Méthodes de pêche
Barrage de pierre
Les activités de pêche inuites sont adaptées aux saisons. La pêche au barrage est effectuée pendant la saison migratoire des poissons, c'est-à-dire en fin d’été et en automne. Quand des poissons comme l’omble chevalier migrent en remontant le courant, ils doivent souvent passer par un resserrement dans le cours d'eau. Ceci est une opportunité parfaite pour monter un enclos ou un barrage de pierres. Dans un haut fond du cours d’eau, on dispose les pierres de sorte à former un muret de 30 à 60 centimètres de haut en travers de la rivière. Celui-ci redirige les poissons vers un bassin peu profond et emmuré pour empêcher leur fuite. Il est alors très simple de les harponner. L’estampe ci-contre illustre plusieurs inuits dans un tel muret de pierres brandissant des foënes, sorte de harpon à poisson.
La signification des activités de pêche inuites est illustrée par le fait même de leur représentation en estampe: la pêche au barrage est assez significative pour que l'artiste prenne le temps de l'illustrer. Cette estampe représente aussi l'aspect communautaire de la pêche inuite comme ce n'est pas une activité qui s'effectue seule.
La pêche à la foëne
La pêche à la foëne (ou kakivak) est une activité de subsistance utilisant une méthode ancestrale afin de capturer en abondance de poissons comme l'omble chevalier de l'Arctique. Faisant partie du quotidien des communautés inuites depuis des siècles, on retrouve cette technique à travers les communautés du Grand Nord. Cette activitée porte son nom à cause de l'outil principal utilisé, soit, la foëne. Cet outil, que l'on pourrait qualifier de lance à poisson inuite, est particulièrement utilisé avec les barrages de pierre, mais peut aussi servir dans les trous de glace. Ajustée et faite prête à la pêche entre chaque prise, elle sert à attraper les poissons qui sont restés pris à travers le courant des eaux un peu plus creux ainsi que le barrage de pierre. Son assemblage comporte habituellement plusieurs têtes resserrées. Ces dites têtes sont également agrémentées de petites dents en angle vers l'intérieur. Tous ensemble, ces détails permettent une capture serrée et stable. C'est notamment ce que l'on peut constater avec la branche de foëne adjacente. Celle-ci représente l'une des trois têtes qui composent normalement la foëne. Quoique certaines communautés inuites comme les Innuinait travaillaient le cuivre, la métallurgie est moins répandue et le fer est souvent de provenance européenne. La pointe de cette branche de foëne viendrait vraisemblablement d'échanges avec les européens.
L'enfiloir
L’enfiloir est un outil utilisé notamment pour la pêche à l’omble de l’Arctique. Il permet de garder les poissons vivants après que ceux-ci sont capturés. Une cheville est attachée à l'extrémité d'une lanière de cuir ou une ligne de tendons tressés. Cette cheville empêche aux poissons de tomber de la lanière une fois qu'ils sont enfilés sur l'aiguille. Aujourd'hui, l'enfiloir est fait de crochets qui sont installés le long d'une ligne entre chaque poisson, ce qui les empêche de tomber de l’enfiloir. Les crochets sont insérés par la mâchoire et ressortent par la bouche du poisson. Avec ce type d'instrument, le pêcheur a la possibilité d’accumuler les poissons pour ensuite les transporter plus facilement. Cet outil peut être utilisé dans comme complément à à d'autres méthodes de pêches.
L'aiguille d'enfiloir ci-contre date d'il-y-a jusqu'à 250 ans. Façonnée à partir d'un os de côte de morse, elle reflète les matériaux qui auraient été le plus accessibles au pêcheur moyen de l'époque.
La pêche au filet
La pêche au filet est surtout pratiquée à l’aire libre, parfois sous glace. Comme le soleil rend le filet visible aux poissons, le filetage intensif est moins commun l’été quand parfois le soleil brille sans se coucher. Les filets sont traditionnellement tissés de tendons, vraisemblablement de caribou, un processus très fastidieux. Ces filets étaient particulièrement répandus dans le nord-ouest. On le tend parfois entre deux kayaks ou entre un kayak et la berge, en déplaçant le filet de façon à y emprisonner les poissons. Quand utilisé sous glace, le processus est plus complexe. On creusait deux grands trous à une distance d’un filet de largeur l’un de l’autre, suivis d’une série de plus petits trous (assez grands pour y passer un bras) entre les deux premiers. On attachait ensuite le filet à une perche que l’on filait sous la glace d’un trou à l’autre. Le filet était maintenu en place grâce à des poids et des flotteurs aplacés ux extrémités. Aujourd'hui, un outil appelé "jigger" permet de faire ramper le filet le long du fond marin sans avoir à y plonger le bras.
La pêche au harpon
Le harpon est un outil très présent dans la communauté de pêche du Nord canadien. Il peut être utilisé de plusieurs façons, c'est-à-dire qu'il vient parfois en paire soit avec les trous à la pêche blanche, soit avec les cours d'eau accompagnés de pièges. Il peut même être combiné au pic à glace pour obtenir deux éléments aux extrémités de l'arme. À même titre que la foëne, il s'agit d'un outil plutôt long qui est surtout avantageux pour atteindre des profondeurs tout en ayant une prise très solide. D'ailleurs, il peut arriver, dans certains modèles de harpons, que la tête soit détachable et liée au bâton par un fil, de sorte à pouvoir projeter la tête dans une variante de la technique traditionnelle. Les harpons étaient non seulement fondamentaux pour la pêche, mais aussi pour la chasse marine, comme pour chasser le phoque, le beluga, le morse, etc.





