc, on a repris la possession de notre histoire parce que l’histoire que j’ai reçue, et probablement toi, est un peu biaisée en tout cas à notre égard. Donc là, on essaie de reprendre ces éléments-là et je peux vous dire au niveau des jeunes, il y a beaucoup de fierté qui est en train de se développer. Maintenant, j’aimerais ça être capable de vous dire ce qui va arriver, mais malheureusement je ne peux pas. Je peux vous dire, c’est que j’ai beaucoup confiance aux jeunes. Ils s’en viennent très bien et ils sont très fiers. &#13;
  &#13;
  &#13;
Évelyne (13:20) C’est quoi t’aimerais dire aux Innus ? Plus aux Innus… &#13;
&#13;
Clifford : La première des choses c’est qu’il faut se faire confiance je pense la première des choses. On est un beau peuple. Il faut être fier. Écoute, je dis ça et je vois des gens sont déjà fiers, sont déjà beaux, mais je pense qu’il faut relever les défis de demain. Dans l’adaptation qu’on a eu avec la communauté, on a développé des mauvaises habitudes sociales. C’est seulement nous autres qui avons la capacité de remédier à cette situation-là. C’est de retrouver nos valeurs ancestrales et les vivre. Je vois les anciens de ma communauté et même des autres communautés. Ils dégagent un esprit de respect et le respect, c’est très fort. J’aimerais ça que le respect revienne aussi pour nos anciens et nos jeunes parce que le respect, c’est des deux côtés. Il faut que les anciens respectent aussi les jeunes qui s’en viennent et même les enfants. Les enfants, c’était tellement important. Je pense que les moments qu’ils vivent quand ils sont jeunes sont vraiment importants. Moi, j’adore le bois pour la simple raison que j’ai vécu là avec mes parents et quand je reviens en forêt, qu’est-ce que je veux vivre, c’est d’être heureux comme quand j’étais jeune. Et en faisant ça, je le transmets à ma famille. Donc, je sais qu’ils vont revenir également et je pense que c’est ça qui est important.  &#13;
  &#13;
  &#13;
Évelyne (14:52) : C’est très beau. C’est très intéressant. Avais-tu autre chose à dire...? &#13;
&#13;
Clifford : Qu’est-ce que je voudrais dire c’est d’être fiers de qui nous sommes et de reconnaitre toute la richesse qu’on a. On est un peuple riche. On est un peuple prospère. On est un peuple qui doit être en santé et qui doit être fier et ça, j’espère qu’on va être capable de l’offrir pour les générations à venir. &#13;
  &#13;
  &#13;
  &#13;
Évelyne (15:30) : C’est la dixième édition des Jeux autochtones? &#13;
&#13;
Clifford : Oui, c’est une activité, pour nous, qui est très importante. L’initiative des Jeux a débuté ici par des jeunes qui sont allés à l’extérieur vivre une expérience sportive au niveau des autochtones. Il y avait des Jeux autochtones nationaux et [les participants de la communauté] sont revenus avec une médaille au niveau du volleyball. Ils ont décidé qu’ils aimeraient ça partager ce type d’expériences-là avec les jeunes et que les jeunes devraient vivre ça. Ils ont commencé à mettre en place des Jeux autochtones. Et maintenant, ça fait dix ans. Ça fait six ans que les Jeux se font ici. Il y a eu quatre autres fois où ça s’est fait dans d’autres communautés : deux fois à Uashat, une fois à Pessamit et une fois au lac Mistassini. Je pense que c’est vraiment une occasion spéciale pour que les jeunes puissent se voir. C’est vraiment une fête de fraternité, même s’il y a des compétitions sportives. Il y a de plus en plus de gens qui vont intégrer les activités culturelles et ça c’est important parce que les gens voient un peu de quelle façon ça se fait et souvent, qu’est-ce qu’on garde dans notre mémoire reste pour nous pour la vie. C’est sûr que c’est pour contrer tous les aspects néfastes, qu’on peut dire, qu’on connait dans la société aujourd’hui concernant l’abus de drogues et d’alcool. C’est de montrer aux jeunes qu’ils sont capables de vivre des expériences vraiment le « fun » sans avoir besoin de ces dimensions-là [consommation de drogues et/ou d’alcool] et je pense qu’ils le vivent vraiment bien. Il y a des sourires et pour nous, c’est drôle de dire ça, en tout cas pour moi, c’est vraiment un moment où on peut s’énergiser et aller chercher beaucoup d’énergie quand les jeunes sont là.  &#13;
  &#13;
  &#13;
Évelyne (17:22) : Merci &#13;
 &#13;
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&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/680673618"&gt;Clifford Moar&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;Une collection d'entretiens et d'activités particulières (vidéo) qui décrivent et expliquent l'aspect social des communautés innues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu est actif depuis une quarantaine d'années dans le milieu innu et a pu capter différentes entrevues et activités particulières...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=24"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Évelyne : Kuei Lorraine&#13;
Lorraine : Kuei Évelyne&#13;
Évelyne (00:02): Ça fait très longtemps que je sais que tu es en éducation. Je pense depuis le début de l’amérindianisation que tu es là. &#13;
Lorraine : Oui, j’ai commencé en éducation en 82. Tu vois, on a pris en charge ici en 80 et moi j’ai commencé en éducation en 82. J’ai travaillé deux ans pour les négociations avant, la recherche sur l’occupation du territoire. &#13;
Évelyne (00 :23): Et après, tu as enseigné?&#13;
Lorraine : Après ça, j’ai commencé, j’étais d’abord conseillère aux étudiants. Je faisais le suivi des jeunes qui étaient dans les écoles provinciales puis après ça, je suis devenue enseignante au primaire. Après ça, je suis devenue conseillère pédagogique et quand j’ai fini, j’étais directrice des Services éducatifs pendant les cinq dernières années où j’étais là. &#13;
Évelyne (00 :43): Je sais Lorraine qu’ici, à Mashteuiatsh, il y a eu beaucoup d’initiatives au niveau de l’école. Je pense que l’école est allée en forêt?&#13;
Lorraine : On a essayé d’amener l’école en forêt et je pense qu’on s’est rendu compte que ce n’était pas nécessairement la solution. Il faut reculer au moment de la prise en charge quand on a décidé de prendre en main l’éducation pour notre communauté. C’est qu’on avait vraiment les programmes du Québec. On appliquait dans le fond ce que le ministère des Affaires indiennes [et du Nord canadien] appliquait avant de nous transférer les programmes puis on s’est vite rendu compte que si on voulait sauvegarder la culture et la langue, il fallait travailler au niveau des contenus. Donc, je dirais pendant les cinq premières années de prise en charge, l’effort a été mis sur les contenus et le curriculum. Donc, les programmes de langues ont été montés à ce moment-là et des programmes aussi au niveau de la culture et des arts. Graduellement, on a rajouté l’histoire. Puis, pendant ce temps-là, on a une réalité dans notre communauté où on a des jeunes qui fréquentent le territoire avec leur famille pour des périodes qui vont entre un mois et pour certains jeunes, jusqu’à quatre mois pendant l’année scolaire. Donc, on a essayé de répondre à ce besoin. Au début, on avait ce qu’on appelait un « professeur itinérant ». Donc, un professeur qui se déplaçait en territoire. C’est un peu l’image que tu disais [Évelyne]: « L’école est allée en territoire ». Puis, cela n’a pas donné les résultats qu’on souhaitait parce qu’on s’est rendu compte rapidement que les jeunes, même s’il y avait quelqu’un qui allait les voir à l’occasion en territoire, quand ils revenaient dans la communauté, ils avaient pris un retard comparativement aux autres élèves de leur groupe. Donc, on a mis fin à cette initiative du professeur que l’on appelait « itinérant » à l’époque puis on l’a remplacé par des mesures d’intégration des jeunes au retour du territoire. Ce qu’on a fait après cette période : on a préparé du matériel. C’était vraiment la responsabilité de l’enseignant et des parents. Les parents avisent l’école au moment où ils partent en territoire pour la période qu’ils vont quitter la communauté et les enseignants préparent le matériel. Les jeunes font ce qu’ils peuvent à leur rythme et quand ils reviennent, il y avait une période d’intégration, dans le sens où il y avait une transition. Il y avait des spécialistes comme des ortho. [orthopédagogues] et des intervenants qui étaient affectés pour faire le tour un peu avec les enfants de ce qu’ils avaient fait puis d’essayer de refaire une mise à niveau pour les réintégrer dans leur classe. Ça été fait pendant un autre cinq ans puis ensuite, on a évalué ça et on n’était pas encore satisfait des résultats et je dirais qu’aujourd’hui, c’est un des gros défis qu’on a parce tu ne peux pas apporter le territoire dans l’école et tu ne peux pas non plus apporter l’école en territoire. Ce sont deux réalités différentes. On se dit qu’il y a des apprentissages différents qui se font en territoire et ici. Le défi qu’on a maintenant est que le système [scolaire] réponde à ces deux réalités. La demande des parents est claire. Ils veulent que les jeunes soient formés dans nos écoles pour qu’ils soient capables de s’intégrer à l’extérieur et en même temps, lorsqu’ils vont en territoire, les enfants reçoivent d’autres types d’enseignements. Il faut donc vérifier comment on pourrait repenser un système [scolaire] qui puisse répondre à cette réalité-là.  &#13;
Évelyne (03 :50): Est-ce qu’elles sont en marche ces démarches ?&#13;
Lorraine : La réflexion est là sûrement. Nous sommes comme toutes les autres communautés. On a appris par essais et erreurs. On a pris des initiatives. On a pris des risques, mais des risques calculés parce qu’on a affaire à des enfants. Donc, on ne voulait pas pénaliser nos enfants dans ce qu’on allait expérimenter. Le temps nous a enseigné que le territoire est une réalité et il faut voir comment on peut amener un cheminement académique pour des jeunes qui sont utilisateurs du territoire. Je pense qu’une des principales contraintes est l’organisation scolaire : un calendrier scolaire sur dix mois. Si on veut innover dans nos systèmes d’éducation pour sauvegarder la culture, il va falloir aller jusqu’à repenser notre système scolaire complètement. &#13;
Évelyne (04 :41): Ce serait possible? Tu y crois?&#13;
Lorraine : Je crois qu’il va falloir oser faire ça. L’idée de copier le curriculum québécois, je pense que c’est un choix réfléchi des communautés. C’est un choix, pour la plupart des communautés, des parents. Les parents veulent qu’on ait la même chose [les apprentissages scolaires] qu’ailleurs parce qu’une fois le primaire et le secondaire complétés, on veut encourager nos jeunes à aller aux études postsecondaires. Il faut qu’ils [enfants] aient le bagage nécessaire et ça, c’est le bagage des Québécois. En même temps, il y a un prix à payer pour ça.Un changement profond du système scolaire. On veut sauvegarder notre culture, intégrer un curriculum qui est le nôtre et même innover dans nos approches. Ici [Mashteuiatsh], il y a quelque chose qui est de plus en plus présent dans le discours, c’est la reconnaissance des savoirs. Les gens qui utilisent le territoire possèdent des enseignements qui ne sont pas transmis dans les écoles et qui ne sont pas enseignés dans les universités. Il faut que nos jeunes puissent recevoir ces enseignements et ce n’est pas entre quatre murs que ça se passe. Il faut donc penser à un calendrier et à une organisation scolaire qui vont permettre l’utilisation du territoire et puis quand les jeunes font des apprentissages là-bas [en territoire], je pense qu’il y a moyen d’être innovateur et aller chercher ce que les jeunes ont appris là-bas et d’intégrer ça dans un enseignement. Il faut vraiment, je pense, révolutionner le système scolaire comme on le connait présentement. &#13;
Évelyne (06 :01): Au niveau de la langue, est-ce qu’il y a beaucoup de choses qui sont mises en place?&#13;
Lorraine : Vingt ans de prise en charge veut dire qu’il y a eu vingt ans d’expériences, d’essais, d’erreurs et de réussites aussi. Dès les premières années, les premières choses qui ont été faites au niveau d’une affirmation de notre culture à partir de la prise en charge, ça été d’intégrer des cours de langues. Ce qui est difficile dans ça, c’est qu’il faut non seulement développer, mais il faut donner l’enseignement, il faut évaluer, il faut faire tout ça en même temps et les parents demandent que ce soient des choses de qualité qui soient faites auprès des enfants. Donc, les exigences et les attentes sont élevées. Il faut performer, il faut produire, il faut développer, il faut faire tout ça en même temps. La pression est extrêmement forte sur les ressources et on a intégré depuis le début des années 80, des cours de langues dans nos écoles. On a aussi expérimenté l’immersion à une certaine époque et ça aussi a été arrêtée et on est revenu aux cours de langues. Maintenant, je pense qu’au niveau de la situation linguistique, il y a quand même eu une grosse évaluation qui a été faite ici, à Mashteuiatsh en 93 sur l’état de la langue et ça a été un événement important parce que les gens de la communauté ont réalisé que notre langue était sérieusement menacée. On le savait sauf que quand il y a une étude qui le confirme et qui nous dit que d’ici une génération, si vous ne faites rien d’autre, votre langue va mourir. On s’est rendu compte aussi que l’école est un outil. Ce n’est pas l’école qui va sauvegarder la culture et la langue. Ce n’est qu’un outil. Donc, on a aussi retransmis et repartagé les responsabilités dans le sens où l’école est un moyen, un outil. La responsabilité première revient aussi aux familles et aux parents qui sont les premiers éducateurs des enfants. Il s’est passé quelque chose d’intéressant à partir de ce moment-là. Il y a un phénomène que j’observais dans les dernières années où j’étais ici. Quand j’ai commencé, au début de mes vingt ans comme enseignante, tous les enfants arrivaient ici même s’ils étaient issus de familles montagnophones. Ils ne parlaient que français. Aujourd’hui, au début de l’an 2000, on a des enfants qui arrivent ici de milieu où l’on parle en montagnais. Il y a vraiment un phénomène qui est en train de s’inverser. Je pense que c’est majeur et qu’il faut que ça se passe. Même si je ne suis plus impliquée directement dans les Services éducatifs de la communauté, je sais que les deux enjeux majeurs présentement, c’est vraiment l’intégration significative de la culture et la réussite d’un plus grand nombre d’élèves dans nos écoles. Il y a donc des réflexions qui sont menées sur les moyens qui devront être pris par rapport à ça. Je pense que nous avons un bagage de vingt ans, il faut s’en servir. Il faut apprendre de notre passé et apprendre de nos erreurs aussi et continuer le chemin avec ça, mais je pense que le sentier commence à être battu. Je pense qu’il faut réapprendre à se faire confiance. Quand on a commencé, il ne faut pas perdre de vue dans quel contexte toutes les communautés du Québec ont pris en charge [l’éducation]. On a pris en charge l’héritage que le ministère de l’éducation nous a laissé et cet héritage-là c’était, « à côté c’est bon, c’est meilleur ». Nous, au niveau de l’estime de soi et qui on est, on était des pas bons. On a grandi avec cette mentalité et quand on est arrivé dans la communauté [Mashteuiatsh], c’est sûr qu’à partir du moment où il y a eu des prises en charge et qu’il y a des gens de la communauté qui ont pris les postes, il y a eu des préoccupations. On s’est d’abord préoccupé de changer les contenus. Après cela, on s’est dit que ce n’était pas juste qu’est-ce qu’on va leur enseigner, c’est comment on va leur enseigner. Donc, on a commencé à se préoccuper des façons de faire. Comment on fait? On n’enseigne pas selon notre culture non plus. Et là, il s’est passé des choses intéressantes. Je pense au programme Nimakiniun qui a pris naissance parce qu’on a une problématique sociale importante comme dans beaucoup d’autres communautés. Et on a beaucoup de jeunes qui ne réussissent pas encore dans nos écoles et on a élaboré ce programme Nimakiniun. C’était vraiment à partir de la problématique sociale des jeunes, mais de mettre à contribution tous les intervenants : les intervenants éducatifs, les intervenants sociaux, les parents pour faire un programme préventif auprès des jeunes. On a commencé à enlever des murs qui étaient là entre l’école et les services sociaux, l’école et la famille pour avoir une approche plus communautaire qui nous ressemble plus dans nos valeurs et dans ce qu’on est. Il y a eu des initiatives comme ça et au terme de toute cette période-là, les gens ont pris des temps d’arrêt. On a évalué ce qu’on a fait même si ce n’était pas facile de s’évaluer, de se regarder dans le miroir et se dire qu’on a manqué notre coup dans le chemin qu’on a pris et qu’il faut revenir en arrière et reprendre. Je pense qu’après vingt ans, ce bagage va nous être utile et je suis très confiante pour l’avenir. &#13;
&#13;
Évelyne (10 :54): Est-ce qu’il y a beaucoup de participation des aînés dans l’enseignement des savoirs?&#13;
Lorraine : Oui. Les aînés ont toujours, depuis le début de la prise en charge, été mis à contribution. On les invitait à venir rencontrer les jeunes, raconter les légendes. À partir du début des années 90, on a remplacé les cours de culture par les cours d’histoire. Pour développer ce curriculum, on a regroupé des aînés de la communauté qui sont nos experts, notre encyclopédie. Les gens des Services éducatifs s’assoient avec eux [ces aînés]. Il y a des enseignants. Ils font parler les anciens de notre histoire et de notre culture. Tout cela est enregistré et noté. Avec toutes ces informations, on élabore un curriculum qui est enseigné aux enfants. C’est donc une forme de contribution. Je sais qu’il y a des départs à l’occasion en territoire avec des groupes de jeunes aussi où encore une fois, on sollicite les parents et les ainés à accompagner les enfants. Je crois que les aînés sont mis à contribution dans leur domaine d’expertise, mais si on veut arriver à l’objectif d’avoir vraiment un système [d’éducation] qui est le nôtre, où la culture est sauvegardée et vraiment mise de l’avant, il va falloir encore aller un peu plus loin que ce qu’on fait présentement.&#13;
Évelyne (12 :08): Je remarque depuis que je suis ici, il y a beaucoup de créations artistiques. Il y a beaucoup de choses concernant la culture?&#13;
Lorraine : Je pense que c’est important. Dans un des grands objectifs qu’on avait au niveau de l’éducation de la communauté, c’était entre autres de développer la fierté et l’appartenance de nos jeunes et on ne peut pas développer la fierté et l’appartenance si tu ne sais pas qui tu es, si tu ne sais pas de quoi tu peux être fier. C’est sûr que les séjours en territoire et le contact avec les anciens, mais aussi de présenter aux enfants des gens de la communauté qui sont des artistes dans ce qu’ils font. Je pense que dans notre communauté comme dans toutes les autres, on a beaucoup d’artistes. On a beaucoup ces talents-là chez nous. De les présenter aux jeunes et de les rendre accessibles aux jeunes, c’est important. D’autant plus que dans ces artistes, il y en a qui sont reconnus non seulement au niveau des communautés, mais partout à l’extérieur. On a des bons artistes peintres, des bons sculpteurs, on a des gens qui font du travail d’écorce. Je pense que ça aussi c’est reconnu. C’est intégré également dans les cours d’histoire. Il y a un volet où l’on parle des artistes de la communauté et on parle des artistes des autres communautés. De présenter aussi aux enfants des modèles innus, c’est important. &#13;
Évelyne (13 :30): Vous en avez un, Aurélien Gill.&#13;
Lorraine : Ça, c’est une autre sorte de modèle. On parlait des artistes, c’est une catégorie. Sur le plan politique, les leaders sont aussi importants. Chaque jeune est unique et on est tous différents. Je pense qu’on a des forces différentes. Il y a des jeunes qui sont bons dans les arts, il y en a d’autres qui sont des bons orateurs, il y en a qui sont des bons penseurs et je pense que plus on leur présentera des modèles qui ont réussi dans toutes sortes de domaines, plus ça contribue à leur donner leur fierté et leur appartenance et le goût à leur tour de continuer le chemin.&#13;
Évelyne (14 :09): Quel message tu laisserais aux jeunes?&#13;
Lorraine : Je vais parler pour les miens parce que j’en ai cinq [enfants]. Ce qu’on essaie de leur transmettre, mon mari et moi, c’est d’aller chercher tout ce qu’ils peuvent au niveau de leur culture et d’aller chercher aussi tout ce qu’ils peuvent au niveau des autres cultures mais sans jamais oublier d’abord qui ils sont et d’en être fier et d’apporter leur contribution pour leur communauté, mais aussi pour les autres parce que je pense que les autres ont énormément à apprendre de notre culture. On a à apporter des choses à l’autre culture, comme eux nous en ont apportées et vont continuer à nous en apporter. Il faut que les jeunes prennent leur place et pour ça, il faut qu’ils soient fiers de qui ils sont. Il faut prendre le temps d’aller parler avec les anciens, de prendre le temps d’aller en territoire parce qu’il y a des enseignements à recevoir en territoire que tu ne peux pas recevoir ici, dans la communauté.&#13;
Évelyne (15 :16): Ça fait longtemps que tu travailles en éducation. Je sais que tu travailles depuis plusieurs années. &#13;
Lorraine : J’ai débuté en éducation en 82. C’était deux ans après la prise en charge ici [Mashteuiatsh]. Quand j’ai débuté, j’étais d’abord conseillère aux étudiants. À l’époque, on n’avait pas d’école secondaire. On n’avait que l’école primaire, donc les jeunes allaient à l’extérieur de la communauté. Je faisais le suivi des jeunes qui étaient dans les écoles provinciales, cégeps et universités. Ensuite, je suis venue ici à l’école primaire comme enseignante et après, j’ai été conseillère pédagogique à l’école primaire. Pendant mes dernières années d’implication ici en éducation, j’ai été directrice des Services éducatifs. Comme je fais partie des gens qui pensent qu’on n’a jamais fini d’apprendre, après ces seize années, j’ai décidé de retourner aux études, toujours en éducation pour continuer à réfléchir et apporter des éléments de solution. Ce qui me préoccupe, c’est vraiment au niveau du système scolaire dans sa globalité dans lequel on est. Je pense qu’il y a des choses qui sont incompatibles avec les valeurs et les principes sur lesquels s’appuient toute notre culture. Ce système répond à des valeurs qui ne sont pas nécessairement les nôtres. Je crois qu’avec la prise en charge, on a appris à bien connaitre ce système et à bien le gérer. Maintenant qu’on le maitrise bien, on est à l’étape de vouloir le transformer pour en faire notre système d’éducation et c’est tout un défi, mais on est sur la bonne voie. &#13;
Évelyne (16 :50): Pour l’avenir, comme tu vois ça? Est-ce qu’il y a toujours des Indiens, des Innus?&#13;
&#13;
Lorraine : Oui. Je pense plus que jamais. Je regarde les enfants et je regarde les anciens qui sont encore là. C’est sûr qu’au fil des années, on en voit partir et à chaque fois qu’il y en a un qui part, on pense à tout le bagage et tous les enseignements qui s’en vont avec chaque aîné qui part. Heureusement, dès le début des prises en charge en éducation et je pense que ce n’est pas juste à Mashteuiatsh, c’est commun à toutes les communautés, on s’est empressé de recréer le contact avec les anciens pour aller chercher des enseignements et de les intégrer dans nos curriculums. Aujourd’hui, à l’aube de l’an 2000, j’envisage l’avenir avec beaucoup de confiance parce que je me dis qu’on a été dans un sentier qui était tellement difficile. On a pris en charge [l’éducation] dans des conditions tellement ardues et je regarde même encore aujourd’hui les statistiques, on a 50% d’enfants dans nos écoles qui ne réussissent pas. Je me dis que ces statistiques-là étaient encore plus alarmantes probablement au moment où on a pris en charge, mais on ne les connaissait pas parce que le ministère ne nous a pas laissé avec des évaluations pour nous dire : « Voici dans quel état on vous laisse vos écoles ». Aujourd’hui, il [Ministère de l’Éducation] nous demande de rendre des comptes sur comment ça va dans nos écoles, mais on ne connaissait pas la situation au moment où on a commencé. Je pense qu’on a réussi à bâtir et à faire des gains importants pendant ces vingt années au niveau des contenus d’enseignement, de l’organisation scolaire et au niveau des ressources aussi. On a quand même une majorité d’autochtones qui sont dans le système d’éducation et on a des jeunes qui m’apparaissent de plus en plus fiers de qui ils sont. Ces jeunes reçoivent des cours d’histoire sur leur histoire et sur leur culture. Nous, on n’a pas connu ça. Pourtant, on est arrivé dans le milieu de l’éducation avec toute la fierté et la préoccupation que nos jeunes reçoivent ça. Je me dis que vingt ans plus tard, ça fait partie de leur curriculum, donc ce sont des acquis importants. Pour l’avenir, je me dis qu’on a encore énormément de travail à faire, mais je pense que l’expérience acquise, les erreurs qu’on a pu commettre en cours de route, et aussi les gains qu’on a pu avoir pendant tout ce cheminement, vont nous permettre de nous amener dans le système d’éducation qu’on veut. Je fais partie des gens qui sont très confiants par rapport à ça. &#13;
&#13;
Évelyne (19 :14): Merci. Tu m’encourages.&#13;
Lorraine : Il faut s’encourager et il ne faut pas lâcher. Et plus, je réfléchi et que je regarde ce qui se passe aussi avec les autres communautés, c’est qu’on est plusieurs qui avons pris en charge [l’éducation] dans les mêmes périodes. Tous ces gens continuent d’y croire. Quand je regarde pousser la relève et je regarde mes enfants, ça me rassure. On fait, je pense, qu’est-ce qu’il faut qu’on fasse. &#13;
Évelyne (19 :44): Merci Lorraine.&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/680673313?h=bec858b15e" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/680673313"&gt;Lorraine Moar&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Oral History</name>
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              <text>Transcription&#13;
J’étais (à la maison), toute seule et je regardais (par la fenêtre). Il y avait plein de caribous dans le lac. Quand nous demeurions à Matimekush, ils se rendaient à l’ancienne réserve.&#13;
Tu les voyais aller plus loin et s’arrêter sur la piste de l’aéroport à Matimekush, Ils se tenaient là. C’était de gros caribous. Au bout du lac, il y en avait aussi beaucoup de caribous.&#13;
Ce qui s’est passé en 1914 à la Baie James, nous avions vu qu’on avait laissé les caribous échoués dans les rapides. Tu les voyais étendus, il y en avait qui étaient gonflés. Beaucoup, beaucoup de caribous. Tu les voyais emportés par le courant.&#13;
Comment je me suis sentie pensez-vous ? C’est à nous que le Créateur a donné. Il nous a donné le caribou. Même chose pour les autres animaux, c’est à nous qu’on nous avait donné. Ce sont nos animaux, nos semblables.&#13;
Au prochain visionnement, c’était le ramassage [de ces caribous]. On les tassait dans un grand foin. Un hélicoptère les a emportés à un autre endroit. Allez savoir où ! Il faisait plusieurs allers-retours.&#13;
Pas longtemps après, pu de rapide à la Baie James. Aujourd’hui c’est sec après ce massacre des caribous. Pourquoi ne pas monter en forêt dans le Nitassinan ? Nous devrions nous forcer à préserver notre territoire.&#13;
Deux de nos jeunes après leur chasse, je vais mentionner ici la région de Mingan. Ce qu’on n’a jamais raconté, qu’on n’en parle pas. Ce que je vais vous raconter, ça n’a jamais été mentionné.&#13;
Il y avait un Blanc de Hâvre St-Pierre qui tirait sur ces deux jeunes chasseurs. On n’en parle jamais. L’un des deux est le garçon d’une de mes nièces (il est à Ekuanitshiu). On lui a tiré dessus, au haut de la hanche droite traversant vers la gauche (geste). L’autre a eu la chance, il n’a pas reçu de balle.&#13;
Je me demande comment ils se sont occupés (du jeune) Peut-être qu’on lui a installé une sorte de poche. Je crois qu’il est encore là. On ne parle jamais de ce genre de situation. Le Blanc aussi commet des crimes. Pourquoi on n’en parle pas.&#13;
Pourquoi le gouvernement n’avoue pas son crime. Pourquoi il ne parle pas qu’il a fait déménager les gens à St-Augustin. Nous aussi les gens de Nutashquan, on aurait pu se faire déménager, on serait rendu à Mingan. Les Innus n’ont pas voulu.&#13;
Les autres les gens de St-Augustin ont été emmené à La Romaine. Mon père a été témoin, il les vus les faire monter dans un bateau et les descendre dans une sorte de cachot et ce, jusqu’à La Romaine.&#13;
Il n’y avait qu’un aîné dénommé Mishta-Napeu. Il n’est pas retourné dans son territoire. Il est resté là-bas. Il disait : « Pourquoi je quitterai mon territoire » ? C’est à cet endroit que je suis né et c’est là qu’est ma nourriture dans le bois.&#13;
Avec mon mari, plusieurs fois nous en parlons. Quand les gens viennent nous voir, nous leur parlons ce que nous vivions dans le bois. (547) Quand on en parle, nous ne recevons jamais de réponse.&#13;
Nous avons vu un jeune à Uashat, un journaliste. Non, aucune nouvelle. Pas de nouvelle à nous communiquer. Il ne m’apprécie pas, il ne me donne pas de nouvelle.&#13;
À l’âge que j’ai… dans ma jeunesse, j’assistais toujours aux rencontres politiques. Les femmes ne sont pas bien reçues à ce genre de rencontre. On la prend pour une moins que rien, elle reçoit que des insultes. Plus la rencontre avançait, plus des disputes augmentaient. C’était comme ça.&#13;
Une fois mon père a participé à l’une de ces rencontres, c’était plutôt la fois où on distribuait les cartes innues. Il dit au fonctionnaire : « Le Québec et le Fédéral se disputent ». Les Blancs n’étaient pas très enchantés de ces cartes. On nous disait souvent que nous ne payions pas de taxe. Ne saviez-vous pas que c’est seulement aux Galeries (Montagnaises) qu’on ne paie pas de taxe ?&#13;
Dans les grandes villes comme Montréal, nous payons la taxe, ils ne prennent pas les cartes (innues). Mon mari et moi sommes allés à un magasin à Montréal, je ne me souviens pas de quoi nous avions acheté, et mon mari a montré sa carte pour exemption de taxe. On lui répond : « Non, non, tu n’es pas d’ici ». Sa carte n’a pas été acceptée. On ne l’accepte nulle part. La carte innue est d’une grande importance.&#13;
Mon mari a été convoqué à la Cour de Sheshatshit. C’est Élisabeth Penashue et sa sœur Nush qui l’avaient invité. Un gars de Schefferville a été arrêté, je vais le nommer, c’est Adrien Pinette et son équipement a été saisi, son fusil et le reste… Il s’est rendu à Uapush et je lui ai dit d’y aller. Le voilà parti !&#13;
Il a passé en Cour et l’avocat lui avait dit de garder silence. Il a alors montré sa carte (innue) à l’avocat. Au bas de la carte c’était écrit petit. L’avocat a donc répondu : « Avec cette carte, on n’a pas le droit de saisir votre équipement ». Il a par la suite donné ordre qu’on lui remette son équipement à celui qui a été arrêté, Adrien Pinette. C’est Nush qui a demandé (à mon mari) de leur venir en aide. Par deux fois, ils ont eu gain de cause.&#13;
Mon mari n’est pas bien accepté (parce qu’il n’a pas la langue dans sa poche). Mais celui qui ne parle pas, qui ne se défend pas, lui alors il est bien accepté. C’est de l’argent qui passe. On lui offre de l’argent et c’est pour ça qu’il ne parle pas. Celui qui s’exprime bien, celui-là n’est pas apprécié. C’est comme ça que ça passe à Schefferville. Je demeure là.&#13;
&#13;
Je viens de Nutashquan. Je me suis mariée à Schefferville et c’est là que nous habitions. Mes enfants, mes petits-enfants et mes arrière-petits-enfants y sont nés.&#13;
Quand il y a une rencontre (politique) j’y vais et je veux parler de ça. Tout de suite on me dit que je n’ai pas le droit de parler. Pourtant mes enfants sont là, mes arrière-petits-enfants, mes petits-enfants. Pourquoi je n’aurai pas le droit de parler. Mes enfants auront besoin eux aussi de prendre la parole, mes petits-enfants, mes arrière-petits-enfants. Il y a aussi mes garçons et j’ai une fille. Ils pourront s’en servir.&#13;
J’ai écrit aussi un livre parlant du pensionnat. Mes enfants pourront s’y référer pour leur cheminement dans la vie. Mes petits-enfants et les autres enfants pourront s’en servir. J’ai 70 ans. Je viens de loin et j’ai vu beaucoup de choses, de choses qui me blessent. Et je me la ferme.&#13;
J’aurais pu vous montrer la carte innue, elle est d’une grande utilité dans nos vies.&#13;
J’ai été hospitalisée aussi au Sanatorium de Mont-Joli. Plusieurs innus sont décédés là-bas. Il y a un beau terrain dans le boisé, c’est là qu’ils sont enterrés. Il y a une femme de Nutashquan enterrée à cet endroit. Nous étions à cet endroit pendant 9 mois et dans le mois de janvier, on m’a transféré à Québec. J’y étais hospitalisée.&#13;
Q : pour la tuberculose.&#13;
Alphonse : Non, un accident, elle était tombée.&#13;
MR Je n’avais pas la tuberculose, j’ai eu un accident. J’ai eu des douleurs au dos (geste). Rendue à Québec, le docteur me dit (il y avait une interprète de Schefferville) : « Pourquoi es-tu allée à Mont-Joli ? » Je lui ai répondu que c’était un médecin qui m’avait envoyée là-bas. Et il me dit : « Tu n’avais pas à aller là-bas, car tu n’as pas de tuberculose. C’est seulement les gens qui ont la tuberculose qui vont à cet endroit. » Et de continuer : « Tu vas bientôt guérir. Je vais te guérir. » On m’avait mis un genre de plâtre dans mon dos et j’étais étendue pendant un mois sur le dos. À mon côté, on m’a trouée pour m’injecter du liquide. Comme de fait, j’ai été guérie. Je retourne chez-moi au mois de juin en 1970-71. Un coucher à Mani-utenam.&#13;
Je suis allée voir le pensionnat, il n’était pas encore détruit. J’ai tout visité où j’étais, où j’ai dormi, où j’ai joué, où j’ai mangé, à l’extérieur où nous étions. Il y avait encore des religieuse, Père Laurin aussi. Je suis allée les voir et ils m’ont demandé si je voulais visiter. Je leur ai dit oui et j’ai tout vu où nous étions, où les garçons se tenaient. Cela m’a fait quelque chose en visitant ces endroits. Après avoir visité et sortie, j’ai pris un grand souffle. Il y avait une statue de la Vierge Marie en plein milieu du terrain en avant, c’est là que je me suis mise à penser. Et après le retour à Mani-utenam, seule. Je suis retournée à la maison où j’étais hébergée, passer la nuit là et le lendemain retourner à Nutashquan. Arrivée dans ma communauté, J’étais déjà guérie.&#13;
Je me souviens aussi de la pandémie de la rougeole. On avait planté une grande tente et c’est là qu’on installait les malades sur le bord de la tente. Au milieu, il y avait des médecins qui venaient. Dans ce temps-là il n’y avait pas de maisons. Seulement des tentes. Il y en avait qui en étaient morts de la rougeole et d’autres en étaient guéris. Et la rougeole a disparue.&#13;
Il y avait une infirmière dénommée Pauline Laurin. C’était l’infirmière de la communauté. Elle rencontrait les aînés comme mon père par exemple, Michel Grégoire, Thomas Grégoire. Ils ont examiné les terrains en forêt et ont informé à Pauline Laurin. Kamatshi-atussesht qu’on les appelait.&#13;
Les aîné.es racontent ce qu’ils ont vécu dans le bois., leurs activités. Ils ont été enregistrés. Il y avait Sylvie Vincent, c’est elle qui enregistrait les aînés. Il y avait Michel Grégoire, mon père, Thomas Grégoire, Jérôme Grégoire. Même les aînées ont été enregistrées. Où sont passés les enregistrements ? Est-ce qu’elle les a gardées ou a-t-elle fait de l’argent avec (ces enregistrements) ? Je ne sais ce qu’elle en a fait. Caroline Malec était l’interprète.&#13;
Alphonse Grégoire : C’est de cette carte qu’elle parlait tantôt.&#13;
Manie Moreau : Tu vois en petits caractères en bas ?&#13;
Eddy : Oui. Viens vers la caméra, je vais filmer.&#13;
&#13;
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&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/682579283"&gt;Mani Moreau 1&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>Une collection de récits de vie racontés par les innus.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;C’est en août 1987 dans un contexte du tournage près des chutes Manitou que Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. voit le jour, une entreprise sans but lucratif (OSBL) qui se forme autour de quatre personnes : Zacharie Bellefleur, Céline Bellefleur, Evelyne St-Onge et Eddy Malenfant. L'objectif de base de l’entreprise est de faire connaître les cultures autochtones, particulièrement la culture innue par le biais de l'audio-visuel et du multimédia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=18"&gt;Voir la liste des récits de vie en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Manie : Vois l’enfant, les enfants qui ont été tués, c’est le gouvernement qui les a tués. Cet enfant-là, c’est notre avenir, il sera un leader. Vois cet enfant vient de naître, ça ne fait pas longtemps (qu’il est au monde). C’est un Blanc, il n’est pas Innu. C’est un enfant et je le prends pour exemple. Je ne manque pas (en l’embrassant sur le front) de respect pour lui. Il ira toujours de l’avant.&#13;
Je ne me la fermerai pas, je vais toujours parler (des enfants tuées) et la fois qu’on a tiré sur les jeunes dans les rencontres politiques. Même chose pour les Innus qui ont été tués à Terre-Neuve, je vais toujours en parler. Une femme innue qui a poussé son enfant dans l’eau et on l’a tiré dessus et il s’est noyé à Terre-Neuve.&#13;
(Elle remercie l’enfant en l’embrassant et le remettre au parent)&#13;
Oui, ils iront toujours vers l’avant.&#13;
À mon âge, ça m’arrive d’oublier parfois et par la suite la mémoire me revient.&#13;
&#13;
Alphonse : Elle se demande aussi pourquoi il n’y a pas de recherche où vivaient les Béothuks, il n’y a plus de Béothuk, ils ont été exterminés. Nos chefs devraient s’informer de ça à Terre-Neuve. &#13;
Eddy : Hermitage a fait des recherches à l’Université de Terre-Neuve. Mais on peut trouver des informations sur l’extermination des Béothuks.&#13;
&#13;
Alphonse : Il y a un professeur à Kawawatshikamak qu’elle dit que c’était vrai et que son grand-père lui racontait, quand quelqu’un rapportait une oreille de l’indien, il recevait 100$. &#13;
Alphonse et Eddy discutent ici des Béothuks.&#13;
Manie : Mon père allait souvent à Sheshatshit. On lui demandait d’y aller par bateau avec de grosse cheminées, un gérant lui a demandé d’aller avec lui. Michel Grégoire a été demandé aussi mais lui ne voulait pas. Mon père est allé et a fait tout le bord de la rive pour se rendre jusqu’à Sheshatshit. Il dit qu’il y avait un magasin à Pepitshitat. Il dit que c’est un grand lac le Sheshatshiu. Ils l’ont traversé pour se rendre l’autre bord du lac où il y avait un magasin. Le nom de ce gérant était Uapush. J’ai vu moi ce monsieur à La Romaine, c’est un pilote d’avion. Il vient de Sheshatshit. Ils allaient souvent à Sheshatshit, quand ils montaient dans le bois, ils se rendaient à Sheshatshit. Mes grands-parents, mes arrière-grands-parents aussi.&#13;
Il y avait aussi beaucoup d’histoires, de légendes. Mon grand-père disait que la culture innue d’autrefois c’est la plus importante, c’est une force. Si vous l’utilisez, ça vous aidera énormément. Il faut montrer toute la culture innue, l’habillement, les connaissances à conserver, ce sera votre force. Il (son père) disait aussi si tous les chefs de toutes les communautés se réunissaient, ils seront très forts pour affronter le gouvernement. Quand on leur demande de se réunir, ils ont peur. Quand ils veulent rédiger une lettre, un document, oh ! on dit qu’il n’y a pas d’argent au Conseil de bande. Et c’est alors qu’il y a un découragement. Ça ne leur dit plus de continuer.&#13;
À mon âge 77 ans, quand est-ce que ça ira bien. Ça fait très longtemps que j’attend que tout aille bien. Et le Blanc, pourquoi il a de la haine envers nous ? L’Innu ne détruit rien, le territoire. C’est seulement quand il a besoin du bois pour planter sa tente, pour le sapinage. Et le Blanc c’est tout un déboisement qui fait. Il détruit partout, partout. Et où il se dit propriétaire d’un terrain, il vend ce qui s’y trouve. Pourquoi il vend le terrain, est-ce qu’il en est le maître, car il a installé une pancarte écrite en rouge et se permettant d’annoncer une vente de terrain, du bois ? Est-ce que c’est le gouvernement qui lui a donné pour en vendre ?&#13;
Marie : Il doit avoir des Blancs qui sont gentils, il y en avait un qui disait : « Pourquoi ne pas vous défendre ? » Quand nous nous défendons, alors les Blancs ça les irrite. À Kanesatake à Montréal, quand il y avait une manifestation, mon garçon était hospitalisé à l’hôpital Ste-Justine dans le mois de juillet, les Blancs nous harcelaient sans cesse. Pourquoi ils ne s’informent pas, ils devraient prendre connaissance de ce qui se passait. Moi ma proposition j’aimerais qu’il y ait de l’écoute pour comprendre ce qui se passe. Qu’il n’y ait pas de discorde, mais plutôt une entente entre Blancs et Innus.&#13;
J’aurais pu vous montrer des photos, les photos de mon papa ainsi que mon livre. Mon père n’est jamais allé à l’école. Il comprend l’anglais. Aussi, le monsieur ???, il n’est jamais allé à l’école et il comprend le français. Moi je ne parle pas beaucoup le français, juste un petit peu. Je suis allée au pensionnat et avec une autre fille, on était attaché comme ça (geste, mains en arrière du dos). Mon père a entendu parler de ça et il n’a pas voulu que j’y retourne. En n’allant plus à l’école, j’ai perdu (un peu de l’instruction que j’avais acquérir). Je recevais 10$ pour travailler et pour mon voyage de Natashquan.&#13;
Marie : Non, il y avait une patinoire tout près du pensionnat. &#13;
 Faisons des recherches où ton père était à Sheshatshit. » Où il était, où il est allé, lui ai-je dit. Je regrette beaucoup de l’habillement traditionnel d’autrefois, nos mamans, nos grand-mamans (montrant ses vêtements traditionnels). Aujourd’hui, on porte des pantalons, on nous disait de nous habiller avec des vêtements traditionnels. On se mettait à terre pour manger (geste). On mettait un morceau de toile comme nappe. Il y a une table à côté, non, j’aimerais mieux manger par terre. Maintenant je ne peux plus m’asseoir comme ça, vu mon âge. Je commence à oublier ce que nos aîné.es nous avait dit. Vous allez voir ce que c’est que la vieillesse, nous a-t-on dit. (Aujourd’hui) nous voyons tout ce que nos grands-parents nous ont dit. Voyez, je ne peux m’asseoir comme ça, car j’ai mal aux jambes. Alphonse lui dit : « Danse maintenant hahaha. Alphonse lui chante un chant de tambour et elle se met à danser).&#13;
Marie de continuer : Tous les soirs on dansait. Nos aîné.es qui n’y sont plus maintenant. Il y avait une grande maison, on est allé à pied avec nos (sorte de lampe de poche), on allait danser. Ma mère y allait aussi. C’était vraiment agréable ! Il y avait des enfants et ils n’étaient pas tannants. Les aînés avaient des activités comme le base-ball. Les femmes aussi. Il n’y avait jamais de chicane. Quand une équipe perdait, pas de déception. Tous les soirs, il y avait une danse. Il y avait comme un jeu dans une danse, (je ne sais comment dire) : une personne prenait la place d’une autre pour continuer de danser avec la femme. La danse se terminait de bonne heure, vers minuit environ. Je regrette (de ce temps-là). Quand je regarde (par la fenêtre, je pense (à tout ça).&#13;
Je vois un oiseau mort. Peut-être qu’ils sont tous morts. Peut-être qu’il n’y en a plus. Le poisson aussi. Le gouvernement qui dit : « Le saumon est malade. Le caribou est malade » Je ne crois pas à ça moi. Ils le piquent. Vois le bœuf y est vacciné, c’est pourquoi on peut le manger. Ils font la même chose pour le caribou et ils l’examinent. Il y a aussi le poulet, la pizza, la poutine, c’est de tout ça que l’on mange. C’est de tout ça que nos enfants mangent, la poutine, la pizza, mais ne mangent pas de la nourriture de bois comme le castor…&#13;
Il y avait une femme très forte, vois l’épaule du castor, elle peut le casser. Mon père m’avait demandé une fois de le casser, non je n’avais pas réussi. J’ai raconté cela à un jeune homme qu’autrefois, il y avait une femme qui pouvait casser le bras (ou l’épaule) du castor. Et le jeune de me dire : « Elle est là (nous étions à Schefferville pour le matutishan), je ne la connais pas.  &#13;
Notre culture d’autrefois est d’une grande importante, il aurait fallu la conserver, une culture qui nous aurait aidés dans notre cheminement. Et nous, je veux dire, nos enfants ne s’en soucient guère. Y aurait fallu qu’on la pratique tout le temps. &#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/682579431?h=43ca7d2dfb" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/682579431"&gt;Mani Moreau 2&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;Une collection d'entretiens et d'activités particulières (vidéo) qui décrivent et expliquent l'aspect social des communautés innues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu est actif depuis une quarantaine d'années dans le milieu innu et a pu capter différentes entrevues et activités particulières...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=24"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Interview Alain Nepton&#13;
&#13;
Évelyne : La dernière fois qu’on s’est vu, c’était à l’Université Laval… Puis, je suis venue te voir dans ton village. J’aimerais ça que tu me parles d’ici, est-ce que c’est un point de rassemblement ?&#13;
&#13;
Alain : Ok. Juste pour se situer, la réserve est située sur le bord d'un lac qu'on appelle le lac Saint-Jean. Piekuagani, en montagnais, en innu. Ce lac a des dimensions quand même assez intéressantes, à peu près 30 km par 50 km puis ça se jette dans le Saguenay et par la suite ça va rejoint le fleuve Saint-Laurent. Mais c'est de l'eau douce, ce n’est pas comme sur le bord du fleuve, c'est de l'eau douce.&#13;
La réserve ici a été fondé en 1856.&#13;
Les Montagnais avaient l'habitude de se réunir sur les pointes durant l'été, se mettre un peu à l'abri des moustiques, puis pouvoir faire de la pêche à la pointe ici, c’est une pointe quand même assez intéressante, parce que c'était assez poissonneux. Il y a de l’ouananiche, il y a du doré. C’est situé un peu à la sortie de plusieurs rivières, la rivière Métabetchouane un peu plus loin qui se dirige par ici, tu as la rivière Mistassini et puis Mistassibi un peu en face et la rivière Péribonka, donc tous les gens, quand ils sortaient de ces rivières-là avaient souvent tendance à venir de ce côté-ci, à l’abri du vent, ils s’installaient ici. Il y avait d’autres endroits, mais ici, c’était assez utilisé.&#13;
&#13;
La réserve a été créée d’abord parce qu’il y avait des gens qui se ramassaient ici. La réserve a été créées dans un but quand même assez intéressant à souligner, c'était pour inciter les Indiens à se sédentariser en pensent que les… il faut se rappeler que le Montagnais étaient nomades, c'étaient des gens qui chassaient continuellement en mouvance sur le territoire, puis le gouvernement fédéral cherchait des moyens de faire profiter de la civilisation. De faire profiter aux indiens de la civilisation à ce moment-là, on parlait d'agriculture, et que comme tout le pourtour du lac, c'est un terrain propice à l'agriculture, il s'était mis dans l’idée que, si on ouvrait une réserve, s’il y avait des terres réservées pour les Indiens, on pourrait peut-être les amener à s'adonner à l'agriculture donc, il a créé la réserve en 1856. Il a divisé la terre en lots d’agriculture, comme on voit à peu près dans tous les villages du Québec et il a attendu que les Indiens s'intéressent pour donner des lots à tous un chacun. Au début, il a commencé comme ça, il a donné des lots de terre à tous les Montagnais, mais les Montagnais partaient dans le bois, ça ne demeurait pas, parce qu’en fait, les gens demeuraient plus loin dans le territoire pour faire la chasse et toutes sortes d'activités. Ils venaient passer l’été ici donc, le lieu de résidence, si on peut appeler ça de même, ils étaient beaucoup plus en forêt et non pas ici. Ça fait que rester l'hiver ici, il fait trop froid, ça fait que les gens partaient en forêt à l'intérieur des terres donc, c'était un peu comme inhabité. Mais en même temps, plus au sud du fleuve Saint-Laurent, il y avait des peuples autochtones aussi, des Abénaquis, des Malécites qui avaient été dérangés par toute la venue de la colonisation de la partie sud du Québec. Ils avaient été dérangés par la guerre d'indépendance des États-Unis, la venue des loyalistes au Québec et tout ça faisait que ces autochtones-là étaient comme un peu déplacés, ils ne savaient pas trop où s'en aller.&#13;
Il y en avait là-dedans qui avaient entendu parler qu'il y avait des terres de disponibles dans le coin du Lac-Saint-Jean et on pense, on cherche encore des preuves de ça, mais c'est une histoire qui se raconte ; on pense que les missionnaires et les agents fédéraux, les agents du gouvernement fédéral ont mis en place du soutien, une forme de soutien pour amener ces gens-là à venir s'installer ici, amener des Malécites et c'est des Abénaquis à s’installer ici, et faire en sorte de devenir des exemples pour les Montagnais, pour donner un exemple concret, voyez comment on peut s'installer, comment on peut vivre de la terre et peut-être inciter le Montagnais à se sédentariser.&#13;
&#13;
Il faut penser aussi que les missionnaires ayant à s’occuper de ces gens-là, ils les voyaient peut-être à tous les 5 ans ou à tous les 10 ans, les gens, quand ils étaient à 500 ou à 1000 km à l’intérieur des terres, ils ne venaient pas faire des tours souvent ici, c’est pas facile d’évangéliser et tenir tout ça à jour. Donc les missionnaires, peut-être dans un esprit chrétien, voulaient les amener aussi à la civilisation. Ils considéraient que la vie en forêt était une vie de misère, si on compare avec les critères du temps, ils disaient qu’il faut leur faire profiter de tous les bienfaits de… on est avancé nous, on est dans une société moderne. On pense que les missionnaires ont favorisés, même plusieurs personnes disaient que les prêtres nous incitaient à abandonner la forêt.&#13;
&#13;
Évelyne : Ils allaient jusqu’où à l’intérieur des terres ?&#13;
&#13;
Alain : À l’intérieur des terres, les rivières dont je parlais tout l’heure, le lac St-Jean c’est comme le point d’arrivé de plusieurs rivières, c’est un lac qui est de forme arrondie, il y a des rivières qui sont en forme d’étoiles partout à l’entour. Les rivières les plus longues, c’est à peu près, je dirais de 400 à 500 km, la rivière Péribonka c’est la plus longue. On va, à ce moment-là, jusqu’au milieu géographique du Québec d’aujourd’hui, près des monts Otish. Un peu plus loin, ça déverse vers la Baie-James. Les gens d’ici voyageaient jusque-là, ils rencontraient des gens de Betsiamites, ils rencontraient des Cris de Mistassini, de Nitsekun et ils rencontraient des gens d’un peu partout et des Atikameks.&#13;
Évelyne : Des Atikameks ?&#13;
Alain : Des Atikameks du côté ouest aussi, le site un peu moins loin, du côté des Atikameks on fait peut-être, je ne dirais même pas 100 km en ligne droite et on rencontre des Atikameks, donc c’est pas tellement loin.&#13;
C’est un peu un genre de carrefour ici. Il y avait beaucoup de gens qui voyageaient, il y avait 5, 6 grosses rivières majeures pour voyager en canot dans ce temps-là. Il y avait le Saguenay puis le St-Laurent, donc on était comme sur un genre d’autoroute, des gens de toutes nationalités qui venaient.&#13;
&#13;
Évelyne : Ben oui, j’ai vu ça, il y a comme des Cris, des Atikameks, qui se sont vraiment mariés et installés ici.&#13;
&#13;
Alain : Ça c’est plus récent. Il y en avait toujours eu au départ, parce qu’au gré des mariages, des amours on circule toujours un peu. Il en avait, mais avec la venue des routes, avec la venue des pensionnats, des écoles, avec la venue de la sédentarisation un peu plus marquée des Montagnais puis des Atikameks et des Cris à partir des années 50, ça fait en sorte que les gens se voisinaient plus souvent ici. Et là, il y a des familles Cris qui au lieu de s’installer plus loin en forêt sont venues s’installer ici, parce qu’on était plus proche des grands centres. Les Atikameks ça a été la même chose, ça fait peut-être une dizaine d’années qu’il y a une route qui se rends dans les réserves atikameks, ils y des Atikameks qui sont venus à l’école ici, qui fréquentent les écoles secondaires, donc se sont installés ici. Donc depuis les années 50, ça s’est marqué, la sédentarisation a avancée beaucoup plus. Assez que ça a influencé considérablement notre mode de vie. Je parlais des Abénaquis tantôt, des Malécites étaient plus portés vers l’agriculture ou encore au commerce, les Montagnais et les Innus plus du côté de la chasse. À partir des années 50 avec les mélanges entre les familles, ça a amené les gens à modifier leur mode de vie. De sorte qu’on peut dire qu’actuellement, il y a peut-être 70 % des familles qui sont pas mal concentrées ici, puis peut-être 30 % qui vont encore en forêt un peu comme c’était. Mais, c’est la vie moderne qui a amenée tout ça, il y a l’instruction…&#13;
&#13;
Évelyne : Vous avez eu le pensionnat vous-autres, je pense ?&#13;
&#13;
Alain : Oui, on a eu le pensionnat dans les années, fin des années 50, en 1959, il a opéré jusqu’au début des années 80, ce pensionnat-là.&#13;
&#13;
Évelyne : Oh mon … il a opéré longtemps !&#13;
&#13;
Alain : Il y avait des gens d’un peu partout qui y venaient. On a eu des Algonquins aussi qui sont venus, des Atikameks, d’autres Innus de la Côte-Nord.&#13;
&#13;
Évelyne : Il y en a eu de par chez-nous je pense qui sont venus ?&#13;
&#13;
Alain : Il y en avait de Pessamit, Uashat. Mais c’est surtout du côté Atikamek qu’on en a eu, on en a eu beaucoup. L’évolution de la communauté ici a changée beaucoup à partir des années 50. Parce que, avant ça, les gens continuaient un peu le même système de vie qu’il y avait il y a 75 ans.&#13;
&#13;
Évelyne : Il y en avait probablement à l’été. Par chez-nous en tout en tout cas, ils partaient au mois d’août et ils revenaient…&#13;
&#13;
Alain : C’est ça ! Ça partait au mois d’août, ça montait en canot puis après ça, ils redescendaient seulement quand, ceux qui étaient plus près l’hiver revenaient pour les fêtes, mais ceux qui étaient plus loin, revenaient seulement qu’au printemps ou même quelquefois, l’année suivante.&#13;
Évelyne : C’était comme ça chez-nous aussi.&#13;
&#13;
Alain : Oui, c’était un peu le même genre de vie. Mais après, à partir du moment où on a eu le genre de sédentarisation, les programmes d’allocations familiales, l’éducation obligatoire, il fallait absolument placer les enfants, les familles étaient déchirées.&#13;
&#13;
Évelyne : Oh oui !&#13;
&#13;
Alain : Les familles étaient habituées d’aller en forêt et là, tu étais pris comme… puis tu voulais que tes enfants s’instruisent aussi ! Soit que tu les laissais en pension et les parents partaient ou encore, la femme restait ici avec les enfants et puis le mari portait tout seul. Donc là, tu brisais un peu les familles, ça a été dur, ça a amené beaucoup de séquelles là-dedans… de distorsion dans la vie familiale. Les valeurs n’étaient plus les mêmes, les habitudes n’étaient plus les mêmes. Aller jusqu’aux années 80, il y a eu beaucoup de changement ici. À partir des années 80, ça a amené un autre renouveau parce que là on avait subi un peu l’influence, à partir des années 50, aller aux années 80 on avait subi beaucoup l’influence des Affaires indiennes.&#13;
&#13;
Évelyne : Les missionnaires.&#13;
&#13;
Alain : Les missionnaires, mais avec l’instruction, ça avait donné quand même le fait qu’il y avait beaucoup de gens instruits et étant plus instruits les gens ont dit : « Eh bien, on va se prendre en main nous aussi. On va s’occuper de nos propres affaires. C’est beau d’avoir le ministère des Affaires Indiennes qui s’occuper de nous autres, mais on va s’en occuper et même se débarrasser du Ministère des Affaires Indiennes ! Donc a commencé la prise en charge de l’administration, à développer nos propres programmes d’éducation, il y a plein de chose comme ça qu’on a pris en charge pour en venir où on est aujourd’hui.&#13;
En cours de route, on a voulu quand même conserver la partie de la culture, parce que tantôt je vous disais qu’il y a 70% de gens qui se sont sédentarisés et il y en a 30% à peu près qui continue à y aller. Mais on se disait que si ça continue de même, toute la partie, la richesse culturelle qu’on a, être nomades, à voyager en forêt et continuer à vivre avec les animaux, si ça continue comme ça, on va devenir comme n’importe quel village aux alentours.&#13;
En même temps qu’on voulait se reprendre en charge, on a décidé aussi de se donner des nouveaux moyens pour soutenir quand même la pratique des activités dites « traditionnelles » ou des activités habituelles.&#13;
&#13;
Évelyne : Les moyens ? Quels moyens ?&#13;
&#13;
Alain : Les moyens c’est, d’abord avec la colonisation et beaucoup plus tard, avec l’industrialisation, il y a eu des coupes forestières un peu partout, avec la semaine de 40 heures de travail, il y a plein de gens qui sont mis à s'intéresser au territoire, se mettre des chalets, faire de la villégiature, faire des activités de chasse et de pêche sportive, de sorte que tout le territoire autour de nous était pratiquement envahi. Il avait des clubs privés, il y avait plein de choses et ça occasionnait des confrontations avec nos gens qui chassaient en forêt et ces villégiateurs ou les chasseurs sportifs et les gens demandaient au conseil de bande de trouver des moyens de corriger la situation. Un des moyens qu'on a trouvés, c'est de mettre en place, ce qu'on appelle, des services territoriaux, des agents territoriaux. Des agents territoriaux, à ma connaissance c'est une expérience unique au Canada parce que je n’ai pas entendu parler qu’il existe des choses semblables ailleurs. On met  le mot "agent territorial" en fait, c'est un représentant du conseil de bande, les gens ont un costume, ils ont un uniforme avec des étiquettes au nom du conseil de bande et leur rôle principal, c'est de voir au bon déroulement de la pratique des activités traditionnelles, étant donné qu'on avait beaucoup de monde en forêt, de non-autochtones en forêt, nos gens étaient souvent confrontés à ça, ces agents-là avaient pour rôle d'aller rencontrer les autochtones et les non-autochtones, de voir quels genres de conflits ils avaient. Souvent, c'est la méconnaissance des pratiques, des droits de chacun.&#13;
Et là, l’agent territorial allait voir l’autochtone, le membre de la bande, voyait quel problème il y avait, par exemple, un propriétaire de chalet du coin, après avoir vu le problème : « Il ne me laisse pas tranquille, ils saisissent mes pièges ! » l’agent allait rencontrer le propriétaire du chalet et là, il lui expliquait ce que l’autochtone faisait là.&#13;
&#13;
Évelyne : Ah ok !&#13;
&#13;
Alain : Et par ce moyen-là, il venait à faire comprendre à chacun le rôle ou l’utilité et souvent en venait à amener les autochtones et les non-autochtones à vivre quand même en forêt. Il s’est même développé de la collaboration.  Lorsque le propriétaire du chalet savait ce que l’autochtone faisait là, parce qu’il a des droits différents, des pratiques différentes. Ils pouvaient mieux comprendre. Et, l’autochtone souvent servait en même temps de gardien du chalet du non-autochtone. On a développé plein de chose de ce genre là. On a développé aussi, compte tenu des facilités de pénétration qu’on a avec ces routes-là, il y avait du braconnage qui s’installait. Il y avait des autochtones d’ici est des non-autochtones qui participaient à du braconnage… ils chassaient des orignaux et ils les vendaient et on trouvait que quelque chose comme ça pouvait dénaturer un peu nos droits. Ça dénaturait aussi les habitudes qu’on avait en forêt, ce qui nous a été enseigné par les Ancêtres, ce n’est pas de même qu'on fonctionne en forêt ! Toute la transmission des règles non écrites, les règles orales, la transmission c’était toujours de façon orale. Avec la venue de l’instruction, de l’éducation, des moyens de communication qu’il y a eu, ça a fait en sorte que cette transmission-là n’existait plus, pour enseigner ce qu’on fait en forêt et ce qu’on ne fait pas, et nous on a développé ce qu’on appelle des codes de pratique des activités traditionnelles. En fait, ça se trouve un peu les mêmes règles qu’il y avait anciennement, de façon orale, mais transcrites, d’un mode écrit, et nous, c’est transmis à tous nos gens qui pratiques des activités traditionnelles, puis on dit : « Voici comment vous devez pratiquer vos activités. Ce n’est pas un règlement, mais nous, l’agent territorial, son rôle, c’est de voir si les gens respectent le règlement. S’il ne respecte pas le règlement, pas le règlement, mais le code de pratique, s’il agit mal, nous autres on va l’avertir : « Tu vas avoir des problèmes, nous on ne te défends pas, on ne s’occupe pas de toi, on te laisse tomber. »&#13;
Et souvent, ce qu’on s’organisait pour faire c’est que, il y a des agents de conservation provinciaux qui passent là et qui voient la personne qui abusait là, les agents provinciaux savaient que nous on ne le défendrait pas.&#13;
&#13;
Éveline : Ah ok !&#13;
&#13;
Alain : Donc, l’agent provincial l’arrêtait, et même si la personne se tournait vers nous autres pour la défendre, mais, tu ne respectes pas nos codes de pratique, donc personne ne le défendait. Ça a eu quand même un effet assez fort, ce n’est pas une réglementation, mais on a presque éliminé tout le braconnage qu’on pouvait avoir ou les abus qu’on pouvait avoir. On a comme codifié un peu toute la pratique de nos activités.&#13;
&#13;
Évelyne : C’est actif encore aujourd’hui ?&#13;
&#13;
Alain : C’est actif ! Nous avons édifié ça en 1987, mais l’idée est partie en 1985, mais on a réussi a formé des gens, parce qu’il y a eu un cours qu’on a monté qui a duré 9 mois.&#13;
&#13;
Évelyne : C’est-tu un cours au cégep ?&#13;
&#13;
Alain : C’est un cours qu’on a fait à l’éducation aux adultes, c’est un cours sur mesure qu’on a réussi à faire financer qui durait 9 mois. Les gens apprenaient comment se comporter, comment s’adresser aux gens, les principales règles, comment faire une enquête, ils apprenaient tout ça.&#13;
&#13;
Évelyne : Ça couvre combien de territoires à peu près, en arrière là-bas ?&#13;
&#13;
Alain : En arrière, nous autres, on fonctionne avec ce qu’on appelle la réserve à castors, parce qu’ici, au Québec, on a ça, des réserves à castors. La réserve à castors qu’on a c’est une réserve à castors dont la superficie est de 69000 Km2. Là-dessus, il y a des droits exclusifs de trappe, pour la pêcher, ce n’est pas exclusif, mais pour la trappe c’est exclusif et nos agents territoriaux se concentrent, le gros de leur ouvrage est là-dessus, sur cette partie de territoire-là, parce que c’est là que nos gens exercent leur activité de trappe, qui est un peu la base de toutes les autres activités, c’est ce qui permet aux gens de passer l’hiver en forêt. Il y en a un peu en dehors aussi, mais nos agents couvrent principalement cette zone-là ou encore les activités qu’on peut faire ici autour du lac. Les agents ont aussi un rôle, je dirais secondaire, qui est de s’occuper de la sécurité aussi. Les gens sont campés un peu partout en forêt, régulièrement nos agents vont les voir, pour voir si ça va comme il faut. On a mis en place un service de radio émetteur, les gens peuvent appeler. S’il y en a qui doivent être amenée à l’hôpital ou être évacué, nos agents sont là. Ils peuvent servir au ravitaillement aussi, c’est pour ça qu’on un programme, tout en faisant une patrouille, ce n’est pas plus compliqué…&#13;
&#13;
Évelyne : Ils en restent combien de temps en forêt les Innus ?&#13;
&#13;
Alain : Comme je disais tantôt, ça pas mal été modifié, en général les gens, il y a une période assez intense entre le mois d’octobre aller jusqu’aux fêtes, jusqu’à Noël, les gens sont presque là continuellement, c’est-à-dire, on doit avoir entre 35 et 50 familles qui sont là continuellement. Par la suite, à Noël, à la période des fêtes, les gens descendent ici et vont remonter en forêt pour le début de février et là, ils vont revenir au début d’avril.&#13;
&#13;
Évelyne : Mais dans ce temps ici c’est plus, la fourrure n’est pas… c’est plus pour la nourriture, pas pour la fourrure ?&#13;
&#13;
Alain : Ouais, la fourrure est toujours là, mais ce n’est pas nécessairement dans le but de faire de l’argent. On a des programmes de soutien avec les programmes de sécurité du revenu, on a un volet qu’on leur permet quand même là… même s’ils sont en forêt, on leur amène un soutien quand même parce que, de toute façon, les gens sont sur la sécurité du revenu ici, les avoir à rien faire, c’est pas plus valorisant. S’ils vont en forêt, ils vont au moins aider à faire quelque chose, ils vont être plus occupés, on leur permet quand même d’avoir la sécurité du revenu en forêt, c’est une mesure pour aider.&#13;
Les gens y vont aussi pour leur équilibre, vivre tout le temps dans le stress, ce n’est pas toujours bon, ça fait du bien d’y aller. Donc les gens y vont aussi pour cette partie-là.&#13;
&#13;
Évelyne : Il y a toujours, quand je rencontre beaucoup le public québécois moi, il y a une question qui m’embête toujours, où je ne parviens pas à me faire comprendre, quand je parle des territoires, mettons de la vie en forêt, pour eux-autres les québécois, la vie en forêt, quand ils vont en forêt c’est pour les vacances, mais nous autres, c'est notre façon de vivre, puis j’ai toujours de la difficulté à expliquer ça ! Comment tu penses que je devrais leur dire ça ?&#13;
&#13;
Alain : Je l’ai fait de longues années, là je suis pris à travailler dans un bureau et je m’ennuie de ma vie de forêt, et même, mes enfants, on vivait en forêt. Quand je venais ici passer l’été avant, c’est un peu comme les gens de la ville qui vont aller à leur chalet, donc je partais du territoire pour venir ici et puis on passait l’été ici et puis les enfants me disaient : « Papa, quand est-ce qu’on retourne chez-nous ? » Ici, ce n’était pas chez eux ! La vie, c’est plus sur le bord de la rivière, c’est plus sur le bord du lac. Ici, c’est un côté chalet pour nous-autres ! C’est un peu le même parallèle qu’on peut faire quand on s’adresse aux blancs. Je vous jure que si je gagne le million, c’est en forêt que je retourne, je ne resterais pas ici. Je ne vois pas d’autres vie plus intéressante.&#13;
&#13;
Évelyne : Je trouvais ça difficile, je ne parvenais pas à me faire comprendre ! Je trouvais ça très difficile !&#13;
&#13;
Alain : Ce n’est pas toujours facile non plus de pouvoir leur expliquer. On s’est dotés d’une institution ici, pour transmettre cette connaissance-là, la culture. Depuis 1977, on a installé ici un musé. C’est une société d’histoire d’archéologie de Mashteuiatsh qui s’est fondée en 1977, puis c’est un peu comme je disais tantôt, de plus en plus les gens travaillaient, allaient moins en forêt, et puis on voyait commencé à disparaître tranquillement, à ce moment-là, l’artisanat, faire des mocassins, faire des raquettes, on se disait qu’on était en train de le perdre, il faut faire quelque chose pour sauvegarder ça, il y a des personnes âgées qui disparaissent, leur savoir disparaît. On a donc formé un musée dont le but était de ramasser tous ces éléments culturels, on avait peur qu’ils disparaissent et de le transmettre dans notre population, dans nos enfants, dans nos adolescents, d’assurer la transmission et en même temps de se dire, quant à le transmettre à nos gens, on va le transmettre aussi aux non-autochtones ! Mieux ils vont nous connaître, mieux ils vont nous apprécier, ou mieux ils vont comprendre qu’on veut avoir des droits différents, ils vont voir qu’on est différents des autres.&#13;
Donc, le musée ici est quand même un musée assez intéressant au Québec, C’est un des deux musées qui est officiellement reconnus, parce qu’il y a des normes à respecter. On l’a agrandi dernièrement, on est rendu avec une bâtisse de 2 millions à peu près. Il y a passablement de visiteurs, c’est sûr qu’il faut toujours améliorer ça, mais ça vaut la peine de le visiter ! On a une exposition permanente qui est là pour une dizaine d’années. Elle explique un peu la vie des Piekuaganilnuat ,en partant bien sûr d’avant la période de l’arrivée des blancs, mais toute l’évolution qui s’est fait en cours de route avec la venue de la compagnie de la Baie d’Hudson, la venue des missionnaires, le développement industriel, hydroélectrique, etc. à venir jusqu’à nos jours, donc on leur explique tout ça. On a toujours aussi une salle qu’exposition temporaire pour diverses activités. Actuellement, c’est un peintre qui est là.&#13;
&#13;
Évelyne : Ernest ?&#13;
&#13;
Alain : Ernest Aness Dominique, parce que le musée n’a pas juste pour fonction de parler de ce qui se faisait dans le passé, mais on se tourne aussi vers le présent et le futur, même en dernier on commence à projeter sur le futur et l’art aussi, c’est une transmission culturelle. Donc, on peut voir toutes sortes de choses, on peut parler même de scènes de théâtre, on peut parler de peinture présentement, de sculpture, il y même de l’art très moderne parce qu’on veut que le musée soit un moteur culturel aussi pour la communauté.&#13;
&#13;
Évelyne : Pour l’avenir, comment tu vois ça toi ? Penses-tu qu’on va toujours vivre la vie qui nous a été donné de vivre ?&#13;
&#13;
Alain : J’espère qu’on va être capable de continuer à la vivre assez longtemps, ça se peut qu’elle se modifie. Toute culture, toute vie, il y a de l’évolution qui se fait continuellement, ce n’est pas juste nous autres qui est comme ça, c’est comme ça partout dans le monde. Le défi qu’on a, c’est de maintenir quand même nos racines, nos sources culturelles, le contact avec nos sources culturelles avec des personnes qui maintiennent toute la culture orale ou l’art ou l’artisanat, il faut le maintenir. Il faut continuer à maintenir aussi notre genre de vie, mais il faut être capable aussi de marier les deux. Nous, on pense qu’on va réussir quand même à voir une bonne partie de la population qui va avoir du travail ou des emplois un peu conventionnels, dans des bureaux, dans la mécanique, l’électronique, dans n’importe quoi, mais il va y avoir une partie de la population qui va continuer quand même à maintenir la vie en forêt. Il faut continuer à maintenir ce genre de mariage-là tout le temps. Ceux qui vivent en forêt sont là plus longtemps puis ils deviennent comme des gardiens de la culture, et ceux qui travaillent dans le monde moderne vont s’abreuver de temps en temps… ils doivent soutenir ceux qui vivent en forêt. Et je pense qu’on devrait être capable de continuer.&#13;
Déjà, nous ici, dans la communauté, pour le développement, il n’y a pas encore de grandes industries, il n’y a rien. On commence tranquillement, on travaille beaucoup avec l’artisanat ou encore du tourisme, il y a quelques petites manufactures, mais ça vient de commencer. Il n’y a pas de ressource naturelle à proprement parler. On travaille beaucoup sur le côté touristique qui est un apport intéressant, mais on fait aussi de la coupe forestière, on essaie de la faire un peu plus intelligemment ! Mais on fait de la coupe forestière. Et on a aussi une entreprise de manufacture de cigarettes, ce qui n’est pas toujours évident en milieu autochtone, mais ça appartient à des privés, ce n’est pas au conseil de bande, parce que le conseil de bande lui-même, n’a pas d’entreprise directement sauf en foresterie, on a une entreprise forestière, mais le but premier c’est d’amener les gens désœuvrées ou des gens qui sont un peu hors du système, les amener à acquérir des habitudes de travail pour faire en sorte qu’ils deviennent des travailleurs plus formés, plus compétents, c’est plus intéressant, ils vont pouvoir se trouver des jobs ailleurs, du travail ailleurs. Donc on a une entreprise de foresterie pour ça, aussi on a une mini central hydroélectrique, l’a encore ça fait un peu innovateur puis du côté autochtone notre propre centrale !&#13;
&#13;
Évelyne : Elle est où la centrale ?&#13;
&#13;
Alain : Elle est située à la rivière Mistassibi à environ une centaine de km d’ici. On a un contrat de vente avec Hydro-Québec, c’est une centrale qu’on vient de terminer, c’est une centrale qui nous a couté un peu plus de 24 millions. Et le but de ça, c’est d’amener des argents nouveaux au conseil de bande, parce qu’on essaie de plus en plus de se libérer de l’emprise des sommes qui nous viennent toujours des autres gouvernements, tu es comme un petit peu prisonnier là-dedans, il y toujours des règles à suivre, tu ne peux pas le dépenser comme tu veux. On veut avoir des revenus autonomes. Donc, c’est sûr que ça a couté de l’argent, mais on va le rentabiliser, c’est à long terme.&#13;
&#13;
Évelyne : Comment tu vas rentabiliser ça ? &#13;
&#13;
Alain : On a un contrat avec Hydro-Québec, un contrat de vente d’électricité qui est produite par la mini-centrale et est vendu à Hydro-Québec. Comme il y a plusieurs autres producteurs qui font ça, tu produis l’électricité et tu la vends à Hydro-Québec, il y a un tarif qui est convenu, puis tu as des contrats de 20 ans qui sont renouvelables pour un autre 20 ans.&#13;
Ce sont des contrats à long terme. La centrale qu’on a, on estime que dans peut-être une quinzaine d’années elle va être fini de payer, Donc l’argent ça va être du profit net et ça rapporte plusieurs millions par année.&#13;
&#13;
Évelyne : Aurais-tu un message à dire ?&#13;
&#13;
Alain : Le message ! C’est plutôt un message personnel.&#13;
&#13;
Évelyne : Oui !&#13;
&#13;
Alain : Passé 50 ans on commence à acquérir peut-être un peu de sagesse ! Le message que je voudrais livrer, c’est que… &#13;
&#13;
Faut toujours s’inspirer de la culture, il faut toujours garder les bases, les éléments de la culture, il ne faut pas vivre comme dans le passé, il faut s'inspirer de ce qu'ils faisaient puis se tourner vers l’avenir. Moi, j’ai été de longues années en forêt, j’ai aimé ça et j’y retournerais, mais veut veut pas, la vie en forêt change tranquillement, mais il faut garder le respect des animaux, il faut éviter d'abuser de ces choses, ce sont ces bases qu’il faut garder et transposer ça dans un monde moderne. Parce que veut, veut pas, on est dans un contexte de mondialisation, un contexte de communication.&#13;
Les transports sont de plus en plus rapides, on ne peut pas éviter ça non plus. &#13;
C'est le défi qu'on a de maintenir notre identité tout en étant fonctionnel dans la société.&#13;
Mais on ne peut pas vivre en marge de la société canadienne québécoise. &#13;
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&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/682625516"&gt;Alain Nepton&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;Une collection d'entretiens et d'activités particulières (vidéo) qui décrivent et expliquent l'aspect social des communautés innues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu est actif depuis une quarantaine d'années dans le milieu innu et a pu capter différentes entrevues et activités particulières...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=24"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Moving Image</name>
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              <text>Évelyne (00:00): J’aimerais savoir comment se porte la santé ici, dans la communauté? &#13;
&#13;
Suzie: Alors, quand on parle de la santé à Mashteuiatsh, c’est qu’on se réfère, nous, toujours à l’Enquête social et de santé qui a eu lieu en 1993 ici, avec tous les membres résidents de la communauté. On peut dire que les problèmes majeurs qui ont été identifiés lors de cette enquête-là, où une grosse partie de la population a participé. C’est d’abord, dans nos grandes préoccupations les problèmes de toxicomanie, les problèmes de détresse psychologique, les problèmes de diabète, les problèmes de rhumatisme, d’arthrite. Il y en a d’autres, mais je vous dirais que ceux qui nous préoccupent principalement, sur lesquels on veut beaucoup travailler ce sont ceux-là. Alors quand on parle de la santé de la population de Mashteuiatsh, ce sont les préoccupations sur lesquelles on va beaucoup s’attarder. Mais bien sûr, il faut faire les liens de la santé de la population avec la situation économique de la population. On sait que les communautés autochtones, dont Mashteuiatsh naturellement, ont une situation économique précaire. On sait qu’il y a beaucoup de travail à faire dans le développement économique de la communauté et on le sait que globalement dans des communautés où il y a de la pauvreté, alors la situation de santé et sociale naturellement s’en ressent.  &#13;
 &#13;
Évelyne (01:18): Est-ce que vous avez recours à une médecine traditionnelle mettons? En fais-tu? &#13;
&#13;
Suzie: Je trouve ça intéressant comme question parce qu’on a eu beaucoup de réflexions sur justement, l’impact de la médecine traditionnelle. On le sait que nos aînés, que plusieurs membres de notre communauté vont beaucoup pratiquer leur médecine traditionnelle, donc ce qu’ils ont appris au niveau des familles. Nous, dans les services, dans les services sociaux et santé, on a actuellement, je peux vous dire qu’on essaie de travailler de plus en plus avec justement des membres de la communauté pour avoir ce partage-là de connaissances et pouvoir intégrer dans ce qu’on fait, toutes ces traditions-là culturelles qui existent et ces connaissances-là d’expertises qu’on va retrouver chez nos membres de la population. Alors, on peut vous dire qu’on est en voie de développement dans tout ce qui est médecine traditionnelle, mais ça se passe beaucoup au niveau des familles à partir de ce qu’ils [les membres de la communauté] ont comme expertise.  &#13;
&#13;
Évelyne (02:16): Et vous trouvez ça comment? &#13;
&#13;
Suzie: Bon bien moi, je trouve ça super intéressant parce qu’on se rend compte ici, dans la question des services, là où on a des bonnes réussites, c’est définitivement là où les membres de la communauté sont avec nous autres parce qu’on est conscient qu’on n'arrivera pas à relever tous nos défis communautaires si on n'a pas avec nous autres la communauté. Donc, nous on se voit beaucoup comme des gens qui vont accompagner la communauté vers le processus de guérison. Donc, on se voit avec nos connaissances, mais on a besoin aussi de la connaissance de la communauté et on a besoin aussi de les impliquer dans ce qu’on fait parce que ce sont eux qui sont les mieux placés pour connaitre, dans le fond, qu’est-ce qu’ils ont besoin et qu’est-ce qu’on doit mettre en place pour accompagner ce processus de guérison-là parce que c’est sûr qu’on a besoin de services spécialisés quand on parle d’un problème de cancer, on a besoin de ressources spécialisées. Mais on sait aussi que le processus de guérison, c’est beaucoup à partir de ce que les gens ont besoin, à partir de leur volonté. Donc, il faut partir de là, de ce qu’est la personne et nous dans le fond, de venir accompagner ce cheminement-là. C’est comme ça qu’on se voit aux services sociaux et santé.  &#13;
&#13;
Évelyne (03:26): Et au niveau des services sociaux, ce sont quels services que vous donnez? &#13;
&#13;
Suzie: Alors, donc, nous autres au niveau des services sociaux, on a mis en place au cours de la dernière année, une nouvelle structure par programme qu’on appelle où chaque programme est en fonction des problématiques qu’on a identifiées dans la communauté auxquelles il faut s’attaquer. Alors on sait que quand on a un problème de toxicomanie, il faut avoir naturellement un programme qui va intervenir autant du domaine de la prévention que du domaine curatif. Donc, on dit qu’il faut travailler à guérir le problème. Il faut travailler aussi pour ne pas qu’il revienne, mais il faut travailler aussi pour ne pas qu’il apparaisse du tout. Donc, il faut être auprès des jeunes en prévention, auprès de nos familles, auprès de la communauté, mais aussi, donner des traitements ou soigner les gens lorsqu’ils sont malades. Alors, nos programmes, on essaie de les travailler pour couvrir tous ces champs d’interventions-là et toujours naturellement en impliquant notre communauté. On prend l’exemple justement en toxicomanie, on a exemple un comité bénévole qui travaille avec nous autres pour justement accompagner les gens dans leur processus de guérison. Alors, c’est comme ça que nous on se voit beaucoup, avec la communauté, beaucoup…  &#13;
&#13;
Évelyne (04:35): Et au niveau des jeunes, tu dis qu’il y a des moyens. C’est quoi? &#13;
&#13;
Suzie: Oui. C’est qu’au niveau des services sociaux, c’est sûr qu’on a plusieurs programmes parce qu’ici, on a fait la prise en charge en Protection de la jeunesse au niveau des jeunes contrevenants, on a des programmes Enfance-famille qu’on appelle où on va avoir le programme par exemple Nimakinium au niveau des écoles, programme de prévention en milieu scolaire. On a naturellement les programmes en santé mentale pour travailler au niveau de nos problématiques de détresse psychologique. On va avoir les programmes au niveau de la violence parce qu’on le sait qu’avec la toxicomanie souvent on va retrouver une problématique de violence et de négligence chez nos jeunes. Donc, il faut mettre en place tous les programmes pour venir couvrir ces problématiques-là et supporter la communauté dans sa guérison. Du côté de la santé, on a aussi plusieurs programmes : on a le programme de soins à domicile pour les gens qui ont des besoins, on a les programmes qu’on appelle de santé courante, donc ceux qui ont besoin de venir rencontrer des infirmières en consultation ou d’autres spécialistes de la santé pour se supporter dans leur problématique de santé, on a un programme diabète parce qu’on sait que le diabète est une problématique majeure chez les Premières Nations, dont notre communauté. On a des programmes au niveau des maladies cardio-vasculaires parce que ça aussi on sait que le diabète va causer des problèmes physiques chez les personnes dont entre autres, [qui souffrent de maladies] cardio-vasculaires, alors il faut mettre en place des programmes pour venir prévenir dans le fond la maladie ou encore venir supporter les gens qui en sont atteints. Alors c’est ça et on a d’autres programmes. Je vais vous identifier en tout cas ceux vite qui me viennent comme ça. &#13;
&#13;
Évelyne (06:01): C’est les programmes de prévention. &#13;
 &#13;
Suzie: C’est des programmes de prévention et aussi... &#13;
 &#13;
Évelyne (06:05): D’information ou de... &#13;
 &#13;
Suzie: Oui. Dans la prévention, on va faire de l’information, on va faire de la sensibilisation, on va faire de l’accompagnement, on va faire aussi naturellement ce qu’on appelle du curatif. Il y a aussi des traitements qui se donnent chez nous par des infirmières entre autres et les intervenants sociaux. Ils ont des suivis au niveau des jeunes en difficulté, au niveau des familles qui sont en difficulté, qui ont besoin d’aide ou des adultes. Ça, c’est sûr. Et ce qu’on a de particulier aux services sociaux et santé, c’est qu’avec nous, on a tout le volet loisir : activités sportives, activités culturelles. Ce qui fait que nous, on peut intégrer dans ce qu’on fait au niveau des services aussi, tout le volet activités. Alors exemple, au niveau de la Maison des jeunes ou entre autres du Café jeunesse qu’on a pour notre clientèle 14-18 ans, c’est que là, les infirmières peuvent eux autres aller faire des programmes de prévention, mais dans cadre où les jeunes vont aussi avoir des activités, s’amuser. On prend l’exemple des Jeux autochtones que je trouve que la rencontre se tient dans ce cadre-là, je trouve que c’est super parce que justement l’organisation des Jeux qui est une organisation communautaire, elle relève de la communauté. C’est des membres bénévoles de la communauté qui la font fonctionner. Nous on est en support seulement. On supporte au niveau de la logistique, on supporte au niveau des groupes de jeunes pour bien naturellement encadrer notre délégation locale, alors ça, je trouve que c’est un beau lien avec nous autres. &#13;
&#13;
Alors, ce que je pourrais dire qui est particulier aux services sociaux et santé, c’est que nous, le Conseil des Montagnais a antérieurement pris la décision d’inclure les loisirs. Donc, tout le secteur des loisirs: activités sportives, culturelles, communautaires avec le volet santé et services sociaux. Ce qui nous permet nous autres naturellement de faire nos activités de prévention, nos interventions préventives ou même curatives en fonction de prétextes de loisirs ou d’activités. Et là, je vais donner l’exemple des Jeux autochtones. Je pense que c’est un bon moment pour faire cette entrevue-là. C’est que, au niveau des Jeux d’abord, c’est une organisation communautaire. Ce ne sont que des bénévoles de la communauté qui fait en sorte que ça existe et que ça été mis en place. Nous, au niveau des services sociaux, santé et loisirs, on est en support. Donc, exemple, le secteur des loisirs va assurer la logistique, va ensuite assurer la coordination des Jeux, donc vont supporter l’organisation communautaire et le Conseil aussi va fournir d’autres ressources de l’organisation pour supporter cette mise en œuvre-là et c’est sûr que ça fait un très beau prétexte pour nous, de venir faire de l’intervention et de profiter de ce moment-là pour faire de la prévention ou de rencontrer nos jeunes. Et ça, dans les services sociaux et santé, quand on regarde le secteur des loisirs, on va voir la Maison des jeunes, on a le Café jeunesse pour la clientèle 14-18 et à l’intérieur de ces regroupements-là si on veut de jeunes, nous, on peut aller faire justement des interventions préventives, mais dans un contexte où les jeunes sont aussi en train quelquefois de s’amuser ou avoir d’autres sortes d’activités. Donc, ce sont des beaux prétextes pour rentrer en contact avec les jeunes et naturellement d’être en mesure nous autres de peut-être d’aller soit faire du dépistage, dépister nos jeunes s’ils sont en difficulté ou tout simplement, venir justement les outiller par rapport aux problématiques auxquelles on est confronté dans la communauté. Alors, c’est des exemples que je donne... &#13;
&#13;
Évelyne (09:12): C’est intéressant. Et...Qu’est-ce que tu aurais à dire admettons si on te demandait de parler à la population de Mashteuiatsh au niveau de la santé ? Qu’est-ce que t’aimerais leur dire ? &#13;
&#13;
Suzie: Alors, ce que je voudrais dire à ma population, c’est qu’on a besoin d’eux. On a un bon défi communautaire à relever. On a des problématiques que la majorité des gens connaissent bien et d’ailleurs, on est proche de la communauté et on veut toujours se rapprocher. On travaille à se rapprocher parce que nous, notre responsabilité, là où on se reconnait un rôle important, c’est d’accompagner la communauté et on le sait qu’on doit supporter la communauté à atteindre un mieux-être. Ça, c’est notre rôle. C’est ce que le Conseil de bande nous donne comme mandat : de travailler pour que la communauté soit outillée, puis qu’on mette en place aussi dans la communauté toutes les organisations ou les groupes ou les comités pour nous supporter dans cette recherche de mieux-être-là et même dans cette atteinte parce que je pense qu’il y a.…On est toujours une approche, je dirais, positive et progressive. On améliore toujours en. Comme on dit, on améliore notre sort. Moi, je dis que c’est ça les services sociaux et santé. Il faut accompagner ce mieux-être-là. &#13;
&#13;
Donc, le message que je pourrais faire à la population de Mashteuiatsh en fonction de la santé de la population, de sa situation sociale c’est qu’il faut être ensemble. On a besoin de chacun. On a besoin nous, de bien connaitre les besoins de la communauté, qu’est-ce que les gens souhaitent en matière de mieux-être parce que nous, on se voit un rôle d’accompagnateur du processus de guérison chez notre population et ce qu’on souhaite c’est qu’il ne faut pas lâcher. Je pense qu’il faut être ensemble. Il faut se faire confiance et il faut se donner ensemble. Il faut se tenir par la main et il faut se donner ensemble un but commun dans cette recherche de guérison et moi, j’y crois. J’y crois fortement, mais oui, on a des bons défis à relever. On a des bons défis parce qu’on regarde nos jeunes. Quand on regarde la population de Mashteuiatsh, on a 50% des gens qui sont en bas de 25 ans, alors quand on regarde tout ce que ça peut représenter comme jeunes, comme énergie et comme dynamisme, moi, je dis chapeau !  Mais en même temps, c’est que ces jeunes-là ont besoin de nous, [ils] ont besoin qu’on soit là naturellement pour qu’ils soient bien, qu’ils soient dans un mieux-être individuel, qu’ils soient fiers d’eux parce que oui, la fierté autochtone j’y crois. Il faut que nos jeunes soient fiers, soient fiers d’être Indiens, soient fiers d’être membres de la communauté de Mashteuiatsh. C’est ça, il faut y travailler et je pense que nous, on a une responsabilité aussi là-dedans, de supporter nos jeunes. &#13;
 &#13;
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&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/680673795"&gt;Suzie Nepton&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>&lt;div class="element-text"&gt;&#13;
&lt;p&gt;Une collection d'entrevues et de démonstrations (vidéo) sur les connaissances traditionnelles innues.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;Productions Manitu (Mani-Utenam) inc. a produit et réaliser en 2006, une série vidéo&amp;nbsp; &lt;strong&gt;innu aitun&lt;/strong&gt;. Cette série est la présentation du cycle annuel innu dans son contexte nomade avec toutes les activités nécessaires à la survie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues.&lt;br /&gt;(&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=23"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;/div&gt;</text>
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      <name>Moving Image</name>
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              <text>0:54  Elisabeth: Voici ce que je fais pour les saluer. Ça m’arrive de pleurer lorsque je fais ça.&#13;
&#13;
Elisabeth : Nous appelons ces petits fruits Pineu-minanisha (petits-fruits des perdrix). Ils ont l’odeur de médicaments. Pineu-minakana dans notre langue, et ils sentent le médicament ! &#13;
Et vous ?&#13;
&#13;
Evelyne : Oui, nous les appelons également des pineu-minanisha.&#13;
&#13;
Elisabeth: C’est peut-être ce que la perdrix mangeait! Sent l’odeur, ça sent le médicament !&#13;
&#13;
Gomme de sapin &#13;
&#13;
&#13;
2:21 Elisabeth: Voici un autre médicament, viens voir ! Un autre remède innu. Vois-tu ? De la gomme de sapin !&#13;
&#13;
Evelyne : Il y en a une autre plus gros là !&#13;
&#13;
Elisabeth: Sens-le, il sent très bon!&#13;
Ça c’est un autre remède. Il y en a un très gros ici, le vois-tu ? C’est un remède. Tu l’étales sur du papier, et tu fais un cataplasme sur la poitrine lorsque tu as des douleurs. À ce qu’il parait, il est très efficace pour guérir les plaies.&#13;
&#13;
Evelyne: ah oui? On le frotte sur la plaie.&#13;
 &#13;
3:29 Elisabeth: Voici ce que nous appelons des Ikuta. &#13;
&#13;
3:32 Evelyne: C’est ce qu’on sèche et on fait broyer?&#13;
&#13;
Elisabeth: Oui, tu attaches plusieurs branches ensemble pour les faire sécher. Une fois sec, ils s’enlèvent facilement de la branche. Voici comment on fait ! Ils se défont en miettes lorsqu’ils sont sec. On peut déjà sentir leur odeur, regarde ! On peut les sentir très fort et ont l’odeur de médicament.&#13;
&#13;
Une fois que tu les auras émiettés, tu les mets dans un sac. &#13;
&#13;
Je t’avais conté que ma mère se faisait des cataplasmes ! Avec la chaleur, tu ne ressens plus de douleur et tu passes une bonne nuit de sommeil.&#13;
Tu dois convaincre ton cerveau que tu n’auras plus de douleurs, car tu as tous les remèdes nécessaires en main.&#13;
Tu ne devras jamais te dire que ce remède ne te fera pas effet, ou dire que tu ne l’aime pas. Tu ne dois surtout pas te dire cela. Tu dois vraiment accepter et croire à ce remède, comme si c’était vivant.&#13;
&#13;
Mousse &#13;
&#13;
4:40 Elisabeth: Nous remettons ceci au sol. Un enfant pouvait s’en servir qu’une seule fois, par la suite on en reprenait d’autre.&#13;
&#13;
Evelyne : Ils faisaient tremper ça dans de l’eau chaude pour éliminer les petits insectes qui pouvaient y avoir dedans.&#13;
&#13;
Elisabeth: Ah! C’est sûrement ça qu’ils faisaient ! Les faire bouillir pour tuer les petits insectes.&#13;
&#13;
&#13;
5:15 Elisabeth: Il y a vraiment beaucoup de remèdes traditionnel ici. Il y en a partout ! Comme je viens de montrer ici la gomme de sapin. Un innu va chercher les plus gros.&#13;
Moi ma mère, coupait l’arbre en petites sections et les ramenaient à la maison. &#13;
C’est ensuite qu’elle perçait les bulles pour étaler la gomme de sapin sur des feuilles de papier (cataplasme) qu’elle mettait sur les poitrines des enfants. Ça disait qu’il n’était pas nécessaire de le laisser très longtemps sur la poitrine d’un jeune enfant. &#13;
Aussitôt que l’odeur de la gomme de sapin se faisait sentir de la bouche de l’enfant, c’était temps de le retirer.&#13;
Un aîné pouvait le garder plus longtemps.&#13;
Les remèdes innus sont très très efficaces.&#13;
&#13;
6:16 Elisabeth: Tu ne trouves pas que ça ressemble à un chemin de portage?&#13;
Mais quelles sont les petits-fruits que tu manges là ? Ceux qu’on appelle des Pineu-minaisha, c’est ça ?&#13;
&#13;
6:50 Elisabeth: Voici comment tu places ceux-ci, et ensuite tu les mastiques. Ceci est un remède rapide. On ne le faisait pas bouillir, on ne faisait que le mastiquer. &#13;
&#13;
7:21 Elisabeth: Voici un autre travail que je fais. Je creuse avec une pelle. J’ai déjà creusé trop profond que l’eau à commencer à remonter.&#13;
&#13;
&#13;
14:02 Evelyne: Tu voulais me raconter de quoi! &#13;
&#13;
Elisabeth: Je vais faire une histoire courte. Je voulais parler de la perdrix. &#13;
Je criais après mon époux lui disant que je venais de voir une perdrix. Il arrive parfois qu’un homme ne nous croit pas parce qu’il est lâche. Alors que je n’y pensais pas, il est venu, très content et me demande l’endroit où j’avais vu la perdrix. Je lui indique l’endroit en lui disant que la perdrix est en train de monter l’arbre. Je lui demande d’aller chercher le fusil qui n’était pas très loin.  Je ne croyais pas qu’il allait m’écouter. Au contraire, il est parti très vite en motoneige pendant que moi, je suis resté sur place à attendre.&#13;
&#13;
14:33 Je voulais suivre les conseils de ma mère. Elle me disait de rester sur place et de continuer à faire du bruit, sinon la perdrix s’envolerait s’il n’entendait plus de bruit. C’est dont ce que je me souviens. J’ai alors continué à tourner en rond afin qu’il continue à sentir ma présence. Pendant ce temps, j’aperçois l’arrivée d’une autre perdrix. Je me sens tellement heureuse, et j’en revoie une autre atterrir. Je ne sais pas à quelle point la joie m’envahit dans mon coeur. Je les regarde longtemps et j’ai l’impression qu’ils communiquent avec moi. Comme s’ils me demandaient ce qu’il se passait avec moi, en me disant que j’avais pourtant l’habitude d’avoir forcé plus fort auparavant. Je savais exactement la raison pourquoi ils me disaient ça. C’est eux qui vivent dans la forêt. Tu nous protégeais tellement, maintenant nous sommes tous en train de mourir, semblaient-ils me dire. En regardant la perdrix se virer la tête vers moi, elle semble me parler. C’est une des raisons pourquoi je suis tellement fière de la forêt et que je la tiens beaucoup à coeur.&#13;
Ma fierté et mon respect envers la nature ne cessera jamais tant et aussi longtemps que je resterai en vie. Que ce soit d'aller en forêt ou en campement. Même si ce n’est pas pour aller en campement, je continuerai à chasser aux alentours pas loin d’ici au 7. &#13;
Je tends également des collets lorsque je remarque la présence d’un animal sur les bordures des chemins. Je chasse le porc-épic et la perdrix.&#13;
&#13;
 16:18 Evelyne: Que penses-tu de notre avenir? Crois-tu que l’innu resteras longtemps ? Penses-tu que l’on pourra préserver notre culture encore longtemps ? Par exemple, comme en ce moment, allons-nous continuer à aller dans la nature, dans la forêt ? Nos petits-enfants pourront-ils continuer à vivre notre culture ?&#13;
&#13;
16:38 Elisabeth: Moi, je crois que si l’on se décourage de ce que l’on fait présentement, l’enfant ne pourra préserver notre culture. Toutefois, si on ne se décourage pas, je ne dis pas que je vais pouvoir prendre tous mes acquis antérieurs, mais si nous devons nous assurer que la génération ne perde pas la culture. Je le dis souvent. Ceux qui ne comprennent pas pensent qu’ils doivent tous suivre les traces de nos ancêtres. Le Gouvernement est déjà rendu très loin à nous piétinez, et si nous ne nous opposons pas à lui, il prendra plus de place. Si nous nous efforçons sur nos enfants, il y aura une possibilité de ne pas tout perdre, côté culture. Voilà ma croyance !&#13;
&#13;
17:47 Evelyne: Une dernière question. Connais-tu des remèdes traditionnels ?&#13;
&#13;
17:54 Elisabeth: À ce jour, je me sers encore de tous les remèdes traditionnels dont ma mère se servait. &#13;
&#13;
18:01 Je vais vous conter qu’une fois, j’avais un (clou) ici, je ne sais pas comment vous l’appelez par chez vous, il est rouge, et souvent le médecin va le percer. Nous l’appelons numenissem (furoncle).&#13;
Il me faisait très mal, il devenait rouge. Je me suis dit que je n’allais pas m’en occuper et que ça allait se guérir tout seul. Un moment donné, la douleur empirait et c’était rendu que je ne pouvais plus bouger mon bras, et je n’étais plus capable de dormir du même côté.&#13;
C’est à ce moment que j’ai pensé à me servir des remèdes que ma mère avait pris, que je n’irai pas tout de suite à l’hôpital et que je verrai ce que ça allait donner. L’infirmière que nous avons croisée plus tôt, m’avait vue faire. &#13;
Vue que je ne peux conduire, j’ai alors demandé à ma fille de me reconduire à une place où j’allais ramasser des mélèzes. Je voulais suivre les traces de ma mère, faire exactement comment elle faisait. J’ai bûcher l’arbre et je l’ai scié en sections pour ensuite le faire bouillir. Une fois mou, je prends une branche d’épinette de la longueur de cette bûche et je gratte les mélèzes pour dégarnir les troncs. J’écrasais le tout pour le rendre gommeux, pour en faire un cataplasme. Je l’ai ensuite placé sur mon furoncle. Je sentais ses bienfaits et je changeais souvent mon cataplasme. &#13;
&#13;
19:48 Un moment donné, on m’a convoqué à participer à une rencontre avec des médecins, qui avait pour but d’avoir des informations sur les remèdes traditionnels des innus. Nous étions deux à y participer. Moi et Pien, parmi d’autres personnes. Moi et Pien avons partagés nos savoirs sur les remèdes traditionnels. C’est alors que j’ai demandé à l’infirmière qui était là, de venir m’accompagner à la salle de bain pour lui montrer mon cataplasme traditionnel. Elle m’a remercié en me disant qu’elle était très heureuse d’avoir pu voir mon cataplasme. Nous nous sommes retournés à la salle de réunion où il y avait des gens assis autour de la table. Elle a fait part aux médecins et infirmières des bienfaits sur les remèdes traditionnels. Les médecins et infirmières n’en revenaient pas.&#13;
&#13;
20:48 Je me sers encore des remèdes que ma mère faisait. Beaucoup de gens aujourd’hui croient et disent que nos remèdes traditionnels ne sont plus bons ou assez efficaces comme auparavant.  Je ne suis pas d’accord avec leurs opinions. &#13;
Il y a des bienfaits pour ceux qui y croient, tandis que pour les non-croyants, les remèdes traditionnels ne feront pas effet. &#13;
Moi, je suis très croyante sur nos remèdes. &#13;
Ma mère se servait beaucoup de ce que la perdrix blanche avait ingéré, ainsi que le thé du Labrador. Elle mettait les feuilles du thé du Labrador dans un sac et le suspendait afin d’assécher les feuilles. Une fois que les feuilles aient été bien sèches, elle les émiettait et les mettait dans un petit sac. Ma mère avait toujours des douleurs au genou. Pour se soigner elle chauffait le sac rempli de feuilles émiettées et le mettait sur son genou. Elle disait avoir été très soulagé et qu’elle avait très bien dormi durant la nuit. Elle se servait souvent des (kakauat) et la gomme de sapin comme remède.&#13;
&#13;
22:22 Evelyne: À quoi servaient les (kakauat) ?&#13;
&#13;
22:25 Elle les séchait également, et il me semble qu’elle les écrasait sur une roche. Elle faisait des cataplasmes avec ça aussi. &#13;
Elle en avait déjà fait pour mon père. J’ai un souvenir qu’elle lui en appliquait sur la poitrine ou soit qu’elle l’attachait sur les côtes pour le maintenir en place. Elle en mettait aussi sur son genou lorsqu’elle avait mal. Ce cataplasme pouvait être appliqué sur n’importe quelle partie du corps où il y avait de la douleur.&#13;
Il y a plusieurs sortes de remèdes que l’Innu utilisait. Même ces sapins sont médicinaux. Par contre, le sapin baumier (inasht) n’a jamais été utilisé en tant que remède liquide à consommer. Le (sheshekatik) est consommable en liquide lorsqu’une personne ressent des frissons.&#13;
&#13;
23:21 Evelyne: Oui en effet, il est buvable lorsque quelqu’un a très froid. J’ai remarqué que les gens de la Romaine se servaient de ça.&#13;
Quel message transmettrais-tu aux jeunes ? Que nous dirais-tu ? À nous qui sommes jeunes (rires).&#13;
&#13;
23:50 Elisabeth: Parles-tu de nos enfants?&#13;
&#13;
Evelyne: Oui, tous, tes petits-enfants…&#13;
&#13;
23:55 Elisabeth: Moi je dirai à nos petits-enfants et à nos enfants que notre savoir-vivre est très précieux. De ne jamais penser à vivre comme un non-autochtone. C’est de cette manière que le jeune pense. Il envi la façon de vivre des non-autochtones. Il souhaite, ou il se dit qu’il va vivre comme eux plus tard.&#13;
Je dirais à mes arrière-petits-enfants, mes petits-enfants ou à mes enfants que rien ne changera, même s’il pense ou qu’il souhaite vivre comme un non-autochtone.&#13;
Tu as du sang autochtone, et tu resteras toujours autochtone. Il faudrait réfléchir pour s’assurer de ne pas perdre sa culture qui est tellement précieuse.&#13;
Le jeune ne comprend pas, il croit que la manière de vivre du non-autochtone est bonne. &#13;
La grand-mère et la mère lui disent que ce n’est pas bien. Ne pas suivre les pas d’un non-autochtone ou des jeunes anglais, car il doit prendre soins de sa propre vie. Même s’il ne peut suivre mes pas, de la manière dont mes ancêtres ou de mes parents m’avaient élevé, je lui dirais de faire en sorte de ne pas tout perdre sa culture. &#13;
&#13;
25:25 Evelyne: Nous allons maintenant terminer Elisabeth, avais-tu autre chose à rajouter?&#13;
&#13;
25:35 Elisabeth: Je vous remercie profondément de m’avoir parlé et de m’avoir permis de venir ici où je voulais être. Je n’étais pas très à l’aise de faire cette entrevue dans ma maison où à l’extérieur, car ce n’est pas très bien lorsque c’est bruyant. &#13;
Ici il n’y a aucun bruit et c’est très beau. Nous pouvons entendre des véhicules, mais de loin. Il n’y a pas de bruit d’enfants. On se sent à l’aise de parler dans ce beau paysage, qui en même temps nous donne la force. C’est d'ici que l’innu est née, et c’est l’endroit où il a acquis ses connaissances pour sa survie.   &#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/634552466?h=c68654e422" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/634552466"&gt;Elisabeth Penashue&lt;/a&gt; from &lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/a&gt; on &lt;a href="https://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;Une collection d'entretiens et d'activités particulières (vidéo) qui décrivent et expliquent l'aspect social des communautés innues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu est actif depuis une quarantaine d'années dans le milieu innu et a pu capter différentes entrevues et activités particulières...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Production Manitu se considère comme un passeur de connaissances traditionnelles innues. (&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/production-manitu-inc"&gt;Plus d'informations&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://omeka.uottawa.ca/confluence-premierspeuples-firstpeoples/items/browse?collection=24"&gt;Voir la liste des entrevues en ordre de nom de famille des interviewés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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      <name>Moving Image</name>
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              <text>Interview Rosario Pinette, chef Mani utenam&#13;
&#13;
Évelyne : Bonjour Rosario, je suis heureuse que tu aies accepté de nous voir. Que fait-on aujourd'hui et où sommes-nous ?&#13;
Rosario : Nous sommes à Mani-utenam, qui est reconnu aussi comme étant Apituamiss. Cet après-midi, il y aura des jeux pour les parents et les enfants.&#13;
Évelyne : Tu es chef ici, il y a deux réserves ?&#13;
Rosario : Oui il y a deux réserves, une qui se trouve dans les limites de la ville de Sept-Îles et l'autre, celle où on se trouve (Apituamiss) à 14 km de Sept-Îles, entre la ville et la rivière Moisie.&#13;
Évelyne : Combien y a-t-il de personnes à Mani-utenam ?&#13;
Rosario : Environ 1400.&#13;
Évelyne : Tu demeures ici, est-ce que c'est ici que tu as grandi ?&#13;
Rosario : Oui, c'est ici que je demeure et que j'ai grandi, dans cette communauté.&#13;
Évelyne : Qu'est-ce qu'on fait le plus à Mani-utenam ?&#13;
Rosario : Actuellement, il y a les jeux de la rue. C'est plaisant, on voit les femmes avec des oreillers, chacune essaie, avec des coups d'oreillers, de faire tomber l’autre de la poutre.&#13;
Évelyne : Quel genre d'ouvrage on a à Apituamiss ?&#13;
Rosario : Ici, nous n'avons pas de bureau administratif comme on en voit dans une ville, il y a la santé, l'école, le bureau des loisirs.&#13;
Évelyne : Qu'est-ce que tu veux dire par bureau administratif ?&#13;
Rosario : Ce que je veux dire par-là, je parle de l’administration. À Uashat, on parle plus d'argent, de développement économique tandis qu'ici à Malio, c'est plus traditionnel à cause de l'environnement, le bois.&#13;
Évelyne : Y a-t-il plus de personnes ici ? Est-ce que les Innus déménagent plus en ville ?&#13;
Rosario : Je ne peux pas dire ça parce que je pense qu’il en rentre plus ici qu’à Uashat. Un Innu recherche plus la tranquillité, ce qu'une ville ne peut offrir. Malio est un endroit où on ne rencontre pas le stress de la ville.&#13;
Évelyne : Est-ce que les Innus d’ici montent dans le bois ?&#13;
Rosario : Je peux dire que les Innus montent de plus en plus dans le bois. On voit l’Innu dans son territoire de chasse depuis que le conseil de bande distribue les camps de chasse. Dans le temps du pensionnat, ce sont nos parents qui profitaient de la vie traditionnelle. 30 ans ont passées, mais nous de notre génération, nous ne nous sommes jamais rendu compte de ce mode de vie, mais depuis des années 80, graduellement les Innus ont repris la vie traditionnelle de nos parents. On remarque beaucoup les Innus de Malio dans le bois parce que le train ne passe pas à tous les jours, tandis que pour ceux de Uashat, ils utilisent leurs autos pour monter dans le parc de Port-Cartier et ne restent pas longtemps dans le bois.&#13;
Évelyne : Malio est reconnu aussi à cause de son festival Innu Nikamu ?&#13;
Rosario : Oui, Malio est très reconnu, il vient de fêter son 16e anniversaire. Ce festival est reconnu internationalement. Beaucoup de visiteurs viennent à chaque année lors de son festival. Il y a aussi Kashtin qui a fait connaître Malio dans le monde.&#13;
Évelyne : Qu’est-ce que tu espères le plus lorsque tu regardes les jeunes ?&#13;
Rosario : Que nos jeunes reprennent leurs valeurs, qu'ils sachent regarder vers l'avant comme nos parents le faisaient. Qu'ils reprennent nos richesses enfouies en eux depuis nombre d'années. Nous avons des valeurs que nous avons appris de nos parents, ce n'est pas les blancs qui nous ont inculqué cela.&#13;
Évelyne : Je te remercie Rosario.&#13;
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                <text>&lt;iframe width="100%" height="360" src="https://player.vimeo.com/video/697742205?h=c32c30d191" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen="allowfullscreen"&gt;&lt;/iframe&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/697742205"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;Rosario Pinette chef Mani utenam&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt; du &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="https://vimeo.com/user153045686"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;CRC Uetshit Takuaimatishun&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt; sur &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="https://vimeo.com"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;Vimeo&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt;&lt;span style="vertical-align: inherit;"&gt; .&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</text>
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